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Tu manques pas d'air

[E06S2] Les Avengers Antitabac se sont réunis au Ministère de la Santé !

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29min |25/11/2024|

132

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Description

🤖 Portrait-robot du Mois sans tabac :

 

Nom : Moi(s) sans tabac

Naissance : 1er novembre 2016

Mes parents : Santé public France et l’Assurance Maladie

Mon grand frère : Tabac Info Service

Déclic : Marisol Touraine, Ministre des Affaires Sociales et de la Santé

Défis : 30 jours sans tabac

Infos wtf : je distribue des pochettes surprises gratuites en pharmacie

 ✨

Nous sommes en Novembre est-ce que vous savez ce que ça signifie pour la France qui fume et qui veut arrêter ?

Oui je m’adresse à « la-France-qui-fume-et-qui-veut-arrêter »

 

Quoi tu crois qu’ils sont genre 9 ?

9000 ?

9 cent mille ?

Bon allez je vous donne le vrai chiffre : ils sont 9 millions

Enfin vous êtes 9 millions


Libre aux 7 millions restants qui « veulent » continuer de fumer c'est ok hein – Mais bon sang les autres les 9 millions d’autres qui veulent arrêter de fumer comment on fait ?! Beh voilà : la bonne nouvelle c'est que NOVEMBRE c'est pour vous !

 

Vous connaissez le Dry January ? Quand on boit pas de tout le mois de janvier. Si vous ne connaissez pas renseignez-vous c'est sympa : c'est les Britishs qui ont inventé ça en 2013.

Et beh Novembre même concept version française pour le tabac – enfin contre – depuis 2016 par le Ministère de la Santé.

 

Ministère de la Santé : Lieu où je me suis retrouvée le mois dernier lors d’un colloque sur le doss du tabac – bon je vais pas dire que j’étais là par hasard mais en vrai un peu.

J’avais l’impression d’être une touriste avec mon podcast décalé et mon bouquin drôle sur l’arrêt du tabac face à tous ces grands pontes qui se lèvent chaque matin et pour la plupart depuis des décennies pour combattre les méchants du tabac et aider ceux qui en souffrent.


Mais au final j’ai réussi à choper 5 personnes qui avaient des CV à rallonge de prof-universitaire-médecin-docteur-ès-trucs-auteur-etc bref des combattants qui se lèvent tous les matins pour trouver des solutions contre la consommation nuisible de cette fichue plante addictive -


dont voici l’épisode !

Bonne écoute !

 

Invités :

Professeur Docteur Bertrand Dautzenberg

Professeur Docteur Loïc Josseran

Docteur Nathalie Lajzerowicz

Professeur Docteur Vincent Durlack,

Docteur ès Simon Ducarroz

 

Freddie Seng  |  montage et mixage  |  https://www.instagram.com/freddie.seng/profilecard/?igsh=ZXBiNzQwYTM1Zml3

Eugénie Florentin | Lanterne Digitale, Sociale Media Manager | https://www.instagram.com/lanterne.digitale?igsh=dW80YTliYzM1MzZq

____

Insta  |  @tumanquespasdair www.instagram.com/tumanquespasdair/

Livre  | « Apprivoiser son impérieuse envie de fumer », Astrid Malone, éditions Eyrolles.

Facebook  |  Tu manques pas d’air

YouTube  |  Tu manques pas d’air

LinkedIn  |  Astrid Malone

Mail : tumanquespasdairpodcast@gmail.com


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Salut,

  • Speaker #1

    nous sommes en novembre.

  • Speaker #0

    Est-ce que vous savez ce que ça signifie pour la France qui fume et qui veut arrêter

  • Speaker #1

    Oui, je m'adresse à la France qui fume et qui veut arrêter Quoi, tu crois qu'ils sont genre 9 ou 9 000 ? Ou allez, 900 000 ? Eh ben non,

  • Speaker #0

    ils sont

  • Speaker #1

    9 millions. Enfin, vous êtes 9 millions en France à vouloir arrêter de fumer.

  • Speaker #0

    Franchement, j'en chialerais. En vrai,

  • Speaker #1

    ça me rend triste et je ressens beaucoup de colère. Et d'injustice. et de compassion. Libre à ceux qui veulent continuer de fumer,

  • Speaker #0

    c'est ok.

  • Speaker #1

    Mais bon sang, les autres, les 9 millions d'autres qui veulent arrêter de fumer. Bon, et bien voilà, la bonne nouvelle, c'est que novembre,

  • Speaker #0

    c'est pour vous.

  • Speaker #1

    Vous connaissez le dry january, quand on ne boit pas de tout le mois de janvier. Si vous ne connaissez pas, renseignez-vous, c'est sympa. C'est les british qui ont inventé ça, en 2013. Et bien novembre, même concept, version française, pour le tabac.

  • Speaker #2

    Enfin, con.

  • Speaker #1

    depuis 2016 par le ministère de la Santé.

  • Speaker #0

    Ministère de la Santé, lieu où je me suis retrouvée le mois dernier lors d'un colloque sur le dos du tabac.

  • Speaker #1

    Bon, je ne vais pas dire que j'étais là par hasard, mais en vrai un peu.

  • Speaker #0

    J'avais l'impression d'être une touriste avec mon podcast décalé et mon bouquin drôle sur la raie du tabac, face à tous ces grands pontes qui se lèvent chaque matin et pour la plupart depuis des décennies, pour combattre les méchants du tabac et aider ceux qui en souffrent.

  • Speaker #1

    Bref, journée.

  • Speaker #0

    passionnantes pour voir comment se mettent en place les nouvelles lois,

  • Speaker #1

    notamment autour des nouveaux espaces publics libérés du tabac. Et à la fin de la journée, pendant les questions,

  • Speaker #0

    j'ai demandé le micro de la salle de conf en disant

  • Speaker #1

    Alors, moi,

  • Speaker #0

    je n'ai pas de questions, mais j'ai un micro pour vous interviewer tout à l'heure. Donc, n'hésitez pas à me fuir si vous ne voulez pas, je vous pose des questions parce que j'ai envie d'interviewer tout le monde dans cette salle. Je crois que j'ai fait ma relou. Ils vont peut-être me bannir au prochain colloque. Mais donc, j'ai réussi à choper 5 personnes qui avaient des CV à rallonge de profs universitaires,

  • Speaker #1

    médecins,

  • Speaker #0

    docteurs, auteurs,

  • Speaker #1

    bref,

  • Speaker #0

    des combattants de cette fichue plante addictive.

  • Speaker #1

    Dont voici l'épisode.

  • Speaker #0

    Bonne écoute !

  • Speaker #2

    C'est bon un selfie ?

  • Speaker #0

    C'est bon tout le coup. Merci de rire !

  • Speaker #2

    Attends, déjà, il faut le voir, oui. Je te laisse interviewer tes picole, moi je pense que j'ai fini.

  • Speaker #0

    Ok, trop bien. Trop cool, bonsoir. Oui, à bientôt. Bonjour.

  • Speaker #3

    Oui,

  • Speaker #4

    j'ai regardé vos posts, je ne connaissais pas, mais je ne sais pas ce que vous dites vous, mais ça a l'air joyeux. Moi j'avais écrit un petit livre sur le plaisir d'arrêter de fumer.

  • Speaker #0

    Ah c'est vrai, le plaisir d'arrêter de fumer.

  • Speaker #1

    Alors lui c'est mon interview numéro 1. C'est le grand prêtre du sevrage tabagique. Le grand-père aussi. Il s'appelle Bertrand Todtsberg, il est médecin et professeur de pneumologue à la PITIS Alpêtrière. Il dit qu'il est là à la retraite, mais il est sur tous les fronts et dans toutes les assos. On peut même le consulter sur Doctolib. Bref, dans ce combat tabagique, il ne lâche rien.

  • Speaker #4

    Et donc le plaisir d'arrêter de fumer, c'est pour moi l'essentiel. C'est-à-dire qu'il faut voir pourquoi les gens sont heureux, pas heureux. Et la plupart des fumeurs, ils voudraient bien être non-fumeurs. Et si on les traite comme il faut, ça va bien. Donc moi, je consulte sur Doctolib. Je suis un vieux monsieur retraité de pneumologue de la Pitié. Et donc, d'abord, je les écoute. Je vois ce qu'ils veulent. Je ne les engueule pas. Je leur dis que ce n'est pas de leur faute qu'ils sont victimes. Et je leur apprends pendant une semaine à être gentil avec leur corps, à faire ce qu'il vaut pour donner à son corps ce qu'il faut comme nicotine. Et je leur dis que quand on est gentil avec soi-même, c'est beaucoup plus facile après d'arrêter de fumer. Et au bout d'une semaine, ils fument deux ou trois fois moins. Ils se disent, tiens, c'est bizarre. Ce que je marque sur mon ordonnance, fumez autant que vous voulez, faites aucun effort pour ne pas fumer, pour que ce soit clair, que ce soit juste se faire du bien en prenant la nicotine qu'il faut. Et après, ça se passe bien, parce qu'une fois qu'ils ont vu qu'on était gentils et qu'on était gentils avec soi-même, on fumait moins, ça s'arrête.

  • Speaker #0

    Ça doit les surprendre que vous disiez ça ?

  • Speaker #4

    Ça les surprend, mais ils sont tous très heureux. Et le fait de le message dire aux gens d'être gentils avec eux-mêmes, il y en a plein qui partent sur... les histoires d'obésité, de viol et d'autres choses. J'essaie de rester focus sur mon système. Mais on apprend trop aux gens qui sont des méchants, qui ne sont pas bien, qui sont nuls. Et quand on explique aux gens qui ne sont pas mal, qui ont une maladie, le plus souvent, c'est des maladies qu'ils ont accrées quand ils étaient enfants. La tabagie, c'est une maladie chronique, le plus souvent pédiatrique. Une maladie qui est incurable, malheureusement. Mais on peut mettre en remission complète pour 40, 50 ou 60 ans, puis après. Moi, je suis assez partisan de la vape, qui est un produit agréable pour arrêter de fumer. C'est le produit le plus utilisé par les Français. 15% des gens qui veulent arrêter de fumer en France prennent la vape, 10% prennent des substituts nicotiniques, 5% tabac infoservices et les restes se démerdent.

  • Speaker #0

    Est-ce qu'on peut trouver votre livre en librairie ?

  • Speaker #4

    Oui, la FNAC est partout, 2,95 euros, c'est vraiment pour le faire. J'ai un petit site internet, bdots.fr. B, c'est la première lettre de mon prénom et dots, c'est le début de mon nom.

  • Speaker #0

    Merci, on mettra toutes les informations en ligne. Merci beaucoup.

  • Speaker #2

    Il faut que je vous envoie mon livre.

  • Speaker #0

    Oui, alors rappelez-moi le nom de votre livre.

  • Speaker #2

    Ma cigarette, pourquoi je t'aime, comment je te quitte, elle.

  • Speaker #1

    Mon interview numéro 2, c'est Nathalie Lazerovic, Lazerovic comme ça se prononce, L-A-J-Z-E-R-O-W-I-C-Z. Elle est médecin-dictologue à l'hôpital suburbain du Bousca à Bordeaux. Elle est trop sympa, et elle est sur tous les fronts aussi, et elle a écrit un livre aussi, Ma cigarette, pourquoi je t'aime, comment je te quitte, édition de BOEC 2022.

  • Speaker #2

    En fait, trop souvent, on dit, pourquoi je dois te quitter ? La cigarette porte des bénéfices ultérieurs, assez lointains. Et finalement, comment je fume ? Est-ce que je suis dépendant ? Combien je fume ? Ce ne sont pas les bonnes questions. Les bonnes questions, c'est pourquoi on est si attaché au tabac ? Et finalement, comment concrètement il faut faire pour s'en défaire ? Et si on n'explique pas à la personne les tenants et aboutissants de sa problématique addictive, on ne peut que mener à la culpabilisation, l'incompréhension de la personne, de sa propre problématique. Donc l'apprendre comme une personne capable de comprendre à part entière, c'est déjà la respecter, c'est le minimum. Ce livre recueille 300 verbatims de patients que j'ai collectés au fil des années, pour recueillir leurs appréhensions, leurs doutes. mais aussi leur joie de ce parcours, leur fierté d'avoir réussi à s'arrêter de fumer. Et c'est extrêmement instructif. Et j'en ai fait même des publications ultérieurement, parce que c'est très intéressant d'entendre ce que les gens ont à dire sur leur parcours vers l'arrêt du tabac.

  • Speaker #0

    Génial, j'ai hâte de lire ça. Merci. Est-ce que vous pouvez nous rappeler votre nom et votre fonction ?

  • Speaker #2

    Je suis Nathalie Lazerovic, je suis médecin addictologue à l'hôpital suburbain du Bousca, qui vient d'être labellisé argent pour le lieu de santé sans tabac. Notre action phare a été de former l'ensemble du personnel, administratif, soignant, infirmier, manipulateur radio, à l'abord du patient hospitalisé, l'abord du patient hospitalisé avec bienveillance. et compréhension.

  • Speaker #0

    Génial, merci. Est-ce que vous auriez une anecdote drôle ou improbable à raconter en lien avec le sevrage tabagique ?

  • Speaker #2

    Oui, alors, ma patiente la plus âgée avait 84 ans. Wow ! C'était son premier sevrage de sa vie. Et elle m'a dit la plus belle chose qui me soit arrivée dans ma vie, c'est d'avoir arrêté de fumer.

  • Speaker #0

    C'est pas vrai ?

  • Speaker #2

    C'est merveilleux.

  • Speaker #0

    Merci pour l'anecdote. À bientôt. À bientôt. Bonjour, est-ce que vous aurez quelque chose à témoigner en anonyme ou pas anonyme ?

  • Speaker #3

    De quel point de vue ?

  • Speaker #0

    Ce que vous auriez envie de dire, raconter, même une anecdote improbable, c'est toujours ça de pris, sur le tabac.

  • Speaker #3

    Ah, sur le tabac.

  • Speaker #0

    sur l'arrêt du tabac.

  • Speaker #1

    Lui, mon interview numéro 3, c'est Loïc Josserand. Il parle beaucoup. On l'adore. Il est évidemment comme tout le monde ici, sauf moi, docteur et professeur. Et même, il fait plein d'autres trucs que doctoré et professoré. Genre, entre autres, être président de l'Alliance contre le tabac. Mais en revanche, il n'a pas écrit sur le tabac. Je crois que c'est le seul de cette assemblée.

  • Speaker #3

    Oui, l'arrêt du tabac. Moi, j'ai longtemps fait du sevrage. J'ai un exemple. qui me marque et qui, je pense, me marquera aduitam aeternam et que je recite. Et donc, je vais vous en parler de façon très régulière et qui, je pense, illustre la difficulté et les risques. Je faisais du sevrage en maternité. Et je vois un jour arriver une femme plus âgée, qui m'est vraiment plus âgée, et qui commence à me raconter son histoire. Et son histoire était assez simple, elle a arrêté de fumer quand elle a eu sa fille. Elle avait alors 24 ans, et elle a marié sa fille 24 ans plus tard. Et pour célébrer le mariage de sa fille, elle a refait une clope, et elle est retombée dedans instantanément. Donc, la moralité de cette histoire, c'est que malheureusement, on ne redevient jamais non-fumeur. On reste ex-fumeur et il faut toujours, toujours, toujours rester vigilant et ne jamais retomber dedans, quelle que soit la bonne raison. qu'on puisse imaginer pour fêter ça avec une clope, ce sera in fine une mauvaise situation.

  • Speaker #0

    On vous appelle docteur Loïc Josserand ou professeur Loïc Josserand ?

  • Speaker #3

    On m'appelle comme on veut, professeur ou docteur, c'est pareil.

  • Speaker #0

    Et est-ce que vous êtes le monsieur anti-tabac autour de vous, donc les gens n'osent pas fumer devant vous ?

  • Speaker #3

    Ah non, absolument pas. Mon combat, ce ne sont pas les fumeurs. Le fumeur, dans cette histoire-là, j'en vois un petit mot, merci.

  • Speaker #0

    Si on coupera ça au montage, bisous.

  • Speaker #3

    Non, mais j'assume tout. Non, non, non, mon problème, ce n'est pas le fumeur. Au contraire, le fumeur est une victime dans cette histoire-là et absolument pas le problème. Le problème, c'est l'industrie qui a manipulé et qui manipule des générations entières depuis maintenant plus d'un siècle pour leur faire croire que la liberté est dans le tabac, le glamour est dans le tabac, la virilité est dans le tabac. D'ailleurs, c'est probablement un des seuls produits qui arrive à marier autant les... les incompatibles que sont le glamour et la virilité. Voilà, donc ça n'est qu'un tissu de mensonge depuis un siècle. Donc le seul objectif est d'arriver en permanence à attraper des jeunes pour les faire consommer leurs produits pendant les 20 ou 30 prochaines années, à les jeter ensuite comme des vieux Kleenex quand ils auront été essorés jusqu'au bout en termes financiers et à aller pêcher de nouvelles victimes toujours plus jeunes. dans leur filet. C'est une industrie mafieuse, c'est une industrie sans aucun respect de la vie humaine, sans aucun respect de l'environnement, sans aucun respect de personne. Elle paye les ressources naturelles sur les lieux de production, elle détruit la jeunesse des jeunes qui sont dans des champs de tabac, elle détruit la jeunesse des pays où ce tabac est consommé. Bref, ça n'est que mort et destruction. Donc mon problème, ça n'est pas le fumeur. Le fumeur est une victime, je le répète, et j'en suis intimement convaincu. J'ai des amis qui fument, j'ai un fils qui fume, j'ai... Voilà, donc je sais ce que c'est, j'ai pas de problème avec ça. Mon problème, c'est l'industrie, et l'industrie seulement.

  • Speaker #0

    Alors on pourrait dire que votre combat, ce pour quoi vous vous levez le matin, c'est justement de protéger les victimes et d'aller à l'encontre de ces industries ?

  • Speaker #3

    Mon leitmotiv, c'est de démonter cette industrie. Voilà, mon objectif, c'est de sortir de... sortir du jeu cette industrie, les lobbies qui sont derrière, parce que c'est absolument intolérable. Il est intolérable de marcher comme ça sur la santé, sur la vie humaine, au seul bénéfice d'un intérêt financier et de l'intérêt financier de quelques-uns seulement. Parce que là, on est en train de parler de quelques centaines de personnes qui en tirent des profits au niveau international. Donc c'est absolument honteux et inacceptable. Et j'en veux terriblement. À tous les gouvernements, à commencer par le gouvernement français. Je n'ai pas peur, ça ne me pose aucun problème. On dénonce ! De la passivité et de la tolérance qui existent face à l'industrie du tabac. Quand je vois des lobbies qui sont reçus par des politiques, qui sont écoutés par des politiques, derrière chaque lobby, il y a des morts. Et il y a des morts, tout simplement.

  • Speaker #0

    Mais qu'est-ce qu'on peut faire, nous, fumeurs, anciens fumeurs, qui voulons lutter contre ça, à notre petite échelle ?

  • Speaker #3

    Le dénoncer, le savoir, le dénoncer, le partager, ne pas se laisser enfermer dans des discours qui tendent à expliquer qu'un buraliste, c'est un gentil commerçant au coin de la rue. Le buraliste est un commerçant qui représente l'industrie du tabac, ni plus ni moins. Il tire une grosse partie de ses revenus de l'industrie du tabac par la vente du tabac. Donc, il n'a d'autre objectif que d'en vendre toujours un peu plus. Donc, ça n'est pas un commerçant classique. Ça n'est pas un commerçant classique. Voilà, c'est tout. Il faut en parler, il faut en parler à son député, il faut en parler à son maire, parce que c'est partout et que partout on doit avoir des espaces sans tabac, les généraliser, sortir ce produit de consommation, expliquer aux plus jeunes la façon dont on tombe dans un piège. Il ne s'agit pas de les culpabiliser, il s'agit de leur expliquer qu'ils sont complètement piégés, ils se font piéger dans quelque chose qui les dépasse quand ils sont jeunes. Et à nouveau, je ne prône absolument pas la culpabilité, il ne faut pas leur... parler de mort quand on a 15 ans, quand on commence à fumer, la mort c'est très loin et même si on te dit tu vas mourir plus tôt parce que tu fumes, le plus tôt est quand même extrêmement confus. En revanche, expliquer qu'à l'autre bout de la planète il y a quelqu'un qui ne va pas aller à l'école, qui ne fera jamais d'études, qui va mourir à 25 ans parce qu'il a planté du tabac dans un champ, qu'on a pillé des ressources, que la pollution générée par cette industrie est l'équivalent de celle d'un pays comme le Pérou, que... Ça tue la vie marine et in fine, ça détruit la vie à la surface de la planète, tout simplement. Donc cette dimension environnementale est probablement aussi une des dimensions très méconnues, mais probablement aussi à mettre en avant de façon très forte.

  • Speaker #0

    J'ai une dernière question avant de vous laisser, parce que j'ai l'impression qu'il y avait plein de personnes qui voulaient discuter avec vous et qui sont parties. Est-ce que vous pouvez nous donner un peu d'espoir de nous montrer que quand même, il y a des choses qui évoluent, que les lois, ça finit par avancer ? Parce que j'ai eu l'occasion d'interviewer un ancien employé, c'est un des cigarettiers. Et lui, il disait que l'État ne fait rien et que les industriels du tabac gagneront. Donc comment est-ce que... On peut quand même trouver de l'espoir dans ce que l'État fait, on peut quand même y croire. Est-ce que vous avez vu des changements majeurs ces derniers temps ?

  • Speaker #3

    Oui, il y a des évolutions. Il y a la prévalence des fumeurs jeunes, notamment, baisse en France depuis maintenant un certain nombre d'années. Là où il y a... Donc ça, c'est un élément positif. Il y a une baisse de la consommation en France, il y a une baisse de la consommation du nombre de cigarettes aussi parfumeurs, donc ce n'est pas non plus complètement neutre. Il y a néanmoins, au-delà de ces réussites, on a réussi à faire interdire la PEUF, par exemple, qui était quand même un vrai problème parmi les jeunes, mais ce n'est que l'arbre qui cache la forêt. Là, je reviens dans un côté un peu plus pessimiste, ou en tout cas très réaliste. Il y a des nouveaux produits qui arrivent en permanence. Il y a des nouvelles façons de consommer des produits addictifs. Et maintenant, il ne faut d'ailleurs plus parler seulement du marché du tabac. Il faut parler du marché de la nicotine. Le vrai souci, il est là. Et donc, en réalité, c'est un marché avec dessus un certain nombre d'intervenants qui sont soit directement issus du monde du tabac, soit plutôt issus du monde de la vape, par exemple, mais qui ont cette capacité à produire de nouveaux produits, à inventer et à mettre sur le marché de nouveaux produits en permanence. Et on voit très bien que ces consommateurs, et notamment les plus jeunes, vont rentrer en consommant un de ces produits et puis ensuite vont piocher en fonction de leurs envies dans ces différents produits qui sont mis à leur disposition. Alors certains sont, comme le tabac, ne sont pas entre guillemets propres. D'autres paraissent propres, comme les nicopoutches par exemple, mais quand on finit sans dents et dentés avec...

  • Speaker #0

    Quel enfer !

  • Speaker #3

    Donc voilà, il n'y a pas de produit sain utilisant de la nicotine, du tabac. Tout ça, ça n'est qu'une vaste fumisterie et une invention de ces industriels. à nouveau pour aller chercher les plus jeunes le plus tôt. Et on sait que plus on va consommer d'eau, plus on sera addict longtemps. Donc, il est de l'intérêt de ces industriels d'aller les chercher très vite, très fort pour les garder longtemps. Et après, ils seront sur un marché où ils vont jongler entre les perles de nicotine d'un côté, les nicopoules de l'autre, la clope un coup, une cigarette électronique, une 9K de l'autre, etc. Et on ne s'en sortira pas et on restera là-dedans.

  • Speaker #0

    Et j'ai interviewé que des gens qui avaient... aussi écrit un livre sur le tabac.

  • Speaker #3

    Moi, je n'ai pas écrit de livre sur le tabac. Bientôt ? Pourquoi pas, mais ça ne fait pas partie de mes objectifs. Je n'ai rien à vendre.

  • Speaker #0

    Merci beaucoup.

  • Speaker #3

    À bientôt.

  • Speaker #5

    Moi, je suis Vincent Durnaz. Je suis prof à la fac de Reims et je suis responsable de l'unité d'aide au sauvage tabagique et puis impliqué dans les projets L'Ue Santé Sans Tabac, Campus Santé Sans Tabac. Voilà. J'ai entendu ce que vous aviez dit sur votre... Votre blog ?

  • Speaker #1

    Mon interview numéro 4, il est parfait. Il se présente d'emblée, c'est carré, Vincent Durlac, professeur à la fac de Reims, mais pas que. Et il va donner une info hyper intéressante sur le tabac et le diabète.

  • Speaker #5

    Moi ça m'intéresse, je ne le connais pas, donc j'imagine qu'il est facile à trouver.

  • Speaker #0

    Tuercode.

  • Speaker #5

    Tuercode,

  • Speaker #0

    super. C'est un autocollant, soit vous le collez sur un cendrier public, soit vous le mettez sur votre frigo. En plus, j'ai grandi à Reims.

  • Speaker #5

    C'est vrai ? C'est drôle ça. Est-ce que vous voudriez venir ou communiquer avec nous un moment ou un autre sur le mois sans tabac ? Moi je cherche tous les éclairages autour de tabagisme, prise en charge du sevrage et qu'il soit un peu ludique, un peu joyeux, pas répressif et autres. J'imagine que c'est dans l'esprit de ce que vous avez fait. Donc à ce moment-là, et là il y a vos coordonnées ?

  • Speaker #0

    Alors il y a mes coordonnées, il y a, donc je suis principalement sur Insta mais vous me trouvez aussi sur LinkedIn. Il y a aussi dans le QR code mon livre, parce que j'ai écrit un livre sur le tabac, comme à peu près tout le monde ici. Est-ce que vous avez écrit un livre sur le tabac ? Non,

  • Speaker #5

    je suis un simple docteur, vous savez moi. Je n'écris pas. J'écris des articles scientifiques.

  • Speaker #0

    Vous avez écrit des articles scientifiques sur le tabac ?

  • Speaker #5

    Sur le tabac, oui.

  • Speaker #0

    Génial, ça m'intéresse.

  • Speaker #5

    Mon domaine d'expertise, c'est le tabac et le diabète.

  • Speaker #0

    Où est-ce qu'on peut trouver les articles sur le tabac ?

  • Speaker #5

    Je pourrais vous les envoyer, mais si vous tapez tabagisme et diabète et vous ne tapez pas mon nom, je ne l'ai plus là. Durlach, ça s'écrit D-U-R-L-A-C-H, Vincent Durlach, et avec la SFT, la Société Francophone de Tabacaux et de Diabétos, parce que moi je suis diabétologue et tabacologue, on a fait un document de consensus, on a écrit des recommandations, pour vous dire les choses simplement, ce que plein de soignants ne savent pas, c'est que le tabac favorise le diabète, donc il est diabétogène, petit a, ça personne le sait, ou très peu, de soignants, et deuxièmement, la première cause de mortalité chez les diabétiques, C'est pas le chiffre de sucre, la glycémie, c'est pas le niveau de tension artérielle ou de cholestérol, c'est le tabac. C'est la première chose qui pue les diabétiques.

  • Speaker #0

    Waouh ! Je ne savais pas.

  • Speaker #5

    Et donc du coup, si vous voulez, depuis deux ans, on travaille avec les professionnels de santé, les sociétés savantes, pour faire passer ce message et expliquer que les 410 000 diabétiques fumeurs en France sont très insuffisamment pris en charge, comme beaucoup d'autres fumeurs du reste, mais ceux-là risquent de mourir beaucoup plus vite. et de faire des tas de complications qui sont liées à l'association qui est mortifère du tabac et du diabète. Donc voilà, ça c'est des choses sur lesquelles j'ai écrit des articles. Après, non, je n'ai pas écrit de livre. C'est mon expérience de mon sevrage à 16 ans.

  • Speaker #0

    À 16 ans ?

  • Speaker #5

    Après cinq semaines de tabac, j'ai dit ce mot-là.

  • Speaker #0

    Du coup, vous vous souvenez de votre dernière cigarette ?

  • Speaker #5

    Spécifiquement, non, mais je me souviens du moment où j'ai fumé. Parce que comme vous le voyez, je suis d'un grand âge. Et c'était au moment des Jeux de Munich. Oh, waouh ! Je crois que ça devait être en 72. Je vous crois. Vous n'étiez pas nés. Et voilà.

  • Speaker #0

    Alors, on prononce Ducarosse ou Ducarose ?

  • Speaker #6

    Nilo Nilo, Ducarot.

  • Speaker #0

    Bonjour Simon, Ducarot. Du coup, comme vous avez fait une thèse, donc on vous appelle docteur ?

  • Speaker #6

    Personne ne m'appelle docteur. Mais oui. C'est mon titre.

  • Speaker #1

    Et pour terminer, mon interview numéro 5, Simon Ducarot. Donc docteur. Lui, il a fait une thèse sur le tabac. Son sujet ? J'étais pas prête. Passionnant. Je le laisse en parler.

  • Speaker #0

    Je suis impressionnée. On ne se rend pas assez compte à quel point beaucoup de gens travaillent sur le tabac, autour du tabac. Et je trouvais ça hyper intéressant que vous nous expliquiez ce que vous faites.

  • Speaker #6

    Alors. Moi, ce que je fais très spécifiquement, je suis épidémiologiste social, donc je m'intéresse à la distribution des facteurs qui influencent le tabagisme. Très spécifiquement, ce qui m'intéresse, c'est le tabagisme dans les populations migrantes en France, pourquoi elles fument, et en comprenant ce pourquoi, on trouve les leviers d'intervention ou les freins qui bloquent le recours au sevrage spécifiques à ces populations. Comme ce sont des freins spécifiques, c'est aussi... Et une des raisons pour lesquelles la prévention en population générale ne fonctionne pas dans ces populations. Donc ça, c'est un vrai enjeu d'équité de la prévention. En fait, la prévention, ça ne marche pas pareil chez tout le monde. Et en comprenant pourquoi les gens fument, pourquoi ils voudraient arrêter, pourquoi ils veulent continuer, parce que ça maintient un lien social ou autre, c'est en comprenant ça qu'on arrive à faire une prévention efficace et qui fonctionne chez tous. C'est un petit peu dommage de laisser de côté une frange de la population parce qu'elle fume pour des raisons différentes.

  • Speaker #0

    C'est étonnant ça. Du coup, est-ce que vous auriez une information improbable dont on ne se doute pas par rapport aux recherches que vous avez faites ?

  • Speaker #6

    Pour être un petit peu taquin, je dirais que dans les leçons apprises dans mes travaux de recherche, c'est par exemple que les médecins sont trop gentils. What ? Les médecins qui vont avoir une patientelle migrante qui fume. Ce qu'on a vu en entretien qualitatif, vont souvent avoir cette posture très bienveillante, entre guillemets, dire qu'ils ont d'autres problèmes, ils ont d'autres choses prioritaires dans leur vie, du coup on ne va pas les embêter, on va leur laisser ce petit plaisir, ce petit confort. Donc il y a une perte d'opportunité dans le conseil au sevrage. On ne parle pas d'un accompagnement, on parle d'une intervention brève, de juste... vous en êtes où avec la cigarette, est-ce que vous avez envie d'arrêter et éventuellement de les adresser à un autre professionnel qui lui a le temps. Et donc, c'est perte de chance à cause de l'apparente bienveillance d'Espagnans. Et c'est assez intéressant.

  • Speaker #0

    La plupart des gens que j'ai interrogés aujourd'hui ont écrit un livre sur le tabac. C'est quoi le titre de votre livre ?

  • Speaker #6

    Moi, je n'ai pas envie d'écrire de livres. Mon objectif de carrière, ce n'est pas de remplir des bibliothèques, c'est plutôt de faire des résultats qui servent à améliorer réellement la santé des populations. Donc, c'est un enjeu, c'est faire de la recherche interventionnelle, c'est de comprendre pourquoi une intervention efficace, quels sont les leviers, et produire une recherche qui serve à combler ce trou et pas uniquement à caler des bibliothèques. Mais peut-être que j'aurai un livre là-dessus un jour.

  • Speaker #0

    Non, mais vous avez fait une thèse, c'est un peu comme un livre.

  • Speaker #6

    Oui, mais un livre qui est désagréable à lire.

  • Speaker #0

    Vous pouvez quand même nous partager le titre ?

  • Speaker #6

    Alors, le titre en français, parce qu'elle est écrite en anglais, c'est Le tabagisme et les cancers liés au tabac chez les migrants en Europe

  • Speaker #0

    Est-ce que c'est une question intime de vous demander c'est quoi votre lien aux migrants pour que ce soit quelque chose qui soit une continuité ?

  • Speaker #6

    J'adore cette question. De manière assez curieuse... on s'attendrait justement à avoir un lien. Et finalement, ce serait comme si ce serait une justification. Si j'avais moi-même un profil migratoire, ça justifierait mon intérêt pour la question. Et non, malheureusement, suisse quatrième génération,

  • Speaker #0

    je ne suis pas... Ah oui, voilà ! ...beaucoup.

  • Speaker #6

    Mais non, vraiment une question d'équité dans la prévention, l'accès aux soins, et puis face à la mortalité liée au tabac.

  • Speaker #0

    Vous vous êtes rendu compte qu'il y avait une niche, en tout cas qu'il n'y avait pas assez d'informations dans ce domaine-là, donc vous y êtes allé.

  • Speaker #6

    Oui, suffisamment rien pour qu'on puisse nous... Dans une première étape, il y a une quinzaine d'années en commençant, il fallait justifier de pourquoi tu fais ça, c'est pas un peu bizarre, c'est pas un peu discriminatoire. Et il y a cette citation qui dit, je vais mal le citer, de...

  • Speaker #0

    Beau montage si tu veux.

  • Speaker #6

    Si on ne connaît pas... une inégalité, elle n'existe pas. Ou dit autrement, il faut d'abord la décrire. Si on la décrit, ça ne suffit pas, mais c'est indispensable pour pouvoir faire quelque chose sur ce problème-là.

  • Speaker #0

    Est-ce qu'il y a quelque chose que vous voulez rajouter ?

  • Speaker #6

    Sur la première remarque, de toutes ces forces dans la recherche sur le tabac, les professionnels, la prévention, de toutes les bonnes volontés pour lutter contre ce fléau qu'est le tabac. En fait, en France, on a encore un niveau d'exposition, un niveau de consommation dans les différents sous-groupes de population qui est très élevé par rapport aux pays similaires. Et pourtant, on a plein de bonnes volontés. Donc, l'importance de structurer, fédérer toutes ces bonnes volontés, pour moi, c'est un objectif capital.

  • Speaker #0

    Merci. Est-ce qu'on t'a déjà dit que vous manquiez pas d'air ?

  • Speaker #6

    Je crois que je vais l'entendre bientôt.

  • Speaker #0

    Merci beaucoup. Je ne vous ai pas interviewé, vous avez envie de dire une phrase ?

  • Speaker #2

    Si, si, si !

  • Speaker #0

    En anonyme ! Bon, Maria... Ah non, non, anonyme !

  • Speaker #2

    Non mais dis-moi toi, qu'est-ce que tu penses du colloque ? Quel a été ton avis ?

  • Speaker #0

    J'ai trouvé ça hyper intéressant, hyper vivant. J'étais contente de voir... En fait, je suis hyper touchée de me rendre compte à quel point il y a une armée de gens qui se lèvent le matin pour lutter contre le tabac. et contre toute forme de nicotine, d'addiction, de cette addiction qui n'est pas à la mode dans tous les sens du terme. Et donc, je suis vraiment émue. J'ai fait des très belles rencontres. Tout le monde est hyper passionné par ce qu'il fait. C'est impressionnant. Les gens sont plutôt joyeux, bon enfants. Ils ont vraiment à cœur de faire avancer les choses. Et je trouve qu'on ne leur rend pas assez justice pour plein de raisons qu'on peut s'en douter. Et du coup, je suis très heureuse d'avoir pu participer à cette journée. Donc, j'ai hâte d'en refaire une bientôt et surtout de monter cet épisode. Merci beaucoup.

  • Speaker #2

    Merci à toi.

  • Speaker #0

    Merci.

  • Speaker #2

    J'aime les bonnes réactions,

  • Speaker #0

    tu vois. Ouais, génial. Bien vu. Quoi ?

  • Speaker #2

    Je vais dans la radio. Ah ouais,

  • Speaker #0

    je m'en fends.

  • Speaker #2

    Merci, au revoir.

  • Speaker #0

    Au revoir.

  • Speaker #2

    Merci beaucoup à toi de venir, d'avoir cette initiative. C'est sympa que tu montres les gens qui font ça d'un bon angle. On n'est pas tous des connards.

  • Speaker #0

    Oui, c'est ça. Je suis vraiment contente d'avoir pris le micro. Merci, salut.

Description

🤖 Portrait-robot du Mois sans tabac :

 

Nom : Moi(s) sans tabac

Naissance : 1er novembre 2016

Mes parents : Santé public France et l’Assurance Maladie

Mon grand frère : Tabac Info Service

Déclic : Marisol Touraine, Ministre des Affaires Sociales et de la Santé

Défis : 30 jours sans tabac

Infos wtf : je distribue des pochettes surprises gratuites en pharmacie

 ✨

Nous sommes en Novembre est-ce que vous savez ce que ça signifie pour la France qui fume et qui veut arrêter ?

Oui je m’adresse à « la-France-qui-fume-et-qui-veut-arrêter »

 

Quoi tu crois qu’ils sont genre 9 ?

9000 ?

9 cent mille ?

Bon allez je vous donne le vrai chiffre : ils sont 9 millions

Enfin vous êtes 9 millions


Libre aux 7 millions restants qui « veulent » continuer de fumer c'est ok hein – Mais bon sang les autres les 9 millions d’autres qui veulent arrêter de fumer comment on fait ?! Beh voilà : la bonne nouvelle c'est que NOVEMBRE c'est pour vous !

 

Vous connaissez le Dry January ? Quand on boit pas de tout le mois de janvier. Si vous ne connaissez pas renseignez-vous c'est sympa : c'est les Britishs qui ont inventé ça en 2013.

Et beh Novembre même concept version française pour le tabac – enfin contre – depuis 2016 par le Ministère de la Santé.

 

Ministère de la Santé : Lieu où je me suis retrouvée le mois dernier lors d’un colloque sur le doss du tabac – bon je vais pas dire que j’étais là par hasard mais en vrai un peu.

J’avais l’impression d’être une touriste avec mon podcast décalé et mon bouquin drôle sur l’arrêt du tabac face à tous ces grands pontes qui se lèvent chaque matin et pour la plupart depuis des décennies pour combattre les méchants du tabac et aider ceux qui en souffrent.


Mais au final j’ai réussi à choper 5 personnes qui avaient des CV à rallonge de prof-universitaire-médecin-docteur-ès-trucs-auteur-etc bref des combattants qui se lèvent tous les matins pour trouver des solutions contre la consommation nuisible de cette fichue plante addictive -


dont voici l’épisode !

Bonne écoute !

 

Invités :

Professeur Docteur Bertrand Dautzenberg

Professeur Docteur Loïc Josseran

Docteur Nathalie Lajzerowicz

Professeur Docteur Vincent Durlack,

Docteur ès Simon Ducarroz

 

Freddie Seng  |  montage et mixage  |  https://www.instagram.com/freddie.seng/profilecard/?igsh=ZXBiNzQwYTM1Zml3

Eugénie Florentin | Lanterne Digitale, Sociale Media Manager | https://www.instagram.com/lanterne.digitale?igsh=dW80YTliYzM1MzZq

____

Insta  |  @tumanquespasdair www.instagram.com/tumanquespasdair/

Livre  | « Apprivoiser son impérieuse envie de fumer », Astrid Malone, éditions Eyrolles.

Facebook  |  Tu manques pas d’air

YouTube  |  Tu manques pas d’air

LinkedIn  |  Astrid Malone

Mail : tumanquespasdairpodcast@gmail.com


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Salut,

  • Speaker #1

    nous sommes en novembre.

  • Speaker #0

    Est-ce que vous savez ce que ça signifie pour la France qui fume et qui veut arrêter

  • Speaker #1

    Oui, je m'adresse à la France qui fume et qui veut arrêter Quoi, tu crois qu'ils sont genre 9 ou 9 000 ? Ou allez, 900 000 ? Eh ben non,

  • Speaker #0

    ils sont

  • Speaker #1

    9 millions. Enfin, vous êtes 9 millions en France à vouloir arrêter de fumer.

  • Speaker #0

    Franchement, j'en chialerais. En vrai,

  • Speaker #1

    ça me rend triste et je ressens beaucoup de colère. Et d'injustice. et de compassion. Libre à ceux qui veulent continuer de fumer,

  • Speaker #0

    c'est ok.

  • Speaker #1

    Mais bon sang, les autres, les 9 millions d'autres qui veulent arrêter de fumer. Bon, et bien voilà, la bonne nouvelle, c'est que novembre,

  • Speaker #0

    c'est pour vous.

  • Speaker #1

    Vous connaissez le dry january, quand on ne boit pas de tout le mois de janvier. Si vous ne connaissez pas, renseignez-vous, c'est sympa. C'est les british qui ont inventé ça, en 2013. Et bien novembre, même concept, version française, pour le tabac.

  • Speaker #2

    Enfin, con.

  • Speaker #1

    depuis 2016 par le ministère de la Santé.

  • Speaker #0

    Ministère de la Santé, lieu où je me suis retrouvée le mois dernier lors d'un colloque sur le dos du tabac.

  • Speaker #1

    Bon, je ne vais pas dire que j'étais là par hasard, mais en vrai un peu.

  • Speaker #0

    J'avais l'impression d'être une touriste avec mon podcast décalé et mon bouquin drôle sur la raie du tabac, face à tous ces grands pontes qui se lèvent chaque matin et pour la plupart depuis des décennies, pour combattre les méchants du tabac et aider ceux qui en souffrent.

  • Speaker #1

    Bref, journée.

  • Speaker #0

    passionnantes pour voir comment se mettent en place les nouvelles lois,

  • Speaker #1

    notamment autour des nouveaux espaces publics libérés du tabac. Et à la fin de la journée, pendant les questions,

  • Speaker #0

    j'ai demandé le micro de la salle de conf en disant

  • Speaker #1

    Alors, moi,

  • Speaker #0

    je n'ai pas de questions, mais j'ai un micro pour vous interviewer tout à l'heure. Donc, n'hésitez pas à me fuir si vous ne voulez pas, je vous pose des questions parce que j'ai envie d'interviewer tout le monde dans cette salle. Je crois que j'ai fait ma relou. Ils vont peut-être me bannir au prochain colloque. Mais donc, j'ai réussi à choper 5 personnes qui avaient des CV à rallonge de profs universitaires,

  • Speaker #1

    médecins,

  • Speaker #0

    docteurs, auteurs,

  • Speaker #1

    bref,

  • Speaker #0

    des combattants de cette fichue plante addictive.

  • Speaker #1

    Dont voici l'épisode.

  • Speaker #0

    Bonne écoute !

  • Speaker #2

    C'est bon un selfie ?

  • Speaker #0

    C'est bon tout le coup. Merci de rire !

  • Speaker #2

    Attends, déjà, il faut le voir, oui. Je te laisse interviewer tes picole, moi je pense que j'ai fini.

  • Speaker #0

    Ok, trop bien. Trop cool, bonsoir. Oui, à bientôt. Bonjour.

  • Speaker #3

    Oui,

  • Speaker #4

    j'ai regardé vos posts, je ne connaissais pas, mais je ne sais pas ce que vous dites vous, mais ça a l'air joyeux. Moi j'avais écrit un petit livre sur le plaisir d'arrêter de fumer.

  • Speaker #0

    Ah c'est vrai, le plaisir d'arrêter de fumer.

  • Speaker #1

    Alors lui c'est mon interview numéro 1. C'est le grand prêtre du sevrage tabagique. Le grand-père aussi. Il s'appelle Bertrand Todtsberg, il est médecin et professeur de pneumologue à la PITIS Alpêtrière. Il dit qu'il est là à la retraite, mais il est sur tous les fronts et dans toutes les assos. On peut même le consulter sur Doctolib. Bref, dans ce combat tabagique, il ne lâche rien.

  • Speaker #4

    Et donc le plaisir d'arrêter de fumer, c'est pour moi l'essentiel. C'est-à-dire qu'il faut voir pourquoi les gens sont heureux, pas heureux. Et la plupart des fumeurs, ils voudraient bien être non-fumeurs. Et si on les traite comme il faut, ça va bien. Donc moi, je consulte sur Doctolib. Je suis un vieux monsieur retraité de pneumologue de la Pitié. Et donc, d'abord, je les écoute. Je vois ce qu'ils veulent. Je ne les engueule pas. Je leur dis que ce n'est pas de leur faute qu'ils sont victimes. Et je leur apprends pendant une semaine à être gentil avec leur corps, à faire ce qu'il vaut pour donner à son corps ce qu'il faut comme nicotine. Et je leur dis que quand on est gentil avec soi-même, c'est beaucoup plus facile après d'arrêter de fumer. Et au bout d'une semaine, ils fument deux ou trois fois moins. Ils se disent, tiens, c'est bizarre. Ce que je marque sur mon ordonnance, fumez autant que vous voulez, faites aucun effort pour ne pas fumer, pour que ce soit clair, que ce soit juste se faire du bien en prenant la nicotine qu'il faut. Et après, ça se passe bien, parce qu'une fois qu'ils ont vu qu'on était gentils et qu'on était gentils avec soi-même, on fumait moins, ça s'arrête.

  • Speaker #0

    Ça doit les surprendre que vous disiez ça ?

  • Speaker #4

    Ça les surprend, mais ils sont tous très heureux. Et le fait de le message dire aux gens d'être gentils avec eux-mêmes, il y en a plein qui partent sur... les histoires d'obésité, de viol et d'autres choses. J'essaie de rester focus sur mon système. Mais on apprend trop aux gens qui sont des méchants, qui ne sont pas bien, qui sont nuls. Et quand on explique aux gens qui ne sont pas mal, qui ont une maladie, le plus souvent, c'est des maladies qu'ils ont accrées quand ils étaient enfants. La tabagie, c'est une maladie chronique, le plus souvent pédiatrique. Une maladie qui est incurable, malheureusement. Mais on peut mettre en remission complète pour 40, 50 ou 60 ans, puis après. Moi, je suis assez partisan de la vape, qui est un produit agréable pour arrêter de fumer. C'est le produit le plus utilisé par les Français. 15% des gens qui veulent arrêter de fumer en France prennent la vape, 10% prennent des substituts nicotiniques, 5% tabac infoservices et les restes se démerdent.

  • Speaker #0

    Est-ce qu'on peut trouver votre livre en librairie ?

  • Speaker #4

    Oui, la FNAC est partout, 2,95 euros, c'est vraiment pour le faire. J'ai un petit site internet, bdots.fr. B, c'est la première lettre de mon prénom et dots, c'est le début de mon nom.

  • Speaker #0

    Merci, on mettra toutes les informations en ligne. Merci beaucoup.

  • Speaker #2

    Il faut que je vous envoie mon livre.

  • Speaker #0

    Oui, alors rappelez-moi le nom de votre livre.

  • Speaker #2

    Ma cigarette, pourquoi je t'aime, comment je te quitte, elle.

  • Speaker #1

    Mon interview numéro 2, c'est Nathalie Lazerovic, Lazerovic comme ça se prononce, L-A-J-Z-E-R-O-W-I-C-Z. Elle est médecin-dictologue à l'hôpital suburbain du Bousca à Bordeaux. Elle est trop sympa, et elle est sur tous les fronts aussi, et elle a écrit un livre aussi, Ma cigarette, pourquoi je t'aime, comment je te quitte, édition de BOEC 2022.

  • Speaker #2

    En fait, trop souvent, on dit, pourquoi je dois te quitter ? La cigarette porte des bénéfices ultérieurs, assez lointains. Et finalement, comment je fume ? Est-ce que je suis dépendant ? Combien je fume ? Ce ne sont pas les bonnes questions. Les bonnes questions, c'est pourquoi on est si attaché au tabac ? Et finalement, comment concrètement il faut faire pour s'en défaire ? Et si on n'explique pas à la personne les tenants et aboutissants de sa problématique addictive, on ne peut que mener à la culpabilisation, l'incompréhension de la personne, de sa propre problématique. Donc l'apprendre comme une personne capable de comprendre à part entière, c'est déjà la respecter, c'est le minimum. Ce livre recueille 300 verbatims de patients que j'ai collectés au fil des années, pour recueillir leurs appréhensions, leurs doutes. mais aussi leur joie de ce parcours, leur fierté d'avoir réussi à s'arrêter de fumer. Et c'est extrêmement instructif. Et j'en ai fait même des publications ultérieurement, parce que c'est très intéressant d'entendre ce que les gens ont à dire sur leur parcours vers l'arrêt du tabac.

  • Speaker #0

    Génial, j'ai hâte de lire ça. Merci. Est-ce que vous pouvez nous rappeler votre nom et votre fonction ?

  • Speaker #2

    Je suis Nathalie Lazerovic, je suis médecin addictologue à l'hôpital suburbain du Bousca, qui vient d'être labellisé argent pour le lieu de santé sans tabac. Notre action phare a été de former l'ensemble du personnel, administratif, soignant, infirmier, manipulateur radio, à l'abord du patient hospitalisé, l'abord du patient hospitalisé avec bienveillance. et compréhension.

  • Speaker #0

    Génial, merci. Est-ce que vous auriez une anecdote drôle ou improbable à raconter en lien avec le sevrage tabagique ?

  • Speaker #2

    Oui, alors, ma patiente la plus âgée avait 84 ans. Wow ! C'était son premier sevrage de sa vie. Et elle m'a dit la plus belle chose qui me soit arrivée dans ma vie, c'est d'avoir arrêté de fumer.

  • Speaker #0

    C'est pas vrai ?

  • Speaker #2

    C'est merveilleux.

  • Speaker #0

    Merci pour l'anecdote. À bientôt. À bientôt. Bonjour, est-ce que vous aurez quelque chose à témoigner en anonyme ou pas anonyme ?

  • Speaker #3

    De quel point de vue ?

  • Speaker #0

    Ce que vous auriez envie de dire, raconter, même une anecdote improbable, c'est toujours ça de pris, sur le tabac.

  • Speaker #3

    Ah, sur le tabac.

  • Speaker #0

    sur l'arrêt du tabac.

  • Speaker #1

    Lui, mon interview numéro 3, c'est Loïc Josserand. Il parle beaucoup. On l'adore. Il est évidemment comme tout le monde ici, sauf moi, docteur et professeur. Et même, il fait plein d'autres trucs que doctoré et professoré. Genre, entre autres, être président de l'Alliance contre le tabac. Mais en revanche, il n'a pas écrit sur le tabac. Je crois que c'est le seul de cette assemblée.

  • Speaker #3

    Oui, l'arrêt du tabac. Moi, j'ai longtemps fait du sevrage. J'ai un exemple. qui me marque et qui, je pense, me marquera aduitam aeternam et que je recite. Et donc, je vais vous en parler de façon très régulière et qui, je pense, illustre la difficulté et les risques. Je faisais du sevrage en maternité. Et je vois un jour arriver une femme plus âgée, qui m'est vraiment plus âgée, et qui commence à me raconter son histoire. Et son histoire était assez simple, elle a arrêté de fumer quand elle a eu sa fille. Elle avait alors 24 ans, et elle a marié sa fille 24 ans plus tard. Et pour célébrer le mariage de sa fille, elle a refait une clope, et elle est retombée dedans instantanément. Donc, la moralité de cette histoire, c'est que malheureusement, on ne redevient jamais non-fumeur. On reste ex-fumeur et il faut toujours, toujours, toujours rester vigilant et ne jamais retomber dedans, quelle que soit la bonne raison. qu'on puisse imaginer pour fêter ça avec une clope, ce sera in fine une mauvaise situation.

  • Speaker #0

    On vous appelle docteur Loïc Josserand ou professeur Loïc Josserand ?

  • Speaker #3

    On m'appelle comme on veut, professeur ou docteur, c'est pareil.

  • Speaker #0

    Et est-ce que vous êtes le monsieur anti-tabac autour de vous, donc les gens n'osent pas fumer devant vous ?

  • Speaker #3

    Ah non, absolument pas. Mon combat, ce ne sont pas les fumeurs. Le fumeur, dans cette histoire-là, j'en vois un petit mot, merci.

  • Speaker #0

    Si on coupera ça au montage, bisous.

  • Speaker #3

    Non, mais j'assume tout. Non, non, non, mon problème, ce n'est pas le fumeur. Au contraire, le fumeur est une victime dans cette histoire-là et absolument pas le problème. Le problème, c'est l'industrie qui a manipulé et qui manipule des générations entières depuis maintenant plus d'un siècle pour leur faire croire que la liberté est dans le tabac, le glamour est dans le tabac, la virilité est dans le tabac. D'ailleurs, c'est probablement un des seuls produits qui arrive à marier autant les... les incompatibles que sont le glamour et la virilité. Voilà, donc ça n'est qu'un tissu de mensonge depuis un siècle. Donc le seul objectif est d'arriver en permanence à attraper des jeunes pour les faire consommer leurs produits pendant les 20 ou 30 prochaines années, à les jeter ensuite comme des vieux Kleenex quand ils auront été essorés jusqu'au bout en termes financiers et à aller pêcher de nouvelles victimes toujours plus jeunes. dans leur filet. C'est une industrie mafieuse, c'est une industrie sans aucun respect de la vie humaine, sans aucun respect de l'environnement, sans aucun respect de personne. Elle paye les ressources naturelles sur les lieux de production, elle détruit la jeunesse des jeunes qui sont dans des champs de tabac, elle détruit la jeunesse des pays où ce tabac est consommé. Bref, ça n'est que mort et destruction. Donc mon problème, ça n'est pas le fumeur. Le fumeur est une victime, je le répète, et j'en suis intimement convaincu. J'ai des amis qui fument, j'ai un fils qui fume, j'ai... Voilà, donc je sais ce que c'est, j'ai pas de problème avec ça. Mon problème, c'est l'industrie, et l'industrie seulement.

  • Speaker #0

    Alors on pourrait dire que votre combat, ce pour quoi vous vous levez le matin, c'est justement de protéger les victimes et d'aller à l'encontre de ces industries ?

  • Speaker #3

    Mon leitmotiv, c'est de démonter cette industrie. Voilà, mon objectif, c'est de sortir de... sortir du jeu cette industrie, les lobbies qui sont derrière, parce que c'est absolument intolérable. Il est intolérable de marcher comme ça sur la santé, sur la vie humaine, au seul bénéfice d'un intérêt financier et de l'intérêt financier de quelques-uns seulement. Parce que là, on est en train de parler de quelques centaines de personnes qui en tirent des profits au niveau international. Donc c'est absolument honteux et inacceptable. Et j'en veux terriblement. À tous les gouvernements, à commencer par le gouvernement français. Je n'ai pas peur, ça ne me pose aucun problème. On dénonce ! De la passivité et de la tolérance qui existent face à l'industrie du tabac. Quand je vois des lobbies qui sont reçus par des politiques, qui sont écoutés par des politiques, derrière chaque lobby, il y a des morts. Et il y a des morts, tout simplement.

  • Speaker #0

    Mais qu'est-ce qu'on peut faire, nous, fumeurs, anciens fumeurs, qui voulons lutter contre ça, à notre petite échelle ?

  • Speaker #3

    Le dénoncer, le savoir, le dénoncer, le partager, ne pas se laisser enfermer dans des discours qui tendent à expliquer qu'un buraliste, c'est un gentil commerçant au coin de la rue. Le buraliste est un commerçant qui représente l'industrie du tabac, ni plus ni moins. Il tire une grosse partie de ses revenus de l'industrie du tabac par la vente du tabac. Donc, il n'a d'autre objectif que d'en vendre toujours un peu plus. Donc, ça n'est pas un commerçant classique. Ça n'est pas un commerçant classique. Voilà, c'est tout. Il faut en parler, il faut en parler à son député, il faut en parler à son maire, parce que c'est partout et que partout on doit avoir des espaces sans tabac, les généraliser, sortir ce produit de consommation, expliquer aux plus jeunes la façon dont on tombe dans un piège. Il ne s'agit pas de les culpabiliser, il s'agit de leur expliquer qu'ils sont complètement piégés, ils se font piéger dans quelque chose qui les dépasse quand ils sont jeunes. Et à nouveau, je ne prône absolument pas la culpabilité, il ne faut pas leur... parler de mort quand on a 15 ans, quand on commence à fumer, la mort c'est très loin et même si on te dit tu vas mourir plus tôt parce que tu fumes, le plus tôt est quand même extrêmement confus. En revanche, expliquer qu'à l'autre bout de la planète il y a quelqu'un qui ne va pas aller à l'école, qui ne fera jamais d'études, qui va mourir à 25 ans parce qu'il a planté du tabac dans un champ, qu'on a pillé des ressources, que la pollution générée par cette industrie est l'équivalent de celle d'un pays comme le Pérou, que... Ça tue la vie marine et in fine, ça détruit la vie à la surface de la planète, tout simplement. Donc cette dimension environnementale est probablement aussi une des dimensions très méconnues, mais probablement aussi à mettre en avant de façon très forte.

  • Speaker #0

    J'ai une dernière question avant de vous laisser, parce que j'ai l'impression qu'il y avait plein de personnes qui voulaient discuter avec vous et qui sont parties. Est-ce que vous pouvez nous donner un peu d'espoir de nous montrer que quand même, il y a des choses qui évoluent, que les lois, ça finit par avancer ? Parce que j'ai eu l'occasion d'interviewer un ancien employé, c'est un des cigarettiers. Et lui, il disait que l'État ne fait rien et que les industriels du tabac gagneront. Donc comment est-ce que... On peut quand même trouver de l'espoir dans ce que l'État fait, on peut quand même y croire. Est-ce que vous avez vu des changements majeurs ces derniers temps ?

  • Speaker #3

    Oui, il y a des évolutions. Il y a la prévalence des fumeurs jeunes, notamment, baisse en France depuis maintenant un certain nombre d'années. Là où il y a... Donc ça, c'est un élément positif. Il y a une baisse de la consommation en France, il y a une baisse de la consommation du nombre de cigarettes aussi parfumeurs, donc ce n'est pas non plus complètement neutre. Il y a néanmoins, au-delà de ces réussites, on a réussi à faire interdire la PEUF, par exemple, qui était quand même un vrai problème parmi les jeunes, mais ce n'est que l'arbre qui cache la forêt. Là, je reviens dans un côté un peu plus pessimiste, ou en tout cas très réaliste. Il y a des nouveaux produits qui arrivent en permanence. Il y a des nouvelles façons de consommer des produits addictifs. Et maintenant, il ne faut d'ailleurs plus parler seulement du marché du tabac. Il faut parler du marché de la nicotine. Le vrai souci, il est là. Et donc, en réalité, c'est un marché avec dessus un certain nombre d'intervenants qui sont soit directement issus du monde du tabac, soit plutôt issus du monde de la vape, par exemple, mais qui ont cette capacité à produire de nouveaux produits, à inventer et à mettre sur le marché de nouveaux produits en permanence. Et on voit très bien que ces consommateurs, et notamment les plus jeunes, vont rentrer en consommant un de ces produits et puis ensuite vont piocher en fonction de leurs envies dans ces différents produits qui sont mis à leur disposition. Alors certains sont, comme le tabac, ne sont pas entre guillemets propres. D'autres paraissent propres, comme les nicopoutches par exemple, mais quand on finit sans dents et dentés avec...

  • Speaker #0

    Quel enfer !

  • Speaker #3

    Donc voilà, il n'y a pas de produit sain utilisant de la nicotine, du tabac. Tout ça, ça n'est qu'une vaste fumisterie et une invention de ces industriels. à nouveau pour aller chercher les plus jeunes le plus tôt. Et on sait que plus on va consommer d'eau, plus on sera addict longtemps. Donc, il est de l'intérêt de ces industriels d'aller les chercher très vite, très fort pour les garder longtemps. Et après, ils seront sur un marché où ils vont jongler entre les perles de nicotine d'un côté, les nicopoules de l'autre, la clope un coup, une cigarette électronique, une 9K de l'autre, etc. Et on ne s'en sortira pas et on restera là-dedans.

  • Speaker #0

    Et j'ai interviewé que des gens qui avaient... aussi écrit un livre sur le tabac.

  • Speaker #3

    Moi, je n'ai pas écrit de livre sur le tabac. Bientôt ? Pourquoi pas, mais ça ne fait pas partie de mes objectifs. Je n'ai rien à vendre.

  • Speaker #0

    Merci beaucoup.

  • Speaker #3

    À bientôt.

  • Speaker #5

    Moi, je suis Vincent Durnaz. Je suis prof à la fac de Reims et je suis responsable de l'unité d'aide au sauvage tabagique et puis impliqué dans les projets L'Ue Santé Sans Tabac, Campus Santé Sans Tabac. Voilà. J'ai entendu ce que vous aviez dit sur votre... Votre blog ?

  • Speaker #1

    Mon interview numéro 4, il est parfait. Il se présente d'emblée, c'est carré, Vincent Durlac, professeur à la fac de Reims, mais pas que. Et il va donner une info hyper intéressante sur le tabac et le diabète.

  • Speaker #5

    Moi ça m'intéresse, je ne le connais pas, donc j'imagine qu'il est facile à trouver.

  • Speaker #0

    Tuercode.

  • Speaker #5

    Tuercode,

  • Speaker #0

    super. C'est un autocollant, soit vous le collez sur un cendrier public, soit vous le mettez sur votre frigo. En plus, j'ai grandi à Reims.

  • Speaker #5

    C'est vrai ? C'est drôle ça. Est-ce que vous voudriez venir ou communiquer avec nous un moment ou un autre sur le mois sans tabac ? Moi je cherche tous les éclairages autour de tabagisme, prise en charge du sevrage et qu'il soit un peu ludique, un peu joyeux, pas répressif et autres. J'imagine que c'est dans l'esprit de ce que vous avez fait. Donc à ce moment-là, et là il y a vos coordonnées ?

  • Speaker #0

    Alors il y a mes coordonnées, il y a, donc je suis principalement sur Insta mais vous me trouvez aussi sur LinkedIn. Il y a aussi dans le QR code mon livre, parce que j'ai écrit un livre sur le tabac, comme à peu près tout le monde ici. Est-ce que vous avez écrit un livre sur le tabac ? Non,

  • Speaker #5

    je suis un simple docteur, vous savez moi. Je n'écris pas. J'écris des articles scientifiques.

  • Speaker #0

    Vous avez écrit des articles scientifiques sur le tabac ?

  • Speaker #5

    Sur le tabac, oui.

  • Speaker #0

    Génial, ça m'intéresse.

  • Speaker #5

    Mon domaine d'expertise, c'est le tabac et le diabète.

  • Speaker #0

    Où est-ce qu'on peut trouver les articles sur le tabac ?

  • Speaker #5

    Je pourrais vous les envoyer, mais si vous tapez tabagisme et diabète et vous ne tapez pas mon nom, je ne l'ai plus là. Durlach, ça s'écrit D-U-R-L-A-C-H, Vincent Durlach, et avec la SFT, la Société Francophone de Tabacaux et de Diabétos, parce que moi je suis diabétologue et tabacologue, on a fait un document de consensus, on a écrit des recommandations, pour vous dire les choses simplement, ce que plein de soignants ne savent pas, c'est que le tabac favorise le diabète, donc il est diabétogène, petit a, ça personne le sait, ou très peu, de soignants, et deuxièmement, la première cause de mortalité chez les diabétiques, C'est pas le chiffre de sucre, la glycémie, c'est pas le niveau de tension artérielle ou de cholestérol, c'est le tabac. C'est la première chose qui pue les diabétiques.

  • Speaker #0

    Waouh ! Je ne savais pas.

  • Speaker #5

    Et donc du coup, si vous voulez, depuis deux ans, on travaille avec les professionnels de santé, les sociétés savantes, pour faire passer ce message et expliquer que les 410 000 diabétiques fumeurs en France sont très insuffisamment pris en charge, comme beaucoup d'autres fumeurs du reste, mais ceux-là risquent de mourir beaucoup plus vite. et de faire des tas de complications qui sont liées à l'association qui est mortifère du tabac et du diabète. Donc voilà, ça c'est des choses sur lesquelles j'ai écrit des articles. Après, non, je n'ai pas écrit de livre. C'est mon expérience de mon sevrage à 16 ans.

  • Speaker #0

    À 16 ans ?

  • Speaker #5

    Après cinq semaines de tabac, j'ai dit ce mot-là.

  • Speaker #0

    Du coup, vous vous souvenez de votre dernière cigarette ?

  • Speaker #5

    Spécifiquement, non, mais je me souviens du moment où j'ai fumé. Parce que comme vous le voyez, je suis d'un grand âge. Et c'était au moment des Jeux de Munich. Oh, waouh ! Je crois que ça devait être en 72. Je vous crois. Vous n'étiez pas nés. Et voilà.

  • Speaker #0

    Alors, on prononce Ducarosse ou Ducarose ?

  • Speaker #6

    Nilo Nilo, Ducarot.

  • Speaker #0

    Bonjour Simon, Ducarot. Du coup, comme vous avez fait une thèse, donc on vous appelle docteur ?

  • Speaker #6

    Personne ne m'appelle docteur. Mais oui. C'est mon titre.

  • Speaker #1

    Et pour terminer, mon interview numéro 5, Simon Ducarot. Donc docteur. Lui, il a fait une thèse sur le tabac. Son sujet ? J'étais pas prête. Passionnant. Je le laisse en parler.

  • Speaker #0

    Je suis impressionnée. On ne se rend pas assez compte à quel point beaucoup de gens travaillent sur le tabac, autour du tabac. Et je trouvais ça hyper intéressant que vous nous expliquiez ce que vous faites.

  • Speaker #6

    Alors. Moi, ce que je fais très spécifiquement, je suis épidémiologiste social, donc je m'intéresse à la distribution des facteurs qui influencent le tabagisme. Très spécifiquement, ce qui m'intéresse, c'est le tabagisme dans les populations migrantes en France, pourquoi elles fument, et en comprenant ce pourquoi, on trouve les leviers d'intervention ou les freins qui bloquent le recours au sevrage spécifiques à ces populations. Comme ce sont des freins spécifiques, c'est aussi... Et une des raisons pour lesquelles la prévention en population générale ne fonctionne pas dans ces populations. Donc ça, c'est un vrai enjeu d'équité de la prévention. En fait, la prévention, ça ne marche pas pareil chez tout le monde. Et en comprenant pourquoi les gens fument, pourquoi ils voudraient arrêter, pourquoi ils veulent continuer, parce que ça maintient un lien social ou autre, c'est en comprenant ça qu'on arrive à faire une prévention efficace et qui fonctionne chez tous. C'est un petit peu dommage de laisser de côté une frange de la population parce qu'elle fume pour des raisons différentes.

  • Speaker #0

    C'est étonnant ça. Du coup, est-ce que vous auriez une information improbable dont on ne se doute pas par rapport aux recherches que vous avez faites ?

  • Speaker #6

    Pour être un petit peu taquin, je dirais que dans les leçons apprises dans mes travaux de recherche, c'est par exemple que les médecins sont trop gentils. What ? Les médecins qui vont avoir une patientelle migrante qui fume. Ce qu'on a vu en entretien qualitatif, vont souvent avoir cette posture très bienveillante, entre guillemets, dire qu'ils ont d'autres problèmes, ils ont d'autres choses prioritaires dans leur vie, du coup on ne va pas les embêter, on va leur laisser ce petit plaisir, ce petit confort. Donc il y a une perte d'opportunité dans le conseil au sevrage. On ne parle pas d'un accompagnement, on parle d'une intervention brève, de juste... vous en êtes où avec la cigarette, est-ce que vous avez envie d'arrêter et éventuellement de les adresser à un autre professionnel qui lui a le temps. Et donc, c'est perte de chance à cause de l'apparente bienveillance d'Espagnans. Et c'est assez intéressant.

  • Speaker #0

    La plupart des gens que j'ai interrogés aujourd'hui ont écrit un livre sur le tabac. C'est quoi le titre de votre livre ?

  • Speaker #6

    Moi, je n'ai pas envie d'écrire de livres. Mon objectif de carrière, ce n'est pas de remplir des bibliothèques, c'est plutôt de faire des résultats qui servent à améliorer réellement la santé des populations. Donc, c'est un enjeu, c'est faire de la recherche interventionnelle, c'est de comprendre pourquoi une intervention efficace, quels sont les leviers, et produire une recherche qui serve à combler ce trou et pas uniquement à caler des bibliothèques. Mais peut-être que j'aurai un livre là-dessus un jour.

  • Speaker #0

    Non, mais vous avez fait une thèse, c'est un peu comme un livre.

  • Speaker #6

    Oui, mais un livre qui est désagréable à lire.

  • Speaker #0

    Vous pouvez quand même nous partager le titre ?

  • Speaker #6

    Alors, le titre en français, parce qu'elle est écrite en anglais, c'est Le tabagisme et les cancers liés au tabac chez les migrants en Europe

  • Speaker #0

    Est-ce que c'est une question intime de vous demander c'est quoi votre lien aux migrants pour que ce soit quelque chose qui soit une continuité ?

  • Speaker #6

    J'adore cette question. De manière assez curieuse... on s'attendrait justement à avoir un lien. Et finalement, ce serait comme si ce serait une justification. Si j'avais moi-même un profil migratoire, ça justifierait mon intérêt pour la question. Et non, malheureusement, suisse quatrième génération,

  • Speaker #0

    je ne suis pas... Ah oui, voilà ! ...beaucoup.

  • Speaker #6

    Mais non, vraiment une question d'équité dans la prévention, l'accès aux soins, et puis face à la mortalité liée au tabac.

  • Speaker #0

    Vous vous êtes rendu compte qu'il y avait une niche, en tout cas qu'il n'y avait pas assez d'informations dans ce domaine-là, donc vous y êtes allé.

  • Speaker #6

    Oui, suffisamment rien pour qu'on puisse nous... Dans une première étape, il y a une quinzaine d'années en commençant, il fallait justifier de pourquoi tu fais ça, c'est pas un peu bizarre, c'est pas un peu discriminatoire. Et il y a cette citation qui dit, je vais mal le citer, de...

  • Speaker #0

    Beau montage si tu veux.

  • Speaker #6

    Si on ne connaît pas... une inégalité, elle n'existe pas. Ou dit autrement, il faut d'abord la décrire. Si on la décrit, ça ne suffit pas, mais c'est indispensable pour pouvoir faire quelque chose sur ce problème-là.

  • Speaker #0

    Est-ce qu'il y a quelque chose que vous voulez rajouter ?

  • Speaker #6

    Sur la première remarque, de toutes ces forces dans la recherche sur le tabac, les professionnels, la prévention, de toutes les bonnes volontés pour lutter contre ce fléau qu'est le tabac. En fait, en France, on a encore un niveau d'exposition, un niveau de consommation dans les différents sous-groupes de population qui est très élevé par rapport aux pays similaires. Et pourtant, on a plein de bonnes volontés. Donc, l'importance de structurer, fédérer toutes ces bonnes volontés, pour moi, c'est un objectif capital.

  • Speaker #0

    Merci. Est-ce qu'on t'a déjà dit que vous manquiez pas d'air ?

  • Speaker #6

    Je crois que je vais l'entendre bientôt.

  • Speaker #0

    Merci beaucoup. Je ne vous ai pas interviewé, vous avez envie de dire une phrase ?

  • Speaker #2

    Si, si, si !

  • Speaker #0

    En anonyme ! Bon, Maria... Ah non, non, anonyme !

  • Speaker #2

    Non mais dis-moi toi, qu'est-ce que tu penses du colloque ? Quel a été ton avis ?

  • Speaker #0

    J'ai trouvé ça hyper intéressant, hyper vivant. J'étais contente de voir... En fait, je suis hyper touchée de me rendre compte à quel point il y a une armée de gens qui se lèvent le matin pour lutter contre le tabac. et contre toute forme de nicotine, d'addiction, de cette addiction qui n'est pas à la mode dans tous les sens du terme. Et donc, je suis vraiment émue. J'ai fait des très belles rencontres. Tout le monde est hyper passionné par ce qu'il fait. C'est impressionnant. Les gens sont plutôt joyeux, bon enfants. Ils ont vraiment à cœur de faire avancer les choses. Et je trouve qu'on ne leur rend pas assez justice pour plein de raisons qu'on peut s'en douter. Et du coup, je suis très heureuse d'avoir pu participer à cette journée. Donc, j'ai hâte d'en refaire une bientôt et surtout de monter cet épisode. Merci beaucoup.

  • Speaker #2

    Merci à toi.

  • Speaker #0

    Merci.

  • Speaker #2

    J'aime les bonnes réactions,

  • Speaker #0

    tu vois. Ouais, génial. Bien vu. Quoi ?

  • Speaker #2

    Je vais dans la radio. Ah ouais,

  • Speaker #0

    je m'en fends.

  • Speaker #2

    Merci, au revoir.

  • Speaker #0

    Au revoir.

  • Speaker #2

    Merci beaucoup à toi de venir, d'avoir cette initiative. C'est sympa que tu montres les gens qui font ça d'un bon angle. On n'est pas tous des connards.

  • Speaker #0

    Oui, c'est ça. Je suis vraiment contente d'avoir pris le micro. Merci, salut.

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Description

🤖 Portrait-robot du Mois sans tabac :

 

Nom : Moi(s) sans tabac

Naissance : 1er novembre 2016

Mes parents : Santé public France et l’Assurance Maladie

Mon grand frère : Tabac Info Service

Déclic : Marisol Touraine, Ministre des Affaires Sociales et de la Santé

Défis : 30 jours sans tabac

Infos wtf : je distribue des pochettes surprises gratuites en pharmacie

 ✨

Nous sommes en Novembre est-ce que vous savez ce que ça signifie pour la France qui fume et qui veut arrêter ?

Oui je m’adresse à « la-France-qui-fume-et-qui-veut-arrêter »

 

Quoi tu crois qu’ils sont genre 9 ?

9000 ?

9 cent mille ?

Bon allez je vous donne le vrai chiffre : ils sont 9 millions

Enfin vous êtes 9 millions


Libre aux 7 millions restants qui « veulent » continuer de fumer c'est ok hein – Mais bon sang les autres les 9 millions d’autres qui veulent arrêter de fumer comment on fait ?! Beh voilà : la bonne nouvelle c'est que NOVEMBRE c'est pour vous !

 

Vous connaissez le Dry January ? Quand on boit pas de tout le mois de janvier. Si vous ne connaissez pas renseignez-vous c'est sympa : c'est les Britishs qui ont inventé ça en 2013.

Et beh Novembre même concept version française pour le tabac – enfin contre – depuis 2016 par le Ministère de la Santé.

 

Ministère de la Santé : Lieu où je me suis retrouvée le mois dernier lors d’un colloque sur le doss du tabac – bon je vais pas dire que j’étais là par hasard mais en vrai un peu.

J’avais l’impression d’être une touriste avec mon podcast décalé et mon bouquin drôle sur l’arrêt du tabac face à tous ces grands pontes qui se lèvent chaque matin et pour la plupart depuis des décennies pour combattre les méchants du tabac et aider ceux qui en souffrent.


Mais au final j’ai réussi à choper 5 personnes qui avaient des CV à rallonge de prof-universitaire-médecin-docteur-ès-trucs-auteur-etc bref des combattants qui se lèvent tous les matins pour trouver des solutions contre la consommation nuisible de cette fichue plante addictive -


dont voici l’épisode !

Bonne écoute !

 

Invités :

Professeur Docteur Bertrand Dautzenberg

Professeur Docteur Loïc Josseran

Docteur Nathalie Lajzerowicz

Professeur Docteur Vincent Durlack,

Docteur ès Simon Ducarroz

 

Freddie Seng  |  montage et mixage  |  https://www.instagram.com/freddie.seng/profilecard/?igsh=ZXBiNzQwYTM1Zml3

Eugénie Florentin | Lanterne Digitale, Sociale Media Manager | https://www.instagram.com/lanterne.digitale?igsh=dW80YTliYzM1MzZq

____

Insta  |  @tumanquespasdair www.instagram.com/tumanquespasdair/

Livre  | « Apprivoiser son impérieuse envie de fumer », Astrid Malone, éditions Eyrolles.

Facebook  |  Tu manques pas d’air

YouTube  |  Tu manques pas d’air

LinkedIn  |  Astrid Malone

Mail : tumanquespasdairpodcast@gmail.com


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Salut,

  • Speaker #1

    nous sommes en novembre.

  • Speaker #0

    Est-ce que vous savez ce que ça signifie pour la France qui fume et qui veut arrêter

  • Speaker #1

    Oui, je m'adresse à la France qui fume et qui veut arrêter Quoi, tu crois qu'ils sont genre 9 ou 9 000 ? Ou allez, 900 000 ? Eh ben non,

  • Speaker #0

    ils sont

  • Speaker #1

    9 millions. Enfin, vous êtes 9 millions en France à vouloir arrêter de fumer.

  • Speaker #0

    Franchement, j'en chialerais. En vrai,

  • Speaker #1

    ça me rend triste et je ressens beaucoup de colère. Et d'injustice. et de compassion. Libre à ceux qui veulent continuer de fumer,

  • Speaker #0

    c'est ok.

  • Speaker #1

    Mais bon sang, les autres, les 9 millions d'autres qui veulent arrêter de fumer. Bon, et bien voilà, la bonne nouvelle, c'est que novembre,

  • Speaker #0

    c'est pour vous.

  • Speaker #1

    Vous connaissez le dry january, quand on ne boit pas de tout le mois de janvier. Si vous ne connaissez pas, renseignez-vous, c'est sympa. C'est les british qui ont inventé ça, en 2013. Et bien novembre, même concept, version française, pour le tabac.

  • Speaker #2

    Enfin, con.

  • Speaker #1

    depuis 2016 par le ministère de la Santé.

  • Speaker #0

    Ministère de la Santé, lieu où je me suis retrouvée le mois dernier lors d'un colloque sur le dos du tabac.

  • Speaker #1

    Bon, je ne vais pas dire que j'étais là par hasard, mais en vrai un peu.

  • Speaker #0

    J'avais l'impression d'être une touriste avec mon podcast décalé et mon bouquin drôle sur la raie du tabac, face à tous ces grands pontes qui se lèvent chaque matin et pour la plupart depuis des décennies, pour combattre les méchants du tabac et aider ceux qui en souffrent.

  • Speaker #1

    Bref, journée.

  • Speaker #0

    passionnantes pour voir comment se mettent en place les nouvelles lois,

  • Speaker #1

    notamment autour des nouveaux espaces publics libérés du tabac. Et à la fin de la journée, pendant les questions,

  • Speaker #0

    j'ai demandé le micro de la salle de conf en disant

  • Speaker #1

    Alors, moi,

  • Speaker #0

    je n'ai pas de questions, mais j'ai un micro pour vous interviewer tout à l'heure. Donc, n'hésitez pas à me fuir si vous ne voulez pas, je vous pose des questions parce que j'ai envie d'interviewer tout le monde dans cette salle. Je crois que j'ai fait ma relou. Ils vont peut-être me bannir au prochain colloque. Mais donc, j'ai réussi à choper 5 personnes qui avaient des CV à rallonge de profs universitaires,

  • Speaker #1

    médecins,

  • Speaker #0

    docteurs, auteurs,

  • Speaker #1

    bref,

  • Speaker #0

    des combattants de cette fichue plante addictive.

  • Speaker #1

    Dont voici l'épisode.

  • Speaker #0

    Bonne écoute !

  • Speaker #2

    C'est bon un selfie ?

  • Speaker #0

    C'est bon tout le coup. Merci de rire !

  • Speaker #2

    Attends, déjà, il faut le voir, oui. Je te laisse interviewer tes picole, moi je pense que j'ai fini.

  • Speaker #0

    Ok, trop bien. Trop cool, bonsoir. Oui, à bientôt. Bonjour.

  • Speaker #3

    Oui,

  • Speaker #4

    j'ai regardé vos posts, je ne connaissais pas, mais je ne sais pas ce que vous dites vous, mais ça a l'air joyeux. Moi j'avais écrit un petit livre sur le plaisir d'arrêter de fumer.

  • Speaker #0

    Ah c'est vrai, le plaisir d'arrêter de fumer.

  • Speaker #1

    Alors lui c'est mon interview numéro 1. C'est le grand prêtre du sevrage tabagique. Le grand-père aussi. Il s'appelle Bertrand Todtsberg, il est médecin et professeur de pneumologue à la PITIS Alpêtrière. Il dit qu'il est là à la retraite, mais il est sur tous les fronts et dans toutes les assos. On peut même le consulter sur Doctolib. Bref, dans ce combat tabagique, il ne lâche rien.

  • Speaker #4

    Et donc le plaisir d'arrêter de fumer, c'est pour moi l'essentiel. C'est-à-dire qu'il faut voir pourquoi les gens sont heureux, pas heureux. Et la plupart des fumeurs, ils voudraient bien être non-fumeurs. Et si on les traite comme il faut, ça va bien. Donc moi, je consulte sur Doctolib. Je suis un vieux monsieur retraité de pneumologue de la Pitié. Et donc, d'abord, je les écoute. Je vois ce qu'ils veulent. Je ne les engueule pas. Je leur dis que ce n'est pas de leur faute qu'ils sont victimes. Et je leur apprends pendant une semaine à être gentil avec leur corps, à faire ce qu'il vaut pour donner à son corps ce qu'il faut comme nicotine. Et je leur dis que quand on est gentil avec soi-même, c'est beaucoup plus facile après d'arrêter de fumer. Et au bout d'une semaine, ils fument deux ou trois fois moins. Ils se disent, tiens, c'est bizarre. Ce que je marque sur mon ordonnance, fumez autant que vous voulez, faites aucun effort pour ne pas fumer, pour que ce soit clair, que ce soit juste se faire du bien en prenant la nicotine qu'il faut. Et après, ça se passe bien, parce qu'une fois qu'ils ont vu qu'on était gentils et qu'on était gentils avec soi-même, on fumait moins, ça s'arrête.

  • Speaker #0

    Ça doit les surprendre que vous disiez ça ?

  • Speaker #4

    Ça les surprend, mais ils sont tous très heureux. Et le fait de le message dire aux gens d'être gentils avec eux-mêmes, il y en a plein qui partent sur... les histoires d'obésité, de viol et d'autres choses. J'essaie de rester focus sur mon système. Mais on apprend trop aux gens qui sont des méchants, qui ne sont pas bien, qui sont nuls. Et quand on explique aux gens qui ne sont pas mal, qui ont une maladie, le plus souvent, c'est des maladies qu'ils ont accrées quand ils étaient enfants. La tabagie, c'est une maladie chronique, le plus souvent pédiatrique. Une maladie qui est incurable, malheureusement. Mais on peut mettre en remission complète pour 40, 50 ou 60 ans, puis après. Moi, je suis assez partisan de la vape, qui est un produit agréable pour arrêter de fumer. C'est le produit le plus utilisé par les Français. 15% des gens qui veulent arrêter de fumer en France prennent la vape, 10% prennent des substituts nicotiniques, 5% tabac infoservices et les restes se démerdent.

  • Speaker #0

    Est-ce qu'on peut trouver votre livre en librairie ?

  • Speaker #4

    Oui, la FNAC est partout, 2,95 euros, c'est vraiment pour le faire. J'ai un petit site internet, bdots.fr. B, c'est la première lettre de mon prénom et dots, c'est le début de mon nom.

  • Speaker #0

    Merci, on mettra toutes les informations en ligne. Merci beaucoup.

  • Speaker #2

    Il faut que je vous envoie mon livre.

  • Speaker #0

    Oui, alors rappelez-moi le nom de votre livre.

  • Speaker #2

    Ma cigarette, pourquoi je t'aime, comment je te quitte, elle.

  • Speaker #1

    Mon interview numéro 2, c'est Nathalie Lazerovic, Lazerovic comme ça se prononce, L-A-J-Z-E-R-O-W-I-C-Z. Elle est médecin-dictologue à l'hôpital suburbain du Bousca à Bordeaux. Elle est trop sympa, et elle est sur tous les fronts aussi, et elle a écrit un livre aussi, Ma cigarette, pourquoi je t'aime, comment je te quitte, édition de BOEC 2022.

  • Speaker #2

    En fait, trop souvent, on dit, pourquoi je dois te quitter ? La cigarette porte des bénéfices ultérieurs, assez lointains. Et finalement, comment je fume ? Est-ce que je suis dépendant ? Combien je fume ? Ce ne sont pas les bonnes questions. Les bonnes questions, c'est pourquoi on est si attaché au tabac ? Et finalement, comment concrètement il faut faire pour s'en défaire ? Et si on n'explique pas à la personne les tenants et aboutissants de sa problématique addictive, on ne peut que mener à la culpabilisation, l'incompréhension de la personne, de sa propre problématique. Donc l'apprendre comme une personne capable de comprendre à part entière, c'est déjà la respecter, c'est le minimum. Ce livre recueille 300 verbatims de patients que j'ai collectés au fil des années, pour recueillir leurs appréhensions, leurs doutes. mais aussi leur joie de ce parcours, leur fierté d'avoir réussi à s'arrêter de fumer. Et c'est extrêmement instructif. Et j'en ai fait même des publications ultérieurement, parce que c'est très intéressant d'entendre ce que les gens ont à dire sur leur parcours vers l'arrêt du tabac.

  • Speaker #0

    Génial, j'ai hâte de lire ça. Merci. Est-ce que vous pouvez nous rappeler votre nom et votre fonction ?

  • Speaker #2

    Je suis Nathalie Lazerovic, je suis médecin addictologue à l'hôpital suburbain du Bousca, qui vient d'être labellisé argent pour le lieu de santé sans tabac. Notre action phare a été de former l'ensemble du personnel, administratif, soignant, infirmier, manipulateur radio, à l'abord du patient hospitalisé, l'abord du patient hospitalisé avec bienveillance. et compréhension.

  • Speaker #0

    Génial, merci. Est-ce que vous auriez une anecdote drôle ou improbable à raconter en lien avec le sevrage tabagique ?

  • Speaker #2

    Oui, alors, ma patiente la plus âgée avait 84 ans. Wow ! C'était son premier sevrage de sa vie. Et elle m'a dit la plus belle chose qui me soit arrivée dans ma vie, c'est d'avoir arrêté de fumer.

  • Speaker #0

    C'est pas vrai ?

  • Speaker #2

    C'est merveilleux.

  • Speaker #0

    Merci pour l'anecdote. À bientôt. À bientôt. Bonjour, est-ce que vous aurez quelque chose à témoigner en anonyme ou pas anonyme ?

  • Speaker #3

    De quel point de vue ?

  • Speaker #0

    Ce que vous auriez envie de dire, raconter, même une anecdote improbable, c'est toujours ça de pris, sur le tabac.

  • Speaker #3

    Ah, sur le tabac.

  • Speaker #0

    sur l'arrêt du tabac.

  • Speaker #1

    Lui, mon interview numéro 3, c'est Loïc Josserand. Il parle beaucoup. On l'adore. Il est évidemment comme tout le monde ici, sauf moi, docteur et professeur. Et même, il fait plein d'autres trucs que doctoré et professoré. Genre, entre autres, être président de l'Alliance contre le tabac. Mais en revanche, il n'a pas écrit sur le tabac. Je crois que c'est le seul de cette assemblée.

  • Speaker #3

    Oui, l'arrêt du tabac. Moi, j'ai longtemps fait du sevrage. J'ai un exemple. qui me marque et qui, je pense, me marquera aduitam aeternam et que je recite. Et donc, je vais vous en parler de façon très régulière et qui, je pense, illustre la difficulté et les risques. Je faisais du sevrage en maternité. Et je vois un jour arriver une femme plus âgée, qui m'est vraiment plus âgée, et qui commence à me raconter son histoire. Et son histoire était assez simple, elle a arrêté de fumer quand elle a eu sa fille. Elle avait alors 24 ans, et elle a marié sa fille 24 ans plus tard. Et pour célébrer le mariage de sa fille, elle a refait une clope, et elle est retombée dedans instantanément. Donc, la moralité de cette histoire, c'est que malheureusement, on ne redevient jamais non-fumeur. On reste ex-fumeur et il faut toujours, toujours, toujours rester vigilant et ne jamais retomber dedans, quelle que soit la bonne raison. qu'on puisse imaginer pour fêter ça avec une clope, ce sera in fine une mauvaise situation.

  • Speaker #0

    On vous appelle docteur Loïc Josserand ou professeur Loïc Josserand ?

  • Speaker #3

    On m'appelle comme on veut, professeur ou docteur, c'est pareil.

  • Speaker #0

    Et est-ce que vous êtes le monsieur anti-tabac autour de vous, donc les gens n'osent pas fumer devant vous ?

  • Speaker #3

    Ah non, absolument pas. Mon combat, ce ne sont pas les fumeurs. Le fumeur, dans cette histoire-là, j'en vois un petit mot, merci.

  • Speaker #0

    Si on coupera ça au montage, bisous.

  • Speaker #3

    Non, mais j'assume tout. Non, non, non, mon problème, ce n'est pas le fumeur. Au contraire, le fumeur est une victime dans cette histoire-là et absolument pas le problème. Le problème, c'est l'industrie qui a manipulé et qui manipule des générations entières depuis maintenant plus d'un siècle pour leur faire croire que la liberté est dans le tabac, le glamour est dans le tabac, la virilité est dans le tabac. D'ailleurs, c'est probablement un des seuls produits qui arrive à marier autant les... les incompatibles que sont le glamour et la virilité. Voilà, donc ça n'est qu'un tissu de mensonge depuis un siècle. Donc le seul objectif est d'arriver en permanence à attraper des jeunes pour les faire consommer leurs produits pendant les 20 ou 30 prochaines années, à les jeter ensuite comme des vieux Kleenex quand ils auront été essorés jusqu'au bout en termes financiers et à aller pêcher de nouvelles victimes toujours plus jeunes. dans leur filet. C'est une industrie mafieuse, c'est une industrie sans aucun respect de la vie humaine, sans aucun respect de l'environnement, sans aucun respect de personne. Elle paye les ressources naturelles sur les lieux de production, elle détruit la jeunesse des jeunes qui sont dans des champs de tabac, elle détruit la jeunesse des pays où ce tabac est consommé. Bref, ça n'est que mort et destruction. Donc mon problème, ça n'est pas le fumeur. Le fumeur est une victime, je le répète, et j'en suis intimement convaincu. J'ai des amis qui fument, j'ai un fils qui fume, j'ai... Voilà, donc je sais ce que c'est, j'ai pas de problème avec ça. Mon problème, c'est l'industrie, et l'industrie seulement.

  • Speaker #0

    Alors on pourrait dire que votre combat, ce pour quoi vous vous levez le matin, c'est justement de protéger les victimes et d'aller à l'encontre de ces industries ?

  • Speaker #3

    Mon leitmotiv, c'est de démonter cette industrie. Voilà, mon objectif, c'est de sortir de... sortir du jeu cette industrie, les lobbies qui sont derrière, parce que c'est absolument intolérable. Il est intolérable de marcher comme ça sur la santé, sur la vie humaine, au seul bénéfice d'un intérêt financier et de l'intérêt financier de quelques-uns seulement. Parce que là, on est en train de parler de quelques centaines de personnes qui en tirent des profits au niveau international. Donc c'est absolument honteux et inacceptable. Et j'en veux terriblement. À tous les gouvernements, à commencer par le gouvernement français. Je n'ai pas peur, ça ne me pose aucun problème. On dénonce ! De la passivité et de la tolérance qui existent face à l'industrie du tabac. Quand je vois des lobbies qui sont reçus par des politiques, qui sont écoutés par des politiques, derrière chaque lobby, il y a des morts. Et il y a des morts, tout simplement.

  • Speaker #0

    Mais qu'est-ce qu'on peut faire, nous, fumeurs, anciens fumeurs, qui voulons lutter contre ça, à notre petite échelle ?

  • Speaker #3

    Le dénoncer, le savoir, le dénoncer, le partager, ne pas se laisser enfermer dans des discours qui tendent à expliquer qu'un buraliste, c'est un gentil commerçant au coin de la rue. Le buraliste est un commerçant qui représente l'industrie du tabac, ni plus ni moins. Il tire une grosse partie de ses revenus de l'industrie du tabac par la vente du tabac. Donc, il n'a d'autre objectif que d'en vendre toujours un peu plus. Donc, ça n'est pas un commerçant classique. Ça n'est pas un commerçant classique. Voilà, c'est tout. Il faut en parler, il faut en parler à son député, il faut en parler à son maire, parce que c'est partout et que partout on doit avoir des espaces sans tabac, les généraliser, sortir ce produit de consommation, expliquer aux plus jeunes la façon dont on tombe dans un piège. Il ne s'agit pas de les culpabiliser, il s'agit de leur expliquer qu'ils sont complètement piégés, ils se font piéger dans quelque chose qui les dépasse quand ils sont jeunes. Et à nouveau, je ne prône absolument pas la culpabilité, il ne faut pas leur... parler de mort quand on a 15 ans, quand on commence à fumer, la mort c'est très loin et même si on te dit tu vas mourir plus tôt parce que tu fumes, le plus tôt est quand même extrêmement confus. En revanche, expliquer qu'à l'autre bout de la planète il y a quelqu'un qui ne va pas aller à l'école, qui ne fera jamais d'études, qui va mourir à 25 ans parce qu'il a planté du tabac dans un champ, qu'on a pillé des ressources, que la pollution générée par cette industrie est l'équivalent de celle d'un pays comme le Pérou, que... Ça tue la vie marine et in fine, ça détruit la vie à la surface de la planète, tout simplement. Donc cette dimension environnementale est probablement aussi une des dimensions très méconnues, mais probablement aussi à mettre en avant de façon très forte.

  • Speaker #0

    J'ai une dernière question avant de vous laisser, parce que j'ai l'impression qu'il y avait plein de personnes qui voulaient discuter avec vous et qui sont parties. Est-ce que vous pouvez nous donner un peu d'espoir de nous montrer que quand même, il y a des choses qui évoluent, que les lois, ça finit par avancer ? Parce que j'ai eu l'occasion d'interviewer un ancien employé, c'est un des cigarettiers. Et lui, il disait que l'État ne fait rien et que les industriels du tabac gagneront. Donc comment est-ce que... On peut quand même trouver de l'espoir dans ce que l'État fait, on peut quand même y croire. Est-ce que vous avez vu des changements majeurs ces derniers temps ?

  • Speaker #3

    Oui, il y a des évolutions. Il y a la prévalence des fumeurs jeunes, notamment, baisse en France depuis maintenant un certain nombre d'années. Là où il y a... Donc ça, c'est un élément positif. Il y a une baisse de la consommation en France, il y a une baisse de la consommation du nombre de cigarettes aussi parfumeurs, donc ce n'est pas non plus complètement neutre. Il y a néanmoins, au-delà de ces réussites, on a réussi à faire interdire la PEUF, par exemple, qui était quand même un vrai problème parmi les jeunes, mais ce n'est que l'arbre qui cache la forêt. Là, je reviens dans un côté un peu plus pessimiste, ou en tout cas très réaliste. Il y a des nouveaux produits qui arrivent en permanence. Il y a des nouvelles façons de consommer des produits addictifs. Et maintenant, il ne faut d'ailleurs plus parler seulement du marché du tabac. Il faut parler du marché de la nicotine. Le vrai souci, il est là. Et donc, en réalité, c'est un marché avec dessus un certain nombre d'intervenants qui sont soit directement issus du monde du tabac, soit plutôt issus du monde de la vape, par exemple, mais qui ont cette capacité à produire de nouveaux produits, à inventer et à mettre sur le marché de nouveaux produits en permanence. Et on voit très bien que ces consommateurs, et notamment les plus jeunes, vont rentrer en consommant un de ces produits et puis ensuite vont piocher en fonction de leurs envies dans ces différents produits qui sont mis à leur disposition. Alors certains sont, comme le tabac, ne sont pas entre guillemets propres. D'autres paraissent propres, comme les nicopoutches par exemple, mais quand on finit sans dents et dentés avec...

  • Speaker #0

    Quel enfer !

  • Speaker #3

    Donc voilà, il n'y a pas de produit sain utilisant de la nicotine, du tabac. Tout ça, ça n'est qu'une vaste fumisterie et une invention de ces industriels. à nouveau pour aller chercher les plus jeunes le plus tôt. Et on sait que plus on va consommer d'eau, plus on sera addict longtemps. Donc, il est de l'intérêt de ces industriels d'aller les chercher très vite, très fort pour les garder longtemps. Et après, ils seront sur un marché où ils vont jongler entre les perles de nicotine d'un côté, les nicopoules de l'autre, la clope un coup, une cigarette électronique, une 9K de l'autre, etc. Et on ne s'en sortira pas et on restera là-dedans.

  • Speaker #0

    Et j'ai interviewé que des gens qui avaient... aussi écrit un livre sur le tabac.

  • Speaker #3

    Moi, je n'ai pas écrit de livre sur le tabac. Bientôt ? Pourquoi pas, mais ça ne fait pas partie de mes objectifs. Je n'ai rien à vendre.

  • Speaker #0

    Merci beaucoup.

  • Speaker #3

    À bientôt.

  • Speaker #5

    Moi, je suis Vincent Durnaz. Je suis prof à la fac de Reims et je suis responsable de l'unité d'aide au sauvage tabagique et puis impliqué dans les projets L'Ue Santé Sans Tabac, Campus Santé Sans Tabac. Voilà. J'ai entendu ce que vous aviez dit sur votre... Votre blog ?

  • Speaker #1

    Mon interview numéro 4, il est parfait. Il se présente d'emblée, c'est carré, Vincent Durlac, professeur à la fac de Reims, mais pas que. Et il va donner une info hyper intéressante sur le tabac et le diabète.

  • Speaker #5

    Moi ça m'intéresse, je ne le connais pas, donc j'imagine qu'il est facile à trouver.

  • Speaker #0

    Tuercode.

  • Speaker #5

    Tuercode,

  • Speaker #0

    super. C'est un autocollant, soit vous le collez sur un cendrier public, soit vous le mettez sur votre frigo. En plus, j'ai grandi à Reims.

  • Speaker #5

    C'est vrai ? C'est drôle ça. Est-ce que vous voudriez venir ou communiquer avec nous un moment ou un autre sur le mois sans tabac ? Moi je cherche tous les éclairages autour de tabagisme, prise en charge du sevrage et qu'il soit un peu ludique, un peu joyeux, pas répressif et autres. J'imagine que c'est dans l'esprit de ce que vous avez fait. Donc à ce moment-là, et là il y a vos coordonnées ?

  • Speaker #0

    Alors il y a mes coordonnées, il y a, donc je suis principalement sur Insta mais vous me trouvez aussi sur LinkedIn. Il y a aussi dans le QR code mon livre, parce que j'ai écrit un livre sur le tabac, comme à peu près tout le monde ici. Est-ce que vous avez écrit un livre sur le tabac ? Non,

  • Speaker #5

    je suis un simple docteur, vous savez moi. Je n'écris pas. J'écris des articles scientifiques.

  • Speaker #0

    Vous avez écrit des articles scientifiques sur le tabac ?

  • Speaker #5

    Sur le tabac, oui.

  • Speaker #0

    Génial, ça m'intéresse.

  • Speaker #5

    Mon domaine d'expertise, c'est le tabac et le diabète.

  • Speaker #0

    Où est-ce qu'on peut trouver les articles sur le tabac ?

  • Speaker #5

    Je pourrais vous les envoyer, mais si vous tapez tabagisme et diabète et vous ne tapez pas mon nom, je ne l'ai plus là. Durlach, ça s'écrit D-U-R-L-A-C-H, Vincent Durlach, et avec la SFT, la Société Francophone de Tabacaux et de Diabétos, parce que moi je suis diabétologue et tabacologue, on a fait un document de consensus, on a écrit des recommandations, pour vous dire les choses simplement, ce que plein de soignants ne savent pas, c'est que le tabac favorise le diabète, donc il est diabétogène, petit a, ça personne le sait, ou très peu, de soignants, et deuxièmement, la première cause de mortalité chez les diabétiques, C'est pas le chiffre de sucre, la glycémie, c'est pas le niveau de tension artérielle ou de cholestérol, c'est le tabac. C'est la première chose qui pue les diabétiques.

  • Speaker #0

    Waouh ! Je ne savais pas.

  • Speaker #5

    Et donc du coup, si vous voulez, depuis deux ans, on travaille avec les professionnels de santé, les sociétés savantes, pour faire passer ce message et expliquer que les 410 000 diabétiques fumeurs en France sont très insuffisamment pris en charge, comme beaucoup d'autres fumeurs du reste, mais ceux-là risquent de mourir beaucoup plus vite. et de faire des tas de complications qui sont liées à l'association qui est mortifère du tabac et du diabète. Donc voilà, ça c'est des choses sur lesquelles j'ai écrit des articles. Après, non, je n'ai pas écrit de livre. C'est mon expérience de mon sevrage à 16 ans.

  • Speaker #0

    À 16 ans ?

  • Speaker #5

    Après cinq semaines de tabac, j'ai dit ce mot-là.

  • Speaker #0

    Du coup, vous vous souvenez de votre dernière cigarette ?

  • Speaker #5

    Spécifiquement, non, mais je me souviens du moment où j'ai fumé. Parce que comme vous le voyez, je suis d'un grand âge. Et c'était au moment des Jeux de Munich. Oh, waouh ! Je crois que ça devait être en 72. Je vous crois. Vous n'étiez pas nés. Et voilà.

  • Speaker #0

    Alors, on prononce Ducarosse ou Ducarose ?

  • Speaker #6

    Nilo Nilo, Ducarot.

  • Speaker #0

    Bonjour Simon, Ducarot. Du coup, comme vous avez fait une thèse, donc on vous appelle docteur ?

  • Speaker #6

    Personne ne m'appelle docteur. Mais oui. C'est mon titre.

  • Speaker #1

    Et pour terminer, mon interview numéro 5, Simon Ducarot. Donc docteur. Lui, il a fait une thèse sur le tabac. Son sujet ? J'étais pas prête. Passionnant. Je le laisse en parler.

  • Speaker #0

    Je suis impressionnée. On ne se rend pas assez compte à quel point beaucoup de gens travaillent sur le tabac, autour du tabac. Et je trouvais ça hyper intéressant que vous nous expliquiez ce que vous faites.

  • Speaker #6

    Alors. Moi, ce que je fais très spécifiquement, je suis épidémiologiste social, donc je m'intéresse à la distribution des facteurs qui influencent le tabagisme. Très spécifiquement, ce qui m'intéresse, c'est le tabagisme dans les populations migrantes en France, pourquoi elles fument, et en comprenant ce pourquoi, on trouve les leviers d'intervention ou les freins qui bloquent le recours au sevrage spécifiques à ces populations. Comme ce sont des freins spécifiques, c'est aussi... Et une des raisons pour lesquelles la prévention en population générale ne fonctionne pas dans ces populations. Donc ça, c'est un vrai enjeu d'équité de la prévention. En fait, la prévention, ça ne marche pas pareil chez tout le monde. Et en comprenant pourquoi les gens fument, pourquoi ils voudraient arrêter, pourquoi ils veulent continuer, parce que ça maintient un lien social ou autre, c'est en comprenant ça qu'on arrive à faire une prévention efficace et qui fonctionne chez tous. C'est un petit peu dommage de laisser de côté une frange de la population parce qu'elle fume pour des raisons différentes.

  • Speaker #0

    C'est étonnant ça. Du coup, est-ce que vous auriez une information improbable dont on ne se doute pas par rapport aux recherches que vous avez faites ?

  • Speaker #6

    Pour être un petit peu taquin, je dirais que dans les leçons apprises dans mes travaux de recherche, c'est par exemple que les médecins sont trop gentils. What ? Les médecins qui vont avoir une patientelle migrante qui fume. Ce qu'on a vu en entretien qualitatif, vont souvent avoir cette posture très bienveillante, entre guillemets, dire qu'ils ont d'autres problèmes, ils ont d'autres choses prioritaires dans leur vie, du coup on ne va pas les embêter, on va leur laisser ce petit plaisir, ce petit confort. Donc il y a une perte d'opportunité dans le conseil au sevrage. On ne parle pas d'un accompagnement, on parle d'une intervention brève, de juste... vous en êtes où avec la cigarette, est-ce que vous avez envie d'arrêter et éventuellement de les adresser à un autre professionnel qui lui a le temps. Et donc, c'est perte de chance à cause de l'apparente bienveillance d'Espagnans. Et c'est assez intéressant.

  • Speaker #0

    La plupart des gens que j'ai interrogés aujourd'hui ont écrit un livre sur le tabac. C'est quoi le titre de votre livre ?

  • Speaker #6

    Moi, je n'ai pas envie d'écrire de livres. Mon objectif de carrière, ce n'est pas de remplir des bibliothèques, c'est plutôt de faire des résultats qui servent à améliorer réellement la santé des populations. Donc, c'est un enjeu, c'est faire de la recherche interventionnelle, c'est de comprendre pourquoi une intervention efficace, quels sont les leviers, et produire une recherche qui serve à combler ce trou et pas uniquement à caler des bibliothèques. Mais peut-être que j'aurai un livre là-dessus un jour.

  • Speaker #0

    Non, mais vous avez fait une thèse, c'est un peu comme un livre.

  • Speaker #6

    Oui, mais un livre qui est désagréable à lire.

  • Speaker #0

    Vous pouvez quand même nous partager le titre ?

  • Speaker #6

    Alors, le titre en français, parce qu'elle est écrite en anglais, c'est Le tabagisme et les cancers liés au tabac chez les migrants en Europe

  • Speaker #0

    Est-ce que c'est une question intime de vous demander c'est quoi votre lien aux migrants pour que ce soit quelque chose qui soit une continuité ?

  • Speaker #6

    J'adore cette question. De manière assez curieuse... on s'attendrait justement à avoir un lien. Et finalement, ce serait comme si ce serait une justification. Si j'avais moi-même un profil migratoire, ça justifierait mon intérêt pour la question. Et non, malheureusement, suisse quatrième génération,

  • Speaker #0

    je ne suis pas... Ah oui, voilà ! ...beaucoup.

  • Speaker #6

    Mais non, vraiment une question d'équité dans la prévention, l'accès aux soins, et puis face à la mortalité liée au tabac.

  • Speaker #0

    Vous vous êtes rendu compte qu'il y avait une niche, en tout cas qu'il n'y avait pas assez d'informations dans ce domaine-là, donc vous y êtes allé.

  • Speaker #6

    Oui, suffisamment rien pour qu'on puisse nous... Dans une première étape, il y a une quinzaine d'années en commençant, il fallait justifier de pourquoi tu fais ça, c'est pas un peu bizarre, c'est pas un peu discriminatoire. Et il y a cette citation qui dit, je vais mal le citer, de...

  • Speaker #0

    Beau montage si tu veux.

  • Speaker #6

    Si on ne connaît pas... une inégalité, elle n'existe pas. Ou dit autrement, il faut d'abord la décrire. Si on la décrit, ça ne suffit pas, mais c'est indispensable pour pouvoir faire quelque chose sur ce problème-là.

  • Speaker #0

    Est-ce qu'il y a quelque chose que vous voulez rajouter ?

  • Speaker #6

    Sur la première remarque, de toutes ces forces dans la recherche sur le tabac, les professionnels, la prévention, de toutes les bonnes volontés pour lutter contre ce fléau qu'est le tabac. En fait, en France, on a encore un niveau d'exposition, un niveau de consommation dans les différents sous-groupes de population qui est très élevé par rapport aux pays similaires. Et pourtant, on a plein de bonnes volontés. Donc, l'importance de structurer, fédérer toutes ces bonnes volontés, pour moi, c'est un objectif capital.

  • Speaker #0

    Merci. Est-ce qu'on t'a déjà dit que vous manquiez pas d'air ?

  • Speaker #6

    Je crois que je vais l'entendre bientôt.

  • Speaker #0

    Merci beaucoup. Je ne vous ai pas interviewé, vous avez envie de dire une phrase ?

  • Speaker #2

    Si, si, si !

  • Speaker #0

    En anonyme ! Bon, Maria... Ah non, non, anonyme !

  • Speaker #2

    Non mais dis-moi toi, qu'est-ce que tu penses du colloque ? Quel a été ton avis ?

  • Speaker #0

    J'ai trouvé ça hyper intéressant, hyper vivant. J'étais contente de voir... En fait, je suis hyper touchée de me rendre compte à quel point il y a une armée de gens qui se lèvent le matin pour lutter contre le tabac. et contre toute forme de nicotine, d'addiction, de cette addiction qui n'est pas à la mode dans tous les sens du terme. Et donc, je suis vraiment émue. J'ai fait des très belles rencontres. Tout le monde est hyper passionné par ce qu'il fait. C'est impressionnant. Les gens sont plutôt joyeux, bon enfants. Ils ont vraiment à cœur de faire avancer les choses. Et je trouve qu'on ne leur rend pas assez justice pour plein de raisons qu'on peut s'en douter. Et du coup, je suis très heureuse d'avoir pu participer à cette journée. Donc, j'ai hâte d'en refaire une bientôt et surtout de monter cet épisode. Merci beaucoup.

  • Speaker #2

    Merci à toi.

  • Speaker #0

    Merci.

  • Speaker #2

    J'aime les bonnes réactions,

  • Speaker #0

    tu vois. Ouais, génial. Bien vu. Quoi ?

  • Speaker #2

    Je vais dans la radio. Ah ouais,

  • Speaker #0

    je m'en fends.

  • Speaker #2

    Merci, au revoir.

  • Speaker #0

    Au revoir.

  • Speaker #2

    Merci beaucoup à toi de venir, d'avoir cette initiative. C'est sympa que tu montres les gens qui font ça d'un bon angle. On n'est pas tous des connards.

  • Speaker #0

    Oui, c'est ça. Je suis vraiment contente d'avoir pris le micro. Merci, salut.

Description

🤖 Portrait-robot du Mois sans tabac :

 

Nom : Moi(s) sans tabac

Naissance : 1er novembre 2016

Mes parents : Santé public France et l’Assurance Maladie

Mon grand frère : Tabac Info Service

Déclic : Marisol Touraine, Ministre des Affaires Sociales et de la Santé

Défis : 30 jours sans tabac

Infos wtf : je distribue des pochettes surprises gratuites en pharmacie

 ✨

Nous sommes en Novembre est-ce que vous savez ce que ça signifie pour la France qui fume et qui veut arrêter ?

Oui je m’adresse à « la-France-qui-fume-et-qui-veut-arrêter »

 

Quoi tu crois qu’ils sont genre 9 ?

9000 ?

9 cent mille ?

Bon allez je vous donne le vrai chiffre : ils sont 9 millions

Enfin vous êtes 9 millions


Libre aux 7 millions restants qui « veulent » continuer de fumer c'est ok hein – Mais bon sang les autres les 9 millions d’autres qui veulent arrêter de fumer comment on fait ?! Beh voilà : la bonne nouvelle c'est que NOVEMBRE c'est pour vous !

 

Vous connaissez le Dry January ? Quand on boit pas de tout le mois de janvier. Si vous ne connaissez pas renseignez-vous c'est sympa : c'est les Britishs qui ont inventé ça en 2013.

Et beh Novembre même concept version française pour le tabac – enfin contre – depuis 2016 par le Ministère de la Santé.

 

Ministère de la Santé : Lieu où je me suis retrouvée le mois dernier lors d’un colloque sur le doss du tabac – bon je vais pas dire que j’étais là par hasard mais en vrai un peu.

J’avais l’impression d’être une touriste avec mon podcast décalé et mon bouquin drôle sur l’arrêt du tabac face à tous ces grands pontes qui se lèvent chaque matin et pour la plupart depuis des décennies pour combattre les méchants du tabac et aider ceux qui en souffrent.


Mais au final j’ai réussi à choper 5 personnes qui avaient des CV à rallonge de prof-universitaire-médecin-docteur-ès-trucs-auteur-etc bref des combattants qui se lèvent tous les matins pour trouver des solutions contre la consommation nuisible de cette fichue plante addictive -


dont voici l’épisode !

Bonne écoute !

 

Invités :

Professeur Docteur Bertrand Dautzenberg

Professeur Docteur Loïc Josseran

Docteur Nathalie Lajzerowicz

Professeur Docteur Vincent Durlack,

Docteur ès Simon Ducarroz

 

Freddie Seng  |  montage et mixage  |  https://www.instagram.com/freddie.seng/profilecard/?igsh=ZXBiNzQwYTM1Zml3

Eugénie Florentin | Lanterne Digitale, Sociale Media Manager | https://www.instagram.com/lanterne.digitale?igsh=dW80YTliYzM1MzZq

____

Insta  |  @tumanquespasdair www.instagram.com/tumanquespasdair/

Livre  | « Apprivoiser son impérieuse envie de fumer », Astrid Malone, éditions Eyrolles.

Facebook  |  Tu manques pas d’air

YouTube  |  Tu manques pas d’air

LinkedIn  |  Astrid Malone

Mail : tumanquespasdairpodcast@gmail.com


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Salut,

  • Speaker #1

    nous sommes en novembre.

  • Speaker #0

    Est-ce que vous savez ce que ça signifie pour la France qui fume et qui veut arrêter

  • Speaker #1

    Oui, je m'adresse à la France qui fume et qui veut arrêter Quoi, tu crois qu'ils sont genre 9 ou 9 000 ? Ou allez, 900 000 ? Eh ben non,

  • Speaker #0

    ils sont

  • Speaker #1

    9 millions. Enfin, vous êtes 9 millions en France à vouloir arrêter de fumer.

  • Speaker #0

    Franchement, j'en chialerais. En vrai,

  • Speaker #1

    ça me rend triste et je ressens beaucoup de colère. Et d'injustice. et de compassion. Libre à ceux qui veulent continuer de fumer,

  • Speaker #0

    c'est ok.

  • Speaker #1

    Mais bon sang, les autres, les 9 millions d'autres qui veulent arrêter de fumer. Bon, et bien voilà, la bonne nouvelle, c'est que novembre,

  • Speaker #0

    c'est pour vous.

  • Speaker #1

    Vous connaissez le dry january, quand on ne boit pas de tout le mois de janvier. Si vous ne connaissez pas, renseignez-vous, c'est sympa. C'est les british qui ont inventé ça, en 2013. Et bien novembre, même concept, version française, pour le tabac.

  • Speaker #2

    Enfin, con.

  • Speaker #1

    depuis 2016 par le ministère de la Santé.

  • Speaker #0

    Ministère de la Santé, lieu où je me suis retrouvée le mois dernier lors d'un colloque sur le dos du tabac.

  • Speaker #1

    Bon, je ne vais pas dire que j'étais là par hasard, mais en vrai un peu.

  • Speaker #0

    J'avais l'impression d'être une touriste avec mon podcast décalé et mon bouquin drôle sur la raie du tabac, face à tous ces grands pontes qui se lèvent chaque matin et pour la plupart depuis des décennies, pour combattre les méchants du tabac et aider ceux qui en souffrent.

  • Speaker #1

    Bref, journée.

  • Speaker #0

    passionnantes pour voir comment se mettent en place les nouvelles lois,

  • Speaker #1

    notamment autour des nouveaux espaces publics libérés du tabac. Et à la fin de la journée, pendant les questions,

  • Speaker #0

    j'ai demandé le micro de la salle de conf en disant

  • Speaker #1

    Alors, moi,

  • Speaker #0

    je n'ai pas de questions, mais j'ai un micro pour vous interviewer tout à l'heure. Donc, n'hésitez pas à me fuir si vous ne voulez pas, je vous pose des questions parce que j'ai envie d'interviewer tout le monde dans cette salle. Je crois que j'ai fait ma relou. Ils vont peut-être me bannir au prochain colloque. Mais donc, j'ai réussi à choper 5 personnes qui avaient des CV à rallonge de profs universitaires,

  • Speaker #1

    médecins,

  • Speaker #0

    docteurs, auteurs,

  • Speaker #1

    bref,

  • Speaker #0

    des combattants de cette fichue plante addictive.

  • Speaker #1

    Dont voici l'épisode.

  • Speaker #0

    Bonne écoute !

  • Speaker #2

    C'est bon un selfie ?

  • Speaker #0

    C'est bon tout le coup. Merci de rire !

  • Speaker #2

    Attends, déjà, il faut le voir, oui. Je te laisse interviewer tes picole, moi je pense que j'ai fini.

  • Speaker #0

    Ok, trop bien. Trop cool, bonsoir. Oui, à bientôt. Bonjour.

  • Speaker #3

    Oui,

  • Speaker #4

    j'ai regardé vos posts, je ne connaissais pas, mais je ne sais pas ce que vous dites vous, mais ça a l'air joyeux. Moi j'avais écrit un petit livre sur le plaisir d'arrêter de fumer.

  • Speaker #0

    Ah c'est vrai, le plaisir d'arrêter de fumer.

  • Speaker #1

    Alors lui c'est mon interview numéro 1. C'est le grand prêtre du sevrage tabagique. Le grand-père aussi. Il s'appelle Bertrand Todtsberg, il est médecin et professeur de pneumologue à la PITIS Alpêtrière. Il dit qu'il est là à la retraite, mais il est sur tous les fronts et dans toutes les assos. On peut même le consulter sur Doctolib. Bref, dans ce combat tabagique, il ne lâche rien.

  • Speaker #4

    Et donc le plaisir d'arrêter de fumer, c'est pour moi l'essentiel. C'est-à-dire qu'il faut voir pourquoi les gens sont heureux, pas heureux. Et la plupart des fumeurs, ils voudraient bien être non-fumeurs. Et si on les traite comme il faut, ça va bien. Donc moi, je consulte sur Doctolib. Je suis un vieux monsieur retraité de pneumologue de la Pitié. Et donc, d'abord, je les écoute. Je vois ce qu'ils veulent. Je ne les engueule pas. Je leur dis que ce n'est pas de leur faute qu'ils sont victimes. Et je leur apprends pendant une semaine à être gentil avec leur corps, à faire ce qu'il vaut pour donner à son corps ce qu'il faut comme nicotine. Et je leur dis que quand on est gentil avec soi-même, c'est beaucoup plus facile après d'arrêter de fumer. Et au bout d'une semaine, ils fument deux ou trois fois moins. Ils se disent, tiens, c'est bizarre. Ce que je marque sur mon ordonnance, fumez autant que vous voulez, faites aucun effort pour ne pas fumer, pour que ce soit clair, que ce soit juste se faire du bien en prenant la nicotine qu'il faut. Et après, ça se passe bien, parce qu'une fois qu'ils ont vu qu'on était gentils et qu'on était gentils avec soi-même, on fumait moins, ça s'arrête.

  • Speaker #0

    Ça doit les surprendre que vous disiez ça ?

  • Speaker #4

    Ça les surprend, mais ils sont tous très heureux. Et le fait de le message dire aux gens d'être gentils avec eux-mêmes, il y en a plein qui partent sur... les histoires d'obésité, de viol et d'autres choses. J'essaie de rester focus sur mon système. Mais on apprend trop aux gens qui sont des méchants, qui ne sont pas bien, qui sont nuls. Et quand on explique aux gens qui ne sont pas mal, qui ont une maladie, le plus souvent, c'est des maladies qu'ils ont accrées quand ils étaient enfants. La tabagie, c'est une maladie chronique, le plus souvent pédiatrique. Une maladie qui est incurable, malheureusement. Mais on peut mettre en remission complète pour 40, 50 ou 60 ans, puis après. Moi, je suis assez partisan de la vape, qui est un produit agréable pour arrêter de fumer. C'est le produit le plus utilisé par les Français. 15% des gens qui veulent arrêter de fumer en France prennent la vape, 10% prennent des substituts nicotiniques, 5% tabac infoservices et les restes se démerdent.

  • Speaker #0

    Est-ce qu'on peut trouver votre livre en librairie ?

  • Speaker #4

    Oui, la FNAC est partout, 2,95 euros, c'est vraiment pour le faire. J'ai un petit site internet, bdots.fr. B, c'est la première lettre de mon prénom et dots, c'est le début de mon nom.

  • Speaker #0

    Merci, on mettra toutes les informations en ligne. Merci beaucoup.

  • Speaker #2

    Il faut que je vous envoie mon livre.

  • Speaker #0

    Oui, alors rappelez-moi le nom de votre livre.

  • Speaker #2

    Ma cigarette, pourquoi je t'aime, comment je te quitte, elle.

  • Speaker #1

    Mon interview numéro 2, c'est Nathalie Lazerovic, Lazerovic comme ça se prononce, L-A-J-Z-E-R-O-W-I-C-Z. Elle est médecin-dictologue à l'hôpital suburbain du Bousca à Bordeaux. Elle est trop sympa, et elle est sur tous les fronts aussi, et elle a écrit un livre aussi, Ma cigarette, pourquoi je t'aime, comment je te quitte, édition de BOEC 2022.

  • Speaker #2

    En fait, trop souvent, on dit, pourquoi je dois te quitter ? La cigarette porte des bénéfices ultérieurs, assez lointains. Et finalement, comment je fume ? Est-ce que je suis dépendant ? Combien je fume ? Ce ne sont pas les bonnes questions. Les bonnes questions, c'est pourquoi on est si attaché au tabac ? Et finalement, comment concrètement il faut faire pour s'en défaire ? Et si on n'explique pas à la personne les tenants et aboutissants de sa problématique addictive, on ne peut que mener à la culpabilisation, l'incompréhension de la personne, de sa propre problématique. Donc l'apprendre comme une personne capable de comprendre à part entière, c'est déjà la respecter, c'est le minimum. Ce livre recueille 300 verbatims de patients que j'ai collectés au fil des années, pour recueillir leurs appréhensions, leurs doutes. mais aussi leur joie de ce parcours, leur fierté d'avoir réussi à s'arrêter de fumer. Et c'est extrêmement instructif. Et j'en ai fait même des publications ultérieurement, parce que c'est très intéressant d'entendre ce que les gens ont à dire sur leur parcours vers l'arrêt du tabac.

  • Speaker #0

    Génial, j'ai hâte de lire ça. Merci. Est-ce que vous pouvez nous rappeler votre nom et votre fonction ?

  • Speaker #2

    Je suis Nathalie Lazerovic, je suis médecin addictologue à l'hôpital suburbain du Bousca, qui vient d'être labellisé argent pour le lieu de santé sans tabac. Notre action phare a été de former l'ensemble du personnel, administratif, soignant, infirmier, manipulateur radio, à l'abord du patient hospitalisé, l'abord du patient hospitalisé avec bienveillance. et compréhension.

  • Speaker #0

    Génial, merci. Est-ce que vous auriez une anecdote drôle ou improbable à raconter en lien avec le sevrage tabagique ?

  • Speaker #2

    Oui, alors, ma patiente la plus âgée avait 84 ans. Wow ! C'était son premier sevrage de sa vie. Et elle m'a dit la plus belle chose qui me soit arrivée dans ma vie, c'est d'avoir arrêté de fumer.

  • Speaker #0

    C'est pas vrai ?

  • Speaker #2

    C'est merveilleux.

  • Speaker #0

    Merci pour l'anecdote. À bientôt. À bientôt. Bonjour, est-ce que vous aurez quelque chose à témoigner en anonyme ou pas anonyme ?

  • Speaker #3

    De quel point de vue ?

  • Speaker #0

    Ce que vous auriez envie de dire, raconter, même une anecdote improbable, c'est toujours ça de pris, sur le tabac.

  • Speaker #3

    Ah, sur le tabac.

  • Speaker #0

    sur l'arrêt du tabac.

  • Speaker #1

    Lui, mon interview numéro 3, c'est Loïc Josserand. Il parle beaucoup. On l'adore. Il est évidemment comme tout le monde ici, sauf moi, docteur et professeur. Et même, il fait plein d'autres trucs que doctoré et professoré. Genre, entre autres, être président de l'Alliance contre le tabac. Mais en revanche, il n'a pas écrit sur le tabac. Je crois que c'est le seul de cette assemblée.

  • Speaker #3

    Oui, l'arrêt du tabac. Moi, j'ai longtemps fait du sevrage. J'ai un exemple. qui me marque et qui, je pense, me marquera aduitam aeternam et que je recite. Et donc, je vais vous en parler de façon très régulière et qui, je pense, illustre la difficulté et les risques. Je faisais du sevrage en maternité. Et je vois un jour arriver une femme plus âgée, qui m'est vraiment plus âgée, et qui commence à me raconter son histoire. Et son histoire était assez simple, elle a arrêté de fumer quand elle a eu sa fille. Elle avait alors 24 ans, et elle a marié sa fille 24 ans plus tard. Et pour célébrer le mariage de sa fille, elle a refait une clope, et elle est retombée dedans instantanément. Donc, la moralité de cette histoire, c'est que malheureusement, on ne redevient jamais non-fumeur. On reste ex-fumeur et il faut toujours, toujours, toujours rester vigilant et ne jamais retomber dedans, quelle que soit la bonne raison. qu'on puisse imaginer pour fêter ça avec une clope, ce sera in fine une mauvaise situation.

  • Speaker #0

    On vous appelle docteur Loïc Josserand ou professeur Loïc Josserand ?

  • Speaker #3

    On m'appelle comme on veut, professeur ou docteur, c'est pareil.

  • Speaker #0

    Et est-ce que vous êtes le monsieur anti-tabac autour de vous, donc les gens n'osent pas fumer devant vous ?

  • Speaker #3

    Ah non, absolument pas. Mon combat, ce ne sont pas les fumeurs. Le fumeur, dans cette histoire-là, j'en vois un petit mot, merci.

  • Speaker #0

    Si on coupera ça au montage, bisous.

  • Speaker #3

    Non, mais j'assume tout. Non, non, non, mon problème, ce n'est pas le fumeur. Au contraire, le fumeur est une victime dans cette histoire-là et absolument pas le problème. Le problème, c'est l'industrie qui a manipulé et qui manipule des générations entières depuis maintenant plus d'un siècle pour leur faire croire que la liberté est dans le tabac, le glamour est dans le tabac, la virilité est dans le tabac. D'ailleurs, c'est probablement un des seuls produits qui arrive à marier autant les... les incompatibles que sont le glamour et la virilité. Voilà, donc ça n'est qu'un tissu de mensonge depuis un siècle. Donc le seul objectif est d'arriver en permanence à attraper des jeunes pour les faire consommer leurs produits pendant les 20 ou 30 prochaines années, à les jeter ensuite comme des vieux Kleenex quand ils auront été essorés jusqu'au bout en termes financiers et à aller pêcher de nouvelles victimes toujours plus jeunes. dans leur filet. C'est une industrie mafieuse, c'est une industrie sans aucun respect de la vie humaine, sans aucun respect de l'environnement, sans aucun respect de personne. Elle paye les ressources naturelles sur les lieux de production, elle détruit la jeunesse des jeunes qui sont dans des champs de tabac, elle détruit la jeunesse des pays où ce tabac est consommé. Bref, ça n'est que mort et destruction. Donc mon problème, ça n'est pas le fumeur. Le fumeur est une victime, je le répète, et j'en suis intimement convaincu. J'ai des amis qui fument, j'ai un fils qui fume, j'ai... Voilà, donc je sais ce que c'est, j'ai pas de problème avec ça. Mon problème, c'est l'industrie, et l'industrie seulement.

  • Speaker #0

    Alors on pourrait dire que votre combat, ce pour quoi vous vous levez le matin, c'est justement de protéger les victimes et d'aller à l'encontre de ces industries ?

  • Speaker #3

    Mon leitmotiv, c'est de démonter cette industrie. Voilà, mon objectif, c'est de sortir de... sortir du jeu cette industrie, les lobbies qui sont derrière, parce que c'est absolument intolérable. Il est intolérable de marcher comme ça sur la santé, sur la vie humaine, au seul bénéfice d'un intérêt financier et de l'intérêt financier de quelques-uns seulement. Parce que là, on est en train de parler de quelques centaines de personnes qui en tirent des profits au niveau international. Donc c'est absolument honteux et inacceptable. Et j'en veux terriblement. À tous les gouvernements, à commencer par le gouvernement français. Je n'ai pas peur, ça ne me pose aucun problème. On dénonce ! De la passivité et de la tolérance qui existent face à l'industrie du tabac. Quand je vois des lobbies qui sont reçus par des politiques, qui sont écoutés par des politiques, derrière chaque lobby, il y a des morts. Et il y a des morts, tout simplement.

  • Speaker #0

    Mais qu'est-ce qu'on peut faire, nous, fumeurs, anciens fumeurs, qui voulons lutter contre ça, à notre petite échelle ?

  • Speaker #3

    Le dénoncer, le savoir, le dénoncer, le partager, ne pas se laisser enfermer dans des discours qui tendent à expliquer qu'un buraliste, c'est un gentil commerçant au coin de la rue. Le buraliste est un commerçant qui représente l'industrie du tabac, ni plus ni moins. Il tire une grosse partie de ses revenus de l'industrie du tabac par la vente du tabac. Donc, il n'a d'autre objectif que d'en vendre toujours un peu plus. Donc, ça n'est pas un commerçant classique. Ça n'est pas un commerçant classique. Voilà, c'est tout. Il faut en parler, il faut en parler à son député, il faut en parler à son maire, parce que c'est partout et que partout on doit avoir des espaces sans tabac, les généraliser, sortir ce produit de consommation, expliquer aux plus jeunes la façon dont on tombe dans un piège. Il ne s'agit pas de les culpabiliser, il s'agit de leur expliquer qu'ils sont complètement piégés, ils se font piéger dans quelque chose qui les dépasse quand ils sont jeunes. Et à nouveau, je ne prône absolument pas la culpabilité, il ne faut pas leur... parler de mort quand on a 15 ans, quand on commence à fumer, la mort c'est très loin et même si on te dit tu vas mourir plus tôt parce que tu fumes, le plus tôt est quand même extrêmement confus. En revanche, expliquer qu'à l'autre bout de la planète il y a quelqu'un qui ne va pas aller à l'école, qui ne fera jamais d'études, qui va mourir à 25 ans parce qu'il a planté du tabac dans un champ, qu'on a pillé des ressources, que la pollution générée par cette industrie est l'équivalent de celle d'un pays comme le Pérou, que... Ça tue la vie marine et in fine, ça détruit la vie à la surface de la planète, tout simplement. Donc cette dimension environnementale est probablement aussi une des dimensions très méconnues, mais probablement aussi à mettre en avant de façon très forte.

  • Speaker #0

    J'ai une dernière question avant de vous laisser, parce que j'ai l'impression qu'il y avait plein de personnes qui voulaient discuter avec vous et qui sont parties. Est-ce que vous pouvez nous donner un peu d'espoir de nous montrer que quand même, il y a des choses qui évoluent, que les lois, ça finit par avancer ? Parce que j'ai eu l'occasion d'interviewer un ancien employé, c'est un des cigarettiers. Et lui, il disait que l'État ne fait rien et que les industriels du tabac gagneront. Donc comment est-ce que... On peut quand même trouver de l'espoir dans ce que l'État fait, on peut quand même y croire. Est-ce que vous avez vu des changements majeurs ces derniers temps ?

  • Speaker #3

    Oui, il y a des évolutions. Il y a la prévalence des fumeurs jeunes, notamment, baisse en France depuis maintenant un certain nombre d'années. Là où il y a... Donc ça, c'est un élément positif. Il y a une baisse de la consommation en France, il y a une baisse de la consommation du nombre de cigarettes aussi parfumeurs, donc ce n'est pas non plus complètement neutre. Il y a néanmoins, au-delà de ces réussites, on a réussi à faire interdire la PEUF, par exemple, qui était quand même un vrai problème parmi les jeunes, mais ce n'est que l'arbre qui cache la forêt. Là, je reviens dans un côté un peu plus pessimiste, ou en tout cas très réaliste. Il y a des nouveaux produits qui arrivent en permanence. Il y a des nouvelles façons de consommer des produits addictifs. Et maintenant, il ne faut d'ailleurs plus parler seulement du marché du tabac. Il faut parler du marché de la nicotine. Le vrai souci, il est là. Et donc, en réalité, c'est un marché avec dessus un certain nombre d'intervenants qui sont soit directement issus du monde du tabac, soit plutôt issus du monde de la vape, par exemple, mais qui ont cette capacité à produire de nouveaux produits, à inventer et à mettre sur le marché de nouveaux produits en permanence. Et on voit très bien que ces consommateurs, et notamment les plus jeunes, vont rentrer en consommant un de ces produits et puis ensuite vont piocher en fonction de leurs envies dans ces différents produits qui sont mis à leur disposition. Alors certains sont, comme le tabac, ne sont pas entre guillemets propres. D'autres paraissent propres, comme les nicopoutches par exemple, mais quand on finit sans dents et dentés avec...

  • Speaker #0

    Quel enfer !

  • Speaker #3

    Donc voilà, il n'y a pas de produit sain utilisant de la nicotine, du tabac. Tout ça, ça n'est qu'une vaste fumisterie et une invention de ces industriels. à nouveau pour aller chercher les plus jeunes le plus tôt. Et on sait que plus on va consommer d'eau, plus on sera addict longtemps. Donc, il est de l'intérêt de ces industriels d'aller les chercher très vite, très fort pour les garder longtemps. Et après, ils seront sur un marché où ils vont jongler entre les perles de nicotine d'un côté, les nicopoules de l'autre, la clope un coup, une cigarette électronique, une 9K de l'autre, etc. Et on ne s'en sortira pas et on restera là-dedans.

  • Speaker #0

    Et j'ai interviewé que des gens qui avaient... aussi écrit un livre sur le tabac.

  • Speaker #3

    Moi, je n'ai pas écrit de livre sur le tabac. Bientôt ? Pourquoi pas, mais ça ne fait pas partie de mes objectifs. Je n'ai rien à vendre.

  • Speaker #0

    Merci beaucoup.

  • Speaker #3

    À bientôt.

  • Speaker #5

    Moi, je suis Vincent Durnaz. Je suis prof à la fac de Reims et je suis responsable de l'unité d'aide au sauvage tabagique et puis impliqué dans les projets L'Ue Santé Sans Tabac, Campus Santé Sans Tabac. Voilà. J'ai entendu ce que vous aviez dit sur votre... Votre blog ?

  • Speaker #1

    Mon interview numéro 4, il est parfait. Il se présente d'emblée, c'est carré, Vincent Durlac, professeur à la fac de Reims, mais pas que. Et il va donner une info hyper intéressante sur le tabac et le diabète.

  • Speaker #5

    Moi ça m'intéresse, je ne le connais pas, donc j'imagine qu'il est facile à trouver.

  • Speaker #0

    Tuercode.

  • Speaker #5

    Tuercode,

  • Speaker #0

    super. C'est un autocollant, soit vous le collez sur un cendrier public, soit vous le mettez sur votre frigo. En plus, j'ai grandi à Reims.

  • Speaker #5

    C'est vrai ? C'est drôle ça. Est-ce que vous voudriez venir ou communiquer avec nous un moment ou un autre sur le mois sans tabac ? Moi je cherche tous les éclairages autour de tabagisme, prise en charge du sevrage et qu'il soit un peu ludique, un peu joyeux, pas répressif et autres. J'imagine que c'est dans l'esprit de ce que vous avez fait. Donc à ce moment-là, et là il y a vos coordonnées ?

  • Speaker #0

    Alors il y a mes coordonnées, il y a, donc je suis principalement sur Insta mais vous me trouvez aussi sur LinkedIn. Il y a aussi dans le QR code mon livre, parce que j'ai écrit un livre sur le tabac, comme à peu près tout le monde ici. Est-ce que vous avez écrit un livre sur le tabac ? Non,

  • Speaker #5

    je suis un simple docteur, vous savez moi. Je n'écris pas. J'écris des articles scientifiques.

  • Speaker #0

    Vous avez écrit des articles scientifiques sur le tabac ?

  • Speaker #5

    Sur le tabac, oui.

  • Speaker #0

    Génial, ça m'intéresse.

  • Speaker #5

    Mon domaine d'expertise, c'est le tabac et le diabète.

  • Speaker #0

    Où est-ce qu'on peut trouver les articles sur le tabac ?

  • Speaker #5

    Je pourrais vous les envoyer, mais si vous tapez tabagisme et diabète et vous ne tapez pas mon nom, je ne l'ai plus là. Durlach, ça s'écrit D-U-R-L-A-C-H, Vincent Durlach, et avec la SFT, la Société Francophone de Tabacaux et de Diabétos, parce que moi je suis diabétologue et tabacologue, on a fait un document de consensus, on a écrit des recommandations, pour vous dire les choses simplement, ce que plein de soignants ne savent pas, c'est que le tabac favorise le diabète, donc il est diabétogène, petit a, ça personne le sait, ou très peu, de soignants, et deuxièmement, la première cause de mortalité chez les diabétiques, C'est pas le chiffre de sucre, la glycémie, c'est pas le niveau de tension artérielle ou de cholestérol, c'est le tabac. C'est la première chose qui pue les diabétiques.

  • Speaker #0

    Waouh ! Je ne savais pas.

  • Speaker #5

    Et donc du coup, si vous voulez, depuis deux ans, on travaille avec les professionnels de santé, les sociétés savantes, pour faire passer ce message et expliquer que les 410 000 diabétiques fumeurs en France sont très insuffisamment pris en charge, comme beaucoup d'autres fumeurs du reste, mais ceux-là risquent de mourir beaucoup plus vite. et de faire des tas de complications qui sont liées à l'association qui est mortifère du tabac et du diabète. Donc voilà, ça c'est des choses sur lesquelles j'ai écrit des articles. Après, non, je n'ai pas écrit de livre. C'est mon expérience de mon sevrage à 16 ans.

  • Speaker #0

    À 16 ans ?

  • Speaker #5

    Après cinq semaines de tabac, j'ai dit ce mot-là.

  • Speaker #0

    Du coup, vous vous souvenez de votre dernière cigarette ?

  • Speaker #5

    Spécifiquement, non, mais je me souviens du moment où j'ai fumé. Parce que comme vous le voyez, je suis d'un grand âge. Et c'était au moment des Jeux de Munich. Oh, waouh ! Je crois que ça devait être en 72. Je vous crois. Vous n'étiez pas nés. Et voilà.

  • Speaker #0

    Alors, on prononce Ducarosse ou Ducarose ?

  • Speaker #6

    Nilo Nilo, Ducarot.

  • Speaker #0

    Bonjour Simon, Ducarot. Du coup, comme vous avez fait une thèse, donc on vous appelle docteur ?

  • Speaker #6

    Personne ne m'appelle docteur. Mais oui. C'est mon titre.

  • Speaker #1

    Et pour terminer, mon interview numéro 5, Simon Ducarot. Donc docteur. Lui, il a fait une thèse sur le tabac. Son sujet ? J'étais pas prête. Passionnant. Je le laisse en parler.

  • Speaker #0

    Je suis impressionnée. On ne se rend pas assez compte à quel point beaucoup de gens travaillent sur le tabac, autour du tabac. Et je trouvais ça hyper intéressant que vous nous expliquiez ce que vous faites.

  • Speaker #6

    Alors. Moi, ce que je fais très spécifiquement, je suis épidémiologiste social, donc je m'intéresse à la distribution des facteurs qui influencent le tabagisme. Très spécifiquement, ce qui m'intéresse, c'est le tabagisme dans les populations migrantes en France, pourquoi elles fument, et en comprenant ce pourquoi, on trouve les leviers d'intervention ou les freins qui bloquent le recours au sevrage spécifiques à ces populations. Comme ce sont des freins spécifiques, c'est aussi... Et une des raisons pour lesquelles la prévention en population générale ne fonctionne pas dans ces populations. Donc ça, c'est un vrai enjeu d'équité de la prévention. En fait, la prévention, ça ne marche pas pareil chez tout le monde. Et en comprenant pourquoi les gens fument, pourquoi ils voudraient arrêter, pourquoi ils veulent continuer, parce que ça maintient un lien social ou autre, c'est en comprenant ça qu'on arrive à faire une prévention efficace et qui fonctionne chez tous. C'est un petit peu dommage de laisser de côté une frange de la population parce qu'elle fume pour des raisons différentes.

  • Speaker #0

    C'est étonnant ça. Du coup, est-ce que vous auriez une information improbable dont on ne se doute pas par rapport aux recherches que vous avez faites ?

  • Speaker #6

    Pour être un petit peu taquin, je dirais que dans les leçons apprises dans mes travaux de recherche, c'est par exemple que les médecins sont trop gentils. What ? Les médecins qui vont avoir une patientelle migrante qui fume. Ce qu'on a vu en entretien qualitatif, vont souvent avoir cette posture très bienveillante, entre guillemets, dire qu'ils ont d'autres problèmes, ils ont d'autres choses prioritaires dans leur vie, du coup on ne va pas les embêter, on va leur laisser ce petit plaisir, ce petit confort. Donc il y a une perte d'opportunité dans le conseil au sevrage. On ne parle pas d'un accompagnement, on parle d'une intervention brève, de juste... vous en êtes où avec la cigarette, est-ce que vous avez envie d'arrêter et éventuellement de les adresser à un autre professionnel qui lui a le temps. Et donc, c'est perte de chance à cause de l'apparente bienveillance d'Espagnans. Et c'est assez intéressant.

  • Speaker #0

    La plupart des gens que j'ai interrogés aujourd'hui ont écrit un livre sur le tabac. C'est quoi le titre de votre livre ?

  • Speaker #6

    Moi, je n'ai pas envie d'écrire de livres. Mon objectif de carrière, ce n'est pas de remplir des bibliothèques, c'est plutôt de faire des résultats qui servent à améliorer réellement la santé des populations. Donc, c'est un enjeu, c'est faire de la recherche interventionnelle, c'est de comprendre pourquoi une intervention efficace, quels sont les leviers, et produire une recherche qui serve à combler ce trou et pas uniquement à caler des bibliothèques. Mais peut-être que j'aurai un livre là-dessus un jour.

  • Speaker #0

    Non, mais vous avez fait une thèse, c'est un peu comme un livre.

  • Speaker #6

    Oui, mais un livre qui est désagréable à lire.

  • Speaker #0

    Vous pouvez quand même nous partager le titre ?

  • Speaker #6

    Alors, le titre en français, parce qu'elle est écrite en anglais, c'est Le tabagisme et les cancers liés au tabac chez les migrants en Europe

  • Speaker #0

    Est-ce que c'est une question intime de vous demander c'est quoi votre lien aux migrants pour que ce soit quelque chose qui soit une continuité ?

  • Speaker #6

    J'adore cette question. De manière assez curieuse... on s'attendrait justement à avoir un lien. Et finalement, ce serait comme si ce serait une justification. Si j'avais moi-même un profil migratoire, ça justifierait mon intérêt pour la question. Et non, malheureusement, suisse quatrième génération,

  • Speaker #0

    je ne suis pas... Ah oui, voilà ! ...beaucoup.

  • Speaker #6

    Mais non, vraiment une question d'équité dans la prévention, l'accès aux soins, et puis face à la mortalité liée au tabac.

  • Speaker #0

    Vous vous êtes rendu compte qu'il y avait une niche, en tout cas qu'il n'y avait pas assez d'informations dans ce domaine-là, donc vous y êtes allé.

  • Speaker #6

    Oui, suffisamment rien pour qu'on puisse nous... Dans une première étape, il y a une quinzaine d'années en commençant, il fallait justifier de pourquoi tu fais ça, c'est pas un peu bizarre, c'est pas un peu discriminatoire. Et il y a cette citation qui dit, je vais mal le citer, de...

  • Speaker #0

    Beau montage si tu veux.

  • Speaker #6

    Si on ne connaît pas... une inégalité, elle n'existe pas. Ou dit autrement, il faut d'abord la décrire. Si on la décrit, ça ne suffit pas, mais c'est indispensable pour pouvoir faire quelque chose sur ce problème-là.

  • Speaker #0

    Est-ce qu'il y a quelque chose que vous voulez rajouter ?

  • Speaker #6

    Sur la première remarque, de toutes ces forces dans la recherche sur le tabac, les professionnels, la prévention, de toutes les bonnes volontés pour lutter contre ce fléau qu'est le tabac. En fait, en France, on a encore un niveau d'exposition, un niveau de consommation dans les différents sous-groupes de population qui est très élevé par rapport aux pays similaires. Et pourtant, on a plein de bonnes volontés. Donc, l'importance de structurer, fédérer toutes ces bonnes volontés, pour moi, c'est un objectif capital.

  • Speaker #0

    Merci. Est-ce qu'on t'a déjà dit que vous manquiez pas d'air ?

  • Speaker #6

    Je crois que je vais l'entendre bientôt.

  • Speaker #0

    Merci beaucoup. Je ne vous ai pas interviewé, vous avez envie de dire une phrase ?

  • Speaker #2

    Si, si, si !

  • Speaker #0

    En anonyme ! Bon, Maria... Ah non, non, anonyme !

  • Speaker #2

    Non mais dis-moi toi, qu'est-ce que tu penses du colloque ? Quel a été ton avis ?

  • Speaker #0

    J'ai trouvé ça hyper intéressant, hyper vivant. J'étais contente de voir... En fait, je suis hyper touchée de me rendre compte à quel point il y a une armée de gens qui se lèvent le matin pour lutter contre le tabac. et contre toute forme de nicotine, d'addiction, de cette addiction qui n'est pas à la mode dans tous les sens du terme. Et donc, je suis vraiment émue. J'ai fait des très belles rencontres. Tout le monde est hyper passionné par ce qu'il fait. C'est impressionnant. Les gens sont plutôt joyeux, bon enfants. Ils ont vraiment à cœur de faire avancer les choses. Et je trouve qu'on ne leur rend pas assez justice pour plein de raisons qu'on peut s'en douter. Et du coup, je suis très heureuse d'avoir pu participer à cette journée. Donc, j'ai hâte d'en refaire une bientôt et surtout de monter cet épisode. Merci beaucoup.

  • Speaker #2

    Merci à toi.

  • Speaker #0

    Merci.

  • Speaker #2

    J'aime les bonnes réactions,

  • Speaker #0

    tu vois. Ouais, génial. Bien vu. Quoi ?

  • Speaker #2

    Je vais dans la radio. Ah ouais,

  • Speaker #0

    je m'en fends.

  • Speaker #2

    Merci, au revoir.

  • Speaker #0

    Au revoir.

  • Speaker #2

    Merci beaucoup à toi de venir, d'avoir cette initiative. C'est sympa que tu montres les gens qui font ça d'un bon angle. On n'est pas tous des connards.

  • Speaker #0

    Oui, c'est ça. Je suis vraiment contente d'avoir pris le micro. Merci, salut.

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