Speaker #0Bienvenue dans Trajectoire, le podcast des entrepreneurs qui veulent toujours avoir une longueur d'avance. Ici, on parle droit, stratégie et mindset entrepreneurial pour transformer chaque décision en cap gagnant. Pour aller plus loin, rejoignez la communauté sur les réseaux sociaux et inscrivez-vous à la newsletter sur mon site internet pour recevoir régulièrement mes conseils pratiques et inspirants. Je vous souhaite une belle écoute. Aujourd'hui, j'ai envie de vous parler d'un sujet qui nous touche tous, surtout en cette période de rentrée qui est très chargée, que l'on soit dirigeant, indépendant, parent, partenaire ou créateur, la pression de dire oui. Oui aux clients, oui aux opportunités, oui aux invitations, oui aux demandes, comme si chaque non pouvait nous faire perdre du terrain ou révéler qu'on n'est pas assez bon. Le poids du oui permanent C'est souvent ce qui peut nous arriver quand on entreprend, on se met souvent une exigence énorme. On veut être disponible, performant, réactif, alors on dit oui. On dit oui pour ne pas rater une opportunité, oui pour rassurer l'autre, oui pour être perçu comme fiable, solide, compétent. Mais à force de dire oui à tout, on finit très souvent par s'éparpiller, par s'épuiser. Parce que chaque oui coûte quelque chose, du temps, de l'énergie, parfois de la sérénité. Et le plus grand danger, c'est qu'en multipliant les oui, on se dit de moins en moins oui à soi-même. Alors derrière cette volonté de dire toujours oui, il y a une peur beaucoup plus profonde, et souvent inconsciente, de ne pas être assez. Derrière ce réflexe, il y a souvent une peur... de ne pas être assez bien, pas assez compétent, pas assez disponible, pas assez performant. Et c'est une croyance que beaucoup d'entre nous portent depuis longtemps. Elle peut venir de l'éducation, d'une culture où il faut prouver sa valeur ou encore de la comparaison constante avec les autres dans un univers où être efficient dans le business est quand même une priorité. À notre époque, les réseaux sociaux nous montrent des entrepreneurs toujours au top, toujours en réussite. Et cette visibilité peut justement amplifier la peur de ne pas être assez. Parce qu'on croit que si on ne fait pas pareil, on ne sera pas à la hauteur. Alors on enchaîne les oui, même quand on a envie de dire non, comme pour combler ce vide intérieur. Et pourtant... Le nom a un pouvoir exceptionnel, parce que derrière le nom, il y a les valeurs que vous portez à votre business, à votre famille, à votre façon de fonctionner et d'être au monde. Parce que derrière chaque « oui » qui, à la base, est un nom, il faut, à mon sens, se poser la question de ce que va vous apporter le « oui » à court terme, mais surtout que va vous apporter le oui à long terme. Et quand on commence à se positionner de cette façon, on s'aperçoit que la récompense immédiate va à long terme souvent se transformer en perte d'énergie ou en regret profond. Le vrai pouvoir, il est peut-être dans le non, alors non pas le non à tout prix, mais se dire que dire non, ce n'est pas forcément fermer une porte, c'est choisir consciemment son cap. et tenir son fil conducteur. Et c'est garder aussi son énergie pour ce qui compte vraiment. C'est aussi un signe de clarté et de leadership. Parce que les personnes qui savent dire non, et c'est un processus qui s'apprend pour beaucoup d'entre nous, ils inspirent le respect. Parce que ces personnes-là savent où elles vont. Chaque non, quand il est posé avec justesse, est en réalité un grand oui, mais un grand oui à vos priorités, à votre équilibre et à votre vision, à vos valeurs. Alors concrètement, comment résister à la pression de dire oui ? Eh bien c'est justement se positionner, prendre un temps de réflexion avant de dire oui, alors que votre petite voix, votre instinct premier vous dit non. Alors cet instinct-là, il est... millimétré c'est un quart de millième de millième de seconde mais très souvent quand vous avez le nom qui arrive vraiment en première couche, c'est un non. Et quand vous dites oui par-dessus, quelque part, vous ne vous respectez pas. Et avant de dire oui, c'est de se demander, est-ce que cela va servir ma trajectoire, mon projet, mon énergie, non pas sur le moment, mais sur le moyen et le long terme. Parce qu'en fait, la récompense immédiate, c'est comme dans un régime ou lorsqu'on arrête de fumer. Pourquoi c'est si difficile ? C'est que le plaisir que procure la récompense immédiate va cacher ou masquer la récompense que l'on va pouvoir avoir sur du moyen ou long terme en acceptant de souffrir. Donc quand on essaye de ne pas attraper ce morceau de chocolat et qu'on craque, c'est parce que la gratification de la récompense immédiate prend le pas. et bien sûr le plaisir que procurerait justement une perte de poids ou une alimentation meilleure à long terme. Alors je prends cet exemple qui est très parlant pour certaines d'entre nous. Je peux prendre aussi la cigarette ou une addiction quelconque. On peut aussi avoir une addiction au travail. mais finalement, c'est de se poser la question de ce que ça va nous apporter, ce que ça va vous apporter sur du moyen ou long terme. Bien faire la différence parce que nous sommes dans un monde où tout est immédiat et où l'immédiateté prime toujours sur nos objectifs à moyen et long terme. Et c'est souvent le fait de renoncer à la gratification et à la récompense immédiate qui en persévérant va nous apporter une gratification bien plus profonde. plus tard, sur du moyen et du long terme. Donc le premier outil, ce serait de se demander, de prendre le temps, de se demander si ce oui est réellement votre oui, ou si c'est un oui de complaisance. Ensuite, c'est se donner du temps, parce que quand vous allez décider de dire non, le non immédiat peut être brutal pour votre interlocuteur, mais le oui est souvent aussi très coûteux. Donc c'est prendre le temps de... de positionner et de formuler son nom, parce que ça c'est pareil, ça s'apprend. Et quand on a l'habitude de dire oui à tout, on a souvent ce sentiment de culpabilité et ces maladresses à dire non. Se rappeler aussi que dire non, ce n'est pas rejeter l'autre, c'est d'abord se respecter soi. Et c'est toujours cette posture qui vient souvent de l'enfance, de l'éducation, d'être aimable. Vous savez, si je dis oui, je ne suis pas rejetée et donc je suis aimée. Donc ça cache des conditionnements bien plus profonds, très ancrés dans l'inconscient. C'est simplement se dire oui à soi et dire non à l'autre, c'est d'abord se respecter soi, parce que vous êtes la seule priorité en fait. Dans une société où la bienveillance et la générosité priment, ça dégouline de partout, il faut se souvenir, à mon sens, que l'égoïsme n'est pas un défaut. Non pas l'égoïsme pour faire mal, mais l'égoïsme lorsque vous savez que ce oui va vous coûter parce qu'il ne va pas vous faire passer en priorité. Ensuite, c'est préparer des... Des phrases simples et respectueuses, alors ça va être « Merci pour cette proposition, mais ce n'est pas le bon moment. Je préfère décliner pour rester cohérent avec mes engagements actuels. Je ne peux pas dire oui sans compromettre la qualité de ce que je fais déjà. » Ce sont des pistes de réflexion et ça vous évite aussi d'être dans l'évitement, parce que souvent on dit non en préparant. une solution de sortie. Non parce que j'ai piscine ou j'ai aquaponée. Non parce que je dois chercher les enfants à l'école. Et finalement, vous êtes dans le non mais vous n'êtes pas réellement dans votre authenticité parce que clairement dire non, c'est dire non mais aussi le pourquoi du non. Sans pour autant avoir trop à vous justifier parce que, comme je le dis souvent, à trop se justifier, on se tire une balle dans le pied. Vous voulez dire non, clairement vous dites non. sans pour autant... En fonction de l'interlocuteur que vous avez en face de vous, faire toute une tirade sur le pourquoi du nom. Et pourquoi j'insiste là-dessus, c'est également le nom au client. Et quand on est indépendant, quand on est avocat, on a dans notre serment cette obligation, cette indépendance. Et on sait très bien que... Il y a toutes ces qualités requises, toute cette indépendance qui est la source même et la racine même de notre profession, mais qu'en réalité nous avons les contingences économiques, nous avons le contexte économique, nous avons des cabinets à faire tourner. Un cabinet c'est comme une entreprise. Et donc cette indépendance, elle peut parfois être brouillée par justement un client ou un dossier à qui vous allez dire oui, alors qu'au fond de vous, vous avez envie de dire non. Non parce que ce client ne reflète pas vos valeurs, non parce que les conditions dans lesquelles vous allez travailler ne vont pas satisfaire et répondre à vos besoins à vous. Et c'est peut-être la partie la plus délicate quand on est en business, quand on est entrepreneur, c'est savoir dire non au client, non pas parce que ça ne ronde pas dans nos compétences, mais non parce que ça ne résonne pas avec nos valeurs et avec notre façon de travailler. Et dans ces cas-là, je sais que ce n'est pas souvent évident, mais moi je me pose la question suivante, et si ce n'était pas une question d'argent ? Si ce n'était pas qu'une question d'argent, est-ce que vous prendriez ce client ? Est-ce que vous choisiriez ce dossier ? Est-ce que vous continueriez cette collaboration ? Parce que très souvent, quand on dit oui, C'est justement pour masquer une peur derrière, une peur inconsciente. Alors la peur du manque, la peur de ne pas être aimable, la peur de perdre, la peur de passer pour quelqu'un de non aimable, d'égoïste, de ne pas assez performant, etc. Et quand on déplace un peu, quand on fait un pas de côté encore une fois, et quand on essaye de quitter ces peurs, et au début c'est pas simple, C'est de se poser la question clairement quand vous sentez qu'à l'intérieur du ventre, ça dit non et ça pousse à vous dire non. Si ce n'était pas qu'une question d'argent, est-ce que je dirais oui à ce client ou est-ce que je continuerais avec lui ? Et très souvent, quand on s'autorise à dire non, on autorise les circonstances à vous donner un grand oui derrière. Et à titre personnel et professionnel. Ça m'est arrivé et j'aime partager avec vous ces sujets parce que je les ai vécus moi-même et je les vis aussi moi-même au quotidien. Quand on dit non à une situation, encore une fois, quand on dit non à quelque chose, quand on dit non à un client, quand on dit non, dans l'immédiat, il n'y a pas de récompense immédiate. Il y a ce petit tiraillement intérieur. Mais parce que vous vous êtes posé la question de ce que ça va vous apporter plus tard, ce sera un grand oui plus tard. Et finalement, c'est un travail sur soi, c'est un repositionnement, mais se demander à chaque fois quelle est la personne que vous voulez être demain. Et est-ce que dire oui aujourd'hui à cette proposition, à cette personne, à ce dossier, va vous rapprocher de la version que vous voulez être demain, que vous voulez incarner demain ? Et c'est là la vraie question. Et quand on commence à prendre un peu de hauteur, on défocus sur cette situation et on se dit « Waouh, finalement, si je devais me positionner à moyen et long terme, en regardant cette situation dans le rétroviseur, bien évidemment que je dirais non. » Et lorsque l'on dit oui à un non instinctif, Et on le voit, pour les confrères qui m'écoutent, dans des dossiers, quand on dit non à l'intérieur, mais qu'on dit oui quand même à un dossier et qu'on le prend très rapidement. On le regrette parce qu'on se rend compte que notre intuition première était la bonne. Et cette petite voix que l'on a apprise à terre au fur et à mesure de nos années, de nos conditionnements. Je pense que la plus grande richesse que l'on peut apprendre sur soi quand on prend de la maturité, de la sagesse, c'est d'enlever les couches qui nous empêchent d'entendre cette petite voix. Parce que c'est à 99,999% la vraie version et le bon conseil. Donc voilà ce que je voulais vous partager, surtout en cette rentrée. Je pense à mes consoeurs, je pense aux mamans qui doivent courir. Je ne dis pas que les papas et les hommes ne font rien, mais on dit oui à beaucoup de choses. On est sursollicités sur tous les fronts, sur tous les bords. et ce vendredi matin, je voulais... Prendre le temps de partager ça avec vous, pour le vivre aussi. Apprenez à dire non, ce serait peut-être un bon objectif pour les mois à venir. Et ça reprendrait l'objectif posé sur le tout premier épisode de la semaine dernière, c'est vous poser avec vous-même un petit quart d'heure, prendre une page blanche, un stylo, et vous faire un petit arrêt sur image sur les derniers jours, sur toutes les fois où vous avez dit oui alors que vous vouliez dire non. Et regardez ce que ça a provoqué chez vous et ce que ça provoque chez vous au niveau corporel, au niveau kinesthésique. Et regardez si le tiraillement est toujours là. Ça pique un peu, c'est très inconfortable. Mais en amont, c'est une première étape qui, petit à petit, peut vous amener dans un second temps de réflexion, à vous interroger sur, et la prochaine fois, qu'est-ce que je devrais refuser pour me faire passer en priorité. Et à partir du moment où on commence ce cheminement, c'est un retour à soi. Et dans nos journées... surchargé. Il est, à mon sens, très enrichissant de faire des petits points comme ça, à des instants choisis, ritualisés aussi, justement, soit le matin avant que tout le monde n'arrive au cabinet ou au bureau, pause déjeuner si vous êtes seul, mais se trouver des micro-moments, pas forcément besoin d'énormément de temps, mais pour couper. Et vous reconnecter, en fait, à vous. Et en apprenant à faire ça, on ralentit. Et ça devient addictif, en fait, justement, ce besoin de ralentir et de déplacer le centre. Parce que très souvent, et c'est pour ça qu'on dit oui alors qu'on veut dire non, le centre, on le met à l'extérieur, alors que le vrai centre, c'est nous, c'est notre propre... vibrations en fait, notre propre fréquence. Et apprendre à déplacer le centre, c'est à mon sens le premier pas vers le changement et la transformation, sachant que la transformation ce n'est pas une vraie révélation qui va vous arriver de manière unique, ce sont la somme de petits gestes et de petits changements au quotidien qui vont vous faire sur... vous rapprocher de cette version que vous voulez être. Et c'est redevenir acteur de sa propre vie, de sa propre réalité. Et se demander ce qu'on veut être demain. Parce que sinon, on est dans une machine à laver, un rouleau compresseur, et on perd le sens, on perd le fil. Et on arrive à des situations de saturation, d'usure, de burn-out pour certains aussi. que soient nos professions, mais dans notre profession d'avocat, il y en a de plus en plus, parce que justement, on dit oui trop souvent. J'espère que cet épisode vous aura plu, il n'était pas prévu, mais pour autant, je vais le publier ce matin avec joie, et je vous souhaite une très belle écoute, un très bon week-end, et je vous dis à très vite. Merci d'avoir écouté Trajectoire, le podcast des entrepreneurs qui veulent toujours garder une longueur d'avance. Pour ne rien manquer, abonnez-vous et retrouvez toutes mes ressources sur mon site internet. A très vite pour un nouvel épisode.