- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur Uchronia. Je suis Pénélope Solette, je suis accompagnée, as usual, par le professeur John Mc McLoughlin. Bonjour professeur. Bonjour. Et pour cette séance, en qualité de témoin du jour, nous recevons aujourd'hui Charles Grady. Vous êtes directeur et fondateur de l'École supérieure de téléphine internationale et de gardiennage de Lausanne, la SHINING, et professeur à l'Institut d'administration des entreprises de l'Université Bourgogne-Europe. Bonjour !
- Speaker #1
Bien le bonjour à toutes et à tous et merci pour votre invitation.
- Speaker #0
Uchronia, les chroniques du temps latent. Aujourd'hui, au sommaire de notre émission, nous allons mettre en lumière, c'est le cas de le dire, le film The Shining, réalisé par Stanley Kubrick et sorti en salle en 1980. J'y étais. Un classique du film, fantastique, un bijou du 7ème art, illustrant une terreur intemporelle et un symbole ultime d'une décennie de l'horreur au cinéma. Un film qui repousse les limites de la catégorisation et du genre. Il faut vous dire que nous avons été harcelés à l'âge par les demandes de nos auditeurs sur le sujet. Cette séance, écrite littéralement aux petits oignons, sera en immersion complète dans le magnifique mais quelque peu lugubre Overlook Hotel. Ce voyage sera ponctué de quelques respirations musicales avant de terminer par nos recommandations évidemment subjectives, la séance Actu Cronia. Alors messieurs, pour nous mettre directement dans l'ambiance, je vous propose de danser la procédure d'accès au McLoughlinarium. En effet, monsieur Grady, le professeur nous a préparé une petite surprise.
- Speaker #2
C'est parti !
- Speaker #1
Très bien, je vous suis.
- Speaker #2
Alors, voilà, donc notre plateau descend d'une dizaine de mètres.
- Speaker #0
Pensez à garder les bras le long du corps.
- Speaker #1
Ah oui, oui, ça bouge là.
- Speaker #2
Attention, donc... Nous allons vers une pièce bunker sécurisée.
- Speaker #1
Oh, ça tremble ! Oui,
- Speaker #2
attention, attention, pas trop près du bord !
- Speaker #1
Je ne savais pas que aussi l'environnement ici à la radio pouvait se modifier.
- Speaker #2
Oh,
- Speaker #0
quelle splendeur ! Mais ne se croirait-on pas devant le fameux Overlook Hotel, professeur ?
- Speaker #2
Nous sommes en plein cœur du Colorado, au pied de cette bâtisse recréée pour les circonstances, et caractérisant le déclin de l'influence européenne en architecture.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai, vous avez raison professeur. Stanley Kubrick avait demandé une prise de vue de tous les grands hôtels aux Etats-Unis, afin d'entièrement recréer les lieux pour faciliter le tournage dans les studios britanniques. Pour la petite histoire, la qualité, la quasi intégralité de l'équipe technique du film, c'est même demander s'il n'aurait pas fallu créer un hôtel en vrai, en dur, plutôt que celui qui était fait en bois et en carton pâte, tant que je crois que le coût a été faramineux.
- Speaker #0
Je me demande comment ils ne laissaient pas se trouver ruinée juste avec ce décor. Écoutez messieurs, abordons si vous le voulez bien notre premier sujet. Alors, dites-moi, selon vous, quelles pouvaient bien être les inspirations pour notre réalisateur en vedette, Stanley Kubrick ?
- Speaker #2
En 1966, Stanley Kubrick a annoncé à un ami son envie, comme ça, de tourner le film le plus inquiétant au monde. Et certainement pour rendre hommage à Alfred Hitchcock. et dix ans plus tard, le roman de... Stephen King, The Shining, atterrissait sur le bureau du réalisateur et un chef d'oeuvre visuel était né.
- Speaker #1
Oui, et vous parliez de Stephen King, il est déjà reconnu à l'époque pour son roman. ...Carrie, et avant même l'adaptation de ce film au cinéma par Brian De Palma, qui lui était déjà connu pour son Phantom of Paradise. Et c'est vrai que...
- Speaker #2
Alors ça allait aussi dans l'air du temps aussi.
- Speaker #1
Tout à fait, professeur.
- Speaker #2
On était véritablement dans une veine assez puissante des films d'horreur aux Etats-Unis et dans le monde.
- Speaker #1
Et je pense qu'on y reviendra.
- Speaker #2
Comme il l'avait fait avec son film de guerre, Stanley Kubrick bien sûr, le film de science-fiction est le film en costume. Kubrick souhaitait s'attaquer à tous les genres et donc évidemment aux fantastiques. L'adaptation de Shining allait de soi et quel est l'auteur de l'époque le plus en vue ? Et le plus terrifiant ? Stephen King, bien sûr.
- Speaker #0
Mais dites-moi, quelle est la différence entre le film Shining et le livre Shining ?
- Speaker #2
Alors, la plus grande différence... et que Danny Torrance,
- Speaker #1
l'enfant, est le personnage principal du livre. Mais c'est Jack, le papa, et donc il y a aussi la maman Wendy, mais donc c'est Jack qui est le personnage principal du film. Et Dick Halloran, qui incarne le chef de cuisine télékinésique de l'Overlook Hotel, il joue un rôle assez... C'est important dans le livre beaucoup plus que dans le film, même s'il est en toile de fond.
- Speaker #2
Il est relativement signifiant. Le film tourne autour de trois acteurs principaux.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Mais dans le livre, effectivement, c'est quand même l'enfant qui a le shining.
- Speaker #2
Peut-être qu'effectivement, Stephen King n'a peut-être pas apprécié que Jack, le héros du film de Kubrick, lui ressemble autant. Évidemment, lui rappelant une triste période. d'alcoolisme dans lequel Stephen King s'était plongé, évidemment. Oui, oui,
- Speaker #1
non, mais c'est ça. Stephen King, à l'époque, utilisait souvent des pseudonymes, et c'est vrai que cette histoire lui avait été inspirée par un week-end avec sa femme au Colorado, mais c'était vraiment une époque très sombre pour lui. jusqu'à un accident de voiture beaucoup plus tard. Mais là, on a quand même et Kubrick, et King, et Nicholson, et je ne vous parle pas du fameux Redrum, mais encore 45 ans après, Shining reste un vrai chef-d'oeuvre. C'est une vraie alchimie entre un auteur, l'adaptation et l'acteur qui vient personifier tout ça.
- Speaker #2
Peut-être le plus grand des films d'horreur, finalement.
- Speaker #1
Certainement.
- Speaker #0
Euh, dites-moi monsieur Grady, que vous avez la parole. Gardez-la s'il vous plaît, pourriez-vous nous présenter votre activité quotidienne ?
- Speaker #1
Alors, c'est vrai que j'ai eu l'opportunité de développer une activité assez particulière. Ça devait être au départ une école de cuisine, une école d'hôtellerie, mais bon, suite au décès de mon arrière-grand-père, qui fut gardien et concierge dans un grand hôtel, et qui n'a pas supporté l'isolement avec sa famille, durant des mois coupés de toute interaction humaine. Et c'est ce que l'on nomme techniquement aujourd'hui le fameux mal des cachots. C'est une claustrophobie lorsque des personnes sont enfermées ensemble. Et on retrouve cette problématique tant sur des bateaux, il y a de nombreuses familles qui se lancent sur des tours du monde, en mode école à la maison sur un voilier géant. Et de plus en plus dans les sous-marins, chez les gardiens de phare, dans les refuges en haute montagne. qui reconditionnent ça des fois en tiers lieu, en espace de coworking. Il y a aussi les zones semi-arides, on parle en ce moment du Groenland. Il y a les réserves naturelles où la présence humaine est souvent sporadique. En tout cas,
- Speaker #0
fortement limitée.
- Speaker #1
Et fortement limitée, mais il faut souvent entretenir des lieux pour assurer les besoins de secours à la personne, pour faire face aussi à des aventuriers. Et faire le ménage également. Et faire le ménage. Mais donc, c'est vraiment être à la fois un gardien, un concierge. On peut être aussi cuisinier, porter les premiers secours, réaliser des travaux de plomberie, de travaux électriques. De mettre sous fer, finalement. C'est tout à fait ça. Et surtout, supporter l'isolement. Et donc, chaque stagiaire dans les grands groupes hôteliers sont envoyés obligatoirement par son futur employeur dans nos locaux pour un stage d'immersion de 15 jours préalable à la prise de poste.
- Speaker #2
Oui, mais tout habillé !
- Speaker #1
Tout à fait !
- Speaker #0
Merci beaucoup, monsieur Gwadi. Je vous en prie. Merci, monsieur le professeur, pour la petite remarque. Notre deuxième sujet, c'est la séquence « Mitch and Pitch » . Je pensais d'ailleurs l'intituler « Horreur et décadence » . Alors, professeur, pourriez-vous nous faire le pitch ?
- Speaker #2
Oh, je vais y nier. Donc un film avec des interpréteurs du commun, Jack Nicholson, Shane Edival et Scatman Crothers. Splendeur sauvage du paysage, une voiture serpente sur une route de montagne. Stop devant un palace des années folles, isolé, désert. C'est le jour de la clôture annuelle. Le personnel ne reviendra qu'au beau jour. Jack a accepté de passer l'hiver ici avec sa femme et son fils, pour assurer l'entretien des lieux, comme notre invité. Écrivant en mal d'inspiration, il espère pouvoir achever dans cet ermitage de luxe le roman qu'il porte en lui, mais... Cet univers insolite voit la réalité déraper.
- Speaker #1
Oui, vous avez tout à fait raison, professeur. C'est l'histoire d'un écrivain en panne d'inspiration qui va presque tomber dans le spleen. Jack Torrance, donc Jack Nicholson, accepte d'assurer le gardiennage de l'hôtel Overlook, qu'on estime situé dans le Colorado.
- Speaker #2
Mais à un moment, d'ailleurs, le film se situe dans l'espace et dans le temps, d'ailleurs.
- Speaker #1
Ah
- Speaker #2
C'est pas quand est-ce que ça se passe, au final c'est un aspect très hors du temps, comme dit cet aspect d'intersaison figé l'ensemble dans l'instant.
- Speaker #1
on a plus de pendule on voit bien que l'isolement, le froid un terrible fait d'hiver décrit par le directeur de l'hôtel avant de se sauver survenu des années bien auparavant auront raison de la santé mentale de Jack. Et avec cet hôtel qui est certainement à considérer comme un des personnages principaux du film.
- Speaker #0
Je crois que Stan McPiggy était fasciné par ces trajectoires d'hommes pris au piège, soit par leur génie ou surtout par leur contradiction je crois.
- Speaker #2
Comme son film favori absolu qui n'est d'autre que... Le spectacle commence, une comédie musicale de Bob Fossey, sortie en 1979, où Joe Gideon, alias Roy Scheider, chorégraphe et réalisateur, qui tente de monter un nouveau spectacle à Broadway, tout en gérant une vie privée éclatée entre son ex-femme, sa maîtresse et ses excès de boisson.
- Speaker #0
Et sa petite-fille. Tout à fait. Merci messieurs, c'était absolument passionnant. Je vous propose maintenant une respiration musicale, directement. Inspiré par notre sujet du jour, Instant Karma, interprété par John Lennon. C'est une car, Yeah, keep it real ! Listen, I was gonna get you.
- Speaker #1
Gonna flip you right in the face.
- Speaker #2
Better get yourself together, darling.
- Speaker #1
Short the human race. I don't know what they're gonna see. Better recognize your brothers Everyone you meet Why the world do we live for ? You're not the same I'm in pain and fear Why are you there ? When you're everywhere You're against your death When you're harsh I'm harsh Yeah, yeah, all right, all right, all right, we all got much, back to the war, and the star, and the star.
- Speaker #3
Et le temps est venu, et nous sommes venus.
- Speaker #1
Je ne vais pas vous blesser, je vais juste vous battre dans les oreilles. Je vais vous battre dans les oreilles.
- Speaker #0
Ne me cherchez pas à changer de station, vous êtes bien sur Ucronia, les chroniques du temps latent. Bon messieurs, je vous propose maintenant d'aider nos auditeurs à faire la part des choses, entre la notion d'horreur, de terreur, et peut-être débroussailler un petit peu les catégories sous-alcindes, parce que là, avec tout ce qu'on a dit tout à l'heure, on s'y perd un peu, non ?
- Speaker #4
Il faut resituer un petit peu les choses. Les États-Unis sortent de la guerre du Vietnam. Ils ont tous souffert psychologiquement dans leur chair. Et évidemment, les années 70 sont la quintessence des films d'horreur, alors qu'ils ne sont pas que des films d'horreur. C'est-à-dire que c'est des films innovants aussi visuellement et dans les histoires aussi narrées. Et tout commence évidemment par l'un des films les plus marquants qui est Rosemary's Baby de Polanski. Et la nuit des morts vivants de Romero, qui évidemment précède le terrible assassinat de Sharon Tate en 69.
- Speaker #5
Oui, vous avez tout à fait raison, professeur. Et alors ça, ça inaugure les années 70. On va avoir 1971, Orange Mécanique.
- Speaker #4
De Kubrick.
- Speaker #5
De Stanley Kubrick.
- Speaker #4
Une main incroyable quand même, Orange Mécanique. où l'idée c'est de se projeter dans le futur en imaginant une société hyper violente, où les jeunes adolescents feraient n'importe quoi et assouviraient tous leurs fantasmes les plus... plus terrible.
- Speaker #5
Et un film qui a fasciné ne serait-ce que par son affiche, mais qui a terrorisé des générations de censeurs et des générations d'enfants.
- Speaker #0
Là on est bien d'accord, là on parle de terreur, comme pour Rosemary's Baby, on parle bien de terreur.
- Speaker #5
Oui, on n'est pas sur le courant trauma qui va se développer dans les années 70.
- Speaker #0
Il n'y a rien d'horrifique, en revanche on tremble réellement devant les images.
- Speaker #5
L'année d'après, 1972, on a deux approches. Il y a l'autre, une histoire de jumeaux, comme par hasard, ou la dernière maison sur la gauche de Wes Craven, son premier film. Donc on est un peu dans cet esprit qui va aller dans le malsain. Et il n'y a pas du tueur en série, parce que là on est entre des rednecks, des personnes qui sont cachées presque au milieu du désert. C'est un peu bizarre.
- Speaker #4
Alors en même temps, ce ne sont pas des films où on joue à se faire peur. Ce n'est pas la nuit d'Halloween. Là, on est véritablement dans l'horreur. L'idée, c'est de glacer l'audience.
- Speaker #5
C'est ça. Et alors, on va avoir encore un autre stade l'année d'après 1973 avec l'exorciste de William Fredkin. 1974, là ça arrive.
- Speaker #4
L'Exorciste quand même, qui est un film particulièrement malin. Qui est génialissime. Qui démarre avec beaucoup de subtilité, avec un film qui... Oui, Pénélope ?
- Speaker #0
Non, non, pas du tout. La mère... Bip ! En enfer !
- Speaker #5
Ah vous le faites très bien,
- Speaker #0
n'hésitez pas Non mais beaucoup répété, oui c'est moi qui doublais la petite fille.
- Speaker #4
Et donc ce film démarre avec presque un concept un petit peu scientifique, on essaie d'analyser comme ça le parcours de cette petite fille, est-ce qu'on pourrait pas trouver des troubles de comportement et puis ça dérape évidemment avec l'apparition du malin, mais vraiment fantastique à voir absolument.
- Speaker #0
Et du coup bah...
- Speaker #5
Un an après, 1974, Massacre à la tronçonneuse. On revient à l'horreur. On revient à l'horreur et encore sous une autre forme.
- Speaker #0
Sanglante, totalement sanglante.
- Speaker #5
C'est ça.
- Speaker #4
Et ensuite, alors évidemment, le climax, les dents de la mer. Le film qui a empêché les gens d'aller se baigner dans la mer. Et avec une telle subtilité sur l'apparition du requin qu'on ne voit jamais.
- Speaker #0
Les stations balnéaires en ont beaucoup voulu à Steven Spielberg.
- Speaker #4
Et puis surtout cette angoisse de nager en pleine mer sans sentir la terre sous ses pieds. du génial évidemment Steven Spielberg et puis 76 donc l'année d'après Carrie de Stephen King qui avait écrit le roman en 73 et qui a été adapté de façon géniale par Brian De Palma qui signe peut-être son plus grand succès en salle et puis donc l'année d'après comme un espèce de cycle tous les ans vous aviez un énorme film d'horreur qui cartonnait Merci. visuellement et en salle puisque le public en demandait La Colline à des yeux de Wes Craven l'un de ses plus gros succès avant Les Griffes de la Nuit et qui évidemment a marqué peut-être l'un des points de départ des films de zombies également mais c'est cultissime évidemment et puis ça enchaîne toujours
- Speaker #5
1978 alors là Halloween La Nuit des Masques 1979 Amityville D'un côté, la maison possédée.
- Speaker #0
C'est normal, elle avait été construite sur un ancien cimetière indien. Ah ouais, tiens. Oui, et puis surtout... Les scottes ne m'écoutent jamais.
- Speaker #4
Qui n'a jamais vu au fin fond d'un quartier une maison abandonnée, un petit peu délabrée, où on se dit, bah tiens, en tant qu'enfant, on pourrait y aller. Et au final, cette maison...
- Speaker #0
Pas capable d'aller frapper à la porte.
- Speaker #4
Exactement, et qui devient en fait la porte vers l'horreur. Absolument génial.
- Speaker #5
Alors toujours cette année-là, Alien, les scottes, le xénomorphe. Et puis, du coup, avec Shining, on termine un cycle, quelque part.
- Speaker #4
Mais on termine ce cycle par une œuvre magistrale, qui finalement, quelque part, amène aussi le cinéma des années 80 à passer à autre chose. Puisque, qu'est-ce que vous voulez ? Surpasser Shining et
- Speaker #5
Kubrick. Et c'est peut-être parce que, alors professeur, vous allez peut-être pouvoir nous préciser ça, mais on arrive à ce qu'on appellerait le sous-genre d'horreur psychologique.
- Speaker #4
Alors, oui, voilà, tu mets en scène des tensions psychologiques. de peur et de suspense qui suscite des sentiments d'angoisse et de malaises chez le public. Alors pourquoi voulez-vous faire partir le public de l'audience ? Parce qu'il en demande bien sûr ! Et donc plutôt que de miser uniquement sur la violence graphique, visuelle ou les effets de surprise, l'horreur psychologique se concentre sur les expériences psychologiques et émotionnelles des personnages, explorant souvent leurs peurs, leurs angoisses, nos angoisses et nos peurs. et 8 points dans nos perceptions les plus profondes. Évidemment, les pionniers sont en psychose de Hitchcock et le... Et le cabinet du docteur Caligari, et évidemment Frankenstein dans les années 30.
- Speaker #0
Ah oui, c'est des années que vous avez bien connues.
- Speaker #4
Tout à fait, encore jeune et beau.
- Speaker #5
Alors après, vous allez avoir aussi un autre recoupement avec ce que l'on voit ici, ce qu'on appellerait le sous-genre de l'horreur folklorique, qui aborde, comme vous l'avez très bien dit, avec ce fameux cimetière indien, des thèmes tels que le folklore rural, les croyances païennes, les éléments surnaturels ou étranges associés aux milieux ruraux ou isolés.
- Speaker #4
Comme les films de vampires par exemple entre Sylvainie.
- Speaker #5
C'est ça. Donc c'est un genre qui vise à explorer le choc entre les traditions anciennes, souvent préchrétiennes, et la société moderne. Quand ce qu'on appellerait aujourd'hui les néo-ruraux viennent dans la nature sursourcée, et n'ont pas l'habitude d'entendre des pivères taper sur les rondins de bois. Ils n'ont pas les codes.
- Speaker #0
Ils n'ont pas le manuel.
- Speaker #4
Quelque part, un petit peu comme Metal Juice.
- Speaker #5
Quelque part. Et donc, on va brouiller comme ça une frontière entre le naturel et ce qu'on appellerait un surnaturel.
- Speaker #0
Il me semble, monsieur Grady, que vous êtes venu avec un enregistrement, je crois, un capité en off au moment du tournage du film.
- Speaker #5
Alors, ce n'est pas faux. Je vais essayer de vous retrouver ça. Ah,
- Speaker #0
s'il vous plaît.
- Speaker #4
All work and no play makes check. That dill boy. Trop de travail et pas de loisirs. Hors de jatte. Ennuyeux.
- Speaker #5
Alors, je pense que ça a été une prise sur cassette qui avait été faite. par Wendy lors du point de bascule de Jack et qui, elle devait je pense transmettre cet enregistrement à la police mais Jack avait déjà arraché le transistor de la radio et en fait il faut savoir que Stanley Kubrick a supprimé de nombreuses scènes du film pour conserver une certaine tension et éviter le simplisme explicatif il voulait c'est un des éléments que reprochait Stephen King qu'on aille pas dans dans l'explicatif de la fin. Et par exemple, sur la fin du film, je ne vais pas vous spoiler, mais du coup, Stanley Kubrick a coupé 20 minutes. Donc voilà, le film s'arrête au bord du labyrinthe.
- Speaker #0
A contrario, il maintient la scène de la baignoire, n'est-ce pas professeur ?
- Speaker #4
Tout à fait. Et lorsque les moments de pure détente deviennent des instants d'angoisse, évidemment, un prime à jamais dans la rétine. Horribilis, apparence, Freddy... The Machinist, Black Swan, à partir du moment où ces scènes sont d'un visuel si puissant, le film devient culte.
- Speaker #5
Oui, c'est ça. On est vraiment sur l'isolement, le froid, l'alcool, parce que le film le montre très bien. Et un terrible fait d'hiver aura raison de la santé mentale de Jack.
- Speaker #4
La force quand même, ça reste ce mouvement permanent aussi des images où finalement on est toujours pris en haleine et avec quasiment aucun temps mort. Le film passe relativement vite malgré ses longueurs.
- Speaker #5
C'est vrai.
- Speaker #0
Pourquoi il y a des longueurs ?
- Speaker #5
Non, pas spécialement.
- Speaker #4
Non, après il y a des temps faibles comme dans tous les films.
- Speaker #5
Mais c'est peut-être pour avoir une certaine respiration du spectateur. Moi quasiment le seul reproche esthétique que j'ai à faire à ce film c'est la typographie qu'on a dans l'intro mais c'est peut-être pour donner une fausse image parce que donc on voit Shining écrit en bleu. C'est pas assez esthétique dans la typographie mais c'est peut-être pour faire baisser la garde du spectateur parce que tout le reste est magistral.
- Speaker #4
C'est sûr qu'on assiste à la descente au enfer d'un personnage. principal est tellement sombre et noir qu'on a du mal à le suivre quand même. Et c'est ce qui vous glace le sang finalement.
- Speaker #0
Merci messieurs pour cet échange captivant. Je vous invite à présent pour une autre respiration et un nouveau voyage créatif. Et cette fois c'est Stromae avec Papa Ote.
- Speaker #6
Dites-moi d'où il vient, enfin je saurais où je vais Maman dit que lorsqu'on cherche bien, on finit toujours par grouver Elle dit qu'il n'est jamais très loin Il part très souvent travailler, maman dit travailler c'est bien, bien mieux qu'être mal accompagné Pas vrai, où est ton papa ? Dis-moi où est ton papa ? Sans même devoir lui parler, il sait ce qui ne va pas Ah sacré papa, dis-moi où es-tu caché ? Ça doit se faire au moins mille fois que j'ai compté mes doigts
- Speaker #2
Hey ! Vous avez pas de faute à vous, là ! Vous avez pas de faute à vous, là !
- Speaker #6
Quoi ? On y croit ou pas, y'aura bien un jour où on n'y croira plus. Un jour l'os sera tous papa et d'un jour à l'os on aura disparu. Serons-nous détestables ? Serons-nous admirables ? Des géniteurs ou des génithes ? Nous qui donnait sont aussi responsables ? Ah, nous aussi ! Ça, tout le monde sait comment on fait des bébés, mais personne sait comment on fait des papas. Monsieur, je sais qu'on aurait hérité, c'est ça, faussité de son pouce, quoi ! Si nous on s'est caché, ça doit faire au moins mille fois qu'on a,
- Speaker #2
on fait nos doigts.
- Speaker #6
Et dis-moi où est ton papa ? Son même devoir est parlé, c'est ce qui ne va pas. Assagré papa, Laissez-moi où est ce caché ? Sa droite, ferme-moi, m'y fais cacher, Tentez mes doigts,
- Speaker #2
Je suis un p'tit fantôme,
- Speaker #0
Ne changez pas de fréquence, vous êtes bien sur Uchronia. Uchronia, les chroniques du temps latent.
- Speaker #4
C'est toujours sympathique d'écouter un petit peu d'orgue. D'ailleurs, la musique dans ce film et les bruitages sont vraiment au service de l'étrange. Ça rappelle de mon temps. On regardait beaucoup le cinéma muet et je trouvais que l'effet visuel, l'impact... visuel de Shining rappelait les grandes heures du muet, avec le fait d'insister sur la mécanique sonore, la machine à écrire, ce bruit incessant du tricycle, des pédales du tricycle rouillées. Des portes d'ascenseur également, et évidemment le son le plus terrifiant de ce film étant... Le plus sinistre. Et le plus sinistre, qui reste encore en mémoire de tous ceux qui ont vu le film, et cette fameuse hache qui traîne au sol dans un bruit, dans un grincement absolument assourdissant, et volontairement laissé traîner par Jack, et qui évidemment nous glace le sang. Alors, au lieu d'embaucher un arrangeur sonore quelconque, comme pour Barry Lyndon, Kubrick a confié la responsabilité musicale à Gordon Steinfeld, un monteur d'image. et de son état. Et le travail de celui-ci a été déterminant dans la création du paysage sonore unique, absolument unique de ce film.
- Speaker #5
Et puis, on a entendu cette musique de Wendy Carlos, qui est fortement inspirée de Berlioz. J'aurais tendance à vous dire la symphonie fantastique, à partir d'un des actes de cette...
- Speaker #4
de cette oeuvre musicale mais qui va proposer une bande originale vraiment glaciale et une sorte de déshumanisation omniprésente et assourdissante puisque la bande originale du film est vraiment puissante elle vous occupe en fait véritablement dans l'esprit et vous empêche de réfléchir voilà, qu'est-ce qu'il s'est dit ?
- Speaker #5
quelqu'un qui vous a reconnu ? sûrement, oui,
- Speaker #0
une fan
- Speaker #5
C'est vrai que c'est un film qui va transcender les codes du genre et qui va permettre aux spectateurs de ressentir la violence et la psychose du protagoniste, mais aussi de saisir l'origine de ce malaise. L'inconnu est l'une des choses les plus terrifiantes que l'on puisse affronter. Et ce film construit son intrigue précisément autour de cette idée.
- Speaker #4
Donc Shining est quand même le 11ème film de Kubrick. On pourrait aussi le voir comme son chef-d'oeuvre. Et le quatrième de suite à recourir largement à la musique déjà existante pour sa bande sonore. Après 2001, l'Odyssée de l'espace de 68, Orange Mécanique dont on a parlé un peu avant en 71. Et évidemment le magnifique Barry Lyndon et ses épopées d'un peu l'énème de 75.
- Speaker #5
Oui, et ces quatre films définissent les complexités et les subtilités de la relation de Kubrick avec la musique préexistante. Spécifiquement, une sorte de musique savante, de l'art-musique qu'on retrouve dans ces bandes sonores. Je pense encore une fois à la bande son de 2001, l'Odyssée de l'espace. Alors que ces quatre premiers films ont été des bandes sonores originales, composé de mémoires par Gérald Fried Kubrick a utilisé ensuite les services des arrangeurs comme Nelson Riddle pour Lolita Laurie Johnson, Dr Strangelove Riddle a aussi... Dr Fallamore vous voulez dire ? Tout à fait, c'est vrai, excusez-moi Riddle a composé des motifs qu'on appelle des cues mais c'était aussi sa souplesse qui pouvait faire combiner des musiques originales et préexistantes qui a attiré Kubrick Merci.
- Speaker #4
Oui, alors il s'explique, à moins qu'on veuille une bande sonore de musique pop pour chanteuse pop avec des K-pop, je ne vois pas de raison de ne pas profiter de la grande musique orchestrale du passé et du présent. Lui, il voulait du souffle, de l'épique.
- Speaker #5
Oui, c'est ça. Et on y revient à l'air de rien. Les versions épiques de nombreuses chansons, on les retrouve de plus en plus. Et puis, il y a peut-être même un deuxième niveau. qu'on peut retrouver au sein d'événements à l'écran. C'est ce qu'on va appeler les chansons de l'ère des Big Bang, des Big Bang des années 1930, jouées dans la salle de balle comme on a entendu précédemment. Et donc c'est des motifs musicaux qui sont plaisants, mélodiques, qui offrent un contraste marquant à la bande sonore qui est en place.
- Speaker #4
Et qui permet aussi d'avoir des respirations et des baisses de tension. Puisqu'on ne peut pas faire un film d'horreur en étant tout le temps en train de sursauter.
- Speaker #5
Il faut permettre aux spectateurs et à l'auditeur de baisser sa garde. Moi, je pense que c'est ça. Pour qu'il y ait un jumpscare, comme on dit, un moment où on va être surpris, on va se lever de son fauteuil. Il faut qu'on puisse être un peu moins vigilant par une séquence. qui va nous permettre de nous apaiser quelque part, un tout petit moment. Ça me fait penser à cette mode esthétique et androgyne des années 20, mais tout ce film va mélanger les périodes entre la musique des années 20, la musique des années 30, un décor post- années 20 et cette musique elle va presque attirer Jack dans une sorte de rêverie nostalgique et c'est une sorte de fausse nostalgie qui ne correspond ni au passé de Jack, ni aux références des années 20, on pourrait plutôt l'interpréter comme une sorte de porte sonique presque passé idéalisé où chaque nuit est un bal costumé.
- Speaker #4
Les deux personnages étant quand même bien ancrés dans les années 70, dans leur look, dans leur présence, dans leur approche aussi, dans la volonté aussi d'avoir un enfant qui vit en toute liberté dans cet hôtel, sans contrôle, sans... Oui,
- Speaker #5
oui. On est dans le point de l'obligation.
- Speaker #4
Il y a une certaine liberté et une absence aussi de volonté de corriger les comportements.
- Speaker #5
Alors, oui, jusqu'à ce que Wendy pénètre dans la salle. On ne va pas nous gâcher non plus. Non, mais c'est aussi le basculement où on voit qu'il reprend un peu un caractère autoritaire, dominateur et qu'on voit qu'il y a quelque chose qui a commencé à vriller parce que soi-disant qu'ils avaient fait un deal Merci. qu'elle ne vienne pas le déranger pendant son travail d'écriture.
- Speaker #4
Pourquoi ? Parce qu'il rentre déjà dans son côté, dans son mauvais côté. Il marche on the wild side, bien sûr.
- Speaker #0
Le professeur devient un as de la transition. Après toutes ces émotions, je vous propose donc Loride et Welcome on the Wild Side. All I came from Miami, FLA Hitchhiked away across the USA Plugged her eyebrows on the way Shaved her legs and then he was a she She says, hey babe, take a walk on the wild side I said, hey honey, take a walk on the wild side Take a walk on the wild side And the colored girls go
- Speaker #1
Ne cherchez pas à changer de radio, vous êtes bien sûr ukrainien. Les chroniques du temps latent. Mais dis-moi, professeur, il me semble que là, vous vouliez évoquer une séquence qui vous tient particulièrement à cœur, le culte matérial. Mais pourquoi rangeriez-vous ce film sous cette prestigieuse étiquette, dites-moi ?
- Speaker #2
Parce que, évidemment, The Shining est un classique terrifiant, doté d'une mise en scène impressionnante de technique. Kubrick est un technicien de l'image, mais là il se surpasse. Il nous fait peur et il nous éblouit. Tout est innovant, tout est absolument magistral dans ce film. Ce film vous souffle. Vous avez eu beau voir des films récents, des films avec énormément d'effets spéciaux, des images de synthèse. Regardez Shining et vous allez être bluffé. C'est une œuvre cinématographique évidemment glaçante et qui combine tous les ingrédients d'un thriller intellectuel réussi. Avec une vision grandiose d'un réalisateur surdoué. C'est un génie, cet homme-là. Presque autant que moi. Capable de créer une atmosphère d'horreur oppressante, étouffante. C'est l'un des rares films qui, à un moment, vous donne envie de faire une pause et d'aller boire un verre d'eau ou d'aller aux toilettes. Parce que c'est intenable. C'est vraiment très difficile à regarder et pour autant, il n'y a rien d'affreux. Son génie cinématographique se manifeste par un sens aigu, vraiment de l'originalité et des images novatrices.
- Speaker #1
Et en même temps, pardon, monsieur Gris, et Et en même temps, cette technique magistale, jamais elle n'écrase le propos du film.
- Speaker #3
Non mais c'est ça, c'est tout à fait ça madame.
- Speaker #2
Alors après, c'est un écrit humain qui écrase, puisqu'il arrive à dominer un auteur tel que Stephen King.
- Speaker #1
Qui se réapproprie on va dire.
- Speaker #3
C'est vraiment ça.
- Speaker #2
Alors on sent quand même un conflit entre les deux auteurs.
- Speaker #3
Il arrachait les droits, il l'interprète à sa façon. Que ça ne plaise pas à l'auteur, on peut tout à fait l'imaginer. Et c'est d'ailleurs peut-être le seul film dans l'histoire du cinéma où il y a un tel conflit entre l'auteur et le réalisateur. Mais en même temps, on peut adorer... Enfin, moi j'adore vraiment le livre. et j'adore le film, et je ne vais même pas chercher les points de comparaison. Peut-être qu'aujourd'hui, on va souvent trouver, ah, le film ne va pas assez loin par rapport au livre, ou vice-versa. Mais là, c'est une interprétation parmi d'autres.
- Speaker #2
Mais alors, ce qui est séduisant, c'est que le film est magnifique, l'interprétation des acteurs est absolument géniale, et pour autant, en fait, c'est... Le réalisateur ou l'auteur du livre s'oppose médiatiquement sans aucune retenue. Ce qui est assez rare quand même. Alors qu'en général, le succès amène une certaine forme d'apaisement quand même. Les deux avaient tout à gagner avec ce succès.
- Speaker #3
Je pense que les deux y ont gagné. Après, depuis dix ans, avec les réseaux sociaux, on va rechercher aussi de vieilles interviews qu'on nous ressort. Comme si ça s'était passé la semaine dernière. Mais je pense qu'à l'époque, ça n'a pas été un si grand clash que ça. Moi, je voulais revenir sur le côté visuel puissant. Il faut bien comprendre que l'équipe du tournage a dû attendre la fin de l'épisode 5 de Star Wars, l'Empire Contre-Attaque, dont le tournage avait pris du retard. et donc euh Kubrick a dû attendre que les équipes de Kajdan libèrent les plateaux sur la Pinewood à côté de Londres. Et ils sont venus vivre là-bas en résidence, tous les acteurs et Kubrick. Ils venaient dans la maison de Kubrick pour à chaque fois optimiser les dialogues. C'est la méthode à dire quand même, faire venir tout le monde. Et du coup, c'est presque un film de directeur de la photographie. Il a fait attendre ses équipes, des fois plusieurs mois, pour qu'il y ait une certaine lumière, pour qu'on puisse voir l'hôtel avec tel un peu de neige, mais pas encore trop, avec telle lumière. Et donc, tous les plans sont calculés.
- Speaker #2
Les tournages à rallonge, les acteurs particulièrement sollicités, effectivement, c'est la marque de fabrique de Tannay Kubrick. Comme son grand inspirateur Alfred Hitchcock qui adorait aussi maltraiter ses acteurs. Et les actrices surtout. Et on se souvient également de son dernier film qui était Aizou Etchette où il ne voulait absolument pas prendre d'autres acteurs que des acteurs en couple. Sachant pertinemment qu'il serait si maltraité que s'il n'était pas marié. Les femmes, évidemment, le film n'aurait pas pu se faire.
- Speaker #3
Alors, vous avez tout à fait raison, professeur, mis à part Jack Nicholson, qui semblait comme en capacité d'interpréter les pensées de Kubrick, et donc à chaque fois les prises étaient magistrales, et voilà, son regard, son sourire narquois, psychotique...
- Speaker #2
sa façon de bouger aussi il reste dans les esprits dans le parcours de Jack Nicholson c'était aussi la chance de sa vie il avait quand même senti presque passer le train du succès et des performances d'acteur puisqu'il n'a jamais été un jeune premier à même pas il n'avait pas trop le physique mais il n'a jamais eu l'occasion non plus de briller alors qu'il a une carrière quand même assez longue avant et là il avait la chance évidemment d'exploser et il s'est investi corps et âme, il ne venait que la pâte à modeler de Kubrick pour interpréter son rôle. Et il a accepté d'être son réceptacle.
- Speaker #3
Mais les autres également. Par contre, les autres acteurs étaient à bout. Surtout l'actrice qui fait Wendy, la femme, elle était obligée de faire plus de 150 prises à chaque fois pour avoir la bonne. Elle a même été au bord du suicide. Aujourd'hui, ce serait interdit d'aller jusque là. Mais Merci.
- Speaker #2
Mais en même temps, l'effet visuel permis dans l'œil et dans les expressions de Wendy terrifie le public.
- Speaker #3
Et c'est ça, le résultat est époustouflant. Quand elle vient de l'assommer à la batte de baseball, pour quand même qu'on puisse donner des petits éléments croustillants, elle l'enferme dans le garde-manger, un peu chambre froide, et il parle à travers la porte et elle, elle est dans la cuisine. Mais c'est magistral, elle est à bout de souffle, elle est réaliste.
- Speaker #1
Mais au fond, tout ce mélange de signes, on vient de dire horrifiques quand même, qu'est-ce que ça représente dans ce cadre classique, on va dire ? Au fond,
- Speaker #2
c'est certainement sale, bien sûr, mais sinon, plutôt malaisant et terrifiant.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #3
je pense qu'on arrive presque à rentrer dans la tête de Jack. C'est un film qui va inspirer pour sûr David Lynch, par exemple. Le premier numéro de l'édition française de Man Magazine, du 1er octobre 1981, on voit le film Shining à l'honneur. C'est vraiment un film, pour en revenir sur le côté visuel, même un de ses chefs-op... opérateur va inventer une stédicam c'est lui on le voit sur ce film et du coup il n'y avait pas déjà une stédicam pour Stenworks ? non non non ça a été inventé pour
- Speaker #2
Shining. Parce que la caméra survole la maquette ?
- Speaker #3
non non non non non et en fait ils utilisent la stédicam quand ils arrivent à l'hôtel et en fait ce qu'on se rend compte donc revoyez si vous l'avez déjà vu Re-re-re-re-voyez le film et vous vous rendrez compte...
- Speaker #2
Oui, c'est vrai qu'on est à hauteur d'enfant.
- Speaker #3
Qu'on est à hauteur d'enfant. Et donc on rentre dans l'hôtel un peu plus bas que Jack. Et c'est ça dans tout le film. En fait, on est à la hauteur de Danny.
- Speaker #1
On a une autre vision des choses.
- Speaker #2
Et qui regarde son père sombrer dans la plus terrible des folies.
- Speaker #3
Alors vous aurez de nombreux documentaires et retours sur expérience. ... Mais il faut bien comprendre que ce film ne se passait dans des studios. L'hôtel a été recréé entièrement. Et par contre, ils ont inondé de neige carbonique pour faire l'effet de la neige. Alors, c'était un plateau où il faisait super chaud avec les lumières. Et en plus de la neige, en fait, les acteurs ont été brûlés à la neige carbonique pendant le film. Mais ça, on ne le voit pas. Parce que seul le résultat compte. Et c'est ça qui est magistral.
- Speaker #1
C'est le côté jusqu'au boutiste de Kubrick. Tout à fait.
- Speaker #3
Alors aujourd'hui, oui, comme son père spirituel, Alfred Hitchcock, il a été certainement trop loin. Mais le résultat est là. C'est peut-être malheureusement magistral.
- Speaker #1
Mais tellement bien. Écoutez, messieurs, ce fut absolument passionnant. Je vous remercie. pour ces échanges intelligents et puis surtout si éclairants sur The Shining.
- Speaker #2
Oui, je vous en prie.
- Speaker #1
Merci cher professeur McLaughlin. Et merci encore, monsieur Charles Grady, pour votre participation.
- Speaker #3
Merci à vous. C'était un réel plaisir d'être invité sur le plan de
- Speaker #2
Ducronia. Merci à partager.
- Speaker #1
Et merci à Francky. Calwood, notre bien-aimé metteur en ondes. Pour conclure, chers auditrices et chers auditeurs, place maintenant à la magie d'Actu Cronia. Alors, pour aller plus loin sur cette thématique et explorer votre côté terrifiant et psychotique, nous vous invitons à voir, revoir, visiter ou lire des œuvres vous permettant de retrouver cette atmosphère tubericienne. Ah bon, alors je ne suis pas tout à fait sûre de l'adjectif, vous me pardonnerez. Et bien évidemment le film The Shining, sorti en 2019 chez Warner Home Video, opéré sous la direction de Léon Vitali, le collaborateur de Stanley Kubrick. Cette remasterisation est issue d'un nouveau scan 4K, du négatif originel 35mm et d'un sublime étalonnage des couleurs effectuées par Janet Wilson sur la supervision de Léon Vitali. Et le résultat est tout ce que vous auriez rêvé de voir sans jamais oser l'espérer. Allez-y, courez avec de nombreux bonus et documentaires ce film en Blu-ray. offre un écrin assurant sa place au panthéon du cinéma. C'est mon avis et je vous le partage. Pour les puristes, vous trouverez la version IMAX sortie pour le 45e anniversaire du film. Je vous propose également la nouvelle traduction du roman Shining de Stephen King qui est sorti en poche courant 2024. Cette traduction est nommée à un nouveau prix littéraire, les cultissimes, dans la catégorie réédition, nouvelle traduction de Jean Esch chez Jean-Claude Lattès. Un ouvrage d'une grande richesse également, il est devenu collector, les archives Stanley Kubrick chez Tachène en 2016 et chez le même éditeur Stanley Kubrick's The Shining, 1396 pages, ça va bien nous caler tout l'hiver, en deux volumes. Roger Lecirste de Shining, BFI Film Classics n°2, 2013, édition by British Film Institute. elle lisait aussi Delphine Valoir il était une fois Shining sur les traces de la création d'un film monstre sorti chez Rockyrama, pardon, Rockyrama Edition, pardon, pardon, le 23 mai 2023. Une bande dessinée maintenant de Sylvain Vandelaer de The Overlook Hotel, j'adore tellement ce nom, sorti en avril 2024 chez Comics Night. Une bande dessinée encore anglo-saxonne cette fois d'Ira Marx, Spirit Week, sorti en octobre 2022 chez Little Brown Books for Young Readers. Editions. Un numéro hors série de la revue La Septième Obsession sur Stanley Kubrick, le numéro 19, sorti en novembre 2024. Le numéro 13 de la revue Collection Pop-Up gelée sous les yeux Stephen King, une histoire d'encre et de sang, parue en juin 2023 chez Divertis Editions. Le numéro de Métal Hurlant, numéro 17, L'Hôtel de la Dernière Nuit, aux humanoïdes associés, qui est sorti, lui, le 3 décembre 2025. Dommage pour les cadeaux de Noël, vous vous rattraperez l'an prochain. Et pour aller plus loin sur les inspirations provoquées par ce film culte, nous vous recommandons l'épisode de l'émission Blow Up, l'actualité du cinéma presque d'Arte, quand le cinéma Seed Shining diffusait le 20 janvier 2020, que vous pouvez évidemment retrouver sur arte.tv. Enfin, vous trouverez énormément de goodies pour les fans du film. Les posters, des t-shirts aux tasses à café, de la moquette de l'hôtel, j'espère qu'elle a été désoyée, aux porte-clés de la chambre 237. Des maquettes du labyrinthe aux figurines pop de Jacques Torrance. Et bien sûr, je vous encourage à lire et relire Stephen King, tout Stephen King. Et rappelez-vous, on n'est pas forcément l'image que vous percevez de nous. Mesdames, messieurs, c'est le moment de nous quitter. J'ai hâte. de vous retrouver pour un prochain épisode d'Ukronia. En attendant, vous pouvez nous écrire l'adresse mail ukronia1984 at gmail.com. Retrouvez-nous en podcast sur toutes les plateformes et en particulier sur Ausha et sur le site de Radio Campus et pour les prochains épisodes en FM sur le 92.2, sur le DAB+, sur tous les postes modernes, en direct live sur le site www.radiodijoncampus.com Ukronia, les chroniques du temps latin.
- Speaker #4
Tout le monde est en train de se faire entendre. Vous êtes compétent ?
- Speaker #1
Oui. Quelle est la question ?
- Speaker #4
C'est Rock'n'Roll Radio. Restez prêts pour plus de Rock'n'Roll. Oui.