- Marine
Bienvenue dans le podcast « Vendre aussi en seconde main » . Vous êtes commerçant, artisan ou gérant de boutique ? Intégrer la seconde main, c'est possible, sans sacrifier vos marges ni votre style. Je suis Marine, fondatrice d'En Boucle. Ma mission, c'est de vous accompagner vers des modèles plus durables en rendant la seconde main à la fois désirable et rentable. À chaque épisode, je vous emmène dans les coulisses du commerce de demain. Analyse de marché, retour d'expérience, interview de commerçants, d'experts ou même de clients. Objectif ? Comprendre ce qui fonctionne, éviter les pièges et avancer pas à pas vers une offre hybride adaptée à vous. Si vous êtes particulier, bienvenue dans l'arrière-boutique de ceux qui innovent déjà. Et souvenez-vous, à chaque fois que vous exprimez votre besoin de seconde main, vous ouvrez la voie à de nouvelles pratiques. On parle souvent de se lancer, de passer à l'action, de suivre son intuition, mais entre une idée brillante et un projet réellement viable, il existe une zone grise, celle de la réalité. Et cette réalité, c'est votre étude de marché qui vous permettra de la comprendre. Bienvenue dans ce nouvel épisode de Vendre Aussi en seconde main. Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir Aurélie, fondatrice de la boutique Décroche-moi ça, installée à Tours. Aurélie a ouvert sa boutique en décembre 2024 avec une idée simple, proposer aux parents des produits de seconde main pour enfants, de la naissance jusqu'à 6 ans. Dans sa boutique, on trouve des vêtements soigneusement sélectionnés, des jeux d'éveil, des jouets, des livres pour les tout-petits et les enfants, mais aussi quelques créations artisanales et produits zéro déchet qu'elle fabrique elle-même. Lorsqu'elle a décidé de se reconvertir, Aurélie a pris le temps de faire une vraie étude de marché et de valider son idée étape par étape avant de se lancer. Presque un an après l'ouverture, on va voir avec elle ce qui a fonctionné, ce qui a été plus difficile et surtout comment la réalité du terrain a confirmé, ou parfois bousculé, son prévisionnel. L'objectif de cet épisode, c'est d'aider celles et ceux qui rêvent d'ouvrir une boutique hybride ou de lancer une offre de seconde main à mieux comprendre comment passer de l'idée à la viabilité sans brûler les étapes. Et avant de lancer l'épisode, si ce podcast vous plaît ou si vous venez de le découvrir, je vous invite à laisser un avis sur Apple Podcast ou Spotify. C'est tout simple, mais ça m'aide énormément à le faire connaître, et ça m'encourage à continuer cette aventure avec vous. Bonjour Aurélie.
- Aurélie
Bonjour.
- Marine
Merci d'avoir accepté mon invitation sur le podcast.
- Aurélie
De rien, avec plaisir.
- Marine
On avait discuté il y a deux semaines pour préparer l'épisode, et j'avais beaucoup apprécié nos discussions, donc j'ai vraiment hâte d'en savoir plus. Donc, dans un premier temps, est-ce que vous pouvez vous présenter et nous raconter votre parcours avant l'ouverture de votre boutique ?
- Aurélie
Bien sûr. Alors, je suis Aurélie. J'ai été pendant 14 ans assistante maternelle. Et j'en ai eu un petit peu marre parce que les parents avaient un peu de mal à respecter les horaires. Et puis, ça devenait compliqué. Donc, je voulais arrêter et faire autre chose. Et en parallèle, je faisais de la couture. Et mon but, c'était d'ouvrir une boutique de créateurs. Le Covid s'est invité, donc ce projet a été mis de côté. J'ai fait un peu de couture pendant quelques années, et je ne sais pas pourquoi l'idée m'est venue d'ouvrir une boutique de seconde main pour bébés-enfants, pour rester déjà dans cet univers-là. Et je pense que la seconde main, c'est un peu l'avenir des vêtements pour les prochaines années.
- Marine
Ça marche. Est-ce que vous pouvez nous présenter maintenant votre boutique ?
- Aurélie
Ma boutique s'appelle Décroche-moi ça, donc ça interpelle pas mal les gens, ils se demandent pourquoi ce nom. À une époque, Décroche-moi ça, c'était pour désigner des friperies. Parce que souvent, il y avait des portants en hauteur et ils avaient une tige avec un crochet. Et les clients demandaient Décrochez-moi ça, d'où le nom de ma boutique. Et je trouvais que c'était original et que ça changeait un peu de, je ne sais pas, le dressing d'Aurélie. Enfin, peu importe, je voulais quelque chose qui change. Ma boutique se situe à Joué-les-Tours dans le 37. Donc j'ai ouvert le 5 décembre, ça fera un an que j'ai ouvert. J'ai un tout petit local qui fait 19 mètres carrés. Mais je suis assez contente de moi, j'ai réussi à l'agencer pas trop mal. Le seul souci, c'est que je ne peux pas prendre de périculture. J'ai pas mal de demandes, mais j'ai vraiment pas de place, malheureusement. Donc c'est vrai que plus tard, si je pouvais avoir un local beaucoup plus grand, ce serait pas mal, mais pour le moment, c'est pas dans les projets. Donc moi, je suis en achat, je ne suis pas en dépôt-vente. Je rachète directement au particulier, ou je fais les vides grenier, les bourses aux vêtements, les bourses aux jouets. Donc ça prend aussi du temps. Mes horaires d'ouverture sont du mardi au samedi, de 10h à 18h30 non-stop, sauf le samedi où je ferme à 18h. Au niveau des vêtements, j'essaye maintenant de prendre de la marque. Je ne vais pas prendre de la marque, des très grandes marques. Ça va être plus des marques de vêtements spécialisés pour les enfants, comme au Okaïdi, OBAIBI, Sergent Major. Verbaudet, ce style de marque. Au départ je prenais un peu tout et n'importe quoi pour avoir du stock mais j'ai pas mal de pertes mais bon pas grave il en faut et donc oui maintenant je sélectionne quand même beaucoup mieux qu'il y a un an. Pareil, j'avais pris des choses où après les avoir vues, ça s'est avéré que c'était un petit peu taché, en très bon état ou un peu vieillot. Maintenant, oui, je sélectionne vraiment des choses qui sont relativement récentes et surtout en très bon état. Au niveau des prix, je fais à peu près entre 60-70% du prix neuf. Donc ça, c'est pareil, c'est une recherche. Alors maintenant, j'ai pris l'habitude, mais au départ, je regardais un peu les prix des vêtements par marque. et donc je réduisais par rapport au prix du neuf donc ça c'était aussi un gros travail donc là maintenant j'ai l'habitude quand je vois la marque je sais quel prix je vais mettre et je fais aussi, je ne fais pas que les vêtements j'ai également les livres donc là maintenant je vais aussi me consacrer qu'aux livres d'éveil pour les tout petits parce que c'est ce qui fonctionne le mieux les livres pour la tranche d'âge 4-6 ans ça ne marche pas très bien donc là je vais écouler mon stock et après je vais arrêter d'en prendre et si j'ai également pour les plus grands les je sais pas si vous connaissez les cabanes magiques et les gironi mostilton c'est toute une série de livres et bibliothèque rose et bibliothèque verte parce que ça ça fonctionne bien j'ai également des jeux donc les jouets d'éveil que je prends essentiellement en tissu et en bois donc ça c'est pareil maintenant je sélectionne les marques comme Moulin Roti, Lilliputien, Verbaudet, toutes ces marques qui coûtent quand même assez cher. Donc là, pareil, c'est entre 60-70% du prix neuf. J'ai également des jeux pour les plus grands, mais des jeux un peu plus ludiques, comme la marque Géco, Ozu, Nathan, et puis pas mal d'autres marques, pareil, qui ont un coût et qui sont, pareil, entre 60% du prix neuf.
- Marine
Et du coup, vous avez aussi des pièces neuves ?
- Aurélie
Oui. Donc j'ai mes créations en couture. Là, c'est la couture axée sur les bébés. Et le zéro déchet. Zéro déchet pour la cuisine et la salle de bain. Et j'ai également du crochet. Ça va être plus des amigurumis. Des petits animaux en peluche, faites par mes petites mains.
- Marine
Super. Merci déjà d'avoir expliqué le nom de Décroche-moi ça. Parce que c'était ma prochaine question.
- Aurélie
De rien. Ah bah voilà.
- Marine
Parce qu'effectivement, ça m'a interpellée. Je me suis demandé, qu'est-ce que ça veut dire exactement ? Donc, j'ai appris quelque chose. C'est super.
- Aurélie
Moi aussi, j'avais appris. Parce qu'en fait, je l'ai su en cherchant des synonymes de vêtements d'occasion. Et là, il y avait une liste monumentale. Et j'ai commencé à lire. Décrochez-moi ça. Qu'est-ce que ça vient faire dans les vêtements d'occasion ? Donc là, j'ai été voir la définition. Et j'ai dit, d'accord, ça me plaît bien.
- Marine
Super. Franchement, très original en tout cas.
- Aurélie
Oui.
- Marine
Maintenant. Est-ce que vous pourriez nous expliquer un peu ce qui vous a donné envie d'ouvrir une boutique de seconde main pour enfants ?
- Aurélie
Honnêtement, je n'en sais rien. Je ne sais pas, j'en discutais avec mes meilleurs amis de mon projet de boutique de créateurs. Mais comme je vous ai dit tout à l'heure, entre le Covid, il y en a de plus en plus de boutiques comme ça qui s'ouvrent. Et je ne suis pas persuadée qu'à terme, ça fonctionne. Parce qu'avec le système de dépôt... juste avoir la commission parce qu'en fait quand on dépose ses créations dans une boutique de créateurs on définit notre prix, la boutique va augmenter le prix mais souvent ça va être de 20 à 30% donc ça va pas être... la boutique ne va pas gagner énormément sur chaque pièce vendue et donc voilà à terme je me suis dit que c'était pas... pour moi c'était pas rentable et puis je vous dis bah le covid a fait que avec les commerces qui fermaient pendant les confinements et tout ça c'était pas vraiment le moment et je discutais avec mes deux meilleurs amis Et là, ils m'ont dit, mais quand tu as travaillé pendant quand même 14 ans avec les enfants, tu ne voudrais pas continuer dans ce domaine-là ? Et au fil de la conversation, les vêtements de seconde main sont arrivés dans la conversation. Et là, je me suis dit, ça pourrait être pas mal. Et puis, j'ai réfléchi et ça m'a plu comme idée.
- Marine
Merci pour toutes ces présentations. Maintenant, on en sait un peu plus sur votre profil et sur la boutique. Donc on va pouvoir rentrer un peu plus dans le vif du sujet de la boutique. Et on en a un petit peu discuté plus tôt, mais je voudrais savoir maintenant un peu plus précisément, comment s'organise le sourcing de votre boutique ?
- Aurélie
Du coup, comme j'ai dit tout à l'heure, souvent les particuliers vont m'appeler ou vont m'envoyer des messages via Facebook ou Instagram en me disant que j'ai pas mal de vêtements à vendre. Donc je leur demande quelle taille ils ont, si c'est garçon ou fille. Et suivant si j'ai besoin, par exemple, de pyjama. 12 mois et qu'ils en ont, je leur dis, ok, vous pouvez passer quand vous voulez à la boutique. Il n'y a pas d'horaire fixe. Il n'y a pas de jour de rendez-vous. Les gens viennent quand ils veulent. Après, au risque, s'il y a d'autres personnes, des clients, ils attendent un petit peu. Souvent, il n'y a pas grand monde quand ils viennent. Mais ils viennent quand ils veulent. Il n'y a pas de jour de rendez-vous. Et si j'ai vraiment besoin de quelque chose de spécifique, je fais une publication sur Facebook ou Instagram, sur les deux réseaux que j'ai.
- Marine
Ok. Et vous aviez parlé aussi plus tôt de Brocante ou de Vide grenier ou de Bourses aux jouets, par exemple. Ça, c'est quelque chose qui est récurrent ou c'est un peu exceptionnel ?
- Aurélie
Tous les dimanches.
- Marine
Tous les dimanches ?
- Aurélie
Dès que tu en as proche de chez moi, je vois... On est lundi, oui, hier. Hier, il y avait deux bourses aux jouets. J'y suis allée et j'ai trouvé pas mal de choses. Là, maintenant, au niveau des vêtements, je suis complète. J'ai tout ce qu'il faut. Et là, j'ai surtout cherché des jeux parce qu'avec les fêtes qui vont arriver, il me faut du stock. Et voilà, et là, avec les bourses jouées, je peux vraiment choisir ce que je veux, ce qui m'intéresse. Parce que souvent, quand les gens viennent à la boutique avec des jeux, par exemple, ça ne va pas être forcément ce que je recherche. Donc c'est toujours un peu délicat de leur dire que je ne le prends pas. Alors, je ne le prends pas, mais c'est un peu plus délicat. Alors que sur un vide-grunier ou une bourse jouée, je regarde les stands et si quelque chose m'intéresse, je m'arrête, je demande le prix. Et je prends ou je ne prends pas, suivant le prix.
- Marine
Ça marche. Et il me semble que vous m'aviez dit que vous faisiez que du rachat aux particuliers. Pourquoi ne pas faire appel à des grossistes spécialisés en seconde main ?
- Aurélie
Parce que je préfère en faire bénéficier les particuliers. Souvent, on me parle de Vinted en me disant « Je mets sur Vinted, mais c'est long, c'est pénible. Les gens sont toujours en train de négocier. Ça m'agace, ça me fait perdre du temps. » Alors que quand ils viennent chez moi, ils viennent avec leur caisse. Je prends ce que j'ai besoin. Alors, je ne prends pas forcément tout, évidemment. Et souvent, ils sont contents parce que je les ai délestés de pas mal de vêtements.
- Marine
Oui, je comprends très bien.
- Aurélie
Oui.
- Marine
Je pense qu'on est tous passés par là.
- Aurélie
Oui, c'est ça.
- Marine
Et c'est pénible. On en a parlé un petit peu tout à l'heure aussi. Est-ce que vous pouvez revenir sur comment vous sélectionnez vos produits ? Je sais qu'il y a une différence entre au début, quand vous avez commencé, et maintenant. Donc, est-ce que vous pouvez nous expliquer les deux et un peu où a été le point de bascule ?
- Aurélie
Le point de bascule, je ne sais pas trop où il a été, mais quand j'ai su que j'avais le local, tout de suite j'ai fait un appel sur Facebook. Et là j'ai eu une quantité de messages énormes. Donc j'ai acheté pas mal de stocks où au départ je me disais, ah c'est mignon, c'est mignon. Donc j'ai tout mis, une fois que j'avais les clés, j'étais prête à ouvrir, j'ai tout mis en rayon. J'ai fait la première saison d'hiver, puisque j'ai ouvert en début décembre. Et quand j'ai enlevé mon stock d'hiver pour mettre l'été J'ai fait un tri parce que j'avais vraiment pas mal de choses et j'ai vu ce qui était parti les premiers mois d'hiver en fait. Et en regardant tous les vêtements, je me suis dit ça c'est un petit peu vieillot, non ça c'est plus d'actualité. Et je me repère aussi aux étiquettes. Par exemple, au Cahidie, avant, il y a 10 ans, ils avaient une étiquette d'une certaine façon et là sur les nouvelles collections, ils ont une autre étiquette, toujours pareil, avec la marque décrite. Et donc là, je me réfère aussi aux étiquettes. Si je vois que l'étiquette est trop vieille, j'enlève. Et du coup, là, j'ai trouvé une personne qui récupère les vêtements pour une association. Donc c'est de la perte, mais...
- Marine
Ok, bah après, j'imagine que ça fait aussi partie un peu du jeu de la seconde main.
- Aurélie
Oui, et puis bon, dans n'importe quel commerce, même dans le neuf, enfin, j'imagine qu'il y a toujours de la perte. Bien sûr, même dans le neuf,
- Marine
oui. Tellement entendu l'histoire de produits qui étaient jetés que je pense que c'est pour tout le monde pareil.
- Aurélie
Oui, oui, c'est ça. Après, moi, j'achète vraiment à petit prix. Donc, c'est une perte, certes, mais ce n'est pas non plus énorme. Ça ne se compte pas en milliers d'euros. Et au moins, j'en fais bénéficier des enfants qui sont dans le besoin.
- Marine
Bien sûr.
- Aurélie
Maintenant, au premier coup d'œil, j'arrive à voir si les vêtements sont récents. Par exemple, si je vais à une bourse aux vêtements, je passe devant un stand, je vois tout de suite au coup d'œil si ça peut m'intéresser ou si c'est de la vieillerie, on va dire. J'arrive à voir maintenant. Je connais les collections. Alors après, quand je dis récent, ce n'est pas forcément les collections de l'année dernière. C'est jusqu'à il y a cinq ans à peu près. De chaque marque, maintenant, j'arrive à reconnaître leur collection. Et même quand je vois un vêtement, je peux dire avant de voir l'étiquette de quelle marque c'est. C'est une habitude.
- Marine
C'est une compétence développée, je pense.
- Aurélie
Oui, ça s'est développé. Et puis, moi, je sais que j'affectionne particulièrement la marque O'Baby. C'est le O'Kaidi, mais bébé. Leur design de vêtements sont bien spécifiques. Enfin voilà, je vois par exemple les t-shirts pour les garçons, souvent il y a des petits animaux dessus. Enfin bon, dès que j'en vois un, je sais que ça va être de cette marque-là.
- Marine
Tout à l'heure, vous nous avez parlé du prix de revente, donc un pourcentage du prix neuf. Comment vous déterminez vos prix d'achat auprès des particuliers ?
- Aurélie
Mes prix d'achat de toute façon vont être les mêmes pour tout. Ça va être entre 30 centimes et 1 euro. 30 centimes ça va être pour un body, 1 euro ça va être pour le reste des vêtements. 50 centimes des t-shirts par exemple. Après pour tout ce qui est manteau ou plus grosse pièce, je monte un peu plus haut. Evidemment je ne vais pas acheter un manteau à 1 euro alors qu'il est en parfait état, qu'il est récent et qu'il est d'une belle marque. Donc je peux monter jusqu'à 5 euros. Après c'est ce que les gens proposent par exemple sur les vide-greniers. Je vois hier, j'ai acheté un manteau à 5 euros, la marque Verbaudé, il est vraiment très très beau. Mais enfin voilà, après si les gens ça leur convient, c'est parfait. Maintenant, s'ils trouvent que je reprenne pas assez, ils me le disent et puis ils repartent avec leurs vêtements. Mais bon, avant qu'ils viennent, je leur dis, que ce soit par téléphone ou par message, je leur dis voilà, moi je rachète les vêtements entre temps et temps. Ils sont d'accord, ils viennent, ils sont pas d'accord, ils viennent pas.
- Marine
Ok, et ça par exemple, est-ce que vous avez une grille qui reprend un peu ces informations-là ou est-ce que vous leur envoyez individuellement ? en fonction des contacts que vous avez ?
- Aurélie
Je leur envoie individuellement, mais je pense que je vais faire effectivement un petit papier, enfin, mettre dans la boutique avec les prix de rachat.
- Marine
Ça marche. Et puis, j'imagine que ça permet de faire un pré-tri aussi, parce que l'idée de base, je pense qu'elle peut plaire à plein de gens. Mais effectivement, si les personnes en veulent plus, elles peuvent être rapidement surprises par le prix.
- Aurélie
Oui, oui, bien sûr. Après, moi, le but, c'est pas non plus de... Enfin, voilà, si je rachète, je vais vous dire une bêtise, mais si je rachète un t-shirt 3 euros, je peux pas le revendre à 4 euros.
- Marine
Bien sûr.
- Aurélie
Donc voilà. Et moi, peu importe la marque, en fait. Les t-shirts, par exemple, ils sont tous entre 2 et 4 euros. 2 euros, ça va être un t-shirt qui habille. 4 euros, ça va être un t-shirt... J'ai même des t-shirts jacquardie à 4 euros, par exemple.
- Marine
D'accord. Après, pour moi, ça me paraît parfaitement logique, mais je pense qu'effectivement, dans la tête de certaines personnes, entre guillemets, tout le monde en veut pour son argent. Sauf qu'à un moment donné, les calculs... Il faut qu'à la fin, ils soient bons, donc...
- Aurélie
Les calculs sont pas bons. Bah oui, oui, c'est ça. Oui, non, puis bon, après, j'ai des personnes qui sont... fond. Là, moi-même, j'avais été surprise. J'avais une dame, une future maman, qui regardait un pyjama. Il était à 4 euros. Et elle m'a dit, tiens, c'est cher. J'ai 4 euros, ça va. Puis bon, elle regarde d'autres vêtements. Et pareil, à chaque vêtement, elle me disait que c'était cher. Et je lui ai dit, écoutez, vous savez, j'ai quand même des charges à payer. J'ai un loyer, l'électricité, l'eau, l'assurance. Et éventuellement, me verser un salaire. Et là, elle m'a regardée, elle m'a dit, ah bon ?
- Marine
Eh oui, il faut vivre à la fin du mois.
- Aurélie
Il paraît, oui. Non, non, ça l'a... Ça l'a étonné.
- Marine
Comme quoi.
- Aurélie
Ouais.
- Marine
Très bien. Maintenant, on va parler un petit peu de fidélité client. Est-ce que vous avez mis quelque chose en place et est-ce que ça s'est montré avantageux ?
- Aurélie
Avantageux, je ne sais pas. Alors oui, j'ai mis une carte de fidélité. Donc, je coche une case tous les 10 euros d'achat. Et au bout de 100 euros, ils ont 5 euros de réduction. Alors, ce n'est pas énorme. C'est toujours 5 euros de réduction. Et 100 euros, ça peut aller vite. pour quand on veut acheter la garde-robe de son bébé. Ça peut aller vite et ils sont toujours contents d'avoir 5 euros de réduction quand la carte est finie. Pour le moment, j'en ai déjà pas mal de remplis.
- Marine
Trop bien.
- Aurélie
Je pense que je dois en avoir une... Je ne sais plus si j'avais compté l'autre fois, je crois que j'en avais une trentaine.
- Marine
Ok, c'est pas mal en un an.
- Aurélie
Ouais, bah ouais, ouais. Non, non, je pense que c'est pas trop mal.
- Marine
Donc tout à l'heure dans la présentation, vous nous avez dit qu'en plus de la seconde main, vous proposiez aussi vos propres créations. Donc comment ces produits trouvent-ils leur place dans la boutique, que ce soit dans la vitrine ou sur les rayons ?
- Aurélie
En fait, ma vitrine est en deux parties. Il y a une grande vitrine, la porte, et une petite vitrine de l'autre côté. Mes créations sont du côté de la petite vitrine. J'ai deux meubles qui sont consacrés à ça. La petite vitrine est consacrée à la création, et la grande vitrine consacrée aux secondes mains. C'est bien séparé, la création et la seconde main.
- Marine
Ça marche. Et après, dans les rayons en magasin ?
- Aurélie
Pareil.
- Marine
Pareil.
- Aurélie
Chaque chose à sa place. Oui, j'ai vraiment un côté seconde main et un côté création.
- Marine
Comme ça, il n'y a pas de confusion ?
- Aurélie
Non, dans mes 19 mètres carrés.
- Marine
C'est vrai. C'est pour ça que c'est important de savoir la surface. Ça permet aussi d'avoir un petit aperçu de... Pour faire rentrer les deux, ce n'est pas évident et ça demande de l'organisation.
- Aurélie
Il faut de la hauteur, en fait. Enfin, de la hauteur. Et encore, pas trop parce que je ne suis pas très grande. Je n'ai pas la grande tige avec le crochet comme...
- Marine
Pour décrocher.
- Aurélie
Mais non, je ne suis pas trop mal organisée.
- Marine
Et du coup, la réaction de vos clients, est-ce qu'ils sont surpris de voir ce mélange ? Est-ce qu'ils s'y retrouvent très facilement ? Est-ce que vous avez des questions parfois sur soit le fait qu'il y ait du neuf ou le fait qu'il y ait de la seconde main ? Comment ça se passe ?
- Aurélie
Non, ça ne les surprend pas forcément. Alors souvent la question c'est, c'est qui la personne qui fait tout ça ? C'est moi ! Alors on me félicite. Mais non, non, ça ne les surprend pas. Et bien souvent, ceux qui sont pour la seconde main aiment les créations faites en France. Et souvent ça se rejoint. Je connais une personne qui a une boutique de créateurs chez qui j'ai exposé. Et en face d'elle, il y a une boutique de seconde main. Alors ce n'est pas du tout là, c'est en région parisienne. Et elle me disait qu'ils avaient la même clientèle. Donc ça se rejoint. Donc je pense que ça se complétait bien de mettre les deux dans ce tout petit local.
- Marine
Super. Alors moi, j'ai une petite question, curiosité là, clairement. Mais vous m'avez dit faire les vides greniers, les bourses le dimanche. Vous êtes ouverte du mardi au samedi. Quand est-ce qu'il y a du temps pour faire de la couture ou du crochet pour alimenter cette...
- Aurélie
Sûr, je n'en fais plus. Sauf sur commande, comme là, pour la rentrée, j'ai eu pas mal de salades de cantine. de commander. Et le crochet, ce qui est pratique, c'est qu'il n'y a pas besoin de grand-chose. Il y a juste besoin d'une pelote de coton, un crochet, et on peut l'emmener partout. Ça, quand je n'ai plus rien à faire à la boutique, je fais du crochet. Le soir, je fais du crochet. J'en fais dès que je peux.
- Marine
Un peu tout le temps.
- Aurélie
Oui, puis le crochet, c'est vrai que les clients, quand ils rentrent et qu'ils voient que je fais du crochet, ils n'ont pas de doute que ce soit moi qui les fasse.
- Marine
Aucun doute sur la provenance ?
- Aurélie
Non, et puis ça occupe. Moi, je supporte pas de rester sans rien faire donc c'est très bien Mais la couture, je ne peux pas en faire à la boutique parce que je n'ai pas de place.
- Marine
Ça prend un peu plus de place, effectivement. Pour finir sur la partie boutique, est-ce que vous vous sentez soutenue au niveau de votre communauté locale, que ce soit vos clients ou vos partenaires ou d'autres ?
- Aurélie
Oui, au niveau des clients, je pense. Je pense qu'il y a pas mal de personnes qui parlent de moi autour d'eux. Parce que j'ai encore, au bout de presque un an, j'ai encore des gens qui découvrent. Parce que le souci de mon local, c'est que je suis un... peu en retrait par rapport aux autres commerçants. Alors je ne sais pas si c'est un souci, mais je suis juste en face de l'église. Mine de rien, à l'église, il y a du monde. Entre ceux qui vont à la messe, il y en a plusieurs fois par semaine. Les enterrements, malheureusement, ça il y en a au moins un ou deux par semaine, si ce n'est pas un tous les jours. Et le samedi, il y a les mariages et les baptêmes. Donc les gens n'ont pas forcément le temps au moment où ils me voient, mais ils me voient. Et j'ai pas mal de personnes qui disent Ah bah je suis venue parce qu'il y a ma voisine qui m'a parlé de vous Ou ma soeur, enfin peu importe Je pense que le bouche à oreille fonctionne
- Marine
Ok, trop bien Bon bah c'est chouette Ouais,
- Aurélie
pourvu que ça dure On espère,
- Marine
on croise les doigts Donc là on a un peu un état des lieux de la boutique De comment elle a été lancée Et un point de vue de ce qu'il y a aujourd'hui Et la dernière fois, quand on s'était eus au téléphone, vous m'aviez parlé de l'étude de marché que vous aviez faite. Vous aviez été accompagnée pour ça. Et donc aujourd'hui, j'aimerais qu'on revienne là-dessus plus en détail pour qu'on puisse un peu donner un aperçu de ce que vous avez fait, comment vous vous y êtes prise et donner aussi peut-être envie à d'autres qui auraient envie de se lancer, de faire une étude de marché parce que c'est quand même la première étape avant de se lancer. Donc que ce soit de se lancer de zéro. Donc là, comme vous, vous êtes partie de zéro et avez ouvert la boutique. Il y a aussi des commerçants qui ont déjà une boutique, qui vendent exclusivement du neuf. Et moi, j'aimerais leur montrer qu'on peut faire une étude de marché. On peut voir si éventuellement proposer une nouvelle offre de seconde main, ça pourrait être intéressant. Et donc, clairement, il faut commencer par l'étude de marché.
- Aurélie
Moi, j'ai fait une étude de marché vraiment très complète. Et j'ai fait une formation à la Chambre des métiers et de l'artisanat de Tours. Donc c'est une formation qui est totalement gratuite, qui est payée par la région. Il y en a une tous les trois mois, je crois. On est sélectionnés, en fait. On est 12 personnes. Ils sélectionnent 12 personnes tous les trois mois. On a eu une réunion d'information. Après, si on était vraiment intéressés, on déposait un dossier. C'était juste une feuille à remplir avec nos coordonnées et notre projet. Et après, on avait un entretien. Et après cet entretien, on était sélectionnés ou pas. Donc j'ai eu la chance d'être sélectionnée.
- Marine
Bravo !
- Aurélie
Parmi... Ouais, j'étais contente. Donc on était 12 et tout confondu, il y avait une architecte, une personne qui voulait ouvrir des chambres d'hôtes, des restaurateurs, une esthéticienne. Enfin voilà, ce n'était pas que dans le commerce, c'était vraiment tout type de projet. Donc voilà, ça a duré deux mois et c'était vraiment complet. C'était intéressant parce que ça permet de savoir déjà si c'est viable ou pas, ce qui est quand même important. Parce que je pense qu'il y en a pas mal qui ouvrent des commerces et qui se lancent comme ça sans savoir où ils vont. Après, ce n'est pas parce qu'on fait une étude de marché qu'on sait où on va. Parce qu'on ne peut pas savoir qu'on prévoit des chiffres, mais tout dépend s'il y a du monde ou pas.
- Marine
C'est du prévisionnel.
- Aurélie
Voilà, c'est ça.
- Marine
Oui, je ne sais plus si vous nous l'aviez dit tout à l'heure, mais du coup, à ce moment-là, quand vous vous êtes lancé sur cette étude de marché et que vous aviez postulé pour la faire, est-ce que vous aviez encore un emploi ou du coup, vous avez pu vous mettre à 100% sur cette étude de marché ?
- Aurélie
Non, j'avais plus d'emploi. Alors honnêtement, j'ai arrêté d'être assistante maternelle. J'ai eu droit au chômage. Donc là, j'en ai profité pour me mettre à fond dans ma couture. J'ai été prise dans pas mal de boutiques de créateurs, mais ça ne paye pas. Entre les frais d'envoi, les loyers qu'on paye aux boutiques, on est dans une conjoncture économique qui est un peu compliquée. Donc non, j'étais encore au chômage quand j'ai fait ma formation.
- Marine
Ça marche. Et donc la formation, une fois que vous aviez été prise, comment ça s'est organisé ? Est-ce que c'était en présentiel, est-ce que c'était en distanciel et est-ce que c'était à temps plein ?
- Aurélie
Ah, en présentiel, à temps plein, je ne sais plus, c'était de 9h à 17h, enfin hors de bureau, on va dire. Non, non, c'était 5 jours par semaine.
- Marine
Ok, oui, donc c'était quelque chose de conséquent.
- Aurélie
Oui, oui, ce n'était pas une ou deux heures par-ci, par-là. Non, non, c'était vraiment deux mois, du lundi au vendredi.
- Marine
Ah oui, donc ça laisse le temps d'avoir bien posé le projet.
- Aurélie
Oui, c'est sûr. Après, je ne m'attendais pas à ce qu'il y ait autant de choses à analyser. Pour moi, c'était vraiment que le budget, se dire « moi, j'aimerais faire tant par mois, ça peut être réalisable ou pas » , mais non, il y a toute une étude à faire autour.
- Marine
Et qu'est-ce qui vous a donné envie de faire une étude de marché ? Parce que c'est ce qu'on disait tout à l'heure, souvent, il y a des gens qui sautent un peu cette étape-là, qui est quand même importante. Vous, qu'est-ce qui vous a fait dire « il faut d'abord que je passe par là pour avancer » ?
- Aurélie
En fait, j'ai été à un forum de l'entrepreneuriat. Et donc, il y avait un stand de la chambre des métiers de l'artisanat. Et à la base, j'y allais pour autre chose. J'y allais pour demander un renseignement. Je ne sais plus pourquoi, mais la dame m'a parlé de cette formation. Et je me suis dit, pourquoi pas ? Parce que j'avais déjà ce projet, donc évidemment de seconde main. Et je me suis dit, pourquoi pas ? Et ça s'est lancé comme ça. Mais à la base, je ne connaissais pas du tout. Et je vous dis, j'y allais pour toute autre chose. Donc après, tout s'est enchaîné.
- Marine
D'accord. Et en faisant cette étude de marché, qu'est-ce que vous cherchiez à valider concrètement ?
- Aurélie
valider mon projet, savoir si c'était viable, tout simplement, en fait. Et puis, peut-être aussi me permettre de me lancer. Je pense que si je n'avais pas fait cette formation, je n'en serais pas là. Je n'aurais pas sauté le pas. Parce que ça m'a permis de voir que ça pouvait être réalisable. Et puis, comme on était 12, et on est devenus amies, en fait, parce que c'est vrai qu'avoir des cours, parce que c'était des cours à 12, et puis bon, il y avait beaucoup de...
- Marine
De mise en pratique.
- Aurélie
Oui, voilà. Donc voilà, on discute entre nous. Enfin, après, ce n'était pas des cours scolaires non plus. Voilà, ça motive et j'ai fait ça, maintenant il faut que je me lance. Le plus compliqué, c'était de trouver un local.
- Marine
Ok. J'imagine aussi que le fait d'être encadré par des experts, ça donne aussi de la valeur au projet. Ça donne, je pense aussi, beaucoup de confiance, effectivement, pour se lancer.
- Aurélie
Ouais.
- Marine
Et en plus, quand on commence à en parler à l'extérieur...
- Aurélie
Tout à fait.
- Marine
Il n'y a plus vraiment de possibilité de se cacher derrière le fait que c'est juste une idée et...
- Aurélie
Ouais, c'est ça, c'est tout à fait ça. Ouais, ouais, non, puis en plus, à la fin de la formation, on est passé devant un jury. Il y avait une personne de la banque, il y avait le directeur général des CMA de la région, il y avait une personne de Pôle emploi, enfin France Travail maintenant, puis je ne sais plus, une quatrième personne. Donc déjà nous, à la fin de notre exposé, en fait, on va dire, eux-mêmes, ils nous ont dit si c'était viable ou pas. Ça rassurait aussi, à la fin, ce jury qui nous disait, c'est une bonne idée, c'est viable, ça peut être possible. Et là, on se dit, allez, hop, on y va.
- Marine
Super. Pour les auditeurs qui nous écoutent, je vais faire un petit rappel ou une explication peut-être pour certains de ce qu'est une étude de marché, pour qu'on puisse parler tous de la même chose, puisqu'après on va rentrer un peu plus dans le détail du contenu de l'étude. Donc il s'agit d'un travail d'analyse qui permet de comprendre la réalité dans laquelle votre projet va évoluer. Donc concrètement, une étude de marché, elle permet d'analyser trois dimensions clés. Le marché global, donc les tendances, la taille, la dynamique du secteur, la demande, les attentes, les besoins, les comportements et les freins. des clients potentiels. Et enfin, l'offre existante, donc les concurrents, leur positionnement, leur force et leur faiblesse. Et tout ça, ça permettra évidemment de créer et d'imaginer sa propre offre. Donc l'objectif, ce n'est pas seulement de collecter des chiffres et de cocher une case pour un business plan. Il y en a beaucoup pour qui l'étude de marché, ça évoque ça. Mais au contraire, c'est bien de valider la viabilité du projet et d'identifier les leviers stratégiques qu'il faudra mettre en place pour une réussite. Donc une étude de marché bien menée aide à ajuster l'idée, à affiner le positionnement et à prendre des décisions éclairées avant d'investir des ressources, que ce soit en temps ou en argent.
- Aurélie
C'est ça.
- Marine
Voilà, ça permet de reposer un petit peu les bases pour qu'on soit sûr de tous parler de la même chose.
- Aurélie
Ouais.
- Marine
Maintenant, comme j'ai dit tout à l'heure, on va rentrer au cœur de l'étude. Vous, comme vous vendez de la seconde main et du neuf, comment avez-vous lancé votre étude de marché ? Est-ce que vous avez plutôt axé sur la partie seconde main ? Est-ce que vous avez axé sur la partie neuf ? Ou est-ce que... Vous avez réussi à explorer les deux, parce que du coup, ça peut faire double travail.
- Aurélie
J'ai réussi à explorer les deux, mais en privilégiant quand même le second de main. Mais comme moi, mon étude de marché est faite sur le local de 90 mètres carrés, j'ai vraiment fait une étude sur le second de main et la partie créateur, avec mes créations et les créations d'autres personnes. Comme là, je n'ai que 20 mètres carrés, il n'y a que mes créations. Après, je ne suis pas sûre que d'autres créations auraient plus. Parce que je vois moi les gens ce qu'ils achètent le plus c'est vraiment tout ce qui est accès bébé Tout ce qui est mes créations zéro déchet ça part moins bien Mais tout ce qui est bébé ça part très bien Donc je sais qu'au début que j'ai ouvert j'avais pris une dame qui fait des bijoux Et les gens ne venaient pas pour les bijoux Enfin ils venaient vraiment pour tout ce qui est enfant et bébé Donc je ne sais pas si ça aurait été une bonne idée au final de vraiment mélanger les deux Ou alors il aurait fallu que ce soit vraiment tout axé sur bébé, mais ça j'aurais vu au fil du temps. Peut-être qu'au début, effectivement, j'aurais mis plein de choses et puis au bout d'un moment je me suis dit non mais ça, ça marche pas, il faut pas que je mette ça, il faut que je max vraiment que sur le bébé et l'enfant.
- Marine
Après je pense que c'est aussi l'avis d'une boutique et d'un commerçant, d'une commerçante de regarder comment ça évolue et de réaffiner après les choix parce qu'effectivement même si c'est de l'étude de marché on regarde, on analyse plein de choses pour faire des prévisions. Après les prévisions, des fois elles sont justes et des fois elles sont à côté ah bah oui tout à fait C'est comme ça.
- Aurélie
Ouais. Non, non, c'est... Un commerçant, ça fait 20 ans qu'il est ouvert. Je pense qu'il faut tout le temps, systématiquement, se remettre à la page, quoi.
- Marine
Surtout que les époques évoluent très vite, donc je pense aussi.
- Aurélie
C'est ça.
- Marine
Ça marche. Donc sur l'étude de marché, qu'avez-vous appris lors de la première phase de votre étude ?
- Aurélie
Le plus important que j'ai appris, c'est la donnée démographique. Alors, je savais que les Français faisaient de moins en moins d'enfants, mais pas à ce point-là quand même. Enfin, voilà, c'est... La démographie est quand même en chute libre. Après, il y avait aussi... Tout ce qui est données juridiques, mais ça, je le savais. Tout ce qui concerne les enfants, que ce soit aux normes CE, européennes, tout ça. Et les données économiques aussi, les chiffres, j'ai appris. En France, le marché de la mode d'occasion connaît une croissance importante. En 2018, le marché représentait 1 milliard d'euros et en 2022, 6 milliards. Donc là, en 2025, ça va augmenter au fur et à mesure.
- Marine
Il y a vraiment eu un boom entre ces deux années, c'est impressionnant. Après, ça a été aussi un peu le début de Vinted. Avant, Le Bon Coin était, je pense, la plateforme de référence.
- Aurélie
Oui, mais voilà, sur Le Bon Coin, c'est vrai qu'on trouve de tout et n'importe quoi, alors que Vinted est en train de se diversifier.
- Marine
Oui, Vinted, ça devient un peu tout et n'importe quoi aussi. J'ai vu passer des posts là récemment, ça commence à faire peur. Est-ce qu'on peut y trouver ? Enfin, je ne savais absolument pas.
- Aurélie
Parce qu'à la base, Vinted, c'était que les vêtements.
- Marine
Voilà, et là, il y en a qui arrivent à faire des pubs pour envoyer sur des plateformes. Enfin, ça n'a plus aucun sens.
- Aurélie
D'accord.
- Marine
Et donc effectivement, la question se pose aussi de la responsabilité des plateformes, de faire attention à ce qui est disponible. C'est ça. C'est un autre sujet, mais oui, je pense que la seconde main a quand même eu un gros élan avec l'arrivée de Vinted qui a quand même, je ne sais pas si relancer serait le thème, mais en tout cas qui a poussé un peu plus loin.
- Aurélie
Oui, si, si, je pense. Je pense parce que sans tout ça, je pense que les gens continueraient à acheter en neuf parce qu'il n'y aurait pas de possibilité. Mais c'est sûr que ça s'est démocratisé. moi je vois mes enfants qui sont 22 et 25 ans, donc à un certain âge maintenant. Quand ils étaient bébés, j'achetais tout en neuf parce qu'il n'y avait rien pour acheter d'occasion. Et j'ai commencé à acheter d'occasion, mon fils devait avoir 8 ans. Mais avant, non, il n'y avait rien. Ou on n'était pas au courant. Alors que maintenant, je veux dire, la seconde main, on peut en trouver n'importe où. Que ce soit comme moi, dans les boutiques physiques, tout ce qui est vide-grenier et Internet. Et même dans les magasins. Il y a de plus en plus de magasins qui font aussi de la seconde main. Les grands magasins. Par exemple, qui habille, vous allez trouver un petit portant avec de l'occasion. Il ne va pas falloir qu'ils le fassent de trop, parce que ça va me faire de l'ombre.
- Marine
J'imagine que même s'ils en faisaient plus, c'est possiblement pas forcément les mêmes marques.
- Aurélie
Oui, non mais voilà.
- Marine
Ou les mêmes prix, ou il y aura toujours un élément différenciant. Et je pense qu'aujourd'hui, c'est quand même de plus en plus important pour les gens, et je pense aussi les gens qui viennent dans votre boutique, de savoir qu'on soutient une personne derrière et pas juste un grand groupe.
- Aurélie
Mais les gens sont encore beaucoup internet. Et ça fait déjà trois fois que je parle de Kiyabi, mais beaucoup Kiyabi. Parce que c'est des petits prix et certaines personnes ne voient que le prix. On ne voit pas forcément la qualité.
- Marine
Bien sûr, l'élément différenciant, c'est quand même que vous n'avez pas la même cible, parce qu'effectivement, ceux qui cherchent du prix vont soit aller en vide-grenier, soit aller chez Kiabi, et vous, ce n'est pas forcément votre client. J'en profite pour rebondir sur ce que vous étiez en train de dire. Au niveau de l'étude du secteur de la seconde main, qu'est-ce que vous avez appris qui a pu peut-être vous surprendre ? Et qu'est-ce que vous avez appris justement sur les usages de la seconde main, notamment le fait de consommer en boutique, de consommer en ligne ? Qu'est-ce que vous avez découvert à propos de ça ?
- Aurélie
J'ai appris que les familles riches sont attirées par cette pratique. Ce n'est pas forcément qu'un point de vue financier, comme je disais tout à l'heure, c'est vraiment aussi tout ce qui est éco-responsabilité, écologie. Il y a 48% des familles riches qui sont attirées par la seconde main. Alors qu'on pourrait croire qu'ils ont de l'argent, ils peuvent aller s'acheter du neuf, des grandes marques, mais pas forcément. Et qu'il y a aussi, en 2023, il y avait 31% des Français qui avaient déjà offert un cadeau de seconde main. Les gens, ça ne les dérange pas d'acheter... Vous voyez, moi, je vends des puzzles de la marque GECO. C'est des puzzles qui valent 15 euros. Moi, je les vends 6 euros. Les puzzles, ils sont nickels. Alors, de temps en temps, les boîtes vont être peut-être un petit peu abîmées. Mais c'est le puzzle le plus important, quoi. Et un puzzle offert à un enfant, la boîte, il s'en fiche, quoi. Lui, ce qu'il veut, c'est ce qu'il y a dedans. Donc, pourquoi les mettre 15 euros quand on peut en trouver à 6 euros ?
- Marine
Je rebondis sur ce que vous venez de dire, là, juste avant. sur riche et seconde main. C'est un sujet qui est très intéressant. J'ai vu passer un poste il n'y a pas très longtemps, enfin on m'a partagé un poste il n'y a pas très longtemps, sur quelqu'un qui parlait justement du fait que, en fonction de la classe et en fonction des origines, la seconde main n'est pas du tout vécue pareil. Et en fait, je pense qu'aujourd'hui, c'est presque plus simple d'assumer acheter en seconde main quand on est riche, entre guillemets. que d'acheter en seconde main quand on est pauvre, parce que ça ne va pas du tout déjà être le même type de seconde main. Et ensuite, ce ne sont pas du tout les mêmes raisons d'achat. Et effectivement, les gens qui sont riches et qui achètent de la seconde main, c'est pour le côté plus écologique que financier. Et ça, c'est quelque chose qui est beaucoup plus facile à assumer que quelqu'un qui a peu de moyens. et qui est obligé en fait de s'habiller en seconde main parce qu'effectivement aujourd'hui tout est plus cher, ou alors des solutions qui sont peu plaisantes comme on en entend beaucoup parler en ce moment. Et du coup ça c'est vrai que j'aimerais bien en faire un épisode parce que je trouve que c'est un sujet qui est très intéressant. Et en fait démocratiser la seconde main c'est aussi essayer d'aller toucher des populations qui ont peu de moyens et qui sont peu fières. de consommer de la seconde main parce que effectivement moi c'est une fierté parce que je le fais pas forcément pour les raisons de budget même si effectivement on est complètement conscient que acheter de seconde main c'est bien moins cher qu'acheter neuf ça y'a aucun doute aucune question à se poser mais du coup c'est vrai que je m'étais jamais posé la question mais pour certaines personnes En fait, c'est difficile d'acheter de la seconde main parce que ça les renvoie un peu trop à leurs problèmes financiers. Et c'est une vision que je n'avais pas forcément. Et je me suis dit que c'est hyper intéressant de le voir parce qu'on ne peut pas juste dire aux gens « acheter de la seconde main, c'est moins cher et c'est écologique » . Effectivement, aujourd'hui, pour plein de gens, la question écologique, c'est très intéressant. Mais en fait, ils ont suffisamment de choses à gérer avec... avec un budget serré pour ne pas se poser des questions écologiques. Et effectivement, je pense que c'est ce qui est ressorti dans l'étude, sur la différence un peu entre riches et moins riches. Et c'est intéressant du coup d'avoir ce point de vue-là, parce que moi je suis un peu tombée dessus par hasard il n'y a pas longtemps. Et c'est vrai que c'est quelque chose qui a creusé, je pense.
- Aurélie
Oui, oui, certainement. Après, c'est vrai que moi j'ai pas... J'ai quelques personnes... Je sais qu'elles sont dans le besoin parce que, voilà, on discute, mais ce n'est pas la majorité que j'ai pour le moment.
- Marine
Mais parce qu'effectivement, tout à l'heure, vous parliez d'écologie, et je pense qu'aujourd'hui, les personnes... Aujourd'hui, les personnes qui consomment pour une raison écologique de seconde main, je pense qu'elles ont plus de moyens, effectivement, que des personnes qui sont plus défavorisées.
- Aurélie
Oui, oui. Oui, et puis je vous dis, les personnes qui sont vraiment défavorisées, elles vont plus aller dans les structures, voilà, comme la Croix-Rouge, Emmaüs, toutes ces structures-là, parce qu'elles savent qu'à la base, c'est fait pour les gens qui sont dans le besoin. Alors que plus forcément, en tout cas pour Emmaüs, moi je sais que là depuis que j'ai la boutique, j'y vais pas parce que c'est pas mes jours d'ouverture, c'est mes jours à moi d'ouverture. Mais je sais qu'avant avec mon mari, on aimait beaucoup y aller, mais pour chiner, pas forcément en se disant on n'a pas les moyens d'acheter telle ou telle chose. Mais voilà, il y en a qui vont continuer à aller à Emmaüs parce qu'il y a cette image d'Emmaüs égale pauvreté, alors que plus forcément maintenant en fait. Et en fait, ça revient à ce que vous disiez, que le second de main, il y en a qui se cachent un peu d'en acheter en se disant, on va croire que je suis pauvre. Mais même si t'es pauvre, c'est pas grave. Moi, perso, c'est pas moi, c'est pas ce qui m'importe.
- Marine
Mais je pense que c'est difficile, et moi aussi, je suis d'accord qu'aujourd'hui, j'ai aucun souci avec ça. Mais moi, j'ai toujours été pas forcément par souci de... budget encore une fois mais j'ai toujours été ouverte à la seconde main et moi quand j'étais enfant j'ai beaucoup récupéré des soit des vêtements de d'amis de famille ou des vêtements seconde main parce que je faisais les vides greniers avec ma grand mère avec mes parents enfin toutes sortes enfin tout type de seconde main confondue mais c'est vrai que c'était alors la seconde main était quand même beaucoup moins développé à l'époque je vois qu'il y avait quand même beaucoup plus développé mais quand même C'est vrai que ce n'était pas quelque chose de naturel. Et en tant qu'enfant, c'est vrai que les enfants, entre eux, des fois, il n'y a pas de fil. Des fois, ils sont très durs. Et moi, je me souviens quand même avoir eu des remarques. Et ça ne m'atteignait pas forcément parce que je savais que je n'étais pas dans ces difficultés-là et que ce n'était pas pour des questions de budget. Mais je pense qu'un enfant qui sait que ses parents sont un peu en galère et pour qui c'est compliqué, je pense que ce sont des questions qu'ils peuvent vraiment atteindre. Et du coup, c'est des questions... Des questions ouvertes qui sont intéressantes à aborder. Ok, allez, on repart sur du coup l'étude de marché. Ensuite, comment vous avez analysé la demande ? Quelles ont été vos méthodes d'analyse ?
- Aurélie
J'avais fait un sondage que j'ai diffusé sur Facebook. J'avais eu une centaine de réponses qui étaient plus en faveur du style de boutique que je voulais faire. Après, pareil, sur ce sondage, je comprenais tout ce que j'ai actuellement, plus la puériculture, plus j'aurais eu assez de... place j'aurais aimé faire un système de location de certains matériels de puriculture et ça c'est vrai que ça m'est déjà arrivé plusieurs fois des grands parents qui venaient pour voir si j'avais un siège auto ou un lit parapluie ou des choses comme ça et maintenant je n'avais pas mais c'est vrai que dans mon projet j'avais aussi ce service de location ou alors par exemple une balance pour les nouveau-nés mais bon après comme je n'ai pas eu de local de toute façon ça est tombé à l'eau
- Marine
Finir un peu sur cette partie-là, qu'avez-vous appris de vos recherches sur l'offre existante, donc du coup de seconde main et de produits artisanaux dans votre secteur ?
- Aurélie
Alors en ce qui concerne la seconde main, ce que ça m'a appris, c'est s'il y avait déjà d'autres boutiques du même type que moi dans la région. Ensuite, Emmaüs, La Croix-Rouge et tout ça, pareil, je connaissais. Mais oui, ça m'a permis de connaître les boutiques aux alentours et de voir qu'il n'y en avait pas beaucoup. Sur Tours, il n'y en avait que deux. Tours, c'est quand même une ville de 150 000 habitants. Et après, les autres, elles étaient aux alentours des 20-30 kilomètres. Et là, c'est à ce moment-là, en fait, que je me suis dit, j'ai mes chances. Parce qu'on n'est pas 150 sur 10 kilomètres carrés, quoi.
- Marine
Alors, il peut y avoir deux choses. Soit ça rassure parce qu'effectivement, il y a un peu l'exclusivité. Soit ça fait peur parce que s'il n'y en a pas, est-ce qu'il y en a vraiment besoin ? La question, elle ne s'est pas posée ?
- Aurélie
Aucune idée. Si il y a quelqu'un qui s'est posé, je ne la connais pas.
- Marine
Parce que des fois, c'est des choses qui peuvent être pauvres aussi.
- Aurélie
Oui, bien sûr. Après, moi, je vous dis, c'est le maire qui m'a attribué ce local. Donc, je pense que... Quand je lui ai parlé la première fois de ce projet, en visitant le local de 90 mètres carrés, il m'avait dit que son projet l'intéressait. Donc, peut-être que parce qu'il connaissait l'attente de ses habitants.
- Marine
OK.
- Aurélie
En tout cas, pas mal sont contents de me voir.
- Marine
Tant mieux.
- Aurélie
Il faut que ça dure et que ça augmente.
- Marine
C'est ce qu'on souhaite. Très bien. On va avancer, du coup, sur l'étude. Dans un premier temps, quelles ont été les principales conclusions que vous avez pu tirer de votre étude ?
- Aurélie
Conclusion, c'est bon, je me lance. Voilà, tout simplement.
- Marine
C'est une bonne conclusion, effectivement.
- Aurélie
Oui, la conclusion, ça a vraiment été ça. J'y vais, je me lance.
- Marine
Trop bien. Quelle a été la plus grosse surprise ou remise en question ?
- Aurélie
Pas de remise en question.
- Marine
Aucune, jamais ?
- Aurélie
Non.
- Marine
Ça c'est bien parce que des fois, il y a quand même des doutes qui font un peu repenser les...
- Aurélie
Je pense que les doutes, je les ai eus quand j'ai ouvert. Pas suite à l'étude de marché. Je me suis dit, mince, est-ce que je ne fais pas une bêtise ? Parce que si ça ne marche pas, je fais quoi ?
- Marine
C'est vrai. Et comment les résultats de l'étude ont orienté vos choix, que ce soit sur le positionnement, que ce soit sur l'offre que vous avez proposée, sur votre type de communication ?
- Aurélie
Moi, mon type de communication, c'était déjà, même sans l'étude de marché, c'était obligatoirement avec les réseaux sociaux. Je me suis orientée sur Facebook et Instagram, évidemment. Un peu TikTok, mais pas trop. Les prix, je les ai vraiment faits quand j'ai commencé à acheter mon stock. Je regardais sur Internet combien ça valait en neuf. Je ne me suis pas vraiment intéressée aux prix pendant mon étude de marché. Parce que déjà, je ne savais pas si j'allais être en dépôt-vente ou en achat-revente.
- Marine
Ok. Et du coup, est-ce que justement, l'étude de marché vous a permis de choisir le modèle ?
- Aurélie
Il y a des cours sur les différents statuts d'entrepreneuriat, en fait. Donc là, c'est là où on nous a expliqué le statut de micro-entrepreneur, comment ça fonctionnait, et ce fameux seuil de TVA. Moi, je suis en auto-entreprise, donc j'ai un seuil de TVA à ne pas dépasser pour ne pas payer de TVA. En dépôt-vente, on est en prestation de service, donc c'est 37 500 euros. Mais quand on dépasse ces 37 500 euros, on est redevable de la TVA en dépôt-vente. En achat-revente, on est en commerce de vente. Donc on est à 85 000 euros de chiffre d'affaires avant de payer une TVA. Donc comme j'avais un petit peu d'argent de côté, je me suis dit, allez, vas-y, fonce, tu fais un achat comme ça au moins. Parce que moi, payer une TVA, ça va être compliqué. Non seulement la TVA a déjà été payée sur les articles que je revends, parce qu'ils ont été achetés en neuf à un moment donné. Et moi, je n'ai aucune TVA à récupérer vu que j'achète au particulier. Voilà, c'est le seuil de TVA qui m'a fait prendre ma décision de racheter directement mon stock.
- Marine
Trop bien. Et quel conseil donneriez-vous à quelqu'un qui prépare son étude de marché pour un projet qui soit similaire, donc dans le secteur de la seconde main et peut-être de l'artisanat ou du neuf ?
- Aurélie
Essayer de se renseigner au maximum pour essayer de faire une étude de marché soi-même et vraiment bien étudier l'étude locale. C'est ce qu'il y a de plus important, l'étude locale, je pense. Parce que de savoir que le seconde main est en progression, voilà, ok, on le sait, c'est pas compliqué. Mais vraiment l'étude locale... la population qu'il y a autour de soi. Parce que s'il y a 80% de personnes âgées et qu'on veut ouvrir une boutique de seconde main à bébé-enfant, ça ne va pas marcher.
- Marine
Ok. Pour vous, est-ce que ça a été quelque chose de vraiment très important, le fait d'avoir fait cette étude de marché en étant encadrée, justement ?
- Aurélie
Oui, oui. Moi, je pense que sans cette formation, je n'aurais pas ouvert ma boutique. Enfin, je ne pense pas. Je ne veux pas savoir. On ne saura pas. Mais je pense que je n'aurais pas été capable. Et là, je dis, oui, cette formation m'a vraiment donné confiance en mon projet. Pas en moi, forcément, mais en mon projet.
- Marine
Très bien, maintenant on va un petit peu plus parler du lancement qui a eu lieu il y a un an, puisque vous allez bientôt fêter les un an de la boutique. Suite à l'étude de marché que vous avez réalisée, quelle a été la stratégie de lancement ?
- Aurélie
Le local que j'ai, j'ai demandé à le visiter en octobre et depuis mars il était libre. Je savais qu'il était libre, mais je le trouvais trop petit vu l'extérieur. À force de voir des locaux privés à 1000, 1200 euros de loyer, je me suis dit qu'il fallait peut-être commencer par petit et se renseigner sur celui-ci. Ce que j'ai fait, j'ai visité, on était d'autres personnes dessus, mais la personne qui me l'a fait visiter m'a dit « je pense que le maire va vous choisir parce que votre projet lui plaît » . Et effectivement, c'est ce qu'il a fait. Donc moi, j'ai su fin octobre que le local m'était attribué. Je pense que le lendemain, j'ai mis une publication sur un groupe « tout pour bébés 37 » . Comme quoi, j'allais ouvrir une boutique de seconde main, j'avais besoin de stock et là, j'ai eu une quantité de messages pas possible. Et donc, je n'ai pas fait appel aux banques. J'ai acheté directement avec mes économies. Parce qu'il n'y a pas besoin non plus d'un gros budget pour démarrer en fait. Je pense que ça doit être dans les 5 000, 5 ou 6 000, je ne sais plus.
- Marine
Ok, donc la grosse partie du stock s'est quand même faite avant le lancement.
- Aurélie
Ah oui, au début. J'ai eu les clés du local le 16. Tout de suite, j'ai fait des travaux. C'était de la peinture, un peu de remise un petit peu au propre. Et j'ai ouvert le 5 ou 6 décembre.
- Marine
Ok. et quel a été le plus gros challenge du lancement.
- Aurélie
D'avoir des clients, oui d'avoir des clients.
- Marine
Est-ce que vous avez eu par exemple des clients dès le premier jour ?
- Aurélie
Ouais, ouais, pour le premier jour, c'était mon meilleur chiffre depuis un an. Je crois que j'avais fait 350 euros le premier jour.
- Marine
Ok, donc quand même les gens ont répondu présent.
- Aurélie
Oui, oui, après voilà, j'avais fait quand même pas mal de pubs sur Facebook, parce que sur Insta, c'est vrai que sur Insta on peut pas faire de la pub comme sur Facebook, il n'y a pas les groupes. partagé sur tous les groupes qui concernaient les bébés, les enfants, et puis le groupe de ma commune. Je ne sais plus combien j'ai eu de clients, mais une petite dizaine, plus qu'une dizaine même. Mais je me rappelle du chiffre, à peu près 350. Donc j'étais contente, je me disais, ça n'a pas été la même les autres jours. Parce que j'avoue qu'ouvrir un commerce et n'avoir personne le premier jour, là je pense qu'il peut y avoir des gros doutes dès le premier jour. Et je me rappelle que la première personne qui est rentrée, elle me dit, « Ah, je découvre votre boutique, ça fait longtemps que vous êtes ouverte ! » Et là, je regarde mon téléphone. Je dis, ça fait 12 minutes. Ah bon ? D'accord.
- Marine
Donc la première cliente, c'était une cliente complètement par hasard, finalement.
- Aurélie
Oui, c'est ça. Et au bout de 12 minutes d'ouverture, ça m'a marquée.
- Marine
Bon, ça, c'est chouette. Ça confirme quand même que l'emplacement est intéressant.
- Aurélie
Oui, oui, oui.
- Marine
On va maintenant passer à la dernière partie qu'on va aborder. C'est du coup mettre en relation le prévisionnel de ce que vous aviez imaginé pendant l'étude de marché et la réalité d'aujourd'hui. puisque des fois ça suit assez bien ce qui a été prévu et puis des fois c'est un peu différent, que ce soit de manière positive ou négative, parce que des fois il y a aussi des bonnes surprises. Donc moi ma première question ce serait, si vous comparez aujourd'hui vos prévisions de départ et la réalité de ce que vous avez vécu, est-ce qu'il y a quelque chose qui vous a surpris ?
- Aurélie
Non, pas surpris, mais en tout cas c'est pas du tout les chiffres que j'avais prédits. Après, moi mon étude je l'ai fait sur le local de 90 m², donc j'avais prévu sur beaucoup plus de choses à vendre, y compris plusieurs créateurs. La puriculture.
- Marine
Est-ce que vous aviez fait des prévisions, justement, à la fois sur le dépôt-vente et à la fois sur l'achat-revente ? Pour justement comparer les deux.
- Aurélie
Oui, oui, j'avais fait les deux. Donc là, par rapport à mon prévisionnel, c'est pas du tout ça. Mais pour la première année, j'étais à 43 000 euros de chiffre d'affaires. À 29 000 en vente de marchandises et 14 000 en prestat de services. Donc en création.
- Marine
OK.
- Aurélie
Après 29 000, je suis à 16 000. J'ai beaucoup moins de charges. que si j'avais eu ce local de 90 m². Les charges ne sont pas du tout les mêmes. Parce que là, en charges, j'étais à 14 000 euros de charges pour l'année. Alors que là, je suis peut-être à, on va dire, la moitié. Parce que les charges, ça compte le loyer, l'eau, l'électricité, l'assurance et l'URSSAF.
- Marine
C'est quand même finalement vraiment pas si long, en sachant que la surface est quand même bien plus petite, puisque le prévisionnel a été fait sur 90 m².
- Aurélie
C'est vrai.
- Marine
Et que là, vous avez 19. Donc c'est quand même vraiment pas mal.
- Aurélie
Non, mais c'est vrai, en fait.
- Marine
Donc vous m'avez parlé que vous aviez des cartes de fidélité. Est-ce que vous aviez prédit un nombre de cartes de fidélité remplies sur la première année ? Non, vous l'aviez mis en place, mais sans...
- Aurélie
Oui, voilà. Non, c'est compliqué, ça, après de se dire. Voilà, idéalement, on aimerait, mais même prévisionnellement, c'est un peu compliqué de savoir.
- Marine
Ok. Je ne sais pas si c'est forcément quelque chose que vous aviez prédit, mais au niveau du temps de travail, est-ce que vous aviez une idée en tête de ce qu'il faudrait produire ? Et est-ce qu'aujourd'hui, ce que vous faites... correspond à ce que vous aviez imaginé ?
- Aurélie
Non, je n'avais pas imaginé forcément. Je connaissais à peu près mes horaires d'ouverture. Mais après, à faire dans la boutique, non. Toujours la même chose, je suis assez organisée. Et dès que j'ai commencé à acheter, j'ai listé parce que je fais une fiche de dépôt à chaque achat. Et après, c'est dans un fichier Excel par taille. Et tout ça, j'ai fait au fur et à mesure de mettre les étiquettes de prix. Donc juste avant l'ouverture, tout était étiqueté, tout était listé. J'avais juste à mettre sur les cintres ou à plier dans les étagères. j'avais fait ça aussi bien pour l'automne que pour l'été, enfin l'hiver que l'été, et au changement de saison, j'avais juste à prendre ce que je voulais enlever et à mettre à la place. Franchement, ça a été beaucoup, beaucoup de travail au début, mais là, comme je fais tout au fur et à mesure, ça se passe bien.
- Marine
On arrive presque sur la fin. Est-ce que vous pourriez nous faire un bilan de cette première année et de ce qu'elle vous a apporté ?
- Aurélie
Le bilan, c'est que je suis satisfaite quand même. Alors... C'est vrai qu'il y a des jours où quand on ne voit pas grand monde, on a fait une vente à 7,50€, youpi, on est content et qu'il n'y en a pas d'autres dans la journée, là on se dit mince. Mais au final, je me dis que c'est quand même une bonne année pour une année d'ouverture. J'ai quand même déjà pu me verser, c'est un bien grand mot, au niveau salaire. Le plus que je me suis versé, c'est 700€. Ce n'est pas énorme, il y en a qui vont dire mais ce n'est pas un salaire. Oui, mais c'est quand même de l'argent. Et souvent, la première année... voir les trois premières années, on se verse pas forcément ne serait-ce qu'un euro quoi. Alors que là, au bout d'un an, je l'ai déjà fait cinq fois. Donc je me dis que c'est bien parti. Donc voilà, le bilan, je suis contente de moi.
- Marine
Très bien, c'est le principal.
- Aurélie
Ouais.
- Marine
Est-ce que vous referiez différemment si c'était à refaire ?
- Aurélie
La seule chose, c'est sélectionner dès le départ de jolis vêtements, de belles qualités, et pas trop vieillots quoi. Voilà, c'est la seule chose que je ferais.
- Marine
Très bien. Et pour finir, quelles sont vos perspectives pour la suite ?
- Aurélie
Continuer, augmenter le chiffre d'année en année, c'est un peu le but. Après, il n'y a que l'avenir qui nous dira.
- Marine
Et peut-être un jour changer pour un local un petit peu plus grand.
- Aurélie
Je ne sais même pas en fait. C'est vrai que pas mal d'autres personnes me disent que ma boutique, ça fait cocon. Donc si, alors j'avoue, peut-être un petit 50 mètres carrés, ce serait bien, pour être un peu plus aéré. Mais si je n'en ai pas la possibilité, moi je suis bien là. Bon, ben c'est super.
- Marine
Merci beaucoup pour votre participation et puis d'avoir répondu à toutes mes questions.
- Aurélie
De rien.
- Marine
C'était très intéressant de pouvoir échanger sur ce début d'activité et de savoir un peu ce qui se passe avant, justement, ce qui permet de déclencher l'envie de se lancer. Parce que ce n'est pas toujours facile.
- Aurélie
D'avoir l'idée, ça va, mais se lancer...
- Marine
Est-ce que vous avez des choses à partager sur des actualités, des projets liés à la boutique ? Ou est-ce que vous pouvez nous dire où est-ce qu'on peut vous retrouver ?
- Aurélie
Pour le moment, je n'ai pas forcément de projet. Là juste, il faut que je lance un petit concours pour les 1 an. Alors, ce ne sera pas grand-chose parce que je ne peux pas non plus. Donc, ce sera juste deux de mes créations sur Facebook et Instagram.
- Marine
Ça marche. On peut donc vous retrouver sur Instagram et sur Facebook.
- Aurélie
Oui. Décroche-moi ça. Et mon logo, c'est un petit bébé qui pointe du doigt un portant de vêtements dans les tons de Versoge.
- Marine
Super. Eh bien, merci encore.
- Aurélie
De rien.
- Marine
Et puis, peut-être à bientôt.
- Aurélie
Plaisir. Pas de soucis.
- Marine
Au revoir.
- Aurélie
Au revoir.
- Marine
Et voilà, c'est la fin de cet épisode en compagnie d'Aurélie. Si l'on devait retenir une chose, c'est bien l'importance de prendre le temps de comprendre son marché avant de se lancer. Dans la seconde main, où chaque territoire, chaque clientèle et chaque modèle économique peut varier du tout au tout, une étude de marché solide est importante pour construire son projet sur de bonnes bases. Ce que nous montre aussi Aurélie, c'est la valeur de l'encadrement. Être accompagnée, ce n'est pas seulement avoir des outils, c'est aussi gagner en assurance, valider ses idées et avancer avec plus de sérénité. Bien sûr, nous n'avons pas pu entrer dans tout le détail de son étude de marché, mais bonne nouvelle, Aurélie accepte de la partager. Si vous souhaitez la recevoir, écrivez-moi simplement en DM sur Instagram. Pour rappel, le compte s'appelle En Boucle, E-N-B-O-O-C-L-E. Je vous enverrai le document avec plaisir. Et puis, c'est un sujet qui m'intéresse beaucoup, donc si vous avez des questions, des doutes ou simplement l'envie de discuter, n'hésitez pas à m'écrire. Je suis toujours ravie d'échanger sur vos projets, vos envies et vos idées. Si cet épisode vous a plu, je vous invite à vous abonner au podcast et à laisser un avis sur Apple Podcast ou Spotify. Comme je vous l'ai dit en début d'épisode, ça aide le podcast à se faire connaître. On se retrouve dans deux semaines pour un nouvel épisode. Merci d'avoir passé ce moment avec nous, de prendre le temps de réfléchir à comment faire évoluer votre boutique et surtout de faire vivre le commerce local de manière plus durable et désirable. A très vite et d'ici là, continuez à observer, tester et oser la seconde main dans votre boutique.