- Speaker #0
Quand je prends le métro, on va dire deux, trois fois par semaine, je vois à l'autre bout du wagon quelqu'un qui tout à coup a les yeux qui brillent et un grand sourire quand il me voit.
- Speaker #1
très connu, le podcast précédemment connu sous le nom de La Fame. Si vous voulez un petit peu plus d'infos, allez écouter l'épisode précédent qu'on vient de poster pour avoir un peu plus de détails. Aujourd'hui, épisode un peu spécial, puisque c'est le premier qu'on enregistre à distance avec les petits problèmes techniques qu'il peut y avoir. Donc, s'il y a des petits soucis, ne nous en voulez pas. Mais on a un invité vraiment très, très sympa qui est prêt à se plier à nos désidératas. Donc, je te laisse la parole, Pierre-François, pour le présenter rapidement.
- Speaker #2
Merci, François. Aujourd'hui, on reçoit Marc Lacombe, alias... Marcus, journaliste, présentateur et l'un des visages les plus marquants du jeu vidéo en France. A l'époque de Level One sur la chaîne Game One, tu incarnais ce grand frère rêvé aussi drôle que maladroit que tout le monde regardait, même ceux qui se fichaient complètement des jeux vidéo. Tu as même réussi à nous faire croire, mais attends... cool d'être adulte, en fait ça a l'air génial, on peut être payé pour faire des jeux vidéo. Et évidemment, la réponse est apparue plus tard, non, non, non, c'est complètement nul d'être adulte, mais ça peut devenir un véritable métier, tu as été le premier à être payé pour qu'on te regarde jouer à des jeux vidéo, et tu es vraiment un symbole pour toute une génération, la nôtre, mais aussi la jeune génération, tu les as toutes. passer. Avant de rentrer en détail dans ton parcours, je voudrais d'abord savoir ce que représente la célébrité pour toi et ce que tu te considères comme quelqu'un de célèbre.
- Speaker #0
Déjà, merci pour le portrait qui était très gentil. Et ce que je retiens du portrait surtout, c'est que les gens qui me connaissent et me regardent depuis plus de 30 ans maintenant, me considèrent comme un copain et pas comme une star, justement. Donc voilà, moi je ne me considère pas comme très très connu en fait. Alors du coup, c'est raté pour votre titre, les gars. Je suis désolé. Là, il va falloir... On arrête l'émission. Pas très très connu devant le titre, le nouveau titre. Je pense que mon cas est un peu particulier. Du coup, il est intéressant pour vous, je pense, effectivement. Mais en gros, je pense que la majorité des Français ne me connaissent pas. Parce que même si ça fait 30 ans que je fais ce métier et 30 ans que je suis à l'antenne sur Game One, Game One reste une chaîne spécialisée dans le jeu vidéo. donc déjà il faut s'intéresser aux jeux vidéo pour la regarder et ensuite c'est une chaîne qui est née en 98 sur le câble et le satellite donc il fallait avoir CanalSat, TPS maintenant Orange, la Freebox etc pour y avoir accès donc ça veut dire que c'est pas la majorité des français et d'ailleurs je vois beaucoup de spectateurs qui me disent je regardais Game One quand j'étais ado mais je n'avais pas Game One à la maison, j'allais le voir chez mon meilleur ami, j'allais le voir chez ma grand-mère chez mes parents parce que mon père était divorcé et il avait Game One, je préfère aller chez lui ce genre de considération. Donc si tu veux, ça fait une sorte d'entonnoir qui fait que par rapport à la majorité de la population française, ben voilà, peu de gens me connaissent. Je sais que vous avez reçu Elie Semoun, ben tous les Français connaissent Elie Semoun, mais peut-être que tous les Français ne s'y intéressent pas. Je prends toujours le cas de Jean-Pierre Foucault. Tout le monde connaît Jean-Pierre Foucault, mais en fait, tout le monde s'en fout un peu. Et s'ils le voient dans la rue, ils vont rien avoir à lui dire en fait. Ils vont le voir à l'hippopotamus, ils vont dire « Ah bah Jean-Pierre Foucault, il aime les frites, dis donc ! » Tu vois, et ça va s'arrêter là. Moi, il y a peu de gens qui me connaissent, mais ceux qui me connaissent me connaissent vraiment, me considèrent comme un vieux pote, comme tu l'as dit. Et on a plein de choses à se raconter, parce qu'on a la même passion commune qui est le jeu vidéo. Et ça fait 30 ans qu'à travers mes tests et mes émissions, je leur recommande des jeux vidéo, ou je ne leur recommande pas les jeux qui sont pourris et qui coûtent... trop cher, etc. Donc on a une relation très très particulière, qui pour moi n'est pas du tout une relation de star, c'est pas du tout comme une vedette de la télé, du cinéma, de la chanson, voilà, c'est vraiment un truc très très particulier. Ce qui veut dire que... Ça peut vous intéresser,
- Speaker #1
effectivement. Ce qui veut dire que quand tu croises des gens, déjà, ils ont l'impression d'avoir un lien très très fort avec toi immédiatement, c'est-à-dire qu'ils ont l'impression de te connaître vraiment intimement depuis très longtemps.
- Speaker #0
Ah oui, oui, c'est très étonnant. Je fais beaucoup de salons et tu sais, tous les week-ends en France, il y a un salon de geek, de manga, de jeux vidéo, super-héros, etc. Maintenant, quasiment tous les week-ends, il y en a un. J'ai un petit stand avec un coin salon pour papoter, quelques bornes d'arcade pour faire patienter les gens plutôt qu'ils soient derrière une file d'attente. Et ils viennent me rencontrer comme ils viendraient retrouver un vieux pote de lycée, en fait. Et ce qui est très étonnant, c'est que... Ben oui, oui, ils me connaissent très très bien. Aussi parce que mes émissions... J'ai créé en 90 ce qu'on appelle du let's play aujourd'hui. Ça consiste à jouer à un jeu vidéo et à commenter en même temps. Et à un peu raconter sa vie aussi parfois. Parce que quand il y a un temps de chargement qui est un peu long avec un écran noir, je raconte que en venant j'ai crevé un pneu avec ma 106 et j'ai dû réparer sous la pluie, etc. Donc ils savent quelle voiture j'ai, ils savent comment s'appelle mon chat, etc. Parce qu'au fil des émissions, je me livre un petit peu à travers le jeu vidéo. et j'essaie de faire passer quelques valeurs de... On va dire de bienveillance, de gentillesse, et ce genre de trucs. Donc ils me connaissent effectivement très bien. Et ce qui est surprenant, c'est que j'ai l'impression de les connaître aussi. Parce qu'avant même qu'ils aient ouvert la bouche, quand ils viennent me voir, je sais qu'ils aiment les jeux vidéo, je me doute qu'ils adorent Star Wars et les Simpsons comme moi, qu'ils aiment le jeu de rôle, qu'ils aiment aussi le jeu de société, le rock, Retour vers le futur, enfin voilà. Je sais d'avance qu'on a un milliard de points communs, Et je n'ai pas besoin d'aller... très loin chercher un sujet de conversation, ça vient tout naturellement, et je passe entre 5 et 10 minutes avec chacun, avec grand plaisir, vraiment.
- Speaker #2
Est-ce que tu étais le premier à faire du let's play ?
- Speaker #0
Oui, oui, en France, on n'avait aucune chaîne qui s'intéressait aux jeux vidéo, à part Game One, et nous, on avait une grille à remplir, donc avant Game One, je travaillais pour Canal+, sur une émission qui s'appelait Cyber Flash, on faisait des tests de jeux vidéo, des petites vidéos de 2 minutes 30 à peu près, Pour faire ces 2 minutes 30, il fallait jouer au jeu 5, 10, 20 heures, filmer 4, 5 heures de jeu, dérusher, écrire un texte, faire un montage, une voix off, et tout ça prenait au minimum 2 jours pour 2 minutes 30. Donc tu vois, quand on a une grille entière de 24 heures à remplir pour une chaîne tout à coup, pas juste pour une émission, il est clair qu'on ne peut pas fonctionner comme ça, ce serait un travail de titan. Donc moi l'idée que j'ai eue, c'était de dire Je vais parler de jeux vidéo à la télé comme on en parle à ses amis. Quand on a un pote qui vient à la maison, il s'assoit à côté de nous sur le canapé. On joue ensemble pendant 20 minutes, 1 heure, 2 heures. Et puis au bout d'une heure, il sait s'il a envie d'acheter ce jeu ou pas. C'était ça mon idée de base. Et puis après, on a l'idée de le faire sur fond vert pour être incrusté dans le jeu. Un peu comme si c'était un personnage de jeu vidéo. C'est venu assez vite aussi. Et le résultat, c'est un truc très convivial. Parce que moi, je suis plutôt quelqu'un de timide à la base. Quand je vais à la boulangerie et que je ne suis pas Marcus, je chuchote, je voudrais deux baguettes s'il vous plaît. Ça me fait beaucoup rire. Justement,
- Speaker #1
ce format-là a créé un rapport immédiatement avec le spectateur, quelque chose d'intime, comme tu le dis. Et peut-être que ce lien que tu as avec les gens vient du fait que finalement, tu étais dans une forme de détente par rapport à d'autres animateurs.
- Speaker #0
Exactement, oui. En fait, je n'avais pas le stress de la caméra parce qu'on tournait dans un tout petit bureau. C'est vraiment un bureau, en fait. j'avais ma console, mon écran de retour et en face de moi Pierre le réalisateur et Cédric l'ingénieur du son et entre les deux une caméra et moi mon truc c'était d'essayer de faire rire mes deux potes dans la pièce à travers des petites vannes avec le jeu comme je faisais 5 jeux par semaine j'avais pas le temps de devenir bon à chacun d'entre eux donc je suis un peu maladroit par nature donc c'est un peu Pierre Richard faire du fait de jeux vidéo quoi je tombais dans des trous Ouh ! J'appelais l'ascenseur, l'ascenseur me tombait sur la tête. C'était des trucs comme ça.
- Speaker #2
C'est aussi pour ça que le public t'appréciait. C'est que le gars de la télé jouait comme nous. Il se plantait, il se gamellait. Il n'avait pas fait 10 000 fois le jeu.
- Speaker #0
Exactement. Oui, tout à fait. J'étais vraiment dans les conditions d'un joueur normal. Si ce n'est qu'un joueur normal, quand il a payé un jeu 60 euros, il va y jouer très longtemps et beaucoup. Il va finir par devenir bon. Moi, avec 5 jeux par semaine, malheureusement, je n'avais pas plus d'une demi-journée pour chaque jeu, pour le préparer, pour trouver les 20 minutes les plus intéressantes. On appelait l'émission Level 1 par feignantisme pour s'en tenir au premier niveau. C'était un peu une sécurité, un peu un contrat, en se disant, on fera que le premier niveau, comme ça, on n'aura pas à se taper tout le jeu. Mais en réalité, non, il y avait des moments où le premier niveau n'était pas intéressant, où c'était juste un tutoriel avec appui sur A pour sauter, appui sur croix pour tirer. Et ce n'était pas très intéressant, donc il fallait aller jusqu'au troisième niveau pour que ça devienne... intéressant. Donc chaque fois, il fallait que je joue suffisamment pour me faire mon idée du jeu et puis pour avoir les 20 minutes, le créneau de 20 minutes en temps réel. Il n'y a pas de montage, du coup. Les 20 minutes les plus intéressantes et qu'il n'y ait pas 10 minutes de cinématique, par exemple, au milieu où on ne joue pas et on regarde juste quelque chose. Donc c'était vraiment les mêmes conditions qu'un joueur. Et comme tu dis... Un peu maladroit en plus. Je pense que c'est valorisant aussi pour le spectateur de se dire « Bon, je joue mieux que lui quand même. » Et puis un côté, c'est attachant d'avoir quelqu'un qui est un peu maladroit, je trouve aussi.
- Speaker #2
Est-ce que tu as senti rapidement que l'émission avait quelque chose de culte ?
- Speaker #0
Non, on était très surpris au début parce qu'on faisait... Enfin, je pense que comme beaucoup d'artistes, on travaille dans son coin, dans un petit studio, moi dans mon petit studio avec Pierre et Cédric. On se doute qu'il y a des gens qui regardent. Mais tant qu'on ne les a pas en face de soi, on ne mesure pas vraiment en fait. Donc voilà, les premières fois où on allait en pur touriste sur des salons de jeux vidéo, des salons de geek, et que tout à coup on m'arrêtait tous les 3 mètres pour me dire « Ah mais on regarde Novel One, c'est super ! » Là j'ai pris conscience du fait qu'il y avait beaucoup de gens qui regardaient en fait. Parce qu'en plus comme c'était le câble et satellite, c'était pas France 2 ni TF1, donc on avait une audience confidentielle par rapport à ces grandes chaînes. Mais c'était vraiment, par contre, en milieu geek, et parmi les gamers de cette génération, tous me connaissaient quasiment, même s'ils n'avaient pas Game One. Les potes qui avaient Game One leur parlaient de Game One, évidemment, puisque c'était la seule façon de voir des jeux vidéo qui bougeaient. Il faut se dire que c'est une époque où il n'y a pas encore Internet. On a commencé en 98 et YouTube est arrivé en 2007. Et les seules sources d'infos qu'on a quand on est gamer, c'est les magazines de presse écrite. Donc nous, on était les seuls à montrer vraiment le jeu tel qu'il était, en plus, avec Level 1. Donc tout de suite, les gamers ont adoré ça. C'était la source d'info principale pour eux. Il fallait juste avoir CanalSat. C'est pour ça que je t'ai dit que le nombre de gens qui me connaissent est réduit, en fait. Mais il est étendu parce qu'ils allaient jouer chez des amis, etc. Et accessoirement, le fait qu'ils aillent jouer chez des amis, d'ailleurs, ou chez des parents, ça a créé des liens hyper forts entre eux. Pour eux, Game One, c'est un très bon souvenir d'enfance, aussi parce que c'est lié à quelqu'un de leur famille. de leurs proches, parmi les amis. Et moi, je suis devenu un ami, je fais partie de la famille pour les gamers. C'est un peu contagieux tout ça. Donc, j'adore ma notoriété, qui est, en gros, personne ne me connaît, sauf des gens qui potentiellement m'aiment bien et à qui j'ai des choses à dire. Ça, c'est génial. Moi, j'ai croisé une fois Johnny Hallyday au futa de Jarmer. C'était horrible. tous les deux mètres un mec disait, hey Johnny pour les bikers et je pense qu'il aurait rien à foutre à France.
- Speaker #1
T'as pas l'équivalent hey Marcus pour les geeks, non ça existe pas.
- Speaker #0
Non j'ai pas ça mais j'ai des... Tu vois quand je prends le métro, on va dire 2-3 fois par semaine, je vois à l'autre bout du wagon quelqu'un qui tout à coup a les yeux qui brillent et un grand sourire quand il me voit et c'est génial de faire cet effet là à des gens j'étais dans le métro il y a pas longtemps et il y avait un gars en face de nous J'ai eu. pas vu, j'avais pas calculé qu'il m'avait repéré. Et ma femme m'a dit, mais quand il s'est assis et il t'a vu, on a l'impression qu'il avait vu la Vierge, une apparition à Lourdes. Et effectivement, quand il est descendu, il n'a pas osé me parler, en fait. Mais au moment où il est descendu à sa station, il s'est penché vers moi, il fait, oh Marcus, merci pour les émissions. Et hop, il est parti. Et je ne l'ai pas vu venir. Et ma femme m'a dit, vraiment, quand il est rentré, c'était évident qu'il t'avait reconnu. Mais moi, j'avais la tête ailleurs, je ne l'ai pas vu. Mais c'est très mignon, tu vois. Les gens sont très respectueux.
- Speaker #2
En revanche, est-ce qu'il y a un côté un peu plus dérangeant ? C'est-à-dire que comme les gens te considèrent comme leur pote, j'imagine qu'il y a des jours où toi, tu es de mauvaise humeur, il t'est arrivé une broutille dans la journée. Est-ce que ce n'est pas parfois fatigant que les gens te prennent pour un pote, même quand ils ne te connaissent pas, surtout sur un jour où toi, tu n'es pas forcément prédisposé à être comme ça ?
- Speaker #0
Alors moi, je suis plutôt un bisounours. Je suis vraiment de mauvaise humeur. Je te rappelle que je suis payé pour jouer depuis 30 ans quand même. Donc tous les jours, je me lève en me disant « Ah chouette, je vais encore jouer à un jeu vidéo et on va me donner de l'argent pour ça. » C'est génial. Je suis rarement de mauvaise humeur. Après, la vie peut faire qu'il y ait des moments où tu n'as pas du tout envie de rigoler et tout ça. Franchement, je ne suis pas embêté par ça parce que les gens sont très respectueux. Ils demandent toujours. Je ne veux pas vous déranger, excusez-moi. Ils me vouvoient souvent. En premier mouvement, je leur dis tout de suite tu peux me tutoyer, il n'y a pas de souci. Je suis plus âgé aussi. Les gens qui me regardent sont souvent plus jeunes que moi. Donc il y a peut-être ce respect des aînés intuitifs. J'ai vraiment beaucoup de chance. Mon public, c'est des gens un peu comme moi, j'ai envie de te dire. Ils sont plutôt bienveillants, bien élevés. Qui ne se jettent pas sur moi. Qui avancent à pas feutrer. Qui me font un petit sourire. me montrent qu'ils m'ont reconnu et me demandent si on peut prendre une petite photo. J'ai vu en revanche des Youtubers comme Squeezie et Cyprien, mais vraiment pris d'assaut à l'appareil Games Week. Et là, ça c'est très désagréable. C'est-à-dire que c'est un peu comme les Beatles. Les gens crient, se bousculent sur leur passage. Les gens leur sautent dessus en mode « Vas-y, un selfie, vas-y, fais pas ta star ! » C'est vraiment, il n'y a pas de « Bonjour, s'il te plaît, merci ! » C'est vraiment...
- Speaker #1
Mais tu as l'avantage, toi, je pense, par rapport à eux, d'avoir un public qui est sûrement un petit peu plus âgé, et donc les Youtubers, eux, peuvent être assaillis par des enfants de 10 ans qui n'ont aucune retenue et qui ne comprennent pas, en fait, le fait que la personne en face d'eux est une vraie personne et pas juste quelqu'un qui est dans l'écran. Oui, oui, c'est vrai.
- Speaker #0
Ils considèrent qu'ils leur appartiennent, ce qui est un peu logique dans le sens où des gens comme Squeezie Cyprien ont commencé collégiens dans leur petite chambrette avec juste une webcam. donc ils étaient exactement comme leur public. Il n'y a pas la distance habituelle d'une star, d'une vedette, etc. C'est des étudiants qui regardaient d'autres étudiants ou même des écoliers, quasiment. Ils se sentent hyper proches tout de suite et ils ont entretenu aussi cette proximité. Je pense que des gens comme Scusi et Cyprien sont sincèrement très contents au début de leur carrière de se dire « Je fais rire des gens et ça peut être mes potes dans la vraie vie. » Je pense qu'ils sont partis dans cette idée-là. ça fait partie des pionniers du game là-dedans et je pense qu'ils sont partis avec l'envie déjà de faire rire leurs potes de faire un truc un peu artistique et de plaire à des gens mais pas forcément un maximum de gens et ils ont été débordés par le nombre quand il y a des millions de spectateurs tu ne peux pas être ami avec chacun des spectateurs moi je ne peux pas être ami avec tous les gens qui me regardent mais je peux encore avoir une vraie relation et pas juste c'est... faire un selfie et partir en courant. Donc, moi, je savoure ça. Et j'ai envie de te dire, je n'ai pas envie que ça change. Je n'ai pas envie d'aller demain sur France 2 et que tout à coup, toute la France me connaisse et qu'ils s'en foutent un peu. Je n'ai pas envie d'être dans le métro avec quelqu'un qui me regarde un peu de loin en disant je connais sa tête, mais je ne sais pas qui c'est. Ça, je pense que c'est la pire notoriété. Parce que c'est quand même dérangeant et au final, on n'a rien à se dire. Moi, les mecs ne me connaissent pas et ceux qui me connaissent vraiment, ils me connaissent bien. Donc, on a des choses à se dire. Ça, ça me va.
- Speaker #2
Et justement, est-ce qu'il y a eu des propositions de plus grosses chaînes de télé ? Tu parlais de France 2, M6, quand Level 1 s'est terminé, ça n'intéressait pas des gros médias ? D'essayer de reproduire ce succès, mais pour une échelle plus grand public, on va dire ?
- Speaker #0
Écoute, pendant une dizaine d'années, je dirais, entre 2000 et 2010, moi j'essayais de proposer des émissions de jeux vidéo à la télé, et vraiment c'était un un parcours du combattant. Je travaille avec des producteurs, on a fait plusieurs concepts d'émissions assez grand public, c'était du jeu vidéo grand public, mais déjà systématiquement on nous disait, ah alors le jeu vidéo, d'accord, l'unité jeunesse c'est le bureau 312 quoi. Et t'as beau leur dire, la moyenne d'âge du joueur en France c'est 39 ans, il y a autant de garçons que de filles qui jouent, non, ça reste dans leur tête, c'est un truc pour les ados attardés avec des boutons sur la figure, qui n'ont pas d'amis et qui deviennent horriblement violents, bien sûr, puisqu'ils jouent aux jeux vidéo. Et que les jeux sont violents. C'est ridicule, mais c'est comme ça. C'est des clichés qui ont la vie dure. J'ai essayé pendant 10 ans. J'ai fini par renoncer. On a failli y arriver sur France 2 à une époque, avec Yves Bigaud qui était directeur des programmes et qui est le gars qui avait créé les Enfants du Rock dans les années 80. Qui donc, lui, avait eu le courage de mettre à la télé du rock ce qui était la musique du diable. Et qui était diabolisé tout autant à l'époque que l'est le jeu vidéo encore aujourd'hui. Et il nous avait dit Merci. Une émission hebdomadaire de jeux vidéo, pourquoi pas, mais il faut y aller doucement. Il faudrait faire un one-shot où vous embarqueriez un animateur ou une animatrice de France 2 dans votre univers de jeu pour ensuite peut-être espérer, si ça marche, faire quelque chose de bien. Il y avait l'idée pour les vacances de Pâques de faire une émission qu'on aurait appelée la brigade des jeux où une équipe d'experts aurait entraîné quelqu'un comme Sophie Davant, qui représentait la mère de famille. qui ne connaît pas forcément les jeux, mais qui est quand même ouverte. Et on l'aurait fait jouer à des jeux Nintendo, peut-être d'abord ? ou un guitarero, ou tu vois, des trucs comme ça. Et pour l'emmener après, peut-être, vers un Call of Duty ou des choses comme ça. Donc c'était un peu le concept.
- Speaker #1
C'était très envie, en tout cas, Sophie, d'aller jouer à Call of Duty.
- Speaker #0
J'ai très envie de voir ça. Donc ça aurait pu se faire, et Yves Bigaud a été débarqué, genre, deux mois après. Donc il a fallu refaire ça. On avait mis peut-être six mois à avoir le contact, à se rencontrer, à faire des trucs. Et il a été débarqué, remplacé par un autre directeur des programmes, et donc tout est à refaire. Et on a un peu eu le courage. Donc voilà. Donc tout ça pour te dire, la télé ne s'intéresse pas aux jeux vidéo presque par nature, tout simplement parce que quand tu joues à un jeu vidéo, tu prends l'écran de la télé pour mettre ta console, et je pense qu'instinctivement la télé a un instinct de survie, qui fait que non seulement ils ne s'intéressent pas aux jeux vidéo, mais dès qu'ils peuvent le dézinguer, ils le font. Donc c'est pas calculé, je ne suis pas en train de te dire qu'il y a un complot, mais je pense qu'instinctivement les gens de télé se méfient énormément du jeu vidéo.
- Speaker #2
Comme ils l'ont été avec les Youtubers.
- Speaker #0
Exactement. Et le peu de fois où ils ont récupéré des Youtubers, ça n'a pas marché. De la même façon que quand le cinéma essayait de récupérer des Youtubers, ça ne marche pas. Je pense que chaque truc a son support. Nous, on a eu la chance de faire ça sur CanalSat et quand même un peu à la télé avec GameOne. Mais naturellement, le territoire du jeu vidéo, en tant que média, c'est le net, évidemment. Parce que tu peux avoir tous les formats. Tu peux avoir des trucs très longs. Twitch, moi je fais... Des streams sur Twitch, ça dure 3 heures. Et c'est super, et je me marre bien. Et j'ai l'interactivité avec les gens, qui renforce la proximité.
- Speaker #1
Mais est-ce que ça a augmenté depuis que tu es devenu streamer et un peu YouTuber, d'une certaine façon ? Est-ce que ça a changé ta notoriété ? Est-ce que ça l'a développé, ou est-ce que tu as récupéré exactement les mêmes gens qui regardaient Game One avant ?
- Speaker #0
Je pense qu'il y a un peu plus de gens qui me regardent sur Twitch, bien sûr, puisqu'ils ne me voient plus à Game One. Donc ils se rabattent un peu sur Twitch. Je ne sais pas si c'est des gens qui me regardaient à la télé et qui ne venaient pas sur le net, qui m'ont suivi sur le net finalement, ou si c'est des nouveaux, j'ai du mal à m'en rendre compte. Je commence à avoir les enfants des premiers téléspectateurs, des gens qui me regardaient quand ils avaient 15 ans. Aujourd'hui, ils ont des enfants et leurs enfants ont 15 ans eux-mêmes. Donc c'est assez perturbant. Ça te met un gros coup de vieux et en même temps ça fait plaisir. Parce que ça se transmet, c'est un petit plaisir qui se transmet de génération. en génération. Et ça, je trouve ça fou. Donc maintenant, comme tu l'as dit, je couvre déjà deux générations, bientôt trois si ça continue. C'est très agréable en fait.
- Speaker #2
Comment tu l'as appris quand tu as vu, je dirais une dizaine d'années à peu près, l'arrivée de Twitch et en gros des gens sur YouTube ou sur d'autres médias qui jouent aux jeux vidéo, qui faisaient exactement ce que tu faisais à la fin du XXe siècle, jadis. Et en fait, c'est un format qui a explosé, qui est devenu nouveau il y a à peu près une dizaine d'années, alors que toi, ça fait 30 ans que tu fais ça. Moi,
- Speaker #0
je suis très content qu'aujourd'hui, tout le monde puisse le faire avec son téléphone portable. Nous, quand on l'a fait, il fallait un studio, un fond vert, des machines pour récupérer l'image du jeu et la mélanger à celle de l'animateur, et surtout un canal de diffusion. Aujourd'hui, n'importe qui prend l'appli Twitch sur son téléphone, appuie sur live et c'est parti donc nous on a eu cette chance d'avoir les moyens techniques de faire ça dès 1998 aujourd'hui tout le monde peut le faire, je trouve que c'est super que tout le monde puisse le faire je regrette juste qu'on puisse pas déposer un concept parce que sinon je serais comme Squeezie c'est plus comme Crésus mais t'avais déposé la marque quand même j'ai déposé la marque à un moment, oui mais tu peux pas déposer le concept sinon Big Brother Tous les trucs de télé-réalité devraient être de l'argent à Big Brother, qui est le premier truc original, quasiment. Donc, non, non, j'avais juste déposé le nom à un moment, puisque, je ne vais pas rentrer dans les détails, mais on avait été racheté par Infogram, qui était un fabricant de jeux vidéo pas terrible. Ils voulaient qu'on dise du bien de leur jeu, et moi, j'avais la confiance des gens, justement, et j'ai tenu à la garder. Et donc, j'ai démissionné en claquant la porte et en disant, je ne veux pas vous mentir et vous vendre des jeux pourris. Moi, mon truc, c'est de vous dire si un jeu est bien ou pas. Merci. Et si je reste ici, je vais être obligé de vous mentir. Donc je suis parti. Et je crois que ça fait partie aussi de ma notoriété, le fait que les gens savent que j'essaie d'être le plus honnête, transparent et sincère possible, et qu'on peut me faire confiance. Et ça, c'est un point très important pour moi. C'est pour ça que je suis parti, parce que je ne voulais pas trahir les gens qui me regardaient et qui m'aimaient bien depuis deux ans ou trois ans, je crois, quand c'est arrivé. Donc, je pense que si j'étais resté, il y a plein de gens qui auraient dit « Ah oui, Marcus, au début, il était bien, mais après, il s'est devenu un vendu et pour de l'argent, il disait du bien de jeu, etc. »
- Speaker #2
Ça a dû être assez vertigineux quand même de quitter, parce que justement, c'était la seule émission, la seule chaîne où tu pouvais faire ce métier-là que tu faisais. d'en partir, tu ne sais pas si tu vas pouvoir le refaire sur un autre média.
- Speaker #0
Ah bah clairement, clairement. Je suis parti en 2000 et 2001 et encore une fois, YouTube n'est arrivé qu'en 2007. Donc il y a eu quand même un temps, pas une traversée du désert parce que j'ai continué à travailler notamment avec Micromania. Oui,
- Speaker #1
mais je voulais te parler de ça justement, je me permets de t'interrompre, les périodes Micromania, j'ai un souvenir qu'on t'avait à la fois célébré pour le fait d'être parti de Game One parce qu'Infogram allait t'imposer des choses. Et en même temps, t'allais chez Micromania, et là, je crois qu'il y a eu une petite confusion, de genre, oulala, mais en fait, il est vendu, mais il est chez Micromania.
- Speaker #0
Exactement ! Alors, c'est génial, parce que justement, j'ai échappé à ça. Par miracle, je pense. Enfin, peut-être pas par miracle, mais je pense que les gens ont compris, en réalité. Ce qui se passait, c'est que déjà, j'ai commencé à travailler pour le site Internet Micromania, qui était le site de jeux vidéo qui mettait les plus mauvaises notes au jeu. Gamecule, jeuxvideo.com mettaient des meilleures notes qu'eux. Parce qu'eux, ils étaient Micromania, donc Micromania leur disait, oui, on vend des jeux, mais pas n'importe quoi. On ne se fout pas de la gueule de nos clients. Et à l'époque, je me souviens très bien que c'était comme ça en magasin. Et que l'esprit à Micromania, le brief des vendeurs, c'était de dire, si quelqu'un vient t'acheter un jeu et tu sais qu'il n'est pas bon, dis-lui, attends plutôt la semaine prochaine ou un mois, il y a un autre jeu qui sort qui sera beaucoup mieux, tu verras. Garde tes sous pour celui d'après. Aujourd'hui, ça a changé. On leur demande de vendre un peu tout et n'importe quoi, peut-être, mais en tout cas, il y avait cet esprit-là chez Micromia, vraiment, en interne. Et le site était le reflet de ça. Donc d'abord, j'ai travaillé pour le site, et on m'a vraiment laissé écrire ce que je voulais quand j'ai fait des tests. Et ensuite, à la sortie de la Gamecube, on m'a demandé de faire une présentation de la Gamecube et de mes jeux préférés de la Gamecube. Donc c'était super de pouvoir faire ça. Et comme ça a beaucoup plu à Micromania Aïe ! spectateurs et aux clients de Micromania, on s'est dit que ce serait pas mal chaque mois que tu choisisses tes 4-5 jeux préférés et que tu fasses une vidéo sur ces 4-5 jeux préférés. Et c'est moi qui les choisissais, on m'a jamais imposé aucun jeu, etc. Donc dans ces conditions, je trouvais que je pouvais tout à fait garder la tête haute et être sincère dans ce que je faisais. Et même dans les jeux que j'aimais, s'ils avaient des défauts, je pouvais parler de ces défauts. C'était paradoxal, mais j'avais une liberté totale chez Micromania. Bien mieux que Game One dans cette période-là, quand c'était contrôlé par Infogrames. Alors après, il faut dire qu'Infogrames, à force d'être mauvais, ils se sont tirés une balle dans le pied tout seul, ils n'existent même plus aujourd'hui, et ils ont failli couler Game One, je pense, peut-être au passage. Et aujourd'hui, Game One était redevenu quelque chose de totalement respectable, et on était libre de dire ce qu'on voulait, etc. Donc voilà, il ne faut pas... C'est vraiment une petite période de Game One, ce moment-là. Des gens comme Julien Telloucq qui sont arrivés juste après, eux regardaient Game One d'avant, Julien il rêvait de travailler avec moi, il m'aimait bien il avait envie de travailler avec moi et il est arrivé à Game One et il a découvert que j'étais parti quoi, et qu'il fallait surtout pas prononcer mon nom parce que c'était un peu fâché, c'était comme Valdemort, fallait pas prononcer le nom de Marcus dans les couleurs de Game One à cette époque et Julien était très déçu et eux ils ont ils ont commencé à travailler et ce qui est important de dire c'est qu'ils ont eux été libres tout de suite Infogrames Ils ont très vite compris que vous avez fait une connerie en nous forçant à vouloir dire du bien des Jeux. Et avec le buzz que ça a fait pour l'époque en claquant la porte. Donc, ils n'ont jamais mis de pression sur J1 et les autres équipes qui étaient là. En fait, on a ouvert la voie au fait que Game One redevienne ce qu'elle aurait toujours dû être au final.
- Speaker #2
On va revenir aussi un tout petit peu au début. Toi, tu étais journaliste écrit au départ. Est-ce que c'est toi qui as proposé de te mettre en scène ou est-ce qu'on te l'a demandé ? Est-ce que c'était une envie, toi, de te montrer, je le dis vulgairement, là, c'est pas comme ça ?
- Speaker #0
Ouais, tout à fait. Non, pas du tout, en fait. Je suis plutôt vraiment quelqu'un de timide. J'étais très content de travailler dans l'ombre, d'écrire mes petites vannes et de faire rire des gens. Pour moi, la meilleure notoriété, c'était celle des auteurs des guignols à l'époque, qui nous faisaient marrer tous les soirs, qui avaient une vision incroyable du monde. On les aimait pour leur travail, en fait. pas pour leur personnalité. Ils n'avaient pas besoin de se montrer. Ils faisaient quelque chose de génial que tout le monde appréciait. C'est la notoriété dont je rêvais, moi. Et je l'avais un peu à travers les magazines, déjà. Les gens commençaient à me connaître à travers les magazines. Mais il fallait bien remplir la grille de Game One et il fallait des animateurs. Et puis, dans la vraie vie, je suis timide, mais dans la vraie vie, avec mes amis, je suis plutôt rigolo. Donc, on a fait un essai. Moi-même, je n'étais pas convaincu d'être un bon animateur. J'étais passé une fois dans un reportage sur France 3, ils étaient venus à la rédaction de Micronews où j'étais. C'est mon premier passage à la télé. J'ai des boutons sur la figure, je transpire, parce qu'à l'époque, j'avais des gros projecteurs qui tenaient très chaud. Je ne suis pas très à l'aise, j'ai la jambe qui tremble. Tu vois, j'ai les genoux croisés, puis j'ai la jambe qui tremble un peu. Vraiment, tu te dis, non, non, il n'est pas fait pour faire de la télé. En fait, j'aurais l'accusé, sinon, mais pas plus. Et voilà, donc je ne pensais pas pouvoir faire ça. Et j'avais un peu le trac, j'avoue. Mais le fait de le faire dans un bureau fermé avec mes deux potes, et d'oublier la caméra pour me concentrer sur mes deux potes, ça, c'était facile à faire. Et si je les fais rire, ça fera forcément rire d'autres gens. C'est un peu un billard à deux bandes, en quelque sorte. Et puis avec le temps, comme tu le disais tout à l'heure, j'ai rencontré les gens qui me regardaient. Et là, j'ai compris, j'ai pris conscience que... qu'il y avait vraiment des gens de l'autre côté de cette caméra. Mais c'était trop tard pour avoir peur. C'était fait. Donc voilà. Depuis, je suis très à l'aise. Y compris sur scène. Ça m'arrive à Japan Expo ou Paris Games Week de monter sur scène devant. Là, les gens sont là vraiment devant toi. Donc c'est plus impressionnant. Mais comme je sais qu'ils m'aiment bien et qu'ils sont bienveillants, je n'ai vraiment pas peur. Je me dis, il ne peut rien m'arriver en fait. Qu'est-ce qui va m'arriver ? Je vais être mauvais dans le jeu ? Ça fait 10 ans que je suis mauvais dans le jeu. Ils le savent très bien. Moi, je pense toujours dans ces métiers-là, tant que tu ne pètes pas plus haut que ton cul, il ne peut rien t'arriver. Je ne me fais pas passer pour un expert du jeu vidéo, je ne me fais même pas passer pour un expert du rétro gaming, même si je suis assez vieux pour avoir quasiment tout connu. Il y a des gens qui connaissent bien mieux que moi l'histoire du jeu vidéo. Donc, j'essaie d'être honnête et transparent, de dire, voilà, moi je suis comme ça, mes limites c'est ça. Même dans le goût, je n'aime pas Final Fantasy, alors que c'est un jeu fabuleux pour tous les joueurs. Je ne jouais pas à Mario à l'époque de la NES parce que j'avais un Amiga et que ça me paraissait bien mieux. Je n'aime pas Claire Obscure Expedition 33 alors que tout le monde trouve ça génial. Mais moi, ça ne me parle pas, même si je reconnais que c'est un jeu absolument fabuleux. Tu vois, et ça, j'assume. Alors que je devrais faire semblant de dire oui, Mario, c'est toute mon enfance. Final Fantasy, c'est génial. Claire Obscure, mais ils ont tout révolutionné. C'est top, j'adore. Bah, si je n'adore pas, je n'adore pas. Je sais que j'ai mauvais goût par moment, et c'est très clairement le cas pour Claire Obscure. Je ne dis pas que c'est de la merde, pas du tout. Je sais que c'est un très bon jeu, c'est juste que ça ne marche pas sur moi, c'est tout.
- Speaker #1
Tu parlais tout à l'heure des salons, c'est peut-être là où ta notoriété est la plus importante, puisque de fait, j'imagine que quasiment tout le monde sur place te connaît. Comment ça se déroule quand tu arrives dans un salon ? Je crois que ce week-end, tu étais à Toulouse, tu me disais. Oui, tout à fait. Ça se passe comment tu arrives ? Et en fait, les gens viennent te voir directement ? Ou alors tout est très organisé, puisque justement, tu sais qu'il y aura beaucoup de gens qui vont vouloir te rencontrer ?
- Speaker #0
Ça dépend des salons. Mais le minimum syndical, j'ai envie de te dire, c'est comme on fait souvent pour les dédicaces sur les salons. Il y a des comédiens de doublage, il y a des comédiens qui viennent. Il y a des... des vedettes du jeu vidéo, des gens comme ça, on leur met à une table, on met une file d'attente avec des barrières, et les gens attendent, ils font parfois deux heures la queue pour dix secondes de bonjour, j'aime beaucoup ce que vous faites, vous pouvez me signer ça, oui, petite photo, et hop, au suivant. Ça, c'est le truc de base. Ça m'arrive de le faire, je l'ai fait à Clermont-Ferrand il n'y a pas très longtemps, c'était quand même très sympa, mais j'avais deux heures d'attente devant moi de gens qui piétinaient dans une file d'attente, ce qui n'est quand même pas agréable, parce que pendant ce temps-là, ils ne voient pas le reste du salon. Moi, je vois qu'il y a du monde qui attend derrière, donc je vais aller plus vite avec chacun. Moi, je n'aime pas ce système. Il y a 20 ans de ça maintenant, j'ai mis en place un système de stand qui est fermé où les gens qui viennent me voir, on leur donne un petit ticket comme à la boucherie et on leur dit reviens à 10h, reviens à 11h, reviens à 16h, reviens à 18h. Et toutes les heures, on fait rentrer une dizaine de personnes sur le stand. Il y a des consoles, des bornes d'arcade pour qu'ils attendent, qu'ils patientent tranquillement. Je m'occupe du premier des dix. On s'assoit dans un petit coin salon, On papote ? et puis au bout de 5-10 minutes on prend une photo et je signe ce qu'il m'avait amené et puis on passe au suivant et puis à l'heure suivante on fait rentrer un deuxième groupe etc ça me permet d'avoir un vrai contact avec chacun d'avoir un vrai dialogue des fois c'est pas beaucoup, c'est que 5 minutes mais c'est 5 minutes ressenties une demi-heure parce qu'on a eu le temps de se dire plein de choses de rigoler, d'évoquer plein de souvenirs donc c'est très agréable et je préfère mille fois ce système qui est hyper qualitatif plutôt que la quantité.
- Speaker #1
C'est gérable, je veux dire, humainement parlant, toute la journée de faire ça, au bout d'un moment, ça ne devient pas... Parce que les gens ont beau être très sympathiques, j'imagine qu'ils doivent te dire plus ou moins la même chose régulièrement, tu vois ce que je veux dire ? Bien sûr,
- Speaker #0
mais pour faire ça, je suis accompagné de potes qui viennent m'aider pour donner les tickets, faire rentrer les gens, prendre les photos, etc. Et je les appelle mes mignons, comme dans Moche et les Champs. Et ils me surnomment... signator c'est un peu le terminator de la signature et ils sont toujours étonnés des fois je reconnais les gens, il y a des gens qui viennent me voir plein de fois, des fois ils reviennent même avec des photos de nous il y a 15 ans il y a un couple qui est venu, je tiens leur bébé dans les bras sur la photo et le bébé est là, il a 15 ans, il a du duvet il veut un scooter et on refait la même photo donc souvent Non, mais... j'ai pas une mémoire des noms mais j'ai une bonne mémoire des visages quand quelqu'un arrive en gros je sais si je l'ai déjà vu ou pas donc ils sont toujours étonnés que je me souvienne d'eux quand je leur dis bon c'est déjà vu ils me disent oui oui c'était il y a 5 ans à Paris Games Week alors là je suis fier de moi parce que à Paris Games Week j'aurais vu 600 personnes ça
- Speaker #2
t'est déjà arrivé d'avoir un ou des fans vraiment insistants ou un petit peu c'est pas lourd mais un peu flippant c'est très rare ça arrive c'est des gens souvent qui ont
- Speaker #0
qui n'ont pas conscience des limites de l'exercice, j'ai envie de te dire. Alors là, ils considèrent que je suis vraiment leur copain de la vraie vie, donc qu'ils peuvent rester, comment, une demi-heure ou une heure. Donc il faut leur faire comprendre discrètement que les autres attendent aussi derrière, etc. Et en général, ça va, ils comprennent très bien, et ça se fait de manière très instinctive. On discute, etc. Et puis au bout d'un moment, je dis, tu veux qu'on fasse une petite photo ? Et ça veut un peu dire... Voilà, c'est terminé. Maintenant, on fait la photo et c'est la fin. Et puis, les gens lourds, alors souvent, enfin pas souvent, mais... Quand ça arrive, c'est des gens qui ont un petit handicap mental, tu vois, ou des gens qui sont un peu autistes, qui ont du mal avec la sociabilité, etc. C'est ces cas-là qui sont un peu pénibles. Le geek classique va bien, en fait, et il est très poli et bien élevé, donc il sait quand il faut s'arrêter. Ça arrive des fois, il y en a qui sont un peu bavards. C'est rare, mais il y en a, ils sont tellement passionnés, ils vont me parler. Alors, dans tel niveau, j'ai fait ça. Puis ensuite, tu tournes à droite. Après, au fond de moi, je m'en fous. Un peu comme Homer Simpson, tu sais, où quand sa femme lui parle et ça le saoule, il a un petit singe avec des cymbales dans la tête qui joue des cymbales, tu vois. J'ai un peu le singe avec des cymbales. Mes potes le voient, mon regard. Ils me regardent en souriant. Ils font ça, ils miment les cymbales. Et ils savent ce qui m'arrive. Donc ça, c'est le truc désagréable. Avec le gars qui sent pas bon. Ça, c'est le pire truc. Le gars qui a mauvaise haleine et le gars qui sent pas bon, là j'avoue, lui, je lui parle moins longtemps que les autres. Parce que j'ai l'odorat assez sensible. Franchement, c'est pas la majorité. Je dirais que c'est 2% des gens qui viennent. Alors quand eux, ils arrivent, je suis pressé que la photo se termine. Évidemment, c'est toujours ce moment-là où l'appareil photo merde et tu restes avec le gars collé, transpirant de soeur à côté de toi. Et la photographe galère avec l'appareil. Évidemment, c'est sur lui que ça tombe. Mais vraiment, c'est une minorité. Je sais que ça paraît être incroyable, parce que les gens qui me voient faire sur les salons me disent « Mais comment tu fais tout un week-end, trois jours à Gamers Assembly ? T'es toujours aussi souriant avec le premier qu'avec le dernier, t'as l'air crevé des fois, mais t'as toujours le sourire quand tu les vois. » Et je leur explique, je leur dis « C'est comme le jour où tu te maries, où tu vas avoir tous tes amis, toute ta famille qui sont là, plein de gens que t'aimes, sincèrement, que t'es très content de voir, mais comme ils sont nombreux, tu passeras pas plus de cinq minutes avec chacun. T'auras une petite conversation. » Très sympa, tu vas sourire. À la fin de la journée, tu auras souri toute la journée, tu auras mal aux zygomatiques et tu te coucheras fatigué mais heureux d'avoir eu ce petit contact avec une centaine de personnes. Eh bien moi, voilà, un jour de salon, c'est comme un jour de mariage. Sauf que de voir ma famille, je vois des geeks qui m'aiment bien et qui me connaissent depuis 30 ans et qui sont comme des potes de lycée quasiment pour moi. Comme je te disais, j'ai l'impression de les connaître aussi parfois. Il y en a qui reviennent souvent et qui deviennent de vrais amis au final aussi. ça arrive. C'est vraiment agréable en fait.
- Speaker #1
C'est quelle part de ta vie professionnelle les salons ? Ça représente combien de jours par an ? Sans rentrer dans le détail évidemment, mais j'imagine que tu es payé pour y aller aussi. C'est aussi un business pour toi.
- Speaker #0
Tout à fait. Un week-end de salon, c'est un mois de salaire de Game One. On n'est pas très bien payé à Game One, mais clairement, il ne faut pas se leurrer. C'est beaucoup. Après, J'estime que c'est assez honnête, dans le sens où quand je vais sur un salon, surtout un petit salon, le fait que je vienne va faire qu'il y a peut-être 1000 mecs qui vont revenir à ce salon parce qu'ils avaient envie de me voir. Donc 1000 billets d'entrée vendus en plus de ce qui se serait fait si je n'avais pas été là. Donc il y a des sous qui rentrent dans les caisses de l'organisateur. C'est normal que du coup j'en prenne une petite partie si c'est grâce à moi qu'ils sont venus. Et puis je pense que les gens qui sont venus ne sont pas déçus, puisque avec ce système on se voit vraiment. Plus à un moment où je suis sur scène et je vais jouer et tout le monde pourra me voir, même s'ils ne me voient pas en tête à tête, ils peuvent monter sur scène et m'affronter d'ailleurs. J'essaie que le service que je rends soit à la hauteur du budget que ça nécessite. Donc voilà, ça c'est pour l'argent, donc c'est important pour moi, surtout maintenant qu'il n'y a plus Game One. Donc c'est assez vital. Et ma femme m'autorise à en faire deux par mois. Il y a deux week-ends par mois où j'ai le droit d'aller geeker. J'ai promis. Et j'ai menti. Là, j'en suis à trois, ce mois-ci. Mais je pense qu'en moyenne, à la fin de l'année, j'en aurais fait deux par mois. Plus des petits trucs. Je travaille par exemple avec des gens de Gamecash, qui sont vraiment très très cool. Et eux, leur truc, c'est de franchiser les gens qui ont envie d'ouvrir une boutique de jeux vidéo. Et ils les prennent sous leur aile et ils les aident. Et ils ont aujourd'hui un beau réseau. Donc ça, c'est le genre de prestations pour lesquelles je suis payé très bien. Et en même temps, c'est un truc qui m'intéresse. Et les gens de Gamecash, ils sont adorables. Donc, je suis très content de faire ça. Je n'ai pas l'impression de faire un truc que commercial et que pour l'argent.
- Speaker #2
Il y a une question qui revient souvent dans l'émission très, très connue. Est-ce que la célébrité rend beau ? Est-ce que tu as commencé à plus plaire aux filles ou aux garçons quand tu as commencé à faire de la télévision ?
- Speaker #0
Oui, je pense. Déjà, toi, ça te donne de l'assurance. J'ai envie de te dire, quand tu veux séduire quelqu'un, si c'est quelqu'un qui te connaît, la moitié du boulot est déjà fait. Si la personne s'intéresse à toi, c'est que déjà, il y a un bon point de départ. Donc, la moitié du boulot est déjà fait. Après, il ne faut pas décevoir par rapport à ce que les gens imaginent de toi. Moi, les gens qui viennent me voir sur les salons, ils disent vraiment pratiquement tous, tu es exactement pareil à la télé et en vrai. vraiment c'est le truc qui revient tout le temps avec vous avez bercé mon enfance c'est vraiment le truc t'es pareil à la télé c'est fou exactement pareil alors j'essaye j'en rajoute quand je fais de la télé j'en rajoute j'essaie d'être un peu plus drôle mais voilà donc dans la séduction je pense que oui ça m'a aidé j'ai pas en fait en réalité je suis pas sorti avec beaucoup de filles qui me connaissaient je suis plus sorti avec des filles qui me connaissaient pas en majorité peut-être j'en sais rien 80% des filles que j'ai connues ne m'avaient pas vu à la télé. Et peut-être qu'il y en a 20% qui m'ont connu par la télé et qui m'ont rencontré comme ça. Sur ces 20%, oui, c'est évident que ça vient de là. Après, j'essaie d'être à la hauteur du truc. Du mythe. J'espère qu'ils n'ont pas été déçus si elles m'écoutent. Elles me diront. Mais voilà, c'est... Ouais ouais je pense à Rambo parce que tu te sens bien dans ta peau, tout à coup il y a des gens qui t'aiment, qui te disent que t'es beau, que t'es sympa, que t'es rigolo. C'est rassurant parce qu'on a toujours tous des doutes. Je sais que par exemple avant d'être connu on va dire, moi pour la séduction je misais sur l'humour, l'écriture, j'en voyais des petites lettres etc. et pas sur mon physique. Je déstimais que je n'étais pas capable d'aller en boîte de nuit très moussé et séduire une fille qui m'aurait repéré grâce à mon physique. parce que là Principe de base des boîtes de nuit en général et de ce genre d'endroit. Donc c'était vraiment un truc. Non, ça ne marchera pas. Et puis avec l'aisance venant, ça m'est arrivé d'avoir des contacts avec des filles en boîte de nuit qui ne me connaissaient pas mais qui trouvaient que j'avais un physique appréciable. Ce dont moi-même je doutais énormément. Je trouve que j'ai un grand nez. Je ne sais pas comment cette personne s'aime vraiment tel qu'il est. En tout cas, je pense que la célébrité... rend beau ou au moins intéressant, à défaut. Regarde Gainsbourg, voilà. Un gars qui, si la célébrité a rendu quelqu'un beau, c'est bien lui. Le gars est avec Jane Birkin, c'est quand même incroyable. C'est la belle et la bête. Donc voilà, je trouve que le fait d'être célèbre, je pense que ça permet aux gens de passer au-delà du physique pour voir ce qu'il y a derrière. Ce qui est quand même un super avantage, parce que dans la vraie vie, on fait rarement ça, en fait. On va souvent dans un truc amoureux, on va vers les gens d'abord pour quelque chose de visuel, et puis après, on gratte un peu, on voit est-ce que c'est une belle personne aussi à l'intérieur ou pas, quoi. Là, la télé, le fait que les gens te voient tous les jours, puis moi, encore une fois, des fois, je me livrais un peu. Jean-Pierre Foucault, on ne sait pas ce qu'il pense. Est-ce qu'il aime le tiramisu ? J'en sais rien. Les gens savent ça. Ils ont un aperçu de ma personnalité et ils ont envie d'y aller ou pas. Ce n'est pas juste le physique. On a cet avantage-là quand on passe régulièrement à la télé. Les gens nous connaissent un peu au-delà de notre physique. Et si le physique n'est pas terrible, on sait déjà ce qu'il y a derrière. On fait l'effort d'y aller alors que peut-être la même personne dans la rue serait dit qu'il n'est pas très beau ou qu'il n'est pas très bel. Pas envie d'en savoir plus, finalement.
- Speaker #2
Tu as déjà passé le premier niveau, sans mauvais jeu de mots.
- Speaker #0
Oui, ça m'est arrivé. Plus d'une fois, en réalité, oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Est-ce que tu as un souvenir de la toute première fois où on t'a reconnu, j'imagine post-Level 1, sûrement ? Est-ce que tu te rappelles d'une personne qui est venue te voir et de l'effet que ça t'a fait ?
- Speaker #0
Je me souviens de deux trucs. qui m'ont fait marrer, c'était une lettre en fait. J'ai reçu une lettre d'un enfant qui me regardait avec son papa et qui disait, avec mon papa on regarde ton émission et on rigole bien et mon papa n'aime pas trop les jeux vidéo mais grâce à toi, non seulement il me laisse jouer mais des fois il joue avec moi. Quand tu montres un jeu qui est rigolo pour nous deux, on joue tous les deux. Et rien ne pouvait me faire plus plaisir parce que vraiment, j'ai envie de dire que c'est un peu mon but à travers ça. si je peux réunir des générations et convaincre des parents un peu réticents vis-à-vis de jeux vidéo que c'est un super loisir et que ça se partage tellement bien avec ses enfants, ça vraiment pour moi c'est ma légion d'honneur. Donc j'ai trouvé ça fou. Et l'autre truc aussi incroyable, on recevait des lettres des colliers du Bénin qui nous écrivaient. Alors c'était très bien écrit, très joliment écrit, et dans un français incroyable.
- Speaker #1
Ils captaient Game One ?
- Speaker #0
Alors tout ce qui est pays d'Afrique, Algérie, Maroc, ils ont tous des décodeurs pirates. Mais ils savaient tous Game One. Et c'était une source d'information hyper importante pour eux. Et donc... La lettre commençait par « Je demande votre pardon en avant que j'incommode » . Des tournures de phrases incroyables. Et c'était souvent « Nous autres, pauvres béninois que nous sommes, n'avons pas la chance d'avoir les consoles » . Voilà, c'est des tournures de phrases, c'était très mignon.
- Speaker #1
Tu les ai rêvées à distance sur des consoles et des jeux auxquels ils ne pourraient jamais arriver.
- Speaker #0
L'année dernière, j'ai fait la Comic Con Alger. Alors on a été accueillis comme des rockstars. J'étais avec Kayane et Genius, d'autres animateurs de la chaîne. Et vraiment, alors là pour le coup, on avait vraiment l'impression d'être célèbres. Parce que pour eux, on est vraiment l'unique source à l'époque d'informations. Et alors eux, c'est encore autre chose, parce que des fois, ils n'avaient même pas les consoles. C'était très compliqué. Donc ils me disaient, quand toi tu faisais un level 1, tu jouais à Zelda Ocarina of Time sur Gamecube. sur Nintendo 64 pardon et ben c'était comme s'il y avait une Nintendo 64 dans mon salon parce que sur ma télé il y avait une Nintendo 64 et avec un gars qui jouait mal certes mais qui jouait quand même dans mon salon donc il disait on avait l'impression d'avoir non seulement la console sous la télé ce qui n'était pas le cas et en plus le pote qu'elle est avec et qui me raconte le truc donc pour eux c'était encore plus fort ouais complètement puis le fait d'être intégré au jeu aussi Merci. Le fait d'avoir ce fond vert qui intégrait mon image au jeu, je pense que ça faisait partie du jeu pour eux.
- Speaker #2
Est-ce que tu crois qu'ils ont été déçus quand ils ont une console que tu ne sois pas dedans ?
- Speaker #0
J'étais pas lié au réel.
- Speaker #1
Il n'y avait pas de pack. C'est nul. C'est nul, il n'y a pas le pack Marcus.
- Speaker #0
Le pack Warcus, on aurait pu le mettre pour Nintendo, tu vois. Avec un Marcus diabolique. Non, non. Alors, j'espère que je leur ai conseillé les bons jeux. Ça aussi, c'est ma hantise, parce que comme je n'ai pas toujours bon goût... Moi, je peux dire du mal d'un jeu qui est bien et inversement trouver génial un jeu que personne d'autre que moi va aimer. Mais à force, les gens me connaissent, donc ils font la part des choses et c'est très bien comme ça. Ils n'écoutent pas benoîtement ce que je leur dis. Ils savent vraiment faire la part des choses. Donc non, pas de pack Marcus, malheureusement. J'aurais bien aimé, mais non.
- Speaker #1
Et pour terminer, j'aimerais qu'on parle de la fin de Game One, malheureusement. Je voulais savoir comment tu avais vécu, parce qu'on va en récapituler un petit peu, mais le groupe Paramount, si je ne dis pas de bêtises, a décidé de se séparer de plusieurs chaînes dans le monde, dont de Game One, qui était pourtant une chaîne qui était bénéficiaire, largement même. Et donc il y a eu cette décision un peu unilatérale et qui a surpris tout le monde. Je crois que toi-même, tu l'as appris par voie de presse et pas directement par ta direction. Comment tu as vécu tout ça et quel est l'avenir proche de Game One ? Alors là, on enregistre, on est mi-avril, peut-être qu'il y aura une annonce après. J'ai cru comprendre qu'il se murmurait qu'un groupe voudrait relancer la chaîne, peut-être sous un autre nom. Est-ce que tu peux nous parler un peu de tout ça, s'il te plaît ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr. On a créé GameWan en 98 et tout allait bien. Il y avait des hauts et des bas, bien sûr, mais tout allait bien. À la fin, on avait à peu près 3 millions de spectateurs et on gagnait, je crois, 2 millions de bénéfices nets par an. Donc, c'est pas mal pour une petite chaîne qui est...
- Speaker #1
C'est très bien pour la plupart des...
- Speaker #0
Oui, voilà, c'est déjà pas mal pour la plupart des entreprises. Et puis, on se dit toujours, oui, la télé, c'est fini. Maintenant, il n'y a plus que le net. Nous, on prouvait qu'il y avait encore un peu d'avenir pour la télé. Et puis, la télé a sa place aussi. vraiment, il n'y a pas de raison de tout mettre sur Internet, après tout. L'intérêt d'Internet, c'est l'interactivité. Et quand tu vois que les grands streamers comme Squeezie ou Cyprien ne regardent même plus le chat et ils font de la télé, ils font un grand prix de Formule 1 comme le ferait TF1, ça n'a plus rien à voir avec le petit gars dans sa petite chambre avec sa webcam sympathique qui répondait à toutes les questions. Donc si eux font de la télé, pourquoi nous, la télé, on ne ferait pas de l'Internet ? avec de l'interactivité. On répond aux messages sur Twitter, etc. On essaie d'être le plus interactif possible. Et maintenant qu'on est en plus sur Internet, on peut vraiment se lâcher de ce côté-là. Bref, tout allait bien à Game One. On appartenait au groupe Paramount depuis quelques années. Ce groupe Paramount a été racheté par Skydance, qui est le groupe énorme, je pense que vous êtes au courant, qui veut concurrencer Netflix et qui veut racheter tous les catalogues possibles. Donc ils sont... Ils viennent de racheter Warner pour 100 milliards de dollars, pour te donner une idée des chiffres qu'ils manipulent. Et ils ont racheté Paramount pour le catalogue de Paramount, c'est-à-dire pour les films et tout ça, qu'ils mettront sur Netflix. Sauf que Game One, nous, on n'a pas de film, on n'a pas de série, on parle de l'actu du jeu vidéo. Ça n'a aucun intérêt pour eux dans cette optique-là. Et donc, ils décident de fermer la chaîne. N'importe qui d'autre dirait, oh bah 2 millions, c'est toujours bon à prendre. 2 millions pour eux, c'est quand tu vas à la boulangerie, tu fais tomber une petite pièce, tu sais, un peu jaune là, et tu ne te baisses pas pour la ramasser. Bah eux, ils ne se sont pas baissés pour ramasser Game One, voilà.
- Speaker #2
C'est quand même une très grosse pièce là.
- Speaker #0
Pour eux, non, vraiment. Pour eux,
- Speaker #2
non,
- Speaker #0
ouais. Je t'assure, je pense qu'ils ne savaient même pas qu'ils rachetaient Game One. Je pense qu'ils ont racheté Paramount. Il se trouve qu'il y avait Game One, mais voilà. L'image que j'ai, c'est, ils veulent faire une tarte aux pommes. Ils vont chez le marchand, ils achètent des pommes, et dans les pommes, il y a une pomme de terre. C'est Game One. N'importe qui d'autre ferait une petite purée, des frites, des chips. Eux, non. Poubelle de compost. Allez hop, terminé. Nous, c'est la tarte aux pommes. Et pour te dire, tout ce groupe-là, c'est des gens qui sont très copains avec Trump, qui essayent aussi de racheter CNN pour museler l'information. Donc ils sont dans des considérations tellement loin de nous. Game One, c'est 8 salariés. Ils ont mis 8 salariés au chômage. Après, tout le reste, moi, les autres, soit intermittents, soit des... J'ai ma boîte et je facture à Game One. Ils n'ont eu que 8 personnes à virer. Le PDG de Skydance, c'est aussi le PDG d'Oracle. Oracle, la semaine dernière, ils ont viré 20 000 personnes par mail dans la journée. Les mecs ont reçu un mail qui leur ont dit vous ne faites plus partie de la société à partir de ce soir, à l'américaine. Donc t'imagines bien que 8 salariés d'une chaîne qui ne savaient même pas que vous avez acheté, ils n'en ont rien à foutre. C'est un requin qui mange un gros poisson. Donc requin, c'est Skydance. Il mange un gros poisson, c'est Paramount. Et dans Paramount, il y a du plancton, c'est nous. Mais le requin, le plancton, il ne sait même pas ce que c'est, en fait. Donc il s'en fout complètement. Donc voilà. Donc nous, on en est là, mais on n'a pas envie de se laisser abattre. On avait une bonne émission qui s'appelait Team Game One où on passait en revue un peu l'actu de jeux vidéo, un peu ce que fait Cyril Hanouna avec ses chroniqueurs. Sauf que nous, on ne parle que de jeux vidéo, donc on sait de quoi on parle. Et on essaie de le faire le mieux possible.
- Speaker #1
Avec un petit peu moins de polémiques aussi, peut-être. Avec moins de polémiques.
- Speaker #0
Personne ne met les nouilles dans le slip de personne. Tout va bien et ça se passe bien. Bon, quoi qu'on fait des trucs pas loin des fois. On est sur des défis idiots. Ouais, je vais peut-être pas trop me moquer d'Hanouna parce que des fois, on n'était pas loin. Et voilà. En tout cas... C'était dans la joie et la bonne humeur, personne ne s'est plaint. Donc voilà, on avait envie de continuer ça. C'est l'émission qui faisait travailler le plus de gens, cadreurs, maquilleuses, techniciens, etc. Donc on essaie de sauver ça. Comme la fin de Game One a été très brutale, la boîte de prod qui devait produire chaque mois 4 émissions de Team Game One n'en a produit qu'une. Et donc avec l'argent qui restait des 3 émissions, on s'est dit, il y a de quoi faire 3, peut-être 4, peut-être 5 émissions en serrant la ceinture. Et allons faire ça sur Twitch. sur Internet, justement. Et ça marche très bien. On a quasiment 10 000 personnes qui sont là en simultané pendant tout le long de l'émission. Ça fait à peu près 100 000-150 000 personnes, visiteurs uniques, qui passent sur toute l'émission. Et notre espoir, c'est de continuer jusqu'à la fin de la saison, ce qu'on faisait habituellement jusqu'en juin, et de reprendre en septembre et de continuer sur Internet la team. Ça, c'est notre projet. C'est le projet de l'équipe. Nous, on n'a pas les moyens de racheter Game One. on n'a pas la logistique pour la faire tourner donc on fait ce qu'on sait faire c'est à dire du contenu et un peu de logistique parce qu'il faut louer un studio et des techniciens etc. Et parallèlement à ça il y a un investisseur qui s'appelle David Nechel qui lui a envie de faire renaître Game One qui depuis 5 mois est sur le coup contacte Skydance contacte les les gens qui diffusent, les diffuseurs tout simplement pour dire si je fais Renet Game One, est-ce que vous êtes OK pour la prendre sur vos canaux, etc. Il a diffusé. Donc voilà, c'est un vrai parcours du combattant. C'est très difficile. Il n'est pas sûr d'y arriver. Mais il a envie de le faire avec l'équipe. Il nous a dit dès le début, je vais essayer de racheter Game One, mais je ne veux pas racheter une coquille vide. Pour moi, c'est vous qui faites la chaîne. Et quand je dis vous, ce n'est pas juste les animateurs, c'est aussi les techniciens et la petite famille qui s'est créée en 30 ans de carrière. Et l'idée, c'est de remettre tout ça à l'antenne. et peut-être même de faire encore mieux en rajoutant du contenu, des choses, peut-être des gens nouveaux, etc. Donc voilà le programme, voilà le projet. Évidemment, on le soutient à fond, on espère qu'il va y arriver. Mais voilà, c'est deux projets parallèles, des fois qui ne se parlent pas, malheureusement, il y a des moments où ça basouille un peu, mais en gros, on rame dans le même sens et on espère que ce sera le même bateau à la fin.
- Speaker #2
Oui, en plus, vous faites vivre l'émission, l'esprit de l'émission pendant que Game One n'existe plus, donc c'est plutôt une autre chose.
- Speaker #0
Oui, ça c'est bien. Le fait que la team fonctionne est un bon argument pour faire revenir Game One auprès des annonceurs, etc. Après, malheureusement, David, il y a deux semaines, a fait un communiqué de presse à l'AFP pour dire « Voilà qui je suis, voilà ce que j'essaie de faire, j'aimerais faire revenir Game One à la rentrée. Si je n'arrive pas à racheter Game One, parce que pour le moment, Skydance, je pense qu'ils ne répondent même pas à ces sollicitations. » Je l'imagine en train d'agiter un carnet de chèques et de dire c'est combien Game One ? Et les mecs ne répondent même pas. Eux, ils achètent une Ferrari. Ils achètent Warner pour 100 milliards. C'est comme si lui arrivait avec 20 centimes. Vous ne voulez pas 20 centimes pour votre Ferrari ? Il ne calcule même pas, je pense. Je pense que c'est comme ça. Donc voilà. David a fait un communiqué de presse pour expliquer ce qu'il voulait faire et ses intentions. Et c'est devenu, au fil des transformations de la news, c'est officiel, Game One revient en septembre sous un autre nom. Ben non, en fait, c'est ce qu'on aimerait faire, mais on n'est pas sûrs d'y arriver, en fait. Et le fait de dire, ils ont réussi, c'est bon, ça démobilise tous les gens qui pourraient nous aider. Les annonceurs, les spectateurs, etc. Donc, il ne faut pas se démobiliser. Et on espère qu'on y arrivera, mais on a besoin des gens pour ça. Donc, soyez là. Venez voir la team. tous les mercredis à 17h. Je fais ma petite promo, j'en profite.
- Speaker #1
Exactement, bien sûr, au contraire. Et j'avais juste peut-être une ultime question, mais je me demandais en te voyant, parce que je dévoile rien en disant que tu as 59 ans aujourd'hui, c'est marqué sur ta fiche Wikipédia, même si tu ne l'es fait absolument pas.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Est-ce que tu imagines ta retraite, ou est-ce qu'au contraire tu t'imagines continuer jusqu'à 80, 90 ans ?
- Speaker #0
Je ne pense pas arrêter. Je crois que c'est l'année dernière, quand tout le monde s'est révolté contre la réforme des retraites, moi j'ai entendu quoi ? Il faudrait arrêter à 68 ans, ça veut dire qu'il ne me reste plus que 9 ans à faire l'andouille. Je crois que je suis le seul à me dire, mais j'ai pas envie que ça s'arrête en fait. Donc je ne vais pas les manifester, parce que je préférerais que ça dure plus longtemps quasiment. Mais voilà, quand tu fais un métier que t'aimes avec des gens que t'aimes, franchement, t'as pas envie d'arrêter, t'es bien. En plus, si t'as la chance de te faire correctement payer, c'est très très bien. Donc non, je dis toujours, je finirais comme Molière, je mourrais sur scène, une manette à la main. Donc, j'ai... Non, non, j'ai pas envie d'arrêter. En plus, il y a deux ans, j'ai eu un petit problème cardiaque et je me suis trouvé à l'hôpital. Aujourd'hui, j'ai un pacemaker, donc tout va bien. C'est vrai ?
- Speaker #1
Ah mince !
- Speaker #0
Ouais, je rassure tout le monde. Tout va bien, vraiment, tout va bien. Mais j'étais à l'hôpital et j'ai fait un petit tweet où j'ai posé avec le pistolet à pipi, tu sais, mais en mode James Bond, comme si c'était un pistolet, quoi. Et le tweet a fait, je ne sais plus, vraiment énormément de vues. Et j'ai eu des réactions de mes petits amis qui en gros réagissait comme si j'étais mort. Donc j'ai vu en avant-première ce que les gens diront quand je serai mort. Et c'est génial, aucune célébrité n'a la chance de voir ça de son vivant. Sauf accidentellement, tu sais, quand on annonce la mort d'un mec un peu trop tôt. Tu vois un peu ce que les gens vont dire. Moi j'ai vu ça, et c'est très gentil, donc merci. Donc gardez ça pour plus tard, le plus tard possible, et merci d'avance. En tout cas pour les gentilles choses que vous direz sur moi. J'espère. Si je ne suis pas rattrapé avant par un hashtag à la con comme... Comme plein de célébrités. Normalement, j'y fais ce que je veux pour qu'il ne se passe rien.
- Speaker #1
Après cette émission, ça va peut-être changer. Profite.
- Speaker #0
Je savais. Merci pour l'invitation. En tout cas, c'est vraiment très gentil.
- Speaker #1
Merci à toi d'avoir accepté. C'est vraiment adorable. Merci pour tout. Et puis, évidemment, on souhaite que Goemon puisse revenir rapidement sur les écrans. Et en attendant, effectivement, on peut te retrouver avec toute l'équipe sur Twitch.
- Speaker #0
Et sur ma chaîne Twitch. J'ai ma chaîne Twitch aussi. J'ai oublié. Du coup, tu vois, je joue tellement en équipe que... Mais j'ai ma chaîne Twitch, c'est Marcus TheBoulet, Z-E-B-U-L-E-T. Et tous les lundis soirs, tous les jeudis soirs, je stream. J'étais sur Resident Evil hier soir. Et puis je stream un peu à l'arrache dans la semaine de temps en temps. Vous pouvez aussi me retrouver tout seul. Mais l'idée, c'est que j'ai envie de me retrouver avec mes amis. C'est ça qui compte avant tout.
- Speaker #1
N'hésitez pas à aller voir tout ça. Merci beaucoup Marcus. Et je te dis à très bientôt.
- Speaker #0
Merci les gars.
- Speaker #1
Et puis nous,
- Speaker #2
on dit au revoir à nos auditeurs. On se retrouve bientôt. N'hésitez pas à vous abonner, activer la cloche sur YouTube et on remercie...
- Speaker #1
Et laisser des commentaires sympas.
- Speaker #2
Et laisser des commentaires, exactement, pour le petit robot YouTube. Et on remercie aussi Charlie Clouet pour le montage et Frédéric Maton pour la musique.
- Speaker #1
Merci à eux.