- Emmanuelle
Aujourd'hui, j'ai l'immense honneur de recevoir Mathieu, passionné de husky depuis son enfance. Il vit dans le Pays Basque et nous raconte comment il a rebondi après un accident pour vivre pleinement sa passion. Des Pyrénées au Pays Froid, il nous confie des anecdotes de ses expéditions. Un épisode qui, je l'espère, vous donnera envie de passer du rêve à l'aventure. Je suis Emmanuelle. Avant même de savoir marcher, j'étais déjà sur un traîneau entouré des huskys de mes parents. Depuis, 19 chiens ont façonné ma façon de vivre, de voyager, de travailler et de rêver. Dans une avique nordique, je te partage chaque semaine mes aventures, mes conseils et des rencontres inspirantes. Que tu sois amoureux du froid, du grand nord, de la montagne ou tout simplement fasciné par les chiens de traîneau, mecheur ou pas, tu es au bon endroit. Chaque épisode est pensé pour provoquer un véritable déclic, t'aider à oser, à dépasser tes peurs et à t'aider à franchir ce premier pas. vers ton propre rêve d'aventure. Bonne écoute, et si tu es nouveau, bienvenue dans mon univers givré. Bonjour, donc je suis ravie de t'accueillir aujourd'hui sur cet épisode. Comme tu sais, c'est dans les tout premiers épisodes que j'enregistre pour une avic nordique. Voilà, je lance le podcast en avril, donc tu fais partie des premiers enregistrements. Donc merci d'avoir répondu présent à l'invitation, ça me fait très plaisir. Voilà, on entend parler de toi dans les Pyrénées, donc ton parcours est vraiment impressionnant, j'ai vraiment hâte d'en savoir plus. Si j'ai bien... compris, tu es enseignant dans une école basque, ancien prof de préparateur sportif, c'est ça ?
- Matiu
J'ai fait des études de préparation physique et mentale pour les sportifs de haut niveau et j'ai ensuite été prof de PS pour ensuite être prof en Nikashtola, donc c'est ça, oui.
- Emmanuelle
Ok, tu nous raconteras tout ça après. Et donc, tu es originaire du Pays Basque Nord. On va parler de tout ton parcours. On va parler de croire en ses rêves, de jamais abandonner et que la vie est pleine de surprises. Donc, si tu devais te présenter en trois mots, quels seraient ces trois mots ?
- Matiu
Trois mots, on pourrait dire Mathieu, cher, passionné et rempli de rêves. C'est quelque chose qui me définit depuis tout petit. J'ai plein de passion et le mushing en fait partie.
- Emmanuelle
D'accord, super. OK. Avant de te parler de ton parcours, est-ce que tu peux nous présenter un petit peu les chiens ? qui partagent ton quotidien aujourd'hui ?
- Matiu
Oui. Depuis toujours, j'ai des Siberianuskis qui m'ont accompagné. Certains sont nés à la maison, d'autres non, et même certains adoptés. Du coup, aujourd'hui, j'ai Dioko, qui est le doyen, que j'ai appelé Guerladi, mon guerrier. C'est un chien qui est né à la maison, dont la mère était Gaou. Et son père, Arkan, c'est deux chiens qui sont un peu mythiques au sein de notre show-steam. Donc lui, maintenant, c'est le doyen. Il est dans sa 13e année. Donc voilà, là, il est en mode retraite. Alors, il peut sortir encore un petit peu sur des petites distances, mais plus comme avant. J'ai Négoa et Nabar, que je surnomme Bretoyac, les Bretons, parce qu'ils sont nés chez Marie Lepage, en Bretagne. Voilà, deux petites machines, vraiment des chiens très speed. Ce n'est pas du tout les mêmes lignées que j'avais jusqu'à présent, mais qui apportent leurs avantages, qui sont super. très très Tout dans l'excès, au travail, dans les câlins, partout. Après, j'ai deux chiens que j'ai adoptés, adultes. J'étais encore assez jeune, ils avaient deux ans à l'époque. Un monsieur qui a arrêté en Égualdé, dans le côté Pays Basque Sud, pour des raisons personnelles, et qui voulait me donner trois de ses meilleurs chiens. Donc j'ai adopté, je ne pouvais pas prendre trois, donc j'ai adopté ces deux-là. Il y a Iloun, qui vient de chez Isabelle Travadon. Et après, j'ai Apache, qui elle est née en Russie. Après, j'ai Urti, c'est un chien génial. C'est le plus jeune de la meute, qui vient de faire 3 ans, le 8 mars. Une douceur incroyable, c'est un peu le beau gosse de la meute. Lui, c'est ligné Kodiak par le père et 100% anadière du côté de la mer. Importé des Etats-Unis.
- Emmanuelle
Des belles lignées et plein de types de chiens différents finalement.
- Matiu
Plutôt sur la longue distance, sauf pour les deux sprinters, les deux bretons, qui sont de lignée sprint ou mid-distance. Et ça se voit au chenil, c'est d'autres relations aussi.
- Emmanuelle
Et justement, quel est le chien qui fait le plus le pitre, le plus rigolo de la meute ?
- Matiu
Le plus rigolo, ça serait peut-être dans les Bretons, dans le sens où ils font beaucoup de bêtises. Et il y a un abarque qui est très, très, très, très, très intelligent. On change une petite chose au chenil, dans le quotidien, il repère direct. La première chose qu'il va faire, c'est essayer de démonter, savoir comment c'est fait. Par exemple, lui, il ouvre les loquets.
- Emmanuelle
C'est vrai.
- Matiu
Il peut faire de l'escalade, c'est impressionnant.
- Emmanuelle
Est-ce que tu pourrais nous raconter dans le quotidien un moment fort que tu as vécu avec un de tes chiens ?
- Matiu
J'en ai deux gros souvenirs. J'ai un avec Arkane dans une tempête de neige avec un col à franchir, donc jour blanc. J'ai même un petit morceau de vidéo, je me rappelle à l'époque, j'avais ma GoPro, où il m'a guidé comme ça dans la tempête. Un gros souvenir. Et après, j'ai Gao qui m'a sorti d'un gros, gros, gros pétrin. Je suis parti entraîner sur les hauteurs du Pays Basque. Et sur les pistes, il y avait encore des énormes congères. Mais il y avait une congère qui était là, pas très large, on va dire. Donc visuellement, on pouvait penser qu'elle était accessible. C'était au printemps, donc elle avait été gelée. Elle avait gelé, elle était vraiment très, très dure, impossible à creuser. Puis en voulant passer, je sentais que ce n'était pas faisable. J'ai tourné. À l'époque, j'avais mis une égois en chien de tête parce que je forme plusieurs chiens de tête. Donc il y a un jeune chien de tête, il me fait bien le demi-tour, on repart. Et à un moment-là, en fait, la plaque de neige a cassé. Je me suis retrouvé avec le kart, qui fait quand même 100 kg, comme ça à être projeté dans le vide. Je suis tombé, j'ai eu de la chance de ne pas taper la tête ni rien. Le kart est resté droit, tout dans la descente en tapant. Et les chiens, vraiment parallèles comme ça, donc très bien. Il n'y a pas eu de soucis sur l'arrivée. Sauf que j'étais en bas et impossible à remonter. Le kart beaucoup trop lourd. Et donc là, j'ai une igua qui était jeune, qui était un peu en panique. Et Gaou qui est arrivé sur sa fin de carrière. Et voilà, après peu de temps, je n'avais plus de batterie. j'ai appelé comme ça personne qui m'entendait et à un moment donné je me suis dit je vais mettre Gaou en tête, on va essayer, tant pis parce qu'elle avait de l'expérience et en mettant en tête j'ai pu sortir vraiment du vide dans la pente en prenant en parallèle elle m'a écouté vraiment parfaitement et les chiens derrière ça les a de nouveau rassurés d'avoir elle en tête qui n'avait pas peur et qui allait et donc j'ai pu sortir de ce de ce gouffre en fait finalement c'était une espèce de gouffre je me rappelle sorti de là avec un noeud dans le ventre et à me dire bon allez on repart sur l'entraînement pour que tout le monde change les idées et qu'on part sur autre chose. C'était comme une télécommande cette chaîne. Sur les plateaux comme ça je pouvais dessiner ce que je voulais sur la neige, les formes que je voulais parce qu'elle est à droite, gauche, voilà.
- Emmanuelle
Une belle complicité qui t'a sorti d'affaires ce jour-là Donc avant les réseaux sociaux Tu avais déjà créé quelque chose autour de ta passion Est-ce que tu peux nous raconter un petit peu l'histoire du blog ? Ouais,
- Matiu
Ausha, oui Alors Ausha avec un X Parce que c'est aussi le prénom C'est avec un S sinon pour vraiment l'animal le loup C'est le prénom qui veut dire le loup C'était mon surnom, c'est pour ça que j'avais récupéré Et en fait à l'origine, il y avait des forums à l'époque Sur internet C'est comme ça que moi j'ai un peu appris C'est par le biais des forums Donc il y avait deux grands forums. Le village de Meshach, ça s'appelait. Donc un forum québécois.
- Emmanuelle
Ah mais oui, c'est vrai, tu as raison, je l'avais oublié celui-ci.
- Matiu
Et après, il y avait d'autres petits forums. Au début, avant que d'autres se créent comme Will to Go, tout ça, il y en avait d'autres. Et c'est comme ça un changement. Donc j'avais repris mon pseudo Ausha, qui était sûrement mon petit à l'école, avec mon premier chien, puis mon deuxième. J'ai eu l'idée de faire un blog. Et donc ce blog, c'était pour partager. J'ai toujours eu cette idée, depuis toujours, mais même dans mes autres passions, c'est de toujours partagé, c'est aussi pour ça que je suis aussi enseignant. Et donc c'était un blog où on écrivait des articles sur ce qu'on faisait, sur nos petites aventures dans les Pyrénées ou au Canada, etc. Et j'ai mon frère qui a les mêmes passions que moi, et lui il faisait des photos, belles photos de qualité, donc c'était des articles articulés dans un blog comme ça. Et du coup, on l'a appelé ce blog Ausha Team, Team pour le petit clin d'œil au fait que le sport vient essentiellement d'Amérique du Nord, et que le fait qu'il y a des chiens, des hommes... Ça s'appelait la Autroestim des chiens, des hommes, une équipe, une aventure. Parce qu'il y avait les chiens, bien entendu, l'équipe de chiens, mais aussi, pas seulement un mûcheur, il y avait aussi mon frère.
- Emmanuelle
Ok, donc aujourd'hui, ça s'est plutôt transformé sur les réseaux sociaux, c'est ça ?
- Matiu
C'est ça, petit à petit. Déjà, les forums ont disparu, donc ils sont devenus beaucoup moins vivants. Je pense qu'on a perdu quelque chose aussi sur l'échange, des fois. Maintenant, c'est beaucoup des pages personnelles. Avant, il y avait quand même un peu plus d'échanges. Je pense que ça, c'est un peu perdu. Et du coup, les formes sont perdues, les blogs aussi. Et donc, du coup, ça s'est transformé en page Facebook. Bon, il y a un site Internet, mais il est quand même au chcalard en anglais. Mais la page Facebook, du coup, depuis, c'est récent. Après, la page Instagram, c'est très récent. La page Facebook est beaucoup plus vieille, mais deux pages comme ça. Mais il n'y a plus le blog.
- Emmanuelle
OK, donc si on te suit, ça sera sur les réseaux sociaux. OK, merci. Est-ce que tu peux nous expliquer d'où vient la passion, du coup, des chiens nordiques de ton enfance ou ça vient un peu plus tard ?
- Matiu
Un an, deux. tout petit. J'ai une grande passion pour la faune sauvage. Je voulais en faire mon métier à l'origine, notamment en IPN ici, suivre tout ce qui est grands prédateurs, l'ours, tout ça. J'étais vraiment là-dessus. Je voulais faire travailler là-dedans, dans les parcs nationaux. Ça, c'était un rêve petit. En plus, avec mes parents, on faisait des bivouacs tous les week-ends en montagne. Donc ça aussi, ça m'a apporté quelque chose. Mon père, qui fabrique des choses, des nœuds. Dans les campements, c'est quelque chose qui m'a vraiment attiré. Et après, quand j'ai commencé à apprendre à lire, j'ai eu mon arrière-grand-mère qui m'avait offert un livre sur les chiens. Et il y avait notamment... Dedans, c'était écrit « Les chiens des neiges » . Et de suite, c'est vrai que j'ai eu une accroche comme ça. Déjà passionné par le loup, c'était un peu ma passion. C'est aussi pour ça que c'était mon surnom, Ausha, type petit. Et donc déjà une attirance comme ça. Puis après, j'ai très vite lu « L'appel de la forêt » , qui est un livre qui m'a marqué. plus que Cro-Blanc sous ses voies, vraiment l'appel de la forêt, plutôt le retour vers le sauvage que l'inverse. Cro-Blanc, c'est vraiment l'inverse. Mais voilà, j'ai continué, mais ça restait un rêve. Ça restait un rêve, passionné d'animaux, de chiens. Moi, j'avais énormément de livres, de magazines là-dessus. Après, ça s'est concrétisé, mais bien des années plus tard.
- Emmanuelle
Bien plus tard. Ok. Tu avais parlé aussi du film Antarctica. Voilà, rien d'en parler, ça donne des frissons. Ça parle, je pense, à un bon nombre d'auditeurs. Pour la petite anecdote, dans la meute de mon enfant, j'ai eu un chien qui s'appelait Giro et j'ai nommé aussi un chien Anko. Donc voilà, deux chiens avec des prénoms tirés de ce film. Donc voilà, je précise pour ceux qui nous écoutent, ce n'est pas le film des années 2000, c'est le film. Allez voir, je mettrai le lien, il est sur YouTube dans l'épisode de la description. C'est un film vraiment qui va parler à bon nombre d'entre nous. Ça fait partie aussi de tes films de ton enfance qui t'a marqué ?
- Matiu
Oui, exactement. Antarctica, moi, j'ai une grande sœur. Je vais en parler plus tard parce qu'elle m'a aussi replongé dans cette passion-là plus tard. C'est une grande sœur qui avait découvert ce film et qui, à l'époque, on louait des cassettes. On allait au Petit Bayonne pour louer des cassettes et il y avait ce film Antarctica qu'elle avait pris un peu exprès pour moi. Mais elle, pareil, elle aime beaucoup les chiens et les chiens nordiques également. Et du coup, c'est vrai que ça a été un film fort en émotions qui m'a beaucoup marqué. Après, il y en a eu d'autres, d'autres films. Il y a le Cro-Blanc de 1991 de Disney aussi, qui, pour d'autres raisons, il y avait le côté... Bon, moi, j'avais une grande cabane un peu canadienne dans notre jardin, dans la forêt. Donc, je me retrouvais un peu comme ça. Moi, j'avais adopté aussi un chien, mais c'était un braque.
- Emmanuelle
D'accord.
- Matiu
Petit, comme ça, à 9 ans, je jouais déjà un peu à ce truc avec cette cabane au Canada et tout ça. Mais c'est vrai que le film Antarctica, c'est quelque chose qui m'a marqué. Le film d'origine japonais, c'est 10 fois plus... plus fort que le film Disney qui a été fait après dans les années 2000. Oui,
- Emmanuelle
c'est les mouchoirs. Tout à fait. Ok, super. Donc, tu es passionnée depuis petit. Donc, à 18 ans, il y a un accident de rugby dans ta vie. Est-ce que tu peux nous en parler un petit peu ?
- Matiu
Le rugby, ce n'était pas forcément mon sport. Moi, je faisais de l'aviron. J'ai pratiqué à haut niveau. J'ai quelques médailles. Et en fait, du coup, naturellement ou pas, d'ailleurs, parce que, comme je disais, j'ai beaucoup de passion. J'ai la nature, la montagne, il y a plein de choses. J'étais un peu dans le doute au lycée pour savoir où aller. Finalement, comme j'étais sportif, on m'a orienté plutôt vers le Staps. En Staps, il y avait du rugby. Sport que j'adore, à pratiquer, c'est très bien. Mais sur un match, en fin de partie, vraiment à la fin de la partie, il y a un mauvais plaquage. J'ai ma jambe qui est fauchée, les ligaments cassés. Suite à des antidouleurs, je vais faire une mauvaise réaction. Je vais me retrouver paralysé, plus digne. derrière des complications parce que mentalement quand ça ne va pas c'est rajouté à ça une algozystrophie c'est un dérèglement du système nerveux autonome plus rien ne marche pour le chaud, le froid au niveau de la jambe et du coup le moral à zéro, il faut imaginer que moi en avion c'était des entraînements tous les jours, même plusieurs fois par jour donc vraiment c'était très intense du jour au lendemain je ne pouvais plus rien faire donc moralement très difficile et voilà, donc je faisais de la piscine tous les jours Mais pas d'activité. La piscine pour la rééducation, pas de la natation. Donc, ça a été un moment très difficile. Et c'est les chiens de traîneau qui vont sortir de là. Notamment ma première chienne, Vaika, qui va sortir de ce côté, de cette spirale négative.
- Emmanuelle
Du coup, est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus la suite ? Comment est arrivé le premier chien dans ta vie suite à cet accident de vie ?
- Matiu
C'était la première année où je faisais de la piscine, tout ça. J'ai récupéré une bonne partie assez vide, mais pas au niveau de la jambe. et ma soeur. dont je parlais tout à l'heure, j'en ai plusieurs, mais c'est le don qui m'avait fait découvrir Antarctica, tout ça. On a un petit écartage, donc Gaëlle, elle avait déjà des enfants, et du coup, elle m'invite dans les Hautes-Pyrénées, à l'époque. Pour eux, ils vont faire du ski, et puis moi, je m'occupe de mes neveux, tout ça, donc plutôt à la luche, forcément, je ne peux pas skier. Et puis juste à côté, il y avait des chiens de traîneau, pour les petits baptêmes, comme on voit en station, les petits baptêmes classiques. Donc moi, je fais la journée, on regarde les chiens, de temps en temps. Et à la fin de la journée, pour me remercier, elle sait que c'est mon rêve. Elle m'offre un tour. Donc, un tour, bien sûr, je ne pouvais pas guider le traîneau avec ma jambe, mais j'étais du coup dans le traîneau. Et ça m'a un peu réveillé cette passion que j'avais toujours. J'en parlais toujours, des chiens de traîneau et de bivouac, tout ça. Et du coup, pour rigoler, à la base, c'était vraiment pour rigoler, j'étais rentré, du coup, j'étais encore chez mes parents. Je n'étais plus au Staps de Tarbes, puisque j'étais en piscine tous les jours. Je ne pouvais pas y aller. Donc, du coup, j'avais collé des affiches, mais vraiment partout, Ils ouvraient le frigo, il y avait une affiche, le placard à chaussettes, il y en avait partout partout. Avec écrit mais il est où mon whisky ? Avec une petite photo d'un chiot tout attendrissant. Donc voilà, c'était sous forme de blague, bon ça avait fait rigoler. Et en fait, quelques semaines plus tard, je reçois une boîte à chaussures. Donc ils me font, c'est un cadeau pour toi. On fait toujours des cadeaux, des fois surprises, mais pour rigoler, si on veut une Porsche, une petite Porsche. majorette ou des trucs comme ça et là j'ouvre la boîte et c'est une petite peluche de husky donc voilà je n'imagine pas autre chose voilà c'est la petite blague où il est où mon husky m'a offert la petite peluche et en fait dedans il y avait un mot avec des photos et en fait il m'offrait mon premier chien et ce premier chien c'était Vaika ce qui c'est rien alors pas de lignée de travail à l'époque il était une show dog mais qui a été extraordinaire comme chien de tête là aussi comme Gaou une técommande J'ai eu mon premier chien, donc ça m'a obligé un peu à sortir aussi, à rebouger. Quand ça a été un peu mieux, et parce que c'est des chiens quand même qui demandent une activité, me remettre au vélo et c'est elle qui me tirait dans le canivetété. Et petit à petit, comme mentalement j'allais mieux, le corps aussi a suivi. Et du coup, j'ai pu reprendre une activité. Après, j'avais une petite moto, j'ai vendu ma moto, j'ai acheté Arkane. Voilà, et ça a été l'engrenage après aux grandes dames de ma famille qui a été lâchée. Et voilà.
- Emmanuelle
Et oui. Souvent, il y en a un, deux, puis après, voilà, on ne compte plus après. OK, donc c'est comme ça qu'est venu ton premier chien. Et donc, actuellement, tu en as six, c'est ça ?
- Matiu
Là, j'en ai six. Voilà, c'est une période où j'ai une génération, comme je disais, j'en ai adopté, j'ai un tiers qui a adopté. Et du coup, là, c'est vraiment une période un peu charnière en ce moment où il y a des chiens qui ont vieilli et où il va falloir remplacer. Donc, là, je dessins à six. Au maximum, je suis monté à neuf. Je pense que mon épouse ne serait pas forcément... fun pour que j'en ai 20 ou 30, mais du coup, il y a ce côté aussi légal, donc voilà, avec cette limite des neuf chiens en chenille.
- Emmanuelle
Donc tu m'as expliqué aussi en off que tu avais organisé des événements, est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ?
- Matiu
Oui, moi j'ai commencé au CSTC, le club des Pyrénées des sports de traîneau à chiens. J'étais rentré dans le club par le biais des Green Say, qui est Meshur Pro à Pirel, ce qui m'a apporté énormément, elle aussi par son expérience. Et en fait, rentrant dans ce club, chacun à l'époque organisait des rassemblements. Donc, il y en avait un. Moi, j'avais commencé avec celui de Souston, qui n'existe plus depuis. Puis, il y en avait aussi un peu dans les Hautes-Pyrénées. Puis, j'ai eu l'idée d'en créer un sur le secteur Pays Basque, donc en Haute-Soule. Ça s'appelait du coup Rando de Choix. C'était un rando pour randonner et autre choix, la randonnée du loup. C'était un jeu de mots entre le français et l'eouchkala.
- Emmanuelle
OK.
- Matiu
Et ça, du coup, au début, c'était une randonnée sur terre. Et puis, ça s'est terminé sur une randonnée sur neige. Puis, avec le soutien du CPSTC, comme je disais, avec les problèmes d'engagement, parce que c'est aussi énormément de boulot à organiser,
- Emmanuelle
ça s'est arrêté. Ça devait être super intéressant.
- Matiu
Il y a des super mâcheurs qui sont venus un peu de toute la France. Je pense à Fred, à l'époque, il n'était pas encore mâcheur pro. Frédéric Desbray, qui est dans les Hautes-Pyrénées. Il y avait Thierry Narcy, qui est quelqu'un que j'apprécie beaucoup et qui fait aussi en Japonie, tout ça. Donc, c'était très intéressant.
- Emmanuelle
J'espère qu'ils seront tous dans mes prochains épisodes d'ailleurs. D'ailleurs, en parlant d'expédition, tu m'as expliqué que tu en avais fait plusieurs. Laquelle t'as le plus marqué avec les chiens ?
- Matiu
Je pense que chacune a apporté des choses différentes. La première, forcément, elle marque. Parce que c'était avec mon frère. Comme je disais, on avait les mêmes passions. C'était un rêve d'enfant d'un jour partir au Canada. C'est lui qui a lancé un peu le truc. Il m'a dit, là, cette année... Allez, on part au Canada, c'est notre rêve. Pour l'anecdote, en fait, j'avais un contact là-bas, par le village de Ausha, Jacques Lévesque, qui avait vu que j'étais de Bayonne, et ses ancêtres étaient de Bayonne. Il m'avait contacté comme ça, en me disant, si un jour tu viens au Canada, n'hésite pas, et quelques années après, je recontacte. Et il me dit, oui, bien sûr, allez, viens. Et du coup, c'est comme ça qu'on a eu un petit point d'accroche quand même au Canada, pour pouvoir y aller. La deuxième, c'est aussi pas mal marqué, parce que j'étais avec... Un groupe de canadiens qui m'ont apporté beaucoup de leur façon, de leur technique. C'était des coureurs des bois, à vrai dire. Des vrais coureurs des bois, des guides dans la nature sauvage au Canada. J'ai beaucoup appris. Celle peut-être la plus extrême. Ça n'a pas été la plus froide. La plus froide, ça a été au Canada. Mais la plus extrême dans les conditions, c'est celle en Arctique, où on n'était pas dans la taiga, mais dans la toundra, où il n'y avait pas un arbre, il n'y a rien. Donc, pour faire du feu, c'est autre chose. Et puis, ce silence aussi. Il n'y a même pas le bruit d'une branche qui craque. C'est vraiment, à part le vent, je me rappelle que c'est un silence assourdissant. C'est très, très spécial à vivre. Oui, oui.
- Emmanuelle
Ok. Ça devait être franchement incroyable. Est-ce qu'il y a un pire moment avec les chiens dans les expéditions que tu as vécues ? Quelque chose d'imprévu ?
- Matiu
Il y a eu une journée sur scène en Arctique. J'étais reparti avec mon frère et j'avais invité un copain qui avait deux skis et qui continuait, lui, plutôt en ski de rando traîné par ses deux chiens. Et donc, on avait fait un campement. La veille, on avait eu la journée la plus froide de la veille là-bas. Une tempête se lève. Donc, on monte notre camp, on est dans notre camp. On fait à manger, il y a vraiment la neige qui tombe vraiment fortement. Mais on était, il faisait très sombre. On n'avait pas trop vu où on avait mis notre camp, à vrai dire. En fait, on l'a très mal installé. Et en fait, du coup, la nuit passe, bon, très bien. Et puis jusque-là, on se réveillait, il faisait nuit quand même. Les nuits sont, enfin les journées sont très courtes là-haut. Donc il faisait nuit. Et puis là, il fait très, très clair dans la tente. On s'est dit, waouh, on a dormi hyper tard. On a mis sort. Et en fait, c'est pas qu'il faisait jour, c'est juste qu'on était ensevelis sous la neige. et sous une couche de neige énorme. Donc en fait, ce blanc, cette lumière, c'était la neige. Et en sortant, on est sortis de là. Donc une tempête encore plus forte. En fait, on était dans un mauvais endroit parce que le vent tourbillonnait et toute la neige autour venait s'accumuler sur notre campement. Et du coup, en sortant, c'est impressionnant. On voit plus de traîneaux, plus de chiens, plus rien, tout est blanc. Et en fait, tout le monde est sous la neige. Donc les chiens à dépêleter, ils avaient bien fait leur petit igloo. Mais on a passé près de six heures à dépêleter pour sortir la tente, ranger le matériel, sortir le traîneau. Il faut imaginer, on était quand même trois, mais à enlever la neige, en quelques minutes, ça se recouvrait. C'était impressionnant à vivre. On est reparti comme ça, du coup, moi au traîneau avec les chiens, mon ami qui était devant en ski, pour pouvoir récupérer une piste qu'on voit. On récupère une croix rouge, on récupère une piste, mais il faut imaginer qu'on ne voyait jamais la suivante. C'est-à-dire qu'il y avait des bourrasques. Des fois, je ne voyais même pas mon ami qui était devant les chiens. Et en fait, dès que ça se calmait, il y avait une petite pause. Hop, un signe, hop, on redémarrait. Et puis, c'était un terrain très ballonné. Les chiens étaient un courage fantastique. Et voilà, on a retrouvé au bout d'un moment un espèce d'endroit où il y avait des petites cabanes, où il y avait un monsieur qui n'était pas lapon, qui était de Stockholm, mais qui passait les hivers là, six mois loin de sa femme et de Stockholm, où il se ressourçait avec son terre-neuve. Et qui nous a accueillis, en fait. Donc, à l'époque, on avait un drapeau basque sur notre campement. On n'avait rien à donner. On n'avait pas d'argent. Pour l'emmercier, on lui a donné ce drapeau en l'invitant, s'il voulait un jour venir au Pays Basque. Mais voilà, c'était un moment impressionnant. Je pense qu'il y a... Même s'il n'y avait pas de danger immédiat, mais qu'il est impressionnant à vivre, quand même, ces tempêtes-là, dans la toundra, où on ne voit rien, où il faut rester calme, comme ça.
- Emmanuelle
Oui, il faut être hyper vigilant, en fait, et ne pas perdre son sang-froid. Exactement.
- Matiu
Donc c'est une étape où on n'a pas fait énormément de kilomètres dans ces conditions, mais qui est impressionnante à vivre.
- Emmanuelle
Ok, j'ai encore plein de questions, mais on n'aura jamais le temps en un épisode de tout boucler. Peut-être qu'on en refera un deuxième. Et quelles sont les prochaines destinations que tu prévois ?
- Matiu
Moi, j'aimerais retourner un peu dans la Taïga, changer de paysage, même si j'ai beaucoup aimé la Tundra. Je y retournerai sans doute. Mais retrouver un peu le côté forestier, donc peut-être la Laponie.
- Emmanuelle
D'accord.
- Matiu
J'avais un gros projet, mais ça, c'est difficile avec mon métier, mais c'était de traverser la Laponie. Mais bon, ça, c'est à voir. Après, moi, c'est avec le travail, mais le prochain objectif, ça serait la Laponie. Voilà. D'accord. Savoir où exactement tout ça, ça, je ne sais pas. Mais forêt, je veux dire quelque chose de plutôt forestier, avec des lacs.
- Emmanuelle
Est-ce que pour les auditeurs qui n'ont pas de meute, ou qui n'auraient pas du tout de chien nordique, Tu peux nous expliquer en quelques mots la vie au quotidien avec tes chiens à la maison ?
- Matiu
C'est quand même beaucoup de travail. Il y a les entraînements. J'entraîne essentiellement le matin pour avoir les températures les plus fraîches possibles et aussi pour ne pas déranger la faune sauvage au minimum. Donc j'entraîne un peu de nuit. Ça peut m'arriver, mais c'est très très rare. Donc du coup, le matin, les entraînements. Déjà, moi, je ne peux pas décoller directement de chez moi à l'entraînement. Il y a de la manutention quand même. avec le kart à mettre sur la remorque, les chiens qui me prend aussi énormément de temps. Mais voilà, il y a toute cette partie-là qu'il ne faut pas oublier, ce côté manutention. Donc il y a ce côté entraînement où ça commence tout doucement en début de saison et puis pour arriver à une espèce d'apogée, un pic en hiver et puis redescendre progressivement au printemps. Donc ça, c'est le côté un peu fun, le côté plaisir, le côté entraînement. Même si le manutention, ce n'est pas le côté le plus fun, mais bon, on s'y fait. Moi, j'étais rameur, donc on avait les bateaux, tout ça. J'ai toujours fait des sports avec du matériel. Et après, il y a tout le côté autre. Donc c'est le côté hôte, c'est à la maison. Donc moi, je travaille. Donc il faut imaginer que je ne suis pas à 100% de mon temps avec les chiens. Ce temps-là, après le travail, c'est le temps où on nourrit, on masse, on brosse, on joue. Et surtout, quelque chose qu'il faut imaginer, on nettoie beaucoup. C'est quand même un gros travail de nettoyer le chemin, que tout soit toujours propre tous les jours. Pour quelqu'un qui sait l'art, il faut qu'il sache qu'il y a tout ce côté-là. Au-delà du rêve, du côté entraînement, piste, montagne, raide ? Oui. Au expé, il y a tout ce côté, voilà, manutention et hygiène, travail sur le vétérinaire, etc.
- Emmanuelle
Ok, super. Aujourd'hui, tu travailles aussi un petit peu avec tes chiens dans le cadre scolaire. Est-ce que tu peux nous en parler ?
- Matiu
Oui. Bon, moi, j'ai des diplômes en STAPS. Donc, pour tout ce qui est enseignement des activités physiques et sportives, mais aussi un master expert en préparation physique et mentale qui me permettait de travailler, oui, avec des sportifs de haut niveau, mais aussi avec des... personnes en situation de handicap. Du coup, Ausha, en 2014, est devenu une association. Et dans le cadre de mon métier, à l'époque, dans le secondaire en professeur de PS, je faisais déjà, j'ai commencé à intégrer des animations. Et puis, il est venu naturellement que Ausha devienne plus qu'une équipe, mais aussi une asso. Donc voilà, il y a des interventions comme ça, avec des collégiens ou... des enfants en primaire, notamment en langue basque aussi. Et après, avec mes autres diplômes aussi, et par le biais d'une collègue, une ancienne collègue, Adeline, on travaillait avec une association, l'Autruche sans fil de soie, pour des personnes en situation de polyhandicap, cette fois-ci, avec des jouellettes, en montagne ici au Pays Basque. Et on a eu l'idée, c'est bien, mais est-ce qu'on ne peut pas faire quelque chose avec Chien de TRAINEAU? Et puis c'est l'idée venue de là. Donc là maintenant... Autre chose, ils m'interviennent beaucoup, beaucoup, en plus du milieu scolaire, avec des personnes en situation de handicap et surtout polyhandicap.
- Emmanuelle
D'accord.
- Matiu
En leur offrant des baptêmes, des petits baptêmes avec les chiens de traîneur.
- Emmanuelle
Ok, c'est très cohérent, effectivement, avec tout ton parcours. Merci pour tout ce que tu fais avec eux, du coup. Est-ce que tu aurais des conseils à donner aux personnes qui rêvent de partir en aventure avec leurs chiens ?
- Matiu
Moi, j'ai toujours l'aventure, souvent, quand j'allais monter ces expéditions, on me demandait souvent le nombre de kilos, le nombre de ceci, un peu le côté record. Mais je dis toujours, en tout cas pour moi, c'est pas ça le plus important, c'est vraiment de vivre l'instant présent avec ces chiens, d'avoir quelque chose. Déjà, de vivre dans la nature, avec la nature, c'est un mouvement exceptionnel et de profiter de ça. La vitesse, la performance, alors que je viens d'un sport où c'était, enfin la vie ronge, elle est faite vraiment au niveau où c'était ça. Moi, j'ai un peu pris mes distances avec ça depuis mon accident. Et c'est surtout le côté vivre en harmonie avec la nature, avec ses chiens, vivre le moment présent. Et qu'ils profitent un maximum. Il faut que ça soit un plaisir. Par exemple, si je prends l'exemple de la dernière expédition en Arctique, les chiens n'avaient pas perdu un gramme. Le but, c'était vraiment qu'ils vivaient avec quelque chose que du fun, que du plaisir. Par contre, nous, on avait perdu 5 kilos. Mais voilà, c'est vraiment l'idée que les chiens, ce sont eux qui doivent être au centre des intentions. Et après, un deuxième conseil, c'est un peu classique, mais ne pas rêver sa vie, mais vivre ses rêves. C'est-à-dire, à un moment donné, se lancer. Il y a plein de mûcheurs. Il y a moyen d'avoir énormément de conseils. Même moi, après 22 ans, je continue à apprendre. On continue à apprendre tous les jours. Et du coup, ne pas hésiter à venir solliciter un mûcheur ou quelqu'un qu'on connaît qui est passé par là et demander des conseils, etc.
- Emmanuelle
Bon, super. On va s'arrêter là parce que j'aurais encore plein de questions mais le temps est passé. Merci beaucoup pour ce partage d'expérience. Ça me met en joie. J'ai vraiment hâte que l'épisode sorte. Merci à toi et à très bientôt. Merci d'avoir écouté cet épisode. Si cela t'a plu, laisse un commentaire, 5 étoiles ou partage-le à un proche qui en a besoin. On se retrouve très vite. D'ici là, continue à oser l'aventure.