- Speaker #0
On est tous responsables de la façon dont on va gérer notre âge.
- Speaker #1
Pour moi, je considérais quelqu'un de vieux à 35 ans, entre guillemets.
- Speaker #2
Qu'est-ce que tu te permets de faire que jamais ta mère aurait pu se permettre de faire à l'époque ?
- Speaker #0
J'ai pris la liberté de décider de conduire ma vie comme je voulais et j'ai décidé que je n'avais pas du tout envie d'être mère de famille, ça me cassait les pieds.
- Speaker #2
Qu'est-ce que tu vois de l'évolution du métier de créatif avant et maintenant ?
- Speaker #0
Les créatifs les plus seniors qui s'en sortent le mieux. L'intelligence artificielle. elle fonctionne bien si tu la nourris et si tu la nourris de référence.
- Speaker #1
En renouvelant tes équipes, en prenant du temps neuf plus jeune, ton entreprise va peut-être plus performer. Pour moi, c'est une fausse croyance.
- Speaker #2
Est-ce qu'il y a des choses que tu fais aujourd'hui qui sont gênantes pour les générations plus jeunes que toi ? Eh bien, bonjour Marc-Henri, bonjour Natacha. Je suis hyper contente de les recevoir aujourd'hui pour l'enregistrement de ce podcast que j'ai appelé Une génération d'écart. Ils vont nous dire quel âge ils ont chacun. Mais en fait, vous allez voir que ce n'est pas le sujet. Le sujet, ça va être leur expérience et leur perspective et leur point de vue sur le monde du travail, sur la consommation, sur l'information, sur pourquoi pas, on en a parlé il y a cinq secondes, sur le tu et le vous aussi, comme on a fait tout à l'entrée. Alors, je vais vous les présenter. Je commence par Natacha. Natacha, tu as 61 ans. Je vais vous permettre de le dire parce que je le dis sans aucun problème.
- Speaker #0
Aucun.
- Speaker #2
tu es autrice et conférencière et consultante, tu es une ancienne publicitaire, tu as travaillé de nombreuses années chez Publicis, TWA, et BETC, exactement. Et aujourd'hui, tu t'es spécialisée dans l'expertise du bien vieillir et du développement personnel adressé aux femmes de plus de 45 ans. Exact. Voilà. Et donc, ça va être là aussi votre petit point d'accord, qui n'est pas les femmes de plus de 45 ans, mais qui va être la publicité. Parce que toi, Marc-Henri, toi, tu es... plus jeune, tu as 24 ans, tu es concepteur, rédacteur. Aujourd'hui, tu fais un master 2 en communication et spécialisation brand content et stratégie de marque. Et tu es en ce moment en alternance. C'est ça, chez SNCF Connect. Et tu entames ta deuxième année.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #2
C'est cool. Donc, on va démarrer ensemble cet entretien. On est ensemble pour une demi-heure, 40 minutes. Et j'avais une première question. En fait, je rebondis sur ce qui vient de se passer. Marc, tu as demandé à Natacha, est-ce que je peux te tutoyer ? Et Natacha, elle m'a dit oui, mais je ne le propose pas moi d'office et je commence toujours par le mouvement. D'où ça vient ce tutoiement plus facile ? Pourquoi est-ce que tu le fais ?
- Speaker #1
Je me dis quand on va partager un moment, on va dire informel un peu avec des personnes et qu'on veut apprendre à faire connaissance, c'est toujours mieux pour moi de... 2 de créer du rapprochement avec le tu. Je trouve que le tu, c'est une forme de rapprochement un peu par rapport au vous. Il y a encore une certaine distance, on va dire, qui est marquée par une forme de respect. Je trouve que le tu symbolise également le respect. Mais ouais, je dirais que c'est plus par une volonté, on va dire, d'apprendre à connaître la personne et de la mettre à l'aise. Est-ce que ça t'a mis à l'aise,
- Speaker #2
Natacha ? Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Pas du tout !
- Speaker #0
C'est-à-dire que dans la pub, en fait, c'est vrai que tout le monde se tutoie. C'est vrai, tout le monde se tutoie. À quelques exceptions près, je n'ai jamais vu personne dire tu à Maurice Lévy. Le président de publicité, ça n'existe pas. On lui disait monsieur et vous. Jusqu'au jour où il nous autorisait à l'appeler Maurice, mais toujours en le vouvoyant. Mais c'est vrai que moi, quand je rencontre quelqu'un, même si c'est un jeune adulte, mon premier réflexe, c'est de dire vous. Évidemment, je suis absolument ravie de rentrer dans le tu après. Mais c'est vrai que mon premier réflexe, c'est ça, c'est de dire, je ne vais pas au tu direct.
- Speaker #2
Culturel, éducationnel, générationnel, tu dirais quoi ?
- Speaker #0
Je pense que c'est une question d'éducation, en fait, et aussi de génération, puisque moi, j'ai 61 ans, donc tu vois, dans les années 70-80, même quand tu étais à l'école, tu te levais quand ton maître arrivait, tu disais « bonjour madame, bonjour monsieur » , il n'y a personne qui disait « salut, ça va ? » Non, ça n'existait pas, ces trucs-là. Voilà, c'était venu plus tard. Donc, je pense que c'est les deux, c'est génération et éducation.
- Speaker #2
Qu'est-ce que vous avez fait quand tu as entendu ça, Marc-Henri ?
- Speaker #1
Je pense que c'est toujours le cas de devoir se lever à l'école pour saluer son professeur. Moi, je l'ai fait en tout cas. Et après, c'est une question d'éducation. Je t'ai proposé le tuto tout à l'heure, mais je ne vais pas tutoyer directement quand je rencontre la personne. Je vous vois toujours. Non, alors peut-être que, je ne sais pas, oui, peut-être qu'on a une volonté aujourd'hui. Enfin, en tout cas... les générations les plus jeunes, on va dire, de créer plus rapidement du lien, on va dire, avec le Q. Mais non, je pense que le vous est un usage qui, de toute façon, perdure, on va dire.
- Speaker #0
Hum hum,
- Speaker #1
ok.
- Speaker #0
C'est un avantage de la langue française. C'est-à-dire que tous les anglo-saxons n'ont pas ça. Ils ont le you, point barre. Et nous, on a ça, cette petite différence qui fait qu'on peut jouer aussi. Parce qu'il y a un côté sympa avec le vouvoiement, par exemple, quand tu rencontres des gens, tu vois, même dans l'approche de séduction. Maintenir un petit vouvoiement un certain temps, ça a un côté sympa aussi. Voilà, j'aime bien.
- Speaker #2
Elle te donne des trucs à astuce.
- Speaker #0
J'aime bien, je trouve ça sympa.
- Speaker #2
Est-ce qu'il y a eu des moments où tu as pu demander des tu à certaines personnes qui étaient plus âgées que toi et qui ont eu un moment d'hésitation, une forme de blocage ?
- Speaker #1
Je réfléchis comme ça, mais non, je ne crois pas. D'accord. Peut-être avec les professeurs, évidemment, à l'université, mais...
- Speaker #2
Je pense que c'est plus dans le monde du travail.
- Speaker #1
Dans le monde du travail ? Non, ça va. Enfin, je dis ça va, mais c'est pas... Peut-être que ça va pas, en fait.
- Speaker #0
Non, mais j'imagine, par exemple, demain, là, dans le couloir de la SNCF, tu rencontres le patron de la SNCF, tu vas pas lui dire tout de suite « Eh, salut, comment ça va ? » Moi, je m'appelle Henri, et je suis là, en stage. Voilà, ça dépend des situations.
- Speaker #2
Alors, je précise que ni l'un ni l'autre ne se connaissent. Vous ne connaissez pas, vous faites connaissance pour la première fois aujourd'hui, et j'ai une demande. Je vais vous donner à chacun un stylo. et un petit bout de papier. J'aimerais que vous marquiez sur ce bout de papier quelles sont vos attentes à l'issue de ce rendez-vous. C'est-à-dire, qu'est-ce qui fera que ce moment qu'on aura passé tous les trois ensemble aura de la valeur ? Et après, on va fermer ce petit papier-là et on va le rouvrir à la fin de la séance et on regardera si le moment a été comblé.
- Speaker #1
Je suis parti pour écrire un roman.
- Speaker #2
On a intérêt à tenir nos promesses. Merci beaucoup. Alors voilà comment ça va se passer. On va se parler tous les trois. Je vais vous poser un certain nombre de questions. À l'un puis à l'autre, vous allez pouvoir réagir à différents points de vue et perspectives. Et à la fin, juste des petits papiers que vous tirerez au sort avec des questions que j'ignore sur lesquelles vous allez tomber. Et vous y répondrez de manière simple. Peut-être que vous aurez le temps d'en prendre deux, chacun. Et ça ouvre encore sur le monde du travail. Ok, top. Je voulais savoir, je vais me retourner encore vers toi, parce qu'une fois des étudiants m'ont dit des choses intéressantes, je voudrais voir si c'était pareil pour toi. Est-ce qu'il y a des choses que tu fais aujourd'hui qui sont gênantes pour les générations plus jeunes que toi ?
- Speaker #1
Plus jeunes ?
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Je pense que c'est compliqué en vrai de réfléchir un peu, mais disons qu'il y a des choses qui nous semblent normales, on va dire, pour nous, qui sont... Ouais, euh... bizarre pour d'autres, je sais pas, par exemple, je suis pas une personne qui est très sur le... qui est sur les réseaux sociaux, sur ça je suis allé creuser juste avant la rencontre, mais en fait j'ai réinstallé Instagram juste pour toi. Oh !
- Speaker #0
C'est sympa !
- Speaker #1
Non, donc je suis pas sur les... je suis ni sur TikTok, ni sur Instagram, donc je pense que par exemple, être déconnecté aujourd'hui, pas... alors j'essaye d'avoir quand même puisque dans le métier de concepteur rédacteur, il faut avoir les traînes, on va dire, les tendances, etc. Mais je pense que pour quelqu'un de plus jeune que moi, être déconnecté, ça peut être comme cringe, entre guillemets, ou des choses comme ça. Puis même, je dis n'importe quoi, avoir des habitudes, on va dire, qui sont peut-être un peu plus datées, je dis n'importe quoi. Alors, ce n'est pas mon cas, mais par exemple, peut-être que quelqu'un qui a mon âge et qui tricote aujourd'hui sera vu comme quelqu'un de ringarde par quelqu'un de plus jeune, je ne sais pas.
- Speaker #2
Vous utilisez ça sur l'utilisation des réseaux sociaux, normalement sur Instagram ? Non. notamment sur Instagram, la manière de se filmer ou de faire des selfies était très gênante pour des ados de 17 ans quand on en a 25. Tu ressens ça ? Tu as vu ça ?
- Speaker #1
Non, je ne sais pas. Mais oui, je me doute que par exemple... Mais ça n'a pas été le cas avec moi parce que j'ai la chance de jamais avoir côtoyé ma mère sur les réseaux sociaux. Mais je sais que tu as des personnes par exemple qui sont en mode « Ouais, ma mère, elle a posté ça sur les réseaux sociaux, ça me fout la gêne, etc. » Non, non, donc je n'ai jamais eu à expérimenter ce genre de situation.
- Speaker #2
Bon, alors, directement, est-ce qu'il y a des choses aujourd'hui que tu te permets de faire ? Pardon, je vais refaire la question autrement. Qu'est-ce que tu te permets de faire que jamais ta mère aurait pu se permettre de faire à l'époque, peut-être ? Est-ce que tu te permets de faire des choses aujourd'hui qu'une autre génération... Bon, je n'arrive pas à faire ma question. Oui, oui,
- Speaker #0
non, mais si, mais je comprends ce que tu veux dire. Je pense que par rapport à la génération de ma mère... Moi j'ai une liberté absolue. Déjà, moi, j'ai toujours eu un compte en banque, j'ai toujours eu un chéquier et des moyens de paiement à mon nom, sans avoir à passer par le compte d'un mari, ce qui n'était pas le cas, puisque tout ça date de 1966. Je suis née en 1964, donc les femmes avaient beaucoup moins de liberté. Je me suis toujours habillée comme ça me faisait plaisir de m'habiller. Ce n'était pas vraiment le cas des générations avant. J'ai toujours eu ma mère en robe, par exemple, alors que je fais ce que je veux. En fait, je suis beaucoup plus libre. et je me rends compte tous les jours, je fais exactement ce que je veux, au moment où je le veux, et je crois que depuis toujours, je me suis toujours complètement fichue du regard des autres, mais alors plus j'avance en âge, et plus ça s'accentue, c'est-à-dire que franchement, ce que pensent les gens de moi, je m'en contrefous.
- Speaker #2
Et même la génération en dessous, tes enfants, tu as des enfants ?
- Speaker #0
Non, j'ai pas d'enfants. T'as pas d'enfants ? Non, non, non, mais c'est pas grave, c'est une décision. Ah oui ? C'est une décision. Et par rapport à ça, moi j'ai eu... Si tu veux, j'ai pris la liberté de décider de conduire ma vie comme je voulais. Et j'ai décidé que je n'avais pas du tout envie d'être mère de famille. Ça me cassait les pieds. Donc je ne l'ai pas fait. Évidemment que tu subis plein de pression et des remarques des gens, l'horloge biologique, tu l'as entendu 58 fois, trois quarts. Ils m'en font. Et je suis tellement contente d'avoir cette liberté. Je pense que ça vient aussi de mon éducation, du fait que, quand tu as des parents qui t'élèvent avec beaucoup d'amour, tu as de la confiance en toi. Tu as ton socle à l'intérieur. Et c'est toi qui, à 20 ans, tu ne sais pas qui tu es. Ce n'est pas le sujet. Mais déjà, tu as une confiance qui fait que tu avances. Je ne sais pas, moi, j'ai toujours fait ce que je voulais. Même quand j'ai passé mon examen d'entrée à Sciences Po, je ne me suis pas grimée comme tous les bourgeois du 6e. Tu vois, j'y suis allée. Franchement, je n'étais pas comme eux. Je m'en foutais totalement. Et ça a marché. Donc, j'ai toujours gardé ça. Je crois que j'ai plus de liberté.
- Speaker #2
Mais ce qui m'intéressait, c'est la liberté. Oui, mais la liberté au regard des autres aussi. Ce que disait Marc tout à l'heure, c'était qu'en fait, il disait par rapport aux mamans, tu vois, ma mère est sur Insta, c'est trop la honte. Ou quand on danse avec nos enfants qui sont à côté, et moi, les enfants, ils me tirent le bras, ils me disent, il faut que tu arrêtes de danser, c'est pas possible, c'est du coup la honte. Mais oui, bien sûr. Donc c'est ça que je voulais aller chercher, savoir s'il y avait ça aussi avec des nièces, des neveux ou des ados qui étaient autour de toi.
- Speaker #0
Non, j'ai pas ça. Non,
- Speaker #2
j'ai du poil.
- Speaker #1
Mais après, la question du regard des autres et de la confiance en soi, etc., c'est un sujet très intéressant, je trouve. Peut-être qu'on reviendra pendant le podcast dessus. Vas-y,
- Speaker #2
continuons maintenant.
- Speaker #1
Bah écoute, allons-y dans ce cas. Mais je trouve que c'est un sujet très intéressant et qui traverse les générations aussi. Tu disais qu'avant-temps, on ne sait pas encore qui on est, on continue à se construire, etc. C'est vrai que par rapport au regard des autres générations, on peut avoir sa... sa construction qui a altéré, on va dire, parce qu'on fait attention un peu aux remarques, aux considérations des autres. Moi, je sais que pour le coup, je suis encore en voie de construction. Logiquement, je suis dans la tranche d'âge. Et tant faire attention à des tranches d'âge, on va dire, spécifiques, je fais énormément attention au monde qui m'entoure et au regard des gens, peu importe leur âge. Donc c'est vrai que c'est une composante à prendre en... en considération, on va dire.
- Speaker #0
Mais être réceptif à son entourage, ce n'est pas la même chose qu'être une éponge. C'est-à-dire que les autres, déjà, on leur donne beaucoup trop d'importance. Parce que chacun, en fait, essaye déjà de trouver sa voie et de tracer sa route. Et puis, alors, nous, on imagine ce que les autres pensent. En règle générale, ils ne nous voient pas et ils tracent leur route. Mais bon. Et ensuite, il y a les cases. Elle dit, « N'existe pas les cases. » « 20 ans, tu dois faire ça. 25 ans, ça. 30 ans, à 35, etc. » C'est vrai que ce n'est pas facile. À un moment, si tu penses que la case n'est pas bonne pour toi, si tu penses qu'elle est bonne, c'est génial. Moi, c'est vrai, je veux dire, ma mère, elle aurait rêvé, quand j'étais plus jeune, que je fasse HEC. Et là, je la regardais, je me disais, « Mais ça ne va pas. Mais qu'est-ce que je vais aller faire, moi ? » Alors là, pour moi, c'était le truc. Voilà. Ma vie aurait été un cauchemar si, pour moi, dans ma tête, Donc une école de commerce où j'aurais rencontré mon futur mari, j'aurais été mariée avant 30 ans, deux gosses, un break, un chien et un week-end sur deux, tu vois, chez les beaux-parents de l'un ou de l'autre. Ça pour moi, c'était le cauchemar absolu. J'ai tout fait pour construire ma vie en dehors de ça. Donc je suis hyper contente. Tu vois, mais parce que je savais alors que cette route-là, elle n'était pas bonne pour moi. Je ne savais pas où était forcément la mienne. Mais j'avais l'intime conviction. que ça ce n'était pas pour moi. Bon ben déjà, tu vois, tu peux choisir comme ça. C'est-à-dire que ce n'est pas toujours, c'est aussi par défaut qu'on fait des choix. Il y a un moment où tu te dis, non, je ne ferai pas ça, ce n'est pas pour moi, ce n'est pas grave. Je vais tenir ma voix, je vais m'exprimer d'une autre façon. C'est ça qui est important. Bien sûr que c'est difficile de résister à la pression autour de soi parce que les parents, ils veulent le meilleur pour nous. Quand on te dit, ah tu veux faire ça, mais tu es sûr et tout, parce que tu es sûr. s'angoissent pour être sûr que tu es un métier où tu vas gagner suffisamment d'argent, où tu vas être bien, etc. Comme ça part d'une bonne intention, merde, mais si ce n'est pas pour toi, ce n'est pas pour toi. Il y a un moment, mais je sais que ce n'est pas facile.
- Speaker #2
Ça, je sais que c'est... Natacha est probablement un cas particulier. C'est vrai, tu peux attendre plus longtemps encore. Tu peux être soucieux du regard des autres. C'est normal, tu es en construction tout le temps. Il y en a plein qui font des rechangements de situation et de carrière, comme tu en es un. Tu as 50 ans, donc tu seras en construction éternellement. Mais je n'ai pas envie de me mettre en posture de conseiller avec les autres. Non,
- Speaker #1
c'est sûr. Mais je me demande si tu vois, tu as des générations, du coup, maintenant avec les réseaux sociaux, comment est-ce que ça influence leur perception du regard des autres ? Parce qu'avant, quand il n'y avait pas les réseaux sociaux, tu publiais le regard des gens qui t'entourent, mais physiquement. Maintenant, à partir du moment où tu as les réseaux sociaux, tu sais que quand tu t'affiches, tu es ouvert à un public qui est beaucoup plus large. Donc je me demande si du coup, les générations les plus récentes ont cette histoire qu'elles subissent une pression sociale, un regard des autres encore plus intense que les générations précédentes, ou est-ce que c'est de l'inverse ?
- Speaker #2
Ah non,
- Speaker #0
je pense que tu as raison.
- Speaker #2
plus intense et surtout ce qu'elle évoque dans les sondages et même quand on les entend dans l'entreprise c'est qu'elles ont peur de mal faire des sujets donc le jugement est là en permanence est-ce que c'est quelque chose que tu ressens toi aussi dans l'entreprise ?
- Speaker #1
je sais que j'ai envie de bien faire au sein de mon entreprise mais en fait je pense que c'est je pense que c'est à les deux extrêmes en fait c'est pour ça que je sortais cette question enfin cette réflexion c'est parce que je sais qu'aujourd'hui sur les réseaux sociaux il y a des personnes enfin plus jeunes que moi et de mon âge et même peut-être un peu plus âgés mais qui s'affichent ouvertement et qui ont parlé de la gêne tout à l'heure et du cringe, qui font des publications qui sont considérées par les gens, par leur entourage, comme cringe, on va dire, comme gênante, et qui en fait s'en foutent. Et parce que justement, je fais ma vie, je me développe, etc., je ne vais pas... Ce n'est pas grave, en fait, je fais ce que je veux. Il y a une forme, malgré le fait que tu as le regard qui s'intense de futur toi, Réussir une... enfin une réussite due justement à s'en détacher.
- Speaker #2
Et même à jouer avec. Tu as donc scindé le personnage en deux, le personnage de l'entreprise et le personnage dans la vie privée ?
- Speaker #1
Non, je pense que tu peux relier les deux. C'est vrai que là, j'ai fait une digression encore une fois sur le perso, mais en entreprise... Il y a, je pense qu'il y a des... Il y a eu des... Mais ça, encore une fois, on ne peut pas évaluer par une traîne sur les réseaux sociaux si un mouvement, on va dire, a beaucoup d'ampleur ou pas. Mais je sais qu'à un moment donné, aux États-Unis, il y avait eu toute cette vague de... la volonté, justement, de ne plus travailler, on va dire, et de tout faire, on va dire, pour se faire licencier. Je ne me souviens plus des noms des phénomènes, mais il y avait eu le quiet-kitting, qui était le fait de partir de manière silencieuse. il y avait eu le fait justement de l'annoncer, de l'attendre de manière ostentatoire, de dire je veux quitter l'entreprise, je ne fais plus rien, et voilà. Et donc je ne sais pas, je pense que c'est des dynamiques qui sont liées, autant dans le pro que dans le perso.
- Speaker #2
Et toi je voulais te reposer la question, Natacha, est-ce que toi tu as vu une évolution dans les... Alors toi tu as quitté depuis quelques temps maintenant pour être indépendante, qu'est-ce que tu vois de l'évolution du métier de créatif avant et maintenant ?
- Speaker #0
Je crois que, en fait, les... internet et toute cette communication digitale a changé totalement le paradigme et a changé totalement la façon en fait dont la création se fait auparavant les créatifs c'était quand même les héros dans les agences c'est à dire que c'était le c'était en haut de la pyramide tu vois absolue pour une raison simple c'est que ils créaient donc c'est vrai tu allais les voir tu leur raconter une histoire rouge à lèvres Et tout à coup, tu avais un film qui arrivait, un truc absolument génial. Moi, j'ai toujours adoré les créatifs pour ça, parce qu'ils me fascinaient. Parce que quoi que je raconte, arrivait ensuite un truc absolument génial. Donc, c'était, si tu veux, il y avait un respect absolument profond de l'idée, tu vois, qui est fragile. Et donc, fortement, pour que ça, ça arrive, il y avait une grande liberté. C'est-à-dire que tu ne demandais pas aux gens à être attachés à leur bureau. Je me foutais de savoir à quelle heure arrivaient les gens. Je m'en sautais du moment que j'avais mes campagnes. Donc il y avait cette liberté et donc cette grande responsabilisation des joueurs. Et cette organisation. Et à un moment, le digital arrivant... Je ne sais pas qui a mis dans la tête de tous les annonceurs que c'est formidable avec Internet. On n'a plus du tout besoin d'autant d'argent qu'avant. Ça ne coûte rien. Et donc, on peut tout faire sur un bout de papier. Tout le monde, tout à coup, pouvait imaginer des petits machins pour Internet. Donc, évidemment, tout le monde pouvant le faire. Tu as eu un truc qui, tout à coup, s'est un peu tombé et où la réorganisation a été extrêmement compliquée.
- Speaker #2
On parle de quelle année ?
- Speaker #0
Ça, c'était les années 2000, quand cette communication digitale a commencé à se développer. Mais alors maintenant, je vois tous les créatifs qui étaient en agence, d'abord la plupart sont partis, se sont mis en indépendant, pouvoir choisir leur sujet, leur client, et ne plus être passés dans une espèce de moulinette, si tu veux, où ils ne peuvent plus créer, puisque c'est pas ça qu'on leur demande. Donc la création a changé. Est-ce que, alors ça je ne sais pas, La façon dont on enseigne maintenant, si tu veux, à Peningen, ou dans d'autres écoles d'art graphique, est-ce que l'enseignement a changé et s'est complètement adapté à ce monde-là ? Je ne sais pas. Mais ce que je vois, c'est qu'en fait, le travail aujourd'hui en agence n'a plus rien à voir avec celui que j'ai connu.
- Speaker #2
Et l'arrivée de l'IA par rapport au créa ?
- Speaker #0
L'arrivée de l'IA par rapport au créa, c'est marrant parce qu'en fait, c'est les créatifs les plus seniors. qui t'en sorte le mieux. Pour une raison très simple, c'est qu'en fait, l'intelligence artificielle, elle fonctionne bien si tu la nourris, et si tu la nourris de références. Donc plus tu as des références culturelles, tu prends un territoire artistique, le plus il va faire, il va écrire son pitch avec des références de photographes, etc. Évidemment, la réponse va être la plus formidable. Tu fais une request, tu dis, voilà, je veux des roses qui vont exprimer, et tu donnes. des tas de références de grands photographes qu'on travaillait dessus, tu auras un truc formidable. Tu n'as pas ces références-là. Tu n'as pas tout simplement parce que ce n'est pas comme ça qu'on t'a appris à faire. Tu vas demander une rose, tu vas avoir la rose de chez Truffaut. L'IA, elle va te donner, elle va le faire en fonction. Donc en fait, je pense que ça rebat les cartes, que pour l'instant, mais que ce qui changera, j'espère jamais, c'est qu'on aura toujours besoin d'avoir beaucoup de culture personnelle pour pouvoir tirer Merci. profite de l'IA. Moi, j'adore travailler avec Parplexity. J'adore ça. Mais je vois bien qu'en fonction des jours où je suis feignante, je veux lui faire une petite request comme ça. Bon, la réponse est naze. Je ne peux rien en faire. Mais c'est normal. J'ai fait un pitch de feignante. Et quand je me dis, non, tu ne parles pas à une machine. Imagine, tu parles à un directeur de création, puis tu vas lui demander de te créer une campagne pour blablabla. Si je le fais correctement, elle me sort franchement par cause. Il y a des campagnes qui m'arrivent. Waouh ! là. Il n'y a rien à dire. C'est formidable. Donc, je pense que ça change, mais on aura quand même, me semble-t-il, toujours besoin de l'humain. Moi, ça ne me fait pas peur, l'IA. Mais je pense qu'il faut apprendre à s'en servir, en revanche.
- Speaker #2
Alors, toi, tu fais une école spécifique dans l'IA. Est-ce que tu peux nous parler de ça ? Comment est-ce que tu la privoises et comment est-ce que tu t'en sers au travail ? Et comment est-ce que tes collaborateurs et tes maîtres de stage travaillent avec toi ?
- Speaker #1
Alors ? Déjà mon rapport à l'IA, avant que j'aie des cours, je voyais le sujet émerger et j'ai fait partie de la grande majorité au début des gens qui étaient réticentes, qui voyaient le sujet arriver mais qui par déni ne voulaient pas commencer à l'apprendre. Et je me disais que oui, la créativité, la meilleure créativité, c'est celle qui vient du cerveau de l'homme. Et quand j'ai commencé les cours à mon école, on a eu des cours d'IA, graphique et vidéo. On a étudié le logiciel, alors on a fait du Firefly pour commencer, mais on a fait surtout du Midjourney et du Kling.
- Speaker #0
Ça c'est des logiciels spécifiques ? Oui,
- Speaker #1
Midjourney c'est de la génération d'images et Kling c'est du montage vidéo.
- Speaker #0
Ah oui d'accord, et tout ça c'est de l'intelligence artificielle ? Et tout ça c'est de l'intelligence artificielle, oui. Et là ça va dépendre de comment tu codes, non ?
- Speaker #1
Bien sûr, ça dépend évidemment du prompt. Et là ça a été la révélation un peu pour moi, j'ai trouvé ça formidable, parce que je suis quelqu'un qui ne sait pas dessiner, qui n'est pas super bon on va dire dans la... dans la PAO, tout ce qui est graphique. Je suis beaucoup plus sur le côté textuel et conceptuel. C'est incroyable dans le sens où tu peux maintenant compléter ton travail textuel avec de belles images, de beaux montages, etc. Je suis très heureux de pouvoir réaliser. On avait un film à réaliser comme projet de cours. C'était très chouette de pouvoir en réaliser.
- Speaker #0
Je te pose une toute petite question. Ça veut dire qu'en fait, toi, tu es concepteur et lecteur. Tout à coup, l'IA, ça t'aide ? en fait à développer ton côté directeur artistique. C'est comme si tu avais en team un DA avec toi. Et j'imagine que celui qui est DA, ça lui remplace quelque part son concepteur rédacteur. Oui, maintenant c'est... Grâce à l'IA, ça fait qu'un seul individu devient un team d'individus. Oui,
- Speaker #1
tout à fait. Tu deviens un peu un créateur hybride, entre guillemets, grâce à l'IA.
- Speaker #0
C'est génial ça.
- Speaker #1
Concernant le travail, je sais que j'en ai un peu échangé avec ma tutrice, vous n'avez pas le droit malheureusement d'en évoquer le sujet, parce que c'est des choses qui restent encore encadrées, à définir, donc ça reste le secret. Mais de mon côté, je sais que...
- Speaker #2
Tu as le choix de s'en parler, tu as le choix de s'en parler. Tu as le choix d'utiliser l'IA au travail ?
- Speaker #1
Non, je n'ai pas le droit d'en parler, je ne peux pas dire si on l'utilise ou pas, ou si on est en train de... Enfin, on est en train de... Non, je ne peux pas dire ça. on est en train de réfléchir dessus mais je peux pas dire ce qui se passe d'accord. C'est un sujet stratégique d'entreprise je peux pas dire je peux pas dire moi je fais de mon côté de manière perso pour tout ce qui est mes travaux d'école etc je l'utilise c'est pas tabou en fait alors c'est pas tabou je pense que c'est pas un sujet tabou dans la société mais je pense que au niveau des entreprises dans leur stratégie vis-à-vis des autres puisque c'est un sujet qui est encore très récent Si on commence à... alors je suis partisan on va dire du partage dans le fait que en partageant tes connaissances avec les autres tu t'enrichis on va dire plus facilement et tu grandis mais à l'échelle d'une entreprise et à mon statut je peux pas... comment je pourrais dire ça... Je peux pas... comment je pourrais dire ça... ça met pas en péril, ça met rien en péril du tout niveau business ou quoi que ce soit mais il y a des risques, on va dire, comment je pourrais dire ça ? Concurrentiels ? Concurrentiels, oui.
- Speaker #2
Dans l'usage que vous en faites ?
- Speaker #1
Dans l'usage qu'on peut faire. Si demain je dis, si jamais demain je dis, ok, on utilise l'IA pour faire ça, qu'est-ce qui empêcherait l'entreprise concurrente de faire la même chose avec ? Alors malgré le fait que du coup tu ne partages pas ce que tu fais précisément dessus, mais du coup ça peut donner des idées. Et les idées, c'est déjà une première piste, on va dire, pour rattraper l'autre.
- Speaker #2
Est-ce que c'est des choses que tu découvres dans le monde de l'entreprise, tes réflexions là ?
- Speaker #1
Est-ce que c'est quelque chose que je découvre ? Alors l'IA ça date de quoi ? 2020 ? 2019 ? J'essaie de me souvenir parce que quasiment tout mon parcours d'études a été construit autour de stages, d'alternance, etc. Là je crois que c'est la première fois réellement qu'on parle d'IA au sein de l'entreprise. Et c'est la première fois du coup que j'entends ce discours de... On ne va pas dévoiler ce qui se joue en interne pour des raisons de confidentialité.
- Speaker #0
Mais tu sais, avant on avance en tout cas, sur les grandes marques de bouche. Je travaillais sur ces sujets-là et notamment les grandes marques de cosmétiques. Un photographe, par exemple, tu avais des grandes tares de la nature morte. Et on sait que pour un parfum, si tu veux, il y a la patte du photographe. va créer 50%, voire 60% de la désirabilité du produit. Un photographe qui travaillait pour l'encombre ne pouvait pas aller shooter le pop-shot du concurrent, d'une marque concurrente qui lançait un parfum en même temps. Ce n'était pas possible. Donc, il y avait comme ça des accords de déclusivité que tu signais. Alors, évidemment, tu rémunérais le photographe, il avait des droits plus importants, bien sûr. Mais, tu vois, c'était pendant... des années et des années, Clinique a toujours eu un photographe de nature morte, tu vois, et il ne pouvait pas...
- Speaker #2
Il connaissait l'ambiance.
- Speaker #0
Il ne pouvait pas aller travailler, si tu veux, pour la marque concurrente. Ça, c'était absolument pas impossible. C'était impossible, tu vois.
- Speaker #2
Ce qui m'intéressait, c'est de savoir est-ce que tu... Comment ?
- Speaker #1
Elle va essayer de creuser.
- Speaker #2
Complètement. Est-ce que tu es en posture haute en leur apprenant des choses, que tu as l'impression d'arriver avec des compétences additionnelles dans l'entreprise, avec ton parcours ? Ou est-ce que tu as l'impression d'être en apprentissage permanent et qu'ils sont plus avancés que toi ?
- Speaker #1
Alors, sans faire de généralité, j'apprends énormément au sein de mon entreprise. Je suis d'ailleurs très reconnaissant de tout ce que m'apporte ma tutrice au quotidien sur des compétences qui peuvent être considérées comme classiques. La gestion de projet, par exemple, c'est quelque chose que je ne connaissais pas du tout.
- Speaker #0
En fait, il y a des choses où tu te dis, tu apprends à ce que c'est et à les faire et à les appréhender quand tu les fais. La gestion de projet, tu as beau avoir des cours dessus, des matrices, etc. C'est la première fois quand tu gères un projet et que tu es guidé sur la construction d'un projet, sur comment ça va se suivre, etc. Les prestats, le calendrier, etc. Que tu te rends compte comment ça se passe. Donc j'ai appris énormément et je continue d'apprendre énormément sur des compétences très classiques, en effet. Donc je viens de donner l'exemple. Et c'est vrai que, je pense que je peux le dire, mais comme j'ai un usage perso de l'IA, un peu, comme enseignant, c'est des choses que je partage de manière logique à ma tutrice. Ma vidéo, par exemple, je lui ai montré. Parce que déjà, il y a la fierté, on va dire, de partager quelque chose, enfin sa création. Et c'est sûr que ça suscite des interrogations. Tu te demandes, ok, là c'était pour de la vidéo, mais après, pour des wordings... C'est la question que tu peux te poser. Est-ce que, comment tu peux utiliser l'IA pour des wordings, ou pour même, donc dans la création, mais également dans l'idéation, pour avoir de l'inspiration, mais aussi dans la correction. Donc tout ça, c'est, oui, là, c'est des usages, on va dire, qui te permettent d'avoir une réflexion et de nourrir une réflexion en interne. Et je pense que du coup, c'est peut-être plus sur les sujets nouveaux, et après, je ne sais pas si ça dépend de la taille de l'entreprise, de son... de sa longévité, etc. Sur, justement, l'apport de ces nouveaux sujets par les nouveaux venus, on va dire, envers les anciens, entre guillemets. Donc, je ne sais pas si c'est en fonction de la typologie ou si c'est en fonction des individus, mais, parce que, comme tu disais, sans faire de généralité, mais oui, je considère que j'apporte, on va dire, des choses nouvelles à l'entreprise, qui n'appartiennent pas au domaine du classique. Je ne sais pas si j'ai été clair. Ça va, on s'en rend compte.
- Speaker #1
En tout cas, il y a eu une réciprocité. Oui,
- Speaker #0
il y a eu un échange.
- Speaker #1
Moi, je voudrais revenir sur le vieillissement, Natacha, qui est quand même ton sujet aujourd'hui. Est-ce que le sujet que tu portes, donc tu t'adresses aux femmes de plus de 45 ans, je serais curieux de ce que tu entendes, ce que Natacha va dire. Je voudrais savoir si ce genre de sujet, tu t'es sensibilisé à ça, si tout ça est complètement nouveau. Est-ce que tu sensibilises les jeunes filles plus jeunes et si tu ne les sensibilises pas, sont-elles sensibles à ce que tu racontes ? Voilà. Où est-ce qu'il faut attendre un certain âge pour commencer à comprendre ce que tu promènes ?
- Speaker #2
Non, en fait, si tu veux, je pense qu'on est tous responsables de la façon dont on va gérer notre âge. Et qu'on sait aujourd'hui que 80% du vieillissement de nos cellules sont dues à notre hygiène de vie. Ça, je pense qu'aujourd'hui, comme les médecins portent cette parole de plus en plus maintenant, je pense que toutes les générations commencent vraiment à l'intégrer, tu vois, et de plus en plus. Je vois que j'ai de plus en plus de jeunes femmes de 35-40 ans, je vois que ça remonte, qui commencent à s'intéresser vraiment au fait de prendre soin d'elles, de manger correctement, de faire du sport, de rentrer dans cette dynamique de prévention, parce que la prévention c'est ce qui permet de rester en bonne santé tout simplement. C'est simple, il ne faut soigner sa santé que soigner une maladie. Le plus tôt tu commences, le mieux c'est. Il n'est jamais trop tard pour commencer. C'est-à-dire que, oui, tu peux arrêter de fumer à 50 ans, et en 50, tu auras récupéré une certaine capacité respiratoire. Donc, ce n'est pas grave. Il y a un moment, il faut commencer. Donc, je pense que oui, ce discours, si tu veux, commence à remonter dans les générations et à toucher des générations un petit peu plus jeunes. En revanche, ce que je me suis employée à faire, parce que je me suis rendue compte que tout ce qui concernait l'employabilité, Et le fait de se dire, mais comment faire pour ne pas se retrouver sur le carreau à 50 balais ? Parce qu'il y a quand même un problème, c'est que oui, on doit travailler plus longtemps, ça c'est une évidence. Et je pense que quand tu as un métier qui n'est pas un métier manuel dur, tu as un métier intellectuel, tu es d'accord pour travailler, je veux dire, voilà, jusqu'à 65 ans. Mais enfin, si à partir de 45 ans, on commence à t'envoyer un courrier en disant, bonjour madame, à partir d'aujourd'hui, vous êtes senior, allez donc faire un petit point avec la RH, ça, ça part mal. et qu'on reste un canton. tu te retrouves sur le carreau et que personne ne t'embauche dans les boîtes, notamment quand tu es cadre dirigeant. Donc, ça ne va pas. Donc, en fait, moi, le message que je fais passer, c'est comment on organise et on construit son employabilité pour ne pas se retrouver dans ces configurations-là. Et donc, comment on fait pour être audible, visible, crédible ? Parce qu'il y a des méthodes pour le faire.
- Speaker #0
À quel âge est-on âgé dans une entreprise ? Tu aurais pu me poser la question de manière générale, à partir de quel âge je considère quelqu'un de... Ok,
- Speaker #1
à partir de quel âge considères-tu quelqu'un comme âgé ?
- Speaker #0
Oh là là là là. Euh...
- Speaker #1
Non mais tu peux répondre !
- Speaker #0
Non mais non ! Non mais y'a pas de soucis ! Je suis en train juste de répondre à la...
- Speaker #1
Bah mon père qui a 45 ans !
- Speaker #0
Non ! Tu rigoles mais je pense peut-être... Vieux... Alors je pense qu'après pour moi y'a différentes étapes... Mais bien sûr !
- Speaker #2
Alors vas-y,
- Speaker #1
décris-nous la vieillesse. De ton point de vue.
- Speaker #0
De mon point de vue. Alors, je me considère encore dans une forme de jeunesse... NORMAL ! Voilà, c'est dur !
- Speaker #1
Quand on voit parce que c'est très grave quand même !
- Speaker #0
Mais... Ah bon ? Bah oui, bah oui ! Bah oui, à 15 ans ! Je suis un... ouais je suis... Toi tu es une vieille trêve !
- Speaker #1
Ah meuh !
- Speaker #0
Une vieille trêve, je corrige ! Ah ah ah ah ! Non, attention... Je pense que... on passe d'une première étape, on va dire, à 30 ans. Enfin, il y a toute la question encore du développement personnel qui se finit à 30 ans. Et je pense que pour moi, je considère à quelqu'un... enfin à considérer quelqu'un d'hueux à 35 ans, entre guillemets. 35 ans, ça peut être un choc, mais... Après !
- Speaker #1
On a tendance à dire que ça passe à 35 ans pour calibrer le fait qu'il devient vieux.
- Speaker #0
Je ne sais pas, je pense que c'est une forme du fait de stabilité, en fait.
- Speaker #2
Je pense que c'est lié à la maturité. Parce que toi, tu définis vieux, dans les mots que tu prononces, on entend de la maturité. Ça veut dire que 35 ans, éventuellement, tu es en couple, tu as ou pas des enfants, tu as un peu stabilisé ton univers professionnel. Voilà, j'imagine que c'est ça ce que tu as en tête. Donc c'est plus de la maturité que de la... Oui,
- Speaker #0
que de la véritable vieillesse, dans le sens biologique du terme.
- Speaker #2
Tu es au stand où tu vas te dire, bon ben voilà, je commence à être limité dans ce que je peux faire.
- Speaker #0
Non, c'est sûr. Non, non, oui, là on ne parle pas de... Donc alors on a 35 ans.
- Speaker #1
Ensuite ?
- Speaker #0
Je pense après c'est... Ouais, je ne sais pas du tout. Alors il y a cette question, mais je pense 50 après, pour une deuxième tranche.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui se passe ? Pareil, qu'est-ce qui se passe à 50 ? Qu'est-ce qu'il y a dans tes... dans ce que tu vois, dans ce que tu crois, dans ce que tu entends, qu'est-ce qui te passe à 50 de particulier ?
- Speaker #0
Je pense que c'est une bonne question, parce que je ne vois pas, peut-être le fait que tu aies, enfin, imaginons, tu as des enfants à 35 ans. À 50, ça veut dire que tes enfants, ils ont 15 ans. Allez, peut-être encore un peu, mais je pense qu'une fois que tes propres enfants ont quitté le nid, on va dire, et sont devenus, enfin, et commencent à devenir adultes. Mais c'est vrai que je voulais revenir sur le terme de vieux, parce que c'est vrai que le terme vieux est souvent connoté péjorativement. Je suis en train de faire une digression, mais c'est vrai que pour moi, c'est pas... Certes, je le dis à mes collègues certains pour me marrer, pour les charrier, on va dire, mais pour moi, c'est une bonne chose. Et pour moi, la vieillesse biologique, on y arrive, je pense qu'elle est plus... Alors... Encore une fois, selon ce que tu as fait de ta vie, si tu as pris soin de ton enveloppe ou pas, tu peux être limité plus rapidement par la vie. Je dis n'importe quoi, mais dès 60 ans, non ? Tu peux avoir des premiers problèmes de santé qui arrivent à 55, des choses comme ça, bien avant. Donc c'est pour ça. Mais je dirais, à partir de 60 ans, je pense que ton corps, oui, en soi... Je crois que, si je ne dis pas de bêtises, chez l'homme, il y a l'histoire du pic de testostérone qui est atteint à 30 ans et après c'est un chute-lip, si je ne dis pas de bêtises, vous savez plus après.
- Speaker #1
Et le mot senior, ça fait quoi ? Comment je le vois ? Tu l'entends en entreprise ce mot-là ?
- Speaker #0
Alors oui, je l'entends en entreprise et même je le vois sur LinkedIn ou des choses comme ça. Mais ce n'est pas du tout, encore une fois, je trouve qu'il y a une connotation trop péjorative de ce mot. Personnellement, ce n'est pas du tout quelque chose que je vois comme négatif. Alors par contre, senior, je me demande pour toi, senior, du coup, c'est quel âge ? Qu'est-ce que tu vois derrière la case senior ?
- Speaker #2
En fait, ma vision est biaisée. C'est Dieu ce que je travaille dessus, matin, midi, histoire. C'est pas grave. C'est exaspéré, c'est casse. Et donc, je pense qu'aujourd'hui, on met dans la case senior des gens à partir de 45 ans. C'est du gros délire. parce que on a un... Moi j'ai 61 ans et évidemment Quand je dis mon âge, on me dit Ah bah oui, tu fais pas ton âge Moi ma réponse c'est de dire Parce que pour toi, une femme qui a 61 ans Elle ressemble à quoi ? Et en général elle ressemble à la photo sépia de la grande tante Qui est dans une maison de campagne abandonnée Bien sûr on a des vieux référents Mais donc c'est pour ça que je pense Que plus on va dire nos âges Parce que l'âge rajeunit Ou en tout cas L'expression de l'âge rajeunit Aujourd'hui Merci. avoir 50 ans, ce n'est pas la même chose que quand ma grand-mère, qui est née en 1909, quand elle a eu 50 ans, c'était déjà une vieille dame. Elle avait un look et des habits. Aujourd'hui, il y a un blur de toutes ces frontières. C'est-à-dire qu'on s'habille comme on veut, on continue à faire exactement ce dont on a envie. C'est toujours cette histoire de case. Et moi, je fais une différence entre... prendre de l'âge et de vivre. Prendre de l'âge, ça fait partie de la vie. C'est-à-dire que quand on naît, à partir du jour où on naît, on commence à prendre de l'âge. Et prendre de l'âge, je trouve ça merveilleux parce qu'il y a des gens qui auront 22 ans toute leur vie parce qu'ils n'auront pas eu l'opportunité d'en avoir 80. Donc déjà, moi, je ne considère pas du tout l'âge comme un fardeau. Je considère que c'est une aventure qui est transformatrice mais qui peut être totalement épanouissante à partir du moment où tu aimes voir devant. et où tu n'es pas avec mon rétroviseur à te dire ah oui alors j'ai été sans coup de ce qu'on a été c'est formidable d'avoir été quelque chose c'est formidable mais ce qui est génial c'est d'être et donc de se projeter et j'ai une amie que j'adore par là c'est la revanche rébert qui a 84 maintenant à peu près oui c'est ça qui depuis toujours en fait s'entoure de gens beaucoup plus jeunes qu'elle ce qu'elle adore dire c'est 50% de mes copines et de mes amis ont la moitié de mon âge. Donc, c'est des quarante-mètres. Donc, forcément, il y a un certain brassage. Et puis, elle a tous ses petits-enfants. Donc, en fait, elle est toujours entourée de plein de générations. Et elle est multi-active. Elle écrit un livre tous les ans. Elle fait des tonnes de trucs. Elle est newsletter. Tu l'invites à un podcast, elle vient. Mais elle reste en activité. Et ce qu'elle dit, c'est, en fait, le drame de vieillir. C'est pas les rides, c'est pas tout ça. Il faut avoir la chance d'être en bonne santé, il faut avoir, si tu veux, entretenu sa santé. Mais le vrai drame, c'est la perte du lien social. Et c'est donc l'exclusion et le fait de se retrouver de plus en plus seul. Et c'est ça qui est terrible en fait. Le vrai drame de vieillir, il est là, il n'est pas dans le reste. Et l'exclusion commence en entreprise, c'est pour ça. Quand tu commences à dire aux gens, à 45 ans, Merci. que bon il serait temps qu'ils commencent à réfléchir et qu'à 50 ans tu les vires mais pas du tout parce qu'ils sont pas compétents ouais mais tout simplement parce que entre guillemets ils coûtent cher ridicule ces histoires là donc tu as déjà entendu parler de cette invisibilisation des femmes de plus de 45 ans en entreprise non
- Speaker #0
pas du tout pour le coup c'est je me doute que le sujet existe mais c'est vrai que dans mon entreprise j'ai l'impression que la moyenne d'âge est plutôt basse autour des 35, 36 ans je crois. Donc j'ai jamais observé ce phénomène.
- Speaker #2
Est-ce qu'il y a des gens dans les équipes, des managers, des patrons, qui ont 45, 50 ans, plus de 50 ans ?
- Speaker #0
Bah, plus de 50, non, je crois qu'on est plutôt dans la quarantaine, presque cinquantaine, je pense. Non mais c'est une bonne explication, mais je trouve ça... comme je ne connais pas le sujet, je trouve ça bizarre d'invisibiliser les personnes. Alors évidemment, la question du coût, à partir du moment où oui, tu as une personne qui te coûte trop cher, et que je pense aussi que tu as la volonté de te dire, et je pense que c'est une fausse croyance également, de te dire qu'en renouvelant tes équipes, en prenant du sang neuf plus jeune, ton entreprise va peut-être plus se performer. Je trouve ça pareil, c'est pour moi une fausse croyance. mais on appelle de l'usine pour être jeune mais tout à fait donc non je ne comprends pas trop ce phénomène si tu te fais emmener natacha dans un coin à paris tu l'emmènerais ou boire un verre waouh non mais alors le wow il vient du fait que en fait je suis parisien J'aimerais bien, mais non, je suis parisien depuis un an uniquement. D'accord. Donc, je suis d'origine lyonnaise et Paris, c'est tout nouveau pour moi. Et je trouve que c'est une ville magnifique. Un point, voire un coup, hier soir, j'étais au Transitor. Je trouve que c'est très sympa. Bon, ben voilà. J'allais dire,
- Speaker #1
rien ne pourrait pas.
- Speaker #2
Où est le Transitor ?
- Speaker #0
Le Transitor, c'est à côté, si je ne dis pas de bêtises, de l'arrêt de métro, Strasbourg-Saint-Denis. Là où il y a un arbre de triomphe.
- Speaker #2
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Et il y a une très belle église également à côté.
- Speaker #2
Exact.
- Speaker #1
Ok, canon. Toi, tu emmènerais où, Marc-Henri ? Prendre un verre ?
- Speaker #2
Dans un grand hôtel parisien, je l'emmènerais au bar du Ritz, parce que le bar Hemingway, c'est une expérience qu'il faut avoir fait une fois dans sa vie. Parce qu'Hemingway était là, alors certes, il a été refait. C'est plus le bar original, mais quand même, il ressemble. Et c'est sympa d'aller une fois au bar Hemingway.
- Speaker #0
Tu es déjà allé ? Non, malheureusement. Et est-ce que c'est cher ou pas ? Parce que pour moi, j'ai l'image de quelque chose. Oui, forcément. Non, mais par exemple, tu vas... Oui,
- Speaker #2
là où peut-être partout, tu vas payer une coupe de champagne, je ne sais pas, n'importe quoi, 20 euros. Là, tu vas la payer 40.
- Speaker #0
OK. Tu vois,
- Speaker #2
voilà. Mais c'était une expérience qui vaut le coup parce que... C'est un corps. C'est une histoire. Et puis, tu as... Comment dire ? Oui, tu as toute cette histoire. Et en plus, j'ai lu un livre qui est absolument fabuleux qui s'appelle Le barman du rite, qui est l'histoire de la France sous l'occupation, vue par un barman. et au Ritz, il y avait à la fois les collabos et les résidents. Et c'est assez formidable. Et du coup, ça m'a donné envie de retourner. Ça fait très longtemps que je ne suis pas allée au bar Hemingway et ça m'a donné envie de retourner au bar Hemingway. Voilà.
- Speaker #1
On ira prendre un verre tout ensemble. Maintenant, on ouvre la petite séquence qui s'appelle les petites papiers de carreaux. J'ai quelques questions secrètes. Je te laisse choisir.
- Speaker #0
J'ai de la chance.
- Speaker #1
Ne sais pas.
- Speaker #0
Pas celui que tu me tends.
- Speaker #2
Il ne devrait pas y avoir de question.
- Speaker #0
Un bras ouvert.
- Speaker #1
Il y a Natacha qui essaie de regarder à l'intérieur.
- Speaker #0
C'est vrai, je vais tenter de scanner aussi.
- Speaker #1
Allez-y. Natacha, est-ce que tu veux te lancer ?
- Speaker #2
Allez, oui. Quel est l'échec ou l'erreur qui t'a fait croire que tu allais te faire virer un jour ? Et qu'est-ce que tu en as appris ? J'avais la chance quand j'étais chez Publicis, vraiment d'avoir une liberté absolue pour m'organiser. Moi, comme j'adore le système D, j'étais comme un poisson dans l'eau. Donc, j'avais tendance à décider de à peu près comment j'allais gérer le budget. Et à un moment, c'est vrai, il y avait une espèce de crise avec un client. J'ai pris une option sans aller en règle générale, j'allais quand même sur ces gros trucs-là voir mon président, donc Maurice Lévy, pour lui soumettre. les options qui étaient sur la table. Et là, je ne l'ai pas fait. Donc, j'ai choisi avec le client. On a choisi une voix. Puis, on s'est retrouvé à New York à présenter au patron américain qui avait une voix très importante. En plus, il est devenu président du groupe. Il a détesté tout ce qu'on avait fait. Donc, je me suis fait y enlever dessus. Mais comme rarement personne m'a y enlever dessus parce qu'à l'époque, il n'y avait pas d'histoire. Voilà. Comment dire ? Il n'y avait pas toutes les précautions qu'on peut faire maintenant. Il n'y avait pas des histoires de harcèlement. Si quelqu'un devait te hurler dessus, il te hurlait dessus.
- Speaker #1
Tu ravalais ton truc et puis tu l'acceptais ?
- Speaker #2
En fait, j'ai essayé d'argumenter et de défendre la campagne. En l'occurrence, comme il n'était déjà pas d'accord avec le brief des équipes internationales, forcément, la création étant en ligne avec ce brief, ça pouvait assez mal fonctionner. Mais bon, donc il hurlait, il hurlait. de lui-même, en fait, au bout d'un moment, il dit, et puis je sais, c'est vraiment pas sur toi que je devrais crier, en fait, je suis fou de rage, il était fou de rage pour une seule raison, qui était que le patron de l'affaire internationale aurait dû être dans cette réunion avec moi, il n'était pas là, et donc j'étais seule au front, bon, mais enfin, il n'en demeure pas moins qu'il me hurle dessus, bon, c'était pas grave, c'était New York, moi je sors de ma réunion, je me dis, bon, c'est pas grave, il fait beau, allez, je vais poser toutes mes affaires à eux. à l'hôtel et je pars me promener dans le Central Park, je me dis, vous m'aurez, c'est pas grave. Pape, mon téléphone sonne, mais donc la réunion avait eu lieu deux heures avant. Et là, il y a la secrétaire de Maurice qui est absolument adorable, Denise, Miss Monet-Penny, qui m'appelle, oui, c'est Lélie qui voudrait te parler, elle a le téléphone, et je me dis, comment c'est possible, je ne suis pas au courant, vous avez pris telle, comment dire, telle décision, vous avez organisé ça, enfin bref, là, il me, vraiment, C'est la première fois, je crois, qu'il m'engueulait. Ça fait 8 ans que je travaille avec lui. Très bien, OK, je vais vous voir quand vous rentrez à Paris. Je me prévus de rester 2 jours à New York. Je reste 2 jours quand même. Je me promets, je me dis, je suis pas prête à revenir ici. Et je rentre. Et j'ai réunion avec lui, comme d'habitude, à 7h45 le matin. Donc, me voilà dans son bureau. Et il s'était presque calmé. Donc, il recommence à m'engueuler. Et au bout d'un moment, je lui dis, écoutez, si je peux juste dire quelque chose. En fait, les hurlements, je sais ce que vous allez me dire. Je sais, je suis au courant de tout. En fait, vous avez très bien agi, mais j'aurais dû être au courant. Donc, voilà. Gardez ça en mémoire. Je ne suis pas un président déconnecté de la réalité opérationnelle de ses clients. Très bien. En effet, j'avais fait cette erreur. C'est-à-dire que du coup, ce qu'il me dit, vous vous rendez compte que par rapport à ce que vous avez fait. Vous me mettez dans la position d'être un président qui ne sait absolument pas ce que ces équipes font. Et vous savez que sur L'Oréal, ce n'était pas possible. Je dis, c'est vrai, monsieur, c'était tout à fait juste. Voilà, c'était juste. Donc, ça m'a servi de leçon. C'est-à-dire que je me suis dit, en effet, je fais comme je veux. Mais il faut quand même que j'imagine les répercussions pour les autres. Et notamment, il faut savoir, en fait, toujours, j'ai appris ça, mettre son patron en position de force et jamais de faiblesse. Toi, tu peux être en position de faiblesse à un moment. Moi, que je me fasse engueuler, ça n'est pas grave du tout pour la réputation de l'agence. Ça n'a aucun importe. En revanche, que le président de l'agence ait son image qui soit éventuellement écornée, ça, c'est un problème. Donc, tu vois, ça, j'ai toujours regardé après et je me suis toujours débrouillée pour faire en sorte que mon patron, mon président, soit... en position de force.
- Speaker #0
Ok. Bon. Écoute, comme ça, ça sert aussi pour les autres. C'est incroyable, en vrai, ce niveau de dévotion, justement, pour ton patron. Je ne sais pas si c'est quelque chose...
- Speaker #2
Dévotion, c'est, si tu veux, c'est en fait vraiment de la stratégie d'entreprise. C'est-à-dire qu'en fait, le... comment dire ? Une entreprise, elle est représentée par quelqu'un. Et c'est vrai qu'il a bâti lui, en fait, si tu veux, tu as des présidents. qui bâtissent leur réputation, ils font de l'hélicoptère you, ils ne se mêlent pas d'opérationnels, ils ont des N-1, si tu veux, puis basta. Mais lui, pas du tout. Il est hands-on, vraiment, si tu veux. Mais ça a des bons côtés, c'est-à-dire que moi, à chaque fois que j'ai eu besoin de lui, pour des réunions très difficiles à gérer, il était là. Il m'a aidé. Donc là, ce que j'ai fait, je m'en suis rendu compte après, parce qu'en le faisant...
- Speaker #1
Il t'a incarné. Oui.
- Speaker #2
En le faisant, je n'avais pas du tout conscience que je pouvais créer ce problème-là. Et donc, j'écornais l'image, la façon dont lui avait construit l'image de l'agence. Ce n'est pas de la dévotion, c'est simplement de comprendre ton patron, ton président, comment il a construit la réputation de son agent. Et à partir de là, à partir du moment où tu rentres dans une entreprise, tu en épouses des valeurs. tu vas ailleurs, c'est pas grave et donc là j'avais fait un truc mais vraiment sans m'en rendre compte j'avais pas assez réfléchi, c'était tout, mais ça m'a donné à réfléchir d'ailleurs parce qu'après je l'ai vraiment intégré partout où j'allais, tu vois j'ai intégré cette dimension à toi,
- Speaker #0
quelle est la question qui t'a été posée, que tu as tirée au sort quel est le meilleur conseil que tu aies reçu et qui te sert encore aujourd'hui vaste question euh, pour me Je suis en train de réfléchir. Il y en a un, le premier qui m'est venu à l'esprit, c'est un conseil que m'a donné ma tutrice cette année autour de la créativité. Une des peurs d'un créatif, je pense, en tout cas qui me concerne, c'est d'arriver à un moment donné à une limite dans ma créativité et de ne plus avoir de nouvelles idées. Et c'est un peu angoissant parce que le monde de la publicité tourne autour d'idées, etc. Donc si on n'a plus de nouvelles idées, comment est-ce qu'on fait ? Et pour moi, la créativité passait uniquement, on va dire, par ce que tu racontais, à quelle référence tu allais faire, etc. Et ce qu'elle m'a dit, j'ai trouvé ça très pertinent, même si je ne l'avais pas vu tout de suite, c'est la créativité, elle n'est pas que dans le continu, elle est également dans la forme, dans la manière dont tu le dis. Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, quand j'écris des propos, on va dire, pour des sujets commerciaux, etc. et que on est uniquement sur un argument vraiment chiffré commercial et qu'il faut juste faire acheter des tickets, on va dire, et que c'est des promos, je ne me dis pas, ça va, je vais... Je ne me dis pas justement, oh non, je n'ai pas d'élément de contexte auquel me raccrocher, à creuser, etc. Je me dis, OK, je vais essayer d'être créatif dans la forme et à faire des phrases qui vont être impactantes ou qui vont essayer d'attirer l'attention, mais du coup, dans la formulation.
- Speaker #1
Eh bien, tu vois, je trouve ça génial. Moi aussi, ça m'ouvre des portes. je dis tiens il faut y penser plus souvent très bon conseil de ta tutrice tu vas remercier un de ma part mais c'est vrai qu'on est formes un dit on est formes tous les deux et on peut jouer avec eux c'est très bien parfait on va arriver à la fin de cet enregistrement et j'aimerais bien qu'on réouvre vos petits papiers pour voir si ça c'était tout pour toi Marc et ça c'était tout Natacha qui veut commencer, savoir ce que vous aviez marqué comment un... Qu'est-ce que vous attendiez de ce rendez-vous ? Et ce que sera la valeur pour vous ? Qu'est-ce que vous attendiez ?
- Speaker #2
Écoute, tu vois, moi, j'avais écrit « joie, curiosité et partage » . Bon. Donc, c'était totalement rempli parce que j'ai pris beaucoup de plaisir à échanger avec vous deux sur ces sujets-là, à partager parce que j'ai appris des choses et je trouve ça toujours très sympa parce que ça nourrit ma curiosité et que c'est vrai que je suis hyper curieuse.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Et je crois qu'en fait, tu vois, par rapport à l'âge, la curiosité... Merci. te permet d'aimer voir devant. Parce que, il y a un univers, où mon mari, on a exactement le même âge, il est... Il est beaucoup plus curieux que moi, c'est la musique. Alors lui, il connaît des trucs, mais il connaît un peu tout. Dès qu'on entend un truc, je lui dis, mais comment tu sais ça ? Moi, j'adore Léonard Cohen, si je peux écouter Léonard Cohen, matin, midi et soir, tu vois, ça me va. Et lui, il a cette curiosité. Moi, j'ai une curiosité pour d'autres trucs. Mais je trouve que ça, c'est vachement important. Donc, j'étais très contente parce que ça nourrit ma joie, ma curiosité et le fait de partager.
- Speaker #0
Très bien, merci Natacha. Merci, caro. Et juste une question avant. Vas-y. Quel est le dernier acte ?
- Speaker #2
artiste qui t'a fait découvrir ou une chanson histoire que je puisse également tu vas me poser une colle parce que je ne retiens pas ah tu ne retiens pas mais si tu veux ça peut être aussi bien un rappeur il adore c'est normal c'est de notre génération mais toi tu as le funk ça il adore et moi en revanche je suis une fan de country music j'adore ça donc ça je peux écouter ça aussi ma fin de l'histoire la country music et toi chéri le gros tu me mets ça moi c'est bon je suis contente donc ça moi je lui ai fait découvrir ça et lui il m'a fait écouter toi moi je serais incapable parce que je retiens pas les noms ça m'énerve il a il a cette curiosité musicale incroyable incroyable
- Speaker #0
hum qu'est-ce que j'avais écrit ? toi t'avais écrit trois phrases ouais non en fait c'est deux deux en trois lignes apprendre à connaître la personne en face de moi et débattre de ce sujet sur l'intergénérationnalité Et je trouve que ça a été parfaitement rempli. Et en plus, j'ai adoré tes anecdotes. Et en plus, comme la publicité, évidemment, c'était une des raisons majeures pour lesquelles je suis venu sur Paris. Et entendre un peu l'histoire de la publicité, etc., ça me met toujours un peu des étoiles dans les yeux. Donc, c'était vraiment un plaisir. Merci beaucoup, en tout cas, d'avoir participé.
- Speaker #1
Et j'espère aussi que ce qu'a dit Natacha tout à l'heure sur l'invisibilité des femmes de 45 ans, ça te... C'est une petite graine, quelque part, comme ça, à regarder, à être plus soucieux de son environnement, plus attentif.
- Speaker #2
Mais surtout dans la création, tu remarqueras que les directrices de création, il y en a un peu plus en ce moment. Il y a eu un moment où il y a eu une vague un peu plus, mais moi, je me rappelle, dans les années 90, années 90 d'ailleurs et demi, il n'y en avait pas beaucoup. Tu les comptais sur les doigts d'une seule main, les directrices de création. voilà donc il y avait des grandes directrices de création, c'est à dire des femmes qui avaient des idées parce que pour arriver à être patronne de création c'était quand même des femmes qui avaient des vraies personnalités, au delà de leurs talents mais qui devaient faire tellement plus leurs preuves que les garçons tu vois au même poste tu vois et j'espère que ça, ça va s'ouvrir tu vois parce que la créativité elle n'a pas de sexe non c'est sûr voilà quand tu seras en fonction ah ça c'est quoi ça ?
- Speaker #0
oui oui c'est sûr Même aujourd'hui, mettre tous les types de profils en valeur, ça ne va pas très bien.
- Speaker #1
C'est le multigénérationnel. Merci beaucoup à tous les deux. A bientôt. Bonne journée. Et bonne écoute.