- Speaker #0
Bonjour à tous, aujourd'hui une interview dans un zèbre dans un monde de chevaux. Aujourd'hui je vais interviewer Océane. Bonjour Océane. Bonjour. Donc Océane, j'ai eu la chance de te rencontrer dans un événement qui était créé par l'association La Maison Arbodys autour du TDA avec ou sans H, le trouble de l'attention, et où tu avais fait un témoignage. Et ça m'a donné envie à ce moment-là de t'interviewer dans le cadre de ce podcast. Et je suis ravie que tu sois là avec moi aujourd'hui.
- Speaker #1
Moi aussi.
- Speaker #0
Donc du coup je vais te poser des questions, même si ça revient un peu à ce que tu avais dit lors de la conférence. Moi ce que je voudrais c'est déjà que tu nous racontes comment c'était quand tu étais enfant, qu'est-ce qu'il y avait autour de toi, dans ton environnement, pourquoi est-ce qu'on pouvait te trouver un peu différente ?
- Speaker #1
Déjà parce que j'étais tout le temps en train de jouer avec des choses qui n'étaient pas de mon âge.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Ce que mes parents m'ont dit. J'en ai pas des souvenirs parce que c'est dans l'enfance, mais ce que mes parents m'ont dit, je jouais tout le temps avec une calculatrice.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Quand on est enfant...
- Speaker #0
Non, quand on est enfant, normalement, c'est pas la calculatrice qui nous attire.
- Speaker #1
Voilà. Donc, il y avait plein de faits qui étaient anormaux. Par exemple, aussi, je connaissais par cœur l'alphabet à l'envers. Ah oui, ah oui. Je suis rentrée à l'école primaire, on me demandait de raconter l'alphabet, c'était par Z.
- Speaker #0
Je ne connaissais pas d'accord. Ah oui, d'accord. C'est intéressant parce qu'en effet, on se dit, la norme, c'est de commencer par A et toi, tu commençais par Z et tu savais le dire à l'envers. Voilà, c'est ça. Par rapport à... Après, est-ce qu'il y a un endroit à l'envers ? Oui,
- Speaker #1
voilà.
- Speaker #0
Ça pose cette question.
- Speaker #1
Et puis, mes parents ne suivaient même pas le fil parce que je le disais tellement vite que... ils n'avaient pas le temps de vérifier. Et puis il y a plein d'anecdotes comme ça, je ne les ai pas toutes, mais il y a plein d'anecdotes comme ça. Et puis du coup, dans l'enfance, vraiment, je me sentais en décalage forcément parce que, bah aussi, avec le haut potentiel, j'ai eu aussi de l'avance, forcément, donc il y a eu de l'ennui, etc. Et je pense que c'est là que ça a commencé. Le problème avec l'attention, c'est que je regardais tout le temps ailleurs. C'est-à-dire qu'il y avait des affiches partout dans les classes scolaires, il y a des affiches partout et moi je m'amusais plutôt à lire les affiches que d'écouter en classe. Et il y a une période où c'était que du bavardage aussi. J'embêtais mon monde au point où j'ai été punie dans les classes du niveau du dessus, mais moi ça m'arrangeait parce que du coup forcément c'était niveau du dessus donc je pouvais travailler.
- Speaker #0
Tu avais bien été punie parce que du coup tu allais dans les classes du dessus. Oui c'était un jeu. Et dans les classes du dessus, je me rappelle moi, je me rappelle très bien, j'adorais quand j'étais en CE2 aller en CM1 ou en CE1 je crois, je me rappelle, j'ai des très très bons souvenirs en effet d'être heureuse d'être dans une classe au dessus parce que, notamment en maths, parce que j'adorais, il y avait des choses que du coup je découvrais, c'est ça en fait.
- Speaker #1
Donc c'était vraiment, enfin, qui fait ça ? Les enfants normaux ne font pas ça. Et c'est plus tard, du coup, en rentrant au collège, où là je me suis rendu compte qu'il y avait vraiment un décalage, où quand on est petit, on ne se rend pas compte des choses forcément. Quand je me faisais traiter d'extraterrestre, bon là, on comprend qu'il y a un truc qui n'est pas normal, mais on n'a pas assez de recul pour comprendre.
- Speaker #0
En fait, à la fois tu l'entendais et en même temps tu ne le comprenais pas. Toi, tu ne le voyais pas. On n'a pas le recul sur soi nécessaire quand on est enfant.
- Speaker #1
Quand on le fait nous-mêmes, on se dit que c'est normal.
- Speaker #0
C'est vraiment le propre de l'homme, c'est de se dire que tout ce qu'il fait, enfin l'enfant se dit ce qu'il fait, c'est normal en fait. Je veux dire, il n'y a pas vraiment de jugement chez l'enfant. Il est comme ça, les autres sont différents, mais en même temps, il ne le voit même pas. Il a l'impression que les autres sont d'autres enfants. Donc au collège, par contre...
- Speaker #1
Au collège, je suis rentrée, c'était vraiment n'importe quoi. Moi, j'étais de base une élève qui était très sérieuse. J'avais des bonnes notes sans travailler. Du coup les bavardages s'étaient arrêtés parce que j'étais punie sinon à la maison donc c'était pas drôle. Donc ça s'est arrêté et puis quand je suis rentrée au collège ça a repris. Et au point où j'avais pas pris d'heures de colle mais j'avais pris des observations.
- Speaker #0
Ah oui tu prenais des observations.
- Speaker #1
Ça c'était hyper mal vu pareil, prendre des observations alors que j'étais vue comme la bonne élève... La maison, c'était vraiment Océane, elle travaille bien.
- Speaker #0
Tu avais vraiment ce côté, on expliquera un petit peu tout à l'heure, un petit peu plus le trouble de l'attention, mais en effet, ce côté difficulté à t'empêcher de faire. Parce qu'on avait vu lors de cet événement qu'en effet, dans le trouble de l'attention, avec l'hyperactivité, dans ton cas, je pense, un petit peu.
- Speaker #1
Le médecin, il l'a... pas dit,
- Speaker #0
mais moi je pense que oui il y a un petit peu d'hyperactivité mais je pense pas au même stade que tu peux t'empêcher de bouger en fait.
- Speaker #1
Ouais il y a des moments où je vais pas pouvoir mais il y a des moments où je vais pouvoir.
- Speaker #0
Ouais donc tu y arrives, du coup il y a pas forcément cette hyperactivité, par contre ce trouble de l'attention qui fait qu'à la fois tu as du mal à t'empêcher de parler, de faire, de bouger et de penser, voilà, et de te distraire. Et puis de l'autre côté, dans ce trouble, il y a aussi ce trouble qui est appelé comme ça. Il y a le côté aussi de faire surtout ce qu'on aime et d'être attiré par ce qu'on aime, ce qui nous motive. Et par contre, d'avoir du mal à faire quand on se sent mal ou quand on est stressé. Tu l'as vécu aussi ce côté-là ? Oui.
- Speaker #1
Oui, bien sûr, parce que je me mettais une pression pour les cours. C'est encore le cas, d'ailleurs. C'est difficile à gérer de ce truc, de se dire, j'ai mes parents, parce que mes parents voulaient que j'ai 14-15 de moyenne. J'ai les parents, du coup, il faut absolument que j'ai 16. Comme ça, ils vont être contents. Je me mettais une barrière en plus.
- Speaker #0
Un niveau d'exigence supérieur.
- Speaker #1
Supérieur, en fait. Du coup, au bout d'un moment, j'ai découvert le sport, parce qu'à ce moment-là, je ne faisais pas de sport. Tous les enfants font généralement du sport en club quand ils sont petits. Moi, je n'en faisais pas. Et donc, j'ai découvert grâce au sport scolaire. ce qui était le sport du coup, donc j'ai commencé et c'est là où j'ai commencé vraiment à utiliser mon hyperactivité mais pas au profit négatif. C'est à dire que je pouvais faire plein de plein d'heures de sport dans la semaine, avoir un emploi du temps très chargé sans pour autant être très fatiguée. Voilà donc ça a aussi un avantage en fait.
- Speaker #0
Oui oui oui mais aussi j'entends que le sport t'aidait. Dès que tu as découvert le sport, ça a été vraiment hyper important pour toi. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Et puis après, forcément, j'ai découvert le métier autour du sport.
- Speaker #0
Et donc aujourd'hui, aujourd'hui ?
- Speaker #1
Maintenant, je suis en STAPS.
- Speaker #0
En STAPS,
- Speaker #1
voilà. Dans le métier, dans le sport.
- Speaker #0
Voilà. Et du coup, et là, ça te plaît ?
- Speaker #1
Et là, ça me plaît,
- Speaker #0
oui. Et là, ça te plaît énormément. Et je me souviens que quand je t'avais vue lors de cette conférence, tu avais dit qu'il y a un moment où tu avais été vraiment perdue au niveau scolaire. Est-ce que tu peux me raconter un peu cette histoire ?
- Speaker #1
Bah ouais, du coup j'étais vraiment perdue, j'étais pas comprise, parce que les enseignants, on est un élève qui regarde ailleurs, qui bavarde, c'est un mauvais élève, c'est quelqu'un qui veut embêter son monde, qui provoque, etc. Alors que pas du tout, c'était pas du tout mon cas, il y en a qui le font, mais moi c'était pas du tout mon cas. Et donc j'ai eu un prof en troisième, prof principal, j'ai encore des contacts avec lui actuellement, et donc c'est là où il a identifié mon haut potentiel, donc là déjà ça a été un premier soulagement. Oui. Parce qu'il y avait quelqu'un qui me comprenait.
- Speaker #0
Enfin, enfin.
- Speaker #1
Enfin, quelqu'un qui me comprenait.
- Speaker #0
Que tu n'es pas une extraterrestre.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça.
- Speaker #0
Mais qu'il y a d'autres personnes qui sont comme toi. Et que... Et pas tout à fait pareil, mais en tout cas que le haut potentiel permet d'expliquer...
- Speaker #1
C'est un monde.
- Speaker #0
C'est un monde. Et puis c'est un autre fonctionnement. C'est vrai que dans ce podcast, on en parle souvent. C'est aussi... On parle souvent du fait que de fonctionner différemment de ce qu'a l'habitude le système, ça fait qu'il y a plein de profs, plein de personnes, au travail aussi, qui ont du mal à comprendre qu'on fonctionne différemment de soi et qui ont du mal du coup à s'adapter et qui disent souvent que plutôt que de s'adapter ils disent que c'est l'autre qui est pas bien Oui c'est ça,
- Speaker #1
moi c'était vraiment tout le temps ce qu'on me disait, que c'était moi qui était en décalage etc...
- Speaker #0
C'était toi qui étais en décalage ? Bah oui en même temps tu étais en décalage par rapport aux autres mais en même temps c'était toi, tu étais un enfant, quelque part on peut aussi attendre du système alors... Ce n'est pas une critique vis-à-vis du système, mais c'est vrai que je trouve qu'en effet, on laisse peu la place aujourd'hui encore aux comportements différents, alors que finalement, toi, c'est juste que tu avais besoin d'être un peu alimentée.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. J'ai des souvenirs où je faisais des travaux en plus, je faisais des rédactions en plus. Tu faisais des rédactions ? Oui, je faisais des rédactions en plus, je trouvais des sujets sur Internet, puis j'arrivais en cours, puis je me disais, prof, j'ai fait ça sur le cours, est-ce que vous pouvez corriger ?
- Speaker #0
Ah oui, d'accord. Ah oui, tu faisais des rédactions en plus.
- Speaker #1
Oui, vraiment, je faisais des trucs comme ça. Mais maintenant, avec le recul, je me dis, mais en fait, j'étais la seule à faire ça et c'était absolument pas normal. Oui,
- Speaker #0
après, pas normal dans le sens pas comme les autres.
- Speaker #1
Oui, voilà, parce que la norme n'existe pas. Mais personne ne fait ça maintenant.
- Speaker #0
Je pense que si on prend une classe de quatrième,
- Speaker #1
il y a aucun élève qui fait ça. Oui,
- Speaker #0
c'est ça. Tu étais la seule élève à faire ça. Mais à ce moment-là, tu dis que tu ne t'en rendais pas compte.
- Speaker #1
Je ne m'en rendais pas compte.
- Speaker #0
Toi, tu étais un besoin que tu avais et une envie que tu avais. Et du coup, tu sais, c'est vraiment ça qu'il y a aussi dans ce TDA, c'est cette difficulté à s'empêcher de faire aussi. Et ça, je l'entends beaucoup dans ce que tu dis. Tu vois, le côté...
- Speaker #1
C'était ça. Et puis du coup, quand j'ai découvert le Haut Potentiel, ça a été des... Je ne vais pas dire des nuits, mais vraiment, c'était des soirées où je faisais des recherches jusqu'à temps d'arriver au... Au fond du sujet quoi.
- Speaker #0
Ah oui d'accord ! Ah oui là t'es arrivée carrément dans le côté vraiment extrêmement je me renseigne du coup j'ai le droit ! Du coup j'ai le droit de me renseigner donc je me renseigne à fond. Alors qu'il y a des sujets que t'as étudié fortement sur cette période là.
- Speaker #1
Bah d'abord ça a commencé par comprendre ce qui était le haut potentiel. Et souvent on dit qu'il y a un petit peu de génétique. Et quand j'ai regardé mes parents... Je veux pas être méchante avec eux, mais je me suis dit, là y'a un problème.
- Speaker #0
Y'a un problème ? Tu voyais pas de génétique ?
- Speaker #1
Oui ! Je voyais pas la génétique et du coup je me suis dit, mais non, le prof il s'est trompé. Mais enfin, après bon, j'avais fait... Lui il l'avait dit par rapport à sa grille, il travaillait avec plein d'élèves comme ça donc forcément il voyait des signes, ça se voit. Mais bon après j'avais fait un test de cuisine, ça c'était avéré vrai. Ouais. Donc je me suis dit, je ne peux pas remettre en cause des professionnels. Donc ce qu'il dit, c'est vrai.
- Speaker #0
C'est vrai qu'on sait qu'il y a un facteur génétique, mais on sait aussi que...
- Speaker #1
Mais après, ça peut être une génération.
- Speaker #0
Aujourd'hui, ça peut être une génération. Voilà, ça. Tes parents aussi, ils n'ont peut-être pas pu déployer leur potentiel aussi, parce que c'était dans un environnement qui n'était pas forcément le favorisant.
- Speaker #1
Ma mère descend d'une famille de maraîchers. Sur un marché à vendre des légumes, tu ne peux pas trop utiliser ton plantation.
- Speaker #0
C'est vrai qu'aujourd'hui, on a accès à beaucoup de choses. Et toi, tu avais des parents qui t'ont laissé être. Oui,
- Speaker #1
mes parents travaillaient beaucoup. Oui,
- Speaker #0
tu as été beaucoup seule.
- Speaker #1
Tu vois, dès 6-7 ans, je commence à rester toute seule. Maintenant, ce serait beaucoup.
- Speaker #0
C'est trop tard !
- Speaker #1
Vraiment, je commençais très tôt, donc forcément j'étais hyper autonome.
- Speaker #0
Mais c'est aussi parce que tu étais autonome qu'ils l'ont fait, je pense aussi.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Parce que tu n'aurais pas été capable de rester toute seule, ils auraient trouvé d'autres solutions.
- Speaker #1
Oui, mais je pense que quand tu es tout seul, tu es plus libre. Tu peux faire un peu... tu as une idée, tu aimes bien quelque chose, forcément tu es libre. Oui,
- Speaker #0
oui, donc ça a favorisé aussi, ça a favorisé tout ça et tes apprentissages et tes capacités d'apprendre.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Mais je trouve ça assez marrant le côté, quand tu regardes, tu te dis génétique. Non, pas tellement.
- Speaker #1
Oui, non, mais c'est vrai.
- Speaker #0
Mais c'est vrai qu'on se pose tous la question. Moi, je me suis posé la question et c'est vrai qu'après, moi, j'ai trouvé dans chacun de mes parents des aspects.
- Speaker #1
un peu atypiques donc je me suis dit oui bah on est trouvé aussi par exemple l'hypersensibilité alors c'est sûr qu'il y en a qui vont dire oui c'est ça fait pas partie mais pour moi je pense qu'il ya quand même une part un petit plus
- Speaker #0
L'hypersensibilité, ça permet de capter plein de choses. Dans "les philo-cognitifs" que je cite souvent, il y a vraiment cette partie-là qu'elle appelle hyperacuité qui fait partie du haut potentiel, qui alimente, qui permet de donner plein d'informations et de faire en sorte que le cerveau fonctionne fortement et pleinement. Souvent, on dit que l'hypersensibilité est associée. Et qu'il n'y a pas que le QI justement, si on parle que du QI, le QI n'en est pas suffisant pour être haut potentiel. Quelque part, il faut cette double aptitude à la fois à ce que le cerveau fonctionne vite et bien, et en même temps à percevoir plein de choses.
- Speaker #1
Ça, oui, vraiment, je l'ai reconnu. Et du coup, moi, forcément, je me suis reconnue là-dedans et j'ai reconnu ma mère. Ma mère, quand on lui dit quelque chose, par exemple, on va être deux personnes à lui dire quelque chose presque en simultané, elle va être larguée. Non mais vraiment, et au début je comprenais pas, je disais c'est pas possible, t'as qu'à m'écouter, mais en fait non, elle en fait pas exprès, son cerveau il sature.
- Speaker #0
Oui il sature, elle comprend, mais en fait parce qu'elle peut se concentrer que sur une chose à la fois. Voilà,
- Speaker #1
après moi, c'est moi, je me disais mais elle est pas normale, alors que je suis exactement comme elle. Bah oui,
- Speaker #0
c'est plus facile à voir sur les autres parfois.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça, ça ça m'a aidé justement. Ouais. Je me suis dit, bah oui, voilà, c'est... normal du coup.
- Speaker #0
Oui, oui, parce qu'il y a d'autres personnes qui le sont donc cela t'a aidé.
- Speaker #1
Voilà, donc ça nous aide à comprendre.
- Speaker #0
donc ce prof t'a vraiment aidé à ce moment-là ?
- Speaker #1
O du coup ce prof, lui à ce moment-là, il m'a beaucoup aidé. En classe il me nourrissait et puis il y avait des profs avec qui j'avais un bon feeling qui, pareil, il leur a envoyé des mails etc. en lui disant ce qu'il fallait faire. Du coup ça fonctionnait mieux.
- Speaker #0
Ok, d'accord.
- Speaker #1
Donc mon année de... du coup ça c'était quand j'étais en troisième, mon année troisième s'est mieux passée.
- Speaker #0
Ouais. T'en avais de troisième, s'est mieux passée. Puis t'as eu quelqu'un qui a cru en toi et qui s'est adapté à ton fonctionnement. Et ça t'a fait plus bien. Et qui t'a expliqué aussi d'où ça venait et ce que ça pouvait être.
- Speaker #1
Ouais, et puis il a monté des ateliers, du coup, comme j'avais dit à la conférence. Il a monté des ateliers. Donc au début, c'était vraiment exclusivement pour les hauts potentiels, puisque la plupart étaient en décalage. La plupart des profs ne sont pas formés, parce que ça coûte cher. Et puis, du coup, il s'était dit qu'il allait regrouper autour de choses que nous on aime, ce serait mieux. Maintenant il a ouvert à d'autres enfants. C'était une façon pour lui de se démarrer.
- Speaker #0
Au début c'était vraiment pour ça.
- Speaker #1
Et du coup à l'époque il y avait vraiment moi qui était assez lucide. Et du coup il m'a demandé quels étaient mes besoins. Parce que moi je partais donc c'était assez compliqué de mettre en place ça pour que je lui dise il y a ça qui va, ça ça répond à mon besoin si je partais et que je rentrais au lycée. Mais du coup il s'est quand même basé sur ce que j'avais besoin. Il s'est dit si il y a une qui a besoin, les autres ils font autre chose. à peu près avoir les mêmes besoins. Et du coup c'est basé sur ça, il a monté son atelier et puis ça marche super bien. Il a mis en place deux concours, un concours et le deuxième : il a trouvé le concours et il m'a dit à une amie et à moi de faire le concours. Elle aussi est haut potentiel et c'est assez drôle parce qu'elle nous a poussé là dedans, nous on n'y croyait pas du tout et à ce moment là j'avais pas du tout confiance en moi justement. Je me disais mais non, c'est un concours national sur les sciences, ok on aime bien ça, mais ça s'arrête là quoi. Je ne vais pas être capable, surtout qu'il fallait faire une innovation, je ne vais pas être capable de monter le projet. Puis au final j'étais chef d'équipe et on a gagné le projet. Voilà, au final on s'est retrouvé dans le bain et j'étais un peu perdue parce que je n'avais jamais fait ça de ma vie. Faire des interviews à la radio, passer dans les journaux, c'est pareil. Aller à Paris, je vais dire séminaire, mais ce n'était pas vraiment ça, c'était vraiment on était trois jours ou deux jours. Et on allait voir plein d'entreprises, des professionnels, etc. C'était vachement enrichissant. Et c'est là que je me suis rendue compte que j'avais vraiment des capacités. Oui, c'est ça. Ça m'a permis de me rendre compte. Parce qu'à chaque fois, forcément, c'était critiqué. On se dit que c'est néfaste. Et très longtemps, je me suis un peu boycottée.
- Speaker #0
Tu t'es boycottée toi-même ?
- Speaker #1
Oui, je me suis auto-sabotée vraiment. Parce que pour moi, j'étais toujours trop. Donc il fallait que je sois moins. Et pour être moins, il fallait saboter.
- Speaker #0
Ah oui, c'est ça.
- Speaker #1
Donc des fois je faisais exprès de faire des fautes.
- Speaker #0
Ah oui, tu faisais exprès. Exprès de faire des fautes parce que tu ne voulais pas être trop.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. Parce que forcément, quelqu'un qui travaille qu'à 17, quelqu'un qui ne travaille pas qu'à 18, c'est mal vu. Mais c'est vrai.
- Speaker #0
Non, mais c'est vrai. Ça crée cet auto-sabotage. C'est mal vu. Du coup, on a l'impression un peu d'être un imposteur aussi. C'est ça. Dans le côté, comment ça se fait ? Moi, je ne travaille pas, j'ai 18. Et finalement, on n'accepte pas juste que, oui, peut-être qu'on a mieux écouté en classe, peut-être qu'en effet, on a des capacités. qui sont meilleures.
- Speaker #1
Ce que j'allais dire, moi j'avais la chance. Maintenant c'est plus trop le cas parce que forcément en études supérieures c'est plus dur. Il y a plus d'informations mais à l'époque j'avais la chance et j'allais en cours, je ressortais et le cours était dans ma tête.
- Speaker #0
Oui c'est ça.
- Speaker #1
J'avais pas besoin de travailler. Enfin pour le brevet, en physique j'avais un petit peu plus de mal.
- Speaker #0
J'avais un peu plus de mal. J'aimerais savoir ce que ça fait pour toi Océane d'avoir un peu plus de mal.
- Speaker #1
J'avais un peu plus de mal mais j'avais quand même quasiment 18 de moyenne.
- Speaker #0
Ouais d'accord, ok, je comprends. C'était un peu plus de mal. En fait dis donc, t'étais obligée de bosser un peu quoi ?
- Speaker #1
Les autres matières j'avais pas besoin parce que... mais la physique j'avais un petit peu plus besoin pour les formules etc. et du coup j'avais révisé le matin. L'après-midi c'était l'épreuve, j'avais révisé le matin.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
Et sinon pour brevet j'ai pas révisé.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Mais après je l'ai eu. Tout pile, j'ai eu la mention bien tout pile, vraiment, il fallait pas 560 points, j'ai eu 560 points. D'accord,
- Speaker #0
ok, c'est bien.
- Speaker #1
J'aurais pu avoir plus si j'avais travaillé.
- Speaker #0
Si t'avais travaillé. Mais tu sais que c'est ça qui alimente aussi ce syndrome de l'imposteur dont on parle souvent, c'est aussi le fait d'avoir l'impression que c'est parce qu'on n'a pas fait ce qu'il fallait, et du coup on ne s'attribue pas assez les mérites finalement. Et donc comment ça s'est passé au lycée ?
- Speaker #1
Et au lycée, ça a été la catastrophe. parce que j'avais pas l'habitude de travailler et donc là on demandait une méthode de travail régulière etc et déjà quand on a dit que j'étais haut potentiel qu'il fallait nourrir un peu ce truc, bah on m'a pas cru on m'a dit mais non parce que forcément mes notes ont chuté je suis passé je crois à 12 de moyenne mes notes ont chuté on me disait bah non à 12 de moyenne quelqu'un qui est haut potentiel a 15 c'est le stéréotype
- Speaker #0
Oui, et pourtant, le stéréotype, c'est aussi que les hauts potentiels, en effet, arrivés au lycée, n'ont pas appris de méthode de travail. C'est assez courant, en fait. Et de ce fait, ce n'est pas un espace où on apprend les méthodes de travail. Normalement, on les apprend en primaire et au collège. Et du coup, les profs ne sont pas formés pour apprendre les méthodes. Ils sont formés, normalement, juste pour récolter les fruits de ce qui a été fait avant. Et de ce fait, en fait, s'ils sont face à un élève en difficulté, ils vont plutôt penser qu'il n'a pas compris. Plutôt que penser qu'il n'a pas de méthode de travail.
- Speaker #1
C'est ça. Et du coup, c'était compliqué parce que là, je ne pouvais plus m'appuyer sur ce prof qui m'avait...
- Speaker #0
Il n'était plus là.
- Speaker #1
Qui m'avait compris, il n'était plus là. Donc, c'était assez compliqué. Je me suis battue toute seule. Et ça n'a pas mené à grand-chose, il faut le dire. Et puis après, on a découvert qu'il y avait un peu une dyslexie parce que...
- Speaker #0
D'accord. Tu as vu si elle a masqué jusque-là ?
- Speaker #1
Bah ça se compensait en fait parce que je comprenais pas les consignes et lire des livres, j'ai jamais lu de livres scolaires, j'ai lu un livre dans ma vie justement grâce à ce fameux prof.
- Speaker #0
Ah d'accord.
- Speaker #1
Mais sinon j'ai jamais lu de livres de ma vie parce que je lisais une page, c'était saturé quoi. Ouais. Et quand je lisais des consignes c'était pareil, je lisais une consigne une fois, elle avait un sens, je la relisais une fois, elle avait un autre sens, je la relisais une troisième fois, elle avait encore un autre sens. Ah oui. Donc c'était assez compliqué. Ouais. Et du coup, plus on avançait et plus il y avait des sous-entendus, normalement, notamment.
- Speaker #0
Les consignes deviennent de plus en plus un peu implicites et moins explicites.
- Speaker #1
Oui, et ça, pareil, c'est dans le TDA. L'implicite qu'on ne comprend pas. Et du coup, vraiment, je ne comprenais pas parce que je travaillais, mais ça ne marchait pas. Alors qu'avant, je ne travaillais pas et ça marchait. Oui,
- Speaker #0
c'est ça. D'un coup, là, ça fait un gros choc.
- Speaker #1
Oui, ça fait un gros choc. Donc, je ne sais plus comment ça s'est fait, mais j'ai été voir une orthophoniste. Elle a fait un bilan. Et donc là c'est sorti que c'était ça, donc ça fait un beau pack quand même.
- Speaker #0
Ouais c'est bon, pas mal. Moi je l'ai aussi donc je comprends, c'est pas mal. C'est vrai que quand tu fais un beau combo comme ça, tu te dis en effet, c'est vrai que tu sors un peu, au fur et à mesure les pourcentages s'affinent, le nombre de pourcentage de gens comme toi dans le lycée ou dans la ville, ça devient bien un peu...
- Speaker #1
Et justement à ce moment-là je me disais mais en fait les gens avaient raison, je suis bien une extraterrestre quand même.
- Speaker #0
Et parfois c'est trop pour eux.
- Speaker #1
Oui voilà c'est ça. Donc et là en me battant donc pareil on m'a refusé des aménagements parce que ben non vous êtes haut potentiel donc vous pouvez pas avoir des difficultés.
- Speaker #0
Donc je me suis battue
- Speaker #1
Et ça a mené à rien même pas de 1/3 temps rien. Et puis à ce moment là j'ai commencé à me mettre une pression de malade encore plus pour le bac parce que avant j'étais sûre. J'avais des bonnes notes, donc j'étais sûre que ça passait au contrôle continu. Mais là, petit à petit, je voyais mes notes baisser alors que je travaillais. Et je me disais, au bac, c'est encore plus important, il va falloir que je fournisse plus. Déjà, si ça ne marche pas, quand je ne fournisse pas beaucoup, quand je vais devoir fournir plus, ça ne va pas le faire. Et puis, sans t'en faire, j'ai commencé à me remettre en question, et à me dire que je ne valais rien, etc. Alors que je savais que j'avais des capacités, mais je ne pouvais juste pas les utiliser.
- Speaker #0
Tu ne savais pas comment les utiliser, du coup, tu ne voyais pas comment... Tu étais un peu dans une impasse en fait.
- Speaker #1
et puis même à ce moment-là, j'adorais la physique-chimie. Ouais. Et j'avais une bonne moyenne en seconde, mais en première j'ai eu une prof et justement elle m'a fait complètement perdre confiance, au point où j'ai atterri à 5 de moyenne en terminale. Et y avoir le bac à 5, je crois que maintenant avec le nouveau bac c'était coefficient 16 je crois, c'était compliqué.
- Speaker #0
Ah oui, tu m'étonnes. Oui. Oui, tu n'avais pas choisi la voie de la facilité malgré tout, mais en même temps, ça correspondait à tes aptitudes et à tes envies.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Mais en fait, quand on fait le choix entre la seconde et la première, je me suis basée sur mes résultats. Je me suis dit, j'aime ça, j'ai de bons résultats, je prends ça.
- Speaker #0
Bien sûr, c'est très logique.
- Speaker #1
Et en fait...
- Speaker #0
Le gap est très important.
- Speaker #1
Oui, ça ne s'est pas passé comme prévu. Et puis, il y avait l'enjeu de Parcoursup aussi à côté de ça. Et du coup, je me suis dit, avec mes résultats, c'est sûr, quasiment sûr que ça ne va pas passer pour ce que je veux. Donc, il faut que je mise tout sur l'engagement extrascolaire. Je ne veux pas dire que c'est 50-50, mais quasiment. Donc là j'avais un gros emploi du temps on va dire. Parce que moi j'avais option sport, du coup j'avais je crois 32 heures par semaine de cours. J'avais cours samedi matin, j'avais cours lundi et puis j'avais une vingtaine d'heures d'extra scolaire.
- Speaker #0
Ah oui, en effet un gros emploi du temps.
- Speaker #1
Ouais j'avais le lundi par exemple parce que j'habitais à la campagne donc le bus passait à 6h45, je rentrais il était 22h. 22h, 22h30 chez moi. Et après ça, il fallait que je prenne ma douche, que je fasse mes devoirs, que je mange, etc.
- Speaker #0
Oui, en effet.
- Speaker #1
Je dis pas que toutes les journées étaient comme ça, mais ça, c'était vraiment... T'as eu un gros emploi du temps. Ouais, une grosse journée. Puis le lendemain matin, il fallait que je sois debout à 6h. Donc ça a été difficile. Et donc après,
- Speaker #0
tu l'as eu, ton bac ?
- Speaker #1
Oui, j'ai eu le bac. Je l'ai eu. Ça, c'était bien. C'était un soulagement. Ma mère n'a pas apprécié le fait que je l'ai de pas grand-chose.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Moi, je me suis dit, je reviens de loin. Oui, voilà. Tant que je l'ai, ça va, puis on va pas regarder, enfin un médecin, on va pas regarder combien il a eu son bac.
- Speaker #0
C'est même pas important au moment du bac.
- Speaker #1
Quand on est jeune, on dit, c'est bien la mention, puis en fait, au final, après, ça passe au-dessus.
- Speaker #0
Moi, j'ai pas eu de mention, je l'ai eu à 11, avec un 6 en physique, tu vois. Parce que c'est pareil, moi, c'était la dyspraxie, mais c'est vrai que c'est... Tu vois, chacun ses... Mais c'est vrai que d'avoir le bac, c'était déjà bien, tu vois.
- Speaker #1
C'était déjà bien et... Puis après je suis rentrée à la fac et là ça a été l'épanouissement on va dire. Vraiment je me suis retrouvée dans ce que j'aimais, j'étais à fond. Je prenais mes cours en notes à écrit et je rentrais chez moi et je les recopiais à l'ordi. Ah ouais ! Parce que j'avais trouvé ce truc en écrivant de mémoriser.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et c'est ce qui se passait en classe, quand j'écrivais je mémorisais donc ça a super bien marché. Bon après j'ai eu des petits soucis donc ça a un petit peu moins bien marché. J'ai eu beaucoup d'absence au niveau des cours mais à peu près j'ai raté la moitié de l'année en cours.
- Speaker #0
mais j'ai validé l'année à plus de 12 ah bravo mais comme quoi quand on a un TDA quand on fait quelque chose qu'on aime on peut déplacer les montagnes et on peut faire plein de choses mais vraiment le fait de prendre du plaisir à faire les choses ça change tout en fait et le fait d'avoir moins de stress c'est ce qu'on dit quand t'étais stressée certainement aussi que ce qui s'est passé au lycée c'est aussi le stress je ne sais pas trop pour les partiels pareil
- Speaker #1
je me mets toujours une grande pression. Mais ça, après, je me dis, je prends un peu plus de recul. Maintenant, je me dis, en fait, c'est tous les étudiants qui sont comme ça.
- Speaker #0
Oui, oui, oui. Donc, du coup, ça t'a apporté des choses quand même au fur et à mesure. Et tu me disais, quand on a préparé l'interview, que tu avais parlé de troubles de l'attention et que là, tu as fait le test à la rentrée.
- Speaker #1
Oui, en fait, du coup, j'ai été suivie, forcément, par rapport à mes problèmes de santé. Et puis, j'en parlais aux médecins, mais ils me disaient que ce n'était pas la priorité.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et là, il est là, oui. pas tort, mais ça devenait vraiment handicapant parce que dans un amphithéâtre, il faut rester focus pendant deux heures, le prof il fait un monologue, au bout de dix minutes, j'ai mon attention qui décroche. Et puis pour travailler, ça c'était vraiment un gros problème, c'est que forcément déjà je n'avais pas de méthode de travail, donc il fallait que j'en trouve une. Donc au lycée, je n'ai toujours pas trouvé de méthode de travail. Donc lui, il m'a dit oui, il faudrait peut-être essayer ça, au final ça marchait à moitié, mais bon, c'était toujours ça de gagné. Et quand je travaillais... je passais cinq minutes à travailler et ensuite j'étais distraite pendant 15 minutes. C'était absolument pas productif. Je vois là une fois, au début de l'année, j'ai recopié un cours. On m'a envoyé le cours, juste le recopier, j'y ai passé quatre heures. De base c'était un cours de deux heures, donc je pense qu'il y avait peut-être entre six et huit pages. Ce qui n'est pas énorme, faire des copier-coller c'est pas énorme. Et j'y ai passé quatre heures parce que j'étais distraite. Je me suis dit mais c'est pas possible. Parce que là, plus on va aller, la première année, elle est passée. La deuxième année, je ne sais pas si elle va passer. Je ne peux pas continuer comme ça.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et à force de lui dire ce genre de choses, il a dit, bon, on va faire un bilan. Du coup, j'avais rencontré la neuropsychologue. Donc, j'avais commencé des tests, je crois. Puis après, elle m'a dit de remplir le test écrit. Et lui, il l'a vu. Donc, il m'a dit, oui, bon, il y a bien un TDA.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
C'est à ce moment-là où, du coup, j'avais fait la conférence. Oui. où je le savais mais j'avais pas fait les bilans, que le bilan, les tests neuro-psy ils sont pas obligés. D'accord. En général les médecins ils sont pas obligés.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Mais bon moi je l'ai fait et puis bon c'est bien ce qui est ressorti quoi.
- Speaker #0
Ouais, c'est bien ressorti.
- Speaker #1
Ouais. Donc ça va c'était un double soulagement.
- Speaker #0
Et ça te fait quoi du coup de savoir que c'est bien ça ?
- Speaker #1
Bah ça m'aide parce que je me dis que là normalement je devrais avoir la ritaline mise en place.
- Speaker #0
D'accord, ok.
- Speaker #1
Pour m'aider parce que c'est un peu compliqué au niveau de l'attention. Ouais. Donc je me dis que... C'est bien, entre guillemets, de savoir ce qui nous arrive.
- Speaker #0
C'est bien de savoir, c'est mieux. C'est mieux de savoir pourquoi, pour quelles raisons, tu as un comportement qui est un peu différent des autres.
- Speaker #1
Du coup, des fois, ça m'énervait parce que je me disais les autres, s'ils arrivent à travailler, pourquoi toi, tu n'y arrives pas ?
- Speaker #0
C'est difficile pour l'estime de Soi. C'est difficile de s'aimer quand on se dit mais en fait moi j'y arrive pas, les autres y arrivent, comment ça se fait ? Moi je vois bien ce que tu veux dire parce que ça m'est arrivé de nombreuses fois. Et c'est vrai que le fait d'apprendre qu'il y a ces troubles et qu'il y a ces différences de fonctionnement. Et c'est vrai que toi c'est donc comment tu... Qu'est-ce que tu dirais pour terminer un petit peu ? Qu'est-ce qui te montre que tu es différente ? Tu es différente sur ta capacité à te concentrer ? sur ta capacité. Alors, tu as le haut potentiel qui fait que tu comprends les choses, mais peut-être que tu as du mal à ressortir les choses.
- Speaker #1
C'est des déductions rapides.
- Speaker #0
Des déductions rapides,
- Speaker #1
d'accord. C'est une idée, bim, on en a une autre, mais par contre, l'entre-deux, voilà.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui s'est passé entre les deux ? Un peu un coq à l'âne, sans trop savoir ce qui s'est passé entre les deux.
- Speaker #1
Et c'est ça le problème, en fait, c'est que souvent, quand je parle, je pars trop dans mes idées et du coup, je dévie trop. Et du coup ça a été aussi un gros problème par exemple quand il fallait faire une dissertation parce que on a le sujet et à chaque fois je me prenais des hors-sujets en fait. Parce que bon alors au lycée on commence un petit peu plus à enlever des points mais au collège on n'enlève pas trop de points. Là la fac, hormis faire des QCM, on ne fait pas grand chose d'autre.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Non ça va. Pour l'instant ça va. Après là voilà j'ai pas encore fait de partielles cette année donc je sais pas ce que ça va donner mais ouais c'est assez compliqué. Parce qu'on passe d'une idée à une autre, mais l'entre-deux on ne sait pas l'expliquer, et puis ce qu'on nous demande à l'école c'est d'expliquer les choses. Comme un raisonnement mathématique, là j'ai commencé des maths, j'ai commencé de la physique mélangée à des maths. Au début je ne comprenais pas si c'était l'effet inverse, j'avais le résultat.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
J'avais la première étape, mais entre les deux je ne comprenais pas ce qui s'était passé.
- Speaker #0
Oui, parce que le fonctionnement est inconscient en fait, ça va tellement vite. Du coup, ça ne passe pas par la case conscience. Donc, en fait, il faut redétricoter. Et la plupart ne sont pas capables de le faire parce que ça s'est passé trop vite. Mais pourtant, ils ont compris. Et c'est pour ça que c'est très difficile en lycée ou en études supérieures de pouvoir démontrer ce qu'on a compris, parce que c'est un peu comme désapprendre ce qu'on a appris. C'est la case de compétence inconsciente. Ça veut dire qu'on maîtrise le sujet. Mais de ce fait, par contre, les profs ne peuvent pas imaginer que tu maîtrises le sujet sans être capable, à ce stade, d'expliquer comment tu as fait. Et c'est ça qui rend les choses très difficiles, en fait. Et en même temps, toi, avec cette difficulté de te concentrer...
- Speaker #1
C'est des anecdotes. J'ai perdu mes clés d'appart. Un dimanche, je rentre, j'étais dans ma famille, je rentre.
- Speaker #0
Et mes clés, elles sont où mes clés ? Et je ne sais toujours pas où sont mes clés. Hormis dans Rouen.
- Speaker #1
Dans Rouen, à peu près dans Rouen. Mais ça part dans Rouen où ? Dans Rouen, non.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Alors si vous retrouvez des clés dans Rouen, il est possible qu'elles soient à Océane ?
- Speaker #0
Non, et puis ce jour-là, forcément le service technique de la résidence, il n'y en a pas. On est dimanche. Donc pour rentrer chez soi un dimanche quand il n'y a pas de service technique pour ouvrir une porte, c'est compliqué. Oui. Par chance, il y avait un gardien. D'accord. qui trainait, par chance, sauf que ça m'a coûté quand même assez cher. D'accord. Donc maintenant, je fais très attention à mes clés. Mais ouais, ça, ça m'est arrivé, ça m'est arrivé, ça m'arrive tout le temps d'arriver soit un petit peu en retard, soit je pars pile à l'heure. Je prévois pas de marge. Ouais, je vois que tu pars encore. Moi,
- Speaker #1
Pareil, je sais pas prévoir des marges. Je suis juste en temps, toujours à l'heure, à peu près. Puis dès qu'il y a un inconvénient, ça marche pas.
- Speaker #0
Ma mère, elle me dit tout le temps, mais prends de l'avance. Au cas où il y a un truc sur la route, oui, oui, t'inquiète pas.
- Speaker #1
Oui, mais sauf que quand t'attends, parce que c'est tellement insupportable que tu préfères arriver en retard. Bienvenue dans notre monde de fonctionnement, dans notre mode de fonctionnement qui est ce qu'il est. Mais en tout cas, je te remercie beaucoup pour tout ce que tu nous as partagé comme anecdotes. L'idée, c'est vraiment que les personnes puissent... se retrouver, savoir qu'elles ne sont pas seules, savoir qu'il y en a d'autres qui fonctionnent un peu comme nous, comme toi, comme moi. Si tu avais un conseil à donner à des personnes qui se sentent un peu en décalage, qu'est-ce que tu leur donnerais comme conseil maintenant ? Évidemment, tu as encore plein de choses à apprendre, plein de choses à faire avec tout ça, mais qu'est-ce que tu donnerais comme conseil ?
- Speaker #0
Déjà, je vais commencer par dire qu'on n'est pas seuls. Et je pense qu'il ne faut pas écouter les autres. Parce que si on a une idée, moi, combien de fois j'ai eu des hobbies et que j'ai changé, alors que ce n'était pas forcément bien vu. Mais il faut s'écouter, il faut prendre du plaisir.
- Speaker #1
Oui, il faut prendre du plaisir.
- Speaker #0
Je pense que c'est ce qui compte, s'écouter et prendre du plaisir. Et c'est ça qui fait la richesse de la confiance en soi après.
- Speaker #1
Je suis assez d'accord, c'est vraiment les piliers de l'estime de soi. C'est d'apprendre à prendre soin de soi, c'est apprendre à faire des choses qui nous font du bien. C'est ça, prendre soin de soi. Pour certains, ça va être de faire du sport. Pour d'autres, ça va être de lire. Et puis pour d'autres, c'est le contraire. Et puis OK, on est tous différents. Et c'est vraiment ce que j'aime dans ce podcast, c'est vraiment montrer qu'on est tous différents, qu'il y a des gens qui sortent un peu des comportements standards et que pour autant, on est tous des êtres humains.
- Speaker #0
C'est ce que j'allais dire, on fait tous partie de la race humaine.
- Speaker #1
On fait tous partie de la race humaine. Et je pense que s'il y a cette diversité au niveau des comportements, c'est parce que pour moi... Le monde en a besoin. Et c'est vrai que c'est important de savoir qu'en fait, il faut aussi pouvoir être aidé, être aidé, être épaulé et être compris par les professeurs, par des personnes extérieures pour se permettre de trouver des solutions. Parce que tout seul, on n'y arrive pas en fait.
- Speaker #0
Ça, c'est sûr que tout seul, c'est compliqué. On avance, mais on n'avance que très lentement.
- Speaker #1
Oui, je pense que c'est pour ça que moi, je trouve que l'accompagnement, ça aide à aller plus vite. Parfois, on aurait pu trouver les solutions, mais une année quand on s'ennuie ou deux années quand on s'ennuie, c'est très, très long.
- Speaker #0
Oui, c'est.
- Speaker #1
Donc, autant aller vite.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Voilà. Je te remercie beaucoup, Océane, pour tout ce que tu as partagé avec moi. Oui,
- Speaker #0
mais de rien.
- Speaker #1
Et puis, je te souhaite une bonne journée.
- Speaker #0
Toi aussi.
- Speaker #1
Merci.