- Speaker #0
Bonjour à tous, ici Gaëtan Pitaval, passionné de trail. Je vais vous partager des histoires de trail à travers ce podcast.
- Speaker #1
Des histoires d'hommes, de femmes, des aventures, des émotions, mais aussi des histoires de courses mythiques. Bienvenue à tous !
- Speaker #0
Je vous propose d'écouter l'incroyable histoire de Nicolas Lacambre, alias l'homme de fer, juste... pour vous dire que cet épisode, il m'a touché au cœur. Ça a été une véritable claque pour moi et j'avoue que cet entretien, il m'a beaucoup remué. Nicolas Lacambre, un être d'exception qui nous montre que par sa résilience, sa volonté et son humanité, on peut faire de grandes, grandes choses, quelle que soit sa condition physique, à la force de la volonté et du mental. Une histoire extraordinaire. L'épisode qui va suivre va sans doute vous remuer, c'est parti !
- Speaker #2
Mais pour moi, ça a été une source de motivation pour lui montrer que la vie avait basculé, la vie avait changé, même si elle n'a pas vraiment de souvenirs d'avant, mais lui montrer une image d'une personne combative, un papa qui n'abandonne pas. Donc ça a été mon moteur et c'est ce qui m'a mené aussi à la course à pied. Je lui avais fait cette promesse quand elle était petite, les enfants courent un peu partout, dans les magasins, un peu partout. Et donc j'avais fait cette promesse, tu sais, un jour papa va te rattraper, il va gagner la course. Et je me suis dit qu'il était peut-être temps de penser un petit peu à ce rêve que j'avais enfoui de côté, de reprendre la course à pied. Ce qui fait que voilà, depuis 4 ans, je recours. Et donc voilà, mon vrai moteur ça a été ma fille et même encore aujourd'hui mes enfants, voilà, c'est ma raison.
- Speaker #0
Bonjour à tous, bienvenue dans ce nouvel épisode de Trail Story. Aujourd'hui, je suis ravi d'accueillir Nicolas Lacambre, alias l'homme de fer. Ça va Nicolas ? Est-ce que tu peux te présenter pour nos auditeurs ? Nous dire qui tu es. qui tu es, de quelle région tu viens et depuis combien de temps tu fais du running ?
- Speaker #2
Bonjour Gaëtan, merci pour l'invitation. Je m'appelle Nicolas Lacambre, je suis du bassin d'Arcachon et j'ai commencé la course à pied il y a 4 ans. Par chance, j'ai pu avoir une lame de course. Depuis, je cours et ce dimanche, je vais courir mon 20e marathon.
- Speaker #0
Le 20e marathon de Paris, c'est quand même exceptionnel parce que Nicolas ne l'a pas dit, vous l'avez peut-être compris dans son introduction. Mais Nicolas, en 2008, a eu un grave accident de moto. Une voiture l'a percuté violemment. Cette voiture a pris la fuite et malheureusement, Nicolas a été amputé de son bras gauche et de sa jambe gauche. Et aujourd'hui, c'est ce qu'on appelle un athlète handisport et il court avec une lame carbone. Et ce week-end, il fait son 20e marathon. Alors Nicolas, est-ce que tu peux nous parler un peu de ce tournant dans ta vie, ton accident, ce que ça a changé pour toi ?
- Speaker #2
En fait, c'est arrivé le 26 février 2008, j'avais 24 ans et donc je partais pour me rendre pour le travail. Et ce soir-là, je roulais sur une départementale 106 qui est très connue chez nous, qui est très accidentogène. Je roulais doucement parce qu'il pleuvait et on était de nuit. C'était une route qui n'est pas du tout éclairée. Malheureusement, ce soir-là, le véhicule qui arrivait en face s'est déporté sur ma voie, comme parfois quand on est occupé dans l'habitacle. On ne fait pas trop attention à la route et du coup il s'est déporté en voyant qu'il ne se redressait pas. J'ai couché la moto et mon corps a fait complètement opposition, ce qui a arraché mon bras sur le coup et une partie de ma jambe qui tenait juste par le temps de lâcher, tout était complètement arraché au niveau de la cheville. Et donc ce soir-là, ma vie a complètement basculé, je suis rentré dans le monde du handicap. Je suis content aujourd'hui, je le dis encore aujourd'hui, je suis plus heureux aujourd'hui handicapé parce que j'ai découvert un monde dont on parle très peu, là où il y a beaucoup de choses à changer et j'essaye de porter dignement cette image du handisport aussi à travers la course à pied pour donner de l'espoir aux personnes en situation de handicap, montrer que malgré le grave accident qui m'est arrivé, peut-être un problème qui leur arrivera à eux dans leur vie, la vie est belle et que derrière quelque chose de merveilleux peut... Peut arriver, rien ne s'arrête là, c'est pas vraiment la fin de quelque chose, c'est peut-être le début de quelque chose d'encore plus beau.
- Speaker #0
Le début d'une nouvelle aventure. Suite à cet accident, comme je vous le disais, Nicolas s'est retrouvé sur la route seul puisque le véhicule a pris la fuite. Mais la voiture qui arrivait derrière, c'est un bon samaritain qui s'est arrêté. Il a enlevé Nicolas du bord de la route, c'est ça ?
- Speaker #2
Oui, la voiture m'a percuté. La personne a mis un coup de volant contrebraqué et a coincé une roue dans le fossé. C'était une famille avec trois enfants. Ils sont descendus du véhicule et ils ont continué la route à pied vers le bassin d'Arcachon et puis appeler des amis pour venir les chercher, les récupérer. Et donc moi, j'étais gisant sur la route encore, sachant que c'était une route qui n'était pas du tout éclairée. C'était un risque d'effet boule de neige. Ça aurait pu être fatal pour moi. Et par chance, derrière moi se trouvait un 4x4 qui lui verra un éclat de lumière au loin dans la nuit. Il se posera la question de qu'est-ce que ça peut être. Il met les pleins phares et me voit assis. Je suis resté conscient, moi. Au moment de l'accident, j'ai tout de suite appelé ma compagne pour lui dire que j'avais eu un accident, peut-être une entorse, j'ai pas réalisé vraiment la gravité des faits, puis je me plaignais pas trop. Mais bon, lui en me voyant sur la route s'est dit qu'il fallait absolument qu'il fasse quelque chose, et voilà, par chance, je suis en vie grâce à lui, grâce à son acte héroïque aujourd'hui, je peux continuer à avoir ma fille, même mes autres enfants grandir, j'ai trois enfants aujourd'hui. Et il a donné naissance clairement aujourd'hui à cet homme de fer que je suis. Et voilà, on n'est pas seul sur la terre parce que je me suis rendu compte, en me réveillant du coma, les premières phrases que j'ai dites pour rassurer ma famille, c'était qu'il ne fallait pas pleurer qu'il y avait pire que soi, mais je me suis rendu compte aussi avec le temps qu'on n'est vraiment pas seul sur la terre à souffrir, qu'il y a toujours pire que soi, et on n'est pas seul parce que si aujourd'hui je suis l'homme de fer que je suis aujourd'hui, C'est aussi grâce à toutes les mains tendues, les simples bonjours qui se sont transformés en aide incroyable. Et voilà, pour dire on n'est pas seul sur la Terre, si on garde un peu d'optimisme, qu'on regarde autour de soi, on trouvera toujours quelqu'un pour nous tendre la main. Il y a encore beaucoup d'amour et de solidarité dans ce monde. Il faut toujours rester optimiste, quels que soient les soucis du quotidien.
- Speaker #0
Quand toi, tu passes de longs mois à l'hôpital, qu'est-ce qui t'a permis, toi, de te reconstruire ? Donc ta petite fille Chiara, à l'époque, et ta femme ? Comment t'as décidé de te battre ?
- Speaker #2
Tout de suite pour ma petite fille, je voulais lui donner une belle image, je voulais surtout pas pleurer, surtout pas la trister, on sait qu'aujourd'hui on en parle beaucoup dans les médias, la santé mentale des plus jeunes, et déjà ça me préoccupait, je voulais pas que ce traumatisme là la suive toute sa vie, d'ailleurs aujourd'hui elle a un petit copain à 19 ans qui fait de la moto, elle arrive à monter derrière lui, donc ça veut dire que le travail a été bien fait. Mais pour moi, ça a été une source de motivation pour lui montrer que la vie avait basculé, la vie avait changé, même si elle n'a pas vraiment de souvenirs d'avant, mais lui montrer une image d'une personne combative, un papa qui n'abandonne pas. Donc ça a été mon moteur et c'est ce qui m'a mené aussi à la course à pied, parce que je lui avais fait cette promesse. Quand elle était petite, les enfants courent un peu partout, dans les magasins, un peu partout. Et donc j'avais fait cette promesse, tu sais, un jour papa va te rattraper, il va gagner la course. Et je me suis dit qu'il était peut-être temps de penser un petit peu à ce rêve que j'avais enfoui de côté, de reprendre la course à pied. Ce qui fait que voilà, depuis 4 ans, je recours. Et donc voilà, mon vrai moteur ça a été ma fille, et même encore aujourd'hui mes enfants. Voilà, c'est ma raison de vivre.
- Speaker #0
Et là, tu es convoqué après ta convalescence et ton accident par la police, et là tu t'aperçois finalement que la personne qui t'a sauvé la vie, c'est quand même quelqu'un d'assez particulier.
- Speaker #2
C'est tout à fait par hasard, c'est la police qui m'a appris que c'était lui qui m'avait sauvé la vie. Après avoir fait ma déposition, ils m'ont demandé si je savais qui m'avait sauvé la vie, si j'avais des souvenirs ce soir-là, j'ai dit que non. Ils m'ont dit que c'est une personne qui est très connue chez nous au bassin d'Arcachon et nationalement. Voilà, c'est Pascal Obispo et donc j'ai dit écoutez, remerciez-le pour moi, si vous allez cesser de coordonner, grâce à lui ma fille a toujours son papa et puis moi je la vois se réveiller, sourire chaque jour, donc c'est le plus beau cadeau qu'il ait pu me faire, mais sans être obsédé par le fait de le retrouver ou de le rencontrer et tout ça, je me suis dit bon peut-être qu'il est passé à autre chose, puis des gens, de par sa notoriété et son emploi du temps, je me disais qu'il était peut-être inaccessible. Et puis très fan des Girondins de Bordeaux chez nous même si malheureusement c'est pas trop le moment mais on reste toujours fier de nos couleurs mais les Girondins étaient champions en 2009 on a réussi à gagner des coupes parfois et donc il y avait les trois titres il y avait cette présentation de la coupe au quinconce et lui-même est descendu Le bus avec les joueurs, c'est un enfant de joueur. Ma compagne a dit, tu veux que j'appelle ? Il y a Pascal Obispo. J'ai dit, appelle-le, mais il ne doit pas se rappeler de moi. Je ne focalisais vraiment pas là-dessus. Elle l'a fait appeler par le biais de son garde du corps. Moi, j'étais en larmes et je lui ai dit, merci, vous m'avez sauvé la vie. Pour lui, ça a été un choc aussi, parce qu'il ne savait pas vraiment dans quel état j'étais. Et donc, il ne savait pas dans quel hôpital j'avais été emmené. Il avait juste laissé ses coordonnées, fait le nécessaire. Il m'a mis sur le bas-côté, ramassé mon bras, posé à côté de moi sur le bas-côté. Puis une fois que les pompiers sont intervenus, il a pris son véhicule et puis il est parti. Mais il ne savait pas vraiment si j'avais survécu. Donc pour lui, c'était un choc. Ce soir-là, à l'accident, il me manquait un bras et une partie de la jambe qui était arrachée, mais pas la jambe. Et quand on se revoit, je suis amputé de la jambe et du bras. Donc il se rend compte qu'il y a un membre encore qui est disparu. Et il me dit, voilà, si on s'est rencontrés, écoute, il n'y a pas de hasard. Pour moi, c'était un moment perturbant de ma vie. Et donc il dit, il n'y a pas de hasard pour le fait qu'on se soit rencontrés. Et puis il dit, moi, j'ai beaucoup de choses à te dire. Toi aussi, tu dois en avoir beaucoup. Et puis j'aimerais qu'on puisse créer un lien. Et donc il m'avait donné ses coordonnées. On a échangé nos coordonnées. Et puis on a lié une correspondance comme ça. Et donc euh... Au fil des années, il a découvert qui j'étais. C'est créer une amitié très saine pendant plusieurs années. Et c'est ce qui a mené justement à cette chanson. Au bout de 8 ans, il me dit j'aimerais écrire une chanson sur la personne incroyable que j'ai rencontrée, l'histoire de l'accident, mais aussi les leçons de vie que tu n'as cessé de me donner à travers tout ce que tu as entrepris. Et donc j'avais pour mission d'écrire quelques lignes pour l'inspirer sur la chanson, sur mon état d'esprit. pris au réveil du coma, et puis ma reconstruction. Et donc j'avais écrit 5-6 pages, et puis il me dit, il y a beaucoup de messages d'espoir dans ce que tu racontes. Donc il dit, on se fixe un challenge, moi j'écris une chanson, et toi tu écris un livre. Donc on est parti sur ce projet-là, voilà, 10 ans plus tard.
- Speaker #0
Et c'est dans cette chanson qu'est né le nom de l'homme de fer, c'est ça ?
- Speaker #2
Oui, c'est ça, le refrain dit, on n'est pas seul sur la terre, me dit un jour l'homme de fer. Donc après qu'on ait sorti cette chanson avec Pascal et que j'ai écrit le livre, pendant de nombreuses années, dès les premiers mois, j'ai commencé à créer les premières associations pour aider les personnes en situation de handicap, que ce soit pour l'accessibilité, l'aménagement de domicile, récolter des fonds, puis le Téléthon, recenser toute la ville de Bordeaux avec mon fauteuil roulant, avant même les lois sur le handicap, pour rendre accessible un maximum de lieux publics et de trottoirs, parce qu'il y a 18 ans, même des bus avec des rampes, ça n'existait pas encore. Et donc pour permettre aux gens que les barrières que j'ai rencontrées ne soient pas des barrières pour eux et puissent leur permettre de s'épanouir comme des personnes lambda. Et donc ça a été merveilleux parce que ça a permis d'aider énormément de gens, ça a mis la lumière sur une amitié, mais ça a mis aussi la lumière sur le fait que le handicap n'est pas une fin en soi, qu'il peut permettre aussi d'être tout autant épanoui malgré tout. Ça peut caler de l'avant, bien sûr les choses avancent tout doucement, mais il y a eu une énorme évolution en 18 ans, moi j'ai pu m'en rendre compte. Aujourd'hui on a vraiment notre place dans la société, et encore plus aujourd'hui dans le sport, avec les Jeux Paralympiques, il n'y a plus rien à prouver, on se rend bien compte qu'aujourd'hui on est les bienvenus sur ces événements, et c'est un grand plaisir de pouvoir y participer. au milieu des coureurs valides. Pour moi, c'est un vrai plaisir.
- Speaker #0
En tout cas, une histoire incroyable de cette amitié entre Pascal et toi. Juste, là, tu as parlé de la course à pied. Avant, tu étais en fauteuil roulant. Les prothèses ont évolué aussi pour la course à pied. Toi, ça t'a permis aussi de redécouvrir la marche, la course ?
- Speaker #2
Oui, il m'a fallu 14 ans pour pouvoir recourir. Il y a toujours un coût d'une prothèse. Certains vous diront qu'il y a une aide, une prise en charge, tout ça. Auprès de la MDPH, on peut demander, en fonction des régions, ça diffère. En fonction de la prothèse de course aussi, le coût diffère aussi. Moi, la lame de course que j'ai là était un peu éco-responsable, donc elle permet d'être à moindre coût parce qu'elle est fabriquée avec des chutes de fabrication d'Airbus, tout ça en carbone. Tout est fait pour réduire le coût de la lame, mais autrement une lame vaut entre 5 et 10 000 euros. Et donc, suivant les régions, les subventions... Elles ne sont pas les mêmes, elles ne financent pas la totalité et après il faut aller chercher le complément. Il faut savoir qu'on vit avec 1030 euros par mois, donc en dessous du seuil de pauvreté. Parfois difficile de se dire, je vais me remettre à la course à pied, mais ça va me coûter 5 à 10 000 euros. Je pense que même pour une personne valide qui travaille. C'est quelque chose d'inconcevable. Donc il m'a fallu plusieurs années pour pouvoir recourir. Aujourd'hui, grâce à cette lame de course, l'avantage c'est que j'ai progressé petit à petit. Aujourd'hui j'arrive à courir des marathons, ce qui permet aujourd'hui de pouvoir sensibiliser un maximum de gens à l'importance du handisport, dans le milieu amateur bien sûr, et d'encourager des gens à se mettre à la pratique en montrant que les organisations... Nous nous font la part belle, voilà, si on se donne les moyens d'y participer.
- Speaker #0
Donc là, on est tous les deux dans un hôtel juste avant le marathon de Paris. Là, tu as ta prothèse au pied, avec, donc on voit le carbone et la chaussure qui est associée. Est-ce que tu peux la décrire un peu pour les auditeurs, cette plaque, enfin cette prothèse, pour qu'ils comprennent un peu comment ça fonctionne ?
- Speaker #2
Oui, c'est une lame de carbone, je crois qu'il faut à peu près 14 feuilles de carbone pour... pour pouvoir faire une lame de course, elle donne un certain rebond, un certain amorti, un écrasement. On est à peu près 2,5 cm au-dessus de... par rapport à l'autre jambe, voilà, parce qu'il y a cet écrasement et tout ça. Souvent, les gens comparent comme si on était des kangourous, ils pensent que la lame court toute seule ou qu'elle fait gagner du temps, alors que pas du tout. Il y a plusieurs réglages sur une lame de course, ce qui permet d'adapter par rapport à la foulée de l'autre jambe, pour que ce soit fluide, voilà, autrement... Mais euh... L'avantage, c'est qu'elle permet d'avoir moins d'impact quand même au sol que si on avait une prothèse de marche classique avec laquelle on voudrait courir.
- Speaker #0
Parce que là, cette lame, je mettrais une photo sur le site pour ceux qui veulent découvrir. Là, on a vraiment une chaussure qui est au bout de cette lame. Donc là, la chaussure, elle va s'incarcérer dans la lame. Et du coup, tu as un effet rebond.
- Speaker #2
Oui, il y a un effet rebond. Et puis bon, là, sur cette prothèse-là, c'est une prothèse qui... totalement pris en charge, celle-ci. Ça permet de pouvoir avoir une activité sportive, du foot, du basket, un petit peu de course à pied et tout ça. L'avantage, c'est vraiment d'avoir un retour d'énergie. Il y a des pieds, différents types de pieds en carbone pour la marche ou pour la course. D'avoir un pied retour d'énergie pour avoir un renvoi, parce que ça reste quand même quelque chose d'assez raide. On est quand même sur... Une emboîture en carbone, très très dure, ça peut très vite causer des dégâts. Je vois moi sur marathon, souvent je finis avec la jambe ouverte. Il y a du matériel qui peut être beaucoup plus haut de gamme, mais qui est réservé à des athlètes très haut niveau, voilà c'est ça. Mais qui a un coût, voilà. Parce qu'aujourd'hui malheureusement, tout ce qui concerne le sport, il n'y a pas de prise en charge. Par la sécurité sociale, et c'est pour cela que je milite moi et que j'ai fait 12 marathons l'année dernière, c'est vraiment pour dire, on nous finance des prothèses de marche qui coûtent entre 7 et 10 000 euros, pourquoi pas faire un combo avec la sécurité sociale et dire, bon écoutez, on vous accompagne pour marcher, mais si vous voulez reprendre l'activité sportive, pourquoi pas. Surtout que quand on finance une lame carbone, c'est à vie, c'est pas quelque chose qu'on va rechanger comme sur la prothèse de marche, le pied de marche, qu'on change tous les 5 ans, c'est quelque chose... là où il y aura juste l'emboîture à changer, là où on enfile le moignon parce qu'on maigrit ou on grossit. Donc c'est quelque chose qui est dans la durée. Et je pense que quand on voit le regard des gens sur les compétitions, ou même à l'entraînement tous les jours, les enfants, c'est un meilleur visage de la société pour l'avenir, pour nos enfants et pour les futures personnes en situation de handicap, surtout les jeunes générations.
- Speaker #0
Ouais alors donc là on parle de la lame carbone mais toi j'ai vu, donc tu as fait plein de marathons, aujourd'hui tu m'as dit que dimanche à Paris ça sera ton 20ème, l'année dernière tu en as fait 12, mais j'ai vu que sur tes marathons toi ce qui te plaisait c'était aussi le partage, l'échange, je t'ai vu notamment à Barcelone arriver avec la dernière coureuse, c'est important pour toi ces moments d'échange en marathon ?
- Speaker #2
Ouais c'est ça, d'ailleurs là sur le marathon de Paris, c'est C'est dommage, j'avais proposé quelque chose qui ne s'est jamais fait dans le monde encore et j'espère pouvoir le faire sur d'autres marathons. Je vais proposer à d'autres organisations, mais je n'ai pas eu de réponse de pari. Mais j'aimerais à l'avenir être meneur d'allure sur certains marathons. Peut-être le meneur d'allure balai, la personne qui va amener toutes les personnes qui pensaient abandonner jusqu'au bout. Quelqu'un qui va motiver tout le long. Je vois sur Marathon de Brottoban, je passe mon temps à crier. certaines fois on se recroise sur le parcours avec d'autres coureurs, je tapais dans les mains à tout le monde ils me disaient mais c'est incroyable, t'as crié tout le marathon oui mon but, voilà, moi je pars un marathon, à une course, j'ai pas du tout de pression, je vais comme un enfant on va voir un 14 juillet, voilà sauf que moi, mes feux d'artifice c'est la lumière dans les yeux des gens, voilà je me nourris dans la lumière qu'il y a dans le regard de chacun et dans L'espoir que j'aurais pu leur donner, c'est un peu la mode aujourd'hui, la course à pied, de se challenger autour d'un apéritif ou un repas de famille, de dire ouais allez on s'inscrit au 10 km ou au marathon. Et parfois certaines personnes, on est tellement dans une zone de confort aujourd'hui, de la sitana avec l'électronique et tout ça, on n'est pas trop habitué à sortir un peu de notre zone de confort et parfois certaines personnes se rendent compte au bout de 5, 10 km qu'ils sont un peu dans la difficulté et hop, tout de suite ils lèvent le pied en pensant que ça y est, ils ont atteint leur limite. Et moi j'arrive derrière, je tape sur les poches, je demande déjà si tout va bien. Et si je constate que tout va bien, je dis allez viens on y va ensemble. Et ça m'arrive souvent d'emmener 4, 5, 10 personnes jusqu'à la ligne d'arrivée et de leur montrer que le corps a des ressources insoupçonnées. Et pour moi c'est le plus beau des cadeaux, je garde aucune médaille. Toutes mes médailles vont à mon prothésiste, parce que pour moi c'est le premier maillon de la chaîne et sans lui rien ne serait possible. C'est Travailleur de l'ombre qui réalise nos rêves et ouvre le champ des possibles. Et donc... Ma médaille à moi, cette coupe, ce podium, ce trophée, c'est lorsque je vois que j'ai pu aider certaines personnes à se surpasser et peut-être être le premier maillon de la chaîne qui va peut-être plus tard leur permettre de comprendre qu'il faut qu'ils se dépassent davantage, qu'ils en sont capables. Le but c'est ça, c'est de transmettre, je reçois énormément de soutien, je ne fais pas 20 mètres, 50 mètres sur les marathons, sur les courses sans qu'on me tape sur l'épaule. Qu'on me remercie d'être là, qu'on me félicite et tout ça. Et j'ai cette volonté de redonner aussi ce qu'on me donne aux personnes qui en ont besoin. Et montrer aussi que c'est pas parce qu'on est en situation de handicap qu'on ne peut pas donner de la force et de l'espoir aux gens. On n'est pas forcément toujours des gens à plaindre, on peut aussi donner des belles leçons de vie et permettre aux gens de se remettre en question.
- Speaker #0
Alors dans mon podcast on parle souvent des émotions du sport. Le thème de ce podcast c'est le partage d'émotions. Toi est-ce que sur tes 19 marathons, puisque le 20e ça sera dimanche, t'as le souvenir d'une émotion vraiment hyper forte que t'as vécu et tu t'es dit purée là j'ai vécu un truc de dingue ?
- Speaker #2
On peut dire par exemple le marathon de Montauban, c'était pas plus loin. Il y en a beaucoup de souvenirs mais je vais prendre celui-ci spécifiquement. Sur la deuxième boucle du marathon de Montauban, il y avait un petit jeune homme en fauteuil roulant avec sa maman. qui était venu encourager les coureurs. Et puis il y avait quelques installations en e-sport pour tester quelques activités sportives en fauteuil. Et d'ailleurs, je félicite le Marathon Montaumont parce que c'est un des seuls qui a une catégorie vraiment en e-sport, marchand, et qui met un podium en place. Alors je suis le seul, l'année dernière aussi, mais ils font quand même monter les gens sur le podium. Ça montre qu'il y a deux places. Il y a même ma place à venir chercher peut-être l'année prochaine. Mais ça montre qu'aujourd'hui, on a notre place. Et c'est important de valoriser, je pense, sur les prochaines organisations. Ce serait bien aussi qu'on marque le coup sans forcément être à la hauteur des personnes élites et tout ça. Mais au moins montrer qu'on a besoin de voir que l'organisation nous attend les bras ouverts et qu'on a notre place ici. Et donc sur ce marathon de Montauban, j'arrive avant de commencer la deuxième bluque et je vois ce petit enfant en fauteuil. Je m'arrête et je lui dis bonjour champion, merci. d'être là et je lui dis, tu vois, pour te remercier de m'avoir encouragé, à l'arrivée je te donnerai ma médaille. Bon, il était un petit peu fatigué, il n'a pas pu rester jusqu'à l'arrivée, je l'ai cherché partout, je ne l'ai pas trouvé. Et puis sa maman m'a contacté il y a quelques jours sur les réseaux sociaux, m'a dit, mon fils ne fait que parler de vous, il était très content que vous ayez accordé du temps et tout. Il a honte d'aller à l'école avec son fauteuil roulant. Il ne voulait pas y aller à l'école avec le fauteuil. Et grâce à vous, lundi, il a retourné à l'école avec son fauteuil roulant. Et donc, je lui ai envoyé ma médaille. Il m'a envoyé une petite vidéo ce matin. Il a reçu la médaille que j'ai envoyée avec le maillon du marathon. Et donc, il m'a dit à ce moment qu'il voulait venir m'encourager sur les prochaines courses. Et j'ai dit, on va faire mieux. Moi, j'ai ce projet aussi de courir un peu sur des joulettes ou des choses comme ça avec... Donc je lui ai dit, je vais essayer de voir sur les prochaines courses. Je sais que chez nous, au bassin d'Arcachon, il y a une association qui vous prête des jouellettes. Donc j'ai essayé de récupérer une jouellette et l'emmener sur quelques courses avec moi pour pouvoir prendre du plaisir aussi, partager tous les deux ensemble. Et puis même lui disait, peut-être quand je serai plus grand, je pourrai faire des marathons comme lui. Donc ça, pour moi, c'est une récompense. Comme je dis, moi, la vie, elle m'a déjà tout donné. C'est pour ça que je dis que je suis si heureux aujourd'hui. J'ai découvert des choses que peut-être j'aurais jamais découvert si je n'avais pas été touché par le handicap.
- Speaker #0
On sent vraiment une émotion super forte et le partage, le besoin de partager tes expériences. Avec tes trois enfants et ta femme, ils viennent te voir sur toutes les courses ? Comment ça marche ? Parce qu'eux aussi, ils doivent être très fiers.
- Speaker #2
Oui, non, je me déplace toujours tout seul. Parce que c'est très compliqué. J'imagine les proches et tout ça, attendre pendant quatre heures au bord d'une course. Sur certaines courses, au début, ils étaient présents. Mais aujourd'hui, c'est vrai que... C'est tellement répétitif, on va dire, l'entraînement. C'est vrai que quand on est obsédé, gentiment, sans côté péjoratif, mais quand on est vraiment obsédé par la course à pied, c'est important aussi de prendre du recul et de savoir consacrer toute sa passion autour de sa famille, demander à chacun d'être vraiment consacré à ça aussi derrière, parce que chacun a sa propre vie. Donc non, je fais ce que j'ai à faire. Et puis bon, parfois il y a certains médias qui plaisent plus que d'autres. Donc elles disparaissent comme par hasard. Elles ne vont pas à mon prothèse. Mais non, c'est l'important. Moi je cours pour eux. J'espère par la suite, ma petite qui avait 2 ans et demi a 19 ans aujourd'hui. Bon, elle ne sait pas trop dans le running et tout ça. Mais j'espère juste qu'à travers ce que je fais, leur montrer que l'activité est bonne pour la santé, le mouvement est le meilleur. des médicaments.
- Speaker #0
Toi, quand tu t'es remis à la course à pied, tu as vu un changement dans ton état mental ?
- Speaker #2
Oui, mental. En fait, j'ai eu beaucoup de douleurs. Quand mon bras a été arraché, j'ai paralysé le soir de l'accident. Je n'avais vu que mon pied qui était tordu avec la botte et avec le cuir de la moto, je n'avais pas du tout vu le bras. Donc je disais, je dois avoir une entorse. Si je ne peux pas rentrer en béquille, il faudra venir me chercher à l'hôpital. Je disais ça à tout le monde, mais sans trop me plaindre. Mais mon cerveau n'avait pas capté que mon bras n'était plus là. Et même encore aujourd'hui, mon cerveau focalise à bloquer mon bras, à amputer le membre fantôme, on appelle ça. Et il tient le guidon de la moto. Depuis 18 ans, je tiens un guidon de ce côté-là. Mais toute la journée, j'ai cette force de l'arrachage. Mon cerveau est resté bloqué sur cette dernière image. Et donc j'avais 14 antidouleurs par jour dès les premiers mois de mon accident. Et les médecins me disaient non c'est impossible d'arrêter, j'ai essayé plusieurs fois et ils me disaient mais non c'est impossible, c'est un protocole qui est comme ça et ce sera à vie donc vous ne pouvez pas arrêter. Quand je me suis mis à la course à pied, sans le dire à mes médecins, j'ai commencé à réduire petit à petit les médicaments et cette endorphine, le fait d'occuper son esprit à quelque chose, c'est vrai qu'on parle des athlètes qui visualisent souvent leur course. comme ça toujours obstiné par le fait de visualiser le prochain entraînement demain ou ce qu'on a fait aujourd'hui ou la prochaine course ça occupe l'esprit mine de rien et ce monbeau fantôme justement il agit beaucoup avec le cerveau et ça m'a permis de réduire complètement mes antidouleurs aujourd'hui j'en prends seulement 3 au lieu de 14 à des doses minimum et j'espère avec le temps en prendre beaucoup moins et puis ça m'a permis aussi de De me rendre compte que le handicap aujourd'hui, ce n'est pas forcément le regard qu'on a sur la société de tous les jours. C'est difficile, certaines personnes regardent, n'osent pas dire bonjour ou se retournent dans la rue. Pour certains, ça peut être difficile et je pense que c'est pour ça que j'aimerais vraiment que tout le monde puisse avoir accès au sport. Parce que quand on est sur les courses, quand on met cette lame de course, quand je vais à l'entraînement, même que je vais courir la journée. C'est pas du tout le même regard, c'est tout de suite un regard admiratif, comme si on était un super héros, un personnage Disney, je sais pas, mais les gens sont émerveillés, et ça brise complètement les barrières, donc les gens se sentent obligés de féliciter, de saluer, voilà, et je pense que des personnes qui peuvent avoir du mal à surmonter leur handicap et trouver leur place au sein de la société, peuvent avoir un regard complètement différent sur l'image qu'ils renvoient, et puis faire de leur handicap vraiment une force, ouais.
- Speaker #0
En tout cas, moi, je trouve qu'après les JO de Paris, avec le succès des Jeux paralympiques, qui ont été vraiment, moi, je les ai regardés, c'était juste dingue. Je pense que ça a quand même démystifié pas mal de choses. Et je trouve que ça a été plutôt très bien fait par l'organisation des JO de Paris. T'en penses quoi, toi ?
- Speaker #2
Oh oui, c'est formidable. Moi, je discute avec Alexis en quinquant, champion olympique. Et aujourd'hui, je discute avec lui parce que c'est vrai que quand on l'a vu sur cette première cérémonie, le côté de Ténériner et tout ça, pour transmettre la flamme, pour allumer cette flasque. Tout de suite, dès le lendemain, moi quand je suis allé courir, tout de suite les gens ont dit « Ah oui, c'est pas vous qu'on a vu hier au jeu ? » Et ça a changé complètement. Alors ça s'est essoufflé, bien sûr, avec le temps, mais ça montre qu'aujourd'hui ça intéresse, que ce soit les marques, que ce soit la télévision, aujourd'hui ça intéresse, et puis l'audimat répond présent. On voit sur les Jeux paralympiques, on ne s'attendait pas à un tel succès. Aujourd'hui, c'est merveilleux parce que grâce à ça aussi, on associe les compétitions handisport et valides le même jour. Alors qu'avant, quand il y avait une compétition d'athlétisme, c'était à deux jours différents, à des endroits différents. Aujourd'hui, on essaie d'associer les mêmes choses. Cela permet aux gens qui viennent voir des athlètes élites valides sur certaines compétitions de découvrir aussi le handisport. Tous les jours, on me parle souvent, pendant les Jeux Paralympiques, je me suis un peu intéressé, je suis allé voir et j'étais scotché. Un autre visage du dépassement de soi, et puis derrière il y a des belles histoires de vie, c'est merveilleux. On est content de l'évolution qu'il peut y avoir, et j'espère que pour les générations futures, ça n'ira que de l'avant pour montrer qu'aujourd'hui, le sport est pour tout le monde, et l'inclusion n'est pas qu'un mot, qu'il est la réalité en 2026 en France.
- Speaker #0
Alors est-ce que toi tu as Aujourd'hui, on va dire que tu es quand même un coureur très, très assidu, puisque quand on a fait plus de 20 marathons, enfin 20 week-ends, c'est énorme. Est-ce que toi, tu as des rêves un jour de pourquoi pas rejoindre un club paralympique et te préparer pour les JO de, je ne sais pas, 2028 à Los Angeles ou 2032 à Brisbane en Australie ?
- Speaker #2
Oui, j'aimerais beaucoup rejoindre un club d'athlétisme parce que j'avais ça dans le sang déjà dès mon adolescence. Je faisais du sang hauteur, j'étais champion de France, donc l'athlétisme c'est quelque chose qui m'attire beaucoup. C'est vrai que j'ai eu besoin aussi de prendre confiance en moi, de voir si j'étais méritant ou pas. Mais oui, j'ai vraiment pour objectif à l'avenir de rejoindre un club d'athlétisme et pourquoi pas aller chercher ces Jeux Paralympiques avec grand plaisir. j'ai des rêves sans limite voilà aujourd'hui Moi j'avance au plaisir et je vois que je fais entre 80 et 100 km par semaine à l'entraînement. Donc je pense qu'aujourd'hui je suis prêt. Ce que je voulais c'est pas arriver dans un club d'athlétisme et avoir tout à commencer dès le début. Je voulais déjà me façonner une personne à une condition physique parce que mine de rien, 14 ans sans pouvoir faire de sport et reprendre comme ça seulement depuis 4 ans. C'est quand même un gros travail, mais j'avais besoin mentalement de me façonner moi-même. Parce qu'il faut aussi, après, quand on rentre dans ce challenge-là en club, il faut être compétiteur. C'est plus du tout la même intensité qu'il va falloir mettre. Il va falloir faire briller le handisport au maximum. Ce ne sera plus l'histoire de transmettre de l'espoir, ce sera aussi... d'aller décrocher des médailles et pourquoi pas aller chercher ses Jeux Paralympiques.
- Speaker #0
En tout cas, plein de rêves et de projets. Et donc, vu que Trail Story, on a un podcast de trail, j'ai vu aussi que tu étais inscrit à la MCC, donc Martini, Champex, Chamonix, cet été pendant la semaine de l'UTMB. Ça te dit aussi de faire du trail ?
- Speaker #2
Oui. C'est vrai que j'ai embrassé le marathon, ça fait 4 ans, la distance reine, mais j'ai ce rêve de basculer sur du trail et de l'ultra-trail, d'apprendre aussi, parce qu'il y a beaucoup de choses, c'est complètement différent, les sentiers de la route. Mais j'ai cette volonté de basculer sur l'ultra-trail, pourquoi pas aller chercher des grosses courses aussi, comme le marathon des sables, des courses dans le désert. Donc je suis encore un bébé trailer et je demande qu'à apprendre. La MCC pour moi ça va être... Une découverte incroyable et j'ai vraiment hâte mais il y a un vrai travail de fond qu'il va falloir faire parce que derrière au bassin d'Arcachon chez nous, les montagnes sont très très loin de chez nous.
- Speaker #0
C'est vrai que le dénivelé au bassin d'Arcachon à part la dune du Pila, ça va être compliqué. Quand on voit ta démarche aussi, tu vas rejoindre un collectif d'athlètes, la team KipRun. Est-ce que tu les as déjà rencontrés ? Tu es déjà en contact avec Thierry Breuil et quelques athlètes ?
- Speaker #2
Oui, je rejoins la Team Kiprun et pour moi c'est un véritable honneur de pouvoir avoir la chance de rejoindre une marque aussi prestigieuse. Je suis très accroché aux valeurs françaises, donc Cocorico. Avoir une marque française comme ça, pour moi, ça a beaucoup d'importance. Aux côtés d'athlètes de renom que j'ai longtemps admirés et qui m'ont fait beaucoup briller les yeux. J'aurai le plaisir de les rencontrer dans quelques jours lors d'un stage. J'ai beaucoup à apprendre d'eux. Je vais me nourrir de chaque instant pour pouvoir progresser. Je suis vraiment très heureux de pouvoir rejoindre ce team qui prône. J'espère pouvoir moi aussi apporter à mon humble niveau quelque chose. En tout cas, je suis très enthousiaste. Je suis comme un enfant qui vient d'ouvrir un paquet de Noël. Je suis choc. Chaque matin, je me réveille, il y avait des étoiles dans les yeux. Je me dis que ce n'est pas possible, je dois rêver. Mais après quatre ans de course à pied, de pouvoir rejoindre une équipe aussi prestigieuse, aussi talentueuse, parce qu'on a quand même des champions du monde, des champions d'Europe, ce n'est pas rien du tout. De s'entraîner à leur côté, je pense qu'aujourd'hui, je vais être comme un enfant qui découvre son jouet. J'ai hâte de découvrir mon terrain de jeu avec eux.
- Speaker #0
Si tu avais un message pour les jeunes aujourd'hui handicapés, qui auraient envie de se mettre au sport ou à la course à pied, quel conseil tu leur donnerais toi en tant qu'on va dire... Tu as l'expérience de la vie, qu'est-ce que tu leur donnerais comme conseil ?
- Speaker #2
Que chaque part en avance et un pas de plus, le tout c'est d'essayer. Aujourd'hui, moi je suis aussi des échecs comme tout le monde, mais l'important c'est d'essayer, de travailler, de croire en soi et qu'aujourd'hui tout est possible, toutes les technologies sont là pour qu'on puisse faire du sport. Tous les clubs sont ouverts pour qu'on puisse pratiquer le sport. Aujourd'hui, j'espère vraiment qu'on puisse avoir cet accès à une prothèse de course ou à un fauteuil de sport, pour pouvoir avoir une activité sportive. Mais je voudrais leur dire de le faire, parce que ce sera des porteurs d'espoir, des flammes dans la lumière des regards des enfants. On est tous aujourd'hui... Dans la recherche d'un épanouissement personnel, je pense qu'à travers le sport, c'est la meilleure famille qu'on puisse trouver parce qu'il y a une vraie égalité, il n'y a plus de différence, il y a une vraie solidarité. Et chaque pas qu'ils vont faire va avoir énormément de sens et va laisser une marque indélébile pour l'avenir de nos enfants.
- Speaker #0
En tout cas, l'homme de fer est motivé, on le voit. Il va faire son 20e marathon à Paris ce week-end. Est-ce que tu as un petit mot de la fin ? pour nos auditeurs que tu aimerais leur dire tout simplement j'espère vous croiser sur les prochains parcours merci à tous qui nous écoutez,
- Speaker #2
merci Gaëtan pour ce podcast on n'est pas seul sur la terre on se retrouve bientôt sur les prochaines aventures je vous embrasse merci Nicolas
- Speaker #0
Nicolas Lacambre alias l'homme de fer si vous voulez lire son livre il s'appelle On n'est pas seul sur terre aux éditions Flammarion avec la préface de M. Pascal Obispo on termine justement en musique en écoutant la chanson de Pascal Obispo On n'est pas seul sur la terre merci à tous bonne aventure trail à toutes et à tous merci