- Speaker #0
Je peux te faire sentir moi si tu préfères. Là c'est Karine. Karine l'a bien nommée. Même si au dernier il est « Forgive me » . Mais ça c'est le visage de ma fille. J'adore le titre.
- Speaker #1
Bonsoir Karine.
- Speaker #0
Bonsoir Jérémy.
- Speaker #1
Alors Karine, nous allons chercher à travers 10 trouvailles comment tu as construit ton style, ton style de parfum, mais aussi ton style à toi. Es-tu prête ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ok. Donc la première trouvaille, c'est la trouvaille qui te réconforte. Quelle est l'odeur, toi, qui te réconforte ?
- Speaker #0
Il y a plusieurs styles de réconfort. Il y a un réconfort comme l'odeur du pain grillé, du café le matin. Je trouve ça excessivement réconfortant, même si je n'en prends pas. Et puis, il y a des odeurs qui vous rappellent des gens que vous aimez bien. Je ne les porte pas comme Herb Lune, ma grand-mère. Il y a différentes sortes d'odeurs qui vous réconfortent. Mais certainement, je ne me parfumerai pas à café tartine grillée. Certainement pas. Ça ne me ressemble pas. Mais c'est certainement une odeur qui est, à mon avis, réconfortante.
- Speaker #1
Est-ce que la mode, ça peut réconforter ?
- Speaker #0
La mode, ça peut vous rendre meilleur vous-même. Je pense qu'on a toujours trouvé, je n'osais jamais dire à mes parents que je travaillais dans la mode. Je trouvais ça excessivement superficiel. J'ai commencé à faire des études, de russes bien sûr. Et finalement, je pense que quand on sent bien dans sa peau, peut-être tout simplement un nouveau vêtement, une nouvelle baisse, une nouvelle couleur de maquillage, une nouvelle couleur de cheveux. Quelque chose qui vous rend plus sûr de vous, parce qu'on a tous quelque chose de bien, juste savoir ce que c'est. Une fois qu'on l'a trouvé, c'est plus facile. Mais je pense que la mode peut aider à se sentir mieux avec soi-même. Ce n'est pas une question de prix, ce n'est pas une question de goût, c'est juste soi-même. Et quand on est mieux avec soi-même, on est mieux avec les autres. Et si on est mieux avec les autres, tout se passe mieux.
- Speaker #1
Alors la deuxième trouvaille, c'est la trouvaille dont on a honte. Est-ce que ça existe une faute de goût en parfum ?
- Speaker #0
Je vais déjà parler des parfums sucrés, ça c'est sûr. Mais bon, après, tout le monde a le droit d'avoir un goût. Moi, j'ai eu une très mauvaise période quand je mettais de la framboise.
- Speaker #1
Tu mettais de la framboise ?
- Speaker #0
Oui. Quand j'avais, je ne sais pas, 16-17 ans, je mettais des petits extraits qu'on achetait dans les boutiques indiennes, etc. Il y avait de la framboise. À l'époque, j'ai mis sucré. Et heureusement, ça a vite tourné pour le patchouli. Et le patchouli, c'est en même temps mon enfance. C'est la musique de David Bowie que j'écoutais, c'est ma mère qui pensait que je faisais des pétards, tout ça ensemble. Et j'adore le patchouli. Il y a toujours un peu de patchouli dans tous mes parfums. Et c'est quelque chose qui parle à tout le monde, c'est quelque chose de toute génération,
- Speaker #1
je pense, le patchouli. Moi, je trouve ça,
- Speaker #0
c'est le voyage, je ne sais pas, je trouve ça très rassurant.
- Speaker #1
De toute façon, c'est un fil rouge entre ton adolescence et le parfum d'aujourd'hui.
- Speaker #0
Certainement, oui.
- Speaker #1
Donc la trouvaille dont tu as honte, c'est l'extrait de framboise que tu te mettais à l'adolescence.
- Speaker #0
Oui, parce que quand on a cherché à faire des praffins, j'en ai parlé et finalement, je les ai sentis et non. Ce n'était pas une très bonne vidéo.
- Speaker #1
La troisième trouvaille, c'est la trouvaille dont tu es fière. Est-ce qu'il y a un objet, quelque chose chez toi, qui te provoque une fierté, qui est arrivé dans ta vie complètement par hasard ?
- Speaker #0
Par hasard ?
- Speaker #1
Ou que tu as trouvé ?
- Speaker #0
Je suis quelqu'un qui vide de plus en plus ce placard. Je n'aime plus les objets, je me vide dessous, je prépare... Mes enfants viennent pour choisir leurs bijoux, comme ça tous les Noëls, ils commencent à vider mon sac à bijoux. Donc vraiment, je me libère de tout. Donc la trouvaille qui me plaît le plus, que j'ai chez moi, il y en a plusieurs, je ne peux pas lire une. J'ai un E.T. J'adore E.T., je trouve que c'est les plus beaux jeux du cinéma. E.T., j'adore. J'adore les icônes que ma grand-mère a rapportées de l'Odessa. Les fins encadrées, je trouve ça très rassurant parce qu'à Pâques, en Russie, enfin à l'église orthodoxe, vous mettez, ils vous donnent un morceau de brioche. Et vous avez un œuf de Pâques que vous dévissez et vous mettez un petit bout de brioche dedans et vous le revissez. Et dans les icônes de ma grand-mère, j'en ai trois, il y en a un, c'est l'œuf de Pâques. Et quand on le dévisse, c'est un crouton maintenant. Il y a la brioche de ma grand-mère. Je ne sais pas, ça doit m'évoquer plein de souvenirs et ça me plaît beaucoup, donc ça fait deux. Le troisième. Le troisième, je me suis mis à fumer. J'ai commencé à fumer il y a dix ans. Mieux vaut tard que jamais. Et je fume parce que j'adore les briquets. J'adore le bruit des briquets. Les briquets des années 70, vous savez, les quartiers, les Duponts. Donc j'ai toujours un joli briquet avec moi.
- Speaker #1
Est-ce que tu as eu envie de faire des bougies ensuite ?
- Speaker #0
Les allumer, bien sûr, parce que je fume aussi. Mais c'est vrai que, par contre, le briquet ne peut pas allumer une bougie.
- Speaker #1
On l'allume comment ?
- Speaker #0
C'est pour ça que nous avons fait des allumettes spéciales longues, parce qu'imbriquées tout seuls, vous ne pouvez pas vous brûler vous-même, c'est impossible. Il faut un long bout de bois, une longue tige en bois, pour pouvoir allumer, surtout dans la grosse bougie qui a cinq mèches, autrement on n'y arrive pas.
- Speaker #1
La quatrième trouvaille, c'est celle que tu as oubliée et quelque chose dont tu t'es souvenu à un moment.
- Speaker #0
Oh là là !
- Speaker #1
Dans ces placards.
- Speaker #0
Souvent, je me souviens des choses quand je suis en photo de shoot, c'est pas des choses qui viennent du passé. Et un jour, j'ai fait une série avec des barbies, frais barbies, et je me souviens quand j'étais petite, j'adorais couper les cheveux des barbies. Et donc, et tout est avec des barbies, tout le sujet pour Vogue, Mario Dessino, c'est des barbies avec les cheveux coupés. C'est très excitant de couper les cheveux, non ? Donc, on ne s'écoupe pas soi-même, mais sur une barbiche, je vous le dis, c'est très... C'est du bien, couper, mais bien.
- Speaker #1
Et qu'est-ce que ça fait de retomber, notamment à l'ère d'Instagram, de retomber sur des looks que tu as créés à un moment donné, que tu aurais pu oublier ?
- Speaker #0
La chance, c'est qu'Instagram, ce n'est pas très vieux. Ça a combien d'années, Instagram ? 20 ans ?
- Speaker #1
Moins.
- Speaker #0
Une personne se souvient de mes looks quand j'avais 18 ans, 19 ans, ils n'ont pas vu. Il n'y a que moi qui connais. Et là aujourd'hui, on va dire que je suis habillée en Karine, pas mode Vogue. Je suis habillée en Karine, jean, t-shirt, très simple. Comme on n'a pas l'habitude de me voir, mais je pense qu'au fond, c'est la vraie Karine. Très 70. Et le premier parfum que j'ai créé, c'est quand je suis rentrée à Vogue. Je me suis créée un personnage, aussi bien vestimentaire qu'olfactif, c'est comme ça qu'il faut dire. Donc je ne portais que des jupes crayons, des talons hauts, des vestes près du corps. Et j'ai créé mon premier parfum, c'était Opium pour Hommes. avec un peu de fleurs d'oranger, de sarchutins. Parce que je voulais que tout le monde, que l'équipe sache que j'étais déjà arrivée de bonheur. J'étais déjà là quand ils m'avaient montée dans l'ascenseur. J'aime bien l'idée du sillage. Donc c'est comme ça que j'ai créé, si on peut dire, mon premier parfum et que ça continue. C'était presque des personnages dans lesquels j'avais envie d'être.
- Speaker #1
Les looks que tu crées pour les magazines, par exemple des campagnes de pub ou des éditos, quand tu retombes dessus, parce que maintenant, ces images ressortent, elles servent d'inspiration.
- Speaker #0
Et ce que je suis contente, c'est que je ne les trouve pas démodées. Et elles ne sont pas démodées parce que finalement, dans ces images, le vêtement n'est pas ce qui est le plus important. Le plus important, c'est la femme, parce que je trouve que c'est de la mode femme, qui va les porter. Et les mannequins, je les traitais comme des actrices. Si j'étais un mannequin aujourd'hui, ben voilà, tu vas n'importe quoi, tu vas représenter Marilyn Monroe, donc imagine ses émotions, son blush, son verre, etc., cette cigarette. Et tout le temps, j'étais autour du personnage. C'est comme si je racontais un film. Finalement, mon métier, c'est un peu metteur en scène. Mais bon, je ne suis pas un metteur en scène du cinéma. Je suis juste un metteur en scène de certaines séries de mode. Et c'est pour ça, je pense, qu'elles ne vieillissent pas, parce que le vêtement n'est jamais le plus important. C'est la femme qui les incarne. De toute façon, on m'a toujours dit, je crois que c'est Saint-Laurent qui disait ça, dans la vie, ce n'est pas bien qu'on te demande ce que tu portes, c'est bien qu'on dise que tu es belle. Je pense que tout vient de cette phrase-là. à la fin c'est pas important ce qu'on porte c'est la personne c'est l'attitude c'est l'attitude et de de pas vous demander justement ce qu'on porte et juste vous dire vous êtes belle et le nom sac parce que je porte jamais de sac ça vient aussi de Saint-Laurent que j'ai pas connu qui
- Speaker #1
disait que le plus beau sac c'est le bras d'un homme je suis entièrement d'accord avec lui est-ce que ton père en tant que producteur de cinéma a eu une influence sur la façon dont tu as Merci. construit ces personnages, que ce soit des personnages dans tes éditos ou toi-même le personnage que tu vas te créer ?
- Speaker #0
Peut-être parce que mon père a été un des premiers producteurs. Il était producteur, son père à mon but, donc c'est une espèce de dynastie de producteurs, les productions Jacques-Croix-de-Felle, lui s'appelait Vladimir. Il a été un des premiers producteurs à faire les films de sexe, avant tout le monde. Je dis film de sexe, je ne dis pas film érotique. C'est très sage. Ça s'appelle Le sexe qui parle, ça s'appelle Faut-il ouvrir les maisons clos ? C'est ce genre de film. C'est le premier producteur français à le faire. Peut-être qu'on appelle la queen du porno chic, peut-être qu'il y a quelque chose qui vient de là. Franchement, c'était beaucoup plus safe que même les strings qu'on mettait sur le défilé Gucci.
- Speaker #1
Est-ce que ça veut dire que Gucci doit à ton père quelque chose ?
- Speaker #0
Peut-être, oui, certainement. En tout cas, l'élégance, parce que lui, il avait l'élégance. Les gens ne savent pas pourquoi ils sont élégants. Il avait l'élégance et je pense que mon père et mon gaule, j'ai toujours voulu plaire à mon père. Et quand on me dit que tu ressembles à ton père, c'est le plus beau compliment qu'on puisse me faire. Et je pense qu'il avait cette élégance nonchalante. Il ne faut jamais avoir l'impression d'être habillé. Et il avait ça. Il n'y a pas beaucoup de personnes qui ont ça. Et dans les modèles aujourd'hui, les mannequins, il y en a une seule qui est comme ça pour moi. Une seule, c'est Ketmos. Elle n'est jamais surhabillée, elle n'est jamais sous-habillée. Elle a l'air toujours normale et elle est toujours la plus belle. C'est un gift, ça ne s'apprend pas. Et elle, je pense que c'est là, pour moi, c'est le plus de talent dans ce domaine.
- Speaker #1
La cinquième trouvaille, c'est la trouvaille qu'on t'a offerte. Est-ce qu'il y a quelque chose, un vêtement, un objet, une photo, quelque chose qui aujourd'hui te marque et que tu as toujours ?
- Speaker #0
C'est difficile de ne choisir qu'un. Est-ce qu'on peut dire deux ? Il y en a un, j'ai passé dix ans avec Karl. J'adore Karl, je parle de lui au présent. Et Karl, avant d'être designer, photographe, il fait des caricatures. Il faisait ça en... cinq secondes. Tes caricatures, tes caricatures sont parfaites. Il en a fait beaucoup de moi. Et ce qui est le plus génial, ce sont les textes en dessous. Et ça, j'ai de la chance d'en avoir au moins une quinzaine qui sont encadrés chez moi. Je pense que tu les as vus. J'en ai découvert trois nouvelles, d'ailleurs, que je vais faire encadrer. Ça, c'est très important pour moi parce que c'est... Je pense que Karl, pour moi, a été un peu comme un père. On a presque le même nom, quelque part, Lagerfeld, Rottfeld, c'est pas si loin. Et il m'a excessivement protégée. Donc, pour moi, c'était comme un père adoptif. C'est très important. C'est caricature de moi parce que ça veut dire qu'il m'aimait. Je pense qu'il fait ça qu'aux gens qu'il aime. Donc ça me touche, on va dire, encore aujourd'hui. Ce que je déteste de Karl, c'est toutes ses effigies. Comme Karl, les marionnettes, ça, je ne peux même pas les voir en couleur. Je n'en veux pas chez moi. Et la deuxième chose, je crois, c'est le jour où Stefano Pilati, après une parution que j'avais faite pour un défilé Saint-Laurent, m'a offert mon premier César. Je ne l'ai pas mis aujourd'hui, j'aurais dû. Pas beaucoup de bijoux, qui est vraiment mon bijou favori, c'est Compression de César. C'est une idée géniale. Vous imaginez, on a tous dans nos tiroirs les bijoux de famille qui n'ont pas forcément tous de la valeur et qu'on ne sait pas quoi faire. Vous imaginez, vous en faites une compression. C'est lourd, hein ? Vous le portez autour du cou. C'est une idée géniale et j'ai la chance d'en avoir.
- Speaker #1
Et si tu vides tous tes placards, tu garderas la Compression de César ?
- Speaker #0
La chance, c'est que j'en ai trois. J'ai deux pendentifs. Un que je pourrais donner à ma fille. Mon fils. Et j'ai aussi comme une statuette, si on peut dire ça, de fourchettes et de cuillères en argent qui pèsent très lourd. Ça, je n'ai pas encore décidé qui allait en hériter.
- Speaker #1
Mais c'est un César ?
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Non, mais un César qu'on reçoit au César ?
- Speaker #0
Non, c'est de l'artiste César. J'adorerais avoir un César, mais peut-être qu'il y aura des Césars pour les chanteuses. Maintenant que je vais lancer un disque, peut-être que je vais recevoir en vrai un César.
- Speaker #1
C'est vrai et on a hâte de l'écouter. La sixième trouvaille, c'est la trouvaille que tu as ouverte.
- Speaker #0
que j'ai offert. Vous savez, quand vous êtes entouré par des gens encore, je ressasse, mais même amis et designers, Tom Ford ou Karl Lagerfeld, c'est très difficile de leur faire des cadeaux à Noël. Il n'y a rien de plus difficile. On ne sait pas quoi leur faire. On se dit, ils ont tout, non ? Ça peut vous arriver souvent, des amis qui ont tout, on ne sait pas quoi leur offrir et puis ce n'est pas une raison pour rien offrir. Alors Tom, j'ai offert un bracelet, je ne sais pas si ça se dit en politiquement corail de dire ça aujourd'hui, tressé en poils d'éléphant. C'était un truc très à la mode dans les années 70. Et pour lui, ça ne se fait plus du tout. J'en ai trouvé un ancien que j'ai fait remonter et que je lui ai offert. Et ça se voit quand quelqu'un aime quelque chose. Et ça m'a inspiré après pour faire ses bracelets de montres, etc. Ce bracelet en poils d'éléphant.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui t'a fait penser à lui dans ce bracelet ?
- Speaker #0
Il est très 70, Tom. Et quand je l'ai vu, je me suis dit que c'était fait pour lui. Et il a adoré. Ça se voit quand quelqu'un aime bien. Et l'autre à qui j'ai fait un cadeau aussi, qui n'a vraiment tout, c'est Karl. Que offrir à Karl. Ficile. Alors je lui dis, bon, je vais vous faire quelque chose qui va porter. Je lui dis, moi, un objet, je n'ai pas non plus les moyens de M. Arnaud pour l'offrir à Jep Kouns, le genre de cadeau qu'il recevait. Donc j'étais chez Cromart, et il aimait beaucoup, Carl, il aimait les écharpes, une espèce de cachemire Cromart, avec des croix en cuir cousues dessus. Donc Jonathan me dit, Madame Bradfell, je suis ravie, etc. Je le vois le lendemain avec l'écharpe, je lui dis, super, il est content, parce qu'il soit content. Et trois jours après, il me voit et me dit, j'ai un problème avec l'écharpe. Je lui dis, mais qu'est-ce qui se passe, Karl ? Il me dit, Choupette est jalouse, elle l'a déchirée. Elle n'avait jamais déchiré aucune chose, aucun vêtement, aucune écharpe de Karl. La mienne. La bonne idée, c'est l'année suivante, j'ai pu lui offrir une deuxième écharpe.
- Speaker #1
Et Choupette ?
- Speaker #0
Elle n'y a pas touché.
- Speaker #1
Très bien, cette année-là, il ne faut pas être contente.
- Speaker #0
Jalousie de femme.
- Speaker #1
Tu vois, donc, tu es plutôt chien que chat et pourtant, un chat.
- Speaker #0
Non, Choupette est horrible.
- Speaker #1
Ah bon ?
- Speaker #0
Elle est méchante. Elle est belle. Les yeux bleus, elle est très, très belle. Mais très méchante. Elle vous griffe tout de suite. J'ai fait des photos avec elle, elle m'a griffée. Elle a été trop gâtée, je pense. Elle est vraiment... C'est pas un gentil chat. Elle est plus que ça. Donc, c'est pas un chat avec qui on veut... Elle est très distante. Je pense qu'elle ne vient pas d'Hermoud du tout. Et j'ai les mains consignées à pouvoir faire des photos avec Choupette.
- Speaker #1
Mais je crois que c'est ce qu'il aimait de Choupette, qu'elle soit si inaccessible.
- Speaker #0
Il a rendu comme ça, non ? Finalement, Choupette, c'est un cadeau qu'il a reçu. et qu'elle n'a pas voulu rendre.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Ce n'est pas vraiment un cadeau. C'est qu'il va se proposer de garder le chat.
- Speaker #0
Il ne l'a jamais rendu.
- Speaker #1
Il ne l'a jamais rendu. Voilà. Ça en a beaucoup. J'ai une question pour toi sur les parfums. Est-ce que ça s'offre, un parfum ? Parce qu'on en offre souvent, mais c'est dur de trouver l'odeur pour quelqu'un.
- Speaker #0
C'est très difficile. Alors, on ne se trompe pas. Il y a des gens qui sont très fidèles à leur parfum, comme ma grand-mère qui aimait Or Bleu. Bon, elle va lui offrir Or Bleu. On sait que ça lui fait plaisir. Elle va l'utiliser et qu'elle ne va pas la mettre au fond d'un placard. Mais autrement, c'est difficile aujourd'hui parce que les gens n'ont plus cette fidélité à leur parfum. Il y a tellement de parfums qui sortent tous les jours, tellement de propositions de parfums, c'est difficile de choisir. Et il faut vraiment réfléchir à la personne. C'est pour ça que j'ai créé les parfums de Karine Roitfeld et surtout à commencer par les Seven Lovers. Parce que bon, ils sont d'un gender, donc c'est homme et femme. Et pour moi, ça me rappelait des endroits que j'aimais bien avec des gens que j'aime bien, d'où le prénom. Par exemple, Saint-Pétersbourg, c'est Vladimir parce que j'aime ce prénom. Après Sébastien, c'est Buenos Aires. J'adore Buenos Aires. Donc quand je pense comme ça, j'arrive à trouver quel parfum pour aller pour quelle personne. Ou alors, quand je ne veux pas me tromper, j'offre Karine parce qu'il plaît à tout le monde. C'est le plus, je ne vais pas dire le plus facile, mais le plus grand public, si on peut dire. C'est Karine.
- Speaker #1
Moi, je porte le Vladimir.
- Speaker #0
C'est le deuxième. Ça paraît des Nespa, des Catherine, de nos hits. Et après, c'est carouaille, n'est-ce pas ?
- Speaker #1
Ah oui, Vladimir, il est parfait.
- Speaker #0
Vladimir, il a une histoire. Parce que, comme tu me parles de faire plaisir à quelqu'un avec un parfum, t'imagines que tu fais un parfum avec le nom de ton père et de ton fils. Il n'y a pas plus de travail difficile que ça. Il faut être sûr qu'ils vont l'aimer, qu'ils vont le porter. Parce qu'ils peuvent dire qu'ils l'aiment, mais pas le porter. Donc, finalement, je n'arrivais pas à chercher, chercher. Et à la fin, j'ai demandé à Vladimir de finir le parfum. Il l'a fini lui-même. C'est peut-être pour ça que c'est un succès. Il doit avoir un très bon nez. Vladimir et Vladimir grâce à Vladimir.
- Speaker #1
Oui, il y a mis quelque chose de lui dedans.
- Speaker #0
Voilà, qui lui plaît, qui fait qu'il le porte tout le temps, qui lui va bien. Je ne veux pas dire que c'est le plus masculin, mais peut-être des Seven Lovers. C'est le même féminin, si on peut dire. Il est indémodable, je trouve.
- Speaker #1
Est-ce que d'ailleurs, Karine Roitfeld Parfum, c'est une histoire de famille ?
- Speaker #0
C'est vrai que ça devienne. Écoutez... Je me compare à Coco Chanel, même si Karl disait que je ressemblais beaucoup à un beaucoup plus gentil. Elle a commencé sa carrière très tardivement, il y a 10 ans, il me semble, quelque chose comme ça. Je n'ai pas arrêté, mais je n'arrête pas de continuer de refaire des nouvelles choses. Et d'un seul coup, je me suis dit que le parfum peut être une légacie. Parce que j'ai travaillé pour beaucoup de designers, pour beaucoup de marques. J'ai fait des photos inoubliables avec Karl, des photos inoubliables avec Tom Ford, pour Gucci, le fameux Jeep. point, plein de choses, on a créé beaucoup de souvenirs, mais je voulais quelque chose qui dure plus longtemps que la mode. Et j'ai compris en entrant dans l'univers des parfums que c'était beaucoup plus difficile que la mode, ce n'étaient absolument pas les mêmes gens à qui vous avez affaire, mais si ça marchait, ça pouvait durer beaucoup plus longtemps. Donc c'est pour ça que je l'ai fait pour une espèce de légacisme, on peut dire, à mon fils, à ma fille, à ma petite-fille, à mon petit-fils, donc il y a déjà un Vladimir, il y a un Georges, mon petit-fils, maintenant j'ai des... Juliale est l'image de Forgiv'mi, j'ai un problème avec Romy. Le problème, c'est que Romy, elle n'aime pas trop mes parfums. Elle a 14 ans, elle aime les parfums, vous savez, on se met en brume sur le corps. Donc, il va falloir que je trouve une solution parce que Romy ne peut pas ne pas avoir de parfum.
- Speaker #1
Il y aura le Romy qui sera une brume.
- Speaker #0
Qui sera vampirisé par elle, on va dire, qui sera frais pour les... Parce que je ne pense pas au fil de 14 ans quand je fais mes parfums. Égoïstement, je pense à moi ou à mes amis. C'est encore une nouvelle génération, donc c'est pour sa génération, elle. Et je pense qu'il y a qu'elle qui peut savoir ce qu'elle a envie de porter. Même si ça me fait du mal, si je déteste ce qu'elle me demande, je ferai en sorte que ça lui plaît.
- Speaker #1
Mais tu dis quelque chose de très juste sur Coco Chanel, que peut-être Karl voyait par rapport à toi, c'est qu'elle a eu deux carrières et à 70 ans, ça va être la deuxième carrière. C'est le moment où elle est en Suisse, elle dit pour la première fois qu'elle est très riche. Les vertémer ont repris la maison. Et en fait, elle va voir, elle va découvrir le new look. Ça va lui être... tellement insupportable, le vert et mère ont très envie qu'elle revienne à Paris, ça va lui être tellement insupportable qu'elle va revenir à Paris, reprendre la maison, elle va inventer le Tailleur Chanel qui n'existe pas encore. Et ce que j'aime, c'est là où ça te correspond sans doute dans ta créativité, c'est cette spontanéité, cette façon de réagir à quelque chose pour faire son chef-d'oeuvre finalement qui n'existe pas encore.
- Speaker #0
Tu sais, quand j'ai quitté Vogue, c'est comme partir avec une couronne qu'on dépose parce qu'être à la crise en chef de Vogue... Paris, c'était, on va dire, l'ultime. Bon, il y a le Vogue américain, mais le Vogue Paris, c'est quand même plus un truc en plus. C'est le meilleur titre au monde. Donc, quand tu quittes le Vogue, tu dois déposer ta couronne. C'est pas comme Chanel, c'est différent, il n'y a pas eu la guerre, etc. Mais recommencer un nouveau magazine comme Sia Fashion Book, recommencer des parfums. Ça mérite beaucoup d'énergie. Et surtout, ne pas être où on t'attend. J'ai de la chance d'avoir des professeurs exceptionnels comme Tom et Karl. Et Karl m'a toujours dit qu'il faut toujours être le premier ou surprendre les gens. Par exemple, j'ai fait, alors je n'avais pas le droit de le faire parce que j'étais avoque, j'ai travaillé avec H&M pour lui. C'est la première fois qu'une marque de luxe, avec la Garofeld, se prêtait au jeu. de H&M, d'une grande, comment vous appelez ça, de suite.
- Speaker #1
Travailler sur la collection H&M ?
- Speaker #0
Oui. Maintenant, je peux le dire, je ne suis plus à Vogue, mais je n'avais pas le droit, parce que je n'avais le droit de faire aucune campagne de pub. Mais Carl, c'est Carl. Il m'a proposé, il m'a dit OK. Donc, j'ai même été chez les gens H&M. Et ce qui est très étonnant, Carl n'aurait jamais pu voir ça, c'est que chez H&M, ils essayaient les vêtements sur les gens qui travaillaient dans l'équipe, c'est-à-dire sur des femmes, je n'aime pas dire ce mot normal, mais qui ont des tailles normales pour le prêt-à-porter, pas des mannequins, des films, etc. Donc Carl, il n'a pas vu ça. Et en plus, c'est là où j'ai pensé à faire ce t-shirt à l'effigie de Carl. Et j'ai vu le jour où H&M est sorti. Il a fait une grande fête au restaurant Georges vers Pompidou, n'est-ce pas ? Le jour où il y a eu la fête, j'ai vu que Carl, qui était une icône de mode, est devenu une rockstar. D'un seul coup, tout a shifté. Ce n'est pas grand-chose dans la vie pour shifter. Et ça a été à ce moment-là. Et tous les jeunes... Doré adore Karl parce que même s'il était beaucoup plus âgé, il ne disait pas « vieux con » . Il était drôle, il parlait à tout le monde. J'espère que j'ai hérité un peu de ça de lui aussi. Et je pense qu'il a continué, il ne s'est jamais arrêté. Il disait « je ne prends pas de vacances, pourquoi je ne prends pas de vacances ? Je ne travaille pas, j'aime ce que je fais. » Tout le monde ne le comprend pas, mais moi je commence à le comprendre.
- Speaker #1
C'est assez drôle, en tout cas pour moi, ça résonne particulièrement parce que mon premier boulot étudiant, ça va être il y a quelques années chez H&M. Je vais commencer chez H&M et le premier week-end où je travaille, c'est le lancement de la collection. Et je n'oublierai jamais le rideau qui s'ouvre et les gens et les pieds qui piétinent.
- Speaker #0
C'est le mannequin Erin Wesson qui avait fait le mannequin.
- Speaker #1
J'ai toujours le t-shirt.
- Speaker #0
As-tu l'air ? Parce que moi, bien entendu, je ne garde rien. Comme je disais tout à l'heure, je n'ai rien. Je n'ai aucun vêtement. J'ai passé trois ans avec Uniqlo, je ne gardais aucun vêtement, je ne garde rien. Je l'habillais vraiment un peu plus simplement. J'ai un uniforme, comme il faut mettre l'uniforme Karine. Mais je me suis, on va dire, simplifiée la vie. Mais c'est vrai que ça a été une révolution, Karl. Il m'a dit, Madame Roitfeld, vous allez être le premier. Et quand j'ai lancé le premier numéro de SIA, avec les bébés et tout ça, avec Rose et Beurre, il m'a dit, j'aime pas du tout. J'ai dit, ok. Il m'a dit, j'aime pas du tout l'idée de ces bébés en couverture, mais vous avez surprise. Je m'attendais pas à ça, je m'attendais à des porte-chartelles, à des banois. Et le fait de me surprendre, ça c'est encore plus fort.
- Speaker #1
La septième trouvaille, c'est la trouvaille qui te définit le mieux. Est-ce qu'il y a quelque chose dans ton parcours, dans ta vie ? que tu as chiné, que tu as trouvé, qui t'est tombé entre les mains. Et si tu devais en garder une qui raconte Karine en un objet, en un vêtement, en un quelque chose ?
- Speaker #0
Moi qui ne garde pas beaucoup de mes robes, d'abord parce qu'on ne rentre pas toujours dedans à Biflage, j'ai une seule robe que je garde, parce que pour moi elle a une histoire extraordinaire. C'est une robe que Mario Tessino m'a offerte il y a peut-être 30 ans, une robe de John Galliano quand il n'était pas encore Dior. C'est le roi des biais, la robe de Galliano. Donc elle est blanche. avec un espèce de soutien-gorge noir, avec une écharpe noire. J'adore cette robe. Et un soir, il y a un grand dîner, je ne sais plus, Mario Tessino organisé, dans les Champs-Élysées, je ne sais plus dans quel endroit. Et à l'époque, moi je ne prenais pas des taxis ou des Uber, tout ça, il n'y avait pas. Je conduisais mon Austin, mon petit Austin rouge. Ça ne se fait plus aujourd'hui, mais c'était... Et je suis arrivée au dîner, un peu en retard, en courant, on n'avait pas de portable à l'époque pour prévenir, etc. Avec les clés de la voiture, maman, on me disait... Je suis désolée, je ne ferai pas de place pour me garer. Et ce moment, je pense qu'il y a eu un silence dans la salle. Même, je crois, Anne-Laurent Wintour a été l'asinée. Et ça m'a fait rire parce que c'est tellement moi d'arriver comme ça, en courant, sans veste, sans sac, avec les lois de voiture et je n'ai pas trouvé de place pour me garer. C'est la vérité. Et je pense que ça reste... Et je garde cette robe. C'est ma robe. Je ne la garde pas beaucoup, mais celle-là, je rentre dedans. Ça va.
- Speaker #1
On parlait du cinéma. Il y a quelque chose de cinématographique dans cette scène avec la robe.
- Speaker #0
Ah oui, ça, j'aimerais bien la refaire. C'était génial. C'est rare qu'on se sente bien dans sa peau. Même, on arrive en retard. D'habitude, on est... J'ai un wind tour, un dîner. Vous êtes... Ça a l'air comme ça, en douce. Et là, pas du tout. Je suis arrivée éclatante, en courant. J'ai des talons pas trop hauts, en courant. Désolée, je ne saurais pas me garer. J'avoue que ça a fait un bout de monde. Je serais crête dans un...
- Speaker #1
Ça peut être une publicité pour les parfums.
- Speaker #0
Ça pourrait. C'était très... Mais moi, je m'en souviens. C'était un bon moment.
- Speaker #1
La huitième trouvaille, c'est la trouvaille que tout le monde devrait trouver. C'est dur ça, je sais.
- Speaker #0
Sur soi-même ou dans son placard ? Je pense que même si on ne s'aime pas. Je serais dans la mode, c'est quand même le look, etc. On a tous quelque chose de bien. Ce n'est pas possible qu'on n'ait rien de bien. Ça peut être des très belles mains, ça peut être une belle bouche, ça peut être un décolleté, ça peut être des sourcils, ça peut être des chevilles. On a tous quelque chose de bien. Jusqu'au jour où on la trouve, où on la trouve, il ne faut plus la lâcher.
- Speaker #1
Et en fait,
- Speaker #0
la trouvaille qu'on aurait tous trouvé,
- Speaker #1
c'est ce qu'on a de bien.
- Speaker #0
Même si ce n'est qu'une chose. Ça peut être un décolleté. Moi, je n'ai pas un décolleté exceptionnel, je n'ai pas des mains exceptionnelles. Les oreilles qui décollent. J'ai deux choses. J'ai des jolies jambes et j'ai des beaux sourcils. Donc, protège. Parce que tout le monde a quelque chose de bien. Il lui ressemble. Je pense qu'il te donne la confiance.
- Speaker #1
Tu as des beaux sourcils ou tu as un beau regard ? Ou tu as un regard magnétique ? C'est un regard qui est une signature ?
- Speaker #0
Ce n'est pas parce que je ne me regarde pas moi-même, ça. Je vais répondre comme Karl bientôt. J'étais à bonne école.
- Speaker #1
La neuvième trouvaille, c'est la trouvaille que tu regrettes d'avoir vendue.
- Speaker #0
Je ne vends pas grand-chose. Peut-être que j'ai donné, fuite au grand ordre. que j'ai donnée. Oui, là d'ailleurs, je voulais qu'elle me la ramène. C'est une veste panthère que j'ai donnée, mais peut-être soi-disant prêtée à ma fille de Hedi Slimane quand il était chez Dior. Non, pardon, chez Saint-Laurent, excusez-moi. Et une veste avec un simple boutonnage, avec deux poches comme ça, comme un grand blouson en panthère. Et j'étais en train de réfléchir qu'il faudrait peut-être qu'elle me la ramène.
- Speaker #1
Parce que Julia, elle pioche dans ton placard.
- Speaker #0
Elle pioche. Non, elle, elle ne pioche pas. Je lui donne. Celle qui pioche, c'est Romy. Elle a découvert la plateforme il y a 10 jours. Et donc, je pense que pour Noël, je vais lui offrir sa première paire de plateformes.
- Speaker #1
C'est bien. Il faut qu'elle s'habitue comme mamie à marcher.
- Speaker #0
Oui, mais bon.
- Speaker #1
La dixième trouvaille et la dernière, c'est quelle est la trouvaille que toi, tu voudrais trouver, mais que tu cherches encore ?
- Speaker #0
Un chouard délit. Non, je parle de ça parce que l'autre jour, quelqu'un m'a dit « mais comment ça se fait que tu n'es pas un sugar daddy ? » Je lui ai dit « non, moi, je n'en ai pas besoin, je travaille, je suis très bien tout seul. Maintenant, j'adore être célibataire, je suis très tranquille, j'adore ça. » Il me dit « mais non, mais non, il ne faut absolument que tu trouves un sugar daddy. » Je lui ai dit « bon, peut-être qu'il faut, mais ce n'est pas moi qui vais le trouver. Je vais lui dire comment je vais trouver un sugar daddy, je le verrai après. » Il me dit « non, non, il ne faut absolument que tu trouves un sugar daddy. » Donc voilà.
- Speaker #1
Mais du coup, tu as commencé à chercher ?
- Speaker #0
À chercher ? Non. Lui va chercher peut-être pour moi, je ne sais pas, ça m'a périré parce que je n'avais jamais pensé. à être comme ça. Je pensais plutôt peut-être devenir une cougar girl et plutôt chercher un sugar daddy.
- Speaker #1
Oui, ça peut être très bien d'avoir un toy boy. Cher, elle le fait.
- Speaker #0
Oui, mais je préférais dans ce cas-là, un sugar daddy.
- Speaker #1
Un sugar daddy.
- Speaker #0
Intelligent, sympathique, avec qui on peut parler, prendre un week-end à Benis, quelque chose comme ça, pas de plus. Habiter ensemble. Et peut-être que Far, why not ? Voilà, la dernière trouvaille.
- Speaker #1
Écoute, je pense que chacun doit trouver ce qu'il veut trouver.
- Speaker #0
Je ne cherche pas. On m'a dit que je devrais trouver, donc j'écoute. Une bonne oreille.
- Speaker #1
Mais de toute façon, c'est un peu toute ta carrière. C'est ce hasard, la façon dont tu es tombée par hasard sur des choses et tu as fini par les exploiter et les saisir.
- Speaker #0
Ça s'appelle être une Gucci girl. Une Gucci girl, c'est toujours être... Ce n'est pas une question de look, ce n'est pas une question de maquillage. C'est la personne qu'on est. C'est toujours être un peu... Aux limites du flirt, toujours le mot gentil, toujours un truc qui se passe. Je suis en train d'apprendre ça à ma petite-fille. On a appelé les courses de Noël le week-end dernier. Je lui ai dit, il faut que tu flirtes avec tout le monde. Elle m'a dit, comment ça ? Je lui ai dit, oui, anti-flirter, c'est juste sympathique, t'es un mot, t'es une gentillesse. C'est ça d'être flirté, c'est toujours être agréable aux gens, d'avoir un petit coup différent des autres qui ne disent jamais rien. Ce ne serait que dire bonjour, déjà, c'est flirter aujourd'hui. Personne ne dit bonjour et merci, alors c'est double flirter. Et d'avoir cette attitude un peu qui va vers les gens, un petit peu.
- Speaker #1
Ouverte, sympathique.
- Speaker #0
Oui, ça existe.
- Speaker #1
Ce qu'on appelle fleurter, c'est sans doute être sympathique, gentil, se lier à l'amitié.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça que je disais, j'expliquais à Romy. Ça change tout, de tout au tout.
- Speaker #1
La dernière question, c'est une question qui est un peu ouverte. C'est quoi l'odeur de l'époque, si tu devais la décrire, ce parfum ?
- Speaker #0
J'ai entendu ce qu'était l'odeur de l'époque, Catherine m'a expliqué, Catherine qui travaille avec moi. J'ai été tester, elle m'a dit que c'était une odeur qui ne sent presque rien. Une odeur de réconfort, un peu de linge frais, juste comme ça, non ? Je déteste ça.
- Speaker #1
Ah, donc tu n'aimes pas l'époque ?
- Speaker #0
Si c'est ça l'époque, non. Je n'aime pas le goût de l'époque pour ce parfum. Moi j'aime les parfums envahissants, j'aime les parfums que vous avez décidé de porter. C'est un choix un parfum, tu ne peux pas le décider au hasard. Et après, il faut s'approprier. Je pense que ça ne peut pas être une odeur de linge lavé ou de... Je ne sais pas, ce n'est pas possible pour moi. Donc en fait, la faute de goût finalement en parfum, ce parfum trop fort, tu le préfères à ce parfum de là ?
- Speaker #1
Oui, je ne le sentirais même pas à vrai dire. Est-ce que je préfère le sans odeur ou l'odeur sucrée ? Ça c'est une autre question.
- Speaker #0
Et tu n'as pas la réponse ?
- Speaker #1
Je pense que dans un avion, je préfère l'odeur sans odeur. On sentira que la mienne. Et entendu, les hôtesses de l'air m'adorent, à chaque fois je m'asperge. Madame, c'est pas votre... de parfum. On aime beaucoup, on aime beaucoup. C'est mes plus grands supporters.
- Speaker #0
Merci, Karine. Bonne soirée, merci.
- Speaker #1
J'ai dit beaucoup de bêtises.
- Speaker #0
La Trouvaille, le podcast qui parle mode, art et décoration avec ceux qui dessinent l'époque. Je suis Jérémy Pradié-Jeuneau. J'ai commencé ma carrière comme antiquaire et on peut donc dire que je suis un expert de la Trouvaille. Ici, je dresse le portrait de mes invités en dix objets de hasard, en dix trouvailles.