- Speaker #0
Je vais vous dire avant de ne plus être en état de le dire, que là je soumets bien une petite table quand même. Donc, 20ème jour, 20ème jour, oui madame. Ah bah ce qui fait beau, c'est hyper agréable, on a de la musique, la bière. Très vite je vais être un peu bourré sur mon cœur et du coup très vite mon corps va se rappeler l'assimilation de l'alcool et de la table. 28ème jour, sans club, sans repos. Je voudrais commencer ce petit vocal pour dire que, si je peux me permettre d'être vulgaire, ça fait chier. Ça fait chier, j'ai pris 3 kilos et demi. Ça va me faire mal de dire ça, parce que, tu sais, il y a toujours des phrases à la con sur les réseaux sociaux, en général, des phrases à la con avec une photo de paysage, des espèces de... C'est le voyage qui compte, c'est pas la destination, mon cul sur la commode. Tu vois, il y a toujours ces espèces de phrases à la con. Étant quelqu'un de profondément cynique, ça m'a toujours relativement agacé. Et en fait, je me dis, merde, merde Cédric, c'est peut-être vrai.
- Speaker #1
Bonjour, bienvenue sur le podcast Tu manques pas d'air. Encore un épisode très spécial. C'est un journal de bord d'échange de messages vocaux pour le sevrage tabagique de Cédric. Cédric que je n'ai pas rencontré. Il nous livre toutes ses émotions, toutes ses expériences, tous ses constats, tous ses doutes. Bon, je ne vais pas vous spoiler plus que ça, vous allez vite comprendre le concept. C'est parti. Ah oui, et j'enregistre tout ça pendant que... dans ma cour d'immeuble, on installe des échafaudages, donc je pense qu'en termes de timing pour la qualité du son, je suis bien. Je suis hyper bien. Sonia vient donc de créer le groupe qu'elle a appelé je ne sais pas comment nommer ce groupe, mais on va vite lui trouver un titre. Je n'ai pas encore rencontré Cédric. Bonjour Cédric. Sonia vient de m'appeler pour m'expliquer qu'hier soir, vous avez discuté de mon podcast. Cédric, tu es en train d'arrêter de fumer. Tu es en up and down, tu es en chi. Donc moi, ma proposition, c'est qu'on fasse un épisode ensemble et qu'on le fasse au fur et à mesure de ces semaines et de ces mois, de ton sevrage. Donc l'idée, c'est que tu nous tiennes au courant de comment tu vas, comment tu en chies, quels sont tes tips. Et moi, je te relance ou je t'informe. Je précise que je ne suis pas ta bacologue, mais que j'ai quand même deux, trois conseils à te donner, même si tu ne les as pas demandés. Et deux, trois fun facts aussi, au passage. Et j'aime bien que Cédric soit dans le groupe, parce que je suis sûre qu'on pourra faire des commentaires un peu what the fuck. Allez, bisous ! Coucou tous les deux. J'adore l'idée. Je trouve ça génial comme format. J'ai hâte de voir ce que ça va donner. Après, je ne sais pas ce que tu en penses, Cédric. J'avoue que tu vas te sentir un peu obligée du coup quand tu vas te lever. Parce que oui, Astrid, tu ne tiendras pas de réponse de Cédric pour le moment. Cédric n'est pas joignable le week-end, généralement avant au moins midi. Il est probablement en gueule de bois, vu l'état dans lequel il était hier. Donc, je ne sais pas si il ne répond pas. Il est bien pour la veille. Bisous. Vous aurez reconnu Sonia de l'épisode 6, saison 1. Et effectivement, Cédric, à midi, nous a laissé son premier vocal.
- Speaker #0
Allô ? Salut, c'est lui déjà. Sonia, tu me connais bien. Je suis dans le même Ausha, il y a une gueule de bois énorme. Donc est-ce que vous m'excusez ? Il y a moyen que je sois absolument plus cohérent aujourd'hui. Vous serez probablement plus à côté de moi. Là aussi dans le mal parce que tu vois, c'est une mauvaise idée. Pour commencer, remplacer la clope par des verres. Alors j'étais déjà bien alcoolo à la base, mais alors depuis que j'ai arrêté de fumer, c'est non plus... Bref, je vais essayer de ne pas trop t'infliger un message douloureux pour tout le monde. C'est mon neuvième jour, neufième jour aujourd'hui d'arrêt de tabac et de vapote, parce que je faisais partie de ceux qui alternaient les deux pour essayer un petit peu de soulager ma conscience. Bon, grosse connerie, parce que c'est un nouveau côté. Pour moi, c'était la même chose que le tabac. En tout cas, il n'y a plus rien depuis neuf jours. Et j'en bave, j'en bave, j'en bave, c'est horrible, pas tout le temps. Et je ne sais pas si Sonia a eu l'occasion de te raconter hier sur Europe, parce que j'ai un gros trouble. C'est pas vrai, et je ne sais même pas si vous avez communiqué que ce matin ou hier. Bon bref, j'ai fait deux séances d'hypnose cette semaine. Bon, je suis quasiment persuadé que c'est de la connerie, mais... J'ai quand même fait jusqu'au bout avec une petite porte ouverte sur est-ce que ça soulage un tout petit peu les symptômes ou pas. J'ai l'impression un petit peu, mais est-ce que j'en chie entre guillemets moins parce que c'est ma 26e tentative d'arrêt, à peu de choses près, ou est-ce que ça a eu un effet, je ne sais pas. Donc, j'ai quand même la porte ouverte. Donc il y a deux semaines d'hypnose, deux semaines, deux semaines de séance d'hypnose. Je vous avais dit que je ne serais pas cohérent, les filles, là, ce n'est pas possible. Je vais prendre une quinzaine de cafés et si j'arrive à faire des phrases qui ont du sens, ça va vers vous. En tout cas, j'adore l'idée. Donc, cher journal, me faire penser à ne pas écoler une première. Bisous.
- Speaker #1
Waouh, OK. Enchantée, Cédric. Je sens que cet épisode va être... Je suis très heureuse de participer à ton journal de bord. On te prend en l'état, c'est juste incroyable tout ce que tu dis. Et je pense que notre futur, c'est vrai, qu'il sera très heureux de t'écouter. En tout cas, prends ton temps. C'est-à-dire que tu n'es pas obligé de faire une séance de thérapie aujourd'hui. Tu peux reprendre ce vocal demain ou après-demain ou quand tu sors de ta gueule d'œuvre. Et compassion, parce que moi aussi, j'ai un peu trop compensé par l'alcool au début. C'était la meilleure priorité ever. Et donc, juste pour te rappeler que le sevrage, c'est pas un sprint, c'est un marathon. Bisous !
- Speaker #0
Hello les filles, alors je décide de vous faire un petit message avec mon café. Oui, il est midi, je bois mon café. Arrêtez de me juger, c'est insupportable. J'ai fait le grand chat ce week-end, j'ai donc continué à faire la fête hier soir. J'ai donc continué à bien écouler hier soir et je voulais... on est pas complètement tout à fait cohérents et réveillés, je vous perds part d'un petit bilan, d'une chose qui m'a sauté à la tronche hier soir, ne jamais faire de soirée avec quelqu'un d'autre qui est en sevrage. C'est-à-dire que ça m'est arrivé hier, je suis tombé sur un petit... Mon fumier va poter aussi, et qui a eu la bonne idée d'essayer d'arrêter. Et en fait, c'est insupportable. C'est insupportable parce qu'en fait, c'est déjà dur de faire une soirée avec de l'alcool, mais... avec des gens qui fument. Donc déjà, t'as quand même un gros travail sur toi-même. Voilà, c'est violent. Mais là, en plus, tu te tapes les difficultés de quelqu'un d'autre. C'est-à-dire que... Jean, plusieurs fois, il exprimait le fait qu'il avait dépoussé. Il a dépoussé des cravings, des envies. Les envies impérieuses, Astrid ! Et là j'ai trouvé ça insupportable. J'avais envie de lui dire, chose que je n'ai pas faite parce que je suis pas au relativement bien élevé, mais gardez le confort. J'ai pas envie, parce que moi du coup ça en réveillait une qui me demandait qu'un petit laisser-passer pour revenir en force. Oui, ton voisin là, il a une grosse envie de cloper. Toi aussi, rappelle-toi, moi aussi ! Alors qu'à la base, je ne le pensais pas nécessairement. Donc je le juge comme hyper responsable d'une soirée relativement compliquée pour moi hier soir. Je n'ai évidemment pas craqué, c'est mon dixième jour. Mais je me suis dit, dans mon grand égoïsme, dans cette transition quand même très douloureuse, c'est lui qui ne fait plus de soirées avec des gens qui sont comme toi, en train d'essayer d'arrêter de couper. ou de ma côté. Parce que franchement, c'est pénible. Alors que t'avais les copines en face qui trouvaient ça presque magnifique, cette espèce de solidarité, c'est beau, on peut être en même temps ensemble. Oui, enfin ok, c'est super, c'est beau sur le papier, mais c'est comme si tu mettais deux mecs qui savent pas noyer, que tu les jetais dans la Méditerranée et que tu aurais trouvé ça formidablement joli. Non, c'est chacun pour sa gueule. Tu vas essayer de survivre. J'ai pas envie de... Si, à la rigueur, je pourrais me servir de l'autre comme de... Comme d'une bruit ? Non, c'est dans le sexuel. Bref, j'ai trouvé ça hyper compliqué. Donc avant même de parler de mes arrêts précédents, j'ai trouvé hier hyper compliqué d'avoir une soirée avec quelqu'un qui arrêtait aussi. Voilà, c'était la pensée du jour. Évidemment, pour la petite comparaison un peu bête sur la fin de mon vocal, je me suis planté avec des gens qui ne savent pas se noyer, j'ai au courant de mer, à la place de Kim Sampo-Nagy, et ça amène à l'affliction, ça. Dans les lapsus, donc on va complètement garder ça en revanche. Il y a quelqu'un qui a le micro à la fin. Salut, d'abord. Salut, Astrid. Bon, ben écoute, comme tu l'entends, ça parle un petit peu. Je suis à la sœur, là, en train de boire une petite bière.
- Speaker #1
Là, c'est le givre.
- Speaker #0
Je voulais te dire, avant d'être en état de te le dire, que là, je soumets bien une petite table, quand même. Donc, vingtième jour. Vingtième jour, oui, madame. Parce qu'il fait beau, c'est hyper agréable, on a de la musique, la bière. Très vite, je vais être un peu bourré, selon le cas. Et du coup, très vite, mon corps va se rappeler l'assimilation de l'alcool et de la table. Moi je t'en avais déjà envie. Non, non, non, j'en entends. Là j'ai déjà envie. Là j'ai déjà envie. Parce qu'il fait trop beau quoi, et puis il y a de la bonne musique, et puis voilà. Je voulais partager ce moment de frustration qui va probablement passer, parce que ça fait quand même le 21e jour et qu'il est passé les 20 derniers. Avec quoi ? Donc à tout à l'heure, que je serai encore un peu plus bourré et encore un peu plus dans la souffrance. Bisous. J'ai déjà un truc à te dire. Bon, ça sera probablement pas très bien construit. Toi, il y a un peu ambiance barre avec les voix derrière. Mais en fait, j'étais en train de parler avec Sonia. Et je me suis rendu compte d'un truc, parce que Sonia faisait une analogie avec le deuil. En fait, en gros, tu prends à vivre avec l'absence de la clope. Et puis, qu'est-ce que tu m'as dit sur le combat ? Parce que tu vas faire partie aussi. Putain ! Putain !
- Speaker #1
C'est le petit débit que je me fais, c'est que c'est en maintenant, pour la première fois que tu es pas... Donc c'est bien ça que t'as décidé d'arrêter, c'est la première fois que tu es resté pendant le combat.
- Speaker #0
Donc souvent je vais en positionner pour pas aller à ma place, parce que j'ai fait comme vachement, vachement bien. Et puis le petit mois, je me rends compte que... Là c'est vraiment un combat et que les frais d'avance, je le... Je ne le voyais pas, ce qui peut paraître un peu idiot, mais comme j'étais probablement pas prêt, j'ai tenté d'arrêter les fois d'après. Et pour répondre personnellement à une question que tu m'avais posée avant, je pense que j'ai dû tenter d'arrêter au moins 5-6 fois. 5-6 fois. Mais finalement, je pense que c'était plus des tentatives déjà vouées à l'échec. Et j'étais très à l'aise avec le fait qu'elles étaient déjà prédestinées à être temporaires et vouées à l'échec. Alors que là, je suis vraiment motivé. Je suis vraiment en train d'y trouver un intérêt, un combat qui est limite un truc un peu sportif. Je vais dépasser mon chrono, je vais battre mon record précédent. Et je n'étais pas du tout dans cet état d'esprit avant. Donc, je me dis que cette nouveauté est plutôt positive.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu dis ?
- Speaker #0
Non, c'est tout le temps. Salaud. Voilà pourquoi je l'ai envie.
- Speaker #1
Je suis un ex-fumeur,
- Speaker #0
c'est vrai. Je suis un ex-fumeur et du coup, c'est plutôt facile aujourd'hui quand même, parce qu'il n'y a pas de fumeur active, mais l'envie est quand même là. Il fait beau, temps à barbecue, on boit et voilà. Oui, c'est ce que vous voulez dire pour l'instant. En tout cas, oui, c'est la première fois qu'il y a une prise de conscience du fait que c'est un combat et que j'y trouve une réelle motivation. En fait... C'est la première fois que je mets cet arrêt dans la case Allez, tu te suis du bien, tu prends enfin soin de toi Avant, ce n'était clairement pas ça. Ce n'était pas musclé par la sphère du soin C'était plus le petit défi temporaire de je vais arrêter parce que ça peut être cool d'arrêter. Mais je n'y mettais absolument pas autant de sens. Donc, je me dis que ça peut être significatif. Et une autre difficulté aussi qui s'est émervée, c'est que j'ai fait quand même une paire de soirées, donc je ne me suis pas du tout épargné les soirées, tu vois. Petit aparté, je ne me les suis pas épargnés dans le sens où je voulais en faire un truc inscrit dans la banalité et le réel. Alors peut-être que... je ne me suis pas aidé, c'est un peu masochiste de ma part, mais je voulais vraiment que, comme je suis quelqu'un de très fêtard, je voulais continuer dans les mêmes habitudes, et simplement changer, la seule variable c'était l'absence de clope. Donc je me suis quand même infligé un peu une paire de supplices. à la suite avec les soirées mais c'était vraiment important pour moi de ne pas rester isolé, de ne pas faire des choses qui me rendraient triste et comme faire la fête me rend heureux, je ne voulais pas rester isolé sur mon canapé parce que comme ça je n'aurais pas accédé à la tentation de la clope c'était vraiment important pour moi de continuer à vivre comme je le fais d'habitude. Bon pour l'instant ça va, ça n'a pas contribué à une rechute. Bonjour, bonjour ! Et puis je pense que... Du coup, j'en ai presque une fierté supplémentaire en me disant Waouh, ok Cédric, en fait t'en es capable. Alors peut-être que j'aurais pu avoir ce même sentiment en attendant deux semaines de ne pas faire la fête, mais au moins je ne me suis pas infligé une frustration supplémentaire et j'ai continué avec ce rythme de vie très festif. Si je commence à me mettre en cohérence, c'est parce que la bière commence à monter au nez, mais c'est clairement pas de notre faute, c'est à cause de la chaleur. C'est n'importe quoi ce temps. Enfin, s'il faisait moins chaud, je ne serais pas dans cet état-là. Voilà. Mais en tout cas, j'ai continué à faire des soirées. 21 jours où je tiens. Et la difficulté supplémentaire, c'est quand même que... Malgré tout, dans ces soirées, la clope a été, comme je te le mentionnais déjà avant, pas mal remplacée par l'alcool. Et alors là, c'est quand même pour le coup une double frustration, parce que j'ai tellement bu sur deux grosses soirées que je ne me rappelle de rien. Je me dis, c'est génial, ok, je vais vivre libéré d'un truc, en l'occurrence la clope, mais tellement libéré et en faisant tellement contrepoids avec l'alcool que je me rappelle que j'ai eu du trou noir que je n'ai jamais eu de ma vie. Donc c'est ça, maintenant je me dis, ok, il va falloir non seulement parallèlement que je continue à être... à gérer les poussées, les cravings sur la clope et aussi gérer la consommation d'alcool ou en tout cas boire ce truc un peu bizarre qu'on appelle de l'eau pour essayer de ne pas avoir des trous noirs et que ça soit relativement équilibré. Et voilà, voilà ! Il y a un autre prix que je n'ai pas abordé sur la raison pour laquelle j'ai voulu arrêter de fumer, c'est qu'au-delà du côté j'ai une fille de 3 ans j'ai arrêté d'ailleurs le dernier arrêt significatif, ça a été je pense 4-5 mois avant et après sa naissance. Mais ça n'a pas été suffisant parce que je l'ai repris après. Et là, je ne sais pas pourquoi, si je le sais en fait, avec tous les amis autour, les fumeurs, les anciens fumeurs, qui ont réussi à arrêter. Je suis quelqu'un de relativement prétentieux. Il y a un égo relativement présent. Ça a fait pas mal mon égo d'être encore un des... Dernier survivant à ne pas réussir à arrêter de fumer alors que les autres apparaissaient une évidence tu vois pas une évidence non c'est faux mais en tout cas les trois quarts avaient réussi et là je me dis non c'est pas possible Cédric tu ne peux pas faire partie d'une minorité qui n'a même pas réussi à faire quelque chose c'est vraiment pour être prétentieux ce que je dis mais en tout cas ça a été un des moteurs pas le seul en me disant mais attends s'ils ont plus réussi qui doit me servir un peu de réussite en me disant j'ai envie de vivre moi aussi, d'avoir cette sensation de réussite et de ne pas être dans la minorité qui est dans l'échec. Mais évidemment pour pouvoir dire ça, il faut déjà avoir envie d'arrêter et d'avoir un sentiment d'échec face à ça. Mais voilà, en tout cas ça a été un des moteurs aussi.
- Speaker #1
Salut ! Alors je viens d'écouter tous ces messages. que t'as envoyé hier pour donner plein de news, c'est cool, je vais pas la faire la routine, sinon je n'en connais pas, mais c'est hyper riche et hyper intéressant de faire vendre sur le site, genre, perso, en t'entendant, moi je m'inquiète pour ton rapport à l'alcool. Gentiment, je te connais pas finalement. Mais de là à ce que tu nous témoignes de tes trous noirs que tu n'as jamais eus, et que là tu expérimentes, à quel point tu penses que c'est parce que tu compenses ton mème de cigarettes,
- Speaker #0
ton...
- Speaker #1
Qu'est-ce qu'ils faisaient pour toi là ? Vas-y, tu veux pas nous trouver un autre mot de compensation ? Parce que là, le fait, c'est que j'ai expérimenté et c'était dehors d'ordre. J'ai dû faire mûri ce brage d'alcool à un moment donné. En tout cas, je suis contente quand même d'entendre que cette fois, par rapport aux autres fois où tu avais fait des tentatives d'arrêt, il y a quelque chose de différent et que notamment, tu prends en compte le fait que là, tu as envie de prendre soin de toi. Et c'est, je pense, une clé. Je ne suis pas tabou écologue, mais je trouve que c'est un bon point de départ et une bonne ligne d'horizon aussi pour se rappeler de pourquoi est-ce qu'on fait ça. Tu as commencé ton vocabulaire en disant que tu avais un petit chérif qui venait, on savait un verre de vin, bonne ambiance, il faisait chaud et tout. Et tu disais, tiens, je vais partager ce chérif-là avec toi, parce qu'on y va passer, parce qu'ils sont tous passés, donc je ne vois pas pourquoi... celui-là ne passerait pas. C'est hyper intéressant. Tu as vachement confiance dans ces moments-là. Vas-y, partage-nous ton tips. Comment tu fais ? Qu'est-ce que tu te dis ? Combien de temps ça dure ? Comment tu sais que ça va passer ? Est-ce que tu peux analyser un peu plus cette émotion qui, parfois, est tellement insoutenable que c'est ce qui fait qu'on craque ? Les premiers mois, quand j'avais envie de fumer, j'y pensais beaucoup. Et plus les mois avançaient, moins j'y pensais, moins souvent et moins intensément. Là, je me demande, à quelle fréquence de pop-up de l'envie de fumer par jour ? Comment ça se passe ? A quelle fréquence et à quelle intensité ? En tout cas, bravo pour ces trois premières semaines. Tiens-nous au courant de la suite, j'ai hâte. Et bien là, on va avoir dix minutes de confidence.
- Speaker #0
Hello Astrid ! Eh bien écoute, aujourd'hui, 28ème jour, sans clope, sans repos. Je voudrais commencer ce petit vocal pour te dire que, si je peux me permettre d'être doulière, ça fait chier. Ça fait chier, j'ai pris 3,5 kg en un mois. En tout cas, moi ça me fait chier d'avoir pris 3,5 kg en un mois, parce que je me dis, ok c'est super, t'as la satisfaction d'un côté de tenir, c'est le 28ème jour, j'en fais super, vraiment j'éprouve de la fierté. Et en même temps, ça me fait chier de prendre 3,5 kg en un mois, parce que je me dis, dans un an, je vais en avoir 15 dans le bout. Surtout à 44 ans, où ça se perd plus difficilement. Donc voilà, je voulais commencer par te dire que j'ai des émotions très contradictoires. À la fois de la fierté, et surtout de la fierté de tenir pour l'instant, et d'être passé dans des situations de vie, comme des soirées, des situations totales où j'ai bien tenu. J'en suis super fier, mais ça me fait chier de prendre du poids. Ça me fait tellement chier que je me dis, une fois que je commence à payer un ou deux jours, faire attention en plus à l'alimentation. que je vivrais mal le fait de prendre trop de poids. Donc là, du coup, tu vois, ça devient un truc non plus unidimensionnel, mais il faut en plus que je me prive un peu, enfin que je me prive, je n'ai pas envie de me priver, mais que je fasse attention encore à autre chose, en l'occurrence la bouche. Frustration maximum. Frustration maximum. Mais je me dis que ça fait partie du jeu, parce que je veux être libéré, je veux prendre soin de moi, prendre soin de moi dans la sphère de... Du soin, il y a aussi ne pas devenir obèse, même si là, je caricature et j'extrémise un peu volontairement. Mais voilà, donc là, double truc auquel il faut faire attention. Et même, pour finir, le raisonnement triple truc, parce que je rebondis sur un truc sur ton local que tu avais dit qui était intéressant, effectivement, l'alcool. Tu vois, l'alcool, j'ai eu tendance à... Ça va, j'ai passé une paire de soirées en étant un peu tipsy, si tu veux, et en buvant de l'eau. parce que je pense que j'ai un terrain addictif général, global, relativement prononcé, et que clairement, une addiction peut remplacer l'autre. Je me dis que je peux passer le potentiel pour être un bon alcooliste. Donc évidemment, c'est pas sans plus de conscience, mais je me suis complètement autorisé de me bourrer la tête. Par contre, tu sais, quand je te parlais, il y a eu deux soirées où j'ai eu des trous noirs. Alors, je n'avais pas anticipé que j'allais avoir des trous noirs, mais c'était vraiment volontaire. C'était, wow, c'est drôle. Ça faisait deux jours, ou dix jours, la deuxième, j'avais arrêté de fumer. Je m'étais dit, non mais là, enfin voilà, continue. Mais par contre, fais-toi plaisir. Et le plaisir, il est passé par deux grosses culs. Après, la chance dans la malchance, c'est que le lendemain est assez insupportable. Du coup, j'ai quand même la petite de 3 ans, une petite de 3 ans qui, elle, est en pleine peau, et boit bon, moins de champagne que moi. Et du coup, les lendemains sont quand même assez désagréables. Donc, ça m'est vite passé, enfin, vite passé, non, ça m'est passé le fait de m'autoriser à me bourrer la gueule à sous le coin. Mais je pense que j'en avais vraiment besoin. C'était, tu vois, avant même d'arriver à la soirée, je m'étais dit, là, ce soir, je vais me bourrer la gueule. Je pense que ça m'a fait du bien, sauf les lendemains. Maintenant, effectivement, sur les soirées suivantes, et du coup, ça rejoint ce que tu disais dans ton vocal à toi, je me suis dit, waouh, attends, on va essayer de rester sur un ensemble à peu près maîtrisé, parce que s'il n'y a plus rien en clope, mais un pic de fou en alcool, puis un pic de fou sur la bouche, qui est donc le troisième coup qui vient d'apparaître, je me dis, dans tous les cas, ça va être un énorme bordel. Donc là, je suis en train de me rendre compte qu'en fait, c'est pareil du tabac. sans vouloir utiliser des grands mots, mais en fait, c'est un changement de vie total. Là, je ne suis plus du tout dans une place de conscience unidimensionnelle. C'était, il faut arrêter la clope, il n'y a que ça. Et puis voilà, maintenant, il n'y a pas que ça. Il faut arrêter, en plus de l'hymne, toutes les formes d'addiction. La clope, c'est juste le reflet de ce que tu es face aux addictions et aux tentations. Et donc, je suis en train de me dire, Cédric, tu as 44 ans. Au-delà de l'aspect de la cigarette, c'est ton mode de vie que tu t'apprêtes à changer ou en tout cas que tu as. commencé à travailler depuis 20 jours. L'alcool qu'il faut avoir en mesure, on va dire. Et puis, la bouffe aussi, parce que même si c'est moins visible et moins facilement mis dans la case, c'est pas mon pourquoi, c'est pas vite de le devenir quand même. Donc, je suis en train de me dire c'est une grosse toile d'araignée. Tout ça, c'est multidimensionnel. Je vais changer un peu de vie. Alors, quand je dis changer de vie, évidemment... C'est pas m'enlever tous les plaisirs, tu vois, mais je me rends compte qu'en fait, ça touche beaucoup plus de sphères à la base que ce que je pensais. Ça touche vraiment pas mal de tranches de ma vie. Et du coup, il y a un sevrage du tabac, il y a un sevrage alcoolique, entre guillemets, aussi. Bon, alors, sachant que moi, j'ai toujours eu de très, très mauvaises habitudes de picoler assez fort. surtout dans le week-end, depuis ma tendre jeunesse. Par contre, je n'ai jamais bu une boule d'alcool du lundi au vendredi. C'était le vendredi soir, le samedi soir, et plutôt du dimanche au vendredi, je n'oubliais pas d'alcool, ce qui est toujours le cas d'ailleurs. Donc du coup, le sevrage alcoolique, si on peut l'appeler comme ça, je ne sais pas. C'est considérablement, tu bois ton coup le vendredi soir, le samedi soir, si l'occasion te présente. Encore une fois, je ne bois pas en société, je ne bois jamais tout seul à la maison, je n'ai rien à boire. En tout cas, quand je suis avec des amis, me fêter de boire de façon raisonnable et raisonnée. Donc ça, le travail, il est en cours. Il me paraît pas trop trop compliqué, en tout cas beaucoup moins compliqué que la COP, dans le sens où ça m'a fortement agacé ces deux trous noirs. Déjà parce que j'ai quand même conscience qu'il y a un petit côté pathétique, tu vois, tu termines un peu en mode déchet, et surtout parce que je ne supporte pas de ne pas savoir ce qui s'est passé et d'avoir eu des discussions dont je ne me rappelle absolument pas, tu vois, d'être dans cette perte de contrôle. Et je crois que j'aime pas. en tant que ça, la perte de contrôle quand elle est à ce niveau-là. J'aime bien être un peu tipsy, mais être complètement bourré et ne se rappeler de rien, ne pas profiter, non, c'est pas intéressant, c'est clair. Et donc, du coup, il y a vraiment ces trois trucs-là qui sont en jeu. Et pour répondre à une question que tu me posais sur les cravings, ouais, j'en ai toujours, j'en ai toujours, toujours. J'en ai de moins en moins quand je suis seul chez moi. Ça y est, j'ai l'impression qu'elles arrivent, mais elles sont moins fréquentes et moins fortes que quand je suis avec des amis, par exemple en repas, etc. Et surtout, je me rends compte que j'ai des habitudes qui commencent à se perdre. C'est-à-dire que quand je repense, je me dis, c'est tout à l'heure, par exemple, quand j'allais dans la voiture, je me mettais à conduire, je me mettais en place pour démarrer la voiture. Alors, c'était pour les clubs, les clubs étaient devenus le vapeau, mais bon, c'est le même process. Je mettais la clé dans le contact, je mettais mon vapeur entre mes jambes, je tournais la clé du contact, je prenais le vapeur de la main droite et là je pouvais commencer. J'encouvrais la fenêtre entre temps évidemment. Et en fait tu sais, un truc très très robotique, très automatisé. Et je me suis rendu compte hier, surpris, alors je ne sais pas, je ne pourrais pas te le dater, mais en fait en me disant tiens je ne le fais plus dans la voiture. Tu vois c'est un exemple tout bête, des mécanismes qui...... Je ne sais pas s'il correspond des temps à des cravings, à des habitudes, mais en tout cas, les habitudes changent. Ça, je me rends compte. Elles n'ont pas été changées, mais elles ont commencé à changer. Pour autant, non, les cravings sont toujours là. Et tu sais, je ne fais pas grand-chose. Justement, je suis toujours un peu perdu face à ça. Quand je dis que le craving va passer, j'en suis persuadé parce qu'il est déjà... Toutes les fois d'abord, il est déjà passé. Donc, en fait, je... Je ne suis pas en train de dire qu'il est supportable, même s'il est de moins en moins insupportable, mais on part de tellement haut qu'on est encore vraiment dans le truc relativement insupportable parfois. C'est juste que je me dis, je me force à me dire, mais il va passer. Les fois d'avance, c'est passé. C'est un peu, tu sais, un... Je me fais de l'auto-brainwashing, quoi. Ça va passer, ça va passer, ça va passer. J'essaie de me convaincre au maximum. Dans ces cas-là, j'essaie de souffler, tu vois, d'essayer de me calmer un petit peu, de boire de l'eau. a priori, de manger, puisque j'ai pris 3,5 kg, sans avoir vraiment conscience que j'avais mangé plus que ce que je pensais. Et puis, si je me dis aussi de me raccrocher à des exemples quand je suis dit qu'elle va passer, je la cristallise avec des exemples. C'est-à-dire que, toi, l'exemple de tout le temps que tu lui as dit ta clope avant le tas, c'est pendant ta pause de tâche, et pour telle ou telle raison, merde, il faut remonter plus vite que prévu, il faut remonter plus vite pour aller faire le tas. Et des fois, tu vois, tu as eu envie de fumer et tu n'as pas eu le temps de. Ou alors, tu as vraiment fumé de taf et tu as dû l'extraser. Et je me dis, mais finalement, quand tu y penses, une heure plus tard, souvent, tu peux y repenser en disant, mais c'est vrai, tiens, je voulais fumer une table à la pause, là, et je n'ai même pas eu le temps. Mais tu te rends compte que tu n'as pas eu envie pendant une heure. Donc, je me raccroche à cet exemple en me disant, OK, tu as des exemples de vie. Tu t'es déjà retrouvé au taf où la pause était finie et que tu es... Malgré qu'elle a voulu gagner le temps de filmer que trop tard, une heure après je me suis rendu compte que l'envie était partie au bout de 5 minutes, 10 minutes, peu importe, mais en tout cas elle n'était pas encore présente une heure après, elle n'a pas duré une heure. Donc je me sers de ça en me disant, tu vois, ça te montre que les cravings sont temporaires, provisoires, et du coup j'essaie de m'accrocher à ça. Après, ce qui est compliqué aussi, c'est que, tu vois, étant un site, je suis en vacances, je suis en vacances, tu vois, pour 7-8 semaines. C'est hard, c'est hard, parce que, par la force des choses, ça me coûte plus le temps. Et j'ai presque hâte, c'est même pas presque, j'ai hâte de retourner au boulot. Si un jour j'avais pensé te dire ça, c'est n'importe quoi. Dans le sens où j'ai hâte de ne plus avoir le temps, parce que des fois, j'ai tout le temps, donc j'ai le temps d'y penser. J'ai le temps de penser à la clope, alors que quand tu travailles le matin, tu dois occuper ta gamine qui te fait une crise, puis après tu prends la voiture, tu l'amènes, et après tu vas au boulot, tu rentres, 18h, et le bain, et machin, tu sais, quand tu y es, la journée est hyper remplie, alors que là, par la force des choses, sur cette semaine de vacances... c'est plus... On met l'urgence à la remplir, tu as moins d'obligations surtout. Du coup, j'essaie de m'occuper au maximum. Je passe un coup de terre cher sur une terrasse qui est déjà super propre. Je vais couper, je vais tailler les... Alors que j'ai testé de faire. Mais au moins, ça m'occupe un petit peu. Mais je t'avoue que j'en suis quand même à me dire qu'il faut que les vacances s'arrêtent, c'est trop long et j'ai besoin d'être plus occupé. Donc les cravings sont toujours là. Après, je suis quand même rentré dans une... Un autre mécanisme de pensée en me disant, allez, 27e jour, là j'ai l'impression de rentrer dans l'air où je n'ai pas envie de tout bâcher. 27 jours, c'est significatif, tu vois. Les premiers jours, c'était limite la petite croix tous les jours, un jour, deux jours, trois jours. Et là, 27, pour une fois, je suis fier. Si je dois continuer sur une énergie positive, je suis fier. Et je trouve ce chiffre significatif. Je me dis, dans trois jours, ça fait un mois plein. Et c'est cool. Vraiment, c'est une première étape hyper importante pour moi. Donc je me dis, je ne peux pas tout gâcher en refumant, en revapotant. Et du coup, je m'en sers aussi quand les cravings arrivent en disant, allez, ça va passer, parce que ça passe tout le temps. Mais ça passe tout le temps, ça revient. Mais en tout cas, tu sais que c'est provisoire en termes de minutes dans le temps. Et puis, c'est tellement bien parti que tu ne les écoutes pas ces cravings. Autopersuasion à fond les ballons. Alors c'est très bien parti, même si, à théorie, je terminerais un roulé comme une boule, mais on ne peut pas tout avoir. Ce petit point était probablement super clairant, mais je voulais partager ça avec toi, les difficultés de prendre du poids, de se rendre compte de la toile d'araignée énorme qu'est l'addiction dans toutes ces... Cette globalité et dans le fait qu'effectivement, j'ai l'impression de rentrer dans un truc où c'est l'entièreté de ma vie qui va devoir être adaptée. On n'a pas changé, mais il n'y a pas de chose à adapter et non pas simplement la clope. Et je me dis que ça fait partie du chemin. Donc voilà, je voulais partager ça avec toi. Bisous !
- Speaker #1
Salut Cédric ! Je viens d'écouter ton message. Je suis un peu soufflée parce que là, ça grimpe. Je suis en plein chemin de compostelle. après la frontière espagnole. Et hier, j'ai posté une story en disant que si j'étais encore fumeuse, jamais, jamais, j'aurais fait un bout de ce chemin de compostelle. Et ce qui me montre qu'effectivement, arrêter de filmer, c'est pas juste arrêter de filmer en fait. Ça change ta vie. selon ton rapport à la clope, mais j'ai l'impression qu'on a un peu le même, c'est-à-dire un rapport très fort, très passionnel, très intense. Et quand on l'enlève, ça fait un gros trou et on a envie de le boucher. On sent aussi que c'était quelque chose qui soutenait une structure qui du coup devient chancelante. Et donc il y a des choses à consolider. Je suis passée comme toi, je suis hyper émue de t'entendre parce que je me reconnais. Je suis passée par des modes de... Vas-y, fais-toi plaise au niveau de la boucle, au niveau de l'alcool, on s'en fout. Parce que je cherchais à combler et à me faire plaisir, à me reprendre des shoots de dopamine. Jusqu'à ce que je comprenne qu'en fait, ça me faisait trop souffrir. Donc j'ai cherché mes shoots de dopamine ailleurs. Alors tailler les haies et passer le car cher, c'est hyper chiant. Mais après, il y a la satisfaction de l'avoir fait. Et peut-être que tu verras... Enfin, j'ai pas envie de te donner les conseils, mais moi je me suis dit que c'était l'occasion d'aller me connecter à des passions que je nourrissais pas assez et qu'au fond j'avais très envie de nourrir. D'où le fait que j'ai l'impression d'avoir remplacé mes moments de club par des moments d'écriture. Et qu'à la place de toujours avoir des clubs sur moi, j'ai toujours un carnet sur moi. Et donc, waouh, merci pour ton témoignage. Et là, donc tu approches du un mois. Et je ne sais pas si tu le sais, mais en novembre, depuis quelques années, il y a le mois sans tabac qui est au mois de novembre. Et pourquoi est-ce que ça dure un mois comme concept ? C'est parce qu'apparemment, quand tu as tenu un mois, statistiquement, tu sais que tu peux tenir vraiment longtemps. Ce n'est pas que tu as fait le plus dur, parce que chaque étape a ses difficultés en vrai. Mais tu as traversé suffisamment de moments désagréables pour savoir ce dont tu as besoin, tu te connais mieux. comment gérer les cravings. Et les cravings, ils se modifient, t'as vu ? Ils sont de moins en moins forts, ta conscience qui passe. Et je pense aussi que, toi, d'avoir arrêté déjà... plusieurs fois dans d'autres circonstances, ça t'aide à continuer d'arrêter, ça t'aide à ne pas reprendre parce que là tu le fais pour d'autres raisons. Mais je pense que tu avais besoin, enfin tu me dis si je me trompe, mais d'expérimenter ces rechutes, ces arrêts qui n'étaient pas les bons, qui n'étaient pas faits pour les bonnes raisons. Mais là ouais, c'est un peu vertigineux de te dire mais oh mon dieu, mais ma vie va changer radicalement. Alors oui et non, c'est à dire que Tout ce qu'on ressent au début, c'est l'expérience du sevrage. Et le sevrage, ça ne dure pas toute la vie. Donc là, tu es encore en chantier, en train de colmater, mettre des bouts de scotch et trouver des solutions. Mais les choses vont se remettre en place. Il y a une rééducation qui va se faire. Moi, effectivement, j'ai eu l'impression de devoir me rééduquer à plein de niveaux, mais même émotionnellement. Je ne sais pas comment tu es quand tu as une gestion émotionnelle, mais moi j'avais le réflexe que j'avais une émotion bonne ou moins bonne, de prendre une clope, et ça me faisait digérer l'émotion. Sauf que là, ça se stocke, je ne digérais plus l'émotion, donc il fallait que je trouve une autre solution, et vive la méditation. Et en fait, tout ça, ça paraît intense au début, mais au bout de quelques mois, ça va se mettre en place. Je trouve ça hyper intéressant ce que tu dis quand tu parles du fait que là t'es un street et que t'as du temps devant toi. Désolée mais moi je t'envie d'avoir tout ce temps. J'aurais un million d'idées, un million d'envie si je savais que j'avais toutes ces semaines off. C'est le moment de te reconnecter aux passions que tu pouvais avoir ou des choses que t'as toujours voulu faire et que t'as pas osé faire. Il y a plein de choses en arrêtant de fumer que je me suis challengée à faire. Par exemple, je détestais l'eau froide. Je ne pouvais pas me baigner dans l'eau froide. Et depuis que j'ai arrêté de fumer, ça a un peu été mon challenge. Et en fait, je me rends compte que ça donne des shoots de dopamine quand tu dépasses la douleur. Et donc, il y a vraiment un avant et un après dans mes ressentis physiques. Donc, voilà. Je ne sais pas si tu vas te prendre une douche froide. Et redonne-moi des nouvelles dans quelques jours quand ça sera à moi. On fait ça. Et je ne sais pas comment finir ce vocal, donc je vais le finir comme ça. Salut, salut ! Non, insu, de te dire salut, salut au début d'un vocal. Bézo ! Je venais aux nouvelles parce que tu m'as laissé un vocal il y a un peu plus de deux semaines sur... ton témoignage. Je voulais savoir comment ça allait et comment tu t'en sortais parce que la dernière fois, tu en avais un petit peu marre de ces grandes vacances interminables et tu allais aussi bientôt passer le cap du un mois sans tabac. Oh putain ! Donc si tu veux bien me donner des news, ça m'intéresse. Dis-moi si tu as besoin d'un conseil ou si tu as réécouté les vocaux du Cédric du tout début pour savoir ce que tu en penses. Où t'en es dans ton rapport à l'alcool, dans ton rapport à la bouffe, et tout ça, tout ça, quoi. Je te fais des bisous, bonne journée.
- Speaker #0
Hello Astrid ! Écoute, déjà, merci pour le message. Moi, je te fais un petit vocal en direct de Limerick, en Irlande, parce que j'ai décidé désormais de ne t'envoyer des vocaux que quand je serai dans un pays de rentrée. Écoute, petit update qui, je pense, est... quand même plutôt positif parce que je devais même te renvoyer un petit message symbolique, tu sais, pour les 1 mois. Eh bien, je les ai zappés et je pense que c'est plutôt une bonne nouvelle parce que j'en suis à 1 mois et 2 semaines. J'en suis à ne plus compter en termes de jours. J'en suis à 1 mois et 2 semaines alors qu'avant c'était 21 jours, 22 jours, 23 jours, 24 jours, etc. Je n'ai toujours pas craqué, ça se passe bien. Je suis... J'ai eu pas mal de poussées dans différentes situations, mais qui sont quand même moins fortes, je trouve. Des envies moins insupportables. Et puis j'en suis à un point où je me dis que potentiellement, alors peut-être que c'est une connerie, on verra bien, mais que potentiellement j'aurais peut-être des envies toute ma vie, tu vois, qui reviendront. Peut-être très peu nombreuses au bout d'un moment. Et j'essaie d'être rempli avec ça. Et ça se passe plutôt pas trop mal, quoi. je me suis pas mal occupé des deux dernières semaines depuis le dernier message que je t'ai fait là je suis en petit week-end en Irlande avec des amis qui ne fument pas dans un pays où il y a beaucoup moins de fumeurs c'est aussi intéressant et du coup je suis moins tenté j'ai essayé de réguler un petit peu j'ai régulé un peu l'alcool dans le sens où j'ai pas 36 000 occasions de boire je fais pas la fête tous les soirs non plus donc je suis Mais du coup, ça s'est plutôt régulé. En tout cas, quand j'ai l'occasion de boire, j'essaie de ne pas me mettre une pièce, comme je te disais la dernière fois. Donc ça, c'est plutôt cool. La nourriture, par contre, c'est compliqué pour réguler. J'en suis à plus de 1,5 kg, 5 kg quasiment. Ce qui ne m'a pas empêché de me faire un espèce de petit planning d'action. Donc si tu veux, la bouche, c'est le dernier truc où je suis coupable, vraiment coupable pour s'en penser, c'est-à-dire que je me suis autorisé, jusqu'à la fin des vacances, je reprends le boulot la semaine prochaine, je m'étais dit, c'est bon, je fais toujours plaisir sur la nourriture, sans que ce soit une orgie, sans que ce soit de la boulimie, mais vraiment, je fais toujours plaisir. Mange sans trop faire attention. Ce que j'ai fait, j'ai pris 4,5 kg. À côté de ça, je me suis réinscrit au sport pour la rentrée. Donc là, ça fait partie du planning d'action pour se faire du bien d'un point de vue global sur le corps et pour arrêter de grossir aussi, tout simplement. Et j'ai aussi pris rendez-vous avec un thérapeute qui ne fait pas que de l'hypnothérapie, chose que j'avais faite pour arrêter de plumer. Et finalement, avec deux mois de recul, j'avais été très sceptique sur les deux séances d'hypnose. Et je pense que ça m'a peut-être quand même prétentiellement un peu aidé. Et donc, j'ai repris rendez-vous avec un autre thérapeute. mais qui ne fait pas que ça. Les premières séances, il n'y aura pas d'hypnose. On va mettre un petit peu à plat tous les bagages du passé. Et on va parler un peu de l'addiction. Et donc, on va parler de mon enfance. En gros, je mets en place petit à petit un chantier pour restructurer et probablement mieux comprendre l'ensemble de ma vie et le pourquoi du comment j'ai eu certaines addictions. Et voilà, et ça, c'est un chemin que je n'aurais jamais, je n'aurais plus pensé aller sur ce terrain-là, tu vois. Je m'étais toujours refusé, peut-être par ego, peut-être par... Non, sûrement par ego, d'ailleurs. Du coup, ça, ça y est, ça se met en place. Et donc, je pense que ça va être intéressant, parce que tu vois, ça va dans cette démarche globale dont je t'avais parlé la dernière fois, du bien-être, et donc du bien-être mental. et le bien-être physique, et la clope, et l'alcool, et la nourriture, et les douleurs passées, et le pourquoi du comment, l'addiction qui est un symptôme, de où c'est venu. Essayer de se comprendre un peu mieux, plutôt que de se cacher et mettre la tête dans le sac, et puis de faire semblant qu'il n'y a aucune raison valable qui explique les addictions, alors que si, probablement il y en a. Et donc du coup, je me suis décidé à creuser un peu tout ça. Ça, c'est mon planning de septembre, pour ce qui sera... Ça sera le début de mon troisième mois. Donc ça, c'est ce qui est en jeu. Je suis assez serein. Je suis beaucoup plus positif que le dernier message. Dans le sens où les poussées sont toujours existantes, mais plus gérables. Il y en a encore qui sont un peu hard. Il y en a encore qui sont un peu hard. Mais là, je commence vraiment à avoir le temps qui m'aide. En me disant, ça y est, il y a eu 12 000. Le compte des années à la fois, ça m'a passé. Effectivement, ça passe. Les poussées, elles sont gérables. Et puis, la bouffe, voilà. OK, j'ai un peu de bide, mais ça va, j'ai 44 ans, merde. Non, non, évidemment, je vais y faire attention. C'est tout ce qui est en jeu pour le mois de septembre. En tout cas, c'est positif. Et ça m'a vachement stimulé de mettre en place des choses pour me sentir bien, que ce soit dans mon corps ou dans ma tête. Donc, bonne vibe positive. C'est important aussi et c'est cool que je puisse te le partager. Et puis voilà, la suite au prochain numéro, je n'hésiterai pas à te tenir au courant. Bisous !
- Speaker #1
Bravo, bravo, bravo, bravo ! Trop bien tout ce que tu nous donnes comme nouvelles, comme anecdotes, comme témoignages, le fait que tu sois à l'étranger, que là-bas ça fume moins et ça joue, le fait qu'effectivement, au bout d'un moment, on arrête de compter les heures, les jours, et on compte plutôt en semaines ou en mois. Donc bravo pour ça, bravo aussi à l'épreuve, qu'effectivement c'est un leçon d'évoluer dans le bon sens. Je suis trop heureuse pour toi. Oh là là, je vis dans un suspense, messieurs-dames, parce que je n'ai pas discuté avec Cédric depuis le 25 août, et nous sommes le 4 octobre. Je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise chose de ne pas avoir de nouvelles de lui. C'est-à-dire que si ça se trouve, il a rechuté, il n'ose pas me le dire. Si ça se trouve, il a eu ses séances avec sa thérapeute, son thérapeute, et c'était une catastrophe et il préfère me ghoster et vous ghoster par la même occasion. Mais si ça se trouve, il est tellement épanoui, équilibré dans ce qu'il vit, dans ce qu'il ressent, dans le fait d'être non-fumeur, qu'il nous a complètement oubliés. N'empêche que je suis quand même hyper curieuse. Donc, je vais lui envoyer ce petit local que je suis en train de vous faire pour savoir s'il peut bien nous donner des nouvelles et nous actualiser sur son sevrage, sa magie. Et alors, Cédric, comment ça va ?
- Speaker #0
Hello Astrid ! Hello tout le monde ! Alors attention, suspense ! Effectivement, ça fait un long long long moment qu'on ne s'est pas parlé parce que malheureusement... Mais non mais non, n'importe quoi, je suis un piètre acteur, j'ai évidemment tenu et j'attendais simplement une date fatidique ! Et là je pense que c'est plutôt pas mal, parce que c'est le début du 4ème mois sans tabac. Je te raconte n'importe quoi, je me suis complètement fait happer évidemment par la reprise du boulot, par les nouvelles choses que j'ai mises en place. Mais je te confirme que je débute quand même mon quatrième mois. Donc, je ne compte plus en jours. Je compte en mois parce que j'ai envie de me la péter et de faire du bien à mon égo en me disant que j'ai devenu trois mois plein et que le temps passe, mieux c'est parti pour tenir. Parce que là, j'ai vraiment la fierté d'avoir tenu. Donc, je me félicite pas mal. Je suis super fier et je m'en sers d'autant plus facilement pour me dire que tu ne peux pas tout gâcher après trois mois pleins sans rapoter et sans fumer. Alors, la reprise a été un peu délicate parce que, si tu veux, pendant l'été, j'avais... Parce que j'ai quand même eu la bonne idée d'arrêter de fumer au début juillet. Donc, j'ai réussi à passer toutes les soirées, les barbecues, les trucs hyper fiches. Ou au début, je me compensais par l'alcool, comme je t'avais expliqué. Et en fait, là, il y a eu la reprise du boulot avec d'autres habitudes. Alors, moi, je suis quand même un petit filou, si tu veux. C'est-à-dire qu'en classe, évidemment, tu ne pouvais pas fumer de clope. En fait, j'avais quand même ma vapeur et j'avais le malheur d'avoir une classe vide juste à côté de la mienne. Et je peux t'assurer, c'est complètement anti-professionnel, je vous les oreille, que parfois, quand tu es en train de faire un exercice, j'ouvrais la porte, je faisais style, je faisais un truc pour la classe d'à côté, pour aller vapoter, alors que mes élèves étaient à deux mètres dans ma classe. Et pour aller s'y rétablir, je vapote, j'en étais quand même là. Donc, c'est cette habitude qui m'est revenue en pleine face à la reprise. en me disant, en m'interrogeant, vais-je ou pas dans la pièce d'à côté ? De toute façon, je n'ai plus de vapote sur moi. Mais ça, ça m'a travaillé pendant une bonne semaine. Comme quoi, c'était une habitude à laquelle je ne pensais absolument pas pendant les deux mois de coupure de vacances d'été. C'est une habitude qui est revenue au début septembre. Finalement, honnêtement, j'avais déjà deux mois dans les pattes. Ça n'a été pas trop compliqué à gérer. Et c'est vite un peu... Ouais, c'est mort de sa belle mort, quoi. Ça a vite été gérable. Et puis après, si tu veux, comme je t'ai expliqué aussi, j'ai commencé à mettre un peu de concasse. Un thérapeute, un hypnothérapeute, où je voulais parler un peu de mes addictions en général. Que ce soit le tabac, que ce soit l'alcool, sachant que j'ai quand même un passif familial un peu lourd à ce sujet. Donc évidemment, je pense que c'était le bon moment pour que je m'interroge, tu vois. Et en fait, je suis tombé sur un thérapeute avec une approche un peu originale qui m'a dit Mais moi, je me fous de tes addictions, je me fous de ton potentiel alcoolisme, de ton potentiel tabagisme. Je veux qu'on aille à la source et je veux qu'on traite un peu le petit Cédric enfant. Le propos du comment toutes ces addictions sont mises en place. Alors, ça peut paraître un peu obscur comme ça. Donc, je ne sais pas si ce serait le bon moment ou le bon... ou le bon message pour développer. Mais pour moi, ça a complètement pris sens. Finalement, c'est ça le principal. Ça a complètement pris sens. Et je me suis fait hypnotiser. Et pourtant, je suis quelqu'un de relativement cynique et sceptique à la base. Mais franchement, ça a fonctionné. Avec des... Je ne sais pas comment le dire, des choses un peu troublantes. L'état d'hypnose était clairement caractérisé. Et j'ai... J'ai eu même l'impression d'avoir un truc un peu ésotérique. Bref, j'ai pensé très très fort à une personne qui n'est plus là. Et j'ai eu l'impression d'avoir une communication avec cette personne. Alors là, attention, je suis en train de me vriller totalement, c'est un moment de bien. Mais en tout cas, moi, ça m'a aidé. Alors, la force du conscient et de l'inconscient, peu importe, ça ne serait pas très bon pour se plonger dans ce genre de sujet. Mais en tout cas, ce thérapeute m'a... m'a touché. J'ai l'impression que ça a été hyper aidant pour la démarche globale d'addiction. Depuis, j'essaie aussi de contrôler, dans la limite du raisonnable, ma consommation d'alcool, même si le but n'était pas du tout d'arrêter de boire en appréciant, contrairement au tabac, où je voulais complètement arrêter. Et donc, du coup, j'ai l'impression que tout s'est un peu équilibré. J'ai recommencé à faire beaucoup de sport en septembre. Le but du jeu était aussi d'être sur-occupé, de refaire des choses qui font du bien au corps. Donc au-delà de la rédoute à bois, de refaire du sport à fond, dont j'en fais trois fois par semaine. Ça compte pour un mec paréciaux comme moi, c'est des vabilles en peste. Et puis voilà, d'habiller le travail mental et le travail physique. Et j'ai l'impression que ça se passe plutôt pas mal. J'ai déjà perdu, allez, un ou deux kilos de mes cinq kilos pris. Donc franchement, je suis quand même pas mécontent. J'ai quand même eu l'occasion de refaire pas mal de soirées. La clope, ça ne me paraît pas... J'ai encore des envies. J'ai évidemment encore des envies. Mais c'est vrai qu'elles sont beaucoup, beaucoup, beaucoup moins fortes. Et elles sont totalement incollables maintenant. Donc en fait, tu vois, je... J'ai l'impression d'avoir passé un cap. J'ai l'impression d'être de plus en plus en paix. Je sais que ça fait des grands mots. Ça fait le mec qui est devenu bouddhiste. Mais vraiment, je pense que c'était mon chemin à moi. Je ne dis pas que c'est un chemin universel et que tout le monde doit faire ça. Mais je pense que tout devait s'imbriquer. J'ai commencé à réfléchir à l'arrêt du tabac au moment où j'avais besoin de réfléchir à moi-même en général. Je ne sais pas si c'est le cas pour tout le monde. Mais en tout cas, moi, c'était clairement le chemin que je devais prendre. J'en suis super content pour l'instant. Donc, je tiens. Je te dis, j'entame mon quatrième mois sans tabac, sans vapote, sans rien. La consommation d'alcool est contrôlée. Je refais du sport. J'ai creusé pas mal de choses intérieures. Et j'ai envie de continuer à le faire. Donc, je me dis, le constat est quand même hyper positif. Après, je pense aussi que j'étais prêt. J'étais prêt, tu vois, je ne sais même plus combien de fois j'ai essayé d'arrêter de fumer avant cette fois-ci. Je vais dire n'importe quoi, peut-être sept ou huit fois. Et si je devais donner un conseil, tu vois, au-delà du conseil qui n'est pas nécessairement applicable de se faire des thérapies ou de ne sais quoi, c'est peut-être pas le chemin de tout le monde, mais en tout cas, le chemin que tout le monde peut emprunter, c'est d'essayer d'arrêter, arrêter, arrêter plusieurs fois, plusieurs fois. Et surtout, ce n'est pas grave si on replonge. Parce que j'ai l'impression que le corps a la mémoire de tout ça. Et que la huitième fois, l'arrêt était plus facile que la septième, et encore plus que la première, bien évidemment. Alors, est-ce que c'est lié au fait que j'ai mis en place toutes les choses différentes dont je t'ai parlé, ou simplement aussi que l'accumulation tentative d'arrêt a facilité le truc ? Enfin, un peu de tout, j'en sais rien. Mais dans tous les cas, si je devais donner un conseil, c'est arrêtez autant de fois que vous voulez, ne vous flagellez pas si... Si vous recommencez, parce que dans tous les cas, l'arrêt aura servi à quelque chose, ça, j'en suis vraiment, vraiment persuadé. Donc voilà, c'était une petite conclusion. Je ne sais pas si c'est très, très clair, ce que j'ai dit, mais en tout cas, je suis dans une phase positive. J'ai toujours des envies. Je suis en paix avec le fait d'en avoir. Elles sont moins fortes. Je suis content et fier de pouvoir dire que je suis une non-cumuleur. Encore une fois, il y a un... Il y a un faible pourcentage de moi qui, évidemment, ne va pas être certain à 100% que je ne replongerai pas. Mais en tout cas, pour l'instant, j'ai l'impression d'être bien parti. J'en suis fier. Et on verra pour la suite. Je vais continuer mon petit chemin de questionnement intérieur, de dosage, d'équilibre, je dirais, sur toutes les consommations qui font rire et passer des bons moments. Et puis, on verra si ça continue sur le chemin là. Mais en tout cas... Je ne me suis jamais senti aussi bien parti que maintenant. Donc ça, c'est plutôt cool. Voilà, voilà, bisous !
- Speaker #1
Salut Cédric, j'espère que tu vas bien. Je suis en train de me placer dans mon projet. C'est un peu beau, je trouve. Je voulais savoir comment tu allais. Parce que, je ne sais pas si tu le sais, mais on est en plein milieu du mois de novembre. Enfin, je sais qu'on est en plein milieu du mois de novembre. Mais est-ce que tu sais que novembre, c'est le mois sans tabou ? C'est un peu comme le Dread January, c'est le mois sans alcool. le truc des anglais qui devient à la mode et du coup en France il y a le mois sans tabac où il y a plein de gens qui arrêtent de fumer pendant un mois et je voulais savoir si t'en avais entendu parler si là tu te sentais plus concernée si t'avais un avis là-dessus Je ne sais pas si tu sais, mais du coup, pendant le mois sans tabac, tu peux aller en pharmacie chercher ton kit gratuit de pochettes surprises, de plein de petites choses en lien avec le Ausha Tabagique. Là, j'ai fait un épisode génial avec Katie Deleris, qui est une tabacologue tiktokueuse et qui a longtemps bossé chez Tabac Info Service, où en gros, quand on appelle le 3989, c'est elle qui décroche et qui peut soutenir dans ton Ausha Tabagique. Et moi, je n'ai jamais appelé le 3989. Je voulais savoir si tu savais ce que c'était, à quoi c'était, si tu avais déjà pensé à appeler. Je pense que c'est mon dernier vocal. Et je te propose, vous, de faire le dernier vocal qui clôture cette période de sevrage. Voilà, je te laisse la parole. Merci pour tout. Au bisou.
- Speaker #0
Hello Astrid, merci beaucoup pour tes vocaux. Nous sommes aujourd'hui le mardi 12 novembre, je suis dans mon cinquième mois parce que j'ai, en refouinant donc j'ai retrouvé la date et arrêté le vendredi 5 juillet donc mon cinquième mois j'ai pas coupé. Je ne suis pas plus fier mais c'est rigolo d'avoir reçu ton message, ton vocal aujourd'hui parce que je me dois de te dire que ça a été un peu difficile pendant les vacances de la Toussaint. Et je trouve intéressant d'en parler, puisque 5 et moi, j'étais quand même pas mal bourré de certitudes. Et je ne sais pas pourquoi, pendant ces vacances où j'ai eu pas mal de soirées, l'envie a été un peu plus présente que septembre-octobre. Donc je me suis rendu compte que c'était quand même, ça s'en va et ça revient, c'est fait de tout petit rien et que ça pouvait revenir. C'était quand même fluctuant l'envie et qu'il fallait que je reste entre guillemets un peu humble face à... Face à ça, c'est-à-dire que ce n'est pas gagné. C'est encore un travail en cours. Work in progress, comme on dirait. Et je suis vraiment dedans. Donc, ça me paraissait intéressant de te le dire. Parce que je me suis rendu compte à post-hierique. Je me suis dit, mais en fait, je ne lui envoie des vocaux que quand ça va bien, par la force des choses. Parce que si tu veux, quand j'ai commencé à me confier avec toi, quand j'ai commencé à faire ce journal de bord, c'est parce qu'à la base, j'avais besoin de témoignages de personnes qui ont chié. parce que cette espèce de solidarité, d'identification à une personne qui est déjà passée par là, c'est hyper important. Et après, je me suis dit, mais en fait, je ne lui laisse des vocaux que pour lui dire que ça va plutôt pas trop mal. Et ben non, c'est pas vrai. Il y a eu un petit pic d'envie. Je n'ai pas recraqué, donc c'est ça le positif, mais il y a eu un pic d'envie. Et il me dit, c'est quand même important de te le dire. Donc, même au bout de cinq mois, je peux encore galérer. Donc voilà, première chose importante à signaler. Et du coup, tu vois, ces envies, en tout cas l'intensité de ces envies qui est revenue au galop il y a deux semaines à peu près, je l'ai analysée, je ne sais pas si c'est la bonne analyse, mais tu vois, je me suis rendu compte que, bon, maintenant, ça faisait quand même cinq mois, que j'étais quand même énormément moins en tension. Et que donc, paradoxalement, ça pouvait nourrir l'envie insidieuse qui pouvait revenir. tranquillement, dans le sens où avant j'arrivais en soirée, puisque c'était quand même là où j'étais le plus tenté. Quand je te parle d'envie récemment pendant mes vacances, c'était effectivement en mode soirée. Mais avant j'arrivais, les 4 premiers mois, j'arrivais en soirée en mode warrior. Avec ma grosse armure, grosse préparation psychologique d'une demi-heure avant d'aller en soirée. Tu ne fumeras pas, tu ne seras pas tenté. Là, c'est vrai que je ne me prépare plus. Et du coup, c'est là où... en ne me préparant plus que le retour de l'envie m'a un peu saisi. Donc c'est bien parce que ça m'a redonné une petite dose d'humilité. Et tu sais, finalement, ça va me faire mal de dire ça, parce qu'il y a toujours des phrases à la con sur les réseaux sociaux, en général des phrases à la con avec une photo de paysage, des espèces de mantras, tu sais. C'est pas le... c'est le voyage qui compte, c'est pas la destination, mon cul sur la pommade. Il y a toujours ces espèces de phrases à la con. Étant quelqu'un de profondément cynique, ça m'a toujours relativement agacé. Et en fait, je me dis, merde, Cédric, c'est peut-être vrai, c'est peut-être vrai quand même. Et en tout cas, pour cette phrase à la con que j'ai en tête, c'est le voyage qui compte, pas la destination. Bon, ben, ouais, effectivement, il faut avoir l'humilité de prendre ce voyage en compte et de prendre toutes les étapes et les petits reculs en termes de sensations, etc. Donc finalement, je crois que je vais me spécialiser dans les photos de paysages et les phrases insipides. En tout cas, c'est vrai, le voyage de l'arrêt est plus long que ce que je pensais, plus complexe. Et ce n'est pas gagné aussi rapidement que ce que je pensais, en termes de sensations, en tout cas en termes d'envie. Et c'est intéressant. Et ça, il ne faut pas l'oublier. Si j'avais des conseils à donner, ce serait qu'il faut bien rester vigilant parce que c'est le moment où on relâche un peu la pression. En tout cas, moi, ça s'est passé comme ça. Au moment où j'ai relâché la pression, des envies sont revenues. Donc la vigilance, elle doit rester présente un long moment, je pense. Après, je t'avoue que, je crois que je l'avais déjà dit dans un de vos cours précédents, mais putain, qu'est-ce que je suis fier ! Je suis fier, après plus de 20 ans, 24 ans de tabagisme, je suis super fier d'en être à 5 mois. Et c'est quand même souvent ça, je suis sûr de te l'avoir mentionné avant, c'est quand même souvent ça qui me sauve, entre guillemets, en me disant, ça y est, il y a 5 mois, sois fier à toi de tout ça, tu ne vas pas te gâcher, alors que tu as fait 5 mois, tu en as bavé. Et que malgré tout, les envies, même si elles reviennent de temps en temps, elles sont quand même moins fortes. Donc je me raccroche toujours à ça. Après, si tu veux, je ne fais pas partie des... Des anciens fumeurs qui sont dégoûtés par l'odeur. Souvent, on me dit, moi, ça me dégoûte l'odeur, je trouve ça dégueulasse en terrasse. Moi, pas du tout. Tu peux me souper dans la gueule autant que tu veux, c'est un plaisir constant. Le seul truc où je me dis, c'est quand j'ai eu l'expérience. Un pote qui a parlé près de moi, et là, je me suis dit, effectivement, la laine de tabac froid, ce n'est quand même pas top. Par contre, l'odeur de cigarette en cocktail ne me dégoûte toujours pas. Mais si je devais donner en tout cas un conseil, je ne sais pas si je suis bien placé pour le faire, mais parce qu'il y a encore dedans, que je le veuille ou non, encore dans le process, c'est ça que je veux dire. Franchement, essayez, arrêtez, essayez, plantez-vous, essayez une fois, deux fois, dix fois, rechutez, mais soyez fiers d'avoir tenu deux semaines avant de rechuter. Et ça, c'est hyper, hyper, hyper important. Même deux semaines, deux semaines, c'est toujours bon à prendre. Et puis la fois d'après, ça sera un mois. Et puis la fois d'après, ça sera trois jours. Mais c'est hyper important. Et la fierté, il faut l'avoir dans un coin de la tête parce que j'ai vraiment l'impression que c'est l'accumulation des tentatives qui a fait que, pour l'instant, ça a marché depuis juillet. Mais c'était peut-être la huitième tentative. Donc vraiment, respecter à fond les tentatives et les échecs précédents. Tu vois, pour l'arrêt, ça peut paraître complètement anodin, mais je suis content d'avoir arrêté en été. Parce que, comme je te disais tout à l'heure, cette espèce de mode warrior que tu as au début, parce que c'est tellement sauvage et puissant l'arrêt au début qu'il faut avoir une énorme carapace. Je suis content d'avoir été directement dans le dur avec les barbecues, les terrasses, etc. Et au moment où tu relâches, parce que tu ne peux pas constamment, tu ne peux pas passer des années à être en mode warrior, il faut relâcher. D'où le retour des envies, certes un peu plus faibles, mais le retour des envies. Tu vois, cinq mois après, je préfère qu'elles arrivent en novembre, quand il fait moche et qu'il y a moins de terrasses, qu'avoir commencé à arrêter genre janvier, février, et puis avoir des envies, avoir de nouvelles envies qui arrivent en juillet. Écoute, en tout cas, moi, dans mon chemin, je suis content d'avoir commencé en juillet. Et puis... Et puis pardon pour répondre à une de tes questions, je connais le mois sans tabac au mois de novembre, je crois que j'avais commandé un kit il y a peut-être 2 ou 3 ans que j'avais reçu, je ne m'y étais pas du tout identifié, ça ne m'avait pas aidé plus que ça, mais est-ce que c'est parce que je n'étais pas prêt ? Est-ce que je ne sais pas trop pourquoi d'ailleurs, je pense que je ne devais pas être prêt. Et puis je pense surtout qu'il y a une telle multitude d'entrées dans la sphère de l'arrêt que ça peut ne pas correspondre. Moi, ça ne me correspondait pas. J'avais reçu ce kit, j'ai jamais appelé. Maintenant, à posteriori, tu vois, peut-être que j'aurais effectivement pu le faire, parce que là, c'est un peu ce que j'ai fait finalement, ce journal de bord par vocaux. C'est un peu... En tout cas, ça a joué le même rôle, donc j'aurais peut-être pu le faire. Je connais, mais je pense que je n'étais pas en état probablement de le tester. Et pour finir, pour rebondir aussi sur une de tes questions, tout ce qui est un peu thérapie, j'ai un petit peu ralenti, on va dire, dans le sens où j'ai eu une période, je pense que tu l'auras compris, j'ai eu une période post-arrêt où j'étais un peu dans la boulimie. dans la boulimie de recherche de solutions, on va dire. Ça partait un peu dans tous les sens et ça pouvait potentiellement devenir inefficace. Donc, j'ai continué, j'ai fait plusieurs séances que j'ai trouvées hyper intéressantes où là, il y a eu des axes de travail qui ont complètement différé du tabac. Tu vois, je pense que je l'avais déjà évoqué dans des vocaux précédents sur l'enfance, sur des choses à régler, sur... Et puis après, plus sur des attitudes de vie, tu vois, finalement apprendre un peu plus à se connaître, et puis apprendre à être aidé par l'autre, surtout. parce que finalement c'est un peu la clé de tout, tu vois. Que ce soit la thérapie pour ma vie personnelle, pour mes expériences d'enfance ou pour le tabac, je pense qu'une des clés c'est d'accepter de se faire aider. Même si on est cynique, même si on est moqueur, même si on est parfois un peu prétentieux ou dans le jugement de certaines aides qui peuvent exister, chose que j'ai pu être. Je pense que finalement, se laisser du temps et se faire aider, c'est hyper important. Et donc, du coup, ça me permet de conclure sur une de tes dernières questions, je pense, sur pourquoi j'ai fait ce journal de bord avec toi. Et en tout cas, je ne sais pas si tu m'as posé la question, si ça m'avait apporté quelque chose, mais moi, je te le dis, ça m'a fait du bien. Ça m'a fait du bien, puisque effectivement, s'ouvrir à l'autre, s'ouvrir à une aide, et puis parler à quelqu'un de ça, ça fait du bien. C'est la première fois finalement, et est-ce vraiment anodin ? Peut-être probablement pas. C'est la première fois que pendant une tentative, pendant un arrêt, parce que je me suis dit, si tout ça avance, c'est la première fois que je parle à quelqu'un. Avant, c'était un process que j'ai fait en solitaire total. Là, pour la première fois, non. Donc grâce à toi, grâce à ce journal de bord. Donc si j'avais un conseil à faire, c'est ne soyez pas seul. Faites-le. Faites un journal de bord. Envoyez des vocaux à vos potes. Écrivez. Envoyez des vocaux à vous-même, j'ai envie de dire. Ce n'est pas très français ce que je dis, mais communiquez. Parlez à quelqu'un, parlez aux proches. Je pense que ça m'a aidé. Ça m'a aidé. Je pense qu'il faut s'ouvrir et pour se regarder à l'intérieur, il faut quand même s'ouvrir à l'autre au sens global du terme. Du coup, il faut... Il faut pouvoir communiquer de quelque façon que ce soit à quelqu'un d'autre. Franchement, ça a été hyper salvateur. Donc, les gars, les filles, quand vous arrêtez de fumer, faites un journal de bord.
- Speaker #1
J'espère que cet épisode vous a plu et vous a donné envie d'avoir un journal de bord ou de pourrir de messages vocaux vos amis. Merci infiniment Cédric pour ton témoignage et bravo pour ce parcours. Donne-nous des nouvelles, si ça se trouve il y aura un journal de Bridget Cédric Jones 2, mais qui n'aura rien à voir avec le tabac parce que maintenant c'est bien loin derrière toi. Chers auditeurs, chères auditrices, vous savez ce qu'il vous reste à faire. Bon sevrage !