- Speaker #0
Tant que t'es reconnu par des gens cool qui sont cool et qui te font pas chier pour moi c'est bon. En fait le seul moment où je me dis ah voilà ce que ça fait d'être très connu c'est quand on est au Hellfest quand on est fait arrêter tous les deux mètres. Si je me ramène et que je lui touche les couilles il va se marrer c'est sûr. Vous avez joué pour Macron, vous avez été invité par l'Elysée tout ça. Non faut quand même qu'on rétablisse une petite vérité c'est que t'es invité par des Youtubers qui eux ont accepté une collab avec l'Elysée. Oui c'est un torrent de merde. En fait on était tellement... trop mat par le truc, qu'on a fait, vas-y, on éteint, on ferme tout, tout ce qui parle de ça, on dégage la question, ou on n'en parle pas.
- Speaker #1
Bien le bonjour, bienvenue dans Très Très Connu, on est de retour, normalement, si tout s'est bien passé, pas trop de... longtemps après le dernier épisode. On est sur un rythme à peu près de croisière. Et aujourd'hui, on est très content parce qu'on reçoit notre premier invité musical que je laisse Pierre-François vous présenter.
- Speaker #2
Alors oui, aujourd'hui, on accueille Fetus d'Ultra Vomit. C'est peut-être le groupe le plus célèbre de France dont ma mère n'a jamais entendu parler. Du bar Le Calisto à Nantes où Ultra Vomit jouait devant une dizaine de curieux en 2001 à une... une tournée des zénithes de France à la Mainstage Duel Fest et même à un disque d'or, qui auraient imaginé un tel destin pour ce groupe nantais ? Début 2000, Ultra Vomit, c'était trois gamins nourris au métal, aux films d'horreur et à un humour aussi absurde que régressif. 25 ans plus tard, c'est devenu l'un des plus gros groupes de métal francophone, qui ne s'appelle pas Gojira. Et leur secret, qu'est-ce que c'est ? C'est réussir l'exploit d'être à la fois une blague géante et un excellent groupe de métal. Derrière les vannes se cachent des musiciens capables de parodier avec une précision redoutable tous les sous-genres du métal. Des dizaines de milliers de personnes connaissent leurs paroles par cœur, remplissent des zéniths et les accueillent comme des rockstars, tandis qu'une autre partie de la population n'en a parfois jamais entendu parler. Et pour discuter de cette aventure unique, on reçoit aujourd'hui Nicolas Patras, alias Fetus, chanteur, guitariste, cofondateur et cerveau malade d'Ultra Vomi. Nicolas, merci d'être avec nous et bonjour François.
- Speaker #0
Bonsoir messieurs.
- Speaker #2
Et d'ailleurs, on dit, réglons cette question, Ultra Vomit, Ultra Vomi ?
- Speaker #0
Non, pour moi, il n'y a pas trop de doute, c'est le T, le T se prononce. Le T se prononce, d'accord,
- Speaker #1
j'en ai fait depuis toujours, donc je suis très content de le savoir.
- Speaker #2
Bravo François.
- Speaker #0
Ouais, après, ça va, si les gens me disent ultra-vomite, je vais pas... Mais ouais, c'est ultra-vomite, quoi. C'est à l'américaine, on va dire.
- Speaker #2
Est-ce que tu avais des posters d'idoles dans ta chambre quand tu étais adolescent, enfant ?
- Speaker #0
Ouais, ouais, j'en avais carrément. En fait, je pense que les premières idoles que j'ai eues, c'était peut-être... C'était en même temps, mais j'allais dire basket, moi. C'était comme beaucoup d'ados à l'époque, c'était NBA à fond et tout. Donc, des posters de mes magazines 5 majeurs mondiales basket, j'avais des trucs comme ça. et puis sinon... quand j'ai commencé vraiment à être en mode fanatique d'un groupe, c'était Nirvana le premier. Des posters de Nirvana, des trucs comme ça. Donc Nirvana NBA, je pense qu'il y a pas mal de gens de ma génération qui vont se reconnaître.
- Speaker #1
Je ne me reconnais pas trop mal, je crois.
- Speaker #2
Et est-ce que tu t'es dit, un jour, je ferai peut-être ça en fait ?
- Speaker #0
Non. Non, parce qu'en fait, quand je suis à cet âge-là et que j'accroche mes posters, moi, je veux plutôt être basketeur que musicien. Et après, je vais me rendre compte que c'est compliqué. Déjà, de par la taille, ça va être compliqué. Même s'il y a des joueurs qui font moins de 1,90 m, ce qui arrive.
- Speaker #1
Mais tu t'es dit que tu n'allais pas être le Tony Parker de ta génération. Oui,
- Speaker #0
ça allait être complexe. Puis après, j'ai basculé dans la passion du foot. Mais non, la musique, franchement, c'est venu tard. C'est pratiquement jamais venu. Même quand ça a commencé à fonctionner, je me disais que ça ne va pas être un vrai truc sérieux. Ça ne va pas être un métier. Ça ne va pas être une... Même encore aujourd'hui, ça me fait un peu bugger de me dire que c'est mon métier. Je suis bien obligé de reconnaître que ça fait maintenant plus de 20 ans qu'on fait ça et qu'on est payé pour le faire. Donc je vais dire, ok, ça ressemble à un métier quand même ce truc. Mais tu vois, il y a un bug de cerveau. J'ai du mal à considérer ça vraiment comme un taf, tu vois. Non, il n'y avait pas de... C'était plutôt accidentel en fait. Quand j'ai commencé la musique, j'ai commencé par la batterie. On faisait des reprises de Nirvana justement avec mon groupe. J'avais un groupe, on n'avait même pas de nom. On n'a jamais fait de concert. C'était juste avec... Un pote de collège et mon demi-frère, on faisait ça, on faisait des reprises de Nirvana. Et on reprenait tous les morceaux par contre, absolument tous.
- Speaker #1
C'est quoi, vraiment tout quoi ?
- Speaker #0
Toutes les b-sides et tout, on allait chercher des CD pirates dans les marchés opus et tout, et on écoutait ça, on reprenait à l'oreille et on refaisait les morceaux et tout. Donc des gros autistes de Nirvana on va dire, dans le truc. Et surtout au début, le tout début d'Ultra Vomit, c'était quand même une musique assez obscure. Et donc c'est difficile quand t'arrives et que moi à ce moment-là j'étais à fond dans le death metal, dans le grindcore et tout. C'est difficile d'imaginer que tu vas te professionnaliser avec un style aussi obscur. Moi, mon rêve à l'époque, c'était juste de faire des festivals de grindcore en République tchèque.
- Speaker #2
Il faut dire effectivement à nos auditeurs qui ne connaissent pas forcément Ultra Vomit que vous avez fait un premier album qui était très grindcore, qui était quelque chose de vraiment extrême. Et c'est sur le deuxième album où là, vous avez ouvert La musique à quelque chose peut-être d'un peu plus rock et d'autres styles de métal un peu plus accessibles. Il a commencé déjà à se passer quelque chose. Vous l'avez senti ce truc-là ?
- Speaker #0
Carrément. On a senti déjà que même à l'époque où on faisait du gros grindcore sur le premier album, on avait déjà un peu la DA, parce que maintenant c'est comme ça qu'on dit la DA du groupe. Une musique quand même assez violente et une humeur assez cool avec des vannes. Même si les vannes étaient un peu cachées à l'époque, c'était surtout dans les titres, il n'y avait pas de paroles trop. Mais disons qu'il y avait déjà cette coolitude dans l'esprit. déjà fait quelque chose dans le sens où on voyait déjà qu'il se passait un truc même en 2005 quand on jouait on faisait des dates à Paris et tout ça on sentait un engouement quand même déjà à ce moment là, mais ce qui est sûr c'est que c'est en 2008 sur le deuxième album que ça j'allais dire que ça décollait mais de toute façon ça a été super progressif ça aussi pratiquement à chaque album t'as l'impression que tu montais les marches d'un truc à chaque fois on se dit non mais on fera pas plus gros que ça on fera pas plus gros que ça et ça continue toujours aujourd'hui Ouais c'est encore aujourd'hui parce que là on a fait une tournée de Zenith Et c'est pareil même sur le dernier album On n'aurait pas pensé faire une tournée de Zenith comme ça tout seul Sans
- Speaker #2
Enfin je veux dire tout seul ouais en tête d'affiche quoi On est toujours surpris par l'engouement du truc quoi Et je reviens un petit peu pour nos auditeurs On va refaire rapidement l'histoire du groupe Il y a quelque chose d'intéressant qui s'est passé C'est qu'effectivement tu parlais de votre deuxième album Le truc marche vraiment pas mal En fait ça commence à être intéressant Et là il y a une pause de 10 ans De groupe Moi... Donc ce qu'un manager dirait que c'est suicidaire de faire ça, et vous l'avez fait, est-ce que tu peux expliquer pourquoi vous l'avez fait, quelles étaient les raisons de ces 10 ans de pause ?
- Speaker #0
Franchement, c'est ouf, parce que quand j'y repense, je me dis, c'est quand même bien la preuve aussi qu'il n'y a pas vraiment de velléité, de carrière plus que ça. Parce que si tu t'accroches au truc en disant, là on a quelque chose qui commence à fonctionner, il ne faut surtout pas le lâcher comme ça, alors que les gens commencent à s'apprendre et tout. Et donc effectivement, tu as raison, on avait... On avait pas de manager mais on avait tourneur, label, c'est un peu l'équivalent tu vois, tous les pros qui étaient autour de nous qui nous déconseillaient de le faire, qui disaient non mais là faut battre le fer tant qu'il est chaud, ce qui est complètement logique, je suis pas en train de dire qu'ils avaient tort de dire ça, mais là il y a eu quelque chose d'hyper naturel qui s'est fait, c'est que... Alors déjà, là je parle pour moi mais c'est personnel, c'est que... Faire un album, j'y vois un truc un peu sacré tu vois. Comme je disais quand j'évoquais Nirvana, premier amour de rock de jeunesse, Pour moi, chaque album est précieux dans le sens où il n'y en a pas 50 000. Alors, eux, ils l'ont fait en très peu de temps. Mais c'est vrai qu'on ne parle pas d'un groupe qui est en mode usine et qui a fait 20 albums en 25 ans. Donc, j'étais plus dans cette idée de me dire, même si je ne pouvais pas trop me projeter à me dire, tiens, le groupe, ça va donner ça. Je savais que je ne voulais pas faire 50 albums, déjà.
- Speaker #1
Parce que tu savais que qualitativement, ça n'allait pas être possible de tenir le rythme.
- Speaker #0
En fait, je crois que c'est surtout ça. C'est que je me dis, mais il faut du temps pour maturer les trucs. En particulier les vannes, parce que j'ai l'impression que quand tu fais une vanne, si tu fais une vanne et que tu te dis « vas-y, on enregistre la semaine prochaine » , quasiment toutes les vannes vont y être, tu vas te dire « on valide » . Par contre, quand tu te dis « vas-y, on boucle un studio dans un an et demi, deux ans, tu mets du temps à écrire » , là, tu es obligé, le moment où tu vas y aller, ta vanne est dure dans le temps, qu'elle soit suffisamment solide. Ce n'est pas que les vannes, c'est pour tout. Tu veux que ça soit suffisamment solide pour passer un peu l'épreuve du temps, même s'il n'y a rien. objectivement il n'y a rien qui passe l'épreuve du temps toutes les vannes vont finir par être désuètes ou ce que tu veux mais déjà même le mot désuètes désuètes donc non mais c'est juste essayer de ralentir ce processus en essayant de faire un truc prendre le temps de faire un truc et donc derrière ça a été assez naturel de se dire bah non si on en refait un on peut, évidemment tu vois si on met un flingue sur la tempe et qu'on dit tu composes bah je vais le faire mais je moi le risque je le voyais là, c'est que là où peut-être les pros ils disaient le risque c'est d'abandonner le truc Merci. Pour moi, le risque était de faire un truc alors que t'es à sec. C'est assez bizarre comme période. Parce qu'il y a plein de gens qui n'ont pas compris. C'est normal. Et moi, pendant ce temps-là, je voyais que mon énergie de créatrice se barrait pas très loin. Parce qu'en fait, on reste dans l'humour et tout. Mais c'était avec Andreas et Nicolas. Et donc, on s'est rencontrés à cette période-là.
- Speaker #2
Qui était un projet musical un peu moins métal. Un peu plus déconne.
- Speaker #0
C'était carrément pas métal. Dans l'esprit, peut-être un peu. Ça plaisait aux métalleux. Mais c'était acoustique. et acoustique avec une boîte à rythme et tout, c'était étonnant comme projet. L'inspiration dans ces années-là était plus sur Andreas et Nicolas donc derrière moi j'ai foncé dedans. Et on a fait deux albums, pendant ce temps-là chacun avait d'autres groupes, d'autres projets. Donc en fait c'était assez naturel de faire ça, mais effectivement c'était un peu risqué si on avait décidé que Ultra il faut que ça soit un truc continu, qu'on soit intermittent, que machin et tout, oui forcément c'était risqué. mais à ce moment là je me pose pas la question parce que je sais même pas si Ultra Vomit va refaire quelque chose un jour c'est à dire que moi je me dis bah ça y est on a fait l'espèce d'album ultime que Objectif Tune je me dis on fera jamais mieux que celui-là à ce moment là on a dit ce qu'on avait à dire en fait pour moi c'est ça si t'as rien à dire tu t'écoutes ouais c'est ça et
- Speaker #2
Et du coup, c'est reparti.
- Speaker #0
Et c'est reparti.
- Speaker #2
J'imagine que là, vous ne savez pas si les gens vous ont attendu, si les gens sont prêts à entendre du nouveau. Et en fait, ça a marché encore plus qu'avant.
- Speaker #0
Carrément. Et c'est ça qui est complètement fou. Là, j'avoue que c'était quand même le truc. Il y a eu un enchaînement. Parce qu'à chaque fois, on répond dans toutes les interviews, on dit que ça s'est fait super progressivement, la notoriété, machin. Ce qui fait qu'on ne s'en rend pas compte et on s'y habitue vite. Il n'y a pas de pétage de câble. C'est-à-dire, il n'y a pas de... Il n'y a pas de choc thermique. Et là, en fait, il y en a quand même eu un petit en 2017 parce que quand même, ça s'est matérialisé sur la scène du Hellfest en 2017 quand on avait été programmé sur la mainstage à 13h du mat. Midi 50 pour être précis. Et là, en fait, c'est là qu'on a vu que, ah ouais, d'accord, en fait.
- Speaker #1
C'était énorme et vous n'aviez pas vu le truc grossir.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. En fait, c'était devenu énorme. Ou alors, enfin, il y avait les deux. C'était devenu énorme et... Les gens ne nous ont pas lâchés. Pour ceux qui étaient là avant, visiblement, ils sont encore là. C'était assez fou. Je pense que le déclencheur de ça, c'était le clip qu'on a fait de Camtar, à mon sens.
- Speaker #2
Qui était le gros single de l'album,
- Speaker #0
on va dire. Et qui reste aujourd'hui, je pense, quand tu demandes aux gens, c'est quoi votre préf d'Ultra ? C'est souvent ce morceau-là qui sort en premier. Ça, c'est difficile à prévoir. Si tu fais un morceau, j'ai toujours des doutes. J'ai jamais... Alors des doutes, tu sais que c'est ce morceau-là qu'on va faire en single, comme tu dis, en clip et tout. Mais moi, je ne sais jamais si ça va fonctionner, si les gens vont se marrer, si ça nous dépasse toujours un peu. Donc là, en l'occurrence, ça cartonnait et c'était juste à la sortie de l'album. Donc quelques mois après, on se retrouve sur la mainstage et là, on fait « Ah ouais, en fait, il se passe un truc de fou là » . Et depuis ce jour-là, ça n'a pas descendu, tu vois ce que je veux dire.
- Speaker #2
Parce qu'après, il y a l'Olympia, il y a un Disque d'or, je crois. Je ne sais plus si c'est l'album ou le live qui est devenu Disque d'or.
- Speaker #0
C'est l'album, ouais, c'est l'album.
- Speaker #2
c'est l'album et je crois que du coup il était dans les classements j'espère que je ne dis pas de bêtises dans les classements des albums les plus vendus en France oui oui oui je sais pas jusqu'à où c'est monté pas catégorie métal quoi oui c'est ça en tous les styles ouais donc vous vous êtes retrouvé à côté de rappeurs ou de
- Speaker #0
variétés bah carrément ouais c'était ça globalement autour de nous c'était ça même moi je connaissais pas les noms je voyais les noms des deux rappeurs que je découvrais je sais pas Ciao !
- Speaker #1
Comment tu l'as vécu, toi, dans ta vie perso, cette augmentation de ta popularité ? J'imagine que plus ça avançait, plus on te reconnaissait, plus tu avais de sollicitations. Il se passe quoi, en fait, dans ta tête, à ce moment-là ?
- Speaker #0
C'est pareil. Je te dirais que ça s'est fait méga progressivement, encore une fois. Je ne me rappelle même pas de la première fois où ça m'est arrivé, comme on reconnaît dans la rue. Je n'ai pas trop de souvenirs de ça, mais ça s'est fait vraiment petit à petit. Mais je te dirais que ça reste relativement tranquille. Le truc, c'est qu'on est quand même dans une niche. Faut déjà connaître le métal. Alors après, si tu connais le métal, tu passes un gros step de... Il y a des grandes chances que tu connaisses le nom du groupe. Le nom du groupe, c'est quasi sûr, tu vois, pour un métalleux en France. Après, vraiment avoir écouté, aimé, là, c'est un autre délire. Faut quand même passer... Je vais pas commencer à dire que tous les métalleux connaissent M et tout. Et après, reconnaître la gueule, on passe encore à un autre truc. Donc, il y a un petit filtre. Quand je croise un métalleux, je me dis, il y a quand même des chances que... Surtout, tu vois, dans notre région et tout. Il y a quand même des chances que le mec me reconnaisse, mais ce n'est pas une garantie du tout. Et puis non, sinon, moi, quand je fais mes courses, bon, ça m'arrive de temps en temps d'être reconnu par... Mais ce n'est pas tout le temps, donc c'est assez tranquille. En fait, le seul moment où je me dis, ah, voilà ce que ça fait d'être très connu, c'est quand on est au Hellfest. Quand on est au Hellfest, tu es pile poil dans la niche. Donc tu es à la fois dans ta zone géographique. T'es dans tes clients, t'es dans ta zone géographique, parce que Nantes-Quisson, c'est pareil, et t'as que des métallos qui sont là pour passer du bon temps, donc là, t'es complètement dans le truc. Et donc là, oui, là, on se fait... Je me fais arrêter tous les deux mètres et tout, mais c'est trop cool. Enfin, moi, là, je parle à titre personnel, parce qu'on réagit tous différemment à ça aussi, mais moi, je kiffe ça, en vrai, d'être reconnu, je trouve ça cool, quoi. Tant que t'es reconnu par des gens cool qui sont cool et qui te font pas chier, pour moi, c'est bon.
- Speaker #1
Oui, genre t'étouffes pas quand t'es au Hellfest, au bout d'un moment, au bout de deux jours, tu dis « ouais bon, ça va de même » .
- Speaker #0
Ce qui est assez marrant, alors je te dis pas que ça va jamais arriver, parce que peut-être que... Mais moi, jusqu'à présent, ça a jamais été le cas, j'ai jamais été saoulé par ça particulièrement. Et d'ailleurs, ça saoule plus les gens qui sont avec moi, qui m'accompagnent sur le festival, qui disent « putain, mais on peut pas aller faire trois mètres, on peut pas aller voir un concert » . Eux, ça les saoule plus que moi.
- Speaker #2
tu nous lances sur la prochaine question c'est aussi les proches en fait les conjoints les potes est ce que c'est facile pour eux que tu sois reconnu parfois dérangé quand pendant une conversation ce genre de choses ça dépend des gens quoi ça dépend des des conjointes par exemple moi je sais qu'il ya une grosse différence entre la mienne et celle de manard par exemple tu vois qui est le batteur du groupe ouais ouais c'est malade batteur lui sa femme elle a sa
- Speaker #0
Ça la saoule rapidement. Et là, bon, vas-y, moi, je suis pas là pour te voir prendre des selfies avec la jeune. Enfin, ça la saoule, quoi, de ce que je peux comprendre. Moi, la mienne, elle est plus en... Je sais pas, ça l'amuse, limite, ça la fait plaisir. Parce qu'elle voit que je kiffe aussi. Donc, je sais pas, il y a un truc, je sais pas.
- Speaker #2
Est-ce que parfois, le rapport aux fans, parce que vous faites quelque chose qui est vraiment très, très drôle, vous faites des vannes, est-ce que du coup, parfois, les fans viennent te voir et en fait, ils te parlent comme si t'étais un pote et ils essayent de te faire rire ?
- Speaker #0
Pas trop. ça arrive mais tu sais moi je dirais que ça s'est plus arrivé sur l'époque du premier album parce que quand on était dans cet univers un peu métal extrême plus humour et tout on côtoyait des groupes comme Gros Nibarch en fait ça ça va générer ce type d'humour ce type de personnalité là ça va générer un peu un truc de on peut se permettre avec eux c'est des potes ou je sais pas quoi donc quand on était à l'époque de Monsieur Patate C'était beaucoup plus des gens, les gros stables dans le dos, genre, ah, vous êtes vraiment trop cons et tout, allez-vous cette petite pub de manard et tout, faut que je lui fasse un bisou, et tout, c'était plus ce truc de, on se permet. J'avais entendu une interview de Michael Youn, qui parlait de ça, et ça m'étonne pas, parce que lui, il disait, alors que bon, là, on parle d'un niveau de notoriété qui est quand même vraiment largement au-dessus, donc on pourrait se dire, avec la notoriété, les gens vont être en mode, ah, putain, monsieur Youn et tout, mais pas du tout, lui, il expliquait qu'il y avait beaucoup de gens, à l'époque où il faisait Morning Live, qui venaient lui faire des trucs des dingueries, quoi. il racontait des trucs fous et ça m'a surpris oui et non parce que par rapport à ce qu'il fait en fait le truc tellement tu te donnes l'impression tellement que c'est ton pote et que le mec est complètement barjot avec le mec de toute façon lui on peut se permettre n'importe quoi si je me ramène et que je lui touche les couilles il va se marrer c'est sûr et en fait il racontait ça et lui il disait évidemment que ça faisait chier parce qu'il disait oui je fais ça mais ça ne donne pas le droit de me faire dit. espèces de pranks dans la rue alors que j'ai rien demandé que je suis incognito, peinard avec ma fille ou je sais pas quoi il y avait un tout petit peu ce truc là au début, je ressens pas ce truc là trop aujourd'hui, je sais pas beaucoup, les gens sont quand même assez respectueux du ça va quoi, de temps en temps ça arrive des mecs qui te parlent de manière un peu trop friendly ou je sais pas quoi mais en fait c'est,
- Speaker #2
non ça va ce qui est intéressant aussi dans l'émission c'est que c'est la première fois qu'on interview un membre d'un groupe, c'est tout le temps des gens là qui étaient dans une carrière solo même si évidemment ils ont des collaborateurs Là, vous, vous êtes en groupe. Comment on reste ensemble ? Avec Manar, vous êtes des potes de collège, je crois ?
- Speaker #0
On s'est rencontrés quand j'étais au lycée, en terminale, je crois. Donc, on n'était pas ensemble, mais on s'est rencontrés à cette période-là.
- Speaker #2
Et après, il y a plusieurs personnes qui sont arrivées au fur et à mesure dans le groupe. Il y a eu des départs aussi. Mais est-ce qu'on arrive à rester potes ? Et quel est l'avantage et le désavantage d'être en groupe ?
- Speaker #0
De toute façon, là, c'est pareil. Je n'aime pas trop faire des généralités en disant « Dans un groupe, ça se passe comme ça » parce que c'est dans ce groupe, ça se passe comme ça. Et c'est pareil, pour avoir parlé avec pas mal d'autres musiciens, d'autres groupes, je suis curieux de savoir comment ça se passe pour eux aussi. Après tant d'années de carrière, tu vois, des Gojira, des trucs comme ça, t'es curieux, tu te dis, mais est-ce que l'entente est toujours au beau fixe ? En plus, quand t'es des frères, c'est encore un autre délire. Est-ce que tu te connais un peu par cœur ? C'est quand même un truc de fou. Mais nous, pour nous, la question, c'est qu'est-ce qu'on fait ? Nous, on n'a rien fait de particulier. Je pense qu'avec Manard, on s'est... pour ainsi dire, jamais engueulé. C'est-à-dire que c'est déjà arrivé qu'il y ait des trucs genre « Ah putain, là, il me saoule » , c'est sûr, mais on s'est jamais engueulé. Donc là, c'est plutôt une question de chance, je te dirais, de te rendre compte qu'une personne avec qui il y a une espèce d'entente... Ouais, parfaite, quoi. Franchement, des clashs dans le groupe, il y a eu. Il y en a eu un, principalement. Tu vois, quand je dis un clash sur 25 ans, c'est pas énorme. Et des fois, on en reparle, tu vois, on fait « Putain, mais ouais, c'était le truc, le moment où vraiment... » Et c'est pas un clash où ça explose, tout le monde veut se casser du groupe, machin, c'était vraiment un truc ciblé, mais où ça s'est résolu en un jour et demi, quoi. Tu vois, il y a eu un jour de... On était en tournée, en plus, un jour de froid, et puis ça s'est résolu le lendemain, quoi. Et en plus, il y avait des raisons, enfin, je veux dire, quand on en parle aujourd'hui, il fait « Ouais, c'est normal, c'était logique » , tu vois, c'était en gros, pour schématiser les raisons, c'était... on était... Commençait à se professionnaliser. Tu avais un... Un schisme entre est-ce qu'on se concentre sur l'artistique à ce moment-là ou comment on va faire notre intermittence. Il y avait un peu une angoisse de thunes et machin. C'est souvent les raisons qui conduisent au clash. Et puis on avait chié un concert et derrière c'était un peu le truc de ouais mais de toute façon on n'était pas concentré. Toi tu pensais au cachet et machin. Et du coup ça a fait un clash comme ça et plutôt sain en réalité.
- Speaker #2
Et vous avez justement aussi à un moment eu une autre épreuve il y a quelques années. On va juste recontextualiser. Vous avez accepté de participer à une vidéo de McFly et Carlito à l'Elysée. Vous en avez déjà expliqué, le but c'est pas de s'en réexpliquer, mais en gros vous l'avez fait, ça vous faisait marrer d'aller à l'Elysée et de jouer du grind devant le président de la République, tu m'arrêtes si je dis une bêtise. Et en fait il y a eu un retour sur internet qui a été assez compliqué pour le groupe on va dire.
- Speaker #0
Oui c'est un torrent de merde comme on dit.
- Speaker #2
C'est bien résumé je pense.
- Speaker #0
Non non c'était ultra violent, c'était un truc de fou. ouais ouais c'est choquant tu vois là ça va maintenant on en parle et on a mis du temps d'ailleurs à en parler parce qu'en avant on a fait en fait on était tellement traumate par le truc qu'on a fait vas-y on éteint on ferme Tout et tout ce qui parle de ça, on dégage la question ou on n'en parle pas. Pendant un mois, ça a duré un certain temps. Maintenant, ça va.
- Speaker #2
Oui, tout à fait. J'ai l'impression, je vous ai déjà vu plusieurs fois en concert, tout ça est passé. C'est vrai qu'il y a eu un retour. En gros, on vous accusait d'être dévendu, de faire la promotion du président de la République. C'était à peu près ça. Oui,
- Speaker #0
c'était carrément ça. Oui, c'était ça. Ça a été un peu difficile parce qu'on savait pourquoi on le faisait. La raison, visiblement, après ça, on a le droit de dire, bah ouais, mais... Désolé les gars, c'est pas marrant. Vous avez pensé que c'était marrant ou que c'était décalé, mais c'est ni vraiment décalé, ni vraiment marrant. Si les gens pensent ça, ils pensent ça, je peux rien faire. Là où c'était un peu plus dur, c'était sur le côté où on ressentait une petite injustice sur le fait que, si tu veux, déjà rien que le principe de vous avez joué pour Macron, vous avez été invité par l'Elysée, ça je suis bien dit, non, il faut quand même qu'on rétablisse une petite vérité, c'est que t'es invité par des youtubeurs qui, eux, ont accepté une collab avec l'Elysée. Donc à la limite, s'il y a des gens qui doivent être sur ce truc de « putain, est-ce qu'on le fait ou pas ? Est-ce qu'on accepte ce jeu politique ? » Ça, je comprends totalement que ce soit leur problème. Mais derrière, une fois qu'ils ont leur concept, leur vidéo, et qu'ils font venir des sortes de guests en mode un peu canular, tu vois, parce que c'est un peu ça en fait, on va truffer la vidéo de trucs un peu improbables, et on est ce truc improbable de fin. Moi, je trouve que ça reste toujours improbable d'avoir ces trois petites chaises et puis un groupe de métal dans les jardins de l'Elysée. Ça reste un... ça reste une idée quand même un peu barrée Vous avez joué du grind devant le président Voilà c'est ça, donc ce truc improbable c'est nous et il nous invite pour faire cette surprise là, ce canular là on va dire, Macron n'est pas au courant parce que c'est le principe un peu du truc mais donc du coup nous on est dans notre esprit quand on réfléchit à ce truc là on se dit bon on envisage quand même on avait deux jours pour se décider ça aussi c'était un truc de fou Vous n'êtes pas complètement naïf,
- Speaker #1
vous vous doutez bien qu'on peut vous reprocher de faire partie d'un espèce de plan de com' de Macron quoi
- Speaker #0
En fait on envisage ce truc là, mais genre on l'envisage mais pas du tout à ce niveau là, parce que si on envisage ce niveau là, il y a un moment c'est comme les gens me disaient mais est-ce que vous regrettez ou est-ce que machin, mais attends nous si on sait qu'on se prend un shitstorm comme ça mais on le fait jamais tu vois, on est pas con non plus complètement, il y a un moment où on, enfin c'est la flemme en fait surtout quoi, c'est la grosse flemme de se prendre un shitstorm comme ça, nous on a envie que les gens ils nous aiment depuis le début, il y a pas de problème, donc on sait qu'on a toujours eu des haters parce que le principe déjà de rigoler avec le métal c'est... pour certains c'est pas possible, et je le comprends enfin je l'accepte, c'est pareil tu discutes pas mais vraiment par contre moi le truc qui m'a fait chier c'est de pas avoir cette nuance en fait entre on vient participer à une vidéo et dans ce cas là la vidéo elle va se faire quoi qu'il arrive et nous on vient à la fin pour faire un canular et on est absolument pas invité c'est pareil si on était invité par l'Elysée mais c'est ça jamais on y va tu vois, parce que là pour le coup c'est pas difficile de se dire Il y a peut-être à voir un raccrochage politique. Si on était invité par la Lise, genre en mode, on vient jouer du viol en scène pendant qu'il bouffe, là, tu viens lui cirer les pompes et tout. Ah non, évidemment qu'on ne va pas le faire. On a tout eu. Nous, on a tout eu comme réaction. On a même des gens qui disent « Ah non, mais évidemment que si un président t'appelle, tu y vas. » Et tout, je fais « Mais putain, c'est pas ça. » Il y a même des gens qui voulaient nous défendre et qui se trompaient sur ce que c'est, en fait. La vidéo, elle est sortie au bout de trois secondes. Les gens n'avaient même pas eu le temps de voir parce que, tu sais, on est à la fin de la vidéo. Donc, s'ils avaient fait avance rapide, avance rapide, et qu'ils avaient vu le truc, ça prend au moins 4 minutes de voir le passage, tu vois. Il y avait déjà des commentaires avant même que... Avant même, 30 secondes, ça a écrit, vendu, machin, parce qu'on a participé à ce truc-là, donc c'est terminé. Peu importe ce qu'on fait, même si à la fin de la vidéo, on avait chanté pauvre connard, et qu'on lui avait fait... et qu'il était tombé de sa chaise à la renverse, peu importe, j'imagine toutes les réactions possibles, c'était déjà parti, donc en fait, ça veut bien dire quand même que c'est même pas la question de savoir qu'est-ce que c'est, de comprendre quels sont les... les dessous du truc, comment ça s'est fait, c'était pas la question.
- Speaker #1
On se demandait justement, tout à l'heure on a discuté avec Pierre-François avant l'émission, et on se demandait est-ce que c'était vos fans qui ont réagi ou est-ce que c'était la plus large publique de fans de métal ?
- Speaker #0
En fait, c'est difficile de dire parce que en plus on est trop cons parce qu'on avait ouvert le truc en mode démocratique sur notre... Vraiment ça se passait sur notre page, Facebook. On avait posté le truc en étant là, bah voilà, cool, on a fait ce truc-là.
- Speaker #2
Surprise.
- Speaker #0
Ouais, surprise. Et là, on laisse le truc. Aucune modération, rien. On laisse le truc se faire, tous les commentaires. En fait, on ne s'y attend tellement pas à ce point-là qu'on laisse le truc ouvert, on ne supprime rien. Pour répondre à la question, ça donne l'impression que c'était nos fans puisque c'est chez nous. C'est dans notre maison. Mais la réalité, c'est que c'est forcément un mélange. Je pense qu'il y avait énormément de gens qui déjà ne nous aimaient pas et qui n'avaient pas forcément de raison de nous chier dessus, objectif, à part dire putain, mais ça casse les couilles là, pipi caca et tout, la honte quoi du métal enfin peu importe ce que tu peux imaginer.
- Speaker #1
Et là c'était la bonne occasion pour vous tomber dessus quoi.
- Speaker #0
Et je pense que ça a été le truc genre, ah là ça y est, il y a vraiment un truc, ça y est ils ont flotté, ils ont merdé là, ça y est ils ont... On se croque les mains, on peut y aller. Jusque-là, à part de ne pas être drôle, on n'avait rien fait de grave. Et là, c'était le truc, genre, putain, ils ont... Donc, il y a un truc comme ça, j'imagine. On était pendant la période du Covid, donc il ne se passait rien. Il y a eu ça aussi, le timing. En fait, on a tout eu comme commentaire. On a eu des gens qui nous ont dit, mais vous vous rendez compte, tous les intermittents sont à l'arrêt, il n'y a plus rien qui joue, machin. Et vous, vous allez... pavaner à l'Elysée, machin, le président, il se paye un petit concert privé, tu vois, des trucs où moi, j'étais là, je disais, ben non, mais c'est pas ça, mais il y avait cette vision-là de, tout est à l'arrêt, et là, ça rigole en mode, évidemment que ça a rajouté au truc, t'imagines, tout le monde était connecté sur, moi, le premier, cette vidéo-là, je savais que j'allais la regarder, parce que, qu'on y soit ou pas, j'avais déjà prévu de regarder, parce que j'ai dit, mais qu'est-ce que c'est que ce truc, enfin, je vais forcément le voir, et ça a un peu aussi motivé la décision de se dire, Quand on a reçu l'invitation, le vocal, moi je me rappelle du jour où j'ai reçu le vocal de McFly, j'étais achetant. Là, il faut que je m'assoie, il faut que... Je me souviens, on était avec ma compagne, il faut qu'on sort un verre de vin, parce qu'il faut qu'on... Qu'est-ce qu'il se passe ? En fait, on était hystériques du truc, sans savoir si on allait le faire ou pas, juste du « mais qu'est-ce qu'il s'est passé là ? » Parce qu'on s'imaginait déjà dans cette vidéo-là, qui allait être une vidéo que tout le monde allait regarder, parce que c'est quand même un moment assez fou. Maintenant, ça peut paraître un peu... normal mais à l'époque de se dire tu as un prézû qui va venir dans une vidéo comme ça qu'est ce qui se passe jouer au jeu des anecdotes et tout mais qu'est ce que c'est que ce truc trop bizarre quoi et donc là quand tu proposes le truc il ya une folie quoi la flip du truc c'est qu'il te dit pas c'est dans deux mois il te dit c'est dans deux jours et toi tu dois te projeter de dire dans deux jours ça se trouve alors que là je suis en pige depuis depuis tu sais je suis en confinement quoi je suis peinard avec mes Ausha en pige et j'ai oublié ce que c'était que de faire des concerts et de voir des gens Et là, on me dit que peut-être dans trois jours, je vais être... Non, c'est fou. Il y a un côté un peu là, un peu choquant. Et donc, ça a été le début de la réflexion qui a été très rapide. On n'a pas eu beaucoup de temps, finalement, d'avoir beaucoup aussi de recul, d'avis, de machin. Et finalement, on se lance dans ce truc-là. J'ai oublié la question.
- Speaker #2
Non, mais tu avais répondu déjà avant. Comment vous l'avez vécu en interne, dans le groupe, cette tempête de merde ?
- Speaker #0
Mal.
- Speaker #1
Mal, mal.
- Speaker #0
Et franchement, chou. pense même pas être celui qui l'a le plus mal vécu. T'avais Manard qui filtrait les messages, c'est lui qui était un peu le community manager, donc c'est lui qui recevait tous les trucs, donc il prenait tout en pleine tronche quand moi je pouvais décider de me dire, je regarde rien. Donc si je regarde rien, bah c'est bon. Enfin c'est bon, je sais qu'il y a un shitstorm, mais je vois moins les trucs. Et puis Jojo Framboise, alias Flocos, qui lui... qui lui faisait partie du groupe Justine, groupe de punk rock francophone pour nos auditeurs. francophone et politisé, en Calais. Alors, pour lui, ça a été beaucoup plus difficile. Parce que ça a été l'explosion de... Tous les gens qui suivaient ce groupe-là, Justin, sont venus. Jusque-là, c'était un peu genre, oui, bon, il ne fait pas la même chose, évidemment, dans Justin et dans Ultra. C'est deux persos différents, si on veut dire ça comme ça. Mais jusque-là, il n'y a pas de problème. Et là, par contre, du coup, on t'a vu... entre guillemets, faire le guignol à l'Elysée et tout, là, tu crois pas qu'il y a un problème de cohérence avec ce que tu véhicules dans Justine et tout. Et ça a été... Pour lui, ça a été... C'est évidemment pour lui que ça a été le plus dur. Après, je vais pas en parler à sa place de ce que ça lui a fait et tout, mais moi, je peux te dire qu'il était en miettes un peu, quoi. Ouais, c'était compliqué,
- Speaker #1
franchement. Et là, pour se rendre compte de l'ampleur du truc, parce que je pense que c'est vraiment vertigineux, c'est-à-dire que tu reçois des messages de partout, au-delà de tout ce que vous avez comme commentaires, mais j'imagine que sur tes réseaux sociaux, etc., t'es obligé... de voir ça et d'être constamment confronté à une espèce de violence verbale et à l'écrit.
- Speaker #0
Ouais, le moindre truc qui concerne le groupe, les commentaires, les machins, tu sais, la moindre vidéo que tu mets sur YouTube ou je sais pas quoi, tu vas avoir des commentaires, tout va te ramener à ça. Et ça a duré un certain temps. Même encore aujourd'hui, il y a encore des... Là, on en parle. Ouais, et puis on en parle, tu vois, et il y a encore des commentaires comme ça, de la même saveur, tu vois, que c'est assez ouf. C'était bourrin, ça a duré longtemps. Et quand même, le truc, c'est que ce que je voulais dire, c'est que quand on a repris les concerts, ça a été quand même le moment où on a flippé parce qu'on s'est dit que ça va se transcrire dans la vraie vie. Et là, je me rappelle qu'on jouait avec... C'était un festival de poupées. On jouait avec Didier Super, qui est un bon pote à nous. Et lui, c'est quand même... On parle du patron, de la provoque. Parce que nous, ce qu'on a fait, ce n'est pas de la provoque, mais finalement, ça pouvait passer pour. Et lui, qui vraiment véhicule, c'est ce qu'il fait, lui provoquer, faire des trucs un peu choquants. Il a déjà reçu des menaces de mort. C'est un mec qui a juggé plein de shitstorms sur Internet. Il voyait qu'on était un peu tendu. Il voyait qu'on se dit, on va se prendre des lapins morts sur scène comme Slipknot au Furyfest en 2005. La ref. Et lui, il fait, les gars, il se passe rien du tout. Il dit, je vous le garantis, il ne se passera rien, ils nous avaient rassurés avant le concert, il ne se passera rien, pourquoi ? Parce que là, vous ne vous en rendez pas compte encore, parce que vous êtes dans le truc et que vous ne connaissez pas ça, moi je vous le dis, les réseaux, c'est les réseaux. C'est que, c'est quand même deux trucs, ça se compartimente. C'est-à-dire que moi, ça m'est arrivé d'avoir des discussions avec des mecs en live, en IRL, qui me disent, je n'ai pas compris votre truc, qui montrent leur désapprobation, ou qui... Mais par contre, la violence que tu peux avoir dans un commentaire, on ne l'a jamais ressenti dans la vraie vie. C'est très rare qu'en vrai, les mecs viennent nous voir frontalement. Ça arrive des fois. Et d'ailleurs, j'ai remarqué un truc, c'est que c'est tout le temps pour Bosson, pour Mathieu Bosson, le bassiste.
- Speaker #2
Le bassiste du groupe.
- Speaker #0
C'est lui, à chaque fois, il me dit, putain, mais... Enfin, à chaque fois. Genre, ce n'est pas arrivé souvent, mais c'est arrivé. La dernière fois, c'était à Paris, quand on était pour la cérémonie des foudres, le prix du métal et tout ça. Et dehors, on est en... on est en after et il vient me voir il est tout énervé putain mais il y a un mec qui est venu me voir putain il vient me voir il me dit ouais je déteste et tout ça le truc frontal je déteste ton groupe mais c'est horrible de faire ça et ça me fait marrer parce que c'est souvent à lui que ça arrive le truc frontal c'est qu'ils vont voir Mathieu Boss mais donc voilà l'incident
- Speaker #1
Macron vous a fait prendre conscience du fait que justement avoir une certaine forme de célébrité fait que tu as aussi une forme de responsabilité, entre guillemets, que tu ne peux pas faire exactement ce que tu veux, même si ça te paraît être une bonne idée sur le moment.
- Speaker #0
Oui, c'est un peu vrai. C'est surtout qu'il y a une règle d'or, c'est que si tu t'exposes, tu t'exposes. Là, on a compris que ça dépassait le cadre de notre clientèle métallique, ça dépasse le cadre des gens dont je te parle. Là, pour le coup, les gens qui... La clientèle, pour le coup, de McFly et Carito, tous les jeunes qui vont regarder ça, je ne sais pas. Des gens qui écoutent du rap, peu importe ce qu'ils écoutent. On va s'exposer d'une manière... C'est quand même une vidéo. Je ne sais pas combien de millions de vues ça a fait. Je n'ai pas regardé, mais je pense que c'est normal. Je n'en sais rien, mais c'était quand même un petit événement. Donc oui, forcément... En fait, c'est un peu logique aussi, de manière un peu mathématique, d'avoir en proportion, en équivalence, si tu t'exposes devant autant de millions de personnes, tu vas avoir beaucoup plus de... de gens qui vont te chier dessus derrière mais tu vas peut-être aussi avoir beaucoup plus de gens qui vont dire tiens je vais l'écouter ça veut pas dire que les gens vont aller acheter tes scuds ou je sais pas quoi ça aussi je pense que ça a été un peu une méprise c'est qu'il y a beaucoup de gens qui ont pensé qu'on venait en mode promo et puis si c'était ça déjà on aurait pas joué ça si c'était ça on aurait fait tiens c'est quoi le single tu vas jouer Camtar ou je sais pas quoi tu vas jouer un truc pour te vendre L'idée, c'était pas ça. Nous, on fait notre truc. Comme je disais, on est dans une espèce de niche. Faudrait pas croire que si d'un coup, cette musique-là est accessible à tout le monde, les vues vont augmenter, les écoutes vont augmenter. Parce qu'en fait, ça ne changera rien. C'est comme ça ne changera rien, les gens qui doivent déjà t'écouter, ils sont déjà ciblés, ils sont déjà plus ou moins au courant que ça existe. C'est pour ça que je me dis, il y a un plafond quand même, ça existe. Même si à chaque fois, on dit que ça ne fait que d'augmenter, il y a des gens qui sont là et qui font « Ah, c'était marrant le truc ! » Mais ici, c'est... Au pire, ils vont dire « Ah, j'ai bien aimé le truc qui est passé à la télé, je vais aller le voir une fois. » Et ça sera terminé, ça ne sera pas des gens qui vont te suivre, ça ne sera pas des gens qui vont s'investir dans ton truc.
- Speaker #2
Là, au Hellfest, vous allez être en main stage, potentiellement, je ne sais pas si c'est diffusé sur RTTV, qui est regardé dans le monde entier par les fans du métal du monde entier. C'est peut-être quand même aussi une exposition qui va être...
- Speaker #0
Oui, alors ça, on l'a eu. Mais de toute façon, c'est clair, il y a des gens aussi qui se mettent... évidemment que t'as des gens dans le tas qui vont se mettre au métal qui vont découvrir le truc, évidemment mais c'est que, ça me fait un peu penser on nous avait proposé de faire Incroyable Talent pendant, je sais pas, plein d'années de suite, on nous rappelait en mode putain on vous veut et tout, et en fait nous à chaque fois on avait dit non, on a pas vraiment trop hésité pour le coup tu vois, donc c'est un peu aussi pour dire que c'est pas systématiquement est-ce que vous voulez faire les cons à la télé, bah on va dire oui parce que trop bien on va aller à la télé, on va s'exposer, non en fait c'était, là le truc de de l'Elysée, c'était qu'il y avait quelque chose qui nous plaisait dans l'idée. Dans le concept, on trouvait ça fou. C'est la photo du truc qui nous fait... C'est l'anecdote. Quand on aura quel âge plus vieux, on se dira... Tu raconteras ça à des gens en mode anecdote à un dîner, et les gens vont dire que ce n'est pas possible.
- Speaker #1
C'était tellement n'importe quoi que ça en devenait...
- Speaker #0
C'est ça. Alors que l'incroyable talent, c'est un peu différent. Tu arrives dans un contexte, tu vas passer entre... Je ne sais pas moi. un nain qui crache du feu avec derrière je sais pas des danseurs hip hop enfin tu vois ça va être un peu le cirque en fait en réalité ça va être un truc comme ça et tu vas passer au milieu pour faire partie de ce truc là t'as des gens qui vont appuyer sur des buzzers pour te juger et tout enfin pour moi ça va pas enfin c'est ça pourrait aller je te dirais ça pourrait aller si on était absolument zéro connu et qu'on se dit tiens ça peut être un débat C'est le démarrage de trucs, parce que là tu te dis, de toute façon personne ne nous connait, donc autant qu'il y a un petit boost quelque part. Donc je pense que oui, on l'aurait sûrement fait à l'époque de Monsieur Patate, tu vois en mode délire, d'arriver à faire du gros grind chez Incroyable Talent. Mais là il y avait un truc quand ils nous proposaient ça, alors qu'on avait déjà sorti trois albums et tout, c'était bah non, on ne va pas aller faire ça. Moi quand je vois des groupes comme Goji qui se barrent faire des tournées...
- Speaker #2
Gojira.
- Speaker #0
Ouais, Gojira. Gros auditeurs, qui ne sont pas des bêtes. C'est vrai, c'est vrai. qui se barrent faire des tournées mondiales qui sont tout le temps qui ont jamais vraiment de chez eux qui habitent à New York je me dis putain est-ce que vraiment j'ai envie que ma vie soit autant je sais pas quoi je trouve ça fou et je suis hyper admiratif et fier de leur truc mais en fait moi quand j'ai commencé à écouter de la musique genre les Nirvana les groupes comme Metallica tout ça je me disais pas putain j'aimerais être comme eux ça doit être horrible j'avais plutôt cette vision là d'être à ce point là connu et tout, j'ai l'impression que c'est ignoble donc j'avais plutôt cette pensée là plutôt que de me dire je voudrais être ça dans l'esprit.
- Speaker #2
Et t'évoquais justement Gojira en tournée quand on est un groupe de rock qu'on fait pas mal de concerts, beaucoup de tournées il y a de l'alcool gratuit à volonté tous les soirs comment sur la longueur un groupe de musique en fait, quand on sort de scène qu'on a joué devant entre 5000 personnes, parfois moins, parfois plus Comment on gère en fait tout ce qui est consommation d'alcool, de ne pas péter un plomb, de ne pas faire la fête tous les soirs ? Parce que la fête t'appelle tous les soirs, les gens sont contents de t'inviter, ils ont envie de faire la fête avec toi. Comment on le gère ?
- Speaker #0
Déjà je ne peux pas répondre pour tous les groupes, à chaque fois je vais faire la fête. T'imagines ? Si si je sais, je sais. Non, non, non, j'ai un souci de conserver un minimum ma voix et je me suis rendu compte assez vite que pour ce qui concerne l'alcool, que ça me pétait la voix et que c'était pas bon. pour enchaîner les dates, si je picole entre les concerts, ça ne le fait pas. Et ça, ça a été une grosse frustration parce que par contre, j'étais beaucoup dans cet esprit de festoyer, de profiter. Pour moi, la tournée, ce n'était pas juste tu rentres dans ton... Maintenant, on est dans un bus, mais tu rentres dans ton van, peu importe dans ce que tu veux, et tu dors, tu arrives à l'heure, tu fais ton truc, tu fais ton concert, tu te casses. Pourquoi j'ai envie de faire ça ? C'est pour rencontrer des gens, premièrement, et pour m'amuser, pour transmettre un truc et que ce soit... Si on ne s'amuse pas à faire ça, c'est un peu complexe. Et le truc qui est un peu difficile, c'est que comme j'ai ce rôle de lead et de chanteur avec aussi pas mal de voix différentes, je me rends compte que j'ai cette pression permanente de... Il va falloir quand même que j'assure un minimum vocalement. Et ça, c'est mon fardeau. Ça fait partie du truc et je l'accepte évidemment. Sinon, je ne ferais pas ça. Mais ça, pendant des années, surtout sur la tournée Objectif Tune, je n'arrivais même pas à m'amuser. pendant les tournées, parce que j'étais tout le temps en panique de perdre la voix. Et dès que je faisais des petits écarts, là, c'est pas possible, on est dans un endroit improbable, il y a trop de potes, on est obligés de fêter ce concert qu'on a réussi, et je faisais l'after, on terminait je sais pas où, et le lendemain, t'arrives, tu dors à 3h à l'hôtel, et le lendemain, la voix était rauque, je me chiais dessus parce que je me disais est-ce que ça va passer ? Petite frustration à ce niveau-là de ne pas pouvoir... Je pense qu'effectivement, si j'étais juste guitariste et que je ne faisais aucune voix pendant le concert, et que mon but c'était juste...
- Speaker #1
Tu pourrais te démonter la tête tous les soirs tranquillou quoi !
- Speaker #0
C'est ça, mais ça se trouve aussi, j'aurais mal terminé tu vois, dans l'esprit, t'as pas envie. Donc non non, mais bon, après ça va, je ne suis pas un déglingué non plus, j'aime pas non plus être malade par exemple, typiquement, j'aime pas être malade, donc tu te rends compte qu'il faut y aller mollo. Mais donc ouais, j'essaie de composer avec ça, mais c'est pas facile, c'est une discipline en fait, c'est que je sais Je commence à connaître mes limites, je commence à savoir. Donc c'est clair qu'entre les concerts, c'est zéro alcool ou alors une bière le soir après le truc.
- Speaker #1
Mais j'ai lu il n'y a pas longtemps que Dave Grohl, il boit une ou deux bières avant chaque concert et que le mec qui s'occupe de sa voix lui a dit « continuez comme ça, ça marche très bien » . Il n'y a pas de justice.
- Speaker #0
Écoute, franchement, après c'est ça. Alors là, c'est clair. Moi, j'ai remarqué que ça ne faisait pas. Maintenant, c'est clair que si tu prends… une bière avant un concert, je pense que ça va aller. Je crois que dans le groupe,
- Speaker #2
certains sont devenus sobres maintenant.
- Speaker #0
Ouais, exact. Jojo Framboise, alias Flocos, lui, il a arrêté l'alcool. Il avait un alter ego qui s'appelait Dark Joel. Et Dark Joel, c'était la version ivre.
- Speaker #1
C'est jamais très bon quand tes potes t'appellent Dark machin à un moment. Je pense qu'il est temps d'arrêter. Ouais,
- Speaker #0
et puis franchement, c'était fou. Après, moi, il m'a toujours fait marrer. Mais ça dépassait les bornes. Il y a eu même des moments où c'était chaud parce que tu avais des personnes qui commençaient à nous dire... Tu vois, qui s'en plaignaient, quoi. Parce qu'il avait des comportements, même si c'était toujours la base pour faire marrer les potes, d'ivrier sous alcool et du coup... Donc il a fini par arrêter complètement pendant qu'on a enregistré l'album Pender Surprise 2017. Et il s'y est tenu. C'est quand même quelqu'un d'assez droit. Donc en lui, des fois, c'est un peu binaire. C'est oui ou non, on va pas se... Donc il a décidé que quand c'était oui, c'était très oui. Et quand c'était non, c'était très non. Et du coup, plus d'alcool du tout. Mais est-ce qu'il est resté marrant ? Oui, il est resté marrant. La personnalité ne change pas. Et c'est cool. Il est plus fiable aussi comme ça. C'est mieux. C'est plus facile de le retrouver après les concerts. D'accord. Donc non, non. Mais comment on fait pour gérer ? Ça va, on n'est vraiment pas un groupe de déglingués. Que ce soit nous, notre crew, notre technique et tout. on est on est Il y a des apéros, je te cache pas, surtout au niveau des techniciens, il y a beaucoup d'apéritifs. Oui,
- Speaker #2
alors ce que le public ne connaît pas, c'est que souvent les gens les plus déglingos ne sont pas forcément les musiciens, c'est plutôt l'équipe technique.
- Speaker #0
C'est vrai, ça peut, ouais c'est clair. Mais tu vois là en l'occurrence, ça va, ils sont pros quand même. Non non, ça va, on gère ça. Mais pour moi, la difficulté ça a été de gérer, la frustration de ne pas pouvoir vraiment profiter des fois de ces moments-là, parce que j'étais tout le temps flippé de perdre la voix. Et c'est toujours le cas aujourd'hui. Même si on pourrait dire, le mec, il a plus de bouteilles et tout. Ouais, mais non, non, c'est toujours une flippe.
- Speaker #1
Mais tant mieux, en même temps, ça te protège, ça t'évite. C'est ça, c'est ça. On est dans un truc un peu dark.
- Speaker #0
Ouais, dark, c'est clair.
- Speaker #1
Et j'avais une question sur... Alors, c'est lié à la célébrité, mais c'est lié aussi, évidemment, à la scène. Donc, c'est la première fois qu'on reçoit dans cette émission un musicien. Je me demandais, surtout quand t'es chanteur, ce que ça fait réellement d'être sur scène, quand t'es face à un public qui vraiment t'adore et est vraiment en train de kiffer.
- Speaker #2
Chante avec toi.
- Speaker #1
Chante avec toi. Quelles sensations ça fait à l'intérieur ? Qu'est-ce qu'on ressent vraiment ?
- Speaker #0
Alors déjà, je dirais que je ne dirais pas que je suis musicien, je dirais que je suis artiste, pour moi. Non, je déconne. Je dis ça parce que justement, Fabien, lui, il n'aime pas du tout ce terme. Les gens qui s'autoproclament artistes, ils n'aiment pas. Non mais je ne comprends pas et tout. Non mais artiste, ce n'est pas à toi de le dire. Donc non, mais oui. Donc bref, ça c'est la parenthèse de la vanne. C'est quand même, je pense, c'est quand même le... C'est sûrement le premier moteur, j'imagine, quand même. moi par exemple j'ai une nature je pense un caractère profond si je repense à moi gamin, quand même très timide flippé de tout ça c'est pour dire que je pars pas d'un caractère hyper extroverti et d'ailleurs c'est pour ça que je parle de caractère profond c'est que je pense que le perso que j'ai développé sur scène m'a aidé à être plus à l'aise, je m'en suis servi puis à la fin ça s'est un peu mélangé avec ma personnalité profonde par exemple si tu regardes le premier Le tout premier concert qu'on a fait, qui avait été filmé par ma mère, quand je revois ce truc-là, le premier concert, on l'avait foutu sur YouTube d'ailleurs, je ne dis pas un mot. J'ai le regard un peu fuyant, je ne regarde pas les gens dans les yeux. Je fais « la prochaine chanson, c'est ça » et tout. Je regarde mes pompes et je joue et je fais mon truc. Et je me dis « c'est ouf ! » Parce que maintenant, aujourd'hui, justement, pour moi, le plus important, c'est quasiment les interactions, les speeches, le contact avec les gens. Donc c'est marrant. Et ça s'est appris avec le temps. mais par contre ce qui n'a pas sûrement pas changé, c'est que je pense que déjà à ce moment-là, je devais être bien content quand même d'entendre des applaudissements à la fin. Et quand les gens chantent, pour moi le plus fou, c'est ça. C'est quand les gens chantent tes trucs. Quand t'entends le public qui chante tes conneries. T'as écrit une vanne et tout le monde la reprend en chœur. J'adore. Je suis fan de foot. Ce truc-là de l'unisson d'un stade, d'une tribune qui chante et tout, je trouve ça incroyable. Ça me fout les poils. Donc ça, quand j'étais petit et que j'allais voir des matchs à la Vaujoie, j'avais déjà ce truc-là. Et donc d'une certaine façon d'être un peu le speaker, le truc de recevoir ce truc là, enfin c'est... ouais c'est énorme. Plus la salle est grosse,
- Speaker #1
plus le festival est gros, plus c'est important la sensation, plus elle est forte ?
- Speaker #0
Je sais pas parce qu'en fait bizarrement, je sais pas si j'irais jusqu'au cliché de dire ouais je préfère jouer dans les petites salles et tout, mais il y a un peu de ça quand même. C'est-à-dire que plus les gens sont loin, plus les gens sont nombreux, plus ils sont dilués, moins ils existent vraiment, ou je sais pas comment dire,
- Speaker #1
tu les vois pas.
- Speaker #2
C'est abstrait.
- Speaker #0
C'est abstrait, on va dire. Alors que quand t'as les gens vraiment devant toi, je vais même pas dire c'est quoi la capacité parfaite, je sais pas s'il y a vraiment une capacité parfaite. Là, sur cette tournée, on a fait pas mal de trucs, entre 1000 et 2000, et ça, c'est quand même pas mal, parce que tu vois quand même les gens un peu jusqu'au fond, et ça fait du bruit quand même, ça commence à se manifester, ça fait quand même un carnage. Après, quand c'est une foule énorme qui reprend, forcément, t'as peut-être les poils fois 10, parce que c'est quoi ce délire ? Quand on était au Hellfest, et que tu vois tous ces gens jusqu'à perte de vue, qui gueulent et tout, c'est fou. Pour répondre à la question, j'arrive même pas trop à répondre, parce qu'en fait, c'est quand même incroyable quand il y a beaucoup de monde au site.
- Speaker #2
Est-ce que des concerts attendus, où il y a un peu de pression, type le Hellfest, où c'est pas forcément que votre public, par exemple, est-ce que c'est des concerts dont on a conscience ? En fait, j'ai l'impression que souvent, les artistes, la première fois qu'ils font ce genre de trucs, ils sortent de scène quasiment, ils se rappellent de rien.
- Speaker #0
À chaque fois qu'on a fini une scène comme ça, il y avait un truc un peu... déconnecté de qu'est-ce qui s'est passé quoi ouais qu'est ce qui s'est passé les deux dernières fois parce qu'on a joué trois fois on a joué aussi au 2008 on a joué aussi au fury fest mais bon c'était pas le fest je sais que les deux dernières fois qu'on a joué immédiatement en sortant moi je suis sûr putain j'ai pas réussi ça ou ma voix elle a pas réussi ce truc précis ou tu vois je suis encore sur l'insatisfaction tout de suite après ouais parce que c'est tellement énorme comme comme moment C'est pas une raison. Enfin, je veux dire, il y a plein de gens qui pourraient se dire, vas-y, on s'en fout, justement, c'est énorme, profite, machin. Et moi, sur le moment, je suis encore sur, putain, mais... Ah, c'était pas maintenant, quoi, tu vois. Pas après tout ce que tu as fait, du pur Zidane. Et là, je me dis, merde, non. Et je me fais une montagne d'un truc qui, finalement, je vais m'en rendre compte après, quelques minutes, heures après, que je suis énorme, mais on s'en fout, quoi. C'est tellement incroyable. Mais le tout premier réflexe pour moi, ça a été ça. Et puis derrière, tu croises des gens qui... te disent putain c'est fou machin, ensuite tu revois la vidéo tu fais ah ouais quand même c'est impressionnant et puis voilà c'est bon, et même si tu sais que le petit truc tu l'as pas bien réussi ou tel speech t'es un peu emmêlé ou je sais pas quoi bah en fait on s'en branle quoi genre vraiment, mais sur le moment il y a ça ouais et puis un petit truc de qu'est-ce qui vient de se passer quoi.
- Speaker #1
Et genre là le prochain concert Wildfest qui va quand même être un gros machin, ça t'angoisse d'avance ou pas du tout ?
- Speaker #0
Eh bah bizarrement ce qu'on se faisait la réflexion là quand on en parlait ensemble, on se rendait compte qu'on était beaucoup plus serein Mais ça, c'est un peu logique. Déjà, tu as l'expérience de ces scènes-là, même si ça fait quand même 7 ans qu'on ne l'a pas fait. Forcément, on sait qu'on va avoir un vertige encore parce que ce n'est pas normal de se retrouver devant autant de monde. Mais il sera forcément moins... C'est impossible qu'il soit aussi gros qu'en 2017. Déjà, en 2019, il était moins gros qu'en 2017. C'est sûr qu'il sera moins gros, le vertige. Et puis, on a beaucoup plus d'assurance dans ce qu'on fait parce qu'on a passé des caps aussi techniquement. On a plus de bouteilles, tout simplement. Et puis, on a aussi enchaîné une tournée des zénithes. Donc ça, quand tu fais une tournée de Zénith, forcément, tu te mets un peu dans les... La scène est très grande, quoi. Donc tu te mets déjà dans cet espace... Il n'y aura pas ce truc de... Mais oh là, je vais où et tout ? Oh merde, je n'ai pas le temps de revenir au micro et tout. Je te dis ça, ça se trouve, ça va m'arriver. Ça m'arrive des fois encore, tu vois. Mais c'est une histoire d'habitude. Après, effectivement, le monde devant, je ne sais pas combien de personnes il y aura, mais forcément qu'il y aura un petit vertige.
- Speaker #2
Au moins 4 ou 5.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. Donc ça, c'est sûr. Mais oui, mais on se chie moins dessus pour répondre... 2017 en fait c'était horrible parce qu'on jouait à 1050 et juste avant c'était le groupe du batteur de Motorhead qui jouait avant on va voir comme ça, on monte sur la scène, on regarde un petit peu de loin voir le monde qu'il y a, et en fait c'était quand même assez clairsemé, c'était assez épars il y avait du monde mais c'était genre largement encaissable et là on fait ok, bon bah ça va être ça puisqu'on joue dans 20 minutes, ça va être ça quoi et en fait quand on revient, on fait nos échauffements, nos trucs, on revient Et là, en fait, on voit une marée humaine. Et on fait, mais c'est pas possible. C'est pour ça que tout à l'heure, je disais que ça a été un vrai déclic. C'est qu'on a compris à ce moment-là que les gens venaient pour nous. Et donc, ça a été choquant pour nous, en 2017, d'avoir autant de monde. À un point où ça nous a fait vraiment jouer Manard, Batterie, jouer les morceaux x1,5 et tout.
- Speaker #2
Tout le monde accélérait, tout le monde...
- Speaker #0
C'était très vivant, très sincère, très humain.
- Speaker #2
On va terminer sur On se chie moins dessus. Bien sûr, c'est très bien. C'était une bonne chute. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation.
- Speaker #1
Merci à vous. On croise les doigts pour le LFM. Normalement, quand l'épisode sortira, le concert aura déjà eu lieu. Donc voilà, on laissera les gens dans les commentaires nous dire ce qu'ils en ont pensé. Si vous voulez vous abonner à nos réseaux sociaux, au podcast, nous laisser des petits commentaires, ce sera avec grand plaisir. Et puis nous, on vous retrouve dans quelques temps. On espère plus de temps possible.
- Speaker #2
Merci François, merci Nicolas. Et on remercie Charlie Clouet pour le mixage et Frédéric Maton pour la musique. A très bientôt.