Speaker #0Dans ce nouvel épisode de Travail émoi, je te partage mon parcours, les décisions que j'ai pu regretter et comment je suis arrivée à devenir coache de carrière. C'est moi au naturel avec le nez bouché et je parle comme je parle dans la vraie vie donc pas forcément de façon hyper-polissée. Voilà, j'espère que ça t'intéressera, n'hésite pas à me le dire dans les commentaires. Après 31 épisodes de Travail émoi et une trentaine d'invités, je te propose qu'on fasse un peu connaissance toi et moi. Je suis Sarah Haïlé-Fida, la créatrice de Travail émoi, coache de carrière certifiée. Et voilà mon parcours. Il y a eu un point de rupture important dans mon parcours. Même si j'ai eu 6 métiers différents et que j'ai souvent changé grâce à des opportunités, le point de rupture c'est qu'à un moment j'ai occupé ce qui est littéralement mon métier de rêve et que pour autant je l'ai quitté. À chaque épisode de Travaillez-moi, je demande à mon invité et si c'était à refaire et la grande majorité des personnes répondent je ne changerai rien parce que j'aime là où j'en suis aujourd'hui. Moi, ma réponse serait un peu différente. J'aime là où j'en suis aujourd'hui, je suis contente de ma situation, le travail que j'ai a du sens pour moi et je suis contente de l'impact que je peux avoir. Néanmoins, il y a une décision que je changerais, c'est celle d'avoir quitté ce que je considère comme ayant été mon job de rêve. Et mon job de rêve, c'était d'être chercheuse en sociologie du travail. J'étais bonne à ça, je faisais bien mon taf. J'avais des atouts par rapport aux personnes avec qui je travaillais. Je me sentais pourtant hyper illégitime à côté des scientifiques que je côtoyais ou des autres thésards qui étaient avec moi. Mais ça reste néanmoins la meilleure expérience professionnelle que j'ai eue de ma vie, je pense. J'y étais arrivée parce que j'avais repris des études à un moment pour me former au management et me former au RH dans l'entreprise dans laquelle j'étais. et dans l'espoir d'obtenir un poste en tant que RH alors que j'étais à l'époque responsable de la rédaction dans une entreprise qui faisait des revues médicales spécialisées. Et à l'issue de cette formation, il n'y a pas eu de poste dans le service RH. En gros, on m'a dit que si je prenais un poste au RH, ça déclencherait des jalousies, que ce n'était pas possible, etc. Et donc, à ce moment-là, j'ai quitté l'entreprise. dans des conditions très favorables parce que j'avais le statut de journaliste. Donc j'ai quitté l'entreprise et du coup je me suis dit j'ai envie de continuer les études que je viens de reprendre et je me suis inscrite pour faire un master qui est un master RH et sociologie du travail. Et il se trouve que ce master s'est hyper bien passé et qu'à la fin on m'a proposé de commencer une thèse et qu'il y avait même une entreprise qui était prête à m'ouvrir ces différentes filiales parce que c'était un grand groupe. pour que je puisse aller faire des enquêtes de terrain, en l'occurrence sur l'usure professionnelle des managers de proximité. Et c'est là-dessus que je suis partie, et c'est là-dessus, c'est vraiment dans ces fonctions-là que je me suis absolument éclatée, même si le salaire était la moitié de ce que j'avais dans le privé, puisqu'il faut savoir que la recherche en France, c'est un peu la misère. Et donc, je me suis éclatée en allant sur le terrain, en interviewant des managers de proximité dans le secteur des transports, de la propreté urbaine, de la gestion de l'eau, etc. Ça te donnera une idée de l'entreprise dans laquelle j'étais. Et si je n'avais pas toutes les connaissances théoriques par rapport à mes collègues, puisque je n'avais pas fait d'études de sociaux, l'avantage que j'avais, c'est que je n'avais pas non plus d'école de pensée stricte et que donc je pouvais naviguer d'un secteur à l'autre. que ce soit la socio du travail, l'ergonomie, différentes époques, etc. Et l'autre avantage que j'avais par rapport aux gens avec qui je travaillais, c'est qu'en gros, je connaissais déjà l'entreprise au sens général du terme et je n'avais pas peur d'aller sur le terrain, je n'avais pas peur d'interviewer des gens et donc je récoltais finalement une qualité dans mes entretiens qui était vraiment intéressante. Et j'ai fait ça pendant deux ans. J'ai absolument adoré et je me suis dit j'aimerais faire ça toute ma vie, sauf que, évidemment, ça ne s'est pas passé comme ça. Il y a eu des changements politiques dans le labo dans lequel j'étais. Mon directeur de recherche l'a quitté. Il fallait que je change de directeur de recherche. Les terrains sur lesquels je pouvais enquêter ont aussi changé leur centre d'intérêt. Donc, du coup, ce que je faisais était plus intéressant pour eux. Bref, il y a eu plusieurs changements et il y a eu aussi un changement dans ma vie perso qui était qu'on allait s'expatrier aux Pays-Bas, précisément. à Amsterdam. Donc tout ça rajoutait des difficultés, des contraintes et plutôt que d'essayer de creuser comment j'aurais pu faire avec toutes ces difficultés, j'ai claqué la porte, comme ça m'arrive souvent quand je suis hyper impulsive, et je suis partie, j'ai dit ben j'arrête. Voilà. Et ça reste un très grand regret dans ma vie de m'être arrêtée là et de pas être allée plus loin dans ce job-là qui était vraiment Ce qui m'intéressait le plus dans tout ce que j'ai fait dans ma vie. Et comme je te le disais, j'étais arrivée à ce job-là un peu par accident parce que j'avais quitté mon entreprise précédente. Mais avant de devenir chercheuse, j'avais déjà eu plusieurs métiers. J'ai commencé ma carrière comme toute bonne littéraire dans le monde de l'édition. Sauf que dans le monde de l'édition, j'y suis arrivée par facilité parce qu'être littéraire, c'était plus simple que de faire un bac scientifique, alors même que j'aurais pu le faire. Et puis, je suis arrivée dans l'édition, dans une maison d'édition qui confond toujours, c'était le cas à l'époque, je pense que c'est toujours le cas, quantité et qualité. Il fallait produire à la chaîne des livres qui n'étaient pas tous très bons, pas tous très intéressants, on va dire. Et du coup, quand j'en ai eu marre de travailler dans une pièce sans fenêtre, au sous-sol d'une librairie, là aussi, si tu cherches un peu, tu trouveras chez qui je travaillais. J'ai commencé à laisser entendre à certains de mes auteurs, à ceux avec qui je travaillais, que j'irais bien voir ailleurs. Et une des autrices dont j'éditais le livre a parlé de moi dans un dîner. Et il se trouvait dans ce dîner une rédactrice d'une revue médicale spécialisée qu'elle m'a contactée, qu'elle m'a proposé, que l'entreprise m'a proposé un poste dans lequel je suis restée sept ans. Et c'est là qu'après, je suis devenue manager et que j'ai voulu me former pour acquérir des connaissances, etc. Donc ça, c'était déjà mon deuxième job, parce qu'on pourrait penser que l'édition médicale de revue, c'est proche de l'édition de livre. Et en fait, c'était quand même très différent parce qu'il fallait gérer les rédactions, il fallait gérer les médecins, etc. Et à l'issue de cette expérience, et avant de devenir chercheuse, j'ai fait un bilan de compétences qui a été totalement inutile, puisque la conclusion du bilan de compétences a été que je pouvais faire tout ce que je voulais sauf commercial, que la consultante en bilan de compétences qui était en face de moi était une très jeune consultante qui devait sortir tout juste de la fac, qui était psychologue du travail, ce qui était chouette. Mais elle manquait quand même pas mal de recul sur ce que c'est que la vie d'une femme de 40 ans qui a deux enfants en bas âge, c'est-à-dire deux enfants de moins de 5 ans en fait. Et du coup, c'était très compliqué d'arriver à connecter avec elle. Enfin bref, le bilan de compétences qui n'a rien donné. Et après, j'ai repris mes études et je suis rentrée dans la recherche. Mais même à travers tout ça, à travers les expériences que j'avais eues avant la recherche, il y avait un truc que j'avais déjà identifié moi, c'était que j'avais tendance à organiser le travail des autres et à prendre la responsabilité du travail des autres, en tout cas de leur bien-être au travail. C'est-à-dire que j'avais déjà eu l'occasion de faire tampon, entre guillemets, entre une personne qui avait fait un burn-out et notre boss dans la maison d'édition. Et là où je produisais des revues médicales, assez vite je me suis retrouvée à écouter, peut-être pas les plaintes, même si c'est souvent des plaintes, mais à écouter mes collègues, à essayer d'organiser mieux le travail, à suivre des formations, à proposer des choses, etc. Et à être devenue de façon informelle un peu la référente de notre boss qui était une femme. dans ce qui était organisation du travail, etc. Et c'est comme ça que j'ai commencé à manager, et je me suis retrouvée d'ailleurs à manager les personnes qui m'avaient embauchée et formée dans cette boîte, et qui étaient plus âgées que moi. Donc ça, c'était aussi un peu un challenge, donc je pense que ça m'a pas mal fait réfléchir à ce que c'était que le management et aux relations sociales au travail. Et c'est ça qui m'a amenée ensuite à vouloir me former, et puis par la suite à faire cette thèse. Et à faire de la recherche. Et donc, après avoir claqué la porte, encore une fois, bêtement, je pense, en tout cas de façon impulsive, à l'opportunité de continuer et surtout de finir cette thèse que j'avais entreprise, du coup, je me suis retrouvée aux Pays-Bas. Et là, expatriation très mal préparée, j'avais absolument pas capté que... Il n'y avait pas de job pour moi, en fait, aux Pays-Bas. En tout cas, pas dans ce qui était... Ce que je faisais à l'époque, ce qui était de l'audit des conditions de travail, de l'audit des risques psychosociaux, etc. Parce que pour faire ça aux Pays-Bas, il faut non seulement parler néerlandais, mais encore plus que ça, il faut vraiment avoir une culture néerlandaise du travail qui est très différente de la culture française. Et du coup, je me suis retrouvée avec comme possibilité, avec mon niveau d'anglais de l'époque qui n'était pas topissime, de travailler dans des call centers, ce que j'ai refusé de faire. Et du coup, je me suis retrouvée sans possibilité de travail. Et je me suis dit qu'à cela ne tienne, je vais démarcher des cabinets de conseil en prévention des risques psychosociaux en France pour leur proposer de travailler pour eux sur des missions quand ils ont besoin de sous-traitance, d'avoir plus de personnes, etc. Et c'est comme ça que j'ai commencé à bosser en tant que consultante en prévention des risques psychosociaux. en tant que sous-traitante vivant aux Pays-Bas pour des cabinets de conseil en France. Et j'ai fait plusieurs missions, ça a duré à peu près 5 ans. Et à l'issue de ces 5 ans, j'en ai eu assez d'avoir un pied aux Pays-Bas, un pied en France. Et j'ai plus ou moins, encore une fois de façon plutôt impulsive et pas très réfléchie, mis fin à cette activité pour devenir consultante de carrière aux Pays-Bas et proposer ce qui serait l'équivalent de bilan de compétences. mais sans le cadre du bilan de compétences à la française. Et ça a duré plusieurs années, j'ai accompagné plusieurs centaines de clientes en France, aux Pays-Bas et à l'étranger à redéfinir leur carrière, à comprendre ce qui avait vraiment du sens pour elles. Et puis récemment, puisque ça date vraiment de 2025, j'ai décidé de faire une certification en coaching. pour consolider ma pratique, apprendre de nouvelles pratiques, de nouveaux outils, développer ma posture, etc. Ce qui fait qu'aujourd'hui, je suis coach certifié professionnel avec une spécialisation dans l'accompagnement de carrière des femmes parce que c'est un de mes grands centres d'intérêt, c'est le bien-être au travail des femmes. comment faire pour que des femmes qui sont mes clientes, qui sont des personnes brillantes, comment faire pour éviter qu'elles en arrivent à douter d'elles-mêmes, comme c'est le cas quand elles viennent me voir, simplement parce qu'elles se sont heurtées à un système et à des entreprises qui ne sont pas faites, en gros, pour les femmes brillantes. Il n'y a pas d'autre façon de le dire, même si ça peut paraître un jugement de valeur, c'est-à-dire des femmes qui ont tout pour réussir, tout pour contribuer à l'entreprise. et dont le bien-être est piétiné par une organisation du travail qui n'est pas fait pour elle, qui n'est fait pour personne en réalité, mais spécifiquement pas fait pour les femmes. Et du coup, c'est là-dedans que moi je trouve ma motivation, c'est-à-dire aider des femmes professionnelles à retrouver confiance en elles, estime d'elles-mêmes parfois même, et à les aider à non pas s'adapter à un système pourri, Mais se dégager des marges de manœuvre pour pouvoir retrouver l'impact qu'elles n'auraient jamais dû cesser d'avoir dans l'entreprise et dans leur vie. Parce qu'évidemment, la vie pro et la vie perso, ce n'est pas deux trucs différents que tu gères de façon différente. C'est toi, une seule et même personne qui doit pouvoir s'y retrouver et se retrouver. dans l'organisation de ta vie pro, de ta vie perso et de qui tu es au milieu de tout ça. Et donc le truc c'est vraiment d'accompagner ces femmes-là avec une forte compréhension de ce que sont les enjeux du bien-être au travail, parce que je viens quand même du consulting en prévention des risques psychosociaux, une forte compréhension aussi de ce qu'est le sexisme en entreprise, de tout ce que le patriarcat dans le monde du travail... fait comme mal aux femmes et avec l'idée que ce que je veux réussir à accomplir c'est faire en sorte que les femmes, en commençant par celles que j'accompagne, se sentent mieux, le mieux possible dans leur vie professionnelle et trouvent les moyens d'action dont elles ont besoin pour elles aussi potentiellement avoir un impact positif dans leur environnement de travail. Et si tout ce travail-là, ça veut dire qu'elles doivent quitter l'entreprise dans laquelle elles sont, et bien... qu'elles quittent l'entreprise dans laquelle elles sont. On mettra tout en place pour que leur prochaine étape leur permette de se sentir bien, que ce soit en indépendante ou dans une autre entreprise. Parce qu'honnêtement, il n'y a pas que le travail indépendant qui t'apporte du bien-être. Tu peux aussi trouver du bien-être dans une autre forme d'organisation, dans une autre entreprise, etc. Et aussi, surtout éviter le stress et le burn-out qui sont tellement présents pour les femmes en entreprise. Et encore une fois, le stress et le burn-out peuvent être présents pour tout le monde, mais il y a quand même un facteur genre qui joue, du fait que les promotions, on les oublie quand on rentre de congé maternité par exemple, du fait qu'être reconnu pour sa contribution, c'est quand même plus compliqué quand t'es une femme que quand t'es un mec, du fait que si t'es parent, surtout si t'es maman, tu vas... assumer une charge mentale différente de celle de ton conjoint, dans la plupart des cas, dans les couples hétérosexuels, et que le fait que tu assumes cette charge mentale supérieure n'est pas pris en compte dans ton organisation de travail. Et donc on te fait porter le poids du fait que tu es aussi responsable de ce qui se passe en dehors du travail, et du coup cet aspect genre, il est assez peu pris en compte finalement quand on réfléchit. au bien-être au travail et pour moi c'est fondamental d'en tenir compte et de créer, de développer des solutions, de co-construire des solutions avec mes clientes parce que c'est elles qui ont les bonnes réponses qui vont leur permettre de moins subir et d'avoir des marges de manœuvre plus grandes donc tout mon parcours différents métiers, différents choix souvent des choix impulsifs ce que je ne recommande pas absolument à personne et c'est peut-être pour ça justement que je suis devenue coach de carrière, c'est que l'impulsivité, sur le moment ça semble hyper cool, a posteriori on se dit peut-être que j'aurais dû réfléchir à deux fois. Donc vraiment essayer d'accompagner les personnes qui pourraient avoir les mêmes réactions que moi ou des personnes qui ont des fonctionnements très différents mais qui subissent des choses dans le monde du travail qui sont réparties de façon assez homogène. dans la population des femmes professionnelles. Voilà, donc ça c'est mon parcours. Et si tu sens que tu as besoin d'y voir plus clair sur ce qui te rend heureuse au travail, écris-moi et on verra comment je peux t'aider. Voilà, j'espère que cet épisode t'a plu. Laisse-moi un commentaire, envoie-moi un email, dis-moi ce que t'en penses. Et à bientôt !