Speaker #1J'étale les cartes devant moi et je me saisis de la première, l'emploi. L'emploi, il y a une chose qui m'avait passionné quand j'avais travaillé sur mon premier livre, Flash Empire, qui était un livre qui montrait une sorte d'avènement de l'intelligence artificielle vers une singularité. singularité qui avait pour mission entre guillemets de régénérer l'humain quand l'humain disparaîtrait de notre galaxie. Et un des livres que j'avais lu, écrit par un universitaire américain, avait traité le sujet de l'après-emploi sous l'angle d'une fiction qui avait pour principe de montrer une société dans laquelle il n'y avait plus aucun emploi pour les humains, puisque que... l'humain avait réussi à remplacer toutes les tâches de service, les tâches de production, les tâches de création, par des sortes d'intelligence artificielle poussées à leur paroxysme, la singularité, puisque moi c'était le sujet qui m'intéressait. Et alors, c'était une société où en fait, les besoins devenaient quasi ridicules, voire inexistants, puisqu'il suffisait d'appeler puyés sur un bouton entre guillemets pour obtenir le service ou le besoin, l'objet de notre requête. Et alors, ce qui se passait dans cette société où les humains n'avaient plus aucune fonction, c'était que les humains commençaient à s'ennuyer et avaient du mal à se supporter individuellement et se supporter collectivement. Une des conclusions du livre, mais il y en a beaucoup, ce qui n'était pas vraiment des conclusions, qui étaient plutôt des réflexions, c'est de se dire que le propre de l'homme, de l'humain, pardon, c'est d'avoir une fonction autre que simplement la reproduction, le fait de manger, le fait de respirer, de boire, etc. Et qu'il était très difficile d'enlever, ça faisait partie un peu des personnalités individuelles, que d'enlever une tâche qui pouvait leur être propre et qui pouvait leur servir pour un développement. personnel, mais aussi au sein d'une communauté, au sein d'une famille, au sein d'une ville, etc., d'un pays. Donc c'était assez intéressant sur cet angle-là, parce que ça balayait un peu le côté purement mercantile, de dire plus de travail, plus de salaire. En fait, on sait qu'il y a des solutions à ça. Elles sont nombreuses, je ne vais pas les citer maintenant. Mais j'aimais bien cet angle de dire que finalement, la société totalement du loisir, entre guillemets, était une société dans laquelle l'humain ne trouvait plus sa place. Les libertés. Je vais peut-être te surprendre, mais moi, d'utiliser l'IA pour la reconnaissance faciale, notamment dans les espaces urbains, etc., je suis relativement pour. Je trouve que c'est une très bonne idée. Si on peut éviter que les filles se fassent violer, que les petites grand-mères se fassent piquer leur portefeuille, et que plus bêtement que le terrorisme se limite parce que peur d'être attrapé. Moi, je trouve que la reconnaissance faciale, je suis totalement pour. Moi, je suis pour qu'il y ait des caméras à tous les coins de rue. Je n'ai pas de problème avec cette technologie parce que si elle est utilisée décemment, elle a une fonction qui, a priori, est une fonction bonne pour le commun des mortels. On a tous un iPhone dans la poche. On n'est absolument pas dérangé d'être constamment connecté au monde et de manière a priori gratuite. Donc, évidemment, la gratuité n'existant pas. évidemment, il y a un... Il y a un contre-coup. Ce contre-coup, c'est la vente de nos données, c'est le fait de collecter nos données. Elles sont utilisées à des fins qui sont bien pires que les caméras au coin de rue qui vont reconnaître les visages. Il y a des fous partout. Et si on développe des outils pour justement contenir cette folie, moi... A priori, je n'ai pas de soucis particuliers. Ça ne me dérange pas que mon visage soit rangé dans un petit catalogue informatif au cas où un jour je deviendrai un serial killer. Je pense que ça a une vraie fonction, en tout cas collective. Ah, réalité. La réalité qui m'intéresse avec l'intelligence artificielle, c'est d'aller vers l'infiniment petit. de manière exponentielle, et d'aller vers un affiniment grand de manière exponentielle. C'est-à-dire que ce qu'on ne peut pas voir à l'œil nu, ou ce qu'on ne peut pas voir avec un télescope ou un microscope, on va pouvoir l'amplifier. D'ailleurs, on le voit même que dans l'imagerie médicale, l'intelligence artificielle, et ça ne fait aucun débat, a une utilité absolument incroyable, puisqu'elle permet de détecter des micro-problèmes en devenir, là où l'œil humain a finalement été relativement limité. Donc, on voit déjà que les fonctions, elles sont... extrêmement positive. Personne ne mettra ça en doute. Pour l'infiniment grand, c'est un peu la même chose, c'est-à-dire qu'on est en train de remettre en question le Big Bang. Aujourd'hui, notre vision de l'univers, elle est limitée à la possibilité de voir les limites, et nos limites, elles sont limitées à une certaine distance. Grâce à l'IA, une fois de plus, on va pouvoir rendre exponentielle cette vision, et peut-être même remettre en question le début de notre univers. Donc là aussi, dans le récit commun de notre Euh... de notre vie, dans le récit commun que l'homme a fabriqué, sur un plan scientifique, mais aussi sur un plan mythologique, puisque c'est à partir du récit commun que l'homme est devenu, et cessé d'être un sauvage, est devenu un homme, enfin un humain. À ce moment-là, en effet, on va pouvoir utiliser l'IA pour amplifier démesurément ces données-là. Éducation. Je pense que l'école de demain, elle existe déjà aujourd'hui. Je ne pense pas que demain, il va y avoir une révolution débile où on va apprendre de son téléphone. Il y a de nombreuses études qui montrent que le passage obligé, on est des humains, on est physique, on a besoin de se parler, on a des sens qui sont là pour ça, qui sont là pour nous aider à communiquer entre nous et à vivre dans des environnements qui sont complexes. Donc moi, je ne pense pas que l'école de demain, enfin, je ne souhaite même pas que l'école de demain ce soit rester chez soi dans son lit avec un écran et à recevoir des informations invérifiables, puisqu'on n'aura pas les compétences pour le faire, alors qu'aujourd'hui, on se rend bien compte que, et d'ailleurs chacun individuellement, là où on a été bon à l'école, en général, c'est parce qu'on a eu un enseignant de qualité. Je ne parle pas d'un enseignement, je parle d'un enseignant de qualité qui nous a donné envie de pousser plus loin. Que ce soit en histoire géographique, que ce soit en mathématiques, en français, en langue étrangère ou en science, c'est la manière dont l'enseignant a réussi à nous intéresser via des expériences qui sont des expériences physiques, orales, où on a eu la chair de poule, où on a senti que tout d'un coup, à un moment donné, on rentrait en communion presque avec ce que le professeur nous expliquait. L'écran a des avantages, enfin je veux dire, les applications ont des avantages, mais aujourd'hui, j'ai du mal à me dire... que l'humain tel qu'on est aujourd'hui, alors après peut-être qu'on aura un humain 2.0 qui sera amplifié, dans quel cas, et je remets en question ce que je viens de dire, il suffira de se brancher avec un jack pour insérer des données qui nous permettront de sauter 5 années de... Voilà, moi je ne pense pas que ça ce soit le monde que j'ai envie de rêver, en tout cas pour demain. Je ne vois pas un système éducatif très très loin de systèmes éducatifs que je connais déjà aujourd'hui, qui sont évidemment alternatifs, qui n'ont pas une place énorme encore dans les sociétés, mais pour lesquels je pense que demain, ces systèmes-là devraient prendre beaucoup plus de place. Science. Science, la religion. Et oui, la science, la pauvre, elle est malmenée. Elle est malmenée avec l'IA. Elle est malmenée parce qu'à la fois, l'IA est un allié et à la fois, est un ennemi. Elle aide évidemment la médecine, elle aide la santé. Je pense qu'elle doit aider d'une certaine manière même, non pas les études, mais le développement. Des médicaments, c'est une évidence. Des recherches de traitement pour les maladies soi-disant incurables. Elle va évidemment plus loin. On parlait justement des nanorecherches, la nanorecherche. Évidemment, on va gagner des centaines d'heures, des centaines peut-être d'années de recherche grâce à l'informatique en général. Et puis, c'est l'ennemi aussi de la science parce que l'IA a tendance à remplacer la parole des scientifiques. C'est grâce à la recherche intelligente des humains utilisant l'IA que les politiques peuvent prendre conscience davantage. Parce qu'on peut simuler des schémas qui sont très visuels, et le visuel parle davantage aux politiques d'une certaine manière, où on peut montrer l'évolution des océans, on peut montrer l'évolution de l'atmosphère, on peut montrer l'évolution tout bêtement d'un arbre en Amazonie, et comment, année après année, tous ces habitants, que ce soit... insectes, animaux, diverses mammifères ou même végétaux d'épérisse version grand V donc les simulations qu'on peut générer grâce à l'IA sur 20, 30, 40 ans nous permettent aujourd'hui d'avoir une vision assez claire de la planète si on ne bouge absolument pas, ce qu'on fait à peu près aujourd'hui, comme un commun accord, on peut voir exactement à quoi la planète ressemblera. La société de demain, elle est liée à tellement de décisions collectives qu'on va prendre. C'est un moment assez charnière. J'ai l'impression qu'il y a eu la révolution industrielle au XIXe, et j'ai l'impression qu'on est en train de vivre une autre révolution. L'IA en fait partie, mais elle n'est pas tout. Je pense que c'est une des données, mais c'est plutôt de réfléchir à un nouveau modèle. On voit qu'on arrive enfin sur le plan mondial. On voit qu'on n'y arrive plus, on voit que les humains continuent à se faire la guerre, les humains continuent à avoir une vision très individualiste du monde, on voit que les États ont du mal à vivre ensemble, à travailler ensemble, et puis la première victime, c'est la planète, et comme on le disait tout à l'heure, et nous, évidemment, faisant partie de la planète, on en est la victime. Donc, je n'ai pas une vision très précise de demain, je sais en revanche que le demain, il peut être. merveilleux. C'est-à-dire que si tout d'un coup, il y avait une prise de conscience, un peu comme j'ai cru qu'il y aurait à la sortie du Covid, je me suis dit tiens, ça y est, grâce au Covid, la bonne chose du Covid, c'est qu'on va réussir à faire du collectif. On va réussir à être... Quand je dis collectif, c'est sur un plan planétaire. On va réussir à avoir presque une gouvernance planétaire. On va réussir à prendre des décisions planétaires pour le meilleur de l'humain. Et pour fabriquer un meilleur humain, entre guillemets. Et puis en fait, bon... Ça ne s'est pas passé comme ça. Donc je me dis que là, maintenant, on arrive un peu en bout de système. Et j'espère que le réveil va être collectif et imminent. Parce que malheureusement, on a une petite dizaine, quinzaine, peut-être vingtaine d'années de champ de tir. Mais après, je ne sais pas. Après, ce sera un peu compliqué.