- Speaker #0
Ça tourne ?
- Speaker #1
Alors oui, ça tourne. Alors, j'ai en face de moi, il ne faut pas que je me trompe, car ce sont des jumeaux. Deux réalisateurs, Cola et Mathias.
- Speaker #0
Riff Kiss, c'est dur à dire.
- Speaker #1
Et vous êtes venus présenter un film, première projection demain. Comment vous vous sentez à la veille de la projection ? Peut-être d'abord, est-ce que c'est votre premier festival du film francophone ici à Angoulême ?
- Speaker #0
Alors c'est notre premier tout. En fait, Colum disait tout à l'heure, c'est dingue parce que demain c'est notre journée. C'est notre première de tout. En fait, on a fini la post-production de ce premier film, premier long-métrage en mai. Et on arrive là sur notre premier festival en France. Première fois ici à Angoulême, premier festival, première projection demain. Deux salles remplies, on a vraiment hâte de le confronter au public, de voir comment le public va réagir, comment le film va vivre. Vraiment, parce que c'est un film, c'est donc une comédie qui a besoin de vivre au rythme du public. Et donc, on a vraiment hâte d'être dans cette salle. Il y a beaucoup de gens de l'équipe qui vont être là, qui n'ont pas vu le film. Donc, c'est vraiment le jour des premières pour nous.
- Speaker #1
Est-ce que ça veut dire qu'il y a du stress ?
- Speaker #0
Il y en a un peu, mais il y a surtout du plaisir, parce que quand on passe une année aussi dense, qui était un tunnel pour nous, parce qu'on peut quasiment dire que jour pour jour... J'exagère pas en le disant, jour pour jour, on a commencé le tournage l'année dernière, il y a pile un an. On est rentré dans un tunnel phénoménal, parce que c'était une production dense, forte. On n'a pas beaucoup d'argent au départ, mais on a tout fait bien. Et là, on s'est posé plein de questions pendant toute l'année. La post-prod a été très longue, et on l'a éprouvé avec les producteurs, nos partenaires en petit comité. Et là, c'est plutôt... On vient ici pour jouir de la projection, vraiment, pour le voir, on va le partager. Souvent, on a cette phrase, on dit que le film ne nous appartient plus maintenant, il appartient au public. C'est terminé, on ne va plus revenir dessus. J'ai envie de voir comment le public l'accueille et réagit.
- Speaker #2
Juste de sentir des vibrations, parce qu'en fait, une post-production, comme l'a dit Mathias, c'est long. On était souvent enfermés en studio à faire des corrections, essayer que le film soit le mieux possible. Et chaque choix... Dès qu'on avait un choix à prendre, une direction à prendre, on pensait toujours au public. On se disait toujours comment le public va comprendre ça, va ressentir ça, est-ce que ça va lui plaire. Et du coup, là, on va enfin avoir la réponse à tout ça, c'est-à-dire qu'on va avoir un public qu'on ne connaît pas qui va recevoir ce film qu'on leur offre. Et la pluie commence à tomber comme un bon pressage.
- Speaker #1
Oui, on est protégés, donc je pense que ça devrait aller. Alors, c'est votre premier festival. Pour le long métrage, parce que c'est votre premier long métrage, mais vous avez été largement au festival et même récompensé sur des courts métrages avant.
- Speaker #2
Tout à fait, tout à fait. On a une longue carrière. On est des vieux, on est des vieux court métragistes. On a fait sept courts métrages dans notre vie. Effectivement, ils ont toujours très, très bien tourné. On a eu plein de festivals, plusieurs prix, toujours en creusant notre sillon de notre style à nous, qui est une comédie d'auteur. Nous on a ce truc avec Mathias de vouloir toujours s'emparer de sujets. Assez grave des fois, assez dramatique, mais de toujours trouver le petit pas de côté pour pouvoir pas s'en amuser, on veut jamais s'en moquer, mais au contraire retrouver la tendresse et la tendresse qui utilise le comique de situation pour attraper justement notre public et à un moment l'emmener vers l'émotion au moment où il ne s'y attend pas. Et je trouve que tous les agrégats de la comédie qui sont la mauvaise foi, l'obsession, la manipulation, toutes ces choses là... Ce sont des choses qui rythment toutes nos histoires. Tous nos courts métrages ont utilisé ce procédé-là parce que nous ce qui nous plaît c'est attendrir les gens, les divertir et qu'à la fin ils ressortent avec une émotion qu'ils n'attendaient pas, qu'on les saisisse, qu'on les prenne au dépourvu et en même temps de faire passer toujours humblement une sorte de message, enfin en tout cas pas un message mais notre vision sur un sujet. Donc on a eu des... Des films qui sont à la fois politiques, à la fois sociaux, sociétaux. Et donc le long métrage ne dérogeait pas la règle. Il fallait qu'on s'empare d'un sujet qu'on avait déjà traité justement dans nos derniers courts métrages. Oui,
- Speaker #1
c'est ce que j'allais dire. En fait, là, c'est le prolongement d'un court métrage. Maintenant, la petite graine, c'était La Charge Mentale,
- Speaker #2
c'est ça ? C'était La Charge Mentale, qui était avec les deux mêmes comédiens qui forment le couple qui sont dans le film aujourd'hui, qui sont Sébastien Chassagne et Louise Massin. C'était déjà le même couple d'acteurs et de personnages. Sauf que généralement il y a déjà eu des précédents de réalisateurs et réalisatrices qui poursuivaient leur cours en long métrage, sauf que nous on ne l'a pas... Le cours suivi, on l'a fondu à l'intérieur du film, c'est-à-dire que c'est pas la suite. D'ailleurs notre film, notre long métrage, La Petite Graine, est plutôt le préquel, enfin ce qui se passe avant La Charge Mentale, puisque dans La Charge Mentale, c'est toujours l'histoire d'un couple qui ne peut pas avoir d'enfant et qui rencontre des graves difficultés du coup à l'intérieur de leur couple. Mais notre court métrage, La Charge Mentale, racontait comment ils transcendaient ça, ils sublimaient ça pour se réinventer autrement, d'être un couple sans enfant. Et du coup pour le long métrage on avait envie de raconter un peu leur histoire d'avant, c'est-à-dire avant qu'ils se transcendent, leur dernier coup, leur dernière tentative un peu folle, un peu drôle, un peu désabusée, ridicule mais en même temps hyper touchante de leur dernier plan, disons un plan.
- Speaker #1
Le plan c'est d'aller chercher Piche, le copain de collège,
- Speaker #0
lycée. On sent que c'est dans leur ville de...
- Speaker #1
Là c'est Mathias.
- Speaker #0
On s'est projeté un peu en se disant que c'était un... Un couple dans un village un peu plus de campagne, dans la campagne ligurienne de la Loire, à côté de Rouen-le-Coteau, vers là-bas. Et en fait, souvent on se dit dans ces endroits-là, les bandes de jeunes se suivent, école, collège, lycée. En fait, je pense que ce personnage de pitch était quelqu'un qui les a accompagnés tout ce temps-là. Et donc le pitch est le suivant. c'est qu'après beaucoup de fives inaccomplies, d'IAD infructueuses, donc des inséminations avec d'odeurs anonymes, ça n'a pas marché. Ils arrivent au bout de leur processus et ils décident, c'est souvent impulsé par le personnage de Céline dans le couple, qui dit en fait perdu pour perdu, j'ai une dernière idée, c'est qu'on va aller chercher une vieille connaissance du collège lycée, donc ce fameux piche. qu'ils ont perdu de vue depuis 18 ans et on va le chercher pour lui demander de nous donner la petite graine en insémination artisanale et on se dit tous mais pourquoi lui ? Et bien en fait parce que c'est le seul qui a mis enceinte Céline mais quand ils avaient 17 ans à une boum par accident et elle pensait pas quand elle a avorté à ce moment là que ce serait la seule fois de sa vie qu'elle était enceinte. Donc c'est complètement ubuesque mais elle se dit pourquoi pas pourquoi pas et donc ils se partent dans cette invitation un peu surprise de cette personne qu'ils n'ont pas vu depuis 18 ans. qui lui curieusement est devenu, a quitté la campagne, a rejoint la ville, est devenu un artiste sur scène qui fait un peu de stand-up et qui en plus fait son fond de commerce avec des sketchs sur le child free en disant mais pourquoi voulait absolument des enfants aujourd'hui dans un monde... Et donc c'est un peu cette rencontre improbable entre ces personnages et puis nous on a voulu rire là-dessus et c'était un socle de comédie important. J'ajoute que c'est vraiment quelque chose qui nous est venu tout de suite parce qu'on s'est dit que quand on prend des personnages qui se connaissaient dans le passé, en fait on les charge déjà d'un passif. Parce que moi j'ai remarqué ça, l'école, le collège, le lycée, c'est comme des années très particulières. Il suffit que je dise que ces deux personnes étaient au collège ensemble, on se fait déjà une idée, on se dit d'accord, ils ont été témoins de leur premier baiser, en fait c'est chargé de quelque chose. Et nous cette charge sur les personnages est très importante quand on commence l'écriture du film et la dramaturgie qu'on déploie.
- Speaker #1
Mais c'est vrai que dans le film, je crois que c'est ce qui m'a le plus touchée en fait. Cette histoire de retrouvailles et un peu de nostalgie. Vraiment, à un moment, votre film bascule.
- Speaker #0
Exactement,
- Speaker #1
c'est ce qu'on a voulu. C'est vraiment touchant. Je ne sais pas, les liens qu'ils avaient peut-être, enfants, ados, et tout d'un coup, il y a une espèce de vide où ils ne se reconnaissent plus parce qu'ils ont eu une autre vie. Et puis il y a une fraternité, un lien, une solidarité ?
- Speaker #0
C'est simple, quand on crée des personnages, on aime bien avoir des courbes aussi sur les personnages qui ne sont pas forcément les principaux, je m'explique, c'est que le piche en question, il vient avec des certitudes, c'est une grande gueule, mais en même temps c'est quelqu'un d'un peu seul. On le sent fragile quand même. Voilà, fragile et seul, et donc du coup, dans cette aventure qui n'aura pas de fin, quelque part, lui il se récupère des amis, il se récupère, finalement l'héritage du passé revient, et il se dit pourquoi pas, en fait c'était... C'est pour ça qu'on rigole sur le fait qu'ils disent mais est-ce qu'on pourra se revoir pour des barbecues ? Donc en fait il y a un côté très enfantin qu'on rajoute dans cette intrigue. De toute façon c'est dès le départ. C'est un film qui parle de gens qui essaient de faire des enfants et c'est un jeu d'enfants quelque part. On recrée la cour de récréation et en même temps c'est beauté, c'est nostalgie que vous évoquiez. C'est exactement ça.
- Speaker #1
C'est aussi la question de qu'est-ce qu'on fait de sa vie pour que ça continue aussi dans le couple et comment on s'occupe entre guillemets, comment on vit et soit on fait un enfant ou pas et qu'est-ce qui se passe si c'est pas possible ?
- Speaker #2
Nous c'est une thématique qui nous touche énormément parce qu'en fait pourquoi on a fait ce film ni Mathias ni moi n'avons des enfants, on a été aussi assez touchés, blessés. Par les déclarations de notre cher président Macron, qui avait quand même fait une conférence de presse il y a un an et demi, en incitant les femmes et les hommes, surtout les femmes, à procréer et à entamer un réarmement démographique de la France. Donc c'était vraiment une insulte à tous ceux qui ne pouvaient pas en avoir, comme si c'était aussi simple que ça, et de monter une armée de petits soldats du capitalisme. Donc non, c'est ça qui a déclenché le film, et donc c'est quelque chose d'intime. Mais comme c'est quelque chose d'intime, parce que nous n'avons pas d'enfants non plus, on voulait trouver ce que vous... Ce que vous évoquiez là sur le fait de comment on se réinvente après, l'occupation, même l'occupation d'une vie, c'est quoi un couple une fois qu'il ne peut plus avoir d'enfant ?
- Speaker #1
On se réinvente tout le temps.
- Speaker #2
C'est ça, on est femme, puis on est fille, puis femme, puis mère, puis refemme. En fait, la vie c'est une résilience et on passe d'étape en étape. Et nous, on voulait que ça soit toujours ancré, que ça parle au cœur du public et des spectateurs. Je pense que n'importe qui s'y retrouve tant que tu es sincère, tant que tu crées quelque chose qui est réel. Et nous, on cherchait tout le temps le vrai. Et c'est pour ça que quand on parlait d'enfance, même de la cour de récréation, des rapports qu'ont les gens, on sait que ça parle à tout le monde. Je veux dire, peu importe ta culture, peu importe ta religion, tu as été à l'école et plus tard, on t'a demandé de faire un enfant.
- Speaker #1
Il y a aussi le couple, il y a aussi le huis clos. On est vraiment dans la maison. Ça, c'était une volonté ?
- Speaker #2
Oui, dès le début, on aimait le cloisonnement un peu du couple. C'est-à-dire qu'un couple, c'est une maison, c'est un quotidien, c'est des petits gestes, c'est toujours une répétition, surtout. À la campagne ou dans des villes périurbaines, que nous on revendique comme étant aussi les personnages de nos films, c'est-à-dire que tous nos films, nos courts-métrages, et celui-là, maintenant, notre premier long-métrage, ça parle des gens de peu, comme on aime à les appeler, c'est-à-dire ceux qui ne sont pas montrés au cinéma, généralement, ce ne sont pas les bourgeois du 6e arrondissement de Paris, c'est des gens comme nous, on est provinciaux, on a grandi en banlieue de Lyon, puis après on a vécu à Lyon, mais on a toujours été des connaisseurs de la campagne autour, pour... On est parfois en Bretagne, mais... Oui,
- Speaker #1
on sent qu'il y a ça dans le film aussi, effectivement, la reconnaissance de la banalité du quotidien aussi, qui se joue dans la maison.
- Speaker #2
Parce qu'il n'y a pas de jeu de dupe, en fait. J'ai envie de dire à la campagne, il n'y a pas de jeu de dupe. Dans les grandes villes bourgeoises, et ce n'est pas un reproche, c'est un constat, dans les grandes villes bourgeoises, il y a un jeu d'apparat, il y a un jeu de dupe. Socialement, on peut être dans les repas en ville, dans les conversations faites, on peut, oui, on peut disparaître, oui. On peut se dire, oui. A la campagne, il y a un candidaton, tout le monde se connaît, on s'affiche, on est à eux là-bas, c'est les gens qui ne peuvent pas avoir d'enfants, à lui là-bas, c'est le mec qui trompe sa femme, à lui là-bas. En fait, on est dans un truc où il faut avoir encore plus de force et de résilience. Le huis clos, ça représente aussi qu'on ne peut pas fuir. Il y a quatre personnes autour d'une table, donc le personnage de Piche vient lui accompagner de sa, on va dire, son amante.
- Speaker #1
Je trouve qu'elle apporte justement la liberté. Je m'en fous du qu'en dira-t-on des voisins.
- Speaker #2
Finalement, c'est celle qui arrive comme un éléphant dans un jeu de quilles. Elle débarronne tout et on se dit mais elle n'est pas à sa place. Elle va empêcher le plan de bien fonctionner. Alors qu'en fait, c'est elle qui relance tout le plan en convainquant, notamment son amant, de la simplicité de la demande de ses anciens amis.
- Speaker #1
Et en amenant pas du cérébral, mais de la vie.
- Speaker #0
C'est de l'expérience parce qu'elle, elle vient et elle dit... C'est Mathias qui a repris le micro. Non mais je veux dire, elle apporte une expérience certaine, c'est-à-dire que face à un couple qui, depuis 15 ans, veut absolument avoir un enfant, elle leur dit clairement « Moi j'en ai eu 4 et voilà tous les problèmes que ça engendre. » Et aujourd'hui je suis content qu'ils partent ou qu'on se soit chamaillés ou peu importe parce que maintenant je vis ma vie de femme, elle le dit. Et en fait, pour nous c'était important quand tu démarres une écriture de polariser tous les personnages sur la thématique de ton film. Que tu t'en sers vous pas. C'est-à-dire que là, on sait que c'est la volonté, le thème du film, c'est la volonté obsessionnelle d'avoir un enfant. Très bien, je n'apporte pas un personnage dans l'intrigue tant que lui, on ne lui a pas créé une position, on ne l'a pas fouillé là-dedans. On verra si on s'en sert dans les scènes. Mais on se dit, si il a une copine, piche, ça ne va pas être juste une copine, ça va être quelqu'un qui a un avis très précis sur le fait d'avoir des enfants aujourd'hui.
- Speaker #1
Comment vous travaillez tous les deux ? Est-ce qu'il y en a un qui écrit plus que l'autre ? Est-ce qu'il y en a un après la réalisation ?
- Speaker #0
C'est très simple, on va l'expliquer, mais on a évolué sur ce sujet-là. Tout au début, sur nos premiers courts-métrages, ce qui était compliqué, c'est qu'on pensait qu'il fallait qu'on soit tous les deux au-dessus de l'ordinateur pour écrire. Ce qui est un moment complètement...
- Speaker #2
On fasse tout à quatre mains en fait.
- Speaker #0
Ça devient kafkaïen, on a deux cerveaux, on se chamaille plus qu'on écrit, c'est compliqué. Donc au début on a fait comme ça, et puis après on s'est dit, ok... Il faut surtout créer la matière avant de l'écrire. Et créer la matière, pour nous, c'est discuter énormément des thématiques des films, brosser. Au départ, il n'y a même pas d'ordinateur, il y a un bloc-notes, ou alors on est comme ça. Des fois, on marche tous les deux, on parle beaucoup.
- Speaker #2
On discute des heures et des heures. Voilà.
- Speaker #0
Et on accouche de quelque chose.
- Speaker #2
Mais par contre, tant qu'on n'a pas cette idée de trame narrative, qui n'aide un pitch, qui n'aide une idée comme ça, qui déclenche un peu tout, ça peut prendre huit mois. On va discuter pendant huit mois, on va parler d'autres projets et d'un coup on a l'étincelle. Généralement de notre discussion naissent plusieurs pistes et puis à un moment il y a une idée qui s'éclaire et on dit que c'est ça. Et quand l'enthousiasme est partagé,
- Speaker #0
on sait que c'est là. Et donc après commence le plus dur parce qu'on va effectivement faire un peu une liste, une wish list comme on dit, de souhaits pour essayer de... converger déjà vers une structure, vers un début de ligne narrative. Et puis après, la première chose qu'on va faire une fois qu'on sait où on va, c'est qu'on va s'abandonner le récit, c'est-à-dire que... Selon les films, ça a été différent, mais en fait, un ou deux prend le film à son compte.
- Speaker #2
Celui qui le sent le mieux. À un moment, il y a un ou deux, on s'en parle beaucoup. On va dire, tiens, moi, je vais prendre la charge.
- Speaker #0
Je vais faire une première version. Et le deuxième prend la première version, la lit, la corrige comme il veut. Il met du rouge de partout. Et il écrit une deuxième version. Et c'est qu'à partir de la version 3 qu'on met tout en commun sur la table. Et que là, on parle énormément au-dessus des bureaux.
- Speaker #2
Et ça, c'est pour l'écriture. Et pour la réalisation, on a... On a, disons que...
- Speaker #0
Pareil, on a un peu échaudé nos méthodes. Ce qui était compliqué pour nous, c'est de s'apercevoir que quand on est en duo, ce n'est pas seulement des frères ou des frères jumeaux, il y a des couples, plusieurs personnes ont réalisé en duo, et on s'apercevait que pour une équipe technique ou des comédiens, le plus compliqué, c'est l'ordre et le contre-ordre. Il ne fallait surtout pas se contredire dans un métier où il faut aller vite, dans les journées, il faut pouvoir construire rapidement. En fait, dans la production de chaque scène, ce qu'on faisait, c'est que... On préparait beaucoup. On prépare beaucoup en amont. On se parle. Et on prend deux places différentes qui changent à chaque fois selon la scène. C'est qu'il y en a un beaucoup plus à la face qui va diriger la scène, essayer.
- Speaker #2
Et un autre beaucoup plus, pas effacé, mais en recul, un peu plus loin.
- Speaker #0
Le combo, c'est le moniteur pour regarder les scènes un peu plus loin. qui a un regard de spectateur qui va plus regarder la continuité se dire est-ce que ce que je vois fonctionne est-ce que si j'étais assis sur une salle de cinéma cette scène fonctionne donc c'est deux regards différents mais par contre celui qui va diriger la scène est plus devant ce qui fait que en plus nous on a cette faculté étant frères jumeaux vraiment de très loin de pouvoir en un signe faire passer une idée sans parler devant tout le monde effectivement le fait que vous vous connaissiez très bien peut-être que vous n'avez pas besoin de parler ça doit être quand même
- Speaker #1
Il va y avoir une efficacité remarquable, peut-être qu'un autre duo n'aurait pas.
- Speaker #2
Parce qu'on prend de loin, d'un simple regard, on peut finir la phrase de l'autre. On a tendance à aller... C'est ce qu'on fait là en fait déjà.
- Speaker #0
Voilà,
- Speaker #2
c'est ce qu'on fait exactement là. Mais par contre, non, il y a un truc qui est primordial, parce que tout le monde croit que c'est génial, la fusion, l'entente parfaite. On s'engueule énormément avec Mathias, beaucoup. Mais en fait, on a la faculté par contre de se pardonner très rapidement. Et en fait, je me rappelle avoir discuté avec un réalisateur... D'ailleurs qui a beaucoup d'expérience, au moment où je discutais avec lui, il y a déjà son troisième live, il va faire son quatrième long métrage. Et il disait, moi là où je vous envie, parce qu'on se connaît bien, on discute un peu de comment on fabrique, comment on travaille. Et il disait, moi j'ai jamais trouvé mon co-auteur, parce que mon co-auteur en fait, dès que c'est tendu, parce que c'est toujours tendu dans une écriture, au bout d'un moment on n'est pas d'accord. On se met à nu, donc forcément on parle de nous. Ouais c'est ça, et il disait, moi chaque fois que je me suis adjoint à un co-auteur, en fait on n'arrivait pas à se parler. On s'engueulait. Et par contre,
- Speaker #0
on ne s'excusait pas.
- Speaker #2
Voilà, c'était long à s'excuser, machin, machin. Tandis qu'avec Mathias, lors des écritures, c'est long, c'est fastidieux. On s'engueule, c'est tendu des fois. Des fois, c'est cool, mais des fois, c'est tendu. Sauf que quand c'est tendu, honnêtement, ça n'a jamais duré la plus grosse engueulade de notre vie qu'on a eue. Moi,
- Speaker #0
tu fais un tour pâté de maison en marchant, tu reviens en gros.
- Speaker #2
Et même pas. Enfin, je veux dire, deux minutes.
- Speaker #0
On prend un stade dans la main et c'est reparti.
- Speaker #2
Et on y va. Donc on gagne du temps là-dessus, en productivité, en efficacité. En fait, on avance. On avance parce qu'on se dit surtout... En fait, c'est quoi, Mathias, si on s'est engueulé là ? C'est que ce n'est peut-être pas une si bonne idée que ça. C'est qu'en fait, c'est clivant sur un truc. Même entre nous, ça ne fonctionne pas.
- Speaker #1
Est-ce que c'est envisageable pour vous d'avoir des projets séparément ?
- Speaker #0
Alors oui, plus en écriture. C'est-à-dire que c'est arrivé que d'autres auteurs nous demandent d'écrire des textes. Et là, on s'est séparé le travail. C'était plus...
- Speaker #2
Oui, ça nous arrivait. Moi, j'ai écrit pour une autre réalisatrice, pour un réalisateur aussi. Mathias aussi de son côté. En fait c'est un peu aussi à l'envie, j'ai envie de dire, on est très proche avec Mathias mais des fois on n'a pas les mêmes envies. Après réaliser un projet personnel qui vraiment soit que moi ou que Mathias, faut jamais dire jamais. Le truc que je ferais, qui est un peu d'ailleurs à l'image, parce que je vois que les frères Cohen par exemple ont pu faire ça, c'est peut-être ce que je ferais, c'est que pour une fois je dirais ben voilà j'écris tout seul le scénario et je te le donne et tu le réalises. Ou inversement, parce que des fois, il faut que ça sorte d'un seul cerveau. Même si après, de toute manière, il y a des modifications, parce qu'en fait, une écriture, c'est une réécriture. Un tournage, c'est déjà mentir et trahir le scénario. Et le montage, encore pire, on raconte une autre histoire. Mais potentiellement, peut-être que si Mathias, un jour, revient avec un scénario et me dit, « Voilà, lis-le et je le trouve génial. » Et je dis, « Allez, partons là-dessus. » Ça sera quelque part, quand même, un scénario de lui. Et après on le réaliserait. Ou inversement, j'ai envie d'écrire un truc d'une traite parce que j'ai quelque chose en tête et je dirais à Mathias, tiens vas-y réalise-le parce que j'ai confiance en toi et pas en quelqu'un d'autre.
- Speaker #0
J'ajoute quand même que c'est une industrie compliquée. Faire son trou est particulier. Cola et moi, on a un cinéma que je pense assez singulier mais qu'il faut affirmer. dès le premier film, le second bientôt, le troisième. Et donc, quand on sera assis dans une certaine... Quand on aura trouvé notre fauteuil, là, peut-être qu'on ira s'asseoir sur des tabourets de temps en temps.
- Speaker #1
Alors, le cinéma singulier, justement, dont tu parlais, fait aussi que votre film va avoir une autre vie dans un autre festival qui est le Fifi Group, qui est le festival décalé...
- Speaker #0
De l'équipe de Grelande.
- Speaker #1
C'est important pour vous d'être...
- Speaker #0
Complètement. Alors, c'est bizarre de le dire là, dans... le jardin d'Orgoulême, mais c'est vrai que nous, quand tu es auteur de comédie, que vraiment tu cherches une singularité, vraiment être validé par la bande à Gorland et d'aller là-bas pour montrer un film un peu foufou, en compétition officielle, on est content. Franchement, on s'est dit, ok, on ne s'est pas trompé dans la direction qu'on prenait.
- Speaker #1
En quoi c'est décalé, justement ? Comment vous pourriez...
- Speaker #0
C'est ni une comédie, ni un drame. C'est une comédie d'auteur, c'est-à-dire qu'en fait c'est une comédie et à un moment, comme tu l'as très bien expliqué avec tes mots tout à l'heure, t'es saisi, il y a une bascule et on peut être touché, on remplit pas la feuille de route d'un seul genre,
- Speaker #1
déjà. Ça peut être gênant d'ailleurs, si je peux le dire, parce qu'on va être super honnête. Moi j'étais un peu gênée parce que j'aime pas quand je sais pas si je suis dans une comédie ou dans un drame. ou ici ou là. Je le dis sincèrement parce que je ne le dirais pas si à la fin il ne s'était pas passé ce qui s'est passé. Je trouve que ce n'est pas une comédie. Il y a des moments où je ne savais pas trop. Et moi, ce qui m'est resté, c'est qu'à la fin, après le film, et ça c'est quand même vachement chouette, je suis restée assez longtemps avec les personnages. Et je pense que c'est le plus beau compliment qu'on puisse faire.
- Speaker #2
C'est ce que tu dis, intéressant, parce que moi, je n'aime pas les étiquettes. Donc bon, au début, oui, c'est une comédie, mais c'est une comédie comme la vie. C'est-à-dire que la vie... La vie c'est de taper une barre avec des potes à un repas, et puis finir le repas, descendre l'escalier, et puis croiser un SDF qui meurt de faim en bas, et te faire renverser par une voiture. En fait la vie, comme disait Woody Allen, c'est quelque chose de formidable qui finit mal. Bon, c'est un peu ça. C'est-à-dire que moi, quelque part, et je sais qu'on va peut-être en pâtir, mais moi, systématiquement, vendre à des gens un programme, de dire, voilà, c'est une comédie ou c'est un drame, Non, ça va ressembler à la vie. C'est que la vie, des fois, tu as des moments joyeux et l'instant d'après, tu n'es pas joyeux. Et en fait, c'est ce truc-là. Et c'est très ténu. C'est très difficile à tenir. Mais je vais toujours essayer de m'appliquer à ça. C'est-à-dire qu'à un moment, ça peut être très subtil, très violent, très gros. Il n'y a pas de constance dans la vie. Et c'est très dur de rendre ça au cinéma. Mais moi, c'est un peu mon challenge. J'ai envie de... de vendre des films, c'est pour ça qu'on parlait de singularité. C'est-à-dire une singularité, c'est quelque chose où à un moment, tu pars, tu reviens, mais par contre, effectivement, comme tu l'as dit, toujours être sincère avec les personnages et qu'ils te restent en toi encore longtemps après le film. Oui,
- Speaker #1
et j'ai l'impression que vous êtes hyper sincère avec votre cheminement, avec ce que vous êtes en train de construire, c'est ce que vous disiez tout à l'heure. Et comme tous les films, tous les films ont des qualités, des défauts. Et c'est bien de laisser les défauts aussi, peut-être quand on les voit, pour ensuite ne pas corriger ce film-là, mais le prochain film.
- Speaker #0
Exactement. Dupieux l'a fait, Grelande l'a fait. À un moment, où est-ce qu'on se situe ? Et c'est drôle parce qu'on en parlait il n'y a pas si longtemps que ça, avec Ola, on évoquait une idée de film qu'on avait commencé à écrire dans notre gros disque dur. Et on s'est dit cette phrase, on s'est dit, il n'est pas mal ce film, mais ce n'est plus nous. En fait, il faudrait déjà le donner à quelqu'un d'autre. Parce que nous, on va creuser un sillon, qui est ce sillon-là, un sillon particulier de comédie d'auteur, et ce film-là, qui n'est finalement pas assez barré pour être un film des frères Rifkis.
- Speaker #2
En fait, le truc, là où je précise ce que dit Mathias, c'est qu'en fait, il y a un moment, longtemps on se cherche, dans la vie on se cherche, même quand on n'est pas cinéaste, on se cherche tout court. Quand t'es ado, t'as les cheveux longs, t'écoutes du grunge, après t'es un gothique, bon, on se cherche. Et à un moment tu te trouves en tant qu'artiste, tu te trouves, voilà, et quand tu trouves ton endroit, c'est-à-dire l'endroit où tu arrives en tout cas à t'exprimer. Après ça peut plaire, ça peut ne pas plaire, c'est bon, ça c'est une autre... mais tu fais pas forcément les choses pour les autres. Faut quand même s'y tenir, c'est-à-dire qu'il y a un moment, moi je me rappellerai toujours, je lis beaucoup de livres et on reprochait, par exemple à Modiano, je me rappelle Patrick Modiano, qui était un mec, il m'a dit oui, t'écris toujours le même livre. On a compris, elle veut pas changer, c'est quoi c'est une posture d'être toujours là machin. Je lui dis non parce que c'est moi, je suis comme ça. Il a écrit, il est resté, il est resté toujours ce qu'il a écrit, il a fini par avoir le prix Nobel. Donc moi je pense qu'à un moment on vient de chercher pour ce que t'es. On vient pas te chercher pour ce qu'on aimerait que tu sois C'est-à-dire que je pense que tu suis ta route, il y a des gens que, voilà, je veux dire, Sean Baker qui avait fait un aura qui vient d'avoir la Palme d'Or. Sean Baker, il a fait 4 films que personne n'a vu, tout seul dans son coin, aux Etats-Unis. Après, il en a fait un cinquième qui s'appelait Tangerine, fait à l'iPhone, les gens ont dit, ah tiens, c'est nouveau, c'est un vent frais, c'est... voilà. Après il a gagné un petit peu de reconnaissance avec ça, mais tout petit Rikiki. Après il a fait Florida's Project, il a gagné un peu plus en galon. Puis après Red Rocket et boum il se retrouve avec Anora et à 50 et quelques années, on lui donne la Palme d'Or. La question n'est pas de savoir si moi j'aime bien ou j'aime pas son cinéma, c'est qu'il a suivi un sillon. Et c'est très important de suivre un sillon, c'est de le creuser et un jour on vient le chercher.
- Speaker #0
Et il y aura les rectifications dont tu parles parce qu'on n'a pas fait un film parfait.
- Speaker #2
Mais je connais pas de film parfait.
- Speaker #0
On a fait le premier film de notre sillon de cinéaste. Et dans le deuxième, comme tu l'as très bien dit, il y aura des rectifications. Par contre, le ton, c'est le ton Rifkis. Tu vois ce que je veux dire ? C'est à moitié de la provoque quand je te dis qu'on ne fera que des trucs barrés. En même temps, je te dis ça parce qu'on est allé sur ce terrain-là quand on a discuté. Mais beaucoup de gens, même dans nos courts-métrages, disaient surtout qu'on faisait de la comédie qui touchait les gens aussi. Donc je pense que ça peut se résumer déjà à ça. Et c'est déjà beaucoup.
- Speaker #1
Parce que moi, ce que j'ai vu dans votre film, c'est une énorme tendresse. Et ma peur c'était que cette tendresse là, elle soit gâchée ?
- Speaker #0
Jamais,
- Speaker #2
c'est trop nous.
- Speaker #0
Enfin je veux dire, nous on est même à des moments, on a un facteur bisounours qu'il faut qu'on gomme des fois. Nous on est très, on tombe en empathie avec nos personnages, on a envie de les aimer. Je pense que tu t'interrogerais nos comédiens, c'est ce qu'ils te diraient. C'est qu'à, voilà, nous on les aime tout le long de l'écriture.
- Speaker #1
C'est pas une petite cachette le côté décalé ?
- Speaker #0
Ça peut être... Non, c'est pas une cachette, c'est juste une manière de s'exprimer.
- Speaker #1
Une pudeur, je sais pas.
- Speaker #0
Oui, ça peut être une sorte de pudeur, mais je pense que... Non, je pense que c'est un médium, et le but c'est d'émouvoir quand même.
- Speaker #2
Les personnages, pour qu'ils évoluent, ils doivent partir de loin. Et souvent, un personnage, au début, tu fais sans doute référence à ça, ce qu'on peut ressentir comme une certaine trivialité, comme quelque chose qui est un peu... pas vulgaire, mais des personnages... un peu cru, stéréotypé, qui arrive et qui débarque, comme je disais, comme un éléphant dans un jeu de quilles tout à l'heure, t'es obligé à un moment quand même de partir d'un peu loin pour justement les sauver, pour justement faire surgir cette tendresse au moment où tu t'y attendais pas. C'est-à-dire que si t'es tendre dans les trois premières scènes et que le personnage reste monolithique comme ça jusqu'à la fin, on va être dans un truc qui berce, qui est intéressant, mais il n'y aura pas cette éruption de vérité, de réalité. Je le trouve beaucoup plus... beau que le personnage par exemple de Piche va se cacher parce que lui il est pudique et tu comprends après sa pudeur, tu comprends après la tendresse qu'il évoque mais parce qu'il part de loin et ça on a beaucoup travaillé ça avec notre comédien que dire lui à chaque fois il était dans la tangente, il disait ça c'est pas trop, c'est pas too much et on disait voilà c'est juste ça pour ensuite te révéler réellement.
- Speaker #1
Mais votre film c'est ça qui est bien, c'est qu'il questionne vraiment, c'est à dire que moi à la fois je dis ah non j'aurais pas voulu voir ça et pas comme ça et à la fin c'est vrai que ce Merci. Je ne peux pas dire personnage principal, parce qu'ils sont tous... Mais en tout cas, on va dire le personnage qui peut-être représente la virilité, celui qui doit donner la petite graine. Et c'est vrai que sans doute, s'il n'y avait pas cette première scène-là, il n'y aurait pas une aussi forte résonance sur la toute dernière scène qu'on ne peut pas raconter. Parce que là, c'est vraiment... On ne peut pas.
- Speaker #0
Sur la virilité, sur l'inversion des valeurs.
- Speaker #1
Parce qu'en plus, on ne s'y attend pas.
- Speaker #0
Pour t'aider sur ta réflexion, Marlène, c'est-à-dire qu'en fait, un film, c'est aussi et surtout encore pire un premier film. C'est souvent le film qu'on peut plus que le film qu'on veut. C'est un film qu'on a travaillé énormément en amont, mais avec très peu de budget. Et donc nous, notre idée, c'est d'aller au... Quand on parle de Sillon, les corrections qu'on fait, c'est aussi... Voilà, on sait ce qu'on veut maintenant, et petit à petit, tous nos films seront ce qu'on veut. Pour le moment, c'est ce qu'on peut, et on avance. Mais je sais ce qu'on a réussi, et je sais ce qui va progresser sur tous les films, mais par contre, il y aura une valeur commune. à tous ces films. Finalement, on est d'accord dessus. C'est juste dans le pourcentage qu'on n'est pas d'accord. Mais on est d'accord sur le fait qu'il y aura toujours de la comédie barrée et de la tendresse. Voilà, c'est tout. Et donc, le truc, c'est que chaque fois...
- Speaker #1
Et ça, c'est là, et vraiment l'intime. L'intime aussi.
- Speaker #0
La première chose qu'on fait quand on travaille, c'est effectivement se questionner dans la thématique qu'on veut évoquer, mais toujours cet angle nouveau ou ce petit pas de côté. On dit, mais on va... ils vont parler de ce thème avec ce pitch-là ? Eh bien oui, c'est ce qu'on va faire. Et après, les Américains disent que c'est un peu un caractère drive-on, c'est-à-dire que c'est les personnages qui nous guident après dans ce pitch un peu fou. Et on va dire OK. Mais comme disait Cola tout à l'heure, on les fait partir de loin. Mais tu l'as dit avec ton message de spectatrice, tu as dit je suis parti avec eux à la fin, je les avais encore assez longtemps avec moi.
- Speaker #1
Une question, je voudrais savoir ce que c'est que la joie pour vous ? parce que mon podcast s'appelle Un Monde en Joie.
- Speaker #2
La joie, c'est un sentiment positif qu'on doit toujours rechercher pour être ancré et aligné avec ce qu'on désire, quand on réalise ce qu'on désire. Et sinon, la joie, c'est aussi s'enthousiasmer des réussites des autres et de ne pas trop être centré sur soi. Et j'invite à lire Notre Joie de François Bégodeau qui vous donne une très bonne explication. Et moi,
- Speaker #0
je rajouterais en un mot, la joie, pour moi, c'est l'exaltation. Souvent, dans des scènes de films, on dit... on doit avoir soit la peur, soit le rire. Moi, je recherche souvent une scène qui t'amène à l'exaltation à un moment. Donc voilà, la joie.
- Speaker #1
Et pour terminer, parce qu'on est quand même dans le jardin de Bardine, au sein du festival du film francophone d'Angoulême, moi j'imagine que vous remerciez le festival.
- Speaker #0
Mais c'est dingue pour nous, on osait espérer que la première aurait été là. Donc je répète ce que j'ai dit tout à l'heure, on a fini en mai la post-production du film, et arriver à faire notre grande première dans ce festival qui est un peu la rentrée du cinéma français. Oui,
- Speaker #2
on ne remerciera jamais. Assez angoulême de nous avoir sélectionné, avoir cru en ce film, qui est un petit film, un premier film. Ils ont pris le risque de le sélectionner.
- Speaker #1
Pour terminer, puisque vous allez être dans le podcast Un Monde en Joie, une photo et une chanson qui vous mettent en joie tous les deux.
- Speaker #2
Alors moi, la chanson, je vais te dire, c'est Move on Up de Curtis Mayfield. Elle me met tellement en joie que j'ai même dit à plusieurs de mes potes vous la mettrez à mon enterrement. Mais je trouve que moi, je suis batteur et les deux coups... premier coup de caissière qui lance le morceau qui font clac clac bon bah ça ça me met en joie et après c'est une photo tu dis une photo qui me met en joie j'ai plein de photographes qui me plaisent et qui me mettent en joie mais je dirais je dirais je dirais je dirais une photo, non j'ai des photos qui m'émeuvent mais une photo en joie t'as une idée Matt ?
- Speaker #0
moi je sais que ça serait une photo où il y a du ciel où il y a un horizon
- Speaker #2
Dans le Cell Adams, des vieilles photos en noir et blanc, dans le Cell Adams, des grands espaces américains, ou de Stephen Shore, c'est un peu cliché, mais ça peut me mettre en joie.
- Speaker #1
Et la musique pour Mathias ?
- Speaker #0
Je pense que ce serait un morceau de Prince. Peut-être Strange Relationship, de Prince. Un truc qui me met en joie dès que j'entends les premières notes.
- Speaker #1
Merci beaucoup, je vous souhaite une super projection.
- Speaker #0
C'est demain, ça va être notre journée. Ça aussi,
- Speaker #1
ça va vous mettre en joie.
- Speaker #0
Ce n'est pas de la musique, mais c'est de la vibration des corps du public. Donc on attend ça avec plaisir. Merci.