Speaker #0Lorsque le système de stress reste fortement activé, il peut envoyer en gros un message au cerveau très simple qui dit ce n'est pas une bonne idée d'utiliser ton énergie pour la reproduction. On a d'autres choses à faire que de se reproduire là, on a plein de taffes, on doit essayer de réguler notre température, donc sérieux, si tu pouvais éviter d'ovuler, ça nous arrangerait. Non seulement ce n'est pas normal d'avoir mal pendant ces règles, mais ce n'est pas non plus normal de ne pas trouver de solution. Bienvenue dans Transgresser les règles. Le premier podcast français entièrement dédié aux douleurs menstruelles qui va te permettre de sortir du flou et de ne plus te sentir seule face à tes douleurs. Et sur ce podcast, en solo, avec d'autres professionnels ou grâce à des témoignages de personnes concernées, je vais te parler des douleurs menstruelles. Tu vas mieux comprendre ce qui se passe dans ton corps, découvrir de nouvelles solutions et entendre que d'autres sont en sortie en trouvant leur propre chemin. Je suis Maud Renard, j'ai créé la méthode Gynémotion pour te permettre de diminuer tes douleurs gynécologiques. Et parce que la douleur n'est pas une fatalité individuelle, mais une question collective, il est grand temps de transgresser les règles. Est-ce que la canicule a eu un effet sur ton cycle menstruel ? Est-ce que ton cycle s'est dérégulé, s'est rallongé, s'est raccourci ? Est-ce que tes douleurs de règles ont été plus intenses pendant ces périodes-là ? Et puis surtout, pourquoi ? Si oui, pourquoi en réalité ? Donc pour les personnes peut-être qui nous écouteraient dans le futur, c'est-à-dire dans deux, trois ans, je ne sais pas trop, j'enregistre cet épisode bleu. 15 juillet 2026 et c'est la dernière journée de notre troisième canicule en Europe. Donc on ne sait pas ce qui va se passer en gros le reste de l'été et encore, enfin voilà, 15 juillet ça veut dire qu'il nous reste encore pas mal de temps et on ne sait pas encore ce qui va se passer mais au vu des dernières semaines, j'ai vu, j'ai reçu pas mal de témoignages sur les réseaux sociaux de personnes qui se posent la question, qui disent mais en fait là je sens que mon cycle il est dérégulé, je sens que c'est pas comme d'habitude. Mes douleurs sont plus intenses, j'ai beaucoup plus de mal à récupérer, j'ai saigné beaucoup plus. Donc voilà, tout cet espèce de questionnement autour de ça. Et puis, je rajoute ça, il y a aussi les syndromes prémenstruels qui ont été beaucoup plus intenses pour certaines personnes. Et donc aujourd'hui, je vais répondre à toutes ces questions. Et je vais commencer déjà par... Mon côté scientifique va déjà questionner le biais de perception. c'est à dire que en fait Si plusieurs personnes ont la sensation de vivre la même chose juste parce qu'elles y prêtent tout simplement attention, plus attention, elles se disent « Ah tiens, est-ce que vous aussi, enfin voilà, sur les réseaux sociaux, il y a un peu un truc de « Est-ce que vous aussi, votre cycle a été dérégulé ? » Il y a plein de personnes qui vont dire « Ah bah oui, clairement, bien sûr, ah bah oui, tiens, là, je vois que c'est évident. » Sauf que peut-être que ça aurait été dérégulé d'une autre manière, sauf que, en fait, est-ce qu'il y a un pourcentage de personnes, si je pose cette question ? en dehors de la canicule, combien il y aurait de réponses aussi. Voilà, ça s'appelle un biais de perception. Donc c'est forcément quelque chose qui est très questionnant. C'est pareil que le biais de perception de la pleine lune, des accouchements à la pleine lune. On a la sensation qu'il y a beaucoup plus d'accouchements à la pleine lune, sauf qu'en fait, statistiquement, au niveau du nombre, c'est à peu près équivalent que le reste du mois. Mais il y a ce biais de perception de se dire, tiens, c'est marrant, j'ai l'impression que vu que c'est la pleine lune, tu fais plus attention. et du coup, tu as la sensation qu'il y en a plus. Bon, voilà, je pose ça là, ce biais de perception, qui est important pour moi de déposer, mais voilà, la question se pose, est-ce qu'il existe vraiment des mécanismes biologiques qui pourraient expliquer ces observations ? Et c'est ce que je vais t'expliquer dans cet épisode. Donc, je te propose de faire le tri un peu entre ce que la science a déjà démontré, ce qu'elle considère comme aujourd'hui probable, et puis ce que moi j'ai perçu, qui est... de l'ordre du coup de l'expérience de l'empirisme et pas forcément de la science. Avant de te parler plus spécifiquement du cycle menstruel et des douleurs de règles, je vais déjà commencer par le commencement, c'est-à-dire te faire une petite liste non-exhaustive de l'impact d'une canicule sur notre organisme en général. Parce qu'en fait, notre corps, clairement, il ne vit pas une canicule comme une simple hausse de température. Il y a vraiment une grande différence entre avoir chaud... Voilà, il fait 30 degrés, il fait chaud. Et vivre, je dirais même subir une canicule. Avoir chaud, ça s'apparente à avoir une sensation désagréable, un peu de sueur, voilà, on transpire un peu, l'envie de boire un verre d'eau fraîche, ok. Lorsqu'on parle de canicule, notre organisme n'a pas juste besoin d'une boisson fraîche. Ça représente un véritable défi physique pour le corps, parce qu'en fait, lui, il fonctionne toujours autour de 37 degrés. Et un de son job principal pour notre survie, c'est de rester à 37 degrés. environ, c'est de maintenir en tout cas cette température dans une fourchette entre 36, 37,5, max 37,9 à partir de là, enfin voilà on dit souvent à partir de 38 si on a de la température, moi personnellement à partir de 37,7. je commence à sentir que mon corps est dérégulé. Clairement, c'est pour moi déjà un début de température. Je fais très peu de température. Donc du coup, un 37,7, un 37,8, c'est déjà pour moi énorme. Ça s'appelle la thermorégulation. Ça fait partie des besoins primaires. C'est-à-dire qu'on doit manger, on doit boire, on doit être à 37 degrés. C'est un truc où on doit dormir. Il y a des besoins primaires qui sont très importants. Maintenir notre corps à 37 degrés, c'est de l'ordre de la survie. Et bien sûr, lorsqu'il fait trop chaud en journée et que les températures n'arrivent pas à descendre la nuit, c'est la définition d'une canicule, et ça sur plusieurs jours, eh bien notre organisme met en place toute une série de mécanismes pour éviter la surchauffe. Parce que quand, en plus, les canicules sont montées jusqu'à 40-42 degrés, mais même à partir de 32 degrés, c'est difficile pour le corps de se réguler. Et puis ça dépend aussi des personnes. Enfin voilà, comme je dis, moi à partir de 37-37, je suis déjà... Je sens déjà la température, j'ai déjà la sensation de fièvre comme quelqu'un qui aurait, enfin certaines personnes auraient la sensation d'avoir de la fièvre à 38,5. Donc ça dépend des corps, ça dépend des sensations, ça dépend des sensibilités, etc. Mais en tout cas, notre organisme, il va vraiment chercher à éviter la surchauffe. Et pour ça, qu'est-ce qu'il va faire ? Il va dilater les vaisseaux sanguins afin d'évacuer davantage la chaleur par la peau. Il va nous faire transpirer davantage. Notre cœur va travailler beaucoup plus intensément pour faire circuler le sang plus rapidement. Et enfin, on va perdre beaucoup plus d'eau et de minéraux. Donc cette adaptation, elle demande énormément d'énergie. Et ce n'est pas un hasard. Si au moment où la chaleur est à son maximum, pendant les quelques jours de canicule, il y en a beaucoup qui ressentent une fatigue très importante, une envie irrépressible de faire la sieste, de dormir plus, mais de ne pas réussir à dormir parce qu'il y a une sensation, il y a une forte... demande d'énergie, une forte énergie qui est épuisée et en même temps une forte dilatation des vaisseaux, etc. qui fait qu'il y a des difficultés de sommeil, etc. Donc, tu n'imagines pas que c'est de la flemme de ta part, pas du tout, c'est tout simplement qu'une grande partie de ressources de ton organisme sont en train de se mobiliser pour maintenir ta température corporelle à une échelle convenable entre 36 et 37,5. La chaleur, je le disais tout à l'heure, elle perturbe également le sommeil, donc les nuits deviennent moins réparatrices, les réveils sont plus souvent, la récupération est moins efficace. Et puis, il y a aussi ça, c'est que la canicule constitue ce que les biologistes appellent un stress physiologique. Moi, c'est ce que j'appelle souvent, tu m'entends parler de stress corporel. Ici, le mot stress ne désigne pas uniquement nos émotions, il désigne toute situation qui oblige l'organisme à s'adapter. Donc face à cette contrainte, le cerveau, lui, il va activer le système d'alarme, il va... augmenter notamment la production de cortisol qui est l'une des principales hormones du stress c'est l'hormone, ce qu'on appelle souvent l'hormone de la survie. Et ça, note-le bien dans ta tête parce que cette production de cortisol bien sûr, elle va être importante pour la suite et pour le système reproducteur parce qu'en fait tous ces changements, même s'ils sont parfaitement normaux face à une canicule, ils obligent le corps à revoir ses priorités et bien sûr, le système reproducteur ne fait pas partie des priorités. Je dis bien sûr, ça paraît évident pour moi parce que je le sais, mais je vais peut-être le digresser un petit peu ici. Mais clairement, quand on est en mode survie, avoir une grossesse, parce que c'est ça le but du jeu d'avoir ces menstruations, etc. C'est que potentiellement, il y ait une grossesse. Et avoir ces grossesses dans ces conditions-là, en fait, ce n'est pas du tout une priorité pour le corps. Donc forcément, le corps va revoir ses priorités à ce moment-là. Avant de parler des douleurs menstruelles, je vais d'abord parler de régularité du cycle menstruel. Il faut imaginer que notre organisme fonctionne comme un grand orchestre qui tente tant bien que mal de jouer une très jolie musique. Imaginons que notre corps est une magnifique musique, une symphonie, je ne sais pas. Imaginez quelle musique vous seriez. Notre corps va fonctionner comme ça, le cerveau est donc le chef d'orchestre. Il ne joue pas de tous les instruments lui-même, mais il donne le rythme à chaque musicien, à chaque musicienne. Et donc, si le chef ralentit, ou accélère, ou s'interrompt, c'est tout l'orchestre qui est perturbé. Parce que l'orchestre, lui, il a une partition de musique, il sait où est-ce qu'il va normalement. Il a, ok, bon ben là, après, cette note-là, j'ai cette note-là, après j'accélère, j'ai trois croches, deux, voilà. Et là, d'un seul coup, paf, le chef d'orchestre ne bouge plus. Et il dit, ok, qu'est-ce qui se passe ? Je vais continuer cette métaphore de l'orchestre. En fait, le cerveau, le circuit, il a un premier circuit. Enfin, il a plein de circuits, il a plein de connexions. Le cerveau et le corps ont plein de connexions. Mais je vais imaginer, je vais expliquer ça, je vais vulgariser ça en disant premier circuit, c'est le circuit de l'axe du stress. Son rôle de cet axe-là, c'est de détecter toutes les situations difficiles et d'organiser la réponse de l'organisme. Ça, c'est le chef d'orchestre qui voit ça. donc il voit Yuki Siyam Je ne sais pas, s'il y a un truc qui est compliqué, machin et tout, il faut que je donne l'information, il faut que je gère ça. Donc, bien sûr, lorsque la chaleur devient intense, cet axe, qui est l'axe du stress, s'active davantage et stimule la production de cortisol. C'est ce que je disais tout à l'heure. Donc, imaginons que cet axe-là, imaginons que c'est le groupe des percussionnistes. Voilà, c'est les grosses basses en fond sonore. Bam, bam, bam, ok. On va être là-dessus, quoi. C'est un gros truc. Et puis, en parallèle de ça... Il y a un autre circuit, il y en a plein d'autres, mais on va parler de le circuit de l'axe de reproduction. Imaginons, c'est les violons. Et cet axe-là, il va coordonner le dialogue entre le cerveau, l'hypophyse et les ovaires. L'hypophyse, tu n'es pas obligé de connaître ce mot, etc. Mais voilà, il y a un petit passage entre les ovaires et le cerveau, il y a l'hypophyse. Et enfin... Et c'est en fait cet axe de reproduction, c'est ce dialogue entre cerveau et hypophysiovers qui va permettre l'ovulation et donc qui va permettre d'avoir un cycle menstruel régulier. Donc, imaginons, ça c'est les violons. Ok, donc eux, ils donnent plutôt la mélodie. Le problème, c'est que ces deux circuits ne fonctionnent pas du tout indépendamment l'un de l'autre. Forcément, ils sont dans le même orchestre. Et donc, quand les basses ralentissent, par exemple, ou quand les basses accélèrent, Les violons vont être obligés de ralentir ou d'accélérer pour suivre le rythme. Après, peut-être que si les basses s'accélèrent, les violons vont devoir ralentir. Et inversement, ça ne marche plus, ma métaphore de l'orchestre à ce moment-là. Mais en tout cas, dans le corps, c'est souvent ce qui va se passer. Donc, lorsque le système de stress reste fortement activé, il peut envoyer un message au cerveau très simple qui dit « Ce n'est pas une bonne idée d'utiliser ton énergie. » pour la reproduction. On a d'autres choses à faire que de se reproduire là. On a plein de taf. On doit donner plein d'énergie. On doit produire plein de choses. On doit essayer de réguler notre température. Donc, sérieux, si tu pouvais éviter d'ovuler, ça nous arrangerait. Donc, dans certaines situations, le cortisol peut alors diminuer la libération d'une hormone qui est appelée la GNRH. On en entend très peu parler. La GNRH, tu as dû peut-être en entendre parler en... en science de la vie de la Terre, en SVT, en cinquième, non, je crois que c'est en quatrième. Mais en fait, c'est elle qui lance toute la cascade hormonale nécessaire à l'ovulation. C'est elle qui est responsable ensuite de la production d'ostrogènes et de progestérone en tésovère. Donc en gros, pas de GNRH, pas de cycle menstruel. Et on a pu observer que dans certaines situations, de personnes avec des cycles irréguliers, voire inexistants, c'est que tout simplement, le taux de cortisol est trop élevé. Par exemple, dans certaines maladies, dans une perte de poids importante, dans un entraînement sportif très intense ou dans des périodes de stress chronique. On en revient à la gynécologie émotionnelle forcément. Mais en fait, il y a plein d'endroits où le taux de cortisol élevé va faire que les cycles vont devenir irréguliers. Et ça, on l'a déjà observé. Donc, on ne l'a pas observé déjà devant une canicule, mais on l'observe à plein d'endroits. Alors... La question c'est est-ce que la chaleur agit exactement de la même manière qu'un entraînement sportif très intense ou qu'une perte de poids importante ? A ce jour, la science ne permet pas de l'affirmer avec certitude que canicule égale signe menstruel irrégulier. En revanche, le mécanisme est biologiquement crédible. J'ai envie de dire, ça paraît évident comme ça quand je l'explique. C'est-à-dire que stress... Pardon. Chaleur est égal stress thermique, est égal augmentation du cortisol, est égal dialogue entre le cerveau et les ovaires perturbés. Voilà, ça signifie pas que toutes les personnes verront leur cycle changer pendant ou après la canicule, mais il semble raisonnable de penser que les personnes dont le cycle est déjà très sensible aux variations de stress, de sommeil, d'alimentation, de fatigue, et puis les personnes qui sont malades aussi, qui ont des pathologies gynécologiques, Et puis les autres d'ailleurs, mais voilà, toutes ces personnes qui vont avoir vraiment déjà une dépense d'énergie pour tout un tas d'autres choses dans le corps, elles pourraient être plus vulnérables et clairement, elles pourraient voir leur cycle faire un peu n'importe quoi, c'est-à-dire se déréguler, être à passer de plus court ou plus long. Et voilà, et donc là c'est mon point de vue, si je devais formuler une hypothèse à partir de toutes ces connaissances, je dirais qu'il y a une forte chance, et ça, ça serait quand même intéressant à vérifier, et je serais ravie que si ça se soit arrivé, tu me laisses un commentaire à l'épisode, ou tu m'envoies un mail, ou tu m'envoies un message sur Instagram, je serais ravie que tu me confirmes ça, mais lorsqu'une canicule, lorsque la canicule survient avant l'ovulation, c'est-à-dire entre ta période de menstruation et ton ovulation, il y a de fortes chances qu'elle puisse retarder cette ovulation et donc que ton cycle devienne plus long. Ça dépend à quel moment la canicule intervient dans ton cycle menstruel. Et en revanche, si la chaleur survient après l'ovulation ou pendant l'ovulation, la durée du cycle ne devrait pas changer, ça c'est mon hypothèse. Car en fait, cette seconde partie est généralement assez stable. En revanche, le cortisol ayant aussi un impact sur la progestérone, qui est l'hormone principale de la deuxième phase du cycle, elle va, elle, augmenter naturellement la température, donc rajouter de l'inconfort. Donc déjà, ça rajoute un petit bonus. Et en plus, en fait, une progestérone qui va être dérégulée va provoquer ou intensifier le fameux SPM, le syndrome prémenstruel. Pour certaines personnes, ça va être plus de fatigue, encore plus d'irritabilité, encore plus de constipation, encore plus de gonflement de sein, d'acné, etc. Bref, tout un tas de symptômes pas très sympathiques. Et ça, pour moi, il y a un truc qui me semble évident et que je vois sur les réseaux sociaux, des gens qui me disent ou qui partagent que c'est quand même beaucoup plus intense. Oui, c'est beaucoup plus intense parce que le cortisol va perturber la progestérone. Et cette progestérone, elle a tout un tas d'impacts ensuite. Elle va avoir un impact du coup sur l'oestrogène qui va avoir un impact sur ce fameux syndrome prémenstruel. Donc encore une fois, là, il s'agit d'une hypothèse physiologique, mais elle n'a pas été démontrée spécifiquement par des études sur les canicules. Si on parle maintenant des douleurs menstruelles, la question, c'est est-ce qu'elles peuvent être ? plus forte pendant et après la canicule. Et là, c'est une idée qui peut sembler paradoxale parce que on le sait, je le vois très très régulièrement, que la chaleur très souvent est utilisée pour soulager justement les douleurs de règles. Une bouillotte permet de détendre les muscles, de favoriser la circulation sanguine et donc d'apaiser les crampes musculaires chez de nombreuses personnes. Et d'ailleurs, je vais faire une petite parenthèse, mais ça donne une information. d'être soulagé par la chaleur ou d'être soulagé par le froid, parce qu'il y a des personnes qui, elles, inversement vont utiliser le froid. Quand on est soulagé par la chaleur, ça signifie que c'est musculaire. La douleur, elle vient plutôt des muscles. Quand on est soulagé par le froid, ça signifie plutôt que c'est l'inflammation à l'intérieur qui va être soulagée, c'est-à-dire qu'on va anesthésier cet endroit-là et que l'inflammation ne va pas être trop intense. Donc voilà, ça c'est un petit tips, mais ça donne une information quand, par exemple, la bouillotte ne fonctionne pas chez vous, vous savez que ce n'est pas musculaire. Et par contre, quand la bouillotte fonctionne pour vous, les crampes, ça veut dire que c'est musculaire, mais ça ne signifie pas qu'il n'y a pas d'inflammation, forcément. Désolée. Donc ça donne une information que pour un certain cas. Donc, pourquoi certaines personnes ont-elles l'impression que les douleurs augmentent pendant la canicule ? alors que justement la chaleur devrait soulager les douleurs de règles, bien en réalité, vraiment, les deux situations sont très différentes. La bouillotte, elle apporte une chaleur qui est locale, qui est contrôlée, qui est limitée dans le temps. Une canicule, elle, elle impose une contrainte à l'ensemble de l'organisme pendant plusieurs jours. Donc à ce jour, rien ne permet d'affirmer que la chaleur due à une canicule ou la chaleur tout court, d'ailleurs, provoque directement davantage de contractions utérines. Cependant, Tout indique qu'elle peut rendre le corps moins disponible pour faire face à la douleur. Donc ce n'est pas une source de douleur, la canicule et la chaleur, mais ça serait une manière d'interpréter la douleur qui rentrerait en jeu dans l'intensité des douleurs. Donc lorsqu'on dort moins bien, lorsqu'on est fatigué, lorsqu'on est déshydraté, et comme je le disais tout à l'heure, lorsque l'organisme consacre déjà beaucoup d'énergie à maintenir sa température de manière équilibrée, et bien clairement, notre seuil de tolérance à la douleur diminue parce que notre énergie est occupée ailleurs. Donc en gros, ton cerveau il te dit, déso, j'ai pas le temps, là je dois déjà réguler ma température, essayer de m'hydrater, me reposer, essayer de dormir un petit peu, donc je vais pas avoir le temps, je vais pas avoir à dispo pour pouvoir réguler la douleur. Et je rajouterai là-dessus une petite émotion, parce que bien sûr ça serait pas mon métier la gynécologie émotionnelle sinon, je rajouterai ce qu'on appelle l'éco-anxiété, c'est-à-dire qu'en réalité... Je vais ouvrir une parenthèse parce que je n'aime pas ce terme d'éco-anxiété, parce qu'on parle d'anxiété alors que ce n'est pas une anxiété, c'est une réalité. Je dirais plutôt conscience écologique qui te met en détresse, détresse écologique, ça je peux tout à fait comprendre. J'utilise ce terme d'éco-anxiété pour que tout le monde comprenne bien, mais pour moi c'est une détresse écologique et c'est une émotion qui est importante. Bref, tout ça pour te dire que cette émotion-là, elle va rejeter du stress à ton corps. Va écouter l'épisode sur, je ne sais plus le numéro, mais qui dit qu'est-ce que la gynécologie émotionnelle, où je t'explique pourquoi les émotions peuvent avoir un impact sur ta sphère gynécologique. Mais en gros, cette émotion va rajouter du stress à ton corps qui est déjà en détresse. Et donc, ça va être clairement l'autoroute de la douleur. Parce que ton corps, il doit réguler trop de choses. Et donc, la douleur devient plus sa priorité numéro un. Et pour les personnes qui vivent une endométriose, une adénomiose, une congestion pelvienne ou un SMOP, l'excess OPK, bien sûr, le système est déjà fortement sollicité. Si l'on rajoute à cela la fatigue, la chaleur, le manque de sommeil, parfois la déshydratation, ça devient plus facile de comprendre pourquoi tous les symptômes sont plus difficiles à supporter, même si les mécanismes précis ne sont pas encore étudiés au niveau de la science. Ça paraît une évidence. clairement. Et puis je vais rajouter ça parce que j'ai eu quand même pas mal de retours de personnes qui m'ont dit j'ai beaucoup plus saigné que d'habitude et ça, ça rentre tout simplement dans la dilatation des vaisseaux. C'est-à-dire que ce que je disais au tout début c'est que dans les mécanismes pour éviter la surchauffe il y a la dilatation des vaisseaux pour évacuer davantage la chaleur par la peau. Et Et notre système, notre utérus va aussi avoir les vaisseaux beaucoup plus dilatés. Et donc forcément, c'est comme si votre endomètre qui s'était développé s'est développé beaucoup plus intensément. En plus, la progestérone, si elle est dérégulée de par le fait du taux de cortisol qui est trop élevé, forcément ça va faire développer l'endomètre d'une autre manière. L'oestrogène va peut-être... développer plus de vascularité, etc. Et donc, ce n'est pas déconnant d'avoir plus de... Je ne sais pas si c'est le terme. Ce n'est pas un terme très scientifique, mais ce n'est pas surprenant qu'il y ait beaucoup plus de sang au niveau des menstruations. Et donc, forcément, perte de sang plus importante, perte de fatigue plus importante, parfois anémie, etc. Dernier point, et pas des plus gais. Il y a un dernier facteur qui rentre en jeu, et celui-ci qui a été quand même pas mal étudié, c'est la pollution de l'air. Les épisodes de forte chaleur vont favoriser l'accumulation de certains polluants atmosphériques, notamment l'ozone et les firmes par cuticules. Il y a une grande étude qui a été menée à Taïwan auprès de presque 300 000 femmes. Le résultat est très impressionnant, puisque sur une période de 13 ans, donc entre 2000 et 2013, Le risque de développer une dysménorrhée, donc des douleurs menstruelles, était jusqu'à 33 fois plus élevé chez les personnes taïwanaises vivant dans des zones à taux de polluants plus élevées que chez les personnes qui étaient exposées à des niveaux plus faibles. Donc là, de nouveau, c'est flagrant. On va dire que ce n'est pas la canicule, c'est les conséquences de la canicule sur notre planète, sur l'air, etc. Les chercheurs avancent plusieurs hypothèses. Ils ne disent pas que c'est la pollution qui rentre en jeu. Mais dans une des hypothèses, la pollution atmosphérique provoquerait une augmentation de l'inflammation. Il y a une autre hypothèse qui dit que ça modifierait aussi les prostaglandines. Les prostaglandines sont les hormones qui viennent créer des contractions utérines. Et ça, c'est... ce que j'appelle l'inflammation naturelle du corps, à priori, la pollution atmosphérique pourrait appuyer, intensifier en tout cas cette production de prostaglandine. Mais clairement, ils disent aussi que ce qui rentre en jeu, c'est le stress émotionnel lié à l'exposition au polluant. Et de nouveau, on est aussi là dans de la gynécologie émotionnelle, c'est-à-dire que le fait de savoir que tu respires de la merde, clairement, que c'est nocif ce que tu respires, et bien ça ne met pas en confiance et donc ça stresse le corps, enfin ça te stresse émotionnellement et donc ça stresse le corps et donc ça rajoute de l'inflammation à l'inflammation. Autrement dit, la pollution pourrait constituer une pièce du puzzle supplémentaire, en particulier dans les périodes de canicule où son niveau augmente le plus souvent et principalement dans les grandes villes. Donc, si l'on résume les connaissances actuelles, il y a plusieurs éléments aujourd'hui qui disent que la chaleur représente un état de stress physiologique pour l'organisme. On sait que le cortisol peut influencer les hormones de la reproduction. On sait que la pollution atmosphérique est associée à une augmentation du risque de douleur menstruelle. Et enfin, on sait, là de manière plus empirique, qu'il y a de nombreuses personnes qui rapportent qu'elles ont eu des modifications dans leur cycle, qu'elles ont eu une intensification de leurs symptômes pendant les périodes de forte chaleur. Par contre, on ne sait pas si c'est exactement la canicule à elle seule qui dérègle tout ça, mais on ne comprend pas pourquoi certaines personnes semblent très sensibles à ces variations alors que d'autres ne remarquent aucun changement. Il y a toujours ce truc-là. Donc, il faudrait vraiment des études très spécifiques là-dessus. On ne connaît pas encore précisément tous les mécanismes biologiques qui relient les fortes chaleurs, les hormones et la douleur. Et puis, il y a un dernier élément qui me semble important de rappeler, c'est que, en fait, certes, l'expérience des personnes n'est pas... pas une preuve scientifique, mais en fait l'absence de preuve scientifique ne signifie pas non plus que l'expérience est fausse. Donc très souvent, les recherches commencent justement parce qu'il y a des milliers de personnes qui décrivent un phénomène similaire et les scientifiques vont commencer à chercher ensuite à comprendre si ces observations correspondent réellement à un mécanisme biologique. Donc tout ce que je retiens de ce que je viens de vous dire sur toutes ces recherches, c'est que ce n'est pas encore prouvé noir sur blanc que la canicule a un impact direct sur le cycle et sur les douleurs menstruelles, mais que par ricochet, par le stress corporel que ça engendre, ça joue clairement sur l'inflammation et sur l'interprétation de la douleur. Ça, on ne peut pas le nier. J'ai donc envie de conclure cet épisode en posant une question du style, à quand ? quand est-ce que la santé menstruelle va être étudiée dans le contexte du changement climatique ? Donc j'espère que cette question qui paraît encore très marginale et peut-être qui dit, ah oui, effectivement, il peut y avoir un impact aussi là-dessus. Mais j'espère que cette question, elle deviendra un véritable sujet de recherche dans les prochaines années, parce qu'on le sait très bien aujourd'hui, ça va être de pire en pire. Donc ça va être important d'aller questionner tout ça et d'aller voir et d'aller comprendre et peut-être d'aller... pouvoir soulager tout ça. En attendant, si tu remarques que ton cycle ou tes symptômes changent pendant une canicule ou après, sache que t'es pas la seule personne à faire cette observation et que nous, nous toutes, nous tous, on t'envoie plein de compassion et plein d'énergie pour cette période si difficile. Merci beaucoup de m'avoir écouté jusqu'au bout. Allez, salut les monstrues ! Vous venez de terminer le podcast Transgresser les règles. Merci d'avoir écouté jusqu'au bout. Si ce que vous venez d'entendre vous a parlé, et si vous avez envie que ce podcast devienne une vraie constellation, vous pouvez lui laisser 5 étoiles et vous abonner sur votre plateforme d'écoute préférée. 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