- Speaker #0
Oui, on a des souvenirs des ballons, on appelait ça des briques. On avait des dirigeants qui gonflaient les ballons sans manomètre. Parfois, les équipes mettaient des ballons sous-gonflés à l'échauffement pour qu'on s'adapte moins bien aux ballons du match. Le premier but qui a été marqué avec ce ballon, c'était lors du Trophée des Champions, c'est Neymar.
- Speaker #1
Et donc, simplement un bon ballon en trois mots, il y a trois facteurs, mais si tu les résumes en trois mots ?
- Speaker #0
Bah, c'est... ça part bien.
- Speaker #1
Bienvenue dans Tu lulututu. Dans ce nouveau numéro, on va parler foot. et plus précisément... des ballons de Ligue 1 et de Ligue 2. Alors, qu'est-ce qu'ils ont de particulier, ces ballons ? Eh bien, vous le verrez. Déjà, ils ne sont pas communs. Et en plus, ils ont surtout été créés pour faciliter le jeu des joueurs, voire même de les aider à gagner. Salut David !
- Speaker #0
Salut Raph !
- Speaker #1
Bon, déjà, je suis hyper contente de te recevoir dans ce studio parce que c'est le deuxième numéro et la dernière fois, le studio était tout blanc. Il n'était pas décoré du tout de la même façon. Et donc là, on est dans le vrai studio. Tu lulus, tu tues. Bleu. Bleu Décathlon.
- Speaker #0
Évidemment.
- Speaker #1
Et avec le Supernéon.
- Speaker #0
Ben c'est beau.
- Speaker #1
David, on ne va pas se faire des amis tout de suite dès le début de ce podcast. Parce que déjà, nous deux, on a un gros point commun. On est supporters, voire fans absolus du Racing Club de Lens.
- Speaker #0
Et ça, c'est un défaut ça ?
- Speaker #1
Pas du tout, c'est une grande fierté.
- Speaker #0
Oui, on est bons. Il y a des ennemis, mais pas beaucoup, puisque à Lens, il y a plus de supporters de Lens que d'autres équipes, par exemple.
- Speaker #1
Ah ben, on est bien d'accord. D'ailleurs, en restant sur la convivialité et sur la chaleur de ce public, Sache qu'il y a une voix qui s'appelle Michel.
- Speaker #0
Génial !
- Speaker #1
Et qui va intervenir de temps en temps quand elle aura envie pour nous poser des questions.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Nous David, on s'est rencontrés au stade. Alors moi j'étais plutôt dans les tribunes et toi t'étais plutôt sur le terrain puisque t'étais joueur pro.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et t'as commencé au Racique L'Homme de Lens d'ailleurs.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Tu nous expliqueras tout ça. Tu nous expliqueras aussi comment t'as évolué à Dunkerque et aussi en Belgique. Tu vas surtout nous aider. à découvrir, à comprendre ce qui se cache derrière un ballon de Ligue 1 et de Ligue 2, parce que ce n'est pas si anodin. Toi, tu es aussi l'un des créateurs des derniers ballons de Ligue 1 et Ligue 2, ceux qu'on voit sur les terrains encore aujourd'hui, enfin, toujours aujourd'hui d'ailleurs. Mais franchement, un ballon, c'est juste un ballon, non ?
- Speaker #0
C'est ce que je pensais. C'est ce que je pensais moi en tant que joueur. Je me disais, s'il y a de l'air dedans, il rebondit, il est rond, ça va, on va jouer au foot avec. Et en fait, c'est bien plus complexe que ça. Il y a beaucoup de paramètres. qu'on doit figer pour correspondre au mieux aux demandes des joueurs. Parce que c'est vraiment les joueurs qui sont les plus importants. Et c'est pour eux qu'on fait ce ballon. C'est se rapprocher au plus du ballon parfait.
- Speaker #1
N'en dis pas plus, parce que justement, on y reviendra juste après. Alors toi, Davin, quand tu étais joueur pro au Racing Club de Lens, donc au début des années 2000, et au cours de ta carrière, on parle souvent du terrain ou de l'arbitre. Est-ce qu'un ballon, ça peut réellement faire perdre un match ? Toi, qu'est-ce que tu en penses ?
- Speaker #0
Alors, faire... Perdre un match, non, mais en tout cas rendre le match de qualité moindre, oui. Puisque sans ballon, déjà, il n'y a pas de jeu. C'est le seul objet où on est obligé de l'avoir pour jouer. Donc ça, c'est vraiment le central. Il y a le terrain qui peut intervenir, effectivement, mais si le ballon est de mauvaise qualité, il faut demander aux gardiens, notamment lors de la Coupe du Monde au Brésil, où le ballon volait beaucoup. Et ça a vraiment mis un point un peu noir à cette Coupe du Monde, ce fameux ballon qui bougeait dans tous les sens.
- Speaker #1
Mais toi, est-ce que ça t'est déjà arrivé ? Est-ce que tu as un souvenir en tête ?
- Speaker #0
Oui, on a des souvenirs des ballons, on appelait ça des briques. On avait des dirigeants qui gonflaient les ballons sans manomètre, donc le ballon était gonflé, mais on ne pouvait pas jouer avec. Mais l'arbitre l'avait validé, donc il n'y avait pas le choix. Mais oui, on a eu des ballons sous-gonflés, des ballons sur-gonflés. Parfois, les équipes mettaient des ballons sous-gonflés à l'échauffement pour qu'on s'adapte moins bien aux ballons du match. Autour du ballon, il y a plein d'histoires.
- Speaker #1
Là, toi, tu parles du gonflage. mais pour un joueur de foot pro c'est quoi un bon ballon ?
- Speaker #0
Oh là ! C'est comme le mauvais chasseur et le bon chasseur c'est une question un peu piège le bon ballon en fait c'est selon les affinités mais là le ballon surtout il ne doit pas bouger et ils utilisent beaucoup un mot c'est ça doit bien partir alors le bien partir nous ça a été notre combat on a mis trois ans à trouver ce qu'il y avait derrière et donc le saparmien c'est une restitution c'est un mélange de restitution d'énergie de ballon moelleux et dur à la fois Il faut trouver tous ces équilibres. C'est vraiment des petits curseurs qu'on va mettre à droite, à gauche. Et c'est en ça où notre premier ballon était bon. Et plus ça vient, plus les notes des joueurs, ce que j'expliquerai après, mais on va dans les clubs pros leur demander leur avis. Et donc, la note monte. C'est en jouant sur ces curseurs de stabilité trajectoire, de moelleux dans le jeu. On appelle ça une restitution d'énergie. C'est trois facteurs très importants.
- Speaker #1
Et donc, simplement un bon ballon en trois mots. Il y a trois facteurs, mais si tu les résumes en trois mots ?
- Speaker #0
Ça part bien.
- Speaker #1
Ok. Alors toi, tu es passionné de foot depuis que tu es tout petit et la qualité des ballons a évolué au fil du temps. Est-ce que toi, tu as vu cette évolution entre le moment où tu étais tout jeune passionné, footballeur pro ? Je suis passionné,
- Speaker #0
tu peux le dire.
- Speaker #1
Je ne voulais pas dire ça.
- Speaker #0
Si, je t'ai dit d'y aller.
- Speaker #1
Mais allez, footballeur expérimenté. Oui,
- Speaker #0
merci. C'est plus sympa de dire ça. Oui, évidemment, parce qu'avant, il y avait le fameux ballon cuir. 32 panneaux, couche à la main. C'était un ballon qui pouvait prendre du poids avec l'eau du terrain. Et au fur et à mesure, les ballons, ça a tellement évolué. Là, on est sur un thermocollage. Tout est collé en un seul bloc. Alors qu'il y a encore des ballons qui existent en thermocollé. Mais on y vient de plus en plus. Donc le ballon, il a tellement évolué.
- Speaker #1
Et thermocollé, ça veut dire quoi ? C'est sans couture ?
- Speaker #0
C'est sans couture, tout est collé. Et c'est un bloc, c'est-à-dire que tu as la mousse, tu as le... Tu as le composant et tout est collé avec la vessie. Donc, ça ne fait vraiment qu'un. Et ça, c'est tous les ballons haut de gamme maintenant. Ils sont venus à ce process-là. Et après, tu as encore les couches du machine, les couches du hybride, les couches du main. En tout cas, chez Decathlon, on ne fait plus de couches du main. C'est couches du machine et hybride.
- Speaker #1
Et est-ce qu'il y a un ressenti particulier ? C'est quoi un bon ressenti quand on est amateur, d'ailleurs, pro ?
- Speaker #0
Le ballon, c'est vraiment une sensation. C'est difficile, même pour les joueurs. C'est nous qui avons réussi. par des études à prouver et à trouver des choses. Mais le ballon, c'est vraiment un ressenti. Déjà, il y a le gonflage, on en parlait. Il faut qu'il soit bien gonflé. Il ne faut pas qu'il soit trop dur, qu'il soit trop mou. C'est vraiment des subtilités.
- Speaker #1
Mais c'est ton ressenti à toi ou bien est-ce que les joueurs ressentent ?
- Speaker #0
En fait, c'est une étude où on a fait... Il y a eu quasiment plus de 1000 réponses. On ne peut pas se dire... Parce que moi, j'ai mon ressenti et souvent, il n'est pas iso aux autres. On est différents. Moi, je suis défenseur central. Le numéro 10, s'il veut un ballon... Peut-être qu'ils volent un peu plus. C'est dur de créer un consensus pour les joueurs d'avoir ce ballon qui se dit « il est parfait pour tout le monde, le gardien ne veut pas un ballon qui bouge » . C'est en ça aussi où c'est génial, parce que chaque facteur que tu viens bouger sur le ballon, tu repars à zéro.
- Speaker #1
David, tu as arrêté le foot pro il y a dix ans maintenant. Aujourd'hui, tu es chez Decathlon et plus particulièrement chez Kipsta, la marque du foot. C'est ce qui te permet notamment de co-créer les ballons de Ligue 1 et de Ligue 2 de la marque. On t'a présenté comme étant co-créateur de ces ballons, alors on est d'accord tu fais partie d'une équipe, mais toi tu fais quoi concrètement en tant qu'ingénieur et c'est terrain ?
- Speaker #0
Alors moi mon rôle c'est d'éclaircir un flou qui existe autour de le fameux ça part bien, tous les joueurs disent ça mais qu'est-ce que ça veut dire concrètement en conception, qu'est-ce que nous on peut faire pour améliorer ce ça part bien ? Et donc ça a été le rôle, donc il y a eu des grosses enquêtes de fait avec plus de 1000... 1000 joueurs qui ont répondu, qui ont participé. On a vraiment utilisé la communauté footballistique autour de nous. Et derrière ça, on a trouvé trois avantages produits. Et donc derrière, il faut créer des protocoles, il faut réussir à le caractériser. Parfois avec un laboratoire, parfois pas. Pour les deux, pour restitution d'énergie et milieu d'enjeu, on travaille avec l'université de Sheffield, en Angleterre, qui nous caractérise cet avantage produit. Et stabilité trajectoire, ça reste du sensoriel et ça reste avec nos joueurs. On a la chance maintenant d'être accompagnés par des équipes pro sur ces sujets-là. On a un partenariat avec l'USL Dunkerque, comme par hasard, j'y suis passé quelques années, qui nous accompagne notamment sur le ballon avec aussi la ligue de football professionnelle qui nous permet de régulièrement aller dans les clubs pro de Ligue 1 et de Ligue 2 grâce à ce partenariat. Donc nous c'est vraiment juste incroyable. Par saison on a une centaine de ressentis de joueurs professionnels dont l'objet principal est ce fameux ballon. Et donc, ça vaut tout l'or du monde.
- Speaker #1
Alors, ça ne t'a pas fait trop bizarre, toi, de passer de joueur sur le terrain, au milieu de l'entreprise ? Tes anciens coéquipiers, les joueurs des équipes dans lesquelles tu as évolué, comment ils l'ont pris ? Et qu'est-ce qu'ils t'ont fait comme retour ?
- Speaker #0
J'ai reçu des petits messages comme quoi j'étais un escroc. En fait, le foot, c'est que ça. Ça se chambre beaucoup. Mais après, il y en a qui m'ont appelé. C'est 500 nouvelles. Et puis, ils m'ont dit que je peux me filer un ballon. C'est très... C'est très drôle, mais on le fait un peu tous. Encore une fois, ce n'est pas grave. Ils étaient plutôt contents et mes potes sont plutôt fiers de dire que je vais dans les clubs et que je fais partie de l'équipe qui fait le ballon de la Ligue 1 et de la Ligue 2. C'est toujours hyper intéressant. Donc, ils sont plutôt contents.
- Speaker #1
Michel a peut-être une question ou quelque chose à ajouter.
- Speaker #2
Oui, puisqu'on parle un peu du passé et des collègues. Toi, en tant qu'arrière, tu étais arrière centrale. Quel est le joueur connu, si possible, qui t'a fait le plus mal ?
- Speaker #0
le plus mal ? Oui, tellement. Celui qui m'avait impressionné, c'était Romulo Lukaku. À Anderlecht, il avait 16 ans quand il est rentré. Mon coach a dit, fais gaffe, ce joueur rentre. Et j'étais connu pour être plutôt un joueur araigneux.
- Speaker #1
Ah bon ?
- Speaker #0
Donc oui, légèrement. Donc je me suis dit, je vais lui montrer au petit jeune. Sauf que j'ai pris un mur. J'ai rebondi dessus et il allait vite, il sautait haut. Et à 16 ans, j'ai juste été impressionné. Après, il y a eu Eden Hazard aussi, qui était juste formidable. Ça allait très vite. Il y a eu Dede Bruyne, Courtois aussi, dans d'autres styles. Mais si je devais dire le joueur avec qui je me suis un peu fighté, c'était plutôt Lukaku.
- Speaker #1
Satisfait, Michel ?
- Speaker #2
Absolument, merci messieurs-dames.
- Speaker #1
On parle de Ligue 1, on parle des nouveaux ballons, mais alors c'est un sacré challenge, sacré Paris pour Decathlon. Comment on en est arrivé là ? Comment on a décroché ce sésame, ce graal ?
- Speaker #0
Moi je me souviens de l'annonce, moi je l'avais vraiment vécue comme une victoire, j'ai célébré, j'étais dans la voiture, alors je l'ai suée un peu avant les autres, parce qu'il y a un des joueurs dont le président faisait partie du collectif qui décidait pour les ballons, donc il m'a appelé en me félicitant, donc j'ai compris que... on l'avait. C'était un appel d'offres, on était persuadés d'avoir un super ballon. Malgré tout, pour se rassurer aussi et pour voir si on était au niveau, encore une fois, on a utilisé le réseau et on est allé à Brest, à Auxerre, au Havre avec nos ballons pour voir s'ils avaient le niveau aussi. Nous, on le savait, mais il fallait aussi le prouver. Et on a fait quelques clubs comme ça et on a prouvé que notre ballon était bon. Donc, on avait un bon ballon. L'appel d'offres, on pouvait y répondre. Décathlon et Equipstar ont pris un risque au début parce qu'on ne savait pas forcément et la preuve que ça marche, puisqu'on a re-signé 5 ans de plus, on va être le premier équipementier à être renouvelé, à faire 10 ans avec la Ligue de Football Professionnel donc c'est vraiment top et c'est une vraie fierté pour nous Dans le foot, on a plutôt cette image de marque de débutant et le ballon nous a vraiment aidé à montrer que maintenant, ce n'est plus une marque de débutant, c'est aussi une marque d'expert ça reste une marque pour tout le monde Merci. Et aussi maintenant pour les experts. Donc ça nous a prouvé ça.
- Speaker #1
Michel a quelque chose à dire.
- Speaker #2
Quel est le joueur qui t'a procuré le plus de fierté quand il a tapé dans ton ballon ou quand il a mis un but avec ?
- Speaker #0
C'est une bonne question. Alors, le premier but qui a été marqué avec ce ballon, c'était lors du Trophée des Champions, c'est Neymar. Et c'est pas mal. Finalement, c'est pas mal. Et quand on est allé faire la tournée des clubs et qu'on a vu notamment les joueurs du PSG, il y a eu Messi, il y a eu Mbappé. Ouais, on s'est dit, bon, allez, c'est pas mal, ça va aller.
- Speaker #1
Mais tu, on était sûr de nous, on savait qu'on avait un bon ballon. On rentre là dans la cour des grands et donc on a un ballon qui est fait pour les experts. Mais est-ce qu'on n'a pas des contraintes techniques ou un cahier des charges à respecter, justement pour que ce ballon puisse convenir à toutes les nations et à tous les matchs ?
- Speaker #0
Alors, il y a une norme qui s'appelle FIFA Quality Pro. si cette norme n'est pas respectée le ballon ne peut pas être dans les championnats les grands championnats etc c'est vraiment une norme obligatoire donc tu as la sphéricité, tu as le poids tu as le rebond et tu as la résistance avec la fameuse machine de la 2500 shoot à 50 kmh et après on rebascule pour voir s'il est toujours sphérique c'est drôle parce que comme il y a des embosses maintenant sur le ballon ça joue sur la sphéricité
- Speaker #1
La sphéricité, c'est la forme. Oui,
- Speaker #0
c'est la forme, à qui soit bon, tout simplement. On n'est pas un ballon mi-rugby, mi-foot. Mais logiquement, ça va. Et après, il y a aussi la prise de poids avec l'eau. C'est-à-dire qu'il ne doit pas prendre plus de 5% de sa masse par rapport à la prise d'eau. Parce que ça, ça arrivait avant sur les vieux ballons. Maintenant, au thermocollé, on est serein. Mais c'est une norme obligatoire de la part de la FIFA. Mais oui, il y a des caractéristiques immuables. C'est-à-dire que quand on travaille notre ballon... Il y a le poids, la taille, le rebond. Tout ça, on ne peut pas y couper. C'est obligatoire.
- Speaker #1
Donc, toujours les mêmes tailles, toujours le même poids.
- Speaker #0
Toujours le même poids, toujours la même taille. C'est 410-450 grammes. Nous, on s'est mis une marge plus drastique. On va être encore plus précis dans ce qu'on souhaite. Mais ça, tu ne peux pas le changer. En tout cas, tous les ballons de toutes les marques sont dans les normes FIFA.
- Speaker #1
Donc, le designer doit respecter une charte, j'imagine. Mais est-ce qu'il est quand même libre d'apporter sa patte et de faire ce qu'il veut ? D'apporter un peu de fantaisie ? Oui,
- Speaker #0
mais pour le coup, il est vraiment... Oui, il y a des codes à respecter, mais il est plus ou moins libre. Il y a un vrai échange avec la LFP sur ce sujet.
- Speaker #1
Justement, en parlant de ballon...
- Speaker #0
Il me tient particulièrement à cœur, et je pense que pour toi aussi, puisque c'est le ballon du Trophée des Champions. Et c'est le ballon qui a été, en finale du Trophée des Champions, remporté par le Racing Club de France, évidemment. Et donc, en parlant de design, la couleur du Trophée des Champions, c'est cette couleur. On doit s'adapter, trouver le design et encore une fois, je le trouve plutôt réussi.
- Speaker #1
Comme tu dis, le designer est libre et un peu libre tout en respectant les codes de la Ligue. C'est un bel objet. Tout à l'heure, tu parlais d'un objet, ça peut être un objet de collection.
- Speaker #0
C'est devenu, en tout cas pour ce genre de ballon, ça devient un objet de collection.
- Speaker #1
On a parlé des contraintes du design, mais une fois que le ballon y est créé, qu'on pense avoir le meilleur ballon, comment on le teste ?
- Speaker #0
Pour avoir cette norme FIFA Quality Pro. Tu as une batterie de test à réaliser, donc il y a le rebond, il y a la machine de shoot. Machine de shoot, c'est une machine de torture, 2500 shoots à 50 km heure sur une planche.
- Speaker #1
C'est une machine qui lance le ballon.
- Speaker #0
À 50 km heure, c'est répétable. Et nous, en sachant que nos ballons, on les a montés jusqu'à 25 000 pour voir un petit peu s'ils étaient un peu plus haut que la norme. Et oui, ça passe aussi cette norme-là. Donc on va un peu plus loin. Mais tous ces tests labos sont obligatoires pour avoir le FIFA, mais il peut passer tout ça et après sur le terrain être mal venu. C'est là où j'interviens. Je pars dans les clubs pros. Souvent, j'en fais entre 8 et 10. 4 ligues 1, 4 ligues 2, parce que c'est le même ballon. Et là, je vais avec mes ballons, mon questionnaire, et je demande l'avis aux joueurs.
- Speaker #1
Et tu vas dans quel club, par exemple ? Les 8, c'est quel club ?
- Speaker #0
Les clubs, c'est la ligue qui les choisit. Parce qu'on veut une certaine forme d'équité. On veut que tous les clubs puissent nous recevoir. Donc là, les clubs de ligue 1, je les ai tous faits. Les clubs de ligue 2, comme il y a des nouveaux avec le national, etc. Ce n'est pas encore le cas, mais on va corriger le tir. Mais c'est eux qui choisissent. Et c'est aussi les clubs qui veulent jouer le jeu. Parce qu'il y a des clubs, avec les Coupes d'Europe, avec les matchs répétés, c'est hyper compliqué d'y aller et de trouver un créneau. Souvent, c'est la trêve internationale qui nous permet d'y aller parce que c'est un peu plus tranquille. Mais sinon, c'est la Ligue qui choisit. Donc, on a tout fait. On a fait le Paris Saint-Germain, forcément. On a fait Marseille, on a fait Lyon, on a fait Lens, Lille.
- Speaker #1
Et quel est le pire retour que tu aies eu ?
- Speaker #0
alors c'était C'était le pire retour parce qu'il n'a pas joué avec le ballon. C'était un joueur brésilien de l'Olympique Lyonnais, donc je tairai le nom. Il est venu, il a vu le filet de ballon, il prend le ballon, il dit « Ah, pas mal ! » Et là, il tourne, il voit Kipsta, il nous regarde, et il dit « Mais je pensais que la Ligue voulait que l'image de marque de la Ligue augmente. » Et il nous regarde comme ça, il jette le ballon. Waouh ! Et là, après, derrière, on se dit « Mais quelle sauce, on va être mangé ! » Et le pire, c'est que même pendant le jeu, ils poussaient nos ballons pour jouer avec les anciens ballons de la Ligue 1, qui étaient d'une autre marque. Il a empêché les joueurs brésiliens de répondre aux questionnaires. Les joueurs brésiliens, il y en avait un qui a dit « je m'en fous, je réponds » . Et il y a un des joueurs qui était en muscu sur le vélo, il lui a dit « mais toi, tais-toi parce que de toute façon, tu ne fais que des têtes » . Donc il a un peu recadré le joueur et nous, ça nous a marqué parce que c'était le deuxième club qu'on faisait. On s'est dit « mais waouh, là on sait où on va, on sait où on met les pieds, mais on ne s'est pas démonté. » Après, on a vu les autres joueurs et 90% des joueurs avaient apprécié le ballon, donc ce n'était pas grave, mais oui. Celui-là, il te marque un peu.
- Speaker #1
Et à l'inverse, le retour le plus flatteur ou le plus... qui vous a le plus satisfait, quoi.
- Speaker #0
Oui, c'est un entraîneur espagnol du championnat de France qui nous a dit, d'un des clubs qui gagne beaucoup en ce moment, qui nous a dit, je fais plusieurs championnats, votre ballon, il est vraiment incroyable. Et on s'est regardé avec mon collègue Vincent Dufraumont, qui était chef de produit sur le ballon, on s'est regardé tous les deux. On s'est dit... C'est bon, on y va, on quitte là-dessus et on arrête l'aventure. C'était un retour spontané, c'était pas mensonger, il était pas là pour nous flatter, parce qu'il n'a aucun intérêt à faire ça. Et donc ça, c'était marquant.
- Speaker #1
Depuis le début, on parle de ballons Ligue 1, Ligue 2, mais est-ce qu'il y a une différence entre ces deux ballons ?
- Speaker #0
Alors les deux ballons sont exactement les mêmes, sauf au niveau du design. C'est pour ça que je disais tout à l'heure, pour le designer, il a deux ballons chaque année, en tout cas deux, minimum, à produire.
- Speaker #1
Et des contraintes particulières.
- Speaker #0
Et des contraintes particulières selon les couleurs du championnat.
- Speaker #1
Et quand on commence un match, le ballon est tout neuf, il est tout beau tout neuf, mais au fur et à mesure que le match se passe, est-ce que le ballon est changé ou c'est toujours le même ballon ?
- Speaker #0
En fait, le ballon, il y en a tout autour du terrain. Donc le temps de jeu d'un ballon effectif, pour celui qui sort le plus, qui est le mieux placé finalement pour jouer, il ne fait pas plus de cinq minutes. Donc le ballon, il joue cinq minutes. Il y a un roulement, le ballon sort, le ramasseur de balles... rend un autre ballon. C'est systématique pour gagner en vitesse de jeu, notamment maintenant avec la nouvelle règle des touches, on doit mettre 10 secondes pour la jouer, donc ça va très vite. Donc là, un nouveau ballon rentre, c'est un cycle. Et les ballons, parfois, il y a même des ballons potentiellement qui peuvent ne pas rentrer sur le terrain, donc ne pas jouer. Je ne sais plus exactement les chiffres, mais je sais qu'il y a une bonne quarantaine de ballons par match.
- Speaker #1
Alors David, on va faire un petit jeu.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Alors c'est David versus Lya. L'intelligence artificielle. Ok. On a posé la question à l'intelligence artificielle qui nous a fait une réponse. Et donc, forcément, on voudrait avoir la tienne de réponse. Parce qu'on est bien d'accord que, alors je ne sais plus qui disait ça, mais on entend souvent ça, c'est que quand on regarde un match de foot, il y a autant d'entraîneurs et de sélectionneurs qu'il y a de téléspectateurs. Alors, c'est parti. Qui est le meilleur gardien de tous les temps ?
- Speaker #0
Il y en a trop et moi je suis trop chauvin pour... Je vais parler d'un français alors à ce moment-là. Non, il y avait forcément... Si j'en cite, allez, j'ai le droit à deux. Parce qu'il y en a deux qu'il y a Fabien Barthez forcément qui est revenu au devant de la piste et puis il y a Gigi Buffon qui est... Ça m'ennuie parce que l'Italie et la France, il y a une petite rivalité. Moi, DJ Bouffone, qui était incroyable. Sur la durée aussi, il a joué jusqu'à plus de 40 ans et il nous doit une Coupe du Monde en 2006.
- Speaker #1
On ne reviendra pas là-dessus.
- Speaker #0
Non, on ne reviendra pas là-dessus.
- Speaker #1
Bonne réponse, parce que Liaty, Bouffone.
- Speaker #0
Je suis en train de faire mieux que Liaty, c'est quand même incroyable.
- Speaker #1
Tu vois, tu peux le rajouter en fierté.
- Speaker #0
Je vais le mettre en fierté.
- Speaker #1
Le meilleur milieu de terrain de tous les temps.
- Speaker #0
Offensif, défensif, ça Liaty,
- Speaker #1
c'est pas ? Comme tu veux.
- Speaker #0
Si on met milieu de terrain, il n'y a même pas de sujet, c'est Zinedine Zidane.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
C'est ça ?
- Speaker #1
Oui, comme l'IA. Ben dis donc. Le meilleur avant-centre de tous les temps ?
- Speaker #0
Si on parle numéro 9, il y en a deux qui me viennent en tête. C'est Marco Van Basten, qui était un joueur incroyable du Milan SC, mais miné par les blessures. Et le deuxième a été aussi miné par les blessures, mais même blessé. Il chope des ballons d'or. C'est Ronaldo R9. C'est le Brésilien. Pour moi, il n'y a même pas de sujet sur ça. Il a révolutionné la façon de jouer.
- Speaker #1
Tu en as un sur deux ?
- Speaker #0
Il y a Mickey.
- Speaker #1
Il y a Mickey.
- Speaker #0
Ami R9. Oui. Oui, Van Basten, elle n'a pas eu la carrière assez longue. Mais j'adore le joueur.
- Speaker #1
Je connais aussi Van Basten.
- Speaker #0
Ami R9, c'est autre chose.
- Speaker #1
Le meilleur joueur français de tous les temps.
- Speaker #0
Je suis obligé de le redire. Zinedine Zidane. Pas de sujet.
- Speaker #1
Pas de sujet.
- Speaker #0
Ben oui.
- Speaker #1
Et alors, le meilleur joueur toutes nations confondues de tous les temps.
- Speaker #0
De la terre entière. Encore une fois, on va lancer des débats.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mais pour moi, c'est Lionel Messi.
- Speaker #1
Le LIA dit Messi ou Pelé ?
- Speaker #0
Pelé a revendiqué plus de 1000 buts. Et on a moins de preuves. Parce que ce n'était pas filmé. Mais lui, il a révolutionné complètement la façon de jouer aussi. Et Messi aussi. Pour moi, les joueurs, c'est quand ils changent la façon de jouer au football. Messi, il a changé le gabarit et la façon dont il joue. Personne n'a jamais fait ça avant. Et Pelé, je pense qu'à l'époque, c'était exactement la même chose. Et Messi, il est plus 2.0, c'est pour ça que je mets Messi. Après, il y a eu Maradona, il y a eu tellement de joueurs. Mais là, je sais qu'il y en a qui sont contre Messi. Ils sont plus CR7 que Messi. Moi, c'est Messi.
- Speaker #1
C'est quoi le ballon du futur ? Parce que tu as commencé à en parler un peu. Qu'est-ce qu'on peut faire de mieux ?
- Speaker #0
Là, il y a des choses qui se passent. Il peut y avoir des belles histoires aussi, d'avoir un ballon du championnat de France, d'une marque française faite en France. Donc, ça serait des objectifs. Et en plus d'être le plus propre écologiquement possible, ça, c'est à court terme, court et moyen terme. Je pense que c'est des choses qui pourront arriver vite. Et après, à plus long terme, on parlait tout à l'heure de ballons potentiellement connectés.
- Speaker #1
Et ça consiste en quoi exactement ?
- Speaker #0
Alors, le ballon connecté, à l'instant T, c'est surtout pour les arbitres. Et le hors-jeu, avec la caméra, on l'a vu à la Coupe du Monde. Là, si on a questionné, nous, les entraîneurs, les données qu'ils pourraient avoir, ils les ont déjà, via des... C'est surtout sur le joueur. Après, sur le ballon, les infos, ils n'en ont pas forcément besoin. Si on connecte un ballon, ce serait peut-être du côté loisir, où les enfants, avec une appli, comme ils sont très connectés maintenant, pourquoi pas suivre la vitesse de leur frappe, le nombre de jongles, le nombre de dribbles. Ça pourrait être quelque chose de très ludique, mais là, on n'ira pas forcément sur du connecté, puisque ça sert vraiment à l'arbitrage. Et maintenant, avec l'Avar, avec l'IA aussi, qui intervient maintenant sur l'Avar, les hors-jeu. On n'a pas forcément besoin de connecter le ballon pour le moment.
- Speaker #1
Et toi, tu crois que le ballon connecté, ça pourrait éviter des erreurs d'arbitrage ?
- Speaker #0
En fait, je ne le souhaite pas parce que ça fait partie du jeu, l'erreur d'arbitrage. Et je ne suis pas sûr que ça puisse le faire. Je ne suis pas assez spécialiste du sujet pour te répondre vraiment. Moi, je veux qu'il y ait encore des erreurs d'arbitrage parce que c'est ce qui fait aussi la beauté du jeu. C'est ce qui fait débattre dans les PMU. Donc, c'est ce qui est plutôt sain dans le sport. Tout maîtriser, c'est un peu fatigant. Peut-être que ça pourrait, mais si je parle vraiment de mon opinion, ce n'est pas un intérêt. Et les coachs qu'on a interrogés sur ce sujet, qui sont des coachs professionnels ou des préparateurs physiques, nous ont dit que les données, ils les avaient déjà grâce à d'autres outils et que cet outil-là n'était pas forcément utile.
- Speaker #1
Écoute, merci David. C'était passionnant. On a appris plein de choses. L'émission est déjà terminée. Ça passe vite.
- Speaker #0
Ça passait très vite, effectivement.
- Speaker #1
Et alors, comme le veut la tradition... Alors tu sais comment s'appelle ce podcast ?
- Speaker #0
Oh là là, attends, je me relis. Ok, il y a deux lulus.
- Speaker #1
On va te demander de chanter le jingle d'Hécatlon. Est-ce que tu peux me le chanter ? Tu prends ta plus belle voix et t'improvises.
- Speaker #0
Belle voix ! Attends, je vais essayer de le faire. Tu l'es,
- Speaker #1
C'est le plus artistique qu'on ait eu.
- Speaker #0
C'est vrai ?
- Speaker #1
Bravo.
- Speaker #0
C'est le tu-tu de Johnny.
- Speaker #1
Alors, je crois que Michel va intervenir. Ah,
- Speaker #0
il manquait.
- Speaker #2
Oui, juste pour dire que sur le jingle chanté, la VAR confirme, il n'y a pas but.
- Speaker #0
Effectivement, là-dessus, je n'ai pas de débat.
- Speaker #1
Eh bien, merci David.
- Speaker #0
Merci à toi, Raph. Si vous avez aimé ce podcast, et je suis sûr que c'est le cas, parce que c'était passionnant, tu l'as dit tout à l'heure, vous pouvez vous abonner à la chaîne YouTube et sur toutes les plateformes de podcasts. Si c'est bien ça, Raph.
- Speaker #1
C'est tout à fait ça.
- Speaker #0
Eh bien voilà, abonnez-vous.