Speaker #0Bienvenue dans le podcast Une vie en équilibre, le podcast pour te sentir mieux dans ton corps, dans ta tête et dans ta vie. Je suis Marine, naturopathe spécialisée dans la perte de poids et l'équilibre hormonal. Et ici, on va parler de bien plus que d'alimentation. On va parler du corps bien sûr, mais aussi des émotions. de la relation à soi, de confiance, de fatigue, de motivation. Bref, de tout ce qui influence ton équilibre au quotidien. Je partagerai avec toi mon expertise, mon expérience et aussi beaucoup de mon vécu avec une approche simple, concrète et bienveillante. Parce qu'au fond, être bien, ce n'est pas chercher la perfection. C'est apprendre à s'écouter. se comprendre et avancer petit à petit vers une vie plus équilibrée. Alors, installe-toi tranquillement et on commence ! Salut ! Alors, dans cet épisode, j'ai envie qu'on fasse connaissance. J'ai envie de te parler de mon parcours et surtout de mon cheminement avec la nourriture. Tu vas voir d'où je suis partie et comment j'en suis arrivée aujourd'hui à pouvoir manger tout ce que je veux, quand je le veux, sans... que ce soit une lutte. Comment j'ai réussi à sortir de quelque chose de très toxique pour enfin avoir une relation saine, apaisée, normale avec l'alimentation. Et si je te raconte tout ça, eh bien, c'est pour que tu comprennes mon chemin et pourquoi aujourd'hui je me sens légitime de t'accompagner là-dedans. Donc, comme je te le disais, j'ai une relation très toxique avec la nourriture pendant... Très longtemps. Et aujourd'hui, vraiment, eh bien, je suis fière de pouvoir te dire que, petit à petit, à force de tests, de prise de conscience, de connaissances aussi, eh bien, j'ai réussi à en sortir. Et maintenant, je peux vraiment le dire, ma relation avec la nourriture est complètement différente. Déjà, je peux avoir de la nourriture chez moi sans me jeter dessus. Je peux avoir un placard rempli sans cette sensation d'urgence, sans cette petite voix qui me dit « Eh bien, si tu ne manges pas maintenant, demain, ça ne sera plus possible. » Je peux acheter un truc qui me fait envie et ne pas le manger tout de suite, juste parce qu'il est là. Je peux m'arrêter quand je n'ai plus faim. Aujourd'hui, je mange parce que j'ai faim et pas juste parce que je suis stressée, triste, fatiguée. ou parce que je me sens vide. Et je peux aussi me faire plaisir sans que ça déclenche direct dans ma tête un « Bon bah maintenant c'est foutu, autant continuer » ou bien « Demain je me punis, je compense, je reprends le contrôle » . Bref, je n'ai plus cette impression que la nourriture me contrôle. Je n'ai plus cette peur de manquer. Je n'ai plus cette petite voix en boucle qui calcule, qui anticipe, qui me culpabilise. Et... je sais que si tu m'écoutes, eh bien, tu vois exactement de quoi je parle. Mais mon chemin, il a été long et franchement parfois chaotique. Et avec le recul, j'ai compris une chose. Ma relation à la nourriture ne s'est pas créée du jour au lendemain. Elle s'est construite très tôt, en silence, sans que je m'en aperçoive. Petit à petit, eh bien... Ça a abîmé mes sensations alimentaires et ma façon de voir certains aliments. Je vais te raconter ce que j'ai vécu dans mon enfance. Alors j'ai grandi avec deux sœurs, un peu plus jeunes que moi. On est très proches en âge et aussi dans nos relations. Et j'ai aussi grandi avec une image très forte, celle de ma mère et de son rapport à la nourriture. Depuis que je suis née, ma mère vit avec une obésité importante. Et aujourd'hui encore, son rapport au poids reste compliqué. Mais elle a surtout une relation très toxique avec la nourriture. Et toute mon enfance, j'ai entendu « Fais attention, ne deviens pas comme moi, ne deviens pas grosse, fais attention à ce que tu manges. » Et ce qui est frappant chez ma mère, eh bien, c'est qu'elle connaît la théorie parfaitement. Elle sait exactement ce qu'il faudrait faire, ce qu'il faudrait manger. Toujours très bien cuisiné, avec beaucoup de légumes, des repas équilibrés midi et soir. Donc vu de l'extérieur, en fait, on pourrait penser qu'il n'y a aucun problème. Mais le vrai sujet n'a jamais été l'équilibre des repas. Le vrai sujet, c'était tout ce qui se passait à côté. Les compulsions, ce qui était mangé en cachette, dévoré, avalé, sans vraiment être présent. Le problème de fond, c'était l'alimentation émotionnelle. Le rapport à soi, le manque d'amour de soi, mais aussi le fait de ne pas s'être fait accompagner, de ne pas s'être choisi profondément. Ma mère... porter des choses lourdes depuis son enfance, des carences, des blessures. Et la nourriture est devenue un refuge, une béquille, une manière de compenser. Et ça, pour moi, c'est fondamental. Parce que ça veut dire que savoir quoi manger ne suffit pas. On peut connaître la théorie, cocher toutes les cases sur le papier et pourtant rester prisonnière d'une relation toxique avec la nourriture. Parce que la nourriture, eh bien, ce n'est pas seulement de la nourriture. C'est aussi du réconfort, du contrôle, un remplissage et parfois même une anesthésie. Et chez nous, eh bien, la nourriture a une place immense. Ma mère est d'origine corse et avec cette culture très méditerranéenne, eh bien, nourrir, c'est égal à aimer. Chez nous, faire plaisir passe souvent par la nourriture. Mange ! Tiens, je t'ai préparé ça ! Reprends-en un peu ! Goûte, tu vas voir ! Et la voir nous régaler, nous voir manger avec appétit, ça la rendait, et ça la rend toujours, profondément heureuse. En fait, c'est sa façon à elle de prendre soin de nous, sa manière de nous montrer son amour. Donc, elle adore cuisiner, recevoir et régaler ses amis. Chez nous, il y a toujours eu des tables généreuses, et même très copieuses. Et à côté de ça, sans que ce soit volontairement mal fait, il y avait quand même beaucoup de règles autour de la nourriture. Beaucoup de contrôle, une certaine rigidité aussi. Et comme je te l'ai déjà dit, les repas du midi et du soir étaient plutôt équilibrés. Donc ce n'était pas vraiment là que ça coinçait. Mais le petit déjeuner et surtout le goûter, eh bien là, c'était différent. Il y avait plus d'interdits, plus de rationnement. et des choix pas toujours idéaux non plus et donc assez tôt sans vraiment s'en rendre compte on s'est un peu éloigné de nos sensations alimentaires je me souviens par exemple les goûter souvent ma mère arrivait avec un paquet de biscuits et elle faisait simplement des parts égales s'il y avait douze biscuits ça en faisait quatre chacune c'était sa manière à elle d'organiser les choses, de garder un cadre et sûrement aussi de faire... en sorte que tout le monde ait la même chose. Parce qu'il y avait toujours cette notion d'équité très présente. Mais l'équité, elle ne prend pas en compte ton corps, ni ta faim, ni ta satiété, ni l'énergie que tu as dépensée dans ta journée, ni tout ce qui fait que d'un jour à l'autre, tes besoins ne sont jamais les mêmes. Et puis il y avait cette logique très présente de gestion sur la semaine. 7 paquets de biscuits pour 7 jours. Donc un paquet de biscuits par jour, c'était prévu comme ça. Et du coup, même quand on en avait envie, même quand on aurait aimé en reprendre, ce n'était pas vraiment possible. Ça ne faisait pas partie du cadre. Avec le recul, je comprends, il y avait une intention positive derrière. Cadrer, éviter les excès, faire au mieux. Mais sans qu'on s'en rende compte, mes sœurs et moi, on a appris à se couper de nous-mêmes. À fonctionner avec notre tête. plutôt qu'avec nos sensations. À compter, à contrôler, à diviser, mais pas à écouter, pas à faire confiance à ce que notre corps nous disait. Et puis, il y avait aussi cette phrase que beaucoup d'enfants ont entendue, que tu as certainement toi aussi entendu. Fini ton assiette, il y a des enfants qui meurent de faim. Alors cette phrase, elle ne part pas d'une mauvaise intention, mais elle nous apprend à manger au-delà de notre faim. à ignorer nos sensations. Et petit à petit, eh bien, on ne sait plus vraiment quand s'arrêter. Et un autre détail important, chez nous, on ne mangeait pas. On avalait. Tout allait vite, les repas aussi. Pas le temps de se poser, pas le temps de savourer, pas le temps d'échanger. Sauf quand il y avait des invités. Mais sinon, c'était vite manger, vite débarrasser, vite passer à autre chose. Un peu comme si manger ne méritait pas qu'on s'y attarde. Et ça, mine de rien, ça laisse des traces. Ça laisse des traces dans la façon de manger, dans la façon d'habiter son corps, dans le rapport au temps. Parce que manger vite, eh bien, c'est ne plus s'écouter, c'est ne plus sentir et ne plus laisser au corps le temps de dire stop. Et ce qui est assez fou là-dedans, c'est que moi, à la base, j'étais plutôt lente. J'aimais ça, prendre mon temps. Mais petit à petit, je me suis adaptée pour aller au rythme des autres, pour ne pas être celle qui reste seule à table, pour être comme il faut. Et sans m'en rendre compte, j'ai appris à manger vite, très vite. Alors qu'en réalité, la mastication, c'est la base. C'est là que tout commence. La digestion, les signaux de satiété, la connexion au corps. Et quand on va trop vite, eh bien, on se coupe de tout ça. Et ce qui est presque ironique, c'est qu'enfant, je savais faire, naturellement. Et qu'à l'âge adulte, j'ai dû réapprendre ce que mon corps savait déjà. Revenir à mes sensations, revenir à mon rythme, revenir à moi, alors qu'au fond, c'était déjà là. Et puis il y avait ce contrôle autour de certains aliments. Les bonbons, le chocolat, le Nutella. Alors il y en avait, mais pas tout le temps. Et surtout quand il y en avait, et bien crois-moi, il fallait en profiter. Parce que ça ne durait jamais longtemps. Un paquet ouvert et c'était fini. Une tablette entamée, elle disparaissait. Et le pot de Nutella, quelques jours, pas plus. Et tout ça, en fait, sans qu'on s'en rende compte, eh bien, ça a créé quelque chose de très fort. De la rareté et également de l'urgence. Profitez maintenant, avant que ça disparaisse. Et forcément, ces aliments, eh bien, ils sont devenus à part, un peu spéciaux, presque interdits. Donc, encore plus désirables. Et moi, je me suis construite avec ça. Mais en vrai, ça ne me perturbait pas. Pour moi, c'était ma normalité. C'est après que je me suis rendue compte que ça avait certainement impacté la relation que j'avais avec la nourriture. Et ensuite, donc, il y a eu ce moment charnière. Le moment où je suis partie de chez moi. À l'âge de 19 ans, je suis partie en Irlande pour 4 mois en tant que jeune fille au pair. Et là, tout a basculé. Ça a été un carnage alimentaire. Parce que du jour au lendemain, je me suis retrouvée seule. Mais vraiment seule. Dans un pays que je ne connaissais pas, avec une langue que je maîtrisais mal, sans mes repères, sans ma famille, et j'avais aussi laissé mon petit ami en France. Et là, émotionnellement, ça a été hyper violent. Je me sentais vide, je ne me sentais pas à ma place, perdue, stressée, en insécurité. Et à ce moment-là, je ne savais pas du tout quoi faire de tout ça. Alors, j'ai mangé la nourriture. est devenu mon refuge. J'ai pris l'exemple de ma mère, mais accentué, fois dix mille. Donc là-bas, je devais m'occuper de trois enfants, préparer leur repas, et en même temps, je découvrais une autre manière de manger. En France, on passe à table, on mange, on prend le temps. Enfin, normalement. Chez moi, pas trop, mais normalement. Mais malgré tout, ça reste un rituel. Là-bas, il n'y a pas du tout ça. Là-bas, c'est du rapide, pratique, du snack, du sur le pouce. Même à l'école, pour les enfants, il n'y a pas de cantine, uniquement des lunchbox. Donc ça veut dire des repas froids, des repas pris sur le pouce. Qu'est-ce qu'il y avait en général ? Du pain de mie, du salami, des biscuits, du cheddar, des crudités, éventuellement un fruit. Et tous les jours, ils mangeaient la même chose. Mais le pire... Eh bien, c'est que le soir, c'était pareil. De la nourriture sur le pouce. Des plates au repas et pas de vrais plats. Et surtout, personne ne passait jamais à table. En quatre mois, je n'ai pas vu une seule fois les parents s'asseoir pour manger. Pas une fois. Les enfants, quant à eux, ils mangeaient devant la télé en deux-deux. Eh bien, moi, qu'est-ce que j'ai fait ? Eh bien, je me suis adaptée. J'ai commencé à manger comme eux, sur le pouce, un peu tout le temps. sans vrai rythme et en fait en même temps à l'intérieur ça ne me convenait pas du tout parce que j'avais mes habitudes et j'avais besoin de vrais repas de me poser de manger normalement mais je ne savais plus comment faire alors j'ai commencé à faire un petit mélange je grignotais pendant que je préparais leur repas la plupart du temps sans même m'en rendre compte et ensuite je faisais quand même mon vrai repas donc j'avais deux alimentations en parallèle Le résultat, je mangeais trop, beaucoup trop. Et surtout, tout ça se faisait en automatique. Je préparais un sandwich et sans réfléchir, hop, une tranche de salami pour moi. Je préparais un autre sandwich, un petit bout de pain pour moi. Même leur fromage que je n'aimais pas, eh bien je le mangeais. Et j'avalais ça vite fait, sans mâcher. Il n'y avait aucun ordre, aucune logique. Je passais du biscuit au chocolat au salami. puis aux fruits en repassant par le fromage. Bref, c'était du n'importe quoi. Et ce n'était même plus du plaisir. En réalité, c'était uniquement du remplissage. Et le soir, eh bien, j'en rajoutais encore une couche. Parce que je sortais avec mes copines en sortant des cours d'anglais et j'allais manger au fast-food. Elles, elles arrivaient le ventre vide, mais moi pas. Moi, j'avais déjà mangé plusieurs fois. Eh bien, malgré ça, je mangeais encore, encore et encore. Et en fait, j'ai complètement perdu le contrôle. C'est vraiment à ce moment-là que les crises d'hyperphagie se sont installées. Je ne gérais plus rien. Tout passait par la nourriture. La solitude, le manque, le vide, mon mal-être général. Tout ! Bref, je mangeais tout le temps. Sans comprendre et surtout sans pouvoir m'arrêter. Je n'arrivais pas à me contrôler. Et à ce moment-là, en fait, je savais que quelque chose n'allait pas. Et je savais que ce que je mangeais... allait avoir des conséquences sur mon physique. Mais ça, c'est quelque chose que je savais. Et ce n'est pas forcément quelque chose que j'ai pu constater. Parce que, en fait, je ne voyais pas forcément mon corps changer. Mes vêtements m'allaient encore, même si, je ne te cache pas, que je me sentais un peu plus serrée à l'intérieur. Mais franchement, en vrai, ce n'était pas vraiment flagrant non plus. Mais par contre, je sentais bien qu'il y avait un problème dans la façon dont je mangeais. Dans les quantités, dans le rythme et surtout dans cette impression de ne plus rien contrôler. Et ça, en fait, j'avais bien compris que ça ne pourrait pas rester sans conséquences. Je sentais que je prenais du poids sans encore en mesurer l'ampleur réelle. Mais je le sentais. Et du coup, ça, ça me faisait paniquer. Alors à ce moment-là, pour compenser tout ça, eh bien, je me suis dit, il faut que je fasse du sport. Parce que vu tout ce que je mange, je vais prendre trop de poids si je n'élimine pas. Donc je me suis inscrite dans une salle de sport et pour le coup j'ai vraiment été assidue parce que je voulais vraiment minimiser l'impact de tout ce que je mangeais sur le poids que je ferais. Et donc j'y allais deux heures par jour, cinq fois par semaine. Mais là encore en fait je n'avais aucune connaissance, aucun recul et mon seul objectif c'était de brûler des calories. Brûler, brûler, brûler. Alors qu'est-ce que je faisais ? Eh bien du cardio. Bon, alors clairement, je ne courais pas parce que je déteste ça, mais c'était donc soit de l'elliptique, du vélo ou ce genre de machine. Aucune diversité et surtout, aucune musculation. Parce que le comble dans tout ça, c'est qu'à l'époque, eh bien, j'avais peur de prendre du muscle. Parce que j'avais peur d'avoir des grosses cuisses. Comme si le muscle était pire que le gras. La blague, en fait. Mais à ce moment-là, eh bien... J'étais persuadée de mon raisonnement et j'étais persuadée qu'il fallait que je brûle des calories. Donc je n'arrêtais pas. Je faisais encore et encore et encore. Et au final, 10 heures de sport par semaine, c'est quand même énorme. Et je me rappelle qu'à ce moment-là, en fait, j'avais prévenu mon copain et je lui avais dit « Je fais 2 heures de sport par jour » . Alors clairement, lui, dans sa tête, il s'est dit « Waouh, je vais la retrouver hyper bien » . Euh ouais, sauf qu'en parallèle, je mangeais, Et clairement, ça, je ne lui avais pas dit. Parce que j'avais beaucoup trop honte pour en parler. Et ça allait tellement loin pendant ce séjour en Irlande qu'à un moment donné, je me suis dit là, stop, c'est pas possible. Je ne peux pas garder tout ça. Je vais trop grossir. Et à ce moment-là, j'ai eu une idée. Une idée... De génie, tu vas voir. En fait, cette idée, avec le recul, elle montre vraiment à quel point j'étais perdue. Donc je me suis dit, eh bien, je vais aller me faire vomir. Non pas pour aller mieux, pas non plus pour ma santé, clairement. Juste pour que ça ne se voit pas. Peu importe mon bien-être, peu importe la violence du geste. C'était juste, il faut que tout ce que j'ai mangé disparaisse, que ça ne se voit pas. Donc, j'ai essayé de me faire vomir. Mais il faut savoir que j'ai une très forte aversion à ça. Limite un blocage. Et donc, j'ai essayé, j'ai essayé encore et encore. Les doigts dans la bouche pendant plusieurs minutes. Eh bien, je n'y suis pas arrivée. Mais entre nous, c'est sûrement mieux comme ça. Parce qu'en fait, ça aurait juste déplacé le problème. Et ça aurait peut-être été encore plus difficile d'en sortir. Mais à ce moment-là... Eh bien, moi, j'ai été juste convaincue que c'était la solution. Tu te rends compte ? Et puis, je suis rentrée, quatre mois plus tard. Je suis montée sur la balance et là, le chiffre est tombé. Plus 15 kilos. Tu as bien entendu. 15 kilos. Ça a été une claque. Honnêtement, je ne m'attendais pas à quelque chose d'aussi violent. Je te laisse d'ailleurs imaginer la surprise de mes parents et de mon copain quand je suis rentrée. Alors j'étais gonflée, mon visage était tout bouffi. Et le pire dans tout ça, tu sais ce que c'est ? C'est que pendant ces quatre mois en Irlande, je me voyais tous les jours, parce qu'il y avait des miroirs, mais je n'ai pas vu cette transformation. Je n'ai pas vu tout ce gras que j'étais en train de prendre. Je comparerais ça à un déni de grossesse. Tu vois, tant que la réalité n'est pas nommée, tant qu'elle n'est pas mesurée, pas confrontée, eh bien, c'est un peu comme si le cerveau était complètement passé à côté. Et bien moi j'ai eu exactement cette sensation-là. Tant que je ne m'étais pas pesée, tant que je n'avais pas vu ce plus 15 kilos noir sur blanc, et bien franchement je ne réalisais pas vraiment. Mais le jour où j'ai vu ce chiffre, à ce moment-là tout a basculé. D'un coup je me suis regardée autrement. C'est un peu comme si l'image de moi s'était révélée. Comme si je voyais enfin ce qui était là depuis des mois. Et crois-moi... je n'ai pas aimé du tout. Et d'ailleurs, j'ai supprimé et jeté toutes les photos de cette époque tellement j'ai eu honte. Donc à mon retour, je suis revenue vivre chez mes parents. Et en vrai, là, tout s'est remis en place. Des repas, des horaires, un cadre. Je ne grignotais plus. Je ne mangeais plus toute la journée non plus. Je mangeais juste normalement. Et bien rien que ça, ça a eu un impact énorme. En deux trois mois j'ai perdu environ 10 kg sans régime, sans effort particulier, juste parce que je retrouvais un rythme alimentaire stable. Mais il restait 5 kg et ces 5 kg, eh bien c'est à cause d'eux que j'ai commencé les régimes. Et donc c'est à cause d'eux que sans le savoir je suis rentrée dans un cercle dont j'allais mettre des années à sortir. Et le pire, c'est que, objectivement, 5 kilos, ce n'était pas dramatique. Puisque, alors j'ai un avantage, je suis grande, je fais 1m78. Donc le poids, il se répartit plutôt bien. Et ce qui veut dire que 5 kilos sur moi, eh bien, ça se voit forcément moins que sur quelqu'un qui fait 1m60. Donc, j'aurais pu les garder ces 5 kilos. Vivre ma vie, ne pas me prendre la tête. Et ils seraient même sûrement partis au bout de plusieurs mois. Mais non, j'étais entêtée. Mais surtout, j'avais peur. En fait, une peur énorme. La peur de devenir comme ma mère. Obèse, prisonnière, malheureuse dans mon corps. Et après l'Irlande, cette peur, elle a explosé. Parce que je venais d'en vivre un exemple. 4 mois, 15 kilos. Donc, dans ma tête, ces 5 kilos restants, c'était une menace. Comme si je n'avais plus de filet, plus de sécurité. Et comme si tout pouvait basculer à nouveau à tout moment. Alors j'ai fait ce que je pensais être la solution. Eh bien, j'ai commencé à contrôler. J'ai commencé les régimes, la restriction, les interdits. Et alors là, sans m'en rendre compte, eh bien je venais d'entrer dans un nouveau problème. En plus de ça, eh bien c'est à ce moment-là que j'ai choisi de quitter le cocon familial. J'avais environ une vingtaine d'années. Et clairement, je n'étais pas une grande cuisinière. Ma mère cuisine extrêmement bien, c'est vrai, mais pour le coup, moi, je n'ai vraiment jamais appris. J'aimais manger, mais alors cuisiner, clairement, ça me saoulait. Donc, je ne connaissais aucune de ses recettes. Je n'avais jamais vraiment eu un intérêt quelconque pour tout ça. Résultat, quand j'ai dû gérer mon quotidien, mes repas, ma cuisine, eh bien, ça n'était pas la folie. Beaucoup de plats industriels, beaucoup de surgelés. Je me rappelle encore les lasagnes surgelées que j'achetais. Alors qu'en vrai, ce n'est pas si compliqué à faire. Mais à l'époque, ça me paraissait être une montagne. Et le pire dans tout ça, eh bien, c'est que je trouvais ça bon. Et le matin, quand je prenais un petit déjeuner, c'était typiquement ce qu'on voit partout et ce qu'on pense sain. Mais crois-moi qu'il ne l'est pas. J'adorais par exemple prendre un bol de spécial K. Parce que le marketing m'avait... complètement convaincu que c'était parfait pour garder la ligne. Mais j'avais bien senti que les jours où je mangeais ce genre de petit déjeuner, eh bien j'avais énormément de fringales dans la matinée. Alors qu'à l'inverse, quand je ne mangeais pas du tout le matin, eh bien j'avais l'impression d'être plus tranquille. Aujourd'hui, je comprends très bien pourquoi. Je comprends très bien ce qui se passe dans mon corps et qui fait que d'un côté il y a des fringales ou de l'autre non. Mais à l'époque, en fait, j'en avais juste conclu une chose. Je m'étais dit que manger le matin... Ce n'est pas pour moi. Du coup, dans cette volonté de contrôler, de réduire les calories, eh bien, j'ai très vite pris l'habitude de sauter le petit déjeuner. Et en plus, je me cachais derrière des excuses du style « je n'ai pas le temps, je n'ai pas faim » . Mais la vérité, c'est que j'avais fait un calcul. Un calcul très simple. Dans ma tête, un repas en moins égale des calories en moins. Et comme j'avais l'impression que ça limitait mes fringales, eh bien, tout ça me semblait être une super bonne stratégie. Et le pire, eh bien, c'est que j'ai fini par ne plus avoir faim le matin. Parce que mon corps s'est adapté. Comme si tout ça fonctionnait. Alors qu'en réalité, eh bien, je m'étais juste, encore une fois, déconnectée de mes signaux. À l'époque, mes connaissances alimentaires, elles étaient réduites. Alors je savais reconnaître les glucides, les protéines, les lipides. Ça, ok, pas de problème. J'avais appris à l'école. Mais tout ce qui est les besoins du corps, l'équilibre, les hormones, l'impact sur la faim, les fringales, j'avais tout faux. Et donc, c'est à ce moment-là que j'ai commencé des périodes de restriction, encore un peu plus de contrôle. Je m'affamais. Et en fait, si je regarde mon alimentation à ce moment-là, eh bien, j'avais deux types d'alimentation. Le midi au travail, où je contrôlais. C'était plutôt légumes vapeur, salade, quelque chose de fade, de propre, parfait en apparence. Et le soir, je basculais dans mon deuxième repas parce que je devais nourrir également mon copain. Et vu que je ne savais pas cuisiner, eh bien c'était au plus simple, surgelé ou plein industriel. Et donc moi je passais sans cesse d'un extrême à l'autre. Trop de contrôle, puis plus du tout. Et puis dès que je me retrouvais seule... Les crises d'hyperphagie revenaient. Et mon copain, à cette époque, il travaillait souvent le soir ou de nuit. Donc, on mangeait tôt, vers 19h, et puis il partait vers 20h. Et je n'avais même pas fini de digérer que dès qu'il passait la porte, je filais à l'épicerie. J'achetais des bonbons, des biscuits, du chocolat. Parce que clairement, chez moi je n'en avais pas, puisque je n'en achetais jamais, c'était banni. Je savais très bien que si j'avais eu ça dans le placard, je ne pourrais pas y résister. Donc, je sortais, j'achetais ce qu'il fallait, je rentrais. Et en même pas cinq minutes, j'avalais le tout. Même si j'avais mal au ventre, même si je n'en pouvais plus. Je finissais quoi qu'il arrive. Parce qu'il était hors de question pour moi de laisser des traces. Et ensuite, je cachais les emballages au fond de la poubelle, bien en dessous de tout le reste. Et il m'arrivait même parfois, lorsque la poubelle était trop vide, de descendre jeter mes emballages dans le conteneur de l'immeuble. Juste pour être sûre que personne ne trouve. Aucune preuve, comme si j'avais commis un crime. Et ce qui est vraiment fou, c'est que ce moment-là, en fait, il était devenu un vrai rendez-vous. Un vrai rendez-vous avec moi-même. Un rituel. J'y pensais à l'avance, j'anticipais. Je me projetais déjà dans ce que j'allais acheter, ce que j'allais manger. Ça occupait mon esprit, ça prenait une place énorme dans ma tête. Et je me souviens très bien d'une fois où sa mission a été annulée au dernier moment. Du coup, mon copain est resté à la maison et honnêtement, j'étais dégoûtée. Alors, je n'étais pas dégoûtée parce que je n'avais pas envie d'être avec lui. Parce qu'en plus, le pire dans tout ça, c'est que mes compulsions, elles venaient parce que je m'ennuyais. Donc s'il est là, je ne m'ennuie pas. Donc pas de compulsion. Mais en fait, c'est pas aussi simple que ça. J'étais dégoûtée parce que, à ce moment-là, je savais que je n'allais pas avoir cette bulle, cette pose que j'avais déjà construite dans ma tête. Et je me souviens à quel point ça m'avait mise de mauvaise humeur, presque en colère, vraiment à la limite de provoquer une dispute. Et quand j'y repense aujourd'hui, je me dis mais waouh, c'est fou à quel point ça ressemble à une addiction, comme par exemple la cigarette. Mais en fait, si ça y ressemble tant, c'est que ça devient une addiction. Et donc, ça devient vraiment une pulsion qui prend toute la place. Une attente et un besoin de combler quelque chose sans vraiment savoir quoi. À côté de tout ça, eh bien, en public, je faisais semblant. Je suis sûre que tu vois aussi. Tu vois, comme si tout allait bien. Je mangeais light, je faisais attention. En plus, je ne voulais surtout pas paraître trop gourmande. La nourriture, en fait, elle était devenue une honte. Et en plus, c'est un peu comme si dans ma tête, il y avait ce raisonnement. Si je mange peu devant les autres, alors ça prouve que je ne suis pas responsable des quelques kilos superflus que j'ai et que je n'arrive pas à perdre. Tu vois, c'est un peu comme si ça me dédouanait. Comme si je voulais me protéger du regard ou du jugement des autres. Et donc, je gardais une image contrôlée. Mais dans l'ombre, c'était tout l'inverse. Et donc, ce cercle vicieux continuait. J'enchaînais contrôle, rigidité, interdit, puis craquage, hyperphagie, honte. Encore et encore. Et oui, mes crises étaient très liées à l'émotionnel. Parce que dès que je m'ennuyais, dès que j'étais triste, dès que je ressentais un vide quelconque, ça pouvait déclencher. Et après, je pouvais manger n'importe quoi. Alors clairement oui, j'avais une préférence pour le sucré, les cochonneries. Tu vois, un peu tout ce qui avait été contrôlé, tout ce qui avait été un peu précieux pendant mon enfance. Mais en réalité, ce n'était même pas ce que je mangeais le sujet. Parce que s'il n'y avait pas de sucré, je prenais autre chose. Du pain, du fromage, du beurre, et parfois même des mélanges complètement improbables. Parce qu'au fond, ce n'était pas le goût qui comptait, c'était l'acte. Remplir, calmer quelque chose, anesthésier une émotion, un vide, une tension. Et aujourd'hui, avec le recul, je comprends quelque chose d'essentiel. Ce n'était pas uniquement émotionnel. Parce que j'étais aussi sous-alimentée, dans la restriction, dans le contrôle permanent. Mon corps manquait, il réclamait. Et forcément, quand il y a des manques, quand il y a trop de rigidité, eh bien, ça finit par exploser, en compulsion. Mais à ce moment-là, je n'en avais absolument pas conscience. Pour moi, c'était simple, je manquais de volonté. Mais en réalité, eh bien, pas du tout. Et à un moment, eh bien, je me suis dit, bon, clairement, toute seule, je vois bien que je n'y arrive pas. Donc je vais faire les choses bien, sérieusement, et je vais me faire accompagner. Et c'est à ce moment-là que j'ai commencé les régimes version professionnelle. Ouais. C'était une super bonne idée encore. Je suis donc allée voir un diététicien qui me faisait aussi de la mésothérapie. Donc, il me faisait des piqûres dans les cuisses. Et honnêtement, je ne sais même pas ce qu'il y avait dedans. Je savais juste deux choses. Que ça me coûtait cher et que c'était censé me faire maigrir plus vite. Donc, ce régime, je l'ai tenu. Je l'ai tenu deux mois. Franchement, j'ai été hyper stricte, hyper rigoureuse. Et donc... Clairement, j'ai perdu les kilos que je voulais. Alors normal, c'était un régime où j'étais à 1200 calories par jour. Donc l'horreur, j'étais affamée, sur les nerfs, fatiguée, je n'avais droit à rien. C'était franchement une vraie violence, pour mon corps, pour ma tête, mais malgré ça en fait, j'ai tenu, j'ai serré, j'ai atteint mon objectif. Et c'est à ce moment-là que j'ai eu mon rendez-vous pour pouvoir parler de la stabilisation. Et à ce moment-là, tu sais ce que j'ai découvert. J'ai découvert que stabilisation voulait dire tu peux ajouter 30 grammes de pain par jour. Mais waouh, je me suis dit mais c'est quoi cette blague ? C'est ça la stabilisation ? Et ça va durer combien de temps ? Mais en fait, c'est mort, ça veut dire que je ne mangerai plus jamais de ma vie. Et donc là, j'étais à bout. J'étais à bout psychologiquement, j'étais à bout physiquement. Et quand j'ai compris que ça allait durer encore des mois, toutes ces restrictions, eh bien, j'ai pété les plombs. Tu vois un peu un élastique que tu tires, Eh bien, à un moment, quand tu lâches, eh bien, tout te revient en pleine figure. Eh bien, en fait, là, ça a été exactement ça. En sortant du rendez-vous, je suis allée au Monoprix et j'ai acheté du chocolat, des bonbons, des biscuits, au moins trois, quatre trucs. Et puis, j'ai commencé à manger direct. Je suis passée devant le McDo, je me suis arrêtée. J'ai pris un gros menu, il était à peu près 15h, et j'ai mangé, comme si je n'avais pas mangé depuis des semaines. Mais en fait, en réalité, c'était un peu ça. La restriction avait été beaucoup trop forte. Et ce jour-là, j'ai tellement mangé que j'aurais presque pu vomir. Mais non, toujours pas. Donc autant dire que ça a mis un terme... à ce régime-là, comme tu peux t'en douter, les kilos perdus sont très vite revenus. Avec au passage, bien sûr, un petit surplus. Et en fait, là, je me suis dit, mais tout ça pour ça ? Et donc, je me suis dit que ce régime-là était trop rigide et qu'il n'était donc pas possible de le tenir sur le long terme. Alors, j'ai cherché une autre solution. Et c'est là que je suis tombée sur Wet Witcher. Wet Witcher, c'est une grande histoire aussi. Je ne sais pas si tu connais, mais c'est un système de points. Donc tu as un quota pour ta journée et tu as des points attribués à différents aliments. Et donc j'avais mon quota et je faisais en fonction. Alors sur le papier, ça semblait mieux parce que ça paraît beaucoup plus souple. Parce que si tu veux manger du chocolat, en réalité, eh bien il te suffit juste de faire attention à ton nombre de points total et tu peux t'en sortir. L'avantage de Wet-Wetcher, c'est qu'on te dit qu'il n'y a pas d'aliments interdits. C'est vrai. Mais le problème derrière ça, c'est que moi, mon cerveau, il a trouvé une super solution pour biaiser le système. Je t'explique. Je me souviens très bien, parce qu'il y avait un exemple très parlant. Un avocat chez Wet-Wetcher, c'est environ 8 points. Et moi, pour ma journée, j'avais environ autour de 25 points. Donc, dans ma tête, c'était très simple. Si je mange un avocat, le reste de la journée, ça va être compliqué. Résultat, j'ai banni l'avocat parce que ça me coûtait trop cher. Et à côté de ça, à titre comparatif, un sneaker soit un Twix, c'était également 8 points. Donc, vu que j'étais encore très addicte à mes compulsions alimentaires, que j'avais du mal à gérer mon alimentation et que tout ça était beaucoup trop toxique, Eh bien... à cette époque-là, le choix était vite fait. Parce qu'à l'époque, la notion de densité nutritionnelle, de calories vides, de nutriments, eh bien, tout ça, c'était complètement abstrait pour moi. Donc, j'ai fait ce que je pensais de logique. J'ai trouvé des stratégies pour manger ce que je voulais en restant dans mes points. Alors, je mangeais peu, je mangeais beaucoup de légumes. J'évitais même les protéines parce que ça coûtait cher. Tout ça pour pouvoir manger quoi ? Des aliments. pas forcément recommandés et puis qui ne te nourrissent pas. Et donc, forcément, ça, ça a continué de détraquer complètement ma relation avec la nourriture. Et ça, pendant très longtemps. Parce que même après avoir arrêté le régime Weight Watcher, eh bien, les points, eux, ils sont restés dans ma tête pendant très, très, très longtemps. Un peu comme une petite voix permanente. Tu vois, je me souviens, il m'arrivait d'aller au restaurant et au moment de choisir mon plat, je ne choisissais pas. pas du tout en fonction de ce qui me faisait envie. Ni même en fonction du prix sur la carte. Mais en fonction du prix en point. J'avais cette calculette interne en permanence. Alors maintenant que je t'ai dit tout ça, eh bien, tu te dis peut-être ok, super, mais qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, eh bien, tu as réussi à sortir de ça ? Mon premier vrai pas, ça a été de me faire accompagner. J'ai été suivie par un psy et j'ai également fait de l'hypnose avec lui. Et ça, ça a été clairement un tournant. Cet accompagnement et surtout l'hypnose m'ont énormément aidée. C'est un peu comme si quelque chose s'était déverrouillé. Tu vois, un peu comme si j'ouvrais une porte que je n'avais jamais réussi à ouvrir avant. Donc l'hypnose m'a aidée à me reconnecter à mes sensations, à la faim, à la satiété, mais surtout à lâcher prise sur mon poids. Et à ce moment-là, eh bien, j'ai pris une décision. Une vraie décision qui a changé les choses. J'arrête les régimes. J'arrête la guerre. J'arrête de me punir. Je me suis dit, je vais m'écouter. Eh bien, tu sais quoi ? Rien que ça, ça a tellement changé de choses. Parce que dès que tu sors du contrôle, de la rigidité, de l'interdit, eh bien forcément, les crises, elles diminuent. Alors, je ne vais pas te mentir, elles n'ont pas disparu du jour au lendemain, mais elles ont fortement diminué. Et à ce moment-là, j'ai aussi arrêté de me peser en permanence. Du coup... j'ai arrêté le contrôle quotidien, je me suis lâchée la grappe. Et j'ai commencé à manger équilibré, sans bannir aucun aliment. Et donc ça, ça a été pour moi vraiment le début. Et petit à petit, mon corps a suivi. Au bout d'un an, après avoir arrêté les régimes, eh bien, j'avais perdu quasiment tous les kilos que je voulais voir partir depuis tant d'années. Et mes crises elles étaient devenues vraiment minimes. J'étais en capacité de dire non merci, je n'ai pas faim. Un truc dingue pour moi. Et ensuite, ce qui est venu accentuer tout ça, eh bien, c'est la naturopathie. Parce que là, ça a été une vraie transformation. Une transformation profonde. Parce que pour la première fois, eh bien, j'ai compris. Je n'ai pas juste appris des règles. Je n'ai pas suivi une méthode de plus, j'ai juste compris comment fonctionne mon corps. J'ai compris pourquoi je mange, pourquoi je stocke, et aussi pourquoi je craque parfois. Et j'ai aussi compris comment tout est lié. L'alimentation bien sûr, mais aussi le stress, le sommeil, les hormones, les émotions. J'ai compris que rien n'était isolé, que le poids ce n'est pas juste une histoire de calories. Ce n'est pas mange moins et bouge plus. Eh bien, elle est beaucoup trop simpliste et surtout, elle fait souffrir. Elle fait souffrir parce qu'elle nous maintient dans le contrôle, dans la culpabilité. Alors qu'en réalité, le corps c'est un système. Et quand tu tires sur un fil, ça bouge partout. Donc tout est interconnecté. Et à ce moment-là, j'ai également compris quels sont mes besoins. J'ai compris comment construire une assiette qui me nourrit vraiment, qui stabilise, qui apaise. Et aujourd'hui, eh bien, je mange tout ce qui me fait plaisir, vraiment. Je me sens libre, je ne réfléchis plus à quoi, quand, comment. Je ne vis plus dans une stratégie alimentaire. Et ce qui est fou, c'est que je n'ai jamais mangé autant de toute ma vie. Des choses gourmandes, variées, vivantes. Tu vois, les légumes vapeurs, tristes, eh bien, c'est fini. Les plats industriels, c'est fini aussi. Mais malgré tout, mon alimentation n'est pas parfaite. Elle est humaine, elle est faite de plaisir et oui, il m'arrive encore de manger des choses qu'on pourrait dire pas saines. Mais ça, ça fait partie de l'équilibre justement. Parce que l'équilibre, eh bien ce n'est sûrement pas la perfection, c'est la paix. Et avec la naturopathie, donc je n'ai pas seulement appris comment manger, j'ai appris comment vivre, comment soutenir mon corps, comment créer une hygiène de vie qui me porte vraiment. Le sommeil, le stress, le mouvement. Le rythme, parce que tout ça, ça compte autant que l'assiette. Et en parallèle, bien sûr, j'ai continué le travail émotionnel, parce que l'un sans l'autre, ça ne marche pas. Il faut de la compréhension, de l'intégration, et aussi un travail intérieur. Et donc c'est tout ça qui m'a permis de sortir des régimes, du contrôle, de la culpabilité, de la honte. Et aujourd'hui, à 42 ans, je peux te le dire, je ne me suis jamais sentie... aussi bien dans mon corps. J'ai pourtant été plus mince, mais pas bien, pas stable, pas sereine. J'ai aussi été plus ronde, et je n'étais pas bien non plus. Et en fait, le problème n'a jamais été le chiffre sur la balance. C'était le manque d'équilibre. Aujourd'hui, tout est différent. Tu vois, je me sens plus solide, que ce soit dans mon corps ou dans ma tête. J'ai plus d'énergie, plus de clarté. Et je trouve ça génial parce que, bah, plus j'avance et plus ça s'apaise. Donc si je te raconte tout ça, c'est parce que c'est exactement ce que j'ai envie de te transmettre. Pas une méthode, pas un régime, mais une autre façon de vivre ton corps. Une façon plus libre, plus apaisée, plus alignée. Et tu vois, naturellement, c'est tout ce chemin-là qui m'a amenée à créer un espace pour ça. Le cercle des corps réconciliés. C'est un endroit où j'accompagne les femmes qui se reconnaissent dans ce que je viens de partager. Celles qui ont tout essayé. qui sont fatigués de se battre et qui ont envie de comprendre et de sortir de ce cycle. Alors si ça te parle, tu trouveras toutes les infos dans la description. Et tu peux aussi venir m'écrire sur Instagram, atmarineenéquilibre. Et surtout, si tu te reconnais dans tout ça, sache une chose, tu n'es pas seul et tu n'es pas cassé non plus. Tu as juste appris à fonctionner comme ça, en fonction de ton vécu. Mais ça, ça peut se transformer. Eh bien, je te remercie de m'avoir écouté et on se retrouve très vite pour la suite. Je te remercie de m'avoir écouté. Si cet épisode t'a plu, tu peux soutenir le podcast en lui laissant une jolie note et un commentaire. Tu peux me retrouver sur Instagram, at Marine en équilibre, ou dans mon univers, le Cercle des corps réconciliés. Et rappelle-toi, l'équilibre ne se cherche pas dans la perfection, il se construit chaque jour, un pas après l'autre. A très vite dans une vie en équilibre. Bisous !