Speaker #0Bonjour et bienvenue dans Traceur de Voix, le podcast qui vous aide à retrouver de la clarté dans votre relation à l'argent. Entreprendre, investir, gérer son activité, c'est intense. Et quand le stress s'installe, c'est souvent notre relation à l'argent qu'on a besoin d'apaiser. Je suis Koumba Diaby, exécutive coach et consultante en investissement. J'aide les entrepreneurs et dirigeants à faire de l'argent un levier de liberté. Chaque semaine, en moins de 10 minutes, je vous partage des clés concrètes pour avancer en toute sérénité. Il y a des prisons très confortables, une belle situation, une activité qui fonctionne, un poste reconnu, des clients qui reviennent, une vie que beaucoup pourraient vous envier. Et au milieu de tout ça, il y a vous, qui souriez quand on vous dit franchement, tu as de la chance. Et vous le savez, oui, vous avez de la chance. Mais il y a quand même quelque chose qui sert à l'intérieur. Une impression étrange. Comme si la vie que vous aviez construite avec courage commençait à devenir trop petite. Alors vous n'osez pas le dire. Parce que de quoi vous plaindriez-vous au fond ? Bienvenue dans le 25e épisode de Traceurs de voix, le podcast qui explore notre relation à l'argent, au travail, nos trajectoires professionnelles, nos choix. et parfois aussi nos freins invisibles. Aujourd'hui, on parle d'un sujet que beaucoup portent en silence. Ce sujet, c'est l'ambition. Il ne s'agit pas d'ambition caricaturale, pas celle qui écrase, qui domine, qui veut toujours plus pour combler un vide, non. Nous parlons aujourd'hui de cette ambition plus intime, celle qui murmure « je crois que je veux autre chose » . Je crois que je veux aller beaucoup plus loin. Je crois que cette place-là n'est plus tout à fait la mienne. Et juste derrière, il y a une autre voie. De quel droit ? Tu as déjà beaucoup, non ? Pourquoi tu en veux encore plus ? Mais pour qui tu te prends ? Dans cet épisode, je vous propose de repartir avec trois clés. La première clé, c'est de comprendre pourquoi vouloir plus... peut réveiller parfois une forme de censure intérieure. La deuxième clé, c'est être en mesure d'identifier le moment précis où cette censure se déclenche. Et la troisième clé, qui est la meilleure nouvelle de cet épisode, c'est que tout ça se travaille. Et vous allez repartir avec un exercice simple pour vous permettre de reprendre la main sur ce que vous choisissez, de penser, de votre ambition. Mais avant ça, j'ai une annonce à vous faire. Cet épisode est le dernier de la première saison de Traceurs de voix. Alors servez-vous votre boisson préférée, installez-vous confortablement et venez clôturer avec moi cette première saison de Traceurs de voix. Avant toute chose, j'aimerais vous dire ceci. Si vous vous freinez, si vous doutez, si vous vous censurez parfois, ce n'est pas parce que vous êtes faible. C'est souvent parce qu'une partie de vous essaie encore de vous protéger. Et vous allez comprendre pourquoi. Je voudrais vous raconter l'histoire de Léa. Léa est une freelance. Elle travaille à son compte, elle a construit son activité avec sérieux, elle a traversé les débuts difficiles, les doutes, les ajustements, les mois irréguliers. Aujourd'hui, son activité tourne. Ce n'est pas parfait. Il y a de la fatigue, il y a de la charge mentale, mais de l'extérieur, ça tient. Elle a des clients, elle a une réputation, elle a une certaine liberté. Et souvent, quand elle parle de son quotidien, On lui dit « mais c'est super ce que tu as construit, tu sais, tu as quand même une belle situation. Tu es libre, toi, tu as de la chance. » Et c'est vrai, elle ne peut pas dire le contraire. Sauf que depuis quelques mois, quelque chose a changé. Le matin, quand elle ouvre son ordinateur, elle sent une résistance. Ce n'est pas seulement de la fatigue, ce n'est pas seulement une baisse de motivation. C'est plutôt une sensation. plus profonde que ça. Comme si elle continuait à faire tourner une version d'elle-même qui avait été utile, mais qui ne suffisait plus. Elle regarde son offre et elle se dit qu'elle pourrait la faire évoluer, par exemple. Elle pense à augmenter ses tarifs, mais elle repousse. Elle imagine intervenir devant des collectifs plus grands, mais elle se dit que ce n'est peut-être pas pour elle. Elle pense à écrire, à parler davantage, à assumer une voix plus lisible, plus affirmée. Et à chaque fois qu'une idée un peu plus grande apparaît, Une voix se lève presque immédiatement. Une voix qui dit « c'est trop, tu vas te mettre en danger, tu vas perdre ce que tu as déjà, tu n'es pas encore prête, tu vas passer pour quelqu'un d'arrogant, tu devrais déjà être contente d'avoir ce que tu as. » Alors Léa fait ce que beaucoup d'entre nous font. Elle minimise. Elle dit « non mais ça va, je ne vais pas me plaindre. » Elle se dit que ce n'est pas le bon moment. qu'elle devrait être contente de ce qu'elle a. Alors elle reste là, dans une situation qui la rassure en apparence, mais où peu à peu quelque chose en elle s'éteint. Et c'est peut-être ça le plus difficile à reconnaître. Une prison confortable ne ressemble pas à une prison. Elle ressemble à une réussite raisonnable. Elle ressemble à une vie acceptable. Elle ressemble à quelque chose que les autres valident. Mais à l'intérieur, vous savez. Vous savez que vous ne respirez plus tout à fait pareil. Vous savez que vous n'êtes plus vraiment en train de choisir. Vous êtes seulement en train de maintenir. Alors à quel moment cette censure intérieure se manifeste-t-elle ? Parce qu'elle ne parle pas tout le temps. Si vous décidez de répondre au mail plus vite, elle ne dit rien. Si vous rangez votre bureau, elle vous laisse tranquille la censure. Si vous améliorez un détail, si vous cochez une tâche, si vous avancez sans trop bouger les lignes, elle reste silencieuse. Mais dès que vous visez plus grand, elle se réveille. Dès que vous touchez à votre visibilité, à votre valeur, à votre prix, à votre place, à votre pouvoir d'agir, à votre désir profond, là, elle arrive. Et souvent, elle arrive très vite. Plus le rêve compte, plus la censure parle fort. Ce n'est pas un hasard. Et pour le comprendre, il faut revenir sur le fonctionnement de notre cerveau. Notre cerveau aime ce qu'il connaît déjà. Pas forcément ce qui nous rend heureux, pas forcément ce qui nous épanouit, pas forcément ce qui est juste pour nous, mais ce qu'il connaît. Même une situation inconfortable peut paraître plus rassurante qu'une situation nouvelle. Parce qu'elle est familière, vouloir plus, ce n'est donc pas seulement... ajouter un objectif à une liste. Vouloir plus parfois, c'est toucher l'image qu'on a de soi. C'est se dire, et si je devenais quelqu'un qui ose demander davantage ? Et si je devenais quelqu'un qui assume son expertise ? Et si je devenais quelqu'un qui ne se cache plus ? Et si je devenais quelqu'un qui ne s'excuse pas d'avoir envie de grandir ? Et ça, Pour notre système intérieur, c'est loin d'être neutre. Parce que l'identité ancienne va souvent essayer de survivre, même si elle vous limite, même si elle vous serre, du verbe serrer, même si elle vous serre donc, même si elle vous fatigue. Elle va vous dire, reste comme avant, ne prends pas trop de place, ne change pas trop vite, ne provoque pas le regard des autres. Cette voix-là, vous la connaissez peut-être sous une forme particulière, sous la forme du syndrome de l'imposteur dont on vous parle tant. Ce sentiment d'être là sans être totalement légitime, cette impression que les autres vont finir par voir que vous n'êtes pas si compétent, pas si solide, pas si prêt, prête. Mais parfois, ce n'est pas seulement la peur d'échouer, c'est la peur d'être vu à un endroit où une partie de vous pense encore ne pas avoir le droit d'être. C'est tellement puissant que je vais le répéter. C'est la peur d'être vue à un endroit où une partie de vous pense encore ne pas avoir le droit d'être. Ça peut être un nouveau niveau de responsabilité, un nouveau tarif que vous pratiquez pour vos prestations, une parole plus publique, une ambition plus grande, une reconnaissance plus visible, comme si au moment de franchir un seuil, une partie de vous murmurait « Attention, là tu vas trop loin ! » Et pourtant ce seuil est peut-être précisément l'endroit où votre vie cherche à s'élargir. On fait souvent une confusion fréquente entre ambition et gratitude. Comme si vouloir plus voulait dire mépriser ce qu'on a déjà. Comme si désirer autre chose voulait dire que notre vie actuelle ne valait rien. Comme si évoluer, c'était forcément renier notre parcours, nos efforts et même les personnes qui n'ont pas connu les mêmes possibilités que nous. Alors on se retient. On se dit des phrases du genre J'ai déjà un travail. J'ai déjà une activité. J'ai déjà des clients. J'ai déjà un revenu. J'ai déjà une place. Si toutes ces phrases sont peut-être vraies, elles ne disent pas toute la vérité. Parce qu'on peut être tout à fait reconnaissante de sa situation et vouloir évoluer. On peut honorer ce qu'on a construit et sentir que quelque chose nous appelle ailleurs. On peut aimer une étape de sa vie et reconnaître qu'elle est terminée et qu'on désire passer à autre chose. On peut mesurer sa chance sans s'interdire de grandir. Ce que dit la gratitude, c'est je reconnais que j'ai. Ce que dit l'ambition, c'est je reconnais aussi ce qui m'appelle. Et les deux peuvent coexister. Votre ambition ne vient pas forcément dire ce que j'ai ne vaut rien. Elle peut simplement dire ce que j'ai construit m'a porté jusqu'ici. Mais maintenant, quelque chose en moi a besoin de plus d'espace pour s'épanouir. Et ça change tout. Vouloir plus n'est pas toujours une fuite. Parfois, vouloir plus, c'est être honnête. Honnête avec son énergie, honnête avec son désir, honnête avec son niveau de maturité, son niveau d'expertise aussi, honnête avec ce qu'on ne peut plus continuer à faire semblant d'ignorer. Mais souvent au lieu de l'écouter, cette ambition, on l'habille autrement. On dit je verrai plus tard, je dois encore me former, ce n'est pas le bon moment, je vais attendre d'être prête. Bien sûr parfois il faut tout ça. Il y a des moments où il faut préparer, structurer, stabiliser, construire. Mais parfois, disons-nous les choses clairement, la préparation devient une manière de ne pas... pas se choisir. Et à force, on se sent moins vivante, moins alignée, moins engagée, moins présente à sa propre vie. On continue à fonctionner, mais on ne sent plus d'élan. Et c'est là que la prison confortable devient dangereuse. Parce qu'elle ne fait pas forcément mal d'un coup. Elle nous rétrécit doucement. Elle nous apprend à appeler prudence, ce qui est parfois de la peur. Elle nous apprend à appeler sagesse ce qui est parfois de la résignation. Elle nous apprend à appeler gratitude ce qui est parfois une interdiction de grandir. Alors revenons maintenant à vous. Qu'est-ce que vous voulez vraiment ? Pas ce qui paraît raisonnable, pas ce qui rassurerait votre entourage. Qu'est-ce qui vous appelle réellement au fond de vous ? Quelle idée revient souvent ? même quand vous essayez de ne pas l'écouter ? Quel est le projet qui vous fait peur précisément parce qu'il compte ? Quelle est cette place qui vous attire, mais qui vous oblige à revoir l'image que vous avez de vous-même ? Cette semaine, je vous propose de répondre aux trois questions suivantes. Première question, quel message ai-je reçu sur le fait de vouloir plus ? Ne prends pas trop de place ! Contente-toi de ce que tu as. L'argent ne fait pas le bonheur. Les gens ambitieux sont égoïstes. Ce n'est pas pour nous. Notez tout ce qui vient. Sans censurer, sans chercher à faire joli. Deuxième question. Qu'est-ce que je pense vraiment des personnes ambitieuses ? Alors là, regardez autour de vous. Pas ce que je devrais penser, mais ce que je pense vraiment. Est-ce que je les admire ? Est-ce que je les juge ? Est-ce que je les trouve inspirantes ? Est-ce que je me mets fidèle ? Ou est-ce que je les envie ? Cette question est très importante parce que ce que vous pensez des personnes ambitieuses est souvent ce que vous craignez qu'on pense de vous si vous assumez votre propre ambition. Troisième question. Qu'est-ce que je choisis de penser de moi quand j'ai de l'ambition ? C'est là que vous reprenez la main. Vous pouvez écrire une phrase simple. Par exemple. Quand j'ai de l'ambition, je ne trahis personne. J'écoute ce qui cherche à grandir en moi. Ou alors, vouloir plus. ne m'empêche pas d'être reconnaissante. Ou encore, mon ambition n'est pas une menace, c'est une direction. Je peux avancer sans m'excuser de vouloir une vie plus alignée, etc. L'idée n'est pas d'écrire une phrase parfaite. L'idée est d'écrire une phrase qui vous redonne de l'espace, une phrase qui devient un point d'appui. Parce qu'au fond, personne ne peut vous donner l'autorisation d'avoir de l'ambition. Pas vos proches. Ni vos clients, ni votre manager, ni votre entourage. Cette autorisation-là, à un moment donné, vous devez vous la rendre. Alors cette semaine, ne vous demandez pas seulement est-ce que j'ai le droit de vouloir plus. Demandez-vous plutôt, qu'est-ce que je suis en train de payer à force de me convaincre que je devrais me contenter de ce que j'ai. Parce que parfois, le prix de la prudence est discret. Il se paye en énergie, en élan, en joie de vivre, en créativité, en présence à soi. Et c'est ici que la phrase de Sénèque prend tout son sens. Je cite Fin de citation Votre ambition n'est pas une faute, ce n'est pas un caprice. Ce n'est pas une trahison. Ce n'est pas une preuve d'une éternelle insatisfaction. C'est peut-être simplement votre boussole qui recommence à vous parler. Alors écoutez-la. Pas forcément pour tout quitter, tout bouleverser, tout faire grand, vite et fort. Mais pour cesser de faire comme si ce qui vous appelle n'existait pas. C'est la fin de l'épisode, merci de l'avoir écouté. S'il vous a fait penser à quelqu'un, envoyez-le lui. Faire découvrir Traceur de voix, c'est une jolie façon de dire j'ai pensé à toi et je te veux du bien. C'est la fin de la première saison, mais restez connectés. Traceur de voix revient dès le mois de juillet avec les carnets de vacances de Traceur de voix, une série plus douce, plus légère, plus chill à glisser dans vos valises pour continuer à vous écouter. écouter même en vacances. A très bientôt sur Traceurs de Voix. Si cet épisode vous a aidé à y voir plus clair, c'est déjà un pas de plus sur votre trajectoire. Vous pouvez prolonger la réflexion avec le diagnostic Traceurs de Voix. Un outil simple pour faire le point sur votre relation à l'argent et vos décisions. Le lien est dans les notes de l'épisode. Et si ce podcast vous est utile, vous pouvez le soutenir très simplement en vous abonnant ou en laissant un avis sur votre plateforme d'écoute. Cela permet à Traceurs de Voix d'être découverts par d'autres entrepreneurs qui en ont besoin. Prenez soin de votre énergie, restez lucide et continuez à tracer votre voix. A bientôt !