- Stéphanie
Bonjour, c'est Stéphanie ! Bienvenue sur le podcast Tu Joues Ou Quoi, dédié à l'univers du jeu de société. Suivez-moi, je vous emmène dans les coulisses, à la rencontre des acteurs de ce monde très créatif. Cette semaine, je suis en compagnie d'une jeune autrice. Mélodie Ladra a signé son premier jeu en co-autora avec Florian Siriex. Ensemble, ils ont imaginé Arigato, un jeu de draft et de combinaison de cartes plutôt initié. édité par Ludonaut en 2025. Certains connaissent peut-être Mélodie via son compte Meeple Bubbles sur Instagram, qu'elle anime depuis 5 ans. Nous nous sommes rencontrés lors du Festival international des jeux de Cannes en février dernier. Bienvenue Mélodie sur le podcast, tu joues quoi ?
- Mélodye
Merci.
- Stéphanie
Voilà, c'est une première rencontre également.
- Mélodye
Oui.
- Stéphanie
Tu es dans les festivals depuis plusieurs années quand même. Oui,
- Mélodye
ça fait quelques années que je fais les festivals de jeux. Jamais vraiment à la même place, mais ça fait quelques années.
- Stéphanie
Tu changes un petit peu de mission d'une année sur l'autre. C'est ça. On va en parler. Donc, Melody, souvent, j'ai toujours une première question, ce qui est toujours un peu la même, c'est comment t'es arrivée dans le milieu ludique ? C'est peut-être simplement en tant que joueuse ?
- Mélodye
Oui, oui, directement en tant que joueuse. Et puis ça, depuis toute petite, parce que dans ma famille, on joue. Mes proches sont très joueurs, donc c'est arrivé assez naturellement. En fait, ce que je dis souvent, à tous les Noëls, on s'offre des jeux de société. Donc, c'est arrivé par là d'abord. Et puis, ce qui m'a vraiment mis le pied dedans, c'est quand, pendant mes études, je cherchais un job étudiant. Et donc j'ai été un peu vendeuse en boutique à la boutique Sortilège de Tours. Donc là, ça m'a permis de mettre un peu plus le pied dedans. Et c'est à ce moment-là aussi que j'ai commencé mon compte Instagram, du coup Mipples Bubbles, avec la volonté de parler un peu des jeux qui me plaisaient. Mais sans plus, pour l'instant, c'était juste l'envie de parler de ce qui me plaisait.
- Stéphanie
Et avant justement de travailler en boutique, toi tu jouais à quel genre de jeux par exemple ? Quels étaient les jeux un peu incontournables pour toi ?
- Mélodye
Les jeux incontournables que je peux citer comme ça parce qu'ils m'ont suivi pendant des années et parce que c'est les jeux auxquels on jouait en famille. Ça va être Carcassonne, par exemple, qui faisait partie des classiques. Mais Seven Wonders, Les Aventuriers du Rive, les classiques qu'on connaît. Après, c'est en rentrant en boutique que j'ai un peu plus élargi le champ des jeux auxquels je jouais.
- Stéphanie
Du coup, tu t'es retrouvée en boutique. Pourquoi ? Tu cherchais un boulot étudiant ?
- Mélodye
Je cherchais un boulot étudiant, puis je me suis dit autant lier l'utile à l'agréable. Donc, dans deux lieux, à ce moment-là, j'avais postulé dans un escape game et puis en boutique de jeux.
- Stéphanie
D'accord.
- Mélodye
Et c'est peut-être là que j'ai créé mon premier prototype. parce que quand j'ai voulu postuler, je me suis dit qu'il faut se démarquer pour être recrutée dans une boutique de jeux. Pour me démarquer, je me suis dit que je vais faire un jeu dans lequel je suis vendeuse et je conseille des jeux. C'était un peu un jeu méta.
- Stéphanie
C'est chouette. C'était la première fois que tu t'es mis un peu le main dans le cambouis. Oui,
- Mélodye
c'est ça. Après, avec un jeu qui est en soi complètement cassé, c'était déjà peut-être la volonté créative qui était derrière aussi. Oui,
- Stéphanie
et la volonté de faire la différence. Ça a marché. Oui, ça a marché. C'est cool. Alors, je sais que tu... Utilise aussi le jeu dans le cadre de ta profession Tu es psychologue pour enfants, c'est ça ?
- Mélodye
C'est ça, je suis psychologue à l'aide sociale à l'enfance Pour enfants, de 0 à 21 ans D'accord,
- Stéphanie
comment ça se passe pour toi ? Quel est l'intérêt pour toi d'utiliser peut-être le jeu aussi dans ce domaine-là ?
- Mélodye
Je vais avoir plusieurs intérêts à ça Le premier déjà, c'est pour créer du lien Moi avec les jeunes, c'est un outil qui est fabuleux pour ça En tout cas sur les premiers rendez-vous, ils s'en saisissent très vite Et puis, j'aime bien installer un petit rituel aussi avec eux. À la fin de chaque rendez-vous, on finit par un petit jeu. Et rien que ça, ça les motive aussi à revenir la fois suivante. Et il faut que ça reste un moment positif pour eux. Donc ça, c'est la première chose pour laquelle j'utilise les jeux. Et puis après, de manière générale, j'utilise pas mal de jeux aussi pour développer certaines compétences, notamment les compétences émotionnelles ou les compétences verbales. Enfin voilà, c'est des choses...
- Stéphanie
Et tu vas utiliser du matériel particulier, enfin assez professionnel, ou tu vas vraiment partir de jeux existants ? Pour les réadapter ? Oui,
- Mélodye
je vais partir de jeux existants et la plupart du temps, effectivement, je les réadapte, je modifie un peu les règles. Par exemple, j'utilise très souvent ces totems qui marchent très bien avec les jeunes, mais moi, je l'utilise à deux avec eux, là où totem, on l'utilise plutôt en groupe. Et je modifie un petit peu le fonctionnement pour les amener à parler d'eux, quelles compétences ils voient chez eux et leur montrer aussi quelles compétences sont vues de l'extérieur sur eux. On travaille beaucoup l'estime de soi aussi avec ça.
- Stéphanie
Oui, c'est chouette. Et quel autre jeu, par exemple, tu peux utiliser pour favoriser l'échange ?
- Mélodye
Classiquement, un Dixit, juste pour utiliser les images et faire du photolangage avec eux. Ça fait des supports hyper intéressants. Les derniers temps, j'ai beaucoup utilisé Album aussi, sur le champ des émotions. Ça marche trop bien aussi.
- Stéphanie
C'est chouette. C'est intéressant aussi. Effectivement, on le sait que le jeu a des valeurs très variées. Que ce ne soit pas juste ludique et le plaisir, mais peut développer beaucoup de choses. Tout à fait. Par exemple, le jeu des émotions, tiré du livre des émotions, qui est pour les plus petits. Oui,
- Mélodye
que j'utilise également. Et ça,
- Stéphanie
c'est un vecteur formidable. Et même avec les plus anciens. Moi, j'ai eu l'occasion d'y jouer avec ma grand-mère, par exemple. Et en fait, c'est surprenant, ce qui peut ressortir par moments. Conseil, c'est vrai qu'à tous les âges, il y a des jeux comme ça qui fonctionnent bien.
- Mélodye
Et puis c'est intéressant aussi dans ce que ça peut amener comme vecteur de lien. Nous, à l'aide sociale à l'enfance, on travaille auprès de familles pour lesquelles les situations familiales sont parfois difficiles, les relations parents-enfants aussi. Et donc ça peut aussi être des supports à ça.
- Stéphanie
Alors justement, tu l'as évoqué rapidement, tu as créé un compte Insta, Meeples Bubbles. Pourquoi tu t'es lancée dans cette aventure aussi de création de contenu ? Tu disais que tu étais en boutique à ce moment-là ?
- Mélodye
Oui.
- Stéphanie
Donc c'était en 2021 ?
- Mélodye
C'est ça. J'étais en boutique à ce moment-là. Et puis du coup, je baignais un peu plus dans le monde du jeu. Je voyais tout ce qui sortait autour. Je pense que c'est aussi à ce moment-là que j'ai commencé moi à suivre les premiers comptes ludiques sur Instagram. Et puis ça m'a donné envie. En fait, je pense que ça rejoint aussi le petit côté créatif dont je parlais tout à l'heure sur la candidature, qui va aussi être lié avec le fait que j'ai pu sortir un jeu de société. Et voilà, c'est quelque chose qui me manquait peut-être depuis jeune. J'aime beaucoup tout ce qui est atelier créatif, atelier manuel, etc. Et c'était... je pense quelque chose qui me manquait donc là c'était l'occasion d'en faire quelque chose sur une thématique qui me plaisait.
- Stéphanie
Surtout qu'au début c'était vraiment de la mise en scène de Meeple, c'était un petit peu la caractéristique de ton compte au départ.
- Mélodye
Ça a pas mal bougé depuis mais au tout début la motivation, pareil encore une fois c'était la volonté de se démarquer un peu aussi au tout début c'était l'idée de faire vivre les petites pièces qu'il y a dans les boîtes de jeux un petit peu à la Toy Story en fait de donner vie à toutes ces pièces et d'imaginer ce qu'elles peuvent vivre quand la boîte est refermée ou quand on a le dos tourné. Et d'essayer de mettre en avant les jeux autour de ça. Après, je me suis vite rendue compte que c'était contraignant et que je n'avais pas non plus les mêmes compétences que beaucoup sur Insta en traitement de l'image, en traitement visuel, etc. Donc, je me suis un petit peu éloignée de ça. Et maintenant, je parle un peu plus de ce que je fais et de temps en temps de ce qui me plaît dans certains jeux. Mais je me contrains moins, on va dire.
- Stéphanie
Oui, j'imagine que ça doit être une grosse contrainte parce que déjà, ça dépend vachement du matériel. Et se renouveler, trouver des idées. Alors pour le coup, même si tu es a priori très créative, ça doit te casser la tête par moment.
- Mélodye
C'est ça.
- Stéphanie
Et donc aujourd'hui, ton compte, tu as à peu près 1700 followers. Et du coup, tu sillonnes les festivals aussi pour créer du contenu ou essentiellement, j'ai vu ces derniers temps forcément que tu avais parlé aussi d'Arigato. Comment tu l'utilises vraiment aujourd'hui ?
- Mélodye
Alors là, les derniers temps, c'est vrai que je l'ai beaucoup utilisé pour Arigato parce que c'était un peu ce qui était au cœur aussi pour moi de ma vie ludique. mais je l'utilise de différentes manières effectivement la volonté de base elle est quand même toujours là de pouvoir parler des jeux qui me plaisent ce que je vais peut-être un peu plus faire maintenant en story qu'en post vraiment mais en tout cas j'ai la volonté de pouvoir montrer à quoi je joue et qu'est-ce qui m'intéresse dans ces différents jeux là donc c'est aussi pour ça que je suis sur les festivals je viens aussi pour venir jouer et c'est chouette de découvrir des nouveaux jeux et de voir qu'on n'arrive jamais au bout de ça il y a toujours de nouvelles idées qui sont fabuleuses et toi c'est les jeux mais c'est aussi les rencontres
- Stéphanie
t'aimes bien créer des moments de rencontres complètement,
- Mélodye
les rencontres c'est vraiment ce qui est le plus important pour moi et j'en parlais encore tout à l'heure en croisant des gens, ça ne me dérange pas du tout dans un festival de juste me balader, d'aller discuter avec des gens parce que c'est des gens qui ont des passions communes c'est des gens hyper enrichissants, hyper intéressants qu'on ne voit pas très souvent qu'on voit en plus souvent en coup de vent parce que sur les festivals c'est souvent assez speed, donc c'est l'occasion pour ça et puis c'est ce qui m'amène aussi à créer des événements un peu qui cherchent à regrouper les gens dans le monde du jeu notamment le Secret Santa que j'organise chaque année sur Instagram,
- Stéphanie
puis là par exemple demain une petite rencontre pour boire un coup tous ensemble en dehors des réseaux on s'envoie des messages toute l'année sachant que parfois on ne se reconnait pas en physique c'est vrai le Secret Santa tu peux en parler un petit peu ça a pris de l'ampleur aussi ça ?
- Mélodye
ça a pris un petit peu d'ampleur, le Secret Santa c'est quelque chose qui a été organisé il y a quelques années je dirais il y a 5 ans à peu près par Fiona du compte Miss Meeple BG sur Instagram. Et puis, ça a beaucoup plu. Fiona, voulant pas ou pouvant plus en occuper, a passé un peu la main. Je m'en suis occupée une année avec Marie, du compte Marie GR des Jeux. Et puis, j'ai pris le relais ensuite. Et je continue parce que je trouve que c'est vraiment pareil, un moment de partage, en fait. Et puis, où justement, on rentre un peu plus dans la vie des gens. On les connaît un peu plus qu'en surface, juste sur des photos Insta ou sur des passages en coup de vent sur des festivals. Sur le Secret Santa, c'est une organisation où ceux qui veulent et qui... En fait, la seule contrainte, c'est d'avoir un compte qui parle du ludique et qui veulent participer. Ils s'inscrivent et il y a un tirage au sort. Chaque participant devient le Père Noël de quelqu'un et a un Père Noël qui s'occupe de lui. Et donc, on discute via des messageries anonymes. Alors, c'est rigolo parce que chaque année, il y en a qui se prêtent au jeu et qui ont envie de mener l'enquête, de deviner qui est leur Père Noël, etc. C'est assez chouette. Et puis, ça fait généralement des... des bonnes rencontres, j'ai des retours de personnes qui se sont rencontrées ensuite grâce à ça.
- Stéphanie
Et là, il y a eu combien de participants, par exemple, pour le dernier ?
- Mélodye
Pas loin d'une centaine, je crois qu'on devait être à 90.
- Stéphanie
Ça fait une belle chaîne. Alors, comment tu es venue à la création ? Tu l'as dit un petit peu tout à l'heure en expliquant peut-être ce prémisse pour se démarquer pour une embauche. Comment après tu t'es dit finalement j'ai envie d'explorer ça et de tenter aussi l'aventure ?
- Mélodye
La volonté était là. plusieurs fois, j'ai essayé de bidouiller des choses j'en parle toujours, j'ai un petit cahier dans lequel il y a plein d'idées mais les idées étaient beaucoup restées dans le cahier et j'arrivais pas à les sortir et en faire quelque chose de concret, et puis ça a été à l'occasion d'une rencontre ludique organisée par Caro du compte Instagram Jeu des Vignes qui organise une rencontre ludique privée où on est à peu près 80 chaque année C'est pas privé là,
- Stéphanie
80 !
- Mélodye
C'est une grosse rencontre ludique quand même ! C'est à cette occasion-là que ça a commencé, puisque dans cette rencontre lydicale, là, il y avait Florian Siriex, donc mon co-auteur. Et puis qu'à un moment, dans une journée, j'ai demandé s'il y avait des gens qui étaient motivés pour faire du proto. Et c'est le seul qui a répondu présent à ce moment-là pour faire du proto. Mais du coup, c'était chouette, c'était l'occasion d'en parler. Et puis en plus, avec lui qui a aussi de l'expérience dans le milieu, c'était une bonne entrée en matière.
- Stéphanie
Tout à fait, oui.
- Mélodye
Et donc, c'est parti de là, en fait, pour pouvoir vraiment concrétiser quelque chose. Voilà, et donc on a commencé à en discuter à ce moment-là. Et puis, petit à petit, je me suis dit, mais quand même, ça me plaît ce qu'on a commencé à faire. Est-ce qu'on ne peut pas continuer ensuite ? Et donc, on a continué ensuite à distance, en visio, à pouvoir travailler sur le jeu.
- Stéphanie
Ce moment vous a permis de commencer à créer et c'est devenu le jeu Arigato ou vous aviez travaillé sur autre chose ? Alors,
- Mélodye
c'est devenu le jeu Arigato. Ce n'était pas du tout ça au début. Effectivement, ça a beaucoup évolué. Mais c'est bien ce moment-là qui... Le point de départ. tout stopper pour recommencer un nouveau jeu. Non, le point de départ a quand même été celui-là.
- Stéphanie
D'accord. Et donc là, c'était à peu près quand, quand vous avez travaillé ensemble ?
- Mélodye
Ça, c'était en été 2023. En été 2023.
- Stéphanie
Ouais, ok.
- Mélodye
En gros, on a mis deux ans à travailler dessus avant la sortie du jeu.
- Stéphanie
Quelle a été peut-être l'idée de départ de ce jeu ?
- Mélodye
L'idée de départ, j'en parle souvent en riant parce qu'effectivement, à ce moment-là, Florian m'a dit, ok, on peut commencer à bosser un jeu, mais est-ce que tu as déjà des pistes ? Sors ton cahier et puis on va partir d'une des pistes que tu as. Et une des pistes que j'avais, c'était la volonté de faire un système de double draft, c'est-à-dire d'avoir un draft qui tournait dans un sens et un autre draft qui tournait dans l'autre, par exemple avec des objectifs qui tournaient dans un sens et des ressources qui tournaient dans l'autre pour les réaliser. On a beaucoup essayé de travailler autour de ça, même si assez vite, Flo m'a dit, écoute, ça n'existe pas, mais je pense que ça n'existe pas parce que ça ne marche pas. Et quand même, j'avais envie d'essayer, donc on a testé et on a bidouillé. et en fait il y avait toujours des... Des difficultés notamment liées à la contrainte de simultané, de manipuler, de choses qui circulent dans des sens opposés, etc. C'était quand même compliqué. Et donc au final, Arigato, c'est devenu un jeu de draft, tout simplement.
- Stéphanie
Oui, mais il y a quand même cette notion de « on garde des cartes pour leurs ressources » . Oui,
- Mélodye
alors du coup, effectivement, c'est un draft un peu différent des drafts qu'on connaît, mais ce n'est pas un double draft. Mais oui, on a effectivement une carte qu'on utilise pour les pouvoirs qu'elle va nous procurer, deux cartes pour les ressources. et puis de cartes qu'on va passer aux voisins ensuite.
- Stéphanie
Voilà, donc il y a quand même un peu cette notion de ne pas les utiliser de la même manière, suivant là où on les place. Peut-être on peut reparler un peu du pitch quand même, à Regato, parce que moi j'y ai joué forcément, mais je ne sais pas si les auditeurs l'auront en tête, donc tu peux en reparler un petit peu. Oui,
- Mélodye
il n'y a pas de souci. Donc dans Regato, c'est l'anniversaire du Shogun dans 12 jours. Nous, on est tous des chefs de villages japonais, on a envie de lui faire envoyer les plus belles offrandes possibles pour s'attirer ses faveurs. Ce que je dis toujours, c'est qu'on a envie d'être le chouchou du Shogun, c'est un peu l'idée. Et donc pour ça, effectivement, c'est un jeu de draft, mais surtout de combo de pouvoir et puis de réalisation d'objectifs. On va jouer en 12 manches. A chaque manche, il va y avoir l'aube, la journée et le crépuscule. Et dans ces différentes phases, on va d'abord attribuer des rôles aux personnages qu'on aura dans les mains. C'est-à-dire qu'on reçoit 5 cartes en main. Il y en a une, comme je disais tout à l'heure, qui va venir dans notre tableau, qui est un tableau de 4 cartes. Deux qui vont être passées à notre voisin et puis deux qui vont nous permettre de produire des ressources. Et on va jouer ça pendant 12 tours. En sachant qu'ensuite, il y a la phase de la journée qui nous permet d'activer les pouvoirs des cartes qu'on a accueillies dans notre village.
- Stéphanie
C'est ça. Et puis aussi de réaliser effectivement à chaque manche des objectifs différents.
- Mélodye
Au crépuscule, on vient vérifier si on a accompli l'objectif du tour en course, ce qui fait qu'on a trois pistes différentes pour marquer des points. On peut marquer des points à la fois sur les personnages qu'on a accueillis dans notre village qui vont avoir des pouvoirs qui vont nous faire scorer. Mais on peut aussi marquer des points grâce aux objectifs qu'on réalise. Et ça, c'est exponentiel. Plus on fait d'objectifs, plus on a de points. Et puis aussi, pour chaque offrande qu'on va envoyer au palais, ça va nous rapporter des points à la fin.
- Stéphanie
C'est un jeu assez initié quand même. Oui. Initié plus, j'ai même envie de dire.
- Mélodye
C'est un peu le retour qu'on a. Après, on se rend compte quand même que ce qui peut amener la difficulté au début, c'est l'iconographie, le temps d'assimiler les différents pouvoirs. Une fois qu'on les maîtrise et qu'on les connaît, c'est quand même beaucoup plus fluide ensuite.
- Stéphanie
Oui, ça c'est comme tout. C'est vrai qu'il y a un certain apprentissage. Mais c'était un peu la volonté de départ aussi de faire un jeu. C'est le type de jeu qui te plaît. Moi,
- Mélodye
c'est le type de jeu qui me plaît complètement. Je pense que pour le coup, effectivement, je suis partie vers faire un jeu auquel moi, j'aimerais jouer s'il sortait. En même temps, c'est effectivement,
- Stéphanie
il vaut mieux démarrer de là aussi. Je crois que la thématique n'était pas la même au départ. Oui,
- Mélodye
tout à fait. La première thématique, ça a été des... En fait, pareil, Florian m'a demandé ce que j'aimais dans la vie. J'ai dit, j'aime bien les voyages, j'aime bien la nourriture. OK, on va faire un truc autour de ça. Du coup, la première thématique, c'était des aubergistes qui accueillaient des voyageurs du monde entier chez eux. Et puis, il fallait qu'on fabrique différentes recettes, qu'on cuisine différentes recettes pour eux. Ça a assez vite évolué pour devenir une thématique viking. Et puis, à la signature ensuite avec Ludonaut, là, on a retravaillé avec Ludonaut. Et c'est là qu'est arrivée la thématique japonisante.
- Stéphanie
D'accord. Pour quelles raisons, en fait, ça a changé ? Ça fonctionnait mieux dans les mécaniques ?
- Mélodye
C'était plus une histoire... Deux thématiques et d'histoires que portait le jeu justement. En fait, quand c'était une thématique viking, on préparait l'expédition viking. Donc on était en train d'équiper nos hommes pour qu'ils soient prêts à partir. Et une fois qu'ils étaient prêts à partir et qu'on était prêts à se taper dessus, c'était la fin de la partie. Donc ça n'avait pas trop de sens. Tandis que là, on sait que l'objectif, c'est dans 12 jours, c'est l'anniversaire. Et on va préparer les offrandes pour l'anniversaire.
- Stéphanie
D'accord. Et alors, comment s'est faite justement cette rencontre avec Ludonaut ? Comment vous avez été amenés à travailler ensemble ?
- Mélodye
Alors là, encore une fois, je pense que ça fait partie des choses pour lesquelles j'ai beaucoup de chance. C'est que j'ai travaillé avec Flo et qui a lui aussi pas mal de contacts. On avait pas mal travaillé sur le jeu qu'on avait déjà présenté à certains éditeurs à Cannes, puis à Toulouse. Et puis, on avait eu des premiers retours sur lesquels on s'était appuyé pour retravailler le jeu. Et à partir de... Ce travail-là, Florian m'a dit « écoute, je vais en parler quand même à deux éditeurs pour avoir de nouveaux retours » . Donc il a présenté le jeu à Catch-Up Games et puis il a présenté le jeu à Ludonaut en même temps. Et puis deux jours après, j'ai reçu un coup de téléphone de Cédric de Ludonaut qui m'appelle, quand même étrange, je ne m'y attendais pas, pour me dire « écoute, ça nous plaît bien, on signe » . Ah, ok !
- Stéphanie
Et là, on réagit comment ?
- Mélodye
Là, c'était trop chouette, fort dans ma tête, c'était la folie. pour... il fallait que je reste professionnelle au téléphone.
- Stéphanie
Tu n'as pas crié dans tous les sens ?
- Mélodye
Je n'ai pas crié dans tous les sens, mais quand j'ai raccroché quand même un peu plus, je crois.
- Stéphanie
Oui, parce que ça doit faire quelque chose, effectivement. Est-ce que tu pensais à ça secrètement, en fait, quand tu as justement démarré un peu cette game jam improvisée, donc lors de ta rencontre ludique ?
- Mélodye
Forcément, on y pense. Après, on n'imagine pas que ça va être le cas et que ça va se réaliser. Ce n'était pas la volonté finale, ce n'était pas ça non plus. C'était déjà de voir comment on crée un jeu de société et comment on fait qu'un jeu de société fonctionne.
- Stéphanie
Comment d'ailleurs t'as rencontré Florian ? Vraiment, c'est lors de cette occasion-là ou Florian Seriax, tu le connaissais déjà d'avant ?
- Mélodye
Alors, je l'avais déjà croisé lors des mêmes événements les années passées où il était présent à chaque année. Donc, je l'avais déjà croisé. Après, on avait peut-être partagé quelques parties, mais je ne le connaissais effectivement pas plus que ça. Donc, c'est vraiment parti de ce moment-là.
- Stéphanie
D'accord. Qu'est-ce qui t'a apporté, lui ? Parce que forcément, il a, comme tu disais tout à l'heure, de l'expérience depuis quelques temps. Qu'est-ce que ça t'a apporté de travailler avec lui ?
- Mélodye
C'était hyper enrichissant à toutes les étapes. de création parce qu'en fait moi j'imaginais pas du tout tout ce qu'il y avait justement comme étape pour créer un jeu c'était aussi hyper enrichissant parce que lui il connait ces étapes là mais il a aussi des contacts donc il m'a présenté beaucoup de personnes j'ai pu échanger avec beaucoup de personnes autour de ça donc ça ça m'a beaucoup apporté et puis quand on partait sur quelque chose et qu'il voyait que ça marchait pas il hésitait pas à me le dire et ça je pense que ça a été hyper important parce que pour moi au début c'est ce qui a été le plus difficile je pense c'est ce côté en fait pour construire un bon jeu faut toujours le casser et Et c'est hyper frustrant quand on se dit, là, j'ai bossé sur quelque chose. Et puis, en fait, il vient vraiment en me disant, non, mais là, on se rend compte qu'on tourne en rond. Ce qu'on a fait, ça ne marche pas. Il faut qu'on casse quelque chose pour faire autre chose. OK.
- Stéphanie
Ça, c'est dur. Ça, c'est dur. On redéconstruit.
- Mélodye
C'est dur. Et en même temps, maintenant, ça a assimilé. Et je me rends compte que ça fait pleinement partie du processus créatif, en fait. Que sans ça, on ne peut pas avancer. C'est comme ça que ça marche.
- Stéphanie
Oui, il faut toujours remettre en question et tester aussi. Il n'y a que le test qui fait que ça marche ou pas.
- Mélodye
Tout à fait.
- Stéphanie
Comment vous avez réussi à travailler ensemble ? Parce qu'il y avait la distance aussi, j'imagine.
- Mélodye
C'était beaucoup par visio. Effectivement, on s'est vus sur quelques festivals, mais principalement au téléphone et par visio. On faisait un peu chacun dans notre coin, on testait des choses. L'objectif aujourd'hui, c'est d'essayer de voir ce qu'on peut faire au niveau des objectifs ou au niveau des différents pouvoirs de carte. Et puis après, on s'appelle et on voit ce qu'on a comme idée et on avance comme ça petit à petit.
- Stéphanie
Est-ce qu'il y a eu des grosses évolutions, justement ? Quelles ont été les étapes importantes, peut-être, pour ce jeu, dans votre phase créative à vous, et peut-être après avec Ludonaut ?
- Mélodye
Déjà, au tout début, le fait de passer du double draft, un draft plus classique, ça, ça a été une grosse étape. Après, je ne sais pas comment te dire, parce qu'il n'y a pas vraiment de grosses étapes importantes, mais ça se fait petit à petit, en fait. Et on voit que le jeu, il évolue progressivement. S'il y a quand même eu, au tout début, on était sur un gros tableau de cartes, un tableau de 4 cartes par 4 cartes, qui restait tout le long de la partie. Et c'est quand on est passé à la thématique viking qu'on est passé à du deux par deux. Et ça, ça a beaucoup amené dans la dynamique du jeu parce que ça a amené ce côté. Les cartes, elles sont là, mais de manière éphémère. Et donc, il faut réussir à gérer et à produire les offrandes avant de les envoyer au palais et avant surtout de ne plus avoir de place dans notre village.
- Stéphanie
Oui, et parfois, effectivement, on est obligé de remplacer une carte par une autre parce qu'on n'arrive pas à atteindre l'objectif. Tout à fait. Et ça ne sert à rien de la garder. Là aussi, il faut renoncer.
- Mélodye
C'est ça.
- Stéphanie
Et dire, bon, celle-là, je l'oublie.
- Mélodye
Oui, tout à fait.
- Stéphanie
Oui, parce que c'est vraiment exigeant. J'ai trouvé ce jeu... Alors moi, je ne suis pas très bonne. Je n'ai pas encore trouvé le truc. Mais je trouve que c'est hyper exigeant. Forcément, les objectifs, on n'arrivera pas tous à les atteindre. Complètement. Ça aussi, il faut se dire non. Il ne faut pas faire que tous les objectifs.
- Mélodye
C'est ça. Il faut accepter que c'est un jeu dans lequel on va beaucoup s'adapter aussi. Principalement ça. qu'effectivement, on ne va pas pouvoir tracer tout ce qu'on veut dès le début parce qu'on ne maîtrise pas complètement les cartes qui arrivent au fur et à mesure. On ne maîtrise pas les emplacements disponibles qu'on va avoir non plus. Mais il va falloir s'adapter à chaque tour avec ce qui revient dans nos mains et comment je peux faire au mieux pour soit marquer des points sur les objectifs. Si je n'arrive pas à faire les objectifs, comment je peux faire autrement pour faire des points dans mon village avec un combo de pouvoirs ?
- Stéphanie
Oui, puis un petit côté frustrant, mais qui est gérable. c'est-à-dire qu'effectivement Parce qu'on sait bien que les jeux, ça fonctionne aussi comme ça. C'est la frustration qui fait qu'on se dit, on va refaire mieux la prochaine fois.
- Mélodye
Sur les objectifs, c'est beaucoup les retours qu'on a eus. En fait, j'ai envie de faire les 10 objectifs, donc je vais essayer et j'y retourne pour ça aussi.
- Stéphanie
C'est ça. Mais est-ce que c'est réalisable de les faire tous ?
- Mélodye
C'est possible d'enchaîner les 10. C'était la volonté de pouvoir le faire. Alors, il faut beaucoup anticiper pour être capable de le faire. Et puis, il y a un petit facteur chance quand même, parce que parfois... Il faut une carte d'une couleur, elle n'arrive pas dans nos mains.
- Stéphanie
Effectivement, on ne peut pas réussir parfois tout simplement avec ce qui arrive. Et puis, si on regarde bien le jeu des autres, on peut faire en sorte qu'ils n'arrivent pas à avoir la carte qu'ils veulent non plus. Alors bon, là, c'est la deuxième étape. Oui,
- Mélodye
mais ça arrive effectivement. Mais c'est vrai qu'on voit qu'il y a une courbe de progression qui est assez importante sur Arigato. Déjà, le temps, je pense, d'assimiler les pouvoirs, de savoir ce qui peut arriver, à quel emplacement, etc. Et puis ensuite, effectivement, on voit qu'au début, on est concentré sur notre jeu et que plus on fait de parties... plus on fait quand même attention à ce qu'on va passer au voisin parce que ça peut l'aider soit dans son super combo qui lui fait marquer 8 points par tour ou soit à valider un objectif ou à valider une carte.
- Stéphanie
C'est tout l'intérêt aussi de cette interaction de draft, forcément. Et ça, c'est une mécanique que tu apprécies particulièrement ? Oui,
- Mélodye
complètement. Le draft, c'est quelque chose que j'apprécie beaucoup. encore plus que le draft et qu'on retrouve dans un rigato, c'est ce côté ultra satisfaisant des combos de pouvoir. De je fais ça, donc je récupère ça, donc je gagne ça. Et ça, j'adore.
- Stéphanie
Mais je pense que c'est là que je pêche. En fait, je n'arrive pas suffisamment encore à bien comboter. Mais ça viendra. Mais c'est important en plus. C'est important. Oui, bien sûr. Oui, parce que c'est ça en fait. Il y a des fois, on s'obstine sur un objectif. Et donc, on néglige les combos.
- Mélodye
Tout à fait. Alors que ce qui est important en plus dans les combos, c'est le petit côté à chaque fois que je gagne 10 points grâce au combo, je gagne 2 ressources et du coup, ça me débloque pour ensuite pouvoir valider mes cartes qui sont dans mon village aussi.
- Stéphanie
Le jeu est sorti en pré-sortie à Essen. C'était la première présentation au public et quelle présentation directement au gros festival à Essen dont tu y étais ?
- Mélodye
C'était incroyable. Moi, c'était mon premier Essen en plus. Premier Essen à la place pour présenter le jeu. Ma plus grande crainte à ce moment-là, ça a été de devoir expliquer le jeu en anglais sur Essen. C'était un peu compliqué. Mais ça s'est fait. On voit que tout le monde parle anglais pareil.
- Stéphanie
Tout le monde parle anglais à peu près aussi. Surtout quand on a tous des accents différents d'autres pays.
- Mélodye
Oui, tout à fait.
- Stéphanie
Ce n'est pas toujours simple.
- Mélodye
Au final, c'était gérable. Et puis, c'était hyper chouette de voir les retours des gens qui étaient assez enthousiasmés parce que le jeu était déjà sorti sur BGA. Et donc, on a eu pas mal de gens qui sont venus nous voir en nous disant « J'adore, je joue sur BGA, c'est trop bien. » Et donc, je viens l'acheter pour ça. Donc c'était chouette. Et puis c'était les premières dédicaces à signer aussi. Donc c'est aussi un peu ce qui fait prendre conscience de « Ok, ça y est, je suis autrice. »
- Stéphanie
Oui, alors justement, tu as réalisé ça quand tu as reçu la boîte de pré-prod ou vraiment à la sortie ?
- Mélodye
Ça s'est fait progressivement, je pense. Déjà, j'avais du mal à me le dire pendant tout le processus de création et même avant ça. Et tout le monde autour de moi arrêtait pas de me répéter « Non mais tu fais un jeu, donc t'es autrice. » Oui, mais... Ce n'est pas finalisé, ce n'est pas palpable de la même manière. Et oui, après, ça a été les grandes étapes. Ça a été quand j'ai reçu la boîte chez moi, que je l'ai ouverte pour la première fois et que tout le travail qu'on avait fait jusque-là, il était vraiment palpable. Et puis les retours ensuite, les retours du public. Ça, c'était...
- Stéphanie
C'est la meilleure récompense, j'imagine. Oui,
- Mélodye
complètement.
- Stéphanie
Et donc, tu as signé beaucoup de boîtes à Essen ?
- Mélodye
Je crois qu'on a signé pas loin de 300 boîtes, oui.
- Stéphanie
Ah, quand même. Trop bien. L'éditeur Ludonaut, c'est son avant-dernier jeu.
- Mélodye
Oui.
- Stéphanie
Il l'avait annoncé, ça a été annoncé officiellement, etc. Est-ce que ça doit être particulier aussi pour toi, ça ? Parce que c'est à la fois, toi, tu te lances, finalement. Oui. Finalement, l'éditeur qui lui décide de s'arrêter.
- Mélodye
Oui, tout à fait.
- Stéphanie
Comment ça s'est passé ? Comment tu l'as vécu, ça ? Et est-ce que c'était une crainte pour toi aussi, en te disant, peut-être, est-ce que le jeu va être porté ? Est-ce que c'est des choses qui t'ont peut-être aussi un peu soucié, on va dire ?
- Mélodye
Pas particulièrement, parce que pour le coup, on a été très bien accompagnés par Ludonaut, que c'est quelque chose qu'on savait déjà à la signature, en fait. Donc, ce n'est pas quelque chose qui m'a inquiétée, d'autant qu'ils nous ont mis en avant. Et puis, ils l'ont bien expliqué en plus sur tout ce qu'ils ont pu dire sur leur parcours. Ils expliquent leurs convictions et pourquoi ils arrêtent. Mais qu'ils n'arrêtent pas de pousser et de porter les jeux qu'ils ont déjà sortis. Ils arrêtent simplement de sortir de nouveaux jeux après ces deux-là. Donc non, il n'y avait pas la crainte du tout autour de ça.
- Stéphanie
Tu savais que ça allait te pousser et accompagner comme il faut. Qu'est-ce que tu retiens de cette première expérience d'autrice, d'avoir abouti ?
- Mélodye
Je pense que ça a eu un premier impact déjà sur ma confiance en moi, peut-être aussi sur le fait de... Enfin voilà, je suis capable de faire un jeu et qu'il aille jusqu'au bout, donc c'est cool. Même si, forcément, il y a toujours un peu le petit syndrome de l'imposteur, de se dire oui, mais je n'étais pas toute seule, oui, mais j'avais un co-auteur, oui, mais j'étais bien accompagnée, etc. Mais bon, il y a quand même cette fierté-là, d'un côté. Et puis, mais surtout tout le parcours, en fait. Le fait d'avoir maintenant connaissance et conscience de comment ça se passe, tout le déroulé, de comprendre ce qu'il y a derrière chaque boîte de jeu, finalement, c'est C'est hyper enrichissant. Et du coup, c'est aussi des choses que je peux mettre en application maintenant pour de futurs protos.
- Stéphanie
Tu connaissais la chaîne déjà, j'imagine. Mais le vivre de l'intérieur, c'était différent ?
- Mélodye
Oui, c'était quand même différent.
- Stéphanie
Aujourd'hui, quelle est pour toi la suite ? Tu es déjà dans la création, tu n'as pas arrêté. Quels sont un peu les projets, les envies ?
- Mélodye
Alors, j'ai eu une période un peu off à cause de problèmes de santé. mais la volonté, elle est toujours là de continuer à créer. Encore une fois, j'ai Skyé avec plein de petites idées, des petites choses que je bidouille. Maintenant, c'est réussir à trouver du temps et à consacrer du temps exprès pour ça, qui est parfois difficile. Et puis, c'est ce que j'explique souvent. Je trouve ça très difficile de créer tout seul. À plusieurs, je trouve que c'est vraiment hyper intéressant parce qu'il y a ce ping-pong verbal un peu d'idées où il y en a un qui propose quelque chose et puis l'autre rebondit dessus. Et c'est comme ça qu'on arrive à avancer. Aussi une gestion mine de rien quand on travaille avec quelqu'un de réussir à trouver du temps pour travailler à deux etc.
- Stéphanie
Donc il y a des projets il y a des bébés projets on va dire mais qui avancent progressivement Je sais pas si tu as par chez toi des groupements d'auteurs que c'est quelque chose auquel tu as adhéré ?
- Mélodye
Pas tellement Je suis un peu toute seule dans mon coin Ah d'accord
- Stéphanie
Mais par contre je crois que tu participes à des game jams Oui tout à fait,
- Mélodye
j'ai participé j'ai fait deux game jams ça ça a été aussi un peu dans ce qui a été moteur dans la création du jeu La première gamme Jam, j'y ai participé. On avait déjà signé avec Ludonote, je crois qu'on venait de signer avec Ludonote. Mais du coup, c'est hyper enrichissant dans ce que ça apporte les gammes Jam parce que c'est s'appuyer sur des contraintes et faire... dans un temps limité au mieux. Donc, on ne se pose pas mille questions. Là où on se pose mille questions, quand on a du temps, finalement. Là, quand on n'a pas de temps, on passe directement à la pratique, on applique et on voit si ça marche ou si ça ne marche pas. Et finalement, c'est ce qui marche le mieux pour avancer sur un proto.
- Stéphanie
Oui, parce que la page blanche, ça doit être un peu vertigineux, en fait.
- Mélodye
Oui, complètement. Quand tu n'as pas l'idée, ou pire que ça, tu as un début de quelque chose, mais il y a quelque chose qui ne marche pas et que tu n'arrives pas à... trouver la solution à ça. C'est compliqué.
- Stéphanie
C'est ça qui est l'intérêt des game jams, c'est d'avoir cette contrainte de se dire qu'on part sur un jeu, soit sur une thématique, soit sur une mécanique. Tu parlais du draft tout à l'heure que tu as eu vraiment envie d'explorer. Il y a d'autres mécaniques comme ça que tu as envie, qui te donnent envie de faire un jeu ?
- Mélodye
Il y a plein de petites choses qui pourraient me plaire. Là, un des challenges que j'aimerais bien réaliser aussi, c'est le côté pouvoir créer justement un jeu qui puisse être support pour le boulot aussi. Donc quelque chose peut-être autour de la régulation émotionnelle, etc. J'ai vu qu'il y avait une conférence sur l'usage du jeu de société pour la régulation émotionnelle. Donc c'est dans mon planning sur la semaine.
- Stéphanie
Donc toujours essayer de créer du lien aussi entre le professionnel et le ludique, le loisir. Ok, ça c'est des beaux projets aussi. Est-ce que tu veux rajouter autre chose à ce moment ? Est-ce qu'on a un peu fait le tour ? est-ce qu'il y a d'autres envies ?
- Mélodye
parce que là donc du coup t'as eu la casquette on a dit du magasin oui t'as eu la casquette d'autrice oui je crois qu'il y a eu aussi une autre casquette d'animatrice oui c'est vrai qu'il y a eu la casquette d'animatrice c'est vrai on en parlait au tout début que t'avais qu'une fiche de différentes manières c'est vrai tout à fait mon premier canne il y a 4 ans maintenant je crois mon
- Stéphanie
premier canne j'étais animatrice chez Subverti effectivement c'est ça donc ça a été une étape en plus donc encore j'imagine par rencontre oui tout à fait
- Mélodye
et qui était de nouveau hyper enrichissante aussi. Mais je pense que c'est ça qui est aussi hyper intéressant, c'est de pouvoir voir à chaque place un peu comment ça se passe et comment ça compose un tout au final.
- Stéphanie
Oui, et puis saisir peut-être les opportunités, ou oser aussi, comme tu l'as fait, de dire qui veut faire une ganja.
- Mélodye
Tout à fait.
- Stéphanie
Trop bien. Donc tu participes aussi à d'autres rendez-vous comme ça, un peu ludiques, autres que les festivals.
- Mélodye
Alors oui, il y a les festivals. J'ai mes festivals habituels sur lesquels je vais. Et puis après, il y a quelques petites rencontres qui se font. Alors, je parlais des rencontres dans les vignes organisées par Caro. Mais il y a plein d'autres petites rencontres qui se font. La dernière en date, c'était le Cheese and Game dont j'ai parlé sur mon compte Instagram, qui a été organisé par Brandon du compte Croque Meeple, qui nous a fait jouer à des jeux et manger du fromage pendant trois jours. Donc, c'était fabuleux.
- Stéphanie
Ce n'était pas très diététique. Il n'y avait pas de séance de sport entre deux.
- Mélodye
Effectivement, non.
- Stéphanie
Ça doit être un bon moment quand même.
- Mélodye
C'était chouette.
- Stéphanie
Alors si tu étais un mode de jeu, lequel serais-tu ? Tu serais du compétitif, du coopératif ?
- Mélodye
Compétitif quand même.
- Stéphanie
Ouais, compétitif. C'est important d'avoir un objectif et d'y se tenir. Ouais,
- Mélodye
je crois qu'il y a le côté challengeant quand même.
- Stéphanie
Toujours faire mieux.
- Mélodye
Ouais, c'est ça.
- Stéphanie
Ok. Si tu étais une mécanique de jeu, laquelle serais-tu ?
- Mélodye
Il y en a beaucoup, on en a parlé, je pense que j'ai créé Arigato pour ça, mais ce côté combinaison de pouvoir, j'adore.
- Stéphanie
Combinaison de pouvoirs, c'est vrai que c'est tellement riche Et si tu étais, maintenant que tu es autrice Si tu étais un illustrateur ou une illustratrice ?
- Mélodye
Wow,
- Stéphanie
ça c'est dur Est-ce qu'il y a un univers dont tu te sentirais le plus proche ?
- Mélodye
J'aime trop ce que fait Sepio, c'est magnifique
- Stéphanie
Très coloré
- Mélodye
C'est tellement riche et varié Que c'est hyper difficile de donner une réponse à ça Si c'est Pio,
- Stéphanie
c'est venu naturellement. C'est vrai qu'elle a un côté très positif. Oui, c'est ça.
- Mélodye
Tout à fait. Très lumineux.
- Stéphanie
Ok. Super. Et si tu as quelqu'un d'autre à me proposer pour une interview sur le podcast, qui je pourrais rencontrer ? Que ce soit un auteur, auteur-autrice, bien sûr, illustrateur, illustratrice. C'est vrai qu'on n'a pas trop parlé de ça, mais autrice, c'est chouette de faire le pas parce que... souvent quand on est des éditeurs, on me l'a souvent dit dans le podcast, les jeunes femmes osent moins. Est-ce que tu aurais un conseil à donner en tant qu'autrice à des femmes qui n'osent peut-être pas encore se lancer ?
- Mélodye
Je pense que la problématique ne se résume pas au fait d'être autrice ou pas. C'est plus large que ça et que quand même beaucoup de femmes ont ce problème avec ce syndrome de l'imposteur qui reste présent. Mais en fait, effectivement, il ne faut pas hésiter. Et puis surtout, il faut mettre en application directe, il faut se mettre en action. Et une fois qu'on est en action, c'est plus facile de continuer de le présenter, de montrer à des gens. Et puis, voilà, ne pas hésiter à aller vers les gens.
- Stéphanie
Moins douter, quoi.
- Mélodye
Oui.
- Stéphanie
Je pense que ça, c'est très féminin.
- Mélodye
Oui, complètement. Pas remettre en cause tout, tout remettre en question tout de suite. Mais prendre les retours des gens aussi. Beaucoup échanger avec les gens, présenter aux autres pour avoir les retours. Et ça, ça permet aussi des fois de faire remonter un peu l'estime de soi parce que les retours sont parfois aussi positifs et que ça aide à avancer aussi.
- Stéphanie
Alors du coup, qui tu me proposes pour un prochain rendez-vous ? Je reviens à mes questions.
- Mélodye
Écoute, je ne sais pas pourquoi c'est eux qui me viennent en tête maintenant. Je ne sais pas si tu les as déjà interviewés ou pas non plus. Mais Marine et Robin du Grenier Ludique.
- Stéphanie
Oui, ça avait failli se faire et puis on s'était loupé, mais pourquoi pas. Voilà, je relance alors. Effectivement, pas mal de petits projets aussi. Oui, c'est ça, tout à fait.
- Mélodye
Et puis qui sont des chouettes humains en plus.
- Stéphanie
Ok, écoute, je me note, je les recontacterai à l'occasion, ça marche. Merci beaucoup, Mélodie. Je te propose qu'on termine le podcast, qu'on termine aussi les vidéos. Je dis une phrase et on la dit ensemble.
- Mélodye
Ça marche.
- Stéphanie
Alors, jeu signé, Mélodie Ladra. Tu joues ou quoi ? Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. S'il vous a plu, je vous invite à le partager et à laisser des commentaires sur les réseaux sociaux. Et n'oubliez pas de suivre aussi la chaîne YouTube Tu Joues ou Quoi ? Dans le prochain épisode, je serai avec Joël Gagnon, l'un des cofondateurs du premier pub ludique Randolph créé en 2012. Il nous racontera comment Randolph s'est développé pour devenir aujourd'hui un acteur ludique incontournable au Québec et même au-delà. Alors restez bien à l'écoute !