- Speaker #0
Bienvenue dans ce nouvel épisode de notre podcast dédié à celles et ceux que nous accompagnons, mais également à celles et ceux qui accompagnent. Et je pense donc là précisément aux professionnels, mais aussi aux familles, aux aidants en particulier. et à tous ceux qui, un jour, peuvent changer une trajectoire. Aujourd'hui, on parle d'un mot qu'on entend de plus en plus dans le secteur médico-social et social. Je pense à l'autodétermination. Un mot un peu technique, mais qui cache une idée simple, simple et puissante. Le droit et la capacité de faire ses propres choix, de décider pour soi-même, d'avoir du pouvoir sur sa vie. À l'adage, on croit profondément que chaque personne, quels que soient ses besoins ou ses fragilités, a en elle une force unique qui est le pouvoir d'agir. Pas seule, bien sûr, pas sans soutien, bien sûr, mais avec des accompagnements qui respectent les rythmes, qui respectent les envies et les rêves. Dans cet épisode, on zoome sur la participation des usagers. On insiste depuis quelques années à un changement de paradigme majeur dans nos institutions. La posture traditionnelle s'efface progressivement pour laisser place à une logique de partenariat au cœur de cette transformation. L'autodétermination et la participation des usagers, plus qu'une obligation légale, c'est un levier de qualité indispensable. Comment passer d'une participation alliée à une véritable co-construction des projets personnalisés ? Comment les professionnels peuvent-ils ajuster leur posture pour devenir des facilitateurs, des médiateurs des vecteurs de soi, plutôt que des prescripteurs de solutions ? C'est tout l'enjeu de cet épisode.
- Speaker #1
Comprendre comment l'expertise d'usage devient la clé de voûte d'un accompagnement éthique et performant. Alors,
- Speaker #0
bonne écoute ! Je reçois aujourd'hui Christelle, qui est professionnelle à l'EPA de l'hostel du Lac. Christelle,
- Speaker #2
vous avez déjà été en train de faire des expériences. 2011.
- Speaker #0
On reçoit également Madame Lacage, qui est habitante à l'EPA de l'hostal du Lac, et Monsieur Boulet, qui lui est bénéficiaire des services du CIAT à la ville du Cresse. Oui, à la ville du Cresse. Madame Lacage, est-ce que vous voulez bien vous présenter ?
- Speaker #1
Alors, moi je m'appelle Madame Lacage, je suis habitante de l'hostal du Lac depuis 2020, donc... Donc voilà, je m'y plais, ça va.
- Speaker #0
Alors, je précise pour les auditeurs qu'effectivement, l'hostalulax est un établissement spécifique, c'est-à-dire qu'il accueille dans son salle des personnes âgées dépendantes, vous, mais également des personnes handicapées vieillissantes à travers un dispositif qui s'appelle le EPA. Ce qui est intéressant, c'est que vous mentionnez « je suis habitante » . Habituellement, on utilise le mot « président » . Expliquez-nous pourquoi.
- Speaker #1
Parce qu'on a changé le mot à l'hoste annulaire, voilà. On a inventé le mot d'habitante.
- Speaker #0
Pour vous, qu'est-ce que ça vous émonte ? Parce que ça a du sens.
- Speaker #1
Bon, moi, c'est vrai que je suis plus habitante que résidente.
- Speaker #0
Alors,
- Speaker #1
quelle est la différence ? La différence, c'est que moi, étant donné que j'ai encore toute ma tête et que je suis là à cause de ma fille handicapée, je m'estime, je crois que je suis dans une maison de retraite, mais pas dans un Népal. D'accord. C'est la différence, colonne. Une maison de retraite, ça peut être des personnes âgées, mais qui ont toutes leurs têtes, qui n'ont pas Alzheimer ou ce genre de maladie. Et donc, voilà, je me considère plus habitante que résidente. Il me semble qu'il y a un petit...
- Speaker #0
Une nuance ?
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
c'est important. Monsieur Boulet, est-ce que vous voulez bien vous présenter ?
- Speaker #1
Eh bien, donc, Bernard Boulet,
- Speaker #3
je suis rentré dans le SIAD au mois d'août 2018, suite à un accident de voiture que j'ai eu avec mon épouse. Et donc, actuellement, je suis veuf, puisque mon épouse nous a quittés depuis 4 ans. Et elle était également soignée par le SIAD. Le CAAD, pour qu'on comprenne bien, il est en périphérie de l'EPAD. C'est-à-dire que le SIAD est « abrité » par l'EPAN. Donc, j'ai fait une première étape en me présentant au Conseil de vie sociale. Et à partir de là, ce que je souhaite, c'est rapprocher la périphérie, les territoires périphériques de l'EPAN, de l'hostal du lac. D'ailleurs, j'aime bien dire l'hostal du lac plutôt que... que l'EHPAD. C'est plus poétique.
- Speaker #0
C'est plus poétique. Pour les auditeurs, on va préciser que un Cial, c'est un service de soins infirmiers à domicile. Autrement dit, vous vivez chez vous et tous les jours, peut-être plusieurs fois par jour, je ne sais pas, des infirmiers viennent vous apporter le soin dont vous avez besoin.
- Speaker #3
En général, c'est le matin et le soir. Moi, personnellement, elles ne passent que le matin. Mais il y a la possibilité qu'elle passe visiter chaque personne bénéficiaire du SIAD, puisque nous ne sommes pas des habitants, comme on vient de déclarer.
- Speaker #0
Tout à fait, c'est pour ça que j'ai fait la distinction. Alors vous, pour vous, monsieur Goulet, justement, l'autodétermination, vous êtes un membre actif, notamment des instances à l'adage qui réfléchissent à cette notion-là.
- Speaker #3
C'est la... première fois que qu'on essaye de faire en sorte que ce qui se passe à l'extérieur elle soit en osmose avec ce qui se passe à l'epad donc par exemple on a donc organisé une campagne pour aider les gens au conseil de vie sociale et donc moi j'avais choisir le slogan chez soi d'y élire sereinement Avec un petit jeu de mots parce que ça commence par C, V, S, les trois mots. Donc il y a l'ADN du CVS tout à l'intérieur. Non, c'est parce que j'aime assez jouer avec les mots. En tant que représentant du SIAD auprès des personnes qui sont à l'extérieur, mon idée c'est d'être l'interface entre les bénéficiaires du SIAD et les services de l'hostal du lac. dont de l'EPAN. Alors, c'est tout à inventer, ce qui est intéressant, puisque c'est nouveau, je crois, je pense. Donc, de recueillir les questions, les remarques, les suggestions des bénéficiaires du SIAD pour les porter à l'attention de la chaîne de service. Et ça permet aussi d'avoir cette intercommunication entre les zones périphériques et mi-... la résidence, puisque ce sont des résidents. Et je pense en particulier à multiplier des activités communes entre les bénéficiaires du sable et les habitants de l'épargne.
- Speaker #0
Ça, c'est intéressant, effectivement.
- Speaker #3
Oui. Alors, ça existe déjà. C'est le cas quand il y a la fête de l'État de la Zunda.
- Speaker #1
L'État de la Zunda aussi.
- Speaker #3
Alors, on participait déjà. On était invités. Donc, ça existe déjà. Ce n'est pas nouveau. Et je trouve que c'est un moment très convivial. Alors c'est difficile, peut-être le SIAD n'est pas habitué à fréquenter l'EPAD. Pour vous,
- Speaker #0
c'est un petit peu ce que vous cherchez ?
- Speaker #3
C'est-à-dire que, par exemple, je ne sais pas, ça sera à voir après, s'il y a des sorties communes, d'habitude, je ne sais pas si on pensait beaucoup au SIAD, mais moi, pour l'instant, je n'ai pas d'expérience là-dedans. Et je n'ai pas le souvenir, sauf la fête, qui est vraiment un temps fort de cet ensemble. Et donc, mon idée, celle-ci, c'est de rapprocher tout ça et de faire une synergie.
- Speaker #0
D'accord, intéressant. Madame Lacage.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Qu'est-ce qu'il vaut pour vous d'autodétermination ? Et en quoi, aujourd'hui, dans... Votre position d'habitante, vous considérez que, oui, l'autodétermination existe déjà dans l'établissement, que vous y participez ?
- Speaker #1
Ben, je pense que l'autodétermination, c'est faire un peu ce qu'on a envie de faire, non ?
- Speaker #0
En tout cas, ça va avoir le pouvoir d'agir.
- Speaker #1
Voilà, le pouvoir d'agir. Bon, alors moi, qu'est-ce que je fais ? C'est ça que vous voulez savoir un peu ?
- Speaker #0
Oui. Alors je sais que vous faites beaucoup de choses en plus.
- Speaker #1
Bah, j'essaie d'aider les plus mal au petit commun, par exemple.
- Speaker #0
Donc la paire est dense. C'est ce qu'on appelle la paire aidante, c'est-à-dire que vous venez en aide à d'autres habitants ?
- Speaker #1
À condition que ce soit dans mes cordes. Il y a des choses que vous pouvez faire, mais il y a des choses que vous ne devez pas faire.
- Speaker #0
Bien sûr. C'est là aussi la difficulté.
- Speaker #1
Voilà. Mais bon, après, comment vous expliquer ? Moi, je suis à l'aise parce que je connais les papes depuis le début. Donc, j'ai l'habitude de voir comment ça se passe. Et donc, il y a des choses que je fais. mais des choses que je ne ferai pas. Voilà, bon, c'est comme ça.
- Speaker #0
Je sais que vous êtes un membre du CVS.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et le CVS est un organe, à mon avis, essentiel dans le cadre de l'autodétermination. Il se prend un certain nombre de décisions pour l'amélioration de la vie.
- Speaker #1
Et de l'absistance à l'humain aussi.
- Speaker #0
Est-ce que vous pouvez nous parler de votre rôle au sein du CVS ? Quelles sont les décisions que vous êtes amené à prendre ? Pour l'intérêt général ?
- Speaker #1
Ben oui, par exemple là, l'autre jour je lui ai dit que la salle de coiffure, le salon de coiffure était à recel. Il m'a entendu, donc ça sera fait, mais je ne sais pas comment. Vous voyez, mais on peut suggérer des choses, voilà. En principe, on est entendu quand ça vaut la peine.
- Speaker #0
Christelle, je prête maintenant. Vous avez eu le temps de réfléchir.
- Speaker #1
L'autodétermination.
- Speaker #0
d'autodétermination. Dans votre posture de professionnel, comment finalement, je suis sûr que vous le faites sans même le savoir, sans vous en rendre compte, mais comment vous leur donnez la possibilité de pouvoir agir ?
- Speaker #2
Alors, moi j'essaye de centrer les animations de manière à ce qu'ils soient acteurs et pas spectateurs.
- Speaker #0
Par exemple ? J'aime bien des exemples concrets.
- Speaker #1
Par exemple, l'atelier Gazette, c'est le journal interne à la maison de retraite.
- Speaker #2
Je choisis quand même un peu les résidents qui participent, pour qu'ils puissent un petit peu, qu'il y ait matière à discuter pour certains. Et ensuite, ça, je leur laisse quand même le choix de venir ou pas à l'activité. Quand on choisit le sujet... On choisit des fois des sujets ensemble, je leur demande ce qu'ils en pensent. On fait des sous-formes de discussion et je mène l'atelier souvent sous forme de discussion.
- Speaker #0
D'accord. Et qui rédige ?
- Speaker #2
C'est moi qui rédige.
- Speaker #0
C'est vous qui rédigez.
- Speaker #2
Parce que c'est compliqué, c'est déjà que je sais sur ordinateur. Et chacun prend la parole et s'exprime sur le sujet qu'ils choisissent ensemble. Après, ça peut être aussi, il y a des interviews des résidents, des résidents qui viennent d'arriver pour qu'on apprenne à les connaître davantage.
- Speaker #3
Interviews que vous faites vous ? Oui,
- Speaker #2
c'est pareil, tout fond de discussion. Moi, je suis juste vecteur en fait et c'est moi qui donne la parole à chacun. En fait,
- Speaker #1
je régule un peu en fait.
- Speaker #3
Dans mon idée, l'autodétermination dans le cadre des soins, c'est de rendre le plus possible responsable le bénéficiaire ou l'habitant pour qu'il prenne le plus de choses en charge lui-même. Je ne sais pas si c'est la définition qui convient. Donc, je pense, c'est pour ça que ça m'intéresse. pense pouvoir par ma propre expérience où je me prends en main dans beaucoup de cas si par exemple je dois aller voir un médecin je peux être c'est une des formations de ma formation de base puisque je sais pas si vous voulez j'ai plutôt une une amie d'être minutieux dans la préparation d'un certain nombre de choses. Bon mais sans aller jusque là, par exemple prenons un pilulier. Alors soit c'est des aides-soignants qui aident à faire le pilulier, moi je n'ai pas du tout envie qu'on fasse mon pilulier, enfin pour l'instant, et donc je me prends en charge moi-même. J'ai l'impression que si on rentre dans ce concept-là, on peut à la fois donner un sens à la vie des personnes. Et en même temps, peut-être décharger un petit peu la charge des personnes, etc.
- Speaker #0
Et favoriser l'économie. Parce que plus,
- Speaker #3
me semble-t-il, on prend un sein de vous, on a plus de tendance à se laisser aller. Je prends un exemple tout simple. Je suis chez moi, il y a un papier qui traîne par terre. Une aide-soignante est là. Ah ben, ne bougez pas, je vais vous le ramasser. Je lui dis non. Tant que je peux ramasser un papier, je le fais. Donc, mais revenons à des choses plus... plus simple. Je parlais par exemple du pilulier. Je peux le faire, donc je veux le faire. Je vais aller chez un médecin, je prépare ma fiche pour ne pas être oublié, par exemple, qu'il doit me faire ceci, que je dois lui parler. Donc, je me prends en main. Par exemple, puisque j'ai la chance aussi de faire partie du comité de pilotage sur l'autotermination. Euh... Je crois qu'ils ont fait les deux engagements de l'ADDA, je ne vais pas les reprendre. Mais, euh... Par exemple, je suis capable, on m'aide à avoir confiance en mes compétences. Il faut avoir quelqu'un parfois de l'extérieur ou du personnel de l'hostal pour essayer de déterminer pourquoi, par exemple, vous n'auriez pas confiance dans le fait de faire votre... de pilulier.
- Speaker #0
Madame Lacage, je sais que à l'hostal du Lac, comment dirais-je, Pascal est très... Pascal Ségou, le directeur, est très mobilisé sur les questions de choix. C'est à dire qu'il permet, je pense, à l'habitant de choisir énormément de choses concernant son accompagnement. Je pense aux repas, etc. Me semble-t-il.
- Speaker #1
C'est vrai.
- Speaker #0
Est-ce qu'on peut nous en dire plus ? Sur les repas, il me semble que le résident choisi commence à s'intéresser.
- Speaker #2
Sur les trois mois, vous avez une commission des repas où on parle de seconde amende. Est-ce qu'il y a des repas qui ne sont pas proposés ici et que vous n'avez pas mangé ? Est-ce que les... Le temps que vous avez pour prendre le repas est suffisant, le midi, le souliant ? Est-ce que le temps pour les petits déjeuners, c'est suffisant ? Il y en a qui se réveillent à 6h30 du matin, puis d'autres qui vont se réveiller vers 12h. Est-ce que le créneau est suffisamment long ?
- Speaker #0
Cette possibilité-là, pardon, sur d'autres aspects de la vie dans l'établissement ? On parle des repas, mais est-ce que ça peut être sur un autre sujet ? Alors, on parlait des animations tout à l'heure, donc j'imagine que c'est aussi le cas sur les animations, non ? Sur la possibilité de choisir les animations ?
- Speaker #1
Oui, on est vraiment libre de faire à peu près tout ce qu'on veut, non ? Ah mais si on est fatigué, vous venez pas, hein ? Après, comme je disais tout à l'heure, il y a certains ateliers,
- Speaker #2
je vais proposer à certains résidents et pas d'autres, ça dépend, c'est pareil, j'ai un atelier remue-ménage. Au début, c'était adressé que pour les résidents d'étage. Au fur et à mesure, j'avais des résidents qui étaient en bas, donc des personnes handicapées, mentales, vieillissantes, qui voulaient venir, sauf que si je les faisais venir, ce n'était pas adapté. Donc, j'ai créé deux groupes pour que chacun puisse profiter de cet atelier. Alors, au fur et à mesure, on essaye d'adapter au maximum les personnes moyennes.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Et pour les repas, quand il y a des choses qui ne sont pas possibles. d'être cuisinée pour 60 personnes. Moi, je fais des petits ateliers dans la cuisine, dans la petite cuisine. Thérapeutique, thérapeutique, thérapeutique.
- Speaker #0
Et là, ce sont les habitants qui cuisinent.
- Speaker #2
Alors, on cuisine ensemble. Ah, ça devient des fois un peu compliqué. Le principe, c'est on cuisine, on choisit le menu ensemble, on cuisine ensemble, on mange ensemble.
- Speaker #0
C'est vous qui participez souvent ?
- Speaker #1
Chaque fois que je peux y aller. Dans cet acteur de rôle, on ne peut pas aller au repas thérapeutique chaque fois qu'elle en fait un.
- Speaker #0
En somme, cet échange nous démontre que l'autodétermination dépasse la simple théorie. Elle s'incarne d'abord dans les mots, ne plus être résident mais devenir un habitant, c'est-à-dire conserver son pouvoir d'agir. Que ce soit par la gestion autonome de son pied du lit, comme le souligne M. Boulet, par la pérédance évoquée par Mme Lacage, ou par la volonté de Christelle de rendre les personnes actrices et non spectatrices de leurs animations, l'objectif reste le même. Il s'agit de préserver la liberté de choix et de créer du l'île, y compris en brisant les murs entre le domicile, sa vis sillade et l'établissement. Merci à tous les trois pour ce témoignage inspirant sur le vieillir sereinement.