- Speaker #0
Bonjour à toutes et tous et bienvenue sur Uchronia. Je suis Pénélope Solette et je suis accompagnée, as usual, par le professeur John McLoughlin. Bonjour professeur.
- Speaker #1
Bonjour, bonjour.
- Speaker #0
Et pour cette séance en qualité de témoin du jour, nous recevons aujourd'hui M. Gary Goldman, médecin, psychiatre, spécialiste des opérations de sauvetage militaire et membre de la Red Team Defense pour la DGA. Enseignants au département de psychologie à l'UBE, bonjour !
- Speaker #2
Bien le bonjour à toutes et à tous et merci pour votre accueil !
- Speaker #0
Uchronia, les chroniques du temps l'attend. Aujourd'hui au sommaire de notre émission nous allons mettre en lumière le film Predator, réalisé par John McTiernan et sorti en salle en 1987, quelques années après la naissance du professeur. Un classique du film d'action, invasion, chasse à l'homme. qui relance la vague du courant military science fiction et des actionneurs au cinéma dans les années 90. Et bien sûr, qui repousse les limites de la catégorisation et du genre. Il faut dire que nous avons été traqués par une meute d'auditeurs pour apporter des réponses sur le sujet. Cette séance, écrite littéralement aux petits oignons, sera en immersion complète dans la jungle luxuriante d'Amérique centrale aux abords de Comtamana, à la frontière du Mexique et du Guatemala. C'est le professeur qui nous a eu les billets d'avion. Ce voyage sera ponctué de quelques respirations musicales avant de terminer par nos recommandations évidemment subjectives, la séance Actu Cronia. Alors messieurs, pour notre premier échange, je vous propose de lancer dès à présent la procédure d'accès au Maclouphénarium. En effet, monsieur Goldman, nous vous avons... Enfin, le professeur vous a préparé une petite surprise. Et pardon d'avance pour le bruit.
- Speaker #2
Ah oui, c'est perturbant là.
- Speaker #3
Faites attention parce que ça peut être un peu dangereux !
- Speaker #0
Regardez bien les bras à l'intérieur de l'habitacle.
- Speaker #2
J'ai été collé au mur,
- Speaker #3
ça va pas ? Ne touchez pas ce bouton,
- Speaker #0
s'il vous plaît ! Oulala !
- Speaker #2
C'est moi ou je vois des crottes d'aulnay ?
- Speaker #0
C'est un préférent passage du professeur et de ses arrières-arrières petits-enfants.
- Speaker #3
Restez près de moi, restez près de moi ! Pas trop près quand même !
- Speaker #0
J'ai l'impression, je sais pas, entre le Vietnam, l'apocalypse nao...
- Speaker #3
Ben nous sommes... au bord de la jungle mexicaine où fut tourné le film
- Speaker #2
Predator. On s'y croirait.
- Speaker #3
C'est un site sécurisé pour les équipes de tournage américaines et en mémoire, un crash d'avion le Mexicana Aviation Flight 940, le 31 mars 1986. 167 morts quand même pour ce vol Mexico-Los Angeles avec des escales à Puerto Vallarta et Mazatlán. Ce Boeing 727 était enregistré sous le nom de Xa-Mem et tombé dans la montagne en Sierra Madre occidentale vers El Carbone.
- Speaker #0
Quel accent !
- Speaker #3
Oui, si.
- Speaker #0
Alors messieurs, nous allons pouvoir aborder notre premier sujet. Alors, selon vous, quelles pouvaient bien être les inspirations du réalisateur John McTiernan ?
- Speaker #3
C'est les origines du chasseur, évidemment. Le film mythique de la nuit du chasseur, c'est un film d'action et un film d'invasion également. Nous sommes soumis à une pénétration d'un extraterrestre venu sur Terre. On peut trouver des précurseurs de la science-fiction militaire dans des histoires de guerres futures remontant au moins à l'histoire de Georges Séné, la bataille de Dorking de 1871.
- Speaker #0
A laquelle vous avez assisté ?
- Speaker #3
Tout à fait, enfin ma mère surtout. Écrite juste après la victoire prussienne dans la guerre franco-prussienne, elle décrit une invasion de la Grande-Bretagne par un pays germanophone dans lequel la Royal Navy est détruite par une arme mystérieuse futuriste, les Butterfat Olbs.
- Speaker #2
Oui et puis je pense qu'on peut aller, alors on le voit dans le film Predator mais il y a une forte inspiration de Sergent Rock chez DC Comics et qui est apparu pour la première fois dans... Our Army at War, en 1951. Un comics qui a été créé par Robert Kalinger et Joe Kuber. C'était ce qu'on appelait l'âge d'argent des comics. Et puis en face, vous retrouviez Captain America ou Nick Fury chez les Marvel. Et c'est ce qui donnait un peu cette ambiance. Ça débute un peu fin de la Deuxième Guerre Mondiale. Et puis ça va aller crescendo vers des histoires un peu plus vers le Vietnam, post-Indochine.
- Speaker #3
Alors évidemment Predator est un film revanche, à chaque fois que les américains abordaient dans les films à Hollywood la jungle, c'était pour parler du Vietnam et toute la détresse et la peur que ça engendrait, alors d'Apocalypse Now en passant par Platoon ou Né un 4 juillet, c'était la défaite, c'était la déprime, et là donc nos braves petits gars américains musclés comme il faut, repartent dans la jungle avec beaucoup de joie et d'entrain d'ailleurs, on les sent plutôt à l'aise, au contraire d'un John Rambo qui déprime toujours au milieu des feuilles. On sent finalement Schwarzenegger et ses amis plutôt confortablement installés au milieu des arbres.
- Speaker #2
Oui, je pense qu'il y a aussi peut-être cette idée d'avoir une approche plus positive pour les militaires, Pour aller un peu plus loin que John Rambo, qui est quand même le vétéran qui rentre chez lui, qui est le mal-aimé, on a l'approche aussi Porté disparu en 1984. Je pense au Watchmen, le comics en 1985, et puis toutes les histoires de la World Science. Et c'est vrai que le film Prédator, au départ, avait le titre Hunter. Le chasseur. Le chasseur, tout à fait.
- Speaker #3
Oui, comme dans La Nuit du Chasseur, évidemment, avec l'inénarrable Robert Mitchum, bien sûr, qui nous glace le sang d'un simple regard et en même temps nous rassure avec un petit sourire. Eh bien, le petit sourire, c'est évidemment d'Arnold et l'aspect glaçant, c'est notre prédateur, évidemment.
- Speaker #2
Oui, alors ce n'est pas ambiance Arnold et Willy, il faut quand même qu'on prévienne les auditeurs. C'est du action et ça tend vers l'horreur, quand même.
- Speaker #3
Oui voilà, c'est pas un film tout public ça, il faut le concéder. Par contre c'était vraiment un film pour les fans de culturisme. Au final Arnold Schwarzenegger passe pour le plus petit des petits gars.
- Speaker #0
Mais presque, tel Daniel Marcel.
- Speaker #2
Et une introduction qui est presque calquée sur celle de Carpenter, The Thing, où on voit le vaisseau arriver sur Terre. Donc on nous ment pas sur qu'est-ce qui va se passer dans ce film. Merci. Et c'est vrai que ça fait un film ambiance Aliens, donc le film de Cameron de 1986, mélangé avec du Star Trek. Le scénario, ce sont les frères Jim et John Thomas. Et ça est, je pense, très fortement inspiré du livre de Richard Connell, The Most Dangerous Game, publié en 1924.
- Speaker #3
Alors, la grande astuce, évidemment, c'est de vous faire croire, effectivement, que c'est un film dans la jungle, presque un film militaire, et il n'en est rien.
- Speaker #2
Oui, mais au moins le premier quart du film, on oublierait presque qu'il y avait l'extraterrestre.
- Speaker #3
Et c'est ça. Et en fait, c'est un film d'invasion qui tourne ensuite à un jeu de massacre presque comme un huis clos, dont le siège est évidemment le cœur de la jungle.
- Speaker #0
En fait, on n'oublie pas dans le premier quart du film, puisqu'on ne le sait pas. Donc c'est plutôt effectivement des G.I. Joe en goguette.
- Speaker #3
Alors là, je vous arrête tout de suite, puisque la première image du film, c'est l'arrivée du vaisseau extraterrestre qui s'écrase sur la jungle.
- Speaker #2
Mais bon, c'est vrai qu'assez vite, je pense à Starship Trooper qui a été écrit par Robert Heinemann en 1959.
- Speaker #3
Alors on pense aussi à la guerre des mondes d'H.A. Wells, avec une invasion méthodique organisée par les extraterrestres. Sauf que là, l'extraterrestre est si fort et si sûr de lui qu'il débarque seul. pour mettre la pâté à tous ceux qui croient son chemin.
- Speaker #2
Oui, oui, oui. Et alors, vous aviez abordé le réalisateur, John McTiernan. Il était connu pour un premier film, Nomads. Il est lui-même un descendant des émigrés aux Etats-Unis, du fameux Mayflower. Et il a suivi des études au Beaux-Arts américain et au conservatoire à Los Angeles.
- Speaker #3
Alors il a quand même décroché le gros lot avec le Prédateur puisqu'il n'était pas destiné non plus à devenir un cinéaste culte. Schwarzenegger l'a pris par la main et a demandé au producteur Joyce Silver de le prendre comme... comme réalisateur, parce qu'il a été séduit par la dynamique et finalement la performance de sa réalisation. Et c'est ce qui frappe quand même dans Predator, c'est que c'est un film haletant. Alors certes, un film d'horreur, parce que ce n'est pas très réjouissant, ça c'est sûr. Mais par contre, ça ne vous laisse pas cinq minutes tranquille. Vous ne respirez pas, vous êtes étouffé par l'action, l'entraînement, l'atmosphère, la performance d'acteur. c'est un film extrêmement dynamique et encore maintenant en 2026 c'est proprement étonnant et pour un budget maîtrisé déjà
- Speaker #2
Nomads avec Pierce Drostnan a laissé vraiment une certaine une impression par cette tension, l'atmosphère avec un tout petit budget et du coup ils se sont dit allons-y pour Predator
- Speaker #3
Alors ça, évidemment, Hollywood adore. Un cinéaste qui reste efficace en limitant le budget, c'est presque la timbale magique.
- Speaker #0
Il paraît cependant que le tournage a été assez particulier.
- Speaker #3
Épique, vous voulez dire.
- Speaker #2
Il y a vraiment eu... L'acteur qui joue Billy, il était très colérique. Du coup, il est venu avec des gardes du corps, mais protéger les autres types du tournage.
- Speaker #3
Il y avait aussi Jess Ventura et Poncho qui étaient de vrais militaires d'ailleurs.
- Speaker #2
Tout à fait. Et puis Ventura et Schwarzenegger étaient en compétition sur les tours de biceps. Ils se la montraient, on peut se le dire. Pas le tour de biceps bien sûr. Je pense à Glenn Cooper, tout à fait. Poncho était aussi du Navy Seals.
- Speaker #3
Quand on parlait de Carl Wenzel qui passait sa journée à fumer des cigares, et à boire des grosses lampées de whisky, c'était...
- Speaker #2
C'était bon enfant.
- Speaker #3
C'est ça, c'était vraiment du cinéma à l'ancienne.
- Speaker #2
Et pour un décor de rêve.
- Speaker #3
C'est sûr. Et alors, sans parler évidemment de Jean-Claude Van Damme, qui était le premier prédateur qui avait été choisi pour le film. Mais bon, il y avait un problème de taille. Alors évidemment, il était souple, il savait faire des grands écarts, mais il était petit.
- Speaker #2
Alors le problème, c'est que le chef-op et chorégraphe se plaignaient tout le temps qu'il était... Il voulait tout le temps faire du kickboxing. Et donc, c'était pas le jeu. Qui, en plus, au départ, avait plutôt une tête d'insecte géant, comme dans Starship Trooper. Et du coup, ça allait pas. Et puis, bon, il se plaignait. Ah bah, on le voyait pas, derrière le masque. Il était complètement désiré. Et c'est ce qu'il voulait pas. Enfin, c'est ce qui lui plaisait pas, à l'époque. Et je pense à Kevin Peter Hall, qui lui a... qui l'a remplacé. Lui, il faisait déjà 2m20.
- Speaker #3
Un acteur de 2m20, ce qui est quand même un point extraordinaire.
- Speaker #2
Et quand il soulève Schwarzenegger, ça pose les bases.
- Speaker #3
Il avait joué dans d'autres films, notamment Bigfoot.
- Speaker #2
Tout à fait, il a fait plus de 8 films où il était déjà un monstre ou une créature. Et il a été dans l'avion avec James Cameron. Donc, il retravaillait finalement le costume en route pour Los Angeles avant de repartir au Mexique. Et du coup, Cameron lui a dit « Ah, mais le monstre a l'air génial, un peu humanoïde avec les dreadlocks. Pensez bien à mettre des mandibules. » Et c'est ce qu'il a fait sur sa gueule, sur sa face, de rajouter quatre mandibules qui bougent comme ça.
- Speaker #3
Parce que c'est l'aspect quand même fascinant de ce film et de la construction de ce film, c'est qu'il s'est fait sur le tas. C'est-à-dire qu'ils ont d'abord regroupé les équipes techniques, les acteurs, et au fur et à mesure, et presque au fil de l'eau, le scénario du film s'est construit en fonction des différentes performances. Un petit peu comme dans la série Lost de G.G. Abrams, où à chaque fois qu'un acteur était capable de transfigurer son personnage, en fait, son personnage persistait et finalement était reconduit dans la série.
- Speaker #0
Euh, monsieur Goldman, est-ce que vous pourriez nous présenter votre activité, s'il vous plaît ?
- Speaker #2
Oh bah ma foi, alors mon rôle, il est plutôt en qualité de conseiller, un témoin pour des retours d'expérience sur les terrains d'opération.
- Speaker #3
En même temps, vous pouvez pas tout dire.
- Speaker #2
Ah bah, il y a des choses qui sont confidentielles. Mais en général, c'est pour préserver la crédibilité de l'histoire sur nos forces armées et sur les retranscriptions dans des oeuvres de fiction. C'est... Un courant qui a été engagé dans les années 1981, et je pense à la NASA qui a demandé à faire la même chose, a presque proposé ces services pour éviter qu'il y ait trop de panique collective et d'effet de décrédibilisation.
- Speaker #0
Vous voulez dire qu'on nous aurait caché des choses ? Non,
- Speaker #2
ce n'est pas ça. C'est que les bons films vont pousser au soutien à l'investissement et au développement. soit dans les technologies armées ou spatiales. Et du coup, quand le film décrédibilise, on sent tout de suite derrière que pendant deux ans, les crédits baissent.
- Speaker #3
C'est sûr que le programme contre les armes nucléaires de Ronald Reagan s'appelait Star Wars, mais littéralement. Tout à fait,
- Speaker #2
tout à fait, professeur.
- Speaker #0
Donc, crédible, mais pas paniquant.
- Speaker #2
Crédible et pas paniquant. Et en fait, ce qui s'est passé pile en 1980, je pense, je me rappelle ça, au mois d'avril, il y a eu la fameuse opération Eagle Claw. une mission de sauvetage, de... de 53 otages retenus prisonniers dans l'ambassade américaine à Téhéran. Ça a été un succès de mise en place et d'organisation de secours, mais ça n'a pas permis de sauver les otages tout de suite. Et ce qui fait que ça a fait un trauma du passé, et du coup, je pense au raid de Sontay, qu'on appelait l'opération Ivory Coast, ça a été une opération spéciale pendant la guerre du Vietnam. et qui avait pour but de libérer des prisonniers de guerre américains, et qu'on retrouvera dans tous les films, Rambo 2, Portée disparue 2, et je vous en passe, c'est des meilleurs. Et du coup, à partir de 1970, on a été appelé de plus en plus sur les plateaux de tournage pour conseiller les équipes, pour rendre vraiment crédibles les potentiels scénarios. Et typiquement, Predator, ou je pense à Commando juste avant, Ce sont presque les premiers films modernes de l'approche militaire.
- Speaker #3
Alors après, c'est vrai que ce qui s'est passé dans les années 80, l'ambassade de Téhéran, ça reste la malédiction de Carter, du président américain à l'époque, qui avait perdu les élections à cause de ça. Et finalement, l'Amérique a préféré prendre sa revanche directement au cinéma et pas forcément dans une opération armée.
- Speaker #2
Tout à fait.
- Speaker #0
Merci M. Goldman pour cet éclairage. Je souhaiterais que nous passions maintenant à notre deuxième séquence. Vous en parliez tout à l'heure, professeur, est-ce que vous pourriez nous rappeler le pitch du film, s'il vous plaît ?
- Speaker #3
Oui, bien sûr, mais avant ça, je voulais vous rappeler quand même que nous sommes toujours à la frontière entre le Mexique et le Guatemala.
- Speaker #0
On entend, et puis cette moiteur, désagréable.
- Speaker #3
Et dans ce fameux accident d'avion qui a vu quand même presque 167 morts, on en parlait parce que parmi ces morts, il y avait le directeur artistique du film Predator. Et donc, c'est pour ça qu'on hommage à ce drame, mais également à la mort de Graciela Flores, qui était hôtesse de l'air dans ce vol et qui a eu la performance de survivre déjà à un premier crash d'avion. pour mourir en deuxième, ce qui est quand même un peu dommage. Bref, donc le but du film. Et oui, c'est ça, c'est que quand la mort vous poursuit, elle ne vous lâche pas. Alors oui, donc évidemment, dans ce film, envoyé dans la jungle du Contamana, une république bananière d'Amérique centrale, le major Dutch Schiffer, interprété par notre autrichien national, et ses hommes sont chargés de récupérer trois membres du gouvernement, amis des États-Unis, et en même temps, à ton le choix. dont l'hélicoptère a été abattu par des guerriers héros locaux.
- Speaker #2
Oui, et ça a en apparence une mission simple, ordinaire, qui devrait être sans histoire pour ce commando d'élite. Le problème,
- Speaker #3
c'est qu'un chasteur d'un autre genre, d'une autre espèce, d'une autre planète, d'une autre galaxie, rôde aussi dans la jungle. Et donc, un par un, il va décimer les compagnons de Schaeffer et disparaître dans des conditions effroyables. Entre les griffes impitoyables de ce prédateur, qui finit par être encore plus cruel que l'être humain vis-à-vis des animaux qu'il fréquente.
- Speaker #2
Oui, et jusqu'au moment où, comme dans les westerns, tout doit se résoudre par un duel. Un duel final. D'un côté, un homme aux mains nues, Schaeffer, et puis en face, la créature de cet autre monde. Et l'homme est farouchement déterminé à survivre.
- Speaker #3
C'est sûr, et le prédateur est avant tout là pour consommer les différents guerriers qu'il... prend à sa disposition. Est-ce qu'il les dévore ? Est-ce qu'il les garde ? Est-ce qu'il collectionne les crânes ?
- Speaker #2
Il fait vraiment une collection de trophées quelque part. Comme un sociopathe. Comme un chasseur.
- Speaker #3
C'est ça. Il les dépaisse aussi. Et ce film est d'ailleurs en partie aussi assez violent puisque parmi les premières scènes du film, on voit des corps suspendus sans leur peau.
- Speaker #0
C'est pas mal.
- Speaker #3
Écorchés comme des lapins.
- Speaker #0
un peu lourd à digérer. On est bien d'accord. Écoutez, merci messieurs. C'était absolument passionnant. Je vous propose maintenant une respiration musicale directement inspirée par notre sujet du jour, bien sûr. Long Tall Sally, interprétée par Little Richard.
- Speaker #1
C'est la vieille espèce de Dieu, tout ce que l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a besoin de l'on a
- Speaker #0
Ne cherchez pas à changer de station, vous êtes bien sûr ukrainien. Ukrainien, les chroniques du temps l'attendent.
- Speaker #1
Oh, j'adore,
- Speaker #0
Alors là, vous la sentez la jungle là ? Professeur, vous la sentez la jungle là ?
- Speaker #2
Oh, aiguise-moi ça, comme dirait l'autre.
- Speaker #0
La jungle dans ce film est donc un personnage à part entière, pourrait-on dire. Messieurs ?
- Speaker #2
C'est une certitude.
- Speaker #3
C'est vrai que ça permet de se sentir vulnérable.
- Speaker #0
Oui, un environnement terrible.
- Speaker #3
Et vous parliez de Lost, de J.J. Abraham. On est presque sur ça, sur ce sentiment que ça fait un personnage à part entière. Tout à fait.
- Speaker #2
La présence, le bruit. Finalement, on parle de bande-annonce du film. Mais également, l'environnement sonore du film est exceptionnel. On entend les bruits des animaux. Et puis, on sent toute cette moiteur. La forêt est si dense, d'ailleurs, que la caméra manquait de profondeur de champ. Et du coup, l'équipe du tournage a dû procéder à du déblayage, de l'élagage d'arbres. Ah oui ? En plus des sulfateuses, ils avaient des tronçonneuses. Et donc, du coup, ils ont coupé des arbres pour pouvoir avoir... Un champ amélioré sur les différentes scènes de fusillade, et surtout à l'aveugle.
- Speaker #0
Oui, ils s'en ont quand même servi, du coup.
- Speaker #3
Ah non, mais bien sûr. Sauf qu'en fait, en arrivant, tous les acteurs ont eu des diarrhées, de la fièvre, parce qu'il faisait trop chaud. Et je pense au chef-op qui se souvient de John McTiernan, qui avait tout le temps la tête enfouie constamment entre... entre ses mains pour tenter de régler des incidents de tournage. Ça n'arrêtait pas parce qu'il faisait trop chaud. Il y a la fameuse sulfateuse qu'on voit qui est une arme qui est quand même... Ils l'ont démontée de l'hélicoptère pour la porter comme ça. Elle est tellement lourde qu'ils étaient obligés de queuter toutes les minutes pour qu'il puisse se reposer.
- Speaker #0
J'aimerais que... J'aimerais que vous aidiez nos auditeurs et auditrices à faire la part des choses. C'est-à-dire, l'un, on parle de notion d'extraterrestre. Est-ce que vous pourriez débroussailler toutes ces catégories sous-jacentes, s'il vous plaît ?
- Speaker #2
C'est ce qui est intéressant dans ce film, c'est l'aspect innovateur. La plupart du temps, lorsqu'on parle d'extraterrestre, on voit des espèces de monstres affreux avec des tentacules qui ressemblent à des insectes.
- Speaker #3
Et souvent des animaux géants et extravagants.
- Speaker #2
Des araignées ou des espèces de menthes religieuses un peu améliorées, d'où les mandibules du yodja, bien sûr. Mais là, on est dans une autre dimension. C'est-à-dire que si vous êtes capable de traverser les galaxies et les systèmes solaires, vous êtes un petit peu équipé quand même autrement sur un plan de la technologie. Le Ausha, le fameux prédateur qui rencontre ses militaires, le fait en fait sciemment. C'est-à-dire qu'il vient pour avant tout se battre avec eux et se battre sur leur territoire. C'est pour ça que la jungle fait partie intégrante de l'intrigue du film. Parce qu'il décide de venir nous combattre dans notre environnement. Par contre, il le fait avec une technologie avancée. avec une capacité de se camoufler, avec une possibilité aussi d'être équipé de faisceaux laser, de vision thermosensible qui lui permet de se déplacer de nuit comme en plein jour.
- Speaker #3
Alors c'est vrai qu'un peu comme dans les dents de la mer, on voit assez peu le Prédator, mais les effets spéciaux sont magnifiques et le costume également. Je pense à la vision thermographique du Prédator. qui donne un de ses effets sensationnels.
- Speaker #2
Alors qui rappelle un petit peu Terminator aussi.
- Speaker #3
Oui, alors c'est pas tout à fait la même affaire.
- Speaker #2
Non, bien sûr, c'est innovant sur un plan graphique, mais évidemment, ça donne une vision un petit peu différente qui permet de voir ce que voit aussi le Ausha.
- Speaker #3
Alors c'était l'intention. Ils ont au départ utilisé une caméra thermographique, mais pareil, il faisait tellement chaud que du coup... le résultat à l'image est assez peu probant et ils ont dû refaire en post-prod tous les termes qui a fait un peu flamber la machine mais du coup vu que McTiernan maîtrisait quand même assez le tournage ça s'est plutôt bien passé et puis il y a cette Cet effet d'invisibilité qui permet de faire des économies sur le chasseur, mais qui va aussi créer cette ambiance où les protagonistes ne voient pas le chasseur et se sentent épiés.
- Speaker #2
Qui donne l'impression d'avoir une surépaisseur au niveau de la jungle. Une espèce de filtre transparent donné de la profondeur.
- Speaker #3
Et comme si c'était la jungle elle-même qui était capable de venger ou d'attaquer les protagonistes.
- Speaker #2
La fameuse réplique du film de la jeune femme qui dit c'est la jungle qui les a tués.
- Speaker #4
Tout à fait.
- Speaker #3
Je pense aussi aux effets pyrotechniques dans le film. Je crois qu'il a fallu deux semaines de préparation pour tourner la scène. pour libérer les otages dans le camp. Et il paraît que... Alors, on a l'impression que l'équipe de tournage a ruiné la région, parce qu'on voit des images de forêts dévastées. Mais en fait, il y a eu des incendies de forêts quelques semaines avant.
- Speaker #0
Ah oui, donc ils ont servi en fait. Voilà,
- Speaker #3
ils se sont servis de ça pour avoir une base.
- Speaker #0
De ça et de la partie qu'ils avaient quand même déforestée. Tout à fait.
- Speaker #2
C'est sûr que ce n'était pas une opération écologique.
- Speaker #3
Il y a quand même quelque chose qui est assez intéressant, c'est que John McTiernan n'a pas tourné toutes les scènes, mais les scènes d'action du premier tiers du film, c'est son deuxième assistant, Craig Baxley, qui a tourné les épisodes de la série à Jean Storys.
- Speaker #2
Des effets aussi visuels assez novateurs, comme un ralenti spectaculaire avec la sulfateuse qui arrose la jungle, tout au ralenti en découpant feuille à feuille l'ensemble des arbres, qui est quand même assez saisissant.
- Speaker #3
Tout à fait raison. En fait, la sulfateuse allait tellement vite qu'ils ont été obligés de ralentir et de filmer un peu en accéléré pour avoir un ralenti d'image.
- Speaker #2
Sans parler du poids, évidemment. pour la porter. C'est pour ça que la plupart des acteurs qui ont été choisis étaient particulièrement bien, on va dire, musclés, de muscles assez saillants, plutôt huilés d'ailleurs.
- Speaker #0
C'est quoi cette gouttelette sur votre tempe ? Ça ne laisse pas dire...
- Speaker #2
C'est une goutte blanche quand même. Surtout au milieu de la jungle, on s'est dit tiens, je vais peut-être installer ma tente aussi.
- Speaker #0
Est-ce qu'on peut... Je m'imagine. Alors messieurs, est-ce qu'on peut dire que ce film nous annonce la fin de la domination de l'espèce humaine qui jusqu'à présent n'avait pas de prédateurs ?
- Speaker #3
C'est tout à fait ça. Jusqu'à présent, l'humain n'avait pas de prédateurs en temps moderne. Occasionnellement, certains grands carnivores comme les ours, les grands felins, les requins...
- Speaker #0
Quand on va les chercher.
- Speaker #2
Et d'ailleurs, l'être humain est qualifié de super prédateur. Alors que là, évidemment, on trouve son maître. Et évidemment, ce film est un jeu de chat et de la souris, où le Ausha, Prédator, court après chacun de ses ennemis, avec la ferme intention de les tuer individuellement, d'ailleurs avec la plus infime des cruautés, et à chaque fois en choisissant une façon différente de les tuer, comme si le plaisir coupable était dans l'utilité de... de l'objet et de la façon de massacrer son ennemi.
- Speaker #3
Alors, c'est vrai qu'avec ce film, la cruauté n'appartient plus qu'à l'homme. Parce que de plus en plus, on aurait presque l'impression que l'homme devient son propre prédateur, professeur.
- Speaker #2
Souvent d'ailleurs, dans les films de science-fiction, il y a toujours une mise en abîme où finalement, même les pires monstres ou les pires extraterrestres du fin fond de l'espace ne peuvent pas rivaliser avec l'homme. Eh bien si, dans ce film. l'homme trouve son maître.
- Speaker #3
Oui, et c'est vrai que ça change des romans militaires assez classiques. Là, on va vraiment utiliser la technologie issue de la science-fiction et pas seulement le vaisseau spatial mais plus les armes à des fins militaires, pour essayer de proposer des nouvelles stratégies, des nouvelles tactiques.
- Speaker #2
Oui, parce que le Prédator a un côté aussi surentraîné et militaire. C'est pas juste... un sociopathe qui vient faire son marché, il sait se battre, il a une certaine compétence et il vient éprouver aussi son savoir-faire.
- Speaker #0
Il a du matériel professionnel.
- Speaker #2
Tout à fait.
- Speaker #3
Et on ne va pas sur le genre du space opéra, par exemple, comme dans Star Wars ou autre. On a des armes futuristes, mais non plus dans une guerre interstellaire. Mais comment une arme ou un chasseur et extraterrestres peut... peu débrouillé et quels sont les effets, l'impact de ces armes dans un environnement classique de guérilla.
- Speaker #2
Oui, en plus dans un environnement qu'il ne maîtrise pas forcément, puisque la jungle n'est pas forcément son milieu naturel.
- Speaker #0
Merci messieurs pour cet échange absolument captivant. Je vous invite à partir pour un nouveau voyage créatif avec Noir Désir et le titre Totsaki. Ne changez pas de fréquence, vous êtes bien sur Ukronien. Ukronien, les chroniques du temps latent. Alors là, j'aimerais que nous parlions de l'environnement sonore. Je crois que là, c'est une fréquence qui vous tient à cœur, cher professeur. La musique.
- Speaker #2
La musique, bien sûr, c'est une des plus grandes musiques du cinéma, de science-fiction, évidemment. 38 ans quand même, après. Elle est toujours aussi cinglante, toujours aussi percutante.
- Speaker #0
Comme je suis d'accord.
- Speaker #2
Toujours aussi vivante. On a vraiment l'impression réellement d'être dans la jungle. On se sent complètement pris dans l'action. C'est extraordinaire. C'est Alan Silvestri. On lui doit tant.
- Speaker #3
Oui, et puis c'est presque une des plus grandes musiques de films de tous les temps. Il y a... Il y a le compositeur pétiche de Robert Zemeckis, Sylvestri, c'est l'artiste qui venait de triompher avec Retour vers le futur.
- Speaker #2
Avec un autre professeur, d'ailleurs.
- Speaker #3
Avec un de vos collègues. Donc la bande originale, elle est quand même culte. Oui,
- Speaker #2
elle est surtout immédiatement reconnaissable. Elle est construite avec des motifs rythmiques, saccopés, des cuivres puissants, des percussions très balles. L'artiste prévient aussi à surprendre la musique pour créer des silences oppressants, introduisant des éléments sonores presque invisibles pour instaurer une tension psychologique constante. Cela renforce l'idée d'un ennemi invisible et omniprésent, un peu comme Dieu.
- Speaker #3
Et ce qu'on est en train d'entendre, ce sont les effets spéciaux du chasseur. Et dès qu'on voit, dès le début du film, l'hélicoptère atterrir, ce qu'on a entendu au générique de votre émission, ça accompagne tout à fait, la partition accompagne chaque séquence, chaque image, et ça nous met vraiment dans l'ambiance.
- Speaker #0
Oui, ça installe les scènes à chaque fois.
- Speaker #3
On a une vraie identité sonore.
- Speaker #0
Oui, je suis d'accord.
- Speaker #2
C'est devenu une sorte de balai d'ailleurs, dans la jungle, très intéressant. Beaucoup de musique, un nombre incroyable de possibilités, évidemment, dans la jungle, pour un compositeur. Et aussi une tâche un peu intimidante, quand même, simplement par la quantité, quand même, de sonores à produire.
- Speaker #3
Non, mais tout à fait. Et Alan Silvestri, son maître à penser, c'était forcément John Williams.
- Speaker #2
Mais comme tout le monde.
- Speaker #3
Mais... mais il Et pour lui, la grosse difficulté, c'était vraiment de maintenir une tension pendant le plus longtemps possible, afin qu'on ne puisse pas voir le monstre. C'était aussi une sorte de pari, comme on l'a dans les dents de la mer. Oui, c'est de l'anthrope.
- Speaker #2
Et alien également.
- Speaker #3
Tout à fait.
- Speaker #0
C'est l'attente de voir le monstre.
- Speaker #3
C'est vraiment, comme vous l'avez dit professeur, des cuivres, des cordes dissonantes, des percussions très militaires. Et ça nous fait une influence à la fois de thriller, de film de guerre, de film fantastique, qui se transpose dans ce film un peu d'horreur, et qui va créer presque des sons étranges, presque non musicaux, mais qui donnent une sonorité musicale.
- Speaker #2
Évidemment, on pense notamment au bruit que fait la vision du prédateur. Évidemment, le récit en vue subjective, avec cette... caméra thermique qui présente son monde et sa vision du monde à travers ses yeux. Et ces espèces de petits clectis, on ne sait pas si c'est une bête, un insecte.
- Speaker #0
Est-ce qu'il parle ? Est-ce qu'il crie ?
- Speaker #2
Est-ce qu'il grogne ? Est-ce qu'il éructe ? On ne sait pas. Est-ce qu'il a des gaz ? Bref, pendant une grande partie du film, le monstre est invisible. C'est angoissant. C'est d'ailleurs pas un monstre, c'est la jungle. La jungle qui avale en fait. Un à un, ces personnages comme Agatha Christie et les Dix petits nègres, une vraie course à l'exécution, en fait, un à un de chacun de ces petits soldats.
- Speaker #3
Oui, et ce qu'on entend là, actuellement, je pense à Peter Cullen qui disait, voilà, il avait pensé à un crabe sur le dos en train de mourir au soleil sur le sable. Et il avait vu cette image quand il était enfant, c'est dans la place.
- Speaker #2
C'est comme un râle du tural. Voilà. Il avait des frissons.
- Speaker #3
Il trouvait ça vraiment horrible et du coup, il a essayé de reproduire ce phénomène de craquement. de bruit de bulle.
- Speaker #2
C'est un peu dégueulasse quand même.
- Speaker #0
J'adore. Après toutes ces émotions et ces débats, haletons, je nous propose encore une petite respiration musicale. Et cette fois, c'est le Ténécute 5. Hasta siempre, de Nathalie Cardone. Je savais que vous l'aviez aimé.
- Speaker #2
Ça me transporte, ça me fait vivre. On a l'impression d'être au cœur de la révolution.
- Speaker #0
Ah ça vous avez insisté pour qu'on passe ce titre ?
- Speaker #2
Ah mon ami Pancho Villa aurait été ravi.
- Speaker #0
L'accent est la moiteur, c'est tout le professeur.
- Speaker #2
Si, carail !
- Speaker #4
La entraînable transparence de ta chère présence, commandant Che Guevara, tu viens de fermer la brise. La incroyable transparence de ta chère présence, comme un homme qui se boit. Comme un homme révolutionnaire.
- Speaker #0
Ne cherchez pas à changer de radio, vous êtes bien sûr, Uchronia. Uchronia, les chroniques du temps latent. Alors cette fois professeur, là, c'est votre moment, c'est le cultomatique. Pourquoi voulez-vous ranger ce film sous cette prestigieuse étiquette ?
- Speaker #2
Parce que c'est un classique, évidemment, qui va faire décoller la carrière de John McTiernan, qui était un illustre inconnu quand même, et qui fait peut-être son plus grand chef-d'oeuvre avec Predator, même s'il ne s'arrête pas là, puisqu'il est quand même le réalisateur de Pièces de Crissal, ou Die Hard, en 1988. Et puis ensuite, de nouveau, un coup de maître dans... A la poursuite d'Obre Rouge, avec le superbe Sean Connery,
- Speaker #3
en pleine mutation, en pleine renaissance,
- Speaker #2
qui transformait un petit peu son physique de jeune premier James Bondien en vieux sage prêt à faire des...
- Speaker #0
En patriarche impérial, Bobo. Oui, voilà,
- Speaker #2
prêt à lancer ses grandes torpilles au fin fond de la mer.
- Speaker #3
Après sa période Medicineman.
- Speaker #2
Tout à fait. et prêt évidemment à aller chercher le Graal avec Indiana Jones, évidemment. Mais cette réalisation, une mise en scène vraiment dynamique, présente, qui ne laisse rien au hasard. En fait, c'est presque un film d'improvisation où le scénario a l'air ficelé et en même temps il repose avant tout sur une performance d'acteur. où l'action et l'humour sont omniprésents. Enfin, on sent qu'il est dans la direction d'acteur. On lui donnerait des poules qu'il arriverait à faire un film incroyable.
- Speaker #0
La combivasion.
- Speaker #2
Il sent les choses, il improvise et il arrive à faire une alchimie et réellement une production cinématographique totalement bluffante.
- Speaker #3
Oui, vous avez raison, professeur. Moi, ça me fait penser quand même à... à la scène finale du film, où...
- Speaker #0
Ne dévoilez pas tout !
- Speaker #3
Non, non, mais, Arnold Schwarzenegger, alors, comme sur l'affiche du film, on voit Arnold Schwarzenegger,
- Speaker #2
on le voit, on le voit, mais on le voit avec un regard glacé, mais c'est ça ! On le voit, on ne voit pas un Schwarzenegger dominant, comme dans Conan le Barbare, qui vous regarde droit dans les yeux avec son gros glaive, là, on sent qu'il est en train, en fait, de faire dans sa culotte.
- Speaker #3
Mais, et, Il faut bien comprendre à nos auditrices et auditeurs que John McTiernan, il a vu Predator plus comme une sorte d'interprétation sur King Kong à la moderne.
- Speaker #0
Le premier vous le dire, le verre de 1983,
- Speaker #3
tout à fait.
- Speaker #0
Et ce film, on peut dire ce qu'on veut de Prédator, mais il a quand même entraîné un déchaînement de suites, une frustration de fans pour en avoir encore plus et encore plus.
- Speaker #1
Et parfois de déceptions.
- Speaker #2
Mais évidemment que des déceptions, parce que c'est ça le paradoxe de ce film, c'est qu'il n'y a pas un Prédator plus effrayant que le premier. Vous avez raison. Alors que c'est tellement facile d'écrire une suite, d'imaginer des Prédators absolument horribles, qui... qui s'amuserait à dévorer des êtres humains, que sais-je encore ?
- Speaker #0
Mais oui, c'est ça. Lui trouver aussi à chaque fois la proie ou l'adversaire le pire, le plus parfait. Donc bien sûr, il y a eu les fameux aliens versus prédateurs.
- Speaker #2
Là, on peut se dire qu'évidemment, le prédateur a face à lui l'adversaire parfait, le combattant féroce. absolument indestructible.
- Speaker #1
Et lui aussi extraterrestre.
- Speaker #2
Et au final, ça fait flop. Les films manquent de tonus, de corps.
- Speaker #1
Dans certains, c'est comme pour tout. Tout n'est pas forcément à jeter.
- Speaker #0
Mais c'est parce que peut-être Alien vs Predator, on voit arriver ce fameux concept de fanservice. De faire plaisir aux fans. Mais finalement, ils sont déjà tellement addicts et tellement en soif de toujours plus.
- Speaker #1
qu'ils n'ont pas ce qu'ils cherchent et finalement ce qu'ils cherchaient ils l'avaient déjà dans le premier plat d'or vous me disiez d'ailleurs que vous n'avez retrouvé cette force là que le film d'Alerandro à Gonzales Inarritu oui,
- Speaker #0
je revenais en 2015 c'est ce qu'on voit avec Leonardo DiCaprio cette force de survivalisme et cette capacité à se dépasser avec ou sans armes surtout en utilisant l'environnement et la nature et c'est tout le chemin du film de Predator les fameuses émissions
- Speaker #2
Man vs Wild les émissions où le corps sculpté du héros est compté à la bestialité de la nature c'était un de mes anciens collègues du Navy Seal,
- Speaker #0
bon je ne dirais pas tout mais après c'est bien ce qu'il fait ça permet quand même aux personnes aux spectateurs de se préparer et de se préparer
- Speaker #1
De se faire une idée, plutôt.
- Speaker #0
Il en faut y aller. C'est sûr, ce n'est pas Punta Cana. C'est une autre deux salles de s'ambiance.
- Speaker #1
Que représente au fond ce mélange de signes horrifiques dans un cadre classique, finalement, de film de guerre ? Professeur ?
- Speaker #2
C'est tout ce qu'on a envie de voir, finalement. de jeunes gens musclés, prêts à en découdre. Et au final, ils finissent par une énorme désillusion, puisque c'est la mort qui les attend, bien sûr.
- Speaker #0
Je pense qu'il ne faut pas oublier, il y a d'énormes références à l'agence touriste, la fameuse A-Team. Il faut bien comprendre que... Il a dû le regarder. Et Joël Silver, il venait de terminer Commando. Et il cherche à transformer presque un film qu'on va appeler de série B, un peu à la canon, en blockbuster à gros budget pour un film d'action.
- Speaker #1
Comment vous avez préféré votre film, professeur ?
- Speaker #2
Oui, tout à fait. Alors après, Predator est quand même un film assez transgressif, parce que ce ne sont pas des images tout publiques. Quand vous faites un film aussi cher, avec autant de débordements de moyens, pour au final être introduit et interdit au moins de 16 ans, vous avez du mal, au moins de 17 ans, pardon, vous avez du mal à faire des entrées en salle. Donc il faut non seulement être percutant, mais en plus être certain que tous ceux qui ont plus de 17 ans vont aller voir ce film, parce qu'il y a un côté absolument smash-up. Vous en prenez vraiment plein la tronche.
- Speaker #0
Non, mais c'est ce que vous venez de dire, professeur. Officiellement, c'était un PGR, donc déconseillé aux moins de 17 ans, mais... Mais vous avez 15 ans,
- Speaker #2
vous n'avez qu'une envie, c'est d'aller à la loi.
- Speaker #0
Je pense entre 13 et 14, professeur. Et d'en même qui débordent. Voilà. Parce que c'était un film événement quand même. C'était un film événement. L'affiche était magique. Je pense, l'idée de départ, c'était vraiment Joel Silver qui venait de finir la scène avec Yvan Drago dans Rocky IV. On est en 1985. Rocky Balboa, il voulait en faire. Un cinquième film, mais comment on se bat ? Ce coup-ci, avec un alien. Et du coup, les deux scénaristes, Jim et John Thomas, ils sont pleins d'ambition et ils vont trouver cette idée assez géniale proposée à la Fox. De faire fusionner les genres fortement appréciés du grand public, le film d'action et la science-fiction. Et ils vont même jusqu'à dire, si on imaginait une sorte de John Rambo, mais en moins déboîlé, et partant sur une nouvelle mission de sauvetage, pour découvrir en cours de route que tout foire et qu'il n'y a plus de patron dans le casting.
- Speaker #2
Un joyeux jeu de massacre.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Et du coup, on en arrive presque à cette idée des dix petits nègres. l'approche de Agatha Christie.
- Speaker #1
Écoutez, messieurs, je vous remercie pour ces échanges intelligents et si éclairants. Merci, cher professeur McLaughlin.
- Speaker #2
Je vous en prie, je vous en prie.
- Speaker #1
Merci encore, monsieur Goldman. Merci à vous. Je remercie également notre metteur en ondes, Frankito Dalwood. Et pour conclure, chers auditeurs, place maintenant à la magie d'Axtukronia. Le premier rôle du succès est d'avoir une vision. Pour aller plus loin sur cette thématique et explorer votre côté chasseur à l'heure, nous vous invitons à voir, revoir, visiter ou lire des œuvres vous permettant de retrouver cette atmosphère de prédation. Pour continuer l'esprit des films d'action, dans un esprit murder party, où les protagonistes principaux se font dessouder les uns après les autres, relisez ou contemplez la série TV Gamers of Stone de Georges Raymond Richard Martin. J'aime bien tout dire parce qu'on ne dit jamais les deux prénoms au milieu. Écrite en 1996 et qui, je crois, a fait des petits depuis. Qui est transposée par HBO en 2011. Alors le film Predator en galette. Home Cinema distribué par la 20th Century Fox. Oui, je parle toujours aussi bien anglais. Et attention aux versions entre 2010 et 2018 qui utilisaient des effets numériques. Les fameux DNR AK, le Digital Natural Motion breveté par Philips pour upscaler les images en format Blu-ray à 1080 points de pixels. Nombreux sont ceux qui trouvent que cela fait l'image beaucoup trop lisse et ça génère des visages en cire en fait. Attention aussi un... à la 4K HDR qui renforce la teinte chaude et moite, comme l'aime le professeur de la jungle, les magnifiques effets spéciaux et l'environnement du chasseur alien. Mais du coup, le film est un petit peu plus sombre, en fait, que tourné sur pellicule. A l'inverse, un de mes films préférés au monde, L'Induit du chasseur, dont nous a parlé le professeur avec Robert Mitchum, réalisé par Charles Lawton en 1956 pour MGM. La version HD par Criterion en 2010 est la préférée des techniciens. Dans le cadrage, dans l'effet vieux film à images nettes et avec la profondeur de champ, la version Wild Side de 2012 va chercher à dépoussiérer la pellicule, la dégrainer si vous voulez, et le résultat offre une image plus lumineuse mais qui dénature en fait, trouve le matériel original. Un livre fascinant d'Andermanson, Predator, Memoir, A Movie, An Obsession, sorti chez Greywolf Press en 2022, l'auteur qui précise « Je vois déjà bien comment je vais probablement énerver un tas d'hommes qui s'énervent facilement » . Les mondes des ciné, bien sûr, les comics pullulent de variations de mariages avec d'autres personnages de fiction comme on en parlait tout à l'heure. Alien, Judge Dredd, Batman, vous trouverez de nombreux crossovers. Et nous vous recommandons par exemple Alex de Campio au scénario et Fernand Doruiz au dessin. Archie vs Predator chez Dark Horse Comics sorti en 2015. Benjamin Percy pour Predator vs Wolverine sorti chez Panini Comics en 2024. Et les personnages vont alterner entre le chasseur, la proie, le chasseur, la proie. Les éditions Brisson et Kev Walker proposent Predator le jour du chasseur chez Panini Comics en 2023. Le numéro 58 de la revue La Septième Obsession sur John McTiernan sorti en janvier 2025. Le numéro 20 de Rocky Rama gelé sous les yeux à l'occasion de la sortie du film de Shane Blake The Predator chez Guinness Éditions en septembre 2018. Le numéro de Mad Movies hors série numéro 87. Predator Redux du classique de John McTiernan à Badlands chez Custom Publishing en 2025. Il existe aussi une version Ultra Collector en couverture cartonnée. Et pour aller plus loin, je vous recommande l'épisode du podcast Marvel Comics épisode 111 Predator Annoys the World Science Universe on Moon Knight vs. FDNY, un épisode de World Science Comics. podcast DC Comics, Marvel Comics, manga et mour du 29 octobre 2025 qui est disponible en ligne. Je suis très en retard. Rappelez-vous, on n'est pas forcément l'image que vous percevez de nous. Mesdames, messieurs, chers auditeurs, chers auditrices, j'ai tellement hâte de vous retrouver pour un prochain épisode d'Ukrainien. En attendant, vous pouvez nous écrire l'adresse mail ukrainien1984 at gmail.com. Retrouvez-nous en podcast sur toutes les plateformes et en particulier sur Ausha. et sur le site de Radio Campus bien sûr, et pour les prochains émissions en FM sur le 92.2, sur le DAB+, sur tous les postes modernes, et en direct live sur le site www.radiodijoncampus.com. Ucronia, les chroniques du temps latent. Merci.