- Speaker #0
Noélie, tu es généalogiste, entrepreneur et tu accompagnes des particuliers à retrouver des traces de leurs ancêtres, à reconstituer leur histoire familiale, à redonner chair à des noms, à des dates et parfois à des silences. Dans cet épisode, j'avais envie qu'on parle bien sûr de généalogie, de ton métier, de cette expertise très concrète de la recherche et des archives, mais surtout j'avais envie qu'on aille un petit peu plus loin, qu'on parle de ce besoin profondément humain de savoir d'où on vient, de ce que les racines disent de nous. de ce que l'histoire familiale transmet, parfois sans mot d'une génération à l'autre. Parce qu'au fond, chercher ses ancêtres, ce n'est pas seulement regarder en arrière, c'est souvent une manière de mieux se comprendre et de savoir ce que l'on souhaite transmettre demain. Tout un programme.
- Speaker #1
Exactement. Bonjour.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux te commencer par te présenter ? Quand est-ce que tu as commencé à t'intéresser à la généalogie et à quel moment tu as ressenti le besoin d'en faire ton métier ?
- Speaker #1
Donc oui. Je suis bien Noélie, généalogiste familiale, à ne pas confondre avec le successoral parce que c'est deux choses qui sont complètement différentes. Je suis spécialisée sur la France et l'Italie et ça je pense qu'on va un peu le comprendre dans le parcours de tout ce que je vais raconter. Quand est-ce que j'ai commencé à m'intéresser à la généalogie ? J'avais je dirais 14 ans. Puis un décès dans ma famille qui m'a beaucoup remué parce que c'était le premier décès vraiment en tant que... adolescente, on va dire, que je vivais et qui était en lien, en fait, avec moi, c'est-à-dire que c'était mon arrière-grand-mère. Et de là, quand c'est arrivé, je me suis posé, en fait, beaucoup, beaucoup de questions, à me dire, mais Noélie, finalement, tu la connaissais pas si bien que ça, parce que forcément, à 14 ans, on n'a pas cette attitude d'aller, en fait, vers nos aînés pour aller poser des questions, parce qu'à 14 ans, on a plein d'autres choses en tête, mais surtout pas ça, quoi. Et je me suis dit, purée, c'est quand même dommage. J'aurais tellement aimé sa voix, ce qu'elle aimait quand elle était jeune, parce qu'on l'avait toujours décrite comme quelqu'un qui était hyper enjouée, hyper, on va dire, dynamique. Et du coup, oui, ça a été un regret, en fait, de ne pas connaître sa vie, tout simplement.
- Speaker #0
T'as l'impression que tu dépasses la côte de quelque chose.
- Speaker #1
Oui, oui. Je l'ai vraiment senti, en fait, dans mes tripes. Je n'aurais même pas forcément de mots à poser dessus. Mais ça a été vraiment un gros questionnement, en fait, à tout ça. Et je me suis vraiment posé la question, mais comment maintenant, à l'heure actuelle, elle n'est plus là, comment est-ce que je peux aller trouver des informations, en fait, au-delà des photos de famille, des documents, comme un acte de décès qu'on peut avoir, mais ça ne raconte pas vraiment une histoire au complet.
- Speaker #0
Ça ne raconte pas une personne.
- Speaker #1
Voilà, exactement. Et donc, du coup, j'ai commencé à m'intéresser profondément à qui j'étais, d'où je venais, en fait, quelles étaient mes racines, parce que j'avais ce... plafond, on va dire, sur moi, où oui, j'étais née en France, mais depuis toute petite, j'allais en Italie, avec mes parents, voir ma grand-mère. C'était un moment hyper convivial, ces étés-là, parce que je l'ai passé là-bas. Et là-bas, justement, en fait, je me sentais bien. Je me sentais complètement alignée avec moi-même, sans problématique, même si il y a toujours un peu la... la barrière de langue que j'ai plus maintenant. Mais voilà, c'était les odeurs étaient familières, les endroits. Je me sentais vraiment apaisée, en fait, dans ce pays et encore plus dans cette région-là, qui est le Piémont. Et donc, du coup, je me suis dit, il faut que j'ouvre la boîte de Pandore, en fait. Il faut que je sache d'où je viens et ne plus laisser partir, en fait, les gens que je connaisse sans en savoir un minimum sur leur vie. Ça a été vraiment une directrice là-dessus.
- Speaker #0
Mais du coup, comment tu faisais concrètement ? À 14 ans, comment on fait ? Comment on cherche ? On demande ? Parce que vous allez dans des mairies.
- Speaker #1
Alors, j'ai eu le plus beau des exemples, je pense. Ça a été ma maman, qui avait commencé quelques années avant moi. Et c'est vrai que je n'avais pas trop regardé ce qu'elle faisait parce que, encore une fois, j'ai été ado. Ce n'était pas ma première préoccupation. Et justement, suivi de ce décès, je lui dis, mais moi aussi, j'ai envie de faire mon arbre généalogique. Et donc là, elle me dit, mais Noélie, on ne peut pas faire... Toutes les deux, l'arbre généalogique. Elle me dit, par contre, ce que je te propose, c'est que moi, je fasse de mon côté et que toi, tu fasses celui de ton papa. Comme ça, on crée chacune une partie de l'arbre généalogique. Et puis comme ça, on se donne des tuyaux. Donc finalement, j'ai commencé avec ma maman, avec ce qu'elle, elle savait, parce qu'elle débutait aussi. Et très vite, ça a été mon moteur, en fait. Mon moteur, ça a été ma bouée. Quand j'avais besoin de m'évader, quand j'avais besoin de faire une pause, je faisais de la généalogie. Je pouvais y passer des journées entières. Et même encore maintenant, pour la petite anecdote, même le jour où je suis allée accoucher de mon premier enfant, j'étais en train de faire de la généalogie. Je recherchais mes ancêtres. Donc, c'est vraiment quelque chose qui est très ancré et qui a du centre et qui m'accompagne. Qui m'accompagne même moi en grandissant, en vieillissant. Qui m'accompagne toujours. Et donc du coup, j'ai commencé ma généalogie. Alors, il faut savoir qu'à l'époque, petite phrase... D'ancien, vieux. Exactement. Mais bon, je suis une vieille personne dans un corps de jeune. J'aime le lire.
- Speaker #0
Moi aussi.
- Speaker #1
Et donc, du coup, ça ne se passait pas du tout comme maintenant. Ce n'était pas démocratisé comme on le connaît maintenant. C'est-à-dire que moi, j'écrivais mes petits courriers sur mon coin de bureau pour demander tel acte ou tel acte en France parce qu'il n'y avait pas tout ce qu'on peut trouver en ligne maintenant. Et donc, du coup, voilà, j'écrivais mes petits papiers, mes petites lettres. Et je disais à maman, maman, est-ce que tu peux aller me poster ça, s'il te plaît ? Voilà, donc elle me postait mes courriers. Et puis après, c'était comme un matin de Noël, en fait. J'attendais le facteur avec impatience, à guetter un peu par la fenêtre, à me dire, mais quand est-ce que ça va arriver ? Quand est-ce que ça va arriver ? Et après, quand l'acte arrivait, en fait, on l'épluchait et puis on avait de nouveau des informations complémentaires qui nous permettaient peut-être de... passer encore au-delà, sur une génération au-dessus ou sur d'autres documents parallèles. Et donc du coup, en fait, voilà, c'est vraiment comme ça que j'ai commencé, que j'ai eu entre guillemets les mains dans le cambouis et dans les vieux grimoires.
- Speaker #0
Mais tu n'en as pas fait ton métier tout de suite ?
- Speaker #1
Non, effectivement, je n'en ai pas fait mon métier tout de suite parce que j'ai eu un parcours un peu chaotique scolairement, parlant, voilà. L'école ne me plaisait absolument pas. Ce n'était vraiment pas mon truc. Mais par contre, oui, à ce moment-là, je savais que, en tout cas, je me répétais sans cesse que c'était le métier de mes rêves. Mais ce métier-là, il y a 23 ans, on n'en avait pas parlé. C'était des généalogistes successoraux. Et moi, ce n'est pas ce que je voulais faire. C'était accompagner des familles.
- Speaker #0
Successoraux, ils travaillent avec des notaires, c'est ça ? Pour trouver des héritiers.
- Speaker #1
Exactement. Ils travaillent avec des notaires. pour retrouver des héritiers et pour réattribuer des sommes qu'il y a dans la succession. Moi, je fais uniquement du familial. En tout cas, pour le moment, je fais du familial. Parce qu'il y a cet aspect famille qui est là. Et moi, j'aime bien prendre le temps avec les gens. J'aime bien qu'ils me parlent de leur famille. J'aime bien qu'ils me parlent de leur anecdote. Même si ça ne va pas forcément me servir dans l'arbre que je vais construire ou dans les recherches que je vais faire. Mais en fait, c'est ce moment-là aussi. Parce que c'est un moment qui est hyper important. Quand on parle de sa famille, c'est un passage de mémoire, en fait, finalement, et pour moi, c'est hyper important. C'est hyper important d'écouter tout ça, et moi, ça me nourrit, ça me nourrit. Donc du coup, voilà, oui, quand j'étais vraiment ado et que je me suis dit que c'était vraiment le métier de mes rêves que je voulais faire, ben voilà, il n'y avait pas forcément d'études là-dedans, il n'y avait pas forcément un parcours, en tout cas, qui allait pouvoir me permettre d'y arriver. parce que j'étais mauvaise à l'école, il faut dire ce qui est, et ça ne m'intéressait absolument pas. Donc du coup, même si on a absolument voulu m'envoyer dans un général, dans du lycée général, j'ai eu ma maman qui s'est battue pour ça, pour que je puisse aller justement en professionnel et trouver une voie qui me plaisait. Avec le recul maintenant, j'ai choisi une voie qui était quand même hyper rapprochée, c'est-à-dire que je travaillais dans les végétaux, donc dans les racines, les mains dans la terre. et en fait c'est Maintenant, avec le recul que je peux avoir, je me dis que finalement, il t'a plus voulu faire soin des plantes. Et là, maintenant, tu prends soin des arbres généalogiques des zones. Mais oui, effectivement, ça fait sens. J'ai complètement eu un parcours qui n'est pas du tout comme on peut l'entendre maintenant dans la généalogie.
- Speaker #0
Et à quel moment tu as décidé de raccrocher ça à ton parcours professionnel ?
- Speaker #1
J'ai évolué dans un milieu de la jardinerie. jusqu'au point à gérer une équipe de 10-15 personnes avec un poste de responsable adjoint dans une chaîne de jardinerie. Et un jour, je m'écroule au boulot. Je m'effondre en me disant, mais qu'est-ce que je fais là ? Qu'est-ce que je fais là ? Qu'est-ce que je fais là ? Ce n'était pas possible, les valeurs ne me ressemblaient pas. Il s'est passé quand même bien d'autres choses à côté, mais toutes ces petites choses-là, dans cette année, on va dire avant mon burn-out, j'ai perdu mon grand-père, brutalement. qui a été pour moi un gros choc, parce que quand ça arrive soudainement, c'est toujours difficile. Et à côté de ça, je me battais toujours pour ce travail que j'adorais quand même, à essayer de prouver ce que je valais, à essayer de sortir la tête de l'eau et d'exceller dans ce que je faisais, parce que je savais que j'étais bonne dans ce que je faisais, mais en fait, on ne m'écoutait pas. Et tous ces petits enchaînements, on va dire, de choses sur une année, ont fait que je me suis complètement écroulée et j'ai fait un burn-out. Je suis tombée de haut parce que bien souvent dans ces cas-là, les gens voient. Autour de nous, qu'on est, on va dire, en détresse, mais nous-mêmes, en fait, on ne le voit pas. Voilà. Moi, je ne le voyais pas. Et pourtant, il y avait plein de signes qui pointaient dessus. Je cherchais tout le temps mes mots ou je disais des mots qui n'avaient rien à voir avec ce que j'étais en train de dire. Donc voilà, c'était déjà un stade, en fait, avancé. Mais moi, j'étais dans mon truc. Je me disais non, mais là, en fait, je vais y arriver. T'inquiète pas, ça va bien se passer. Tu continues toujours tête baissée, foncer, foncer, foncer et fais ce que tu sais faire. Vas-y, quoi. Mais voilà, le corps a lâché. et quand mon corps a lâché, il a fallu déjà que moi j'accepte. que je m'étais effondrée. Et ça, ça a été très difficile. Et après, vient toujours la question de se dire mais qu'est-ce que je vais faire maintenant ? Parce que mon métier, je le connaissais sur le bout des doigts. Là, qu'est-ce que je vais faire maintenant ? Vers quoi je vais me tourner ? Et donc, après plusieurs mois à me reposer parce que ça a été quand même assez lourd, je dis à mon conjoint, mais qu'est-ce que je vais devenir ? Qu'est-ce que je vais faire ? Et donc là, il me dit, mais enfin Noélie ! Tu te poses vraiment la question ? Je lui dis, ben oui, mais qu'est-ce que je vais faire ? Il me dit, là, ça fait déjà plusieurs semaines que ça va un petit peu mieux. Il me dit, tu fais quoi, Noélie, là, de tes journées ?
- Speaker #0
Ne rentre pas le temps dans le couloir. C'est ça.
- Speaker #1
Tu fais quoi, là, en fait ? Ben, je fais ma généalogie. Noélie, ça fait des années qu'on est ensemble. Qu'est-ce que tu me dis tout le temps ? Je te dis que le métier de mes rêves, c'est d'être généalogiste familiale. Il me dit, ben voilà, tu sais ce que tu vas faire. Et là, tu as tout un process qui se met en route. Forcément, j'ai mon cerveau qui part à mille à l'heure à me dire, mais oui, c'est vrai qu'il a raison. Mais du coup, comment ça va se passer ? Il faut que je me renseigne. Et finalement, c'est aussi un peu ça qui m'a sauvée. Et encore une fois, la généalogie m'a permis de passer des moments qui étaient difficiles pour ma propre personne. Ça m'a permis de me raccrocher à la branche de l'arbre. Tout simplement, c'est hyper imagé ce que je dis, mais je me suis vraiment raccrochée à la branche de l'arbre. Et là, ça a été le cas. Et c'est ce qui m'a sorti aussi de ma dépression et de mon burn-out, en fait, finalement.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui te faisait peur à ce moment-là ? C'était la dimension entrepreneuriale ? Ou c'est de te dire, ben voilà, moi, j'ai la discipline, j'ai la maîtrise de la discipline, mais à aucun moment, je ne me suis projetée de trouver des débouchés financiers pour ça.
- Speaker #1
C'est ça. Je crois que c'est assez bien résumé. En réalité, effectivement, l'entrepreneuriat, j'y avais pensé, mais... Mais pas forcément pour tout de suite. Ce n'était pas forcément quelque chose que je voulais de suite. Mais bon, là, c'était là. Et en fait, il fallait que je me lance parce que je voyais bien que pour moi, ça allait être une vraie bouffée d'oxygène. Ce qui m'a fait le plus peur au début. En fait, est-ce qu'au début d'un entrepreneuriat, on a peur ? Non, on n'a pas peur. En tout cas, pour ma part, j'ai foncé tête baissée. C'est-à-dire qu'une fois, je me suis dit, OK, je me lance. Qu'est-ce que je dois faire ? À l'époque, j'avais pris des contacts avec d'autres généalogistes. J'avais démarché une généalogiste à qui j'avais pu poser énormément de questions et qui m'avait dit « Mais pourquoi tu ne passes pas un DU, en fait un diplôme universitaire sur la généalogie des familles ? » Je me suis dit « Oui, pourquoi pas ? » Franchement, ça ne me fait pas peur de reprendre mes études, alors que moi qui détestais l'école, mais pour un sujet qui me plaisait, il n'y avait pas de soucis, mais elle me glisse quand même. « Écoute Noélie, ça fait quand même presque 20 ans que tu fais de la généalogie. Moi, je l'ai fait ce parcours-là. » parce que je n'étais pas du tout dans ce milieu-là, elle me dit « j'ai quand même un peu peur que tu t'ennuies » . Et je me suis dit « ah bah non, m'ennuyer quand même, c'est pas possible, il y a toujours des choses à apprendre en généalogie, en fait on n'a jamais tout acquis, c'est pas possible, c'est pas possible » . Donc me voilà partie avec mon téléphone, appeler les différents DU en généalogie qui existent sur la France. Je les ai tous contactés et j'avais surtout une question, en leur disant les connaissances que j'avais dans la généalogie, tout ce que j'avais pu déjà entreprendre en généalogie. Est-ce que vraiment le DU allait m'apporter une plus-value sur ce que je connaissais déjà ? Parce que c'était un coup, c'était une école qui avait quand même un coup, et je ne voulais pas mettre mes billes là-dedans pour ressortir finalement au bout de moins d'un an à me dire, oui, effectivement, j'ai passé un DU, mais j'ai perdu 6-7 mois. Donc, ils ont été tous adorables et ils ont tous été honnêtes avec moi. Alors déjà, les places étaient vraiment hyper restreintes. Voilà, c'est... C'est des sections avec une vingtaine, voire une trentaine de personnes maximum. Et que, en fait, c'était compliqué de rentrer. Et j'ai pu avoir la chance de leur demander vraiment ce que contenait le DU. Et effectivement, la plupart des modules, c'est des choses que je savais déjà. Voilà. Donc là, c'est pour moi, en tout cas, dans mon parcours, ça a été un premier coup dur parce que je me suis dit, est-ce qu'on va me considérer quand même comme une généalogiste si je n'ai pas un diplôme universitaire en face ?
- Speaker #0
Oui, je comprends.
- Speaker #1
Voilà. Et ça, en fait, rebolote. Ça a été vraiment un gros questionnement pour moi, à me dire, mais purée, qu'est-ce que je fais ? Qu'est-ce que je fais ? Est-ce que je passe le DU pour passer le DU ? C'est-à-dire que je sors mon chéquier et j'y vais parce que... sur une ligne, sur un profil LinkedIn ou quelque chose comme ça, ça fera de la plus-value ? Ou est-ce que je me lance, je fais vraiment ce que je veux, et comme je l'entends, je véhicule ce que moi je sais déjà, tout en continuant de me former sur plein de sujets ? Parce qu'en généalogie, on n'est pas obligé de se former avec un DU pour avoir des connaissances sur le sujet. Moi, j'ai plus de 23 ans de connaissances, mais parce que je suis passée par toutes les étapes qui puissent exister. J'ai été débutante, j'ai été amatrice, on va dire, confirmée. J'ai eu des blocages, même en tant qu'amatrice. Et de là, en fait, je suis allée creuser. Je suis allée fouiller des bouquins, je me suis rapprochée de sites. Je suis allée dans les archives. Pour la petite anecdote, avant de travailler dans la dernière jardinerie que j'ai faite, je travaillais sur Bourg-en-Bresse, dans une autre jardinerie, qui était vraiment pas loin des archives départementales, et qui étaient les archives départementales de l'Ain. et à l'époque... Encore une fois, à l'époque, je faisais l'arbre généalogique d'un membre de la famille de mon conjoint. Et elle était originaire de l'Inde. Et donc, tous les jours, entre milliers d'œufs, je prenais mon petit sac, mon crayon à papier, ma gomme, mon PC, et je fonçais pendant deux heures, deux heures, deux heures et demie, aux archives, et je passais ma pause d'âge là-bas. Je mangeais un quignon de pain et j'allais faire mes recherches. Et en fait, c'était... Bouffée d'oxygène pour moi, j'étais vraiment prolongée dans ma bulle. Je me suis formée en fait comme ça, en rencontrant plein de gens qui faisaient de la généalogie depuis des années, qui ont vu évoluer aussi la généalogie, sur des sujets bien précis. Voilà, j'allais gratter, j'essayais, je faisais des erreurs et je notais. Non, ça, il ne faut pas faire comme ça parce que ça ne va pas. En tout cas, pas dans le profil que je cherche. Bref, en fait, finalement, c'est un jeu d'enquête.
- Speaker #0
Tu as appris sur le tas. En quoi consiste concrètement ton travail de généalogiste ? Qu'est-ce que tu fais et comment tu le fais ?
- Speaker #1
Alors, je pense qu'il existe autant de généalogistes qu'il y a de personnes. Chacun a sa petite patte. Comme moi, je suis spécialisée France-Italie. Il y en a qui vont être spécialisés dans les armoiries, d'autres dans les parcours militaires, d'autres qui vont être spécialisés comme moi sur l'Espagne. Pologne, la Russie, peu importe. Mais voilà, et des personnes qui vont aussi faire des généalogies de bâtiments. Moi, ma spécialité, c'est la France et l'Italie. Comment je fonctionne ? Moi, j'ai plusieurs points que j'ai voulu mettre en avant en tant que généalogiste. C'est-à-dire que j'ai cette partie où je vais accompagner des gens qui vont faire leur propre généalogie ou qui veulent débuter leur généalogie. Mais quand on débute, on ne sait pas trop...
- Speaker #0
Par où commencer.
- Speaker #1
Exactement, on ne sait pas par où commencer. On ne sait pas quelles ficelles tirer. Et donc du coup, on peut vite être noyé dans toutes ces informations qu'on peut trouver sur des forums, sur des sites internet. Et finalement, on s'y perd et on ne sait pas ce qui est bon de ce qui n'est pas bon. Donc moi, je vais accompagner ces gens-là en partie, soit sur du début de généalogie, soit sur des blocages. Parce que c'est des gens qui font de la généalogie parfois depuis des années et qui rencontrent un obstacle pour... diverses raisons et qui vont faire appel à moi pour me dire, voilà, Noélie, moi, je suis bloquée, par exemple. Je veux retrouver mes ancêtres italiens, mais je ne sais pas comment m'y prendre. J'ai essayé parfois même toute seule, mais je ne sais pas faire. Et donc là, en fait, j'ai des accompagnements, des coachings en généalogie, où la personne choisit le sujet qu'elle veut aborder. Donc ça peut être, j'ai besoin de vérifier une lignée, mais je ne sais pas comment m'y prendre. J'ai besoin d'aller trouver un dossier de naturalisation. mais je ne sais pas comment faire. Et donc là, en fait, ça va être une heure et demie où on va vraiment discuter de tout ça. Et ça, en fait, c'est vraiment en one-to-one. C'est vraiment en face-à-face, soit par visio, soit je me déplace. Mais c'est vraiment un temps pour la personne parce que quand on fait ses recherches généalogiques, on touche à soi vraiment au plus profond. Ce coaching, c'est vraiment un moment cocon, en fait. Enfin, en tout cas... Pour moi, c'est vraiment un moment cocon.
- Speaker #0
Où on peut te demander ce qu'on veut, en fait. Voilà, et il n'y a pas de jugement,
- Speaker #1
parce qu'on ne peut jamais tout savoir en généalogie. Donc, il n'y a pas de jugement. Et puis, c'est surtout que j'apporte un œil nouveau, finalement. Parce que des fois, on cherche pendant des années, des années, des années, quelque chose. Et finalement, d'avoir un œil extérieur en disant « Ah bah tiens, t'as pensé à passer par telle source pour rebondir finalement sur tel document ? » Ah bah non, je n'y ai jamais pensé. Voilà, ça peut être une solution. Donc tu peux aller te déplacer à tel endroit. Je donne directement ce qu'il faut faire. Parce qu'à la fin de ce coaching, on ne part pas juste avec ce qu'on a écrit sur un bout de cahier. On part avec des fiches mémo. Des fiches mémo que moi je donne, parfois même des petites vidéos que je refais pour que les gens aient bien compris. Et c'est surtout qu'avec ça, avec ces fiches mémo, ils puissent refaire la même chose s'ils sont bloqués sur d'autres ancêtres dans la même situation.
- Speaker #0
Tu leur fais des fiches mémo personnalisées ? C'est-à-dire quand tu fais le coaching, tu notes des choses ou tu as déjà des ressources qui sont prêtes quand on fait les coachings avec toi ?
- Speaker #1
Alors, j'ai quelques ressources qui sont prêtes, voilà, parce que la trame est la même. Mais après, non, souvent, en fait, les gens viennent me voir et je construis déjà en amont, avant le coaching, en fait, des fiches mémo qui peuvent déjà aider à débloquer, en fait, la situation. Et pendant ce coaching, on va vraiment parler pendant une heure et demie. Donc, je vais donner des solutions. Et on va le faire ensemble. C'est-à-dire qu'on va le faire soit en écran partagé, soit je montre vraiment qu'il est possible d'aller chercher. Parce qu'encore une fois, on est souvent noyé sur un ordinateur avec tout un tas d'informations, et en fait, on ne sait pas où aller tirer les ficelles. Alors que parfois, c'est juste sous notre nez, c'est juste que le mot ne correspond pas vraiment à ce qu'on veut aller chercher. Donc en fait, c'est tout ça. C'est tout ce parcours de, finalement, encore une fois, de transmission, je dirais. Parce que la généalogie, c'est de la transmission d'histoires familiales. Mais j'ai aussi à cœur de transmettre ce que moi je sais. Parce que quand j'ai quelqu'un qui revient me voir en me disant Noëlie, ça y est, j'ai trouvé les actes, quand je pense que ça fait six ans que je les cherche et que là, avec toi, j'ai fait un coaching. Et quelques semaines après, après avoir appliqué tout ce que tu m'as dit, je tiens l'acte de mon arrière-grand-père italien. Elle me dit, tu ne te rends pas compte comme ça n'a pas de prix. Alors moi, souvent, quand je lis ça ou quand j'écoute les vocaux, je pleure. Voilà, parce que je suis hyper sensible et que ça me touche du plus profond de moi, parce que je suis tellement heureuse de redonner cette partie-là et puis de refaire naître un ancêtre qu'on avait parfois oublié ou mis de côté. Et pour moi, ça prend vraiment tout son sens.
- Speaker #0
Tu disais que tu es spécialiste de l'Italie. Par exemple, moi, j'ai une partie de mes ancêtres en Espagne. Si je viens te voir demain, je te dis que je voudrais retrouver des actes de naissance de mes grands-parents, de mes arrière-grands-parents. Est-ce que c'est possible ? ou est-ce que tu vas me renvoyer vers quelqu'un ?
- Speaker #1
Alors, en général, je regarde toujours ce qui est possible de faire, moi, à mon échelle. Mais je pars du principe que chaque généalogiste a sa spécialité et quand il a une spécialité, il sait bien le faire.
- Speaker #0
Parce que c'est une question de... On en parlait un petit peu la première fois qu'on s'est vus. C'est une question aussi de découpage administratif, de façon de rechercher qui ne va pas être la même.
- Speaker #1
Tout à fait. Tout à fait. Par exemple, pour l'Italie, je connais parfaitement le dossier parce que... aussi bien du côté de mon papa que du côté de ma maman, j'ai des ancêtres italiens. C'est-à-dire que j'ai mis les mains dans le combouis et de l'administration italienne. Donc je sais parfaitement comment il faut faire pour avoir un acte, à quel moment il faut le demander, si c'est sur telle période, je sais où le demander, où pas le demander. Voilà, c'est toutes ces notions-là. Et je pense que quand on a le nez dedans, on sait comment il faut faire. C'est beaucoup plus facile d'accompagner quelqu'un plutôt que je lui dise, « Oui, bah attends ! » je vais aller voir peut-être que oui l'Espagne, oui je vais peut-être regarder, je vais peut-être trouver, mais non en fait, c'est pas des peut-être, parce que souvent les personnes qui sont en face de moi, elles ont besoin en fait, elles ont besoin de ça, à un certain moment de leur vie. Déjà c'est une perte de temps pour moi, parce qu'il faudrait que je regarde comment fonctionne le pays, etc.
- Speaker #0
Depuis quand peut-être on enregistre des... Exactement,
- Speaker #1
depuis que l'état civil est mis en place, enfin voilà, toutes ces petites choses-là finalement. qui vont faire perdre du temps à moi, mais qui vont surtout faire perdre du temps à mes clients parce qu'il y a un moment donné où forcément, moi, dans un pays que je ne connais pas, je vais être bloquée.
- Speaker #0
Ok. Ça me fait naître une question. Est-ce qu'il y a des pays où c'est quasi impossible de retrouver des gens sur deux générations ? Tout simplement parce que, tu sais, des fois, il y a cette petite blague que dans certains pays, on enregistre les enfants des années après.
- Speaker #1
Il y en existe sûrement.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Ça n'a jamais été un blocage ?
- Speaker #1
Ça n'a jamais été un blocage. Jamais. Après, c'est sûr, sur de la généalogie anti-yes, par exemple, c'est complètement différent. Voilà.
- Speaker #0
Les Tantis n'étaient pas centralisés comme la France. Il y a eu certainement des mouvements avec la colonisation où les administrations se sont mises en place après.
- Speaker #1
Exactement, exactement. Les seuls recours, en fait, bien souvent qu'on a quand on est coincé, ça va être de prendre contact avec les administrations. Mais il y a aussi, dans la dimension généalogique, tout un pan historique à mettre en place. Bien sûr que ça m'est arrivé d'être coincée. Parce que les registres avaient été perdus, parce que les registres avaient mal été conservés, donc tellement usés par le temps qu'on ne pouvait rien en tirer. Parce que pendant différentes guerres, il y a eu des archives qui ont été brûlées, ce qui a été le cas à Paris, par exemple, avec les Prussiens, où ils ont brûlé énormément d'archives.
- Speaker #0
Volontairement ou dans le cadre de la guerre ?
- Speaker #1
Non, il y a souvent dans le cadre de la guerre, volontairement.
- Speaker #0
Ce n'était pas forcément un enjeu de la guerre d'estabiliser les administrations ?
- Speaker #1
Non, pas forcément.
- Speaker #0
Le bâtiment a pris feu et les archives ont été brûlées.
- Speaker #1
Tout à fait. Et ça, ça arrivait...
- Speaker #0
Du coup, tu as des trous, des fois ?
- Speaker #1
Tout à fait, il y a des trous. Et ça fait partie aussi des accompagnements, des fois, que je fais, où les personnes, en fait, elles n'ont plus assez d'énergie pour aller chercher, en fait, ce qu'il leur manque, ou parce qu'elles ne veulent tout simplement pas faire leur propre généalogie. Et en fait, je vais intervenir justement là-dessus. Donc, quand il va y avoir des manquements, moi, j'ai déjà dans ma tête, en fait, des choses qui vont se dessiner. Je vais me dire, ah bah tiens, là, on n'arrive pas à trouver cet acte de décès, mais est-ce qu'on est déjà passé par des archives notariales ? pour aller voir s'il y avait une succession qui s'était faite, pour avoir un lieu. Tout de suite, je vais chercher dans les tables décennales, dans les recensements de population. En fait, il y a tout un mécanisme qui se met en place dans ma tête.
- Speaker #0
Ah oui, c'est-à-dire que si, par exemple, je ne sais pas, je dis une bêtise, tu as une préfecture qui a été bombardée ou tu n'arrives pas à trouver un acte de naissance, un acte, je ne sais même pas si c'est recensé, C'est dans l'écriture qu'on cherche ça.
- Speaker #1
Non, ça va être dans... Alors, tout dépend des années. Ça va être soit dans les archives départementales, soit après, ça va être directement dans les mairies.
- Speaker #0
Dans les mairies. Voilà. Donc, si tu n'as pas ça, tu peux toujours te... Cet enfant, il est né à un moment. Et il y a bien un moment où il a été recensé, où il a été... Et tu peux raccrocher par d'autres boucles.
- Speaker #1
Tout à fait. Par exemple, s'il n'y a pas un acte de naissance écrit, on va aller voir peut-être dans les registres catholiques s'il y a eu un baptême. Eh oui. Parce que là, effectivement, ça nous donne un petit bout de ficelle à tirer. On peut aller voir sur tout un pont de documents qui vont nous permettre de... Après, parfois, on n'aura pas forcément le document à mettre en face, mais on aura trois autres documents qui vont nous prouver par A plus B qu'il est bien né ce jour-là, à tel endroit. Donc du coup, voilà, c'est ça. C'est vraiment un vrai jeu d'enquête. C'est un jeu de patience.
- Speaker #0
Oui, j'imagine.
- Speaker #1
Mais voilà, il y a à chaque fois... comme je dis, avant de baisser les bras sur un blocage généalogique il y a plein de choses à faire plein de ficelles à tirer, plein de d'autres documents à aller chercher pour retrouver ce qu'on cherche vraiment en fait j'ai encore une question et après j'arrête dans les questions qui ne sont pas prévues tu as déjà beaucoup de prévues ça t'est déjà arrivé d'être complètement bloqué ?
- Speaker #0
de dire là, vraiment je ne sais pas, cette personne a disparu de la circulation et je ne sais pas Alors...
- Speaker #1
pas vraiment un blocage, mais une généalogie qui s'arrête net. Voilà. Une généalogie qui s'arrête net parce qu'on ne peut pas aller au-delà. Voilà. C'est-à-dire que là...
- Speaker #0
Il ne faut pas remonter plus haut ? C'est ça que tu veux dire ?
- Speaker #1
On ne peut pas remonter plus haut avec ce qu'on a à l'heure actuelle des choses. Pour la petite histoire, c'était une lignée exclusivement paternelle que je faisais. Donc, je retracais uniquement le nom de famille masculin. Et donc, du coup... je remonte toutes les infos, toute la lignée, et au bout d'un moment, blocage. Parce que sur cette commune-là, il y a eu énormément de registres qui ont été brûlés, qui ont été perdus, et à l'époque où c'était, il n'y avait pas forcément d'actes notariés qui étaient suivis, ou d'autres documents possibles, finalement. Donc à ce moment-là, le baptême, le mariage et la sépulture, comme on le connaît à cette époque-là, c'est-à-dire qu'on est dans les années 1600. On est en 1640, 1650 à peu près. On n'avait pas d'autres pistes possibles. La dernière carte que j'ai jouée, ça a été justement de contacter un diocèse pour savoir s'ils n'avaient pas des registres d'église en double. Pour voir s'ils n'avaient pas des duplicatas, toutefois, sur ces années-là, sur la commune de Manila Fos, parce que c'était Manila Fos. Et ils m'ont répondu que non. Et donc là, en fait, une fois qu'on a tout abattu nos cartes, qu'on est passé vraiment par toutes les pistes possibles, eh bien, il faut qu'on accepte que ça s'arrête là. C'est difficile. C'est difficile pour moi en tant que généalogiste, mais ça peut être aussi difficile pour mes clients qui parfois pensaient, enfin, qui espéraient...
- Speaker #0
Pouvoir des réponses.
- Speaker #1
Oui, pas forcément avoir des réponses, mais monter plus loin, avoir plus de vision, en fait, quant à la grandeur de l'arbre.
- Speaker #0
Une tiècle. Quelles sont pour toi les grandes étapes de la recherche généalogique ? Si tu devais faire étape 1, étape 2, étape 3, je veux me lancer demain dans ma généalogie côté français, qu'est-ce que je fais ?
- Speaker #1
Eh bien, la première chose, déjà, c'est de commencer par soi-même, parce qu'on est le cœur de l'arbre. On ne commence pas par ses arrières-grands-parents ou par sa tante éloignée. Non, on commence par soi. Pour la simple et bonne raison que... Quand on commence par soi, on a déjà accès à des documents. On va pouvoir demander son acte de naissance.
- Speaker #0
Facilement. On va pouvoir demander son acte de mariage, son baptême, par exemple. Tous les documents qui sont en rapport direct avec nous.
- Speaker #1
Parce qu'on consigne quoi concrètement dans un arbre généalogique ? C'est vrai que je ne t'ai pas demandé ça. Qu'est-ce qu'on y met exactement ? Parce qu'on voit ces arbres avec ces têtes un peu à la Harry Potter. Je ne sais pas si tu vois l'arbre des blacks. Avec des dates de naissance, des dates de mort. Et des têtes qui font peur, là, dans ce cas-là. Mais qu'est-ce qu'on met, vraiment ?
- Speaker #0
Eh bien, là, en fait, tout dépend. Tout dépend, vraiment, de ce qu'on veut et de ce qu'on a besoin. Ça peut être juste retracer, justement, un arbre généalogique. C'est-à-dire qu'avoir un arbre généalogique visuellement devant les yeux et voir que telle personne s'est mariée avec telle personne, qu'il est décédé en telle année, ou qu'il y a des années qui se répètent. Enfin, bon, bref, des mois qui se répètent, des prénoms qui peuvent se répéter. Mais à côté de ça... Il y a aussi ce que je fais moi en parallèle, vraiment pour transmettre son histoire familiale. C'est ce que j'appelle des livres généalogiques.
- Speaker #1
Le but, c'est plus de raconter une histoire.
- Speaker #0
Ce n'est pas de raconter une histoire, c'est de raconter son histoire, avec des faits. Parce que c'est ça la généalogie. La généalogie, on n'est pas sur des hypothèses, on n'est pas sur de l'imaginaire. C'est pour ça que des fois, je n'aime pas trop ce parallèle-là, en fait, on raconte son histoire. Non, ce n'est pas vraiment une histoire. À proprement dit, comme on lit un livre pour des enfants le soir. Oui,
- Speaker #1
c'est l'histoire.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
C'est la grande histoire et il y a nos histoires.
- Speaker #0
C'est ça. Et il y a nos ancêtres qui sont dans la petite histoire, finalement. C'est ça. Et donc, en fait, par ce livre-là, on est beaucoup moins dans le solennel de la recherche généalogique avec l'arbre qu'on va afficher fièrement au mur. Non. C'est vraiment un livre que moi, j'ai pensé pour être offert. mais surtout comme objet de transmission parce que moi j'aurais adoré que mes arrière-grands-parents que même mes grands-parents qui sont plus là aient à me transmettre en fait finalement parce que sinon tout s'étiole tout se perd parfois il y a des choses qui s'oublient et en fait moi ça me brusque un peu voilà et en fait dans ce livre là c'est vraiment quelque chose que j'ai pensé pour ça bien souvent ces livres là sont offerts à un membre de notre famille Non. C'est souvent des grands-parents ou des parents, parce qu'au bout d'un moment, on ne sait plus trop quoi leur offrir, finalement. Et les gens me disent, ben voilà, moi j'aimerais trop que vous fassiez l'arbre généalogique de ma grand-mère, en fait, qui va avoir 90 ans. Et elle me dit, de lui offrir ça, en fait, de lui offrir un bout de son histoire dans un livre, ça peut être une super idée. Donc du coup, à partir de ce moment-là, je prends les informations sur la personne de qui je débute. Voilà, donc ça c'est... C'est valable quand on commence sa propre généalogie. Oui, ça raccroche avec ça. Voilà, exactement. Quand on commence sa propre généalogie. Et là, en fait, je vais aller chercher, effectivement, les documents. Donc, les actes de naissance, les actes de décès, les actes de mariage. Et je vais avancer avec ça. Parce que finalement, c'est un peu le tronc commun pour chacun des ancêtres. Cette rame-là, c'est naissance, mariage, décès. Ou quand on remonte un peu plus loin, c'est baptême, mariage et sépulture. Et une fois que moi j'ai ça, qui est finalement le noyau en fait... pour chaque ancêtre, là, on peut aller tirer des ficelles qui vont être très très grandes. On peut aller chercher dans de la presse ancienne, on peut aller chercher si nos ancêtres ont eu des petites démêlées avec la justice, s'ils sont passés en prison, ce qu'ils ont pu apporter, par exemple, lors d'un contrat de mariage. Et des fois, en fait, on découvre des choses complètement dingues. La mariée a apporté une dot, une vache avec une armoire sculptée par son père. Ça donne des petites informations qui sont des petites paillettes un peu partout. Et donc, on va aller chercher toutes ces informations-là, des dossiers militaires pour les hommes. Ça peut être parfois aussi des endroits où ils ont travaillé, parce que certains ont travaillé au chemin de fer. Il est possible d'avoir un dossier des personnes qui ont travaillé sur les chemins de fer. En fait, il y a tout un pan d'archives. qui sont immenses. En fait, les gens sont tellement, on va dire, cloisonnés sur l'histoire. Moi, je veux naissance, mariage, décès. Je veux juste savoir où est-ce qu'ils sont nés, où est-ce qu'ils... Mais quand on commence à faire une généalogie, en fait, très vite, on bifurque sur autre chose que ça. Oui, les dates, c'est important. Oui, l'état civil, c'est important, parce que ça prouve qu'il est bien l'enfant d'eux. Mais à côté de ça, un acte d'état civil ne va pas raconter la petite histoire dans la grande, finalement.
- Speaker #1
Étape 1, je pars de moi. Étape 2, on va rechercher un peu dans différentes sources.
- Speaker #0
Pas vraiment. Non ? Non, pas vraiment.
- Speaker #1
On va éviter de s'éparpiller ?
- Speaker #0
On va éviter exactement de s'éparpiller, c'est exactement ça. Souvent quand on débute la généalogie, on a vite tendance justement à vouloir mettre la charrue avant le bœuf. Et du coup, on part tous azimuts dans des trucs, oui je vais aller chercher ci, je vais aller chercher ça, non. Il faut d'abord se concentrer sur l'essentiel. Parce qu'une fois qu'on a nos propres actes de naissance, on va déjà prendre le temps de les lire correctement. Et on va s'apercevoir que dans notre acte de naissance, on a déjà des informations sur nos propres parents. On va avoir le nom de famille, on va avoir le nom de famille de jeune fille de notre mère, si on n'a pas forcément eu l'occasion de le savoir, ou parce qu'on n'a jamais posé la question, etc. On va avoir le métier de nos parents au moment de notre naissance. On va avoir l'âge qu'ils avaient au moment de notre naissance. Et tout ça, finalement, déjà, ça nous plonge un peu dans un contexte. De se dire que, tiens, moi je suis née quand mon papa avait 20 ans, et de me dire que je suis née quand mon papa en avait 40. Il y a quand même 20 ans d'écart parmi tout ça, où dans la grande histoire, il s'est déjà passé plein de choses. Des changements de président, enfin voilà, mais plein plein de choses. Là, je pars vraiment sur quelque chose de proche de nous. Et une fois qu'on a ça, on va se dire, tiens, je vais demander l'acte de naissance de mon papa, de ma maman. Je vais demander l'acte de mariage, de décès, de... Enfin voilà, tous ces actes qu'on peut mettre bout à bout.
- Speaker #1
Je remonte le fil. par les actes de naissance.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et à partir de quel moment, justement, je cherche, s'il n'y a pas, juste tout à l'heure, tu parlais d'articles de vieux journaux, peut-être de registres carcéraux, de choses comme ça. À partir de quel moment je cherche un peu autour ?
- Speaker #0
Un peu autour. Alors déjà, il faut passer, en fait, toutes nos années proches, finalement, parce que bien souvent, on a tous connu nos parents, on a au moins tous connu nos grands-parents, même des fois, si c'était brièvement, on ne s'en rappelle pas ou on ne les a même pas du tout. Merci. Mais on a quand même un minimum de choses sur eux. On sait, on peut s'adresser parfois à quelqu'un qui connaissait cette personne-là. Et donc, on peut déjà aller glaner des informations. Et donc, ça aussi, c'est important en généalogie, d'aller glaner des informations. Pas forcément se dire que toutes les informations qu'on va glaner vont être justes, mais ça va nous permettre parfois d'ouvrir certaines pistes. Et de se dire, tiens, en fait, je ne savais pas que ma grand-mère n'était absolument pas du coin. qu'elle n'était pas née dans le village où je les ai toujours vues habiter. En fait, elle était née dans le nord de la France, par exemple. Ça, je ne le savais pas. Ce qu'il faut savoir aussi, surtout, et qui est très important, c'est qu'on a le droit, en tant que personne, de demander des actes de naissance et de mariage de personnes qui sont ascendantes directes à nous. Parce qu'il y a aussi cette dimension-là. On n'a pas le droit, en France, de demander des actes de moins de 75 ans.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Voilà, c'est-à-dire qu'il faut qu'on prenne la date qu'on est à l'heure actuelle, on enlève 75 ans, et tous ces 75 ans-là, on ne peut pas avoir accès aux États civils, à l'État civil.
- Speaker #1
Ok, pour protéger un peu, s'il y a eu un abandon d'enfant, quelque chose comme ça, par exemple, quelqu'un qui ne voudrait pas être retrouvé.
- Speaker #0
Mais même moins compliqué que ça, l'usurpation d'identité.
- Speaker #1
Ok, ouais. Oui, c'est pas faux.
- Speaker #0
Ça voudrait dire que n'importe qui pourrait demander l'acte de tout le monde. Oui,
- Speaker #1
ok.
- Speaker #0
Donc ça ne se passe pas comme ça. Voilà. Là aussi, parfois, j'interviens parce que moi, je suis agrémentée pour ça. C'est-à-dire que j'ai un dossier qui a été monté et j'ai un agrément du ministère de la Culture qui me donne accès, justement, aux archives de moins 75 ans.
- Speaker #1
Donc tu peux retrouver, par exemple, je te demande d'aller chercher l'acte de naissance de ma mère, toi, ils te le donneront.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Moi, non.
- Speaker #0
Si, parce que toi, tu es descendante directe. Ah, parce que je suis... Ok, d'accord.
- Speaker #1
Par contre,
- Speaker #0
si un de tes cousins demande l'acte de naissance de ta maman, là, ça va poser problème.
- Speaker #1
Ok. Et frères et sœurs ?
- Speaker #0
Frères et sœurs, oui, tu peux aussi. C'est en ligne directe ? Oui, c'est en ligne directe. Mais en général, quand on se lance dans un projet généalogique comme ça, on demande déjà à toutes les personnes qu'on a autour de nous, est-ce que tu peux demander ton acte de naissance, s'il te plaît ? Parce que c'est une base. Bien sûr, bien sûr, parce que c'est une base. Bien souvent, de demander son propre acte de naissance, c'est facile. Maintenant, on va sur Internet, on dit, voilà, j'ai besoin d'un acte de naissance pour refaire mon permis de conduire ou refaire ma carte d'identité. Au final, en fait, c'est bon. On peut avoir facilement accès aux documents.
- Speaker #1
Qu'est-ce que les gens imaginent de la généalogie et qu'est-ce qu'il faut surtout ? Est-ce qu'il y a des croyances autour de la généalogie ?
- Speaker #0
Oui, il y a plein de croyances autour de la généalogie. La première, c'est que c'est réservé aux vieilles personnes alors que je ne le suis pas. tu as dit que tu étais une vieille personne dans un jeune corps mais exactement c'est exactement ça bien souvent quand je me présente les gens me font rire parce qu'ils me disent ah mais je pensais pas que vous étiez si jeune quand même je suis vieille c'est ça parce que voilà il y a quelque chose d'un peu poussiéreux on s'attend à voir une mamie arriver avec un air mystérieux peut-être avec les grosses loupes enfin voilà la canne donc non non il n'y a pas du tout de ça euh
- Speaker #1
Tu casses un peu le mythe de cette mamie.
- Speaker #0
J'aime à me le dire, en tout cas. J'aime à me le dire. Non, c'est des croyances. En fait, il y en a vraiment plein, Mais c'est surtout que les gens pensent qu'ils vont toujours trouver des choses extraordinaires quand ils vont faire leur généalogie. Ils s'attendent à se dire « Ah ben ouais, mais moi, il a reçu la médaille du mérite, il a fait ceci, il a fait cela. » Mais ce qui fait la richesse d'un arbre généalogique et de l'histoire généalogique dans les grandes largeurs, c'est tous les petits faits, c'est toutes les petites choses qui font qu'il y a la petite histoire. C'est de se dire « Ah ben tiens, j'ai trouvé qu'un de mes ancêtres, à l'école, avait reçu un petit diplôme de poésie. C'est finalement plein de choses mis bout à bout. Alors bien sûr que des fois, on peut tomber sur des trucs complètement dingues, bien évidemment, mais ce n'est pas tout le temps le cas. Et souvent, les gens se disent, moi, j'ai forcément un roi dans mon arbre. Mais non, parce que, et encore une fois, depuis que j'exerce, depuis tellement longtemps, et à mon compte, depuis trois ans, il n'y a pas... pas une histoire qui se ressemble. Jamais, jamais. Chacun a son parcours et c'est tout aussi important, en fait, finalement. Même quand on me dit « Ouais, mais moi, c'est pas la peine, Noélie, de faire mon arbre généalogique, j'ai que des paysans. » Ok, t'as que des paysans, mais les paysans, c'est génial, en fait. Ils vivaient en campagne. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les paysans, ben, ils ont nourri tout le monde. C'est eux qui étaient dans la résistance, bien souvent.
- Speaker #1
Oui, oui, ils avaient aussi des histoires, en fait, des paysans. Paysan, c'est un métier et en fait, ils avaient aussi une personnalité, une vie.
- Speaker #0
Exactement, exactement. Et quand on me dit ça, je me dis, ah, maman, c'est pas possible. On ne peut pas me tenir un propos comme ça. Non, c'est pas parce que tu n'as que des paysans qui ne s'est rien passé. Et quand bien même, voilà, mais complètement. Et quand bien même, s'il n'y avait que des paysans, en fait, on trouve toujours quelque chose. On trouve, ah bah, voilà, un paysan qui s'est... qui s'est mariée une première fois, et finalement, sa première épouse est décédée à jeune, finalement, il s'est marié avec la sœur. Déjà ça, c'est une histoire dans l'histoire de la famille, finalement. Donc, il y a toujours des choses. Je ne sais pas, moi, un marié arrière-grand-père qui a gagné un concours de labours, qui apparaît finalement avec sa photo dans le journal, et là, on se dit, waouh, mais c'est génial. Et c'est des petites choses simples, en fait, de la vie. Des fois, qui font que ça fait des arbres généalogiques géniaux.
- Speaker #1
On va passer un peu sur les motivations des gens qui viennent te voir. Qu'est-ce qui, selon toi, les pousse à vouloir connaître leurs ancêtres ? Quel est le moteur ? Est-ce qu'il y a un point commun entre toutes ces personnes qui viennent te voir ? Quelque chose que tu as identifié comme une motivation commune ?
- Speaker #0
Je pense que c'est un besoin profond. À un moment donné, je pense que tout le monde passe par là d'ailleurs, que ce soit très jeune, très vieux, à la quarantaine, cinquantaine, peu importe. On se pose toujours tous cette question. Mais d'où on vient ? Où est-ce qu'on vient ? Est-ce que finalement, oui, ça fait peut-être trois générations qu'on est dans cette région, mais quand on remonte un arbre, on s'aperçoit que pas du tout. Finalement, on atterrit en Belgique et que la personne que j'avais en face de moi me disait « Ah mais moi, j'adore la Belgique, c'est vraiment un pays que j'adore » . Et bien souvent, quand j'ai des échanges avec les gens, je fais attention à ces petites phrases-là parce qu'en fait, ça délivre déjà des messages. Et c'est pas rare quand on me dit « Ah non, non, mais moi, j'ai... » je suis 100% pure souche français. Et finalement, au bout de cinq générations, on s'aperçoit que ça part sur un autre pays. Quand on est convaincu de quelque chose, en général, c'est tout l'inverse. Et on peut le prouver avec la généalogie.
- Speaker #1
Je pense qu'on se berce de pas mal de choses.
- Speaker #0
Bien sûr, bien sûr qu'on se berce de plein de choses. Donc en général, quand j'ai un premier échange avec une personne, la motivation, c'est de savoir d'où on vient et en fait de se réenraciner. J'aime bien ce mot. de se réenraciner à sa propre histoire. Parce qu'on a tous des moments dans notre vie où on se sent un peu perdu. Et je pense que même, ne serait-ce qu'en se basant déjà sur mon propre ressenti, dès que j'ai eu des décès dans ma famille ou que je me sentais un peu perdue, je l'ai dit tout à l'heure, j'avais besoin de me raccrocher à une branche d'arbre. Enfin, à la branche de l'arbre. C'est une expression courante, mais en fait, c'est ça. Et finalement, moi, dans ces décès-là, ça m'a permis de me raccrocher à ça et de les faire vivre autrement. Et de passer un cap aussi dans mon deuil. Mais ça peut être aussi des gens, des histoires dingues, j'en aurais tellement plein à raconter. Des personnes, par exemple, qui n'ont pas connu un de leurs parents. Et qui me disent, moi j'aimerais, je sais qu'il sait, mais je ne l'ai pas beaucoup connu parce que il est parti trop tôt et que j'étais trop petite. Ou parce que finalement, nos chemins se sont séparés, mais se sont recroisés, reséparés. Et qu'en fait, finalement, j'ai besoin. de savoir ce qui se passait dans cette branche-là de ma famille, parce que finalement, il y a quand même une continuité qui se fait, une continuité ADN qui se fait, mais aussi une continuité humaine. qui se fait. Donc du coup, voilà. Mais à chaque fois, ce point d'ancrage, c'est vraiment savoir d'où on vient, soit parfois pour soigner des blessures, parce qu'on a besoin de réponses, soit pour dire qu'on est là, qu'on existe, parce qu'en fait, quand on se voit dans un arbre, on est présent dans l'histoire.
- Speaker #1
Est-ce qu'on peut être plus libre, à ton avis, quand on sait d'où on vient ?
- Speaker #0
Oui, complètement. Complètement. Encore une fois, c'est toujours un chemin 100% personnel, en fait. Et la liberté, moi, je le vois dans les enquêtes que je termine, par exemple. Quand on me dit, voilà, Noélie, moi, j'ai besoin que tu recherches cinq générations juste pour savoir d'où venaient certaines personnes. Et là, quand je leur remets le travail, ah ouais, mais je n'imaginais pas tout ça. Je n'imaginais pas que ça s'était passé dans ce contexte historique. Je n'imaginais pas tout ça. Et finalement, on remet les choses à sa place. Comme si c'était un peu brouillon au-dessus. Et finalement, on remet les choses à sa place. Et on se dit, ah bah ouais, bah merci, parce que du coup, j'avais pas tous ces éléments-là. Au-delà de ça, j'ai un monsieur, un jour, qui me contacte, et qui fait sa propre généalogie depuis très longtemps. Il vient en me disant, voilà, Noélie, moi, on m'a toujours dit que mon arrière-grand-mère avait fui pour un autre homme. Et il me dit, mais en fait, je sais pas pourquoi, moi, je suis convaincue du contraire. Et donc là, il me dit, je sais pas comment, je peux te l'expliquer ? Alors, souvent, la phrase de... de mes clients, c'est « tu vas me prendre pour un fou » ou « tu vas me prendre pour une folle, tu vas dire que mon histoire est complètement dingue, mais je ressens ça » . Et avec ce ressenti-là, effectivement, ce monsieur me disait « moi, je suis sûr qu'il ne s'est pas passé ça » . En fait, on ne veut pas tout me dire, ou en fait, je pense que la vérité s'est déformée. Et puis, finalement, on ne sait pas où est-ce qu'elle est partie, cette dame. On ne sait pas si elle a eu de nouveau des enfants, parce que ça se trouve, elle me dit « en fait, j'ai peut-être des oncles un peu éloignés » ou autre. Et peut-être que je peux retrouver, en fait, une partie de cette histoire-là et peut-être remettre une vérité, voilà, ou une confirmation, on va dire, de ce que je sais. Et je lui dis, ok, mais donc, du coup, il me fait un peu la liste de tout ce qu'il a cherché. Il me dit, voilà, enfin, moi, franchement, je vois pas trop... Il me dit, à part faire toutes les régions de France et de Navarre, je vois pas trop, en fait, où est-ce que je peux aller chercher d'autres. Et je lui dis, bon, bah, ok, d'accord, pas de souci, je vais regarder, voilà. Je te garantis rien, parce qu'effectivement, c'est un peu chercher une aiguille dans une botte de foin. Mais je suis... Je suis partie sur les recherches de recensement pour vraiment un peu définir quand est-ce qu'elle était partie, quand est-ce que son mari s'était remarié, etc. Pour essayer un peu de cibler l'année, le mois où ça s'était passé. J'ai épluché des presses anciennes, des faits, parce qu'on était sur des années 44. Et je me suis dit, avec tout ce qui a pu se passer, elle a pu aussi être arrêtée. pour tout un tas de raisons qui a fait que, voilà, trouble à l'ordre public, etc. Donc j'ai cherché dans tout le pourtour de là où elle avait habité avec ses parents, même si certains de ses ancêtres avaient habité. J'avais défini un secteur de recherche et de là j'ai épluché tout ce qui était notariat, tout ce qui était juridique, aussi presse. Et en fait, un jour, je tombe sur... un rapport d'arrestation avec des noms. J'en ai lu des documents avant de trouver. Et en fait, je tombe sur le prénom et le nom de cette dame. Et je me suis dit, mais ce n'est pas possible. Je l'ai trouvée, en fait. J'ai trouvé, je tiens quelque chose.
- Speaker #1
Ça doit être fou.
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
Je t'ai retrouvée. Je t'ai retrouvée.
- Speaker #0
C'est ça. Et je me suis dit, ça y est, j'ai une trace. Je me dis, mais peut-être que volontairement, Mon client ne m'a pas parlé de cette histoire pour que je parte un peu d'une feuille vierge et qu'il ne m'en parle pas du tout. Bref, je continue de creuser. Je tombe sur des documents allemands. Alors autant je parle italien, autant l'allemand, pas du tout. Voilà, non, pas vraiment.
- Speaker #1
C'est pas le même coin.
- Speaker #0
Pas vraiment non plus. Donc là, je demande un coup de pouce. Mon conjoint ayant fait allemand, j'essaye de lui demander les mots-clés qu'il y a marqués sur ce texte-là. Et aussi sur Amberieux, il y a un jumelage qui se fait avec Meringue et mes beaux-parents connaissant plein de manches. Je leur dis, écoute, si jamais tu peux faire passer cette lettre, je te fais une photocopie. Et si quelqu'un peut me traduire les mots-clés et m'expliquer ce qu'il y a dans ce courrier. Et donc du coup, en fait... Dans ce courrier-là, il était expliqué que... Ils avaient arrêté un groupe de femmes qui essayaient un peu de se rebeller contre les Allemands et qui avaient des idées, alors soi-disant un peu trop olé-olé pour l'époque, mais en soi, on était en pleine guerre, je doute un peu de la véracité des propos.
- Speaker #1
Il n'y avait pas besoin de beaucoup de raisons pour t'embarquer.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. Et donc, en fait, je découvre là qu'elle part, qu'elle est arrêtée par les Allemands, qu'elle est arrêtée et qu'elle n'a aucun jugement. Elle ne passe pas devant un jugement. Elle est vraiment tout de suite arrêtée devant un juge ou quoi que ce soit pour traiter l'affaire. Elle est arrêtée tout de suite par les Allemands. Et en fait, elle est déportée par convoi au camp de concentration de Dostwitch. De là, je suis rentrée en contact avec des archives, justement, qui sont conservées à ce sujet-là. Et je sais de source sûre, avec un document, qu'elle est décédée là-bas. Voilà, elle est décédée là-bas. sûrement, alors ça, je n'ai pas pu le savoir, malheureusement, je ne sais pas si elle a été en camp de travail ou si elle a été exterminée, mais quoi qu'il en soit, elle est décédée là-bas, donc déjà, moi, il a fallu quand même que j'accueille tout ça, et je pense qu'en tant qu'humaine qui aime les humains, il y a cette part de là où je me dis, purée... Comment on peut faire des choses aussi atroces et comment ça peut impacter des non-vérités dans des familles encore maintenant ? Donc il a fallu quand même un peu de temps. Pour moi, j'ai pris, je crois, une semaine, dix jours avant de tenir informé mon client. Et après, j'ai repris encore quelques jours pour me dire, purée, comment je vais devoir aborder ce sujet-là avec lui ? Parce que moi, ça me touchait énormément. Et je me suis dit, mais Noélie, il va falloir que tu restes hyper pro pendant tout l'échange. Il ne va surtout pas falloir que tu t'écroules en pleurs parce que ça te touche tellement. Que du coup, en fait, il va falloir que tu gardes la tête haute et que tu ne montres pas tes sentiments. Et je savais que ça allait être compliqué parce qu'en généalogie, on peut annoncer quelque chose comme ça ou ça nous paraît une bombe. Ça peut être très bien pris par la personne qui est en face de nous. Et à contrario, on peut annoncer une super nouvelle. Et ça peut être, pareil, destructeur.
- Speaker #1
On ne sait pas ce qu'on lève.
- Speaker #0
Voilà, exactement, on ne sait pas ce qu'on lève. Et moi, j'ai à cœur de faire très attention à ça et d'envelopper mes clients dans un cocon, encore une fois. Donc, je dis, voilà, j'ai trouvé des informations, on se cale un rendez-vous. Ah oui, oui, oui, pas de souci, j'ai hâte, Et moi, je me disais, purée, purée, ça va être le rendez-vous le plus dur que je vais avoir à faire. Ça va être hyper chaud. Et donc, du coup, j'ai ce monsieur en face de moi qui me dit... Déjà, d'emblée de jeu, Noé dit « Merci, merci d'avoir trouvé une réponse » . Et je lui dis « Mais attendez, vous ne savez même pas ce que j'ai trouvé » . Et donc là, d'emblée de jeu, je commence déjà un peu à amorcer le truc. Je lui dis « Mais on va en parler, calmement, je vais vous montrer les documents que j'ai trouvés » . Et donc là, je lui explique que déjà, il faut déconstruire une croyance qu'on avait dans la famille, de se dire que cette personne était partie avec quelqu'un d'autre, et qu'elle avait laissé homme et enfant à la maison pour aller... batifoler avec quelqu'un d'autre parce que c'était faux. Et donc, en fait, je lui explique vraiment tout le cheminement de ce qui s'est passé, quand est-ce qu'elle a été arrêtée, pour quel motif elle a été arrêtée, par qui elle a été arrêtée, comment elle est décédée, en fait, au camp, toutes ces petites choses-là. Et en fait, je le vois m'écouter et boire mes paroles avec les yeux qui se remplissent de larmes. Et je me suis dit, purée, mais ce monsieur, je viens de lui lâcher une bombe en pleine figure, même si J'ai arrondi les angles, j'ai mis toute la douceur que j'ai pu y mettre. Il me dit, mais merci. Et en fait, déjà, quand il m'a dit merci, après ce que j'avais pu lui annoncer, je souffle un coup et je me suis dit, bon, ça veut dire qu'il l'a quand même pris de façon constructeur, tout ça. Voilà. Il m'a dit, vous venez en fait de déconstruire toute une croyance de famille et ça, c'est waouh, quoi. Et il me dit, mais merci, parce que... Là, je vais aller m'empresser de dire que mon arrière-grand-mère n'était pas une Marie couche-toi-là, entre guillemets. Parce qu'il me dit, moi, c'est quelque chose que je ne pouvais pas entendre. Et il me dit, à chaque fois que j'entendais des propos dans ce style-là, ça me butait. Et je n'y arrivais pas. C'était au plus profond de moi, ça me butait.
- Speaker #1
C'est fou. Et je pense que dans ce cas-là, tu dois faire tellement de bien à une famille. Parce que ça glace le sang. Il y a pire que de mourir, finalement. il y a Avoir le mépris des tiens sur plusieurs générations parce que l'histoire est fausse en fait, l'histoire qui se raconte est fausse.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
Des enfants qui pensent que leurs parents les ont abandonnés ou quelle horreur.
- Speaker #0
Complètement, complètement et là ça a été le dossier le plus difficile humainement. à gérer, pas en tant que capacité à aller chercher, parce que je sais où il faut aller chercher. Ouais, c'est humainement parlant. Et donc, du coup, il m'a dit merci. C'est génial, c'est génial. Je me dis, je suis trop contente. Et là, en fait, moi, les larmes me montent et je commence à pleurer. Je dis, je m'excuse, je m'excuse, je suis vraiment désolée. Vraiment désolée, en fait. Je dis, mais en fait, cette histoire m'a tellement touchée et tellement remuée aussi que, en fait, ça me fait du bien que vous me remerciez d'avoir remis une lumière sur quelque chose qu'on ne qu'on croyait et qui n'étaient pas vraies. Même si parfois, humainement parlant, je me fais bousculer dans mes émotions, c'est pour ça, en fait. C'est pour ça que je suis généalogiste. C'est pour transmettre ça et faire du bien aux gens, en fait, et remettre les choses dans son contexte. Et voilà, et redécouvrir tout un pan de familles, en fait, qu'on ne soupçonne pas, mais qui font notre ADN même, et parfois notre quotidien même, parce qu'on a des mimiques, on a des petites choses, en fait, qui se grèvent. par-dessus tout ça, et dont on ne soupçonne pas.
- Speaker #1
Tu as commencé à répondre à la question, mais pour toi, est-ce que tout le monde a besoin de savoir d'où il vient ?
- Speaker #0
Il y a des gens qui ne veulent absolument pas savoir. C'est complètement respecté de ma part, mais bien souvent, je le dis tout le temps, c'est que les gens qui n'ont pas envie de savoir...
- Speaker #1
Souvent,
- Speaker #0
c'est là où il y a les dossiers qui sont un peu rocambolesques. Mais du coup, voilà. C'est vraiment, oui, en fait, je pense qu'il y a quand même une grosse part de ce besoin d'identification, dans une famille, dans un arbre, de se dire qu'en fait, on est là, au milieu de tout le monde, et qu'en fait, il y a eu plein d'autres choses avant nous. Et ça, en fait, je le respecte complètement. Mais il y a des gens qui n'ont pas besoin, comme il y a des gens qui veulent savoir, mais qui ne veulent pas chercher eux-mêmes. Voilà, tous les cas de figure sont possibles. Et je respecte, en fait, chacun de tout ça, parce que des fois, juste de planter la petite gaine, c'est « Ah, mais... » T'as jamais essayé de chercher avec ton nom de famille ? Tu t'appelles Templier ? Donc du coup voilà, il y a à chaque fois des formations professionnelles. Mais oui, quand on me dit le nom de famille, souvent je me dis ça, à mon avis, il y a des petites origines par là, ou il y a des petites origines par là, ou un métier qui ressort dans le nom de famille. Et je me dirais, tiens, les ancêtres étaient peut-être connus pour ces métiers-là. notamment Tisserand par exemple Forgeron bien sûr mais Tisserand sur le plateau du Rhône et notamment vers les usines de Soirie lyonnaise c'est un nom qui est hyper répandu et en fait c'est plein de petites choses comme ça où on va se raccrocher et finalement on va se apercevoir sur plusieurs générations ils ont toujours travaillé dans le tissu ils ont toujours pour... Enfin, voilà, il y a tellement de choses à découvrir. Donc, moi, souvent, je plante une petite gringe. Ah, mais t'as jamais fait ta généalogie ? T'as jamais essayé de chercher ? Oh, bah non, tu sais, moi, ça ne m'intéresse pas. Bon, ok, ça ne t'intéresse pas, je respecte ça. Il n'y a aucun problème là-dessus. Et puis, au bout de trois ans, elle me dit, ah, en fait, je me posais un peu des questions sur mon nom de famille. Ou, ah, bah tiens, je n'ai pas connu telle personne. Et finalement, en creusant, je m'aperçois qu'il y a eu la naissance d'un premier enfant. pour cette personne-là. Et en fait, on a envie, finalement. C'est là qu'on s'aperçoit qu'on a envie de transmettre quelque chose à nos enfants et de rester aussi à nos enfants, petits-enfants, etc.
- Speaker #1
Question bête, mais est-ce qu'il y a toujours eu des noms de famille ?
- Speaker #0
Non, il n'y a pas toujours eu des noms de famille.
- Speaker #1
Qu'en est les noms de famille ?
- Speaker #0
Eh bien, justement, en fait, c'est là qu'on fait le parallèle avec ce que je disais avant, c'est que...
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a une période donnée où on a demandé aux gens d'avoir des noms de famille ? Comment ça s'est passé, cette mise en place des noms de famille ?
- Speaker #0
Ça a été, en fait... Progressif parce qu'il y avait des prénoms qui se répétaient. On ne savait pas finalement Thomas, fils de Thomas, fils de Thomas, de Thomas. On se disait wow, wow. C'était un peu compliqué. Et en fait, finalement, les noms de famille ont commencé à arriver pour tenir les registres tout simplement. Et puis avoir trace de chacun. Je ne saurais pas exactement te donner quand. Quand est-ce que ça a commencé à arriver ? Mais on a commencé à avoir des noms de famille pour tracer les gens. Parce que les ducs ou les fortes personnalités, entre guillemets, politiques du moment, avaient besoin de savoir à quelle famille ils devaient réclamer un denier. C'était finalement pour différencier un peu tout ça et pas être juste un prénom parmi tant d'autres. Parce que ce n'était pas possible. Donc, ça a été aussi une question de logistique parmi tout ça. Ok.
- Speaker #1
Donc, ce qui peut expliquer qu'il y avait le tisserand, le forgeron, Thomas, fils de Thomas, mais on parle bien de la famille des tisserands.
- Speaker #0
C'est ça, voilà. Comme ça peut être. Ouais, enfin, il y a plein de choses, même sur des...
- Speaker #1
Ou des endroits où les gens vivaient, peut-être. Exactement. Ça peut être des lieux.
- Speaker #0
Tout à fait. Ça peut être des lieux. Ça peut être aussi des états d'âme de personnes. Un cheveu. Il peut y avoir... plein de choses qui peuvent faire une création de nom de famille, finalement. Mais oui, souvent, c'était sur des traits de personnalité. Joyeux, heureux. Il y a plein de petites choses comme ça, où ça peut être aussi des traits de particularité physique. Boiteux, par exemple. Grand, petit. Enfin, il y en existe en France de partout. Et puis après, les noms de famille ont aussi évolué avec le temps. Des formations orthographes, de consonance aussi. Enfin, il y a plein plein de choses en fait. Il y a plein plein de choses qui font un nom de famille.
- Speaker #1
Des noms qui sont francisés, t'en parlais dans un de tes réels il n'y a pas longtemps.
- Speaker #0
Tout à fait. En tout cas, pour les personnes qui ont des origines autres que françaises, quand on arrivait en fait dans le pays d'accueil, on devait se conformer à la langue, se conformer aux mœurs et aux pratiques du pays. Parfois, certaines lettres n'existaient pas dans la langue française ou certaines sonorités. n'existait pas. Oui, dans le code français. Et donc, à ce moment-là, il y avait un changement de nom de famille, en tout cas, du moins d'écriture, pour que ça soit prononcé, par exemple, par l'État français correctement.
- Speaker #1
C'est toute une histoire, les noms de famille.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est super intéressant. Quand on parle de transgénérationnel, pour toi, de quoi on parle exactement ? Parce qu'en sortant un peu de cette dimension un peu... ésotérique, là on n'est pas du tout dans la dimension mes vies antérieures et compagnie on est vraiment dans est-ce que tu penses que c'est des choses qui peuvent se transmettre, un peu comme ton client qui avait une intuition qui ne reposait sur rien qui s'était passé quelque chose ou des traits de caractère ou des histoires bien sûr,
- Speaker #0
bien sûr mais même sans forcément le ressentir encore une fois la généalogie c'est toujours des faits, on se base sur des documents qu'on trouve donc on ne va pas inventé une histoire. Mais il n'est pas rare de trouver des dates clés dans un arbre qui peuvent se répéter. Des mois où les membres d'une famille ont plus tendance à mourir qu'une autre. Ou des prénoms, encore une fois, qui sont transmis. Pas forcément de génération en génération, mais un prénom qui va sauter deux, trois générations et revenir pouf, comme ça. Les métiers. Les métiers, c'est aussi parlant. des fois dans le métier qu'on choisit. Mais voilà, il y a toutes ces petites choses-là pour faire le parallèle. J'ai un prénom qui est quand même très particulier. Je m'appelle Noélie. C'est un vieux prénom, un très vieux prénom même. Mais du coup, ma maman, en faisant, elle, son arbre généalogique de son côté, trouve une Noélie. Et là, en fait, le mois de naissance correspond à peu près au mien, au mois de juin. Et ce qui est complètement dingue dans cette histoire, c'est même pas ça. C'est que ma maman s'appelle Véronique et la maman de cette Noélie, qui est une de mes ancêtres directes, s'appelait aussi Véronique.
- Speaker #1
C'est marrant.
- Speaker #0
Donc, complètement dingue, parce que là, on est sur presque 10, 11 générations au-dessus.
- Speaker #1
Et elle, elle ne connaît pas du tout cette histoire au moment où elle décide de t'appeler Noélie.
- Speaker #0
Mais pas du tout. 10 générations au-dessus, c'est énorme. 10 générations au-dessus. Oui, c'est vrai. Non, ça ne pouvait pas être su, quoi. Ce n'est pas possible. C'est pas possible. Cette dame s'appelait Véronique, sa fille s'appelait Noélie, comme moi et ma maman. Donc la coïncidence est complètement dingue. Donc des fois, oui, dans le choix des prénoms de nos enfants, on se rend pas compte, mais voilà quoi.
- Speaker #1
Je crois que c'est le général de Gaulle qui disait « L'histoire ne se répète jamais, mais elle bégait toujours. »
- Speaker #0
Exactement. C'est complètement ça. Mais oui, ça peut être plein de petites choses, et même dans les métiers. Des métiers qui sont... Oui, avant, on se passait un métier de père en fils, c'est certain. Mais à l'heure actuelle des choses, le nombre de métiers existants est tellement variant. que je me dis, mais c'est quand même fou parfois de sauter quelques générations. Et l'exemple d'une cliente qui me disait, nous, on est tous dans le commerce depuis des générations et des générations. Et elle me dit, ma fille, elle a choisi de faire des études d'avocat. Et je dis, trop chouette et tout. Et donc, elle me demande de bosser un truc sur son arbre. Et finalement, je tombe sur un de ses ascendants qui était avocat. Elle me dit mais non mais c'est pas possible, moi j'ai toujours cru qu'on était commerçant, fils et petite fille de commerçant et finalement en fait, ben non, je dis voilà.
- Speaker #1
Il y a une résonance avec l'histoire.
- Speaker #0
Il y a une résonance. Pourquoi ? Je ne l'explique pas parce que ça ce n'est pas du tout mon métier, je ne suis pas psychogénéalogiste, je suis bien généalogiste.
- Speaker #1
Ah il y a des psychogénéalogistes ?
- Speaker #0
Oui tout à fait, tout à fait.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
D'ailleurs si tu veux je... On peut te trouver quelqu'un en podcast, c'est pas un problème.
- Speaker #1
Ah ben c'est super, on va creuser le truc. C'est super intéressant. Avec plaisir.
- Speaker #0
Du coup, voilà, oui, ça peut passer par plein de petites choses qui semblent anodines, mais voilà, des mois de naissance qui se répètent, ou avoir un de ses ancêtres qui naît au mois d'avril, qui se marie au mois d'avril, qui décède au mois d'avril, son fils qui naît au mois d'avril, qui se marie au mois d'avril aussi. Et là, lui décède au mois de mai. Il y a eu un loupé sur le mois d'avril. Mais en soi, c'est complètement dingue.
- Speaker #1
C'est quand même une info. Pour les membres de la famille, ça ne sert à rien aux autres. Mais par contre, c'est quand même une info.
- Speaker #0
Mais c'est ça. En fait, c'est ce genre de petits détails-là, finalement, qui font que ça enrichit encore plus notre histoire. Se dire, tiens, on a eu trois naissances dans la famille pour ce couple-là. Et finalement, il y en a deux qui sont nés le même jour. C'est toujours une anecdote à raconter qui est rigolote et qui est sympa. Donc voilà, parfois, des fois, la généalogie, ça peut faire peur. Et je pense que c'est aussi pour ça que certaines personnes ne veulent pas le faire, parce qu'ils ont aussi peur de ce qu'ils peuvent découvrir. Mais au final, majoritairement, c'est des choses comme ça, en fait, qui font que ça... Ça recrée du lien avec nos propres ancêtres, avec des métiers, avec... Encore une fois, un exemple. Moi, j'ai mon fils qui veut se diriger vers le bâtiment. Et à l'époque où mes ancêtres sont arrivés, ils étaient embauchés pour le bâtiment. Les Italiens ont été très présents dans le bâtiment. Et je me suis dit, bof, le bâtiment, c'est quand même bizarre qu'ils veuillent faire ça. Voilà. Et finalement, en fait, non. Non, c'est pas si innocent que ça, parce que mon papa était maçon. Et mon papa, ça... toujours été ce qu'il voulait faire. Et voilà, on a ça dans l'ADN aussi. Il faut aussi s'écouter.
- Speaker #1
Tu dirais que c'est courant, toi, ces résonances dans les histoires que tu observes ?
- Speaker #0
Oui. Ah bah bien sûr. Mais en fait, on s'en rend pas compte. Et c'est quand on met le doigt dessus en généalogie, souvent que... Ah mais attends, mais c'est complètement dingue ce que tu me racontes. Parce qu'en fait, moi, j'ai trouvé mon conjoint qui est né à tel moment. Et en fait, finalement, on s'aperçoit qu'à plusieurs moments dans la généalogie, les conjoints des femmes étaient quasiment tous nés sur ce mois-là. Et en fait, c'est des choses après où tu fais un rapprochement et tu te dis, non mais attends, c'est complètement dingue. Et combien même des gens qui m'ont dit, moi j'adore cette région, je ne sais pas pourquoi, parce que je n'ai aucun ancêtre qui vient de là-bas, mais en fait j'y vais en vacances toutes les années, j'adore, il y a la mer, c'est la Bretagne, j'adore ça et tout, c'est trop chouette. adore l'embrun, les airs marins et tout. Et puis finalement, en fait, on vient parler de ça parce que on discute avant que je me lance dans une généalogie. Et quand moi, j'avance dans la généalogie, que je m'aperçois finalement qu'au bout de 3-4 générations, on bifurque sur la Bretagne. Et que, en fait, l'endroit où elle va en vacances et qu'elle adore l'endroit, c'est là où certains de ses ancêtres ont vécu. Mais là, il y a une résonance, en fait, qui ne s'explique pas. Mais c'est là, en fait, c'est là.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux nous raconter quelques histoires, tu as déjà commencé, mais dans lesquelles tu as pu sentir que ton travail avait vraiment réparé des gens, voire des familles ?
- Speaker #0
Oui, effectivement, il y a celle, je pense que la plus probante, c'est celle que j'ai racontée tout à l'heure avec cette croyance sur cette femme. Mais il y a aussi un cheminement d'une cliente qui a très peu connu son papa et qui l'a perdu de vue et qui l'a finalement retrouvé peu de temps après son décès. Et en fait, elle a voulu justement faire la partie du côté de son papa. Et là, encore une fois, plus les recherches avancent et plus je la sens apaisée avec tout ça. Et elle me l'a dit, elle-même aussi, ça m'aide. de me raconter à ça, de connaître ce bout de famille que j'ai très peu connu. Et voilà,
- Speaker #1
c'est plus efficace que si elle avait fait une psychothérapie, par exemple, de tourner sur elle-même. Finalement, des fois, ça peut être aussi, sans dire que ça remplace, mais que ça peut venir aussi soigner un peu de la même façon.
- Speaker #0
En complément, bien sûr, en complément. Ah oui, jamais en remplacement, parce que c'est complètement différent. On gère tous nos émotions différemment à des moments clés de notre vie. Mais c'est surtout que, oui, en fait, encore une fois, et c'est vrai que je me retrouve beaucoup chez cette personne-là, c'est que finalement, en fait, les décès, en tout cas, ça nous a permis de faire le deuil. Parce que la personne, finalement, elle est encore là. Elle est présente dans l'arbre, en fait, elle est encore là. Elle n'est pas là, on ne la voit pas visuellement, mais elle est encore là, elle fait partie d'un tout, elle fait partie d'un arbre généalogique. Donc elle a existé, en fait, cette personne-là. Elle n'est pas à oublier. Et c'est surtout ça, en fait, en généalogie, qui est mis en lumière. C'est tous ces visages qu'on a oubliés au fil des années, au fil des décennies, et qu'on remet en lumière. Donc oui, bien sûr que ça aide. J'en aurais plein des histoires comme ça. Une cliente qui avait une certaine phobie. Je ne veux pas rentrer vraiment dans le détail, parce que je ne veux pas qu'elle ait une certaine phobie. Et en fait, elle me parle de cette phobie-là au premier rendez-vous. Elle me dit, mais je me demande s'il n'y a pas eu quelque chose, quand même, dans ma famille, par rapport à ça. Je lui dis « Oui, peut-être, on va chercher. » Et en fait, cette personne-là, il s'est avéré qu'elle avait un membre de sa famille qui avait été foudroyé, qui avait eu un décès par foudroiement, on s'en chante avec ces vaches. Et de là, bien sûr qu'il y a des liens sur certaines choses, ou même inconsciemment, pourquoi il y a des mois dans l'année qu'on n'aime pas et d'autres qu'on adore. Ou des mois où on va se sentir un peu... Voilà, moi, j'aime pas le mois de mai. C'est pas un mois qui me plaît. J'aime pas. Mais pourquoi ? Pourquoi t'aimes pas ? Bah, je sais pas. Je me sens toujours un peu patraque, fatiguée, pas bien. Pas bien dans mes pompes. Et puis, finalement, on s'aperçoit qu'il y a eu énormément de décès sur les générations d'avant. Enfin, voilà, il y a plein de petites choses, en fait, qui font que c'est passé. Ça passe par nous, en fait. Finalement, toutes ces personnes qui étaient là avant nous, elles passent par nous à l'heure actuelle. À différents... pourcentage, on va dire, mais quoi qu'il en soit, elles sont quand même là, à travers nous.
- Speaker #1
Comment ça se passe quand l'histoire familiale ne correspond pas au récit qui a été transmis ? Est-ce que souvent, ça a quelque chose de traumatique, de réparateur, de comment le prennent les gens ?
- Speaker #0
Alors ça, encore une fois, ça va vraiment dépendre des personnes, finalement. Comme je le disais tout à l'heure, il y a des fois, on va dire une super bonne nouvelle, par exemple, ton arrière-grand-père a été médaillé euh... pendant la guerre, parce qu'il a sauvé plusieurs soldats d'une attaque allemande, ça peut être aussi mal vécu, parce que ça renvoie à des traumatismes qui font qu'on se dit « wow » . En fait, oui, c'est sûr qu'il avait eu un rôle exemplaire, héroïque à ce moment-là, mais même s'il s'est mis avec une bienveillance, on ne sait jamais comment on va prendre l'info. Et à contrario, tu vois, par exemple, j'ai un client qui me dit, moi ma hantise en tant que généalogiste, c'est de me dire, il va falloir peut-être qu'un jour j'annonce à quelqu'un qu'il a eu un membre de la Gestapo dans sa famille.
- Speaker #1
Oui, j'étais en train d'y penser, les collabos. Voilà, c'est ça,
- Speaker #0
collabos, Gestapo. Et en fait, j'ai quelqu'un qui me dit, oui, moi de toute façon, je sais que j'ai été dans cette région-là de France et je sais que mon nom de famille peut être associé à certaines choses. Mais... Je ne suis absolument pas d'accord avec ce qui s'est passé. Mais par contre, je suis capable de l'entendre. Voilà. Ce n'est pas parce qu'eux, ils ont fait ça avant que ça définit ce que moi, je suis maintenant. Voilà. Et en fait, ce monsieur-là, il m'a scotché parce qu'il m'a un peu réconciliée aussi, moi, avec l'a priori que j'avais de me dire « Purée, si un jour, je dois annoncer que... Tu vois, qu'il y a un truc comme ça... Oh ! »
- Speaker #1
Oui, je ne veux pas briser une personne. Ouais, tu vois. Voilà, moi, ce n'est pas mon rôle. Ce n'est pas de son... Voilà.
- Speaker #0
Mais bien souvent, quand les gens commencent déjà à venir me voir, moi, ça passe toujours par des rendez-vous, tu vois, avant. Et on échange beaucoup. Et moi, je vois tout de suite si la personne, elle est prête ou pas, en fait, à aller chercher dans ses ancêtres ce qui s'est passé. Mais déjà, quand tu fais une première démarche à te dire, oui, ben moi, en fait, j'ai envie de savoir, c'est qu'inconsciemment, qu'on te dise qu'il s'est passé telle chose ou telle chose, tu sais déjà un peu. Tu vois ce que je veux dire ? C'est vraiment du ressenti, et c'est ce que je vois, moi, chez mes clients. Parce que des fois, en fait, je leur dis des trucs, elles me disent « Ah bah ouais, mais ça ne m'étonne absolument pas. Moi, je ne suis pas plus étonnée que ça. Ah bah ouais, ok, mais bon. » Et puis, voilà, oui, ça fait l'histoire, mais encore une fois, ce n'est pas parce que ce qui s'est passé avant, ce n'est pas ce qui nous définit maintenant. Même si on a des choses, voilà. Il faut pointer aussi le fait que, oui, il y a des choses négatives, mais on prend aussi beaucoup de choses positives, en fait, de tout ça. parfois notre résilience, notre force de caractère, quelqu'un qui a peut-être eu plusieurs entreprises, qui a fait faillite, mais qui continue, qui continue, qui continue, qui a ouvert d'autres entreprises, jusqu'au moment où il est arrivé. La persévérance, c'est un trait de caractère. Et donc du coup, souvent, l'être humain, il veut voir que ce qui ne va pas. Voir que ce qui ne va pas chez les autres, que ce qui ne va pas chez nous, etc. Mais non, en fait, il y a plein de choses. Il y a tellement de choses. qui peuvent ressortir de tout ça.
- Speaker #1
Est-ce que tu as des gens qui font demi-tour à un moment, qui se disent finalement, je ne me sens pas d'ouvrir cette boîte de Pandore-là ?
- Speaker #0
Alors, qui font demi-tour ? Non. Ou qui arrêtent. Oui. Non, pas forcément qu'ils font demi-tour parce que moi, j'ai pour habitude de travailler par étapes. C'est-à-dire que d'abord, je vais travailler sur 3, 4 générations. OK ? Donc là, la personne, c'est bon. on va sur 3-4 générations et au départ elle me dit oui mais moi je voudrais remonter jusqu'à 10 générations on va d'abord faire 4 générations 3-4 générations on fait un bilan, on regarde ce qu'on a trouvé et on voit après ce qu'on veut chercher ou pas, si on continue ou pas voilà, moi déjà c'est une soupape de sécurité pour moi, pour me dire non j'arrête pas au milieu du truc parce que la généalogie ça prend énormément de temps C'est énormément de temps passé à la recherche, à mener l'enquête, etc. Donc en général, je travaille toujours par palier pour justement m'adapter au rythme aussi des personnes que j'ai en face de moi. Et j'ai des clients comme ça que je suis depuis bientôt plus d'un an et qui me disent « Ah bah là oui, on va passer à la génération du dessus et je veux toute la génération. » Ok, pas de souci. Mais après, on fait d'abord celle-là. Et après, on verra. Et après, finalement, on va dire, ah mais oui, mais en fait, finalement, non, on ne va pas continuer de ce côté, parce qu'elle me dit, moi, j'ai quelque chose qui m'appelle de l'autre côté, j'ai envie de savoir, pour ces personnes-là, ce qui s'est passé. Et donc, finalement, en fait, c'est les gens qui choisissent. Et moi, je suis une exécutante. Une exécutante et une accompagnante dans ce qu'ils veulent.
- Speaker #1
Après, finalement, ta méthode, ça leur permet de s'arrêter. S'ils ne se sentent plus de continuer, OK, on arrête.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
On a... Temporairement ?
- Speaker #0
Exactement, ça laisse une porte de sortie parce que, encore une fois, tout ce que j'ai recherché sur cinq générations, en nombre de pages de compte rendu, parce que je rends toujours un compte rendu pour mes clients quand ils veulent juste des recherches, pas d'arbres ni de livres, il y a un compte rendu qui est donné. Et déjà, sur cinq générations, on peut avoir des comptes rendus de 900 pages. Il faut déjà les absorber, les 900 pages. regarder les documents que j'ai trouvés, parce que dans ces comptes-rendus-là, il y a tous les documents que j'ai trouvés, toutes les analyses que j'ai faites, où est-ce que je suis allée chercher le document pour prouver que telle personne était fils de ou fille de. Il y a tout ça quand même à encaisser. Et d'ailleurs, en général, je ne passe pas tout de suite à l'autre partie. C'est, je donne mes recherches, je laisse le temps à la personne de lire ce que j'ai trouvé, vraiment rentrer dans les données, parce qu'on fait toujours un petit débrief après recherche de toute façon. De prendre conscience de ça. Et souvent, les gens disent, oui, on regarde pour après. Je vous laisse lire d'abord. Et après, on regardera où est-ce que vous voulez aller. Et finalement, il y a des gens qui vont se dire, en fait, moi, ça me suffit. Mais c'est rare. Ça m'est encore jamais arrivé. Et des gens qui vont dire, ah oui, mais non, on continue là. Mais moi, je fais de la généalogie bienveillante. Je ne fais pas de la généalogie pour rechercher des ancêtres. En fait, j'accompagne des gens à tout ça. Et finalement, c'est ça qui est encore plus beau que la généalogie. Au final, la généalogie, c'est un outil formidable. Mais voilà, je redonne les cartes de leur histoire aux gens.
- Speaker #1
Est-ce que pour toi, c'est important de transmettre la généalogie aux enfants ? Et si on souhaite le faire, comment on le fait ? avec des histoires qui peuvent être parfois un petit peu lourdes ou justement sans trop enjoliver.
- Speaker #0
Alors, pour les enfants, je pense qu'il faut des choses qui sont adaptées. Alors déjà, tout dépend de l'âge où ça va être abordé, parce qu'il y a toujours ça. Moi, on me fait faire, de temps en temps, pour des naissances, un petit arbre généalogique pour enfants, justement, à offrir. Sans forcément de recherche, mais en mettant les personnes dans un arbre. Le dernier, c'était une maman qui avait fait une chambre de son fils avec un koala. Donc elle m'a dit, est-ce que tu peux me mettre ça dans un koala et pas vraiment dans un arbre ? Mais qu'on puisse quand même comprendre que ça c'est papa, ça c'est maman, ça c'est mamie machin ou papi machin, ça c'est mamie machin, papi machin. Et bien oui, mais papi machin, quand on va grandir et qu'il va dire ça c'est moi, ça c'est papa, ça c'est maman, mais papi machin, moi, il est où ? Il n'est pas là parce qu'il est décédé à tel moment. Et du coup, ça va permettre d'amorcer aussi parfois certaines discussions parce que l'enfant va voir visuellement qui est qui par rapport à lui. Et on le voit bien, d'ailleurs, quand les jeunes enfants disent... ah bah oui mais ça c'est mon cousin mais tous les enfants sont les cousins des enfants parce qu'ils n'ont pas cette notion là et voilà après encore une fois tout dépend des âges tout dépend des âges de se dire bah tiens allez maman mais au fait tu m'as jamais vraiment parlé de telle personne ah
- Speaker #1
bah oui bah écoute il faut que je t'explique toi tu dirais qu'il faut que ce soit amené quand même dans l'enfance est-ce qu'il faut nous leur en parler par exemple ma fille a 6 ans Est-ce qu'il faut que... Bon, elle connaît tous ses grands-parents, mais est-ce qu'il faut que je lui parle de ses arrières-grands-parents ? Nous, on en parle, mais est-ce que c'est important ?
- Speaker #0
D'en parler, oui, parce que, mine de rien, il y a quand même une transmission qui se fait. Mais après, je pense que chaque cas est particulier. Quand il y a eu des choses dures dans certaines familles, de parler justement de certains ancêtres, c'est beaucoup plus difficile. Moi, je suis un peu partisane de tout dire à mes enfants. mais de choisir le bon moment, pour le dire. Et ça, c'est vraiment un parallèle à faire, mais par contre, un arbre généalogique peut complètement aider à le faire, justement, parce que resituer certaines choses dans l'arbre, ça peut être plus facile. Et de ne pas dire, oui, ben voilà, en fait, ton arrière-grand-père, il s'appelait machin, mais maintenant, il est mort. Et ben en fait, pourquoi mettre ce fardeau-là à cet enfant, dire, ben oui, il est mort ? Mais non, non, ben oui, là, c'était telle personne, il faisait ça, et... de toute façon, naturellement, un enfant va dire « Oui, mais du coup, moi, je ne l'ai jamais vu. » Ben non. On laisse plutôt l'enfant venir à nous pour les questions familiales. En tout cas, c'est comme ça que j'ai fait à mes enfants. Enfin, pour mes enfants, c'est vraiment un ressenti personnel. En tout cas, l'arbre généalogique peut être un très bon support pour parler des choses, pour parfois délier les langues, parce que parfois, les questions complètement anodines d'enfants font référence à notre « nous, enfant » , et ce qu'on a pu vivre, etc. Je pense qu'il y a un temps pour tout, pour vraiment expliquer les choses aux enfants. Mais par contre, pour expliquer où est-ce qu'ils sont dans la place de la famille, là, il n'y a pas d'âge, en fait. Un petit arbre généalogique avec la place de l'enfant, pour dire qu'il est pleinement dans l'arbre, et qu'il fait la continuité de cet arbre-là, c'est beau, finalement. Pour finir,
- Speaker #1
qu'est-ce que tu dirais que ton métier t'a appris sur la famille ?
- Speaker #0
Ça m'a appris qu'il y a... aucune famille qui sera le simple. Tout le monde a ses casseroles. Exactement, que tout le monde a ses casseroles, que tout le monde a ses difficultés, que tout le monde a son histoire, son vécu. Mais ce qu'il faut se dire, c'est qu'en fait, chaque famille constitue un bout de la grande histoire. Et tout le monde, en fait, a sa place, finalement, dans ce grand arbre, parce qu'on s'aperçoit que parfois, il y a des arbres qui se rejoignent aussi. Enfin, voilà. mine de rien, un mariage, c'est deux arbres qui se rejoignent, deux arbres généalogiques qui se rejoignent. Donc, c'est le partage et la transmission. Surtout le plus important, la transmission.
- Speaker #1
Super. Alors maintenant... Où est-ce qu'on te retrouve là ? Parce que vraiment, tu nous as fait rêver, tu nous as fait voyager dans le temps. Où est-ce qu'on te retrouve et où est-ce qu'on peut retrouver aussi ce que tu proposes ? Qu'est-ce qui peut t'être demandé ? Tout à l'heure, tu parlais justement de faire un petit arbre généalogique pour les enfants. Tu as parlé de mariage, ça peut faire un super cadeau. Donne-nous un peu des idées, parce que c'est vrai que ça peut être des choses auxquelles on ne pense pas.
- Speaker #0
Non, c'est ça, bien souvent, c'est des choses auxquelles on ne pense pas. Alors déjà, où est-ce qu'on peut me retrouver ? Sur les réseaux sociaux, si vous voulez vous lancer dans votre généalogie, j'ai mon compte Instagram qui est généalogianc.
- Speaker #1
Je le mettrai sous l'épisode.
- Speaker #0
Et donc voilà, où je donne plein de tips, justement, plein de petits tuyaux quand on se lance dans sa généalogie ou quand on est face à un blocage en généalogie. Et puis on peut facilement me contacter aussi via les réseaux LinkedIn. J'ai également un site Internet que je te ferai passer aussi. donc on peut facilement me contacter. Et finalement, qu'est-ce qu'on peut me demander ? En fait, on peut tout me demander. À partir du moment où ça touche ce que je suis capable de faire, parce que j'ai à cœur de faire ce que je suis capable de faire. Et par contre, si vous me dites « Moi, j'ai des ancêtres anglais ou autres, je ferai toujours en sorte de trouver quelqu'un sur place qui va pouvoir faire les recherches et éventuellement driver les recherches. » Mais en tous les cas, on trouvera une solution parce que je ne vous laisse jamais sans solution. Mais après, oui, bien sûr, ça peut être beaucoup pour offrir. Comme tu le disais tout à l'heure, le petit arbre pour enfant, ça peut être un arbre de couple qu'on peut faire pour un mariage ou même pour un anniversaire de mariage. Ça peut être un arbre généalogique qu'on fait parce qu'on veut redessiner un peu tous les membres de la famille pour une cousinade, pour retrouver, pour resituer un peu qui dépend de qui, qui descend de qui, de quel ancêtre, etc. Mais finalement, en fait, on fait tous partie de la même famille. Et aussi, beaucoup, voilà, pour offrir, que ce soit sous forme d'arbres généalogiques ou de livres généalogiques. Où là, dans le livre généalogique, on va avoir des extraits d'actes où on va avoir tous les points clés de vie de chaque ancêtre. Et ça, c'est vraiment un superbe cadeau à offrir. Ma première testeuse, ça a été ma grand-mère. Je ne l'ai jamais vue émue. C'est une femme droite. Merci. Et en fait, quand je lui ai offert, elle m'a dit c'est fantastique. Et je pense que ça a été aussi le petit déclic qui m'a fait, allez, je me lance, c'est sûr. Elle m'a dit, mais Noélie, tu te rends compte ce que ça représente ? Oh là là, mais ça, je m'en rappelle. Elle ne parlait pas du tout de sa vie de jeune fille. Et là, elle me dit, mais ça, je m'en rappelle. Mais je pourrais te parler de telle personne parce que moi, je me rappelle très bien. On allait nourrir les lapins au clapier avec elle. C'était la soeur de mon père et pourtant son père l'a abandonné. Donc du coup, ça permet aussi d'ouvrir le langage dans les familles, parfois sur des choses où on veut terrer la chose, mais non, au contraire. Et nos anciens, ils sont tellement heureux de pouvoir communiquer sur ce qu'ils ont pu vivre, sur ce qu'ils se rappellent encore. C'est juste magique, c'est juste magique.
- Speaker #1
Merci Noélie. Merci à toi. Tant voyager, c'est génial. C'est vrai que c'est un peu ce que je veux qu'on puisse aussi raconter, c'est ces histoires de famille. Parce que moi, je suis persuadée que, comme je dis dans mon intro, que quand il y a des blessures dans la famille, c'est souvent la blessure mère de toutes les autres. À l'inverse, quand il y a des grandes joies aussi, c'est souvent ce qui est le plus constructeur. Mais parfois, ça demande aussi d'aller chercher un petit peu.
- Speaker #0
Tout à fait, tout à fait. merci beaucoup merci à toi c'était un immense plaisir de passer à ton micro c'était génial merci beaucoup merci