- Speaker #0
Hello, hello ! Aujourd'hui, dans Une Maman, Une Histoire, je vous propose de découvrir la suite de l'histoire de Mélodie. Quelques dizaines de minutes après son accouchement, elle apprend que son bébé doit être placé en soins intensifs. Ses poumons ne se développent pas correctement. Elle nous raconte son entretien décisif avec un médecin et comment elle choisit de continuer de tout donner pour sa fille.
- Speaker #1
Et donc, il nous explique qu'elle fait une hypertension pulmonaire. Et que chez elle, c'est sûrement dû à une infection qu'elle aurait attrapée parce que je l'ai eue quand j'étais en travail. J'aurais fait une infection.
- Speaker #0
Donc les traînements, les voeux, c'était l'infection ?
- Speaker #1
Oui. J'ai fait une infection qui a été transmise à ma fille et qui fait qu'elle n'a pas pu développer ses poumons normalement. Et la culpabilité, elle vient tout de suite. Parce que je me dis que c'est moi qui lui ai transmis quelque chose. Et c'est la première fois que je sens que Benoît, donc mon conjoint, il n'a plus les mots. Il ne sait plus... Là, il ne sait pas quoi dire. Parce qu'en fait, on n'a pas de questions. En fait, finalement, il n'y a pas de questions. C'est juste... C'est quoi la suite ? Et donc à la fin, il nous demande si on a bien compris. Et moi, qui avais été dans le déni jusqu'à maintenant... et donc j'étais en larmes parce que j'engrangeais toutes les infos jusqu'à maintenant et là ça reconnecte et là je comprends que il n'y a pas d'exagération là c'est très très grave donc il me demande si j'ai des questions et je lui dis honnêtement ma seule question est-ce que ma fille peut mourir ? et il n'y a même pas un laps de réflexion et il me dit oui Si elle passe le week-end, c'est gagné. Mais ce n'est pas sûr qu'elle passe le week-end. Il y a Benoît qui met sa main sur mon épaule. Et le médecin nous dit « Vous voyez comme votre mari vient de vous toucher. Et bien c'est exactement ce qu'il faut faire avec votre fille. » La suite, c'est qu'on va l'intuber parce qu'elle ne peut pas respirer seule et que le masque n'est plus suffisant. Enfin, je me dis comment mon petit bébé qui vient d'arriver au monde peut supporter des épreuves pareilles. Bon, mais il nous donne le plan. Elle est intubée. Elle va être sous morphine, forcément, parce que c'est tellement douloureux que ce n'est pas supportable. De toute façon, il ne faut pas qu'elle bouge, parce qu'avec le tube, etc., ça lui ferait trop mal. Donc, elle va être sous morphine. En fait, elle ne va plus avoir de réaction. il faut être préparé à avoir son bébé inerte. Et il va falloir que quand vous soyez là, vous ne lui transmettiez que des bonnes ondes. Il ne faudra pas trop la solliciter, donc pas de peau à peau. De toute façon, avec l'intubation, ce n'est pas possible, mais il faudra la laisser dans sa bulle. Il va falloir tamiser encore plus les lumières. C'était déjà très bas en service réel, mais il ne lui faut pas de bruit. Et puis, il faut que vous soyez là par vos gestes et que vous lui transmettiez.
- Speaker #0
Je pense que toi, vu ton mode de fonctionnement, le fait d'avoir un plan d'action, ça t'a sauvé.
- Speaker #1
Oui, concrètement, oui. Je me suis dit, enfin, je sais ce qu'il faut faire, c'est bon. Jusqu'à maintenant, je me disais, il est froid ce médecin. Franchement, travailler en réaide comme ça, c'est pas... Et en fait, là, je switch complet. Je me disais, mais en fait, ce monsieur vient de me sauver. De me sauver. De sauver les débuts de ma maternité, en tout cas. Et sauf qu'il va falloir sortir et dire à nos proches ce qu'on nous a dit. Sauf que nous, les parents... Ok, on sait ce qu'il faut faire et on encaisse, c'est bon. Moi, ça y est, je savais ce qu'il fallait faire et j'étais dans « allez, on fait ce qu'il nous dit et ça va aller » . Sauf que les proches, c'est compliqué. Moi, je sens que quand on sort de ce rendez-vous, on repart voir Célia et puis finalement, elle est… En fait, tout s'enchaîne très vite. On n'a pas le droit d'assister à l'intubation, etc. De toute façon, ce serait trop envatissant. trop traumatisant. Mais on la voit une dernière fois sans l'intubation, etc. Et donc, il nous explique que ça met du temps. Ça mettra une heure à tout installer. Donc, en soi, ce n'est pas forcément nécessaire qu'on soit là. On prend cinq minutes. On va dans la salle là où il y a les parents des autres bébés. Et je crois capter que... Benoît, il ne va pas pouvoir dire ça à nos proches qui nous attendent dehors. Il ne va pas pouvoir leur dire que potentiellement leur petite-fille ne va pas passer le week-end. Et à d'autres membres de notre famille, nos amis, tout ça, je sens que pour lui, c'est trop. Et en fait, je prends le relais. Donc je lui dis, c'est moi qui vais le faire, je vais gérer. Et on sort. Donc, en service réa, en fait, c'est très protocolaire. Donc, en fait, on doit se laver les mains pour rentrer dans le service. Et donc, il y a un sas où vraiment on se désinfecte les mains. Et quand on rentre, on doit annoncer qui on est. Enfin, voilà, c'est très... C'est pas...
- Speaker #0
C'est pas la forme.
- Speaker #1
Voilà. Et donc, on sort et il y a une sorte de couloir qui est ouvert. Mais il y a beaucoup de gens qui attendent. Donc, les proches qui ne peuvent pas rentrer en service réanimation. Et là, en fait, je prends le relais. Moi, je vois toute ma famille. Et en fait, je leur explique. Malheureusement, il va falloir se préparer. Parce que si elle passe le week-end, ça ira. Mais c'est pas sûr qu'elle passe le week-end. Et en fait, je crois que je finis pas ma dernière phrase. Je leur fais signe de la tête que c'est pas sûr. On verra. Et en fait, tout le monde explose mes larmes. Je ne pensais pas que ça toucherait tout le monde à ce moment. Et je crois que c'est dur aussi de réaliser ce que ça fait à son entourage. Parce que ce que ça nous fait, on le sait. Mais quand on voit son entourage...
- Speaker #0
Ça implique beaucoup de monde cette histoire.
- Speaker #1
Voilà. Je crois que très vite, pareil. En fait, on pleure tous. Et en fait, très vite, on se remobilise et on y va. Donc après, ma maman et du coup ma belle-mère, elles descendent dès que c'est possible, tous les soirs. Et mes proches, pareil, ma femme, ils descendent. les amis de Benoît descendent vous êtes très entourée oui franchement on a de la chance après on s'est construit un entourage solide mais on a de la chance on est très entourée vous êtes des amis aussi au service réanimation oui et c'est vrai que quand on sort on a toujours quelqu'un qui nous attend c'est vrai que parfois ils venaient Merci. nous voir et ils nous voyaient peut-être 5 minutes mais ils venaient et c'était là et parce que nous on était à fond avec Célia tout le temps tout le temps ils nous expliquent que si on veut on peut faire rentrer les grands-parents de Célia mais qu'il faut les prévenir et qu'il faut aussi qu'elles savent ce qu'il va falloir faire et être aussi C'est-à-dire qu'il ne va pas falloir craquer dans la salle.
- Speaker #0
Vraiment qu'ils se sentent capables de transmettre des bonnes choses. Voilà, c'est ça.
- Speaker #1
Parce que ce n'est pas facile à voir aussi. Et en fait, nos mamans sont évidemment retentées. Et donc, on les prévient. Donc voilà, c'est ma maman qui rentre avec moi d'abord. Ma maman, comme beaucoup de monde, elle a horreur des hôpitaux. Ok. Elle s'évanouit rien qu'à l'idée. Rien qu'à l'idée, oui, presque. Et en fait, là, je crois qu'on les a tellement briefées que ma maman a fait exactement... tout ce qu'il fallait faire. Et c'est un moment particulier de présenter sa petite fille. Parce que c'était... En fait, on n'avait jamais présenté Célia. Je ne l'avais pas encore vue. On avait envoyé des photos, etc. Mais ce n'est pas pareil. Donc, c'est une rencontre... C'est beau à voir et en même temps, je me dis que c'est tellement terrible que ce soit dans ces conditions. Mais voilà. Et en fait, elle... Elle tient le cap. On ne peut pas rester longtemps. Mais elle profite comme elle peut. Et puis, elle me demande si elle fait bien. Si c'est OK.
- Speaker #0
Je pense que tu essaies de faire abstraction de tout ça. Et de te concentrer sur la personne que tu rencontres. Oui,
- Speaker #1
oui. Et puis, du coup, on profite. Et puis, on ressort de la chambre. Là, il y a ma belle-mère qui va rentrer avec mon conjoint. Et en fait, quand on se croise dans le sas où on doit se laver les mains, etc. Et quand on se croise, ma belle-mère me dit « je ne vais pas y arriver. Ce n'est pas possible que j'assiste à ça et que je ne craque pas. » Et en fait, c'est ma maman qui lui dit « mais si, allez ! » Et je crois que là, c'est ce qu'il fallait lui dire. Et donc, elle rentre et elle aussi, elle profite. Et puis, il me semble qu'elles ont pu le refaire. Et en fait, le temps passe finalement à une vitesse folle dans ce service. Et en fait, on crée aussi du lien avec les soignants. Parce que c'est des gens qui s'occupent de notre bébé quand nous, on ne peut pas. Et j'avoue qu'au début, c'était difficile pour moi, ça. De voir quelqu'un qui s'occupe de mon bébé à ma place.
- Speaker #0
Ça aurait pas dû être comme ça.
- Speaker #1
Ouais, non. C'est pas dans l'ordre des choses et c'est difficile à accepter. Mais que quelqu'un lui fasse ses soins, lui change ses couches. Et en fait, finalement, on crée des vrais liens avec eux. Et en fait, Célia passe le week-end. Célia passe le week-end et... En fait, je crois que ça a été tellement d'angoisse. Je crois que quand on est le lundi matin, tous ceux qui sont venus nous voir à l'hôpital, et même nous, on est... Là, ça devrait aller. C'est le plus dur qu'on a fait. Et c'était le cas. Là, ça fait une semaine. Là, ça fait quelques jours. C'est intense. Quelques jours, c'est super intense. Et en fait, on ne s'arrête jamais. Le premier soir, Benoît me dit « Viens, on va se reposer. » à manger, essayer de penser à autre chose. De toute façon, les soignants sont tellement... Ils sont vraiment... Je pense que c'est l'un des métiers les plus difficiles qu'ils font, honnêtement, en réanimation. Je ne sais pas comment font ces gens pour se donner le temps. Les infirmières en particulier, waouh ! Et en fait, il me dit, tu vois bien qu'elle est entre de bonnes mains. Voilà, viens, on prend. un temps, donc on va se doucher, on mange, etc. Et en fait, donc à l'hôpital, j'ai une chambre et pareil, alors c'était un service, en fait, on m'a mis dans un service parce que il fallait me mettre quelque part. Mais pareil, les sages-femmes de ce service, elles venaient tout le temps nous demander comment ça allait. Autant, moi, je ne voulais pas coucher à l'hôpital parce que je me disais, oh, c'est très médicalisé. Et autant, là, je découvre un... Des sages femmes, des soignants tellement bienveillants. Ça réchauffe un peu le cœur, là, du coup. En fait, la première nuit, on se couche. Et en fait, je tourne et je me retourne et je me retourne. Et en fait, je sais, je ne peux pas. Je ne peux pas. En fait, d'imaginer son bébé tout seul dans un service réanimation si froid, même si le personnel est incroyable. Je ne sais pas, c'est plus fort que moi.
- Speaker #0
Je ne suis pas là.
- Speaker #1
Et je disais à Benoît, j'y retourne. Il me dit, si tu y retournes, on y retourne. Et en fait, on faisait... Parce qu'à un moment, le corps ne tient pas, moi aussi. Il faut l'accepter. À un moment, on dormait quelques heures et on mettait une alarme pour retourner voir ses lieux, en fait, la nuit. Donc, on y allait deux, trois fois par nuit pour vérifier que... Parce qu'en fait, on avait cette... Moi, en tout cas... J'avais ce truc de... Ils nous ont pas prévenus la première fois.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
S'il y a un autre truc, on sait pas s'ils vont nous prévenir. Donc, moi, je vais vérifier.
- Speaker #0
Je vais voir mon défiance, finalement, à ce moment-là.
- Speaker #1
Je vais voir. Et en fait, on a une espèce de routine, finalement. Terrible, la routine. Pas folle, mais on a une routine. Donc, deux, trois fois par nuit, on va la voir. Et la journée, on est tout le temps avec elle. Et puis, on sort un peu boire un café, voir nos proches, leur donner des nouvelles. On fait rentrer nos mamans aussi quand on peut. Donc, en fait, au fur et à mesure. en fait je tire mon lait moi parce que je peux pas l'allaiter donc je tire mon lait et on finit par lui donner mon lait du coup et en fait au fur et à mesure du temps en fait Célia elle avait des sondes pour tout pour ses besoins pour manger, pour tout elle avait des sondes et il y a une espèce de bloc sur le côté avec toutes les sondes et en fait Merci. C'est un sentiment incroyable de voir des sondes qui disparaissent. Et donc les sondes commencent à disparaître. Donc elle est désintubée. Désintubée, ça fait peur aussi. Parce qu'on se dit qu'elle respirait jusqu'à maintenant, mais c'est pas sûr qu'une fois qu'elle est désintubée, elle puisse respirer. Et en fait, ils y vont vraiment petit à petit. Pareil, une baisse, les besoins en oxygène. Il y a un point où ils nous disent « bon ben… » On croit qu'elle peut se débrouiller toute seule. Vous restez combien de temps au final à l'hôpital ? Une semaine en réanimation, mais une très grosse semaine, avec beaucoup de choses qui se passent. Un matin, on nous dit, en fait, vous allez la transférer, c'est bon, elle va quitter le service réanimation. Et il y a une infirmière avec qui on a eu un lien particulier, parce qu'elle s'est beaucoup occupée de Célia, et il me semble qu'elle s'est beaucoup attachée à Célia. Elle nous explique qu'elle, normalement, on donne ça au bébé prématuré. mais qu'elle a envie de donner quelque chose à Célia pour la suite. Et en fait, elle lui donne une petite peluche en pieuvre, parce que les bébés aiment beaucoup le côté enroulé de la pieuvre. Et en fait, elle lui donne, et elle nous dit, ben voilà, vous allez aller dans un autre service où vous pourrez vivre une parentalité plus sereine. Et du coup, on est transférés. C'est très bizarre parce que c'est tout ce qu'on a attendu. C'est tout ce qu'on a attendu de quitter le service réanimation. Et on était trop contents. On disait à tous nos proches, tous nos proches étaient soulagés. Et en même temps, quand on prend l'ascenseur, je me dis que je laisse quelque chose ici. Et en fait, on va en unité kangourou. On a une place en unité kangourou. Et là, c'est vrai que c'est beaucoup plus... plus...
- Speaker #0
Tu prends ta place de maman.
- Speaker #1
Voilà. C'est difficile au début, mais oui. Et donc, les débuts de ce qu'on aurait dû connaître auparavant.
- Speaker #0
Et là, vous restez encore combien de temps à l'hôpital ? Une semaine encore. Donc au total, deux semaines à l'hôpital.
- Speaker #1
Puis comme je disais, les débuts de la parentalité classique, c'est juste que l'allaitement, c'était difficile. Parce que Célia n'ayant pas connu le sein du tout, c'était très difficile à mettre en place.
- Speaker #0
Ça te tenait à cœur ?
- Speaker #1
Ça me tenait à cœur et en même temps, je me disais... À un moment, je me suis dit, on commence à se battre... Pas au bon endroit. Voilà.
- Speaker #0
On ne met pas nos forces au bon endroit.
- Speaker #1
Oui. Et en fait, j'ai continué le ciralettement et je lui ai proposé toujours le sein. Mais finalement, je lui ai tiré mon lait. Et puis, ça a permis aussi au papa de... Je partenais le biberon. Vous avez un peu lâché prise. Oui. Et en même temps, c'était mon lait. Donc, finalement, l'un dans l'autre, c'était ce qu'on voulait. Oui. Le résultat était le même. Oui. Et puis, pareil, on nous dit, écoutez, dans la journée, vous pourrez sortir. C'est bon. On a tout vérifié.
- Speaker #0
Est-ce que vous avez peur de rentrer chez vous ?
- Speaker #1
Je crois qu'on a tellement attendu ce moment. En fait, aussi, c'est qu'on n'y croyait plus. À un moment, il y a eu le truc de... On va... de ne pas sortir de l'hôpital avec notre bébé. Donc...
- Speaker #0
Chez vous, la chambre est faite.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
En maîtresse organisée. Oui, c'est prêt.
- Speaker #1
Tout est fait. Et donc, dans l'après-midi, on a le feu vert, donc on y va. C'est très bizarre de partir avec le cosy et de mettre bébé dans la voiture et on remonte et on a des peurs qu'on n'avait pas du tout avant. Moi, j'avais peur des autres voitures. Je me disais, mais il ne faut pas qu'on ait d'accident. On est avec notre bébé. Des idées qui ne nous traversent pas l'esprit avant.
- Speaker #0
Moi, je trouve aussi qu'à l'hôpital, tu as l'impression que tout est aseptisé. Donc là, moi, j'ai l'impression que tout est sale.
- Speaker #1
Oui, c'est clair. C'est vrai. Le canapé,
- Speaker #0
j'ai l'impression que c'est un canapé de bactéries.
- Speaker #1
C'est vrai. Donc, je dis, on arrive à la maison. Mais en fait, avant d'arriver à la maison, on a une liste comme ça de choses à prendre, à prévoir. Et en fait, on y reste hyper longtemps, finalement. Et donc, on rentre chez nous et c'est fin d'après-midi. Et là, on est libre. dépassé par les événements. Ça déborde de partout. Et en fait, je crois que là, il faut se concentrer sur l'essentiel. Notre bébé est là.
- Speaker #0
Là, vous êtes fatiguée.
- Speaker #1
On est fatiguée, mais content. Soulagée. Et quelque chose qu'on ne croyait plus possible à un moment, finalement, c'est possible.
- Speaker #0
Et alors, aujourd'hui, Célia a un an. Alors, comment ça va pour elle ? Ça va bien. Du coup, il n'y a aucune séquelle, aucune conséquence finalement. C'est incroyable le nombre de petits bébés, même parfois des tout petits prématurés, qui n'ont aucune séquelle, qui se portent super bien, en forme. Ah oui, elles pètent le feu.
- Speaker #1
Et puis, moi, j'avais peur pour son développement aussi. Je me disais peut-être que ça aura des conséquences. Non. franchement elle se développe comme tous les bébés de son âge et c'est vrai que oui je pense que, alors au début c'était difficile mais comme beaucoup de parents je pense c'est juste qu'on avait des peurs moi particulièrement, je pense que finalement Benoît, très rationnel comme d'habitude c'est allé plus vite, il avait peur aussi au début mais finalement lui c'est un processus qui allait plus vite, moi j'avais plus de mal hum hum Je me disais, moi je fonctionne beaucoup à l'instinct et là j'ai pas vu que ma fille allait pas bien. J'étais beaucoup longtemps dans le déni. En fait, il y a un moment, j'ai perdu confiance en moi aussi. Je me suis dit, je peux pas me faire confiance. Donc je vérifiais, par exemple, plusieurs fois la nuit qu'elle respirait. Des choses, quand elle tombait malade, c'était le drame pour moi. Vraiment, je me disais, c'est plus jamais l'hôpital s'il vous plaît. Il faut aller chez le médecin, c'est difficile. Faire confiance. Des soignants, c'est difficile. Il n'y a aucune chose à réapprendre.
- Speaker #0
Même aujourd'hui, il y a des choses qui sont encore difficiles.
- Speaker #1
Oui, franchement, oui. C'est difficile parce que je pense que, comme beaucoup de parents, moi, j'ai cru que quand on quittait le service réa, c'était derrière nous et c'est bon. En fait, on ne va pas plus se faire du mal que ça. C'est bon, on a passé le pire. Et parce que craindre pour la vie de son enfant, c'est... pensent l'une des épreuves les plus compliquées. Et finalement, c'est pas toujours derrière. Parfois,
- Speaker #0
ça revient. Et qu'est-ce que tu aimerais dire à des parents qui ont traversé cette épreuve ?
- Speaker #1
Qu'ils ne sont pas seuls, que je les comprends et que c'est vrai que c'est un sujet tabou. Je trouve que c'est un sujet assez tabou. On n'aborde pas souvent Bye. La réanimation, mais ça existe. Et on a le droit et on a une voie. Donc tout le monde passe par des phases difficiles. Ils ne sont pas tout seuls. Nous aussi, encore aujourd'hui, ce n'est pas évident. Et c'est dommage que tout ça ne soit pas plus visible. Parce que la douleur, elle est bien là.
- Speaker #0
Et toi, qu'est-ce qui t'a aidée à déculpabiliser ? c'est quand même pas ma faute, cette infection.
- Speaker #1
C'est encore dur aujourd'hui. C'est encore dur aujourd'hui. Après, on fait avec, parce que je vois que Célia, elle est pleine de vie et que ça va bien. Mais je crois qu'il ne faut pas non plus négliger et vouloir à tout prix se dire il faut que je digère. Moi, j'étais beaucoup dans ça. Il faut que j'accepte, c'est bon, elle va bien. Et en fait, ça met un peu plus de temps et c'est ok aussi. C'est ok des fois de se sentir plus coupable que d'autres jours. Mais en soi, c'est tellement... La parentalité, c'est tellement beau. Je ne peux pas être une maman qui pense tout le temps à ça. Je ne peux pas. Il ne faut pas le temps. Pas l'énergie non plus. Il faut que je lui donne tout parce qu'elle, elle a tout donné pour rester là. Elle a de l'air aujourd'hui. Franchement oui. Je trouve ça incroyable qu'elle ait une force. Elle s'est battue avec tellement de force. Parce qu'il a fallu qu'elle s'y ait des choses. La morphine, ça fait qu'elle aurait pu être en état de manque, par exemple. Oui, à titre. Puis voilà, plein d'autres choses. Les prises de sang. Célia quand elle voit un médecin aujourd'hui c'est dur parce que je pense qu'il y a aussi des... même si on a travaillé là-dessus mais il y a toujours des choses... Voilà et en même temps elle vit sa meilleure vie elle vit sa meilleure vie et puis on a bien compris qu'elle était bien entourée ça oui
- Speaker #0
Je te remercie beaucoup Mélodie d'avoir abordé ce sujet comme tu dis un sujet assez tabou il n'y a pas énormément de témoignages je trouve de En plus, à La Réunion, avec des services qu'on côtoie. Donc, je te remercie beaucoup d'avoir pris le courage de venir tout expliquer, de te repranger dans cette histoire.
- Speaker #1
Oui, mais c'est pour les enfants qui passent par là, les parents qui passent par là. C'est important qu'on n'oublie pas, qu'on laisse une trace et qu'on montre qu'on y arrive, en fait. On y arrive, on y arrive. Merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté cet épisode d'Une Maman, Une Histoire. Si ce moment vous a touché, pensez à vous abonner pour ne manquer aucun autre témoignage. Vous pouvez aussi partager le podcast autour de vous et laisser 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée, c'est ce qui m'aide le plus à me faire connaître. Et si vous avez envie de venir échanger avec moi ou me raconter votre parcours, retrouvez-moi sur Instagram, unemaman.unhistoire. Et je vous dis à très vite pour une nouvelle histoire.