Speaker #0Je suis Emmanuelle. Avant même de savoir marcher, j'étais déjà sur un traîneau entouré des huskies de mes parents. Depuis, 19 chiens ont façonné ma façon de vivre, de voyager, de travailler et de rêver. Dans une havique nordique, je te partage chaque semaine mes aventures, mes conseils et des rencontres inspirantes. Que tu sois amoureux du froid, du grand nord, de la montagne ou tout simplement fasciné par les chiens de traîneau, mecheur ou pas, tu es au bon endroit. Chaque épisode est pensé pour provoquer un véritable déclic, t'aider à oser, à dépasser tes peurs et à t'aider à franchir ce premier pas vers ton propre rêve d'aventure. Bonne écoute et si tu es nouveau, bienvenue dans mon univers givré. Salut salut, aujourd'hui je vais te parler d'une leçon qu'on apprend aux meilleurs aventuriers, c'est savoir renoncer au bon moment. J'ai choisi le titre Oser faire demi-tour, c'est un titre intriguant et je vais t'expliquer pourquoi, ce que la montagne m'a appris sur cette expérience, sur ce week-end-là. Donc c'était il y a dix ans où j'ai passé plus de temps sur ce week-end-là à faire demi-tour qu'à marcher en montagne. Et pourtant avec le recul je ferais exactement la même chose. Pour te lancer dans le contexte de ce week-end, donc déjà c'était... Donc il y a une dizaine d'années, avec ma sœur, on avait décidé de partir sur quatre jours, il me semble, faire des randos montagne avec nos chiens, donc avec mes huskies. Et nous sommes partis avec mon camion aménagé. Donc dans mon camion aménagé, il y a une partie à l'arrière qui est semi-aménagée. Ce n'est pas du tout du grand confort. Comme on peut voir sur des beaux camping-cars, c'est vraiment le confort de ce qu'il y a besoin quand on part en montagne. Et il y a les boxes des chiens pour qu'ils soient en sécurité pendant tout le trajet. Et en plus, ils adorent être dans les boxes parce qu'ils savent que quand ils y vont, on part dans une nouvelle aventure. Vraiment, on ouvre les portes du box dans le jardin et ils y montent avec joie. Donc voilà. Et donc, on est parti avec toutes nos nécessaires de randonnée dans le camion. Et on avait prévu d'être sur l'ouest des Pyrénées, donc dans les Pyrénées du Pays Basque. Et donc, on s'est rejoint en fait sur Lourdes pour après faire le trajet sur les Pyrénées ensemble. Et en fait, la nuit de la veille de notre départ, donc là, mais c'était absolument pas prévu. une grosse tempête arrive en montagne et là la météo se dégrade vraiment de minute en minute je me souviens avoir checké la météo avant d'aller me coucher, c'était bof et puis quand même dans pleine nuit je me suis réveillée pour rechecker alors là c'était terrible et on a dit bon bah le matin on réveille on s'est envoyé des petits messages, bah allez au pire on fera rien, on y va pour le paysage donc nous voilà partis pour monter sur la première station Donc, c'était il y a fort longtemps. Donc, je crois qu'on était... On avait même déjà changé nos plans avant de partir. Je crois que du coup, finalement, on était partis sur Artoust. Donc, sur le 64. Et donc, plus on avançait, plus la montagne nous disait non. On arrive sur la station, station fermée, parking fermé. Donc, moi, ça m'est déjà arrivé vraiment de nombreuses fois. De partir en montagne sur les stations fermées, parce que de toute façon, avec les chiens, on ne se promène pas du tout la plupart du temps sur les pistes, sauf si c'est des pistes réservées, dogfrenies, etc. Mais en tout cas, il faut savoir qu'en plein hiver, quand la station ferme du jour au lendemain, c'est que le risque d'avalanche est élevé. Donc on s'était dit qu'on restait sur les parkings de la station. On profitera seul au monde des alentours. C'est pas grave, ça va être comme une tête de chouette paysage et on ne fera pas du tout de randonnée évidemment puisque le risque était vraiment trop élevé. Donc on commençait à s'installer, on sort les chiens mais les chiens c'était assez compliqué de les sortir tellement qu'il y avait de vent. Au fur et à mesure des minutes, le brouillard s'installait. C'était de plus en plus une météo horrible et là le réseau téléphonique même disparaît. Donc impossible de continuer à checker la météo, etc. Donc en soi, on peut se passer du réseau téléphone un petit peu, c'est pas grave. Mais vu que c'était pas notre destination de base et que tout était fermé, on n'avait aucune info, ça aurait été plus judicieux d'avoir des informations. On connaissait ni l'une ni l'autre la station. Et donc on savait que le risque d'avalanche était là. Donc de toute façon, on ne serait pas sortis bien loin. parce qu'il ne faut surtout pas prendre de risques quand les avalanches sont sur des risques élevés. Donc, ce n'était pas de la peur, c'était vraiment une décision judicieuse. On s'est dit, on va passer un peu plus sur l'est de la chaîne pour voir s'il y a d'autres vallées qui ont une météo plus favorable. Donc, on redescend. Donc, finalement, on a mangé un petit peu et puis on est redescendu, on a refait le trajet. Deuxième tentative, donc sur une vallée un peu plus à l'est, donc on descend et on remonte. Et là, la station n'étant pas indiquée fermée en bas du col, on commence à monter et en fait là des congères se forment parce qu'il y avait vraiment beaucoup de vent. Et là on se dit bon ok, est-ce que ça va être judicieux de passer par là ? Je pense que ça va être la même chose. Et là, on voit une des neigeuses qui redescend, qui nous demandait gentiment si on voulait de l'aide, alors qu'on ne voulait pas forcément d'aide, parce que j'ai l'habitude de conduire sur la neige, même dans des conditions un petit peu chaotiques. Mais eux avaient un peu plus d'informations que nous. Ils nous ont dit, non mais là-haut, vu qu'ils arrivaient d'en haut, voilà, il ne s'y passe rien, tout le monde est fermé, tout le monde est redescend. Et la route va être de toute façon fermée, la gendarmerie va passer. Donc on s'est dit, bon ben voilà, ce n'est pas la peine d'y aller non plus. Le but, ce n'est pas de rester enfermé non plus dans le camion pendant quatre jours. C'est quand même profiter de l'extérieur, même si on ne fait pas de grandes randos. Donc, on redescend en basse altitude et nous voilà vraiment repartis sur vraiment plusieurs dizaines de kilomètres à l'est de la chaîne. Vraiment 65, presque 66. Et donc là, on trouve, alors je ne sais plus quel col c'était parce que c'était il y a fort longtemps. Mais voilà, une autre vallée, un endroit qui semblait beaucoup plus calme. Et là, on voit la gendarmerie qui nous dit, ne bougez plus. On arrivait au bord de l'entrée de la station. On ne veut même plus que vous redescendiez. Il n'y a que nous qui redescendez. Vous restez là. Ils ont pris notre plaque d'immatriculation. Et le lendemain, ils devaient nous checker, savoir si notre camion avait bougé ou pas. Donc bon bah du coup pour le coup on s'est installé ici et le lendemain matin finalement la météo était plus clémente. Finalement les randonnées on n'avait absolument pas repéré de randonnées quoi que ce soit et de toute façon le risque d'avalanche était toujours là puisqu'il avait vraiment neigé en grande quantité et il y avait encore du vent. Donc on s'est vraiment fait des petites balades pas très loin avec beaucoup de quantité de neige fraîche. On s'est quand même vraiment amusé mais voilà du coup le programme n'était pas du tout celui prévu de base. Aujourd'hui, je voulais te parler, dans cet épisode, de casser un peu toutes les croyances. On croit qu'on a réussi un voyage, qu'on est allé jusqu'au bout. Mais non, en fait, on a réussi un voyage quand tout va bien et qu'on est rentré à la maison avec les chiens ou tous les participants du séjour et que tout le monde va bien. Là, c'est une réussite et parfois, réussir un voyage, c'est savoir renoncer. Voilà, c'est ce qu'on a fait, on a renoncé à plusieurs lieux. Et à nos randos prévus. Parce que de toute façon, la leçon numéro 1, la montagne sera toujours plus forte que nous. Elle sera toujours là le lendemain et on ne lutte jamais contre la météo. Donc on peut abandonner un programme et les souvenirs restent là. Dix ans plus tard, on en rigole toujours de ce séjour. Et vraiment, on a bien profité. On a vu des paysages vraiment magnifiques, féeriques, sous une tempête. Moi, j'aime bien. Les paysages sous les tempêtes, tout est blanc. En fait, on ne voit même plus la différence entre la couleur du ciel qui est gris-blanc et la neige qui est blanc et tous les flocons qui tombent. Je trouve que c'est vraiment merveilleux. Voilà, et faire demi-tour, ce n'est pas se perdre, c'est se préserver pour les prochains voyages hivernaux. Et il faut savoir écouter la montagne quand elle te dit non. Merci d'avoir écouté cet épisode. Si cela t'a plu, laisse un commentaire, 5 étoiles ou partage-le à un proche qui en a besoin. On se retrouve très vite, d'ici là, continuez à oser l'aventure !