- Marine - Enboocle
Bienvenue dans le podcast « Vendre aussi en seconde main » . Vous êtes commerçant, artisan ou gérant de boutique ? Intégrer la seconde main, c'est possible, sans sacrifier vos marges ni votre style. Je suis Marine, fondatrice d'En Boucle. Ma mission, c'est de vous accompagner vers des modèles plus durables en rendant la seconde main à la fois désirable et rentable. À chaque épisode, je vous emmène dans les coulisses du commerce de demain. Analyse de marché, retour d'expérience, interview de commerçants, d'experts ou même de clients. Objectif ? comprendre ce qui fonctionne, éviter les pièges et avancer pas à pas vers une offre hybride adaptée à vous. Si vous êtes particulier, bienvenue dans l'arrière-boutique de ceux qui innovent déjà. Et souvenez-vous, à chaque fois que vous exprimez votre besoin de seconde main, vous ouvrez la voie à de nouvelles pratiques. Bienvenue dans ce nouvel épisode. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir Vanessa, cofondatrice de Babel Paris, un concept store parisien ouvert depuis 2012 qui mêle neuf et seconde main. Dès l'ouverture, la seconde main faisait partie de l'ADN du commerce, notamment dans la décoration de la boutique. Aujourd'hui, la seconde main représente 70% de leur offre. Avec Vanessa, nous allons donc retracer le parcours de Babel Paris, entre création, vintage et upcycling, du modèle de dépôt-vente à celui de l'achat-revente. Ne soyez pas surpris, nous aurons aussi l'occasion d'entendre Geoffrey, qui a pop pour rajouter quelques détails. Nous découvrirons leur manière de trouver, restaurer, mettre en valeur ses pièces et leur approche pour rendre la seconde main accessible et désirable. N'oubliez pas, avant de lancer l'épisode, si ce podcast vous plaît ou si vous venez de le découvrir, je vous invite à laisser un avis sur Apple Podcasts ou Spotify. C'est tout simple, mais ça m'aide vraiment à le faire connaître, et ça m'encourage à continuer cette aventure avec vous. Bonjour Vanessa.
- Joffrey - Babel Paris
Bonjour Marine.
- Marine - Enboocle
Merci d'avoir répondu positivement à mon invitation pour venir participer sur le podcast. C'est avec plaisir. On va parler un petit peu de la boutique de Babel Paris. Alors, est-ce que vous prononcez Paris ou Paris ? Paris. Paris, ok, ça marche. Ça paraissait évident, mais pas toujours. Très bien. Donc déjà, dans un premier temps, est-ce que vous pouvez commencer par vous présenter et nous raconter l'histoire de Babel Paris ?
- Vanessa - Babel Paris
Alors bien sûr. Donc moi, j'étais créatrice au départ. Je faisais de la couture et de la peinture et j'avais un petit peu allié les deux. Et à un moment donné, j'ai eu envie d'avoir un endroit qui soit à la fois un atelier et aussi pour pouvoir vendre mes créations. et surtout rassembler des créateurs dans ce lieu. C'était l'idée d'une sorte de label un peu, voilà, où des créateurs différents pouvaient se retrouver dans un endroit un peu dédié. Alors il y avait plein d'options au début, il devait y avoir un café, il devait y avoir une galerie, enfin il y avait plein de choses, donc le lieu que j'ai trouvé au final était quand même assez grand. Au final je me suis retrouvée avec d'autres créateurs, il y a... Il n'y a pas eu de café, etc. Mais finalement, c'était un endroit plutôt dédié aux vêtements, pour le coup. Et puis, petit à petit, moi, je me suis retrouvée aussi un peu entre guillemets chef d'entreprise. Et c'est vrai que la création a été un petit peu surpassée. Et j'ai dû devenir plutôt chef d'entreprise, m'occuper des factures, m'occuper de faire rentrer des nouveaux créateurs. Et mon métier a pris une autre tournure. Et puis après, le projet a évolué avec Geoffrey, qui est mon associé. Et on a commencé à proposer du dépôt-vente à nos clients et à nos amis. Donc, les gens venaient déposer leurs vêtements. Donc, voilà, c'était un peu hybride. Il y avait un peu des créateurs, un peu moi qui avais mes créations au début. Mais comme c'était terminé au bout d'un moment, bon, j'étais plus du tout moi créatrice dans l'histoire. Et puis, c'est là qu'on a commencé vraiment à passer vraiment aux secondes mains, je dirais. Et petit à petit, les créateurs sont partis et on a remplacé au fur et à mesure par des choses qu'on chinait nous-mêmes. Donc ça s'est passé un peu comme ça. Dès le début, de toute façon, dans la boutique, on a fait appel à des personnes qui venaient aussi nous déposer des meubles. Des meubles qui étaient retapés, etc. Nous-mêmes, on a fait la décoration vraiment autour du second de main. Donc tout le mobilier était chiné, retapé. On vendait pas mal de meubles d'ailleurs au départ, en plus des vêtements. Et puis voilà, ça s'est un petit peu fait comme ça. C'était une transformation un peu progressive. Je pense qu'on a créé notre univers vraiment comme ça autour des objets anciens, des vêtements anciens. Mais c'est vrai que le point de départ, c'était plutôt créatif. Et finalement, c'est revenu récemment, il y a quelques années maintenant, puisqu'on fait de l'upcycling aussi. On a proposé l'upcycling dans un deuxième temps. Ça, c'est pareil, ça s'est fait très naturellement. Donc voilà un peu en gros l'histoire de Babel.
- Marine - Enboocle
Ok, ça marche. Et du coup, pour resituer en termes de temps, quand est-ce que la boutique a ouvert ?
- Vanessa - Babel Paris
C'était en 2013 où ça a vraiment démarré. Enfin, toutes les choses administratives, le local, la mise en place, tout ça, c'était fin 2012. On a commencé, oui, je pense que c'était vers décembre 2012. On a commencé vraiment à vendre des choses et avoir des clients. Et puis, oui, je dirais que 2013, c'est vraiment l'année où ça a démarré.
- Marine - Enboocle
OK, donc 2013, c'est vraiment l'année où, au départ, c'est une boutique de créateurs.
- Vanessa - Babel Paris
Créateurs, oui, c'est ça.
- Marine - Enboocle
OK. Et du coup vous nous avez dit que le local était plutôt grand. Vous pouvez nous donner un peu une idée de la surface ?
- Vanessa - Babel Paris
Oui, alors déjà, c'est un endroit qui est hyper beau parce qu'on est sur le canal Saint-Martin à Paris. Donc, on a vraiment devant nous le canal. On n'a pas de vis-à-vis. Le quartier est vraiment hyper sympa. On est à côté du pont Dieu, le pont Tournant, qui est un peu assez connu des touristes. Et donc, le local en lui-même, c'est vraiment... On a deux grandes vitrines un peu type verrière avec du... parquet vraiment des hauteurs sous plafond assez importante des belles colonnes c'est assez typique du 10e et à l'intérieur de la boutique et puis on a une pièce supplémentaire à l'arrière qui est ouverte aussi avec une verrière encore au fond donc ça donne un côté justement très atelier ça c'est assez joli et puis on a un sous sol on dira sous sol mais quand même très ouvert parce qu'il ya pas mal de lumière de l'extérieur qui entre et dans notre sous sol on a créé un atelier voilà Donc aujourd'hui, l'atelier d'upcycling, il est en bas avec le stock, parce qu'on a du stock aussi.
- Marine - Enboocle
Et en termes de surface, du coup, ça représente combien ?
- Vanessa - Babel Paris
Je dirais entre 80 et 100 mètres carrés, en tout. Oui, donc stock compris. Voilà, réserve, tout ça.
- Marine - Enboocle
Super. Donc vous m'avez dit que dès l'ouverture en 2013, vous aviez intégré de la seconde main et notamment pour la décoration.
- Vanessa - Babel Paris
Oui.
- Marine - Enboocle
À cette époque-là, qu'est-ce qui vous a motivé à mélanger déjà du coup de vendre du neuf et en même temps d'avoir de la seconde main ?
- Vanessa - Babel Paris
Alors déjà parce que c'est plus beau, parce que moi j'ai un attachement particulier aux objets et aux meubles anciens, vraiment, que je trouve qui sont de belles factures. J'adore le bois, le travail du bois, donc pour moi c'était évident. J'avais envie que ça ait une chaleur. En fait, je n'avais pas du tout envie d'avoir des meubles de boutique de prêt-à-porter, en formica ou en métal. J'avais vraiment envie que ça soit chaleureux, un peu comme si on était à la maison. Et puis, on vendait aussi au tout début quelques objets, mais c'était vraiment... Voilà, c'était plus... C'était pas un créneau particulier. On vendait quelques objets aussi de brocante, de déco, etc. Mais c'était pas le sujet, en fait, au départ.
- Marine - Enboocle
Et donc, vous m'avez dit que sur les dernières années, du coup, vous avez vraiment fait un switch plus vers la seconde main.
- Vanessa - Babel Paris
Oui.
- Marine - Enboocle
Qu'est-ce qui a motivé ce choix-là ?
- Vanessa - Babel Paris
Je crois que déjà, ça s'est fait vraiment très progressivement. Ça n'a pas été du jour au lendemain. Je pense que ça s'est imposé presque naturellement parce que Geoffrey et moi, on est extrêmement sensibles à l'ancien. Je crois que, je ne sais pas exactement pour lui, mais en tout cas pour moi, le fait d'avoir vraiment appris à coudre de manière très à la main, etc. J'ai vraiment une sensibilité sur ce qui est bien fait, sur les choses... qui dure dans le temps. Après, c'est une culture aussi familiale, etc. Donc, ça s'est fait progressivement de manière, oui, tout à fait... Je ne sais pas, ça s'est imposé comme ça. On est attirés tous les deux. Alors, c'est ça qui est bien aussi, c'est qu'on s'est entraînés l'un l'autre dans nos brocantes. On a vraiment une passion pour les beaux vêtements anciens et les objets, puis les choses insolites aussi. Je pense que petit à petit, oui, ça s'est juste imposé comme ça, naturellement, on va dire.
- Marine - Enboocle
Et aujourd'hui, vous estimeriez à combien votre répartition entre ce que vous vendez en neuf et ce que vous vendez en seconde main ?
- Vanessa - Babel Paris
Alors, je dirais 70% d'anciens et 30% de neufs, à peu près.
- Marine - Enboocle
Ok, donc maintenant vous êtes quand même vraiment plus orientée seconde main.
- Vanessa - Babel Paris
Et l'upcycling aussi, du coup, qui est... Je ne sais plus exactement depuis combien d'années on fait ça, mais ça fait quand même un petit moment maintenant, qui prend aussi une part importante, puisque on a fait notre atelier en bas et c'est vrai que... Même pour moi, c'était quelque chose que j'avais un peu laissé de côté. De revenir aussi à la couture, etc. C'est super enrichissant.
- Marine - Enboocle
Tout à l'heure, vous avez évoqué le dépôt-vente. Est-ce que vous pourriez m'expliquer au fil des années quels ont été vos choix stratégiques sur votre modèle de vente de seconde main ? Est-ce que vous avez changé ? Pourquoi ? Comment ça s'est passé ?
- Vanessa - Babel Paris
Au début, déjà, de toute façon, la boutique était basée sur un modèle de dépôt. que ce soit pour le neuf, donc même pour des créateurs, ou pour le second main, parce qu'on prenait des vêtements d'amis, de clients, de gens qui passaient, etc. Et l'idée, c'était qu'on n'avait pas les moyens d'investir dans des stocks. Donc, en fait, les gens déposaient leurs créations ou leurs vêtements, et chaussures aussi, parce qu'on faisait des chaussures. Et tout à un moment, tout le sous-sol, c'était que des chaussures. Donc, à la fin du mois, on faisait nos inventaires, et puis on... On disait aux gens, revenez chercher ça et ça, ça ne s'est pas vendu, on les payait, etc. Et on avait ce modèle. Et en fait, c'était un modèle extrêmement lourd parce qu'on avait beaucoup de marques, de créateurs et beaucoup de gens qui venaient. Alors, c'était toute une logistique avec des numéros. Enfin, c'était quand même très compliqué. Et puis souvent, les gens ne revenaient pas chercher tout de suite. Donc, on se retrouvait parfois pendant des semaines, des mois avec des stocks de vêtements invendables. Enfin, voilà. Donc, c'était quand même assez complexe. Et c'est ça qui nous a aussi, au bout d'un moment, après, on s'est un peu solidifié aussi financièrement, ce qui est normal au bout d'un certain temps. Et à ce moment-là, on a décidé d'arrêter le modèle de dépôt-vente et d'
- Marine - Enboocle
Ok. Et ça, c'était... Est-ce que vous pourriez les situer dans le temps ?
- Vanessa - Babel Paris
Je vais me situer par rapport au Covid. Je dirais que c'était un peu avant le Covid. Je ne sais plus exactement. Je dirais peut-être il y a 7 ans, 7-8 ans.
- Marine - Enboocle
Et donc là, vous disiez que sur le dépôt vente, vous gardiez les articles que vous receviez pendant un mois, c'est ça ?
- Vanessa - Babel Paris
Non, non, non. En fait, on faisait les inventaires tous les mois. Donc en fait, on pouvait garder plus longtemps, mais simplement, on faisait des inventaires tous les mois. Donc là, tous les mois, on disait, ben voilà, là, on a vendu pour telle personne, on a vendu tout ça. Donc la personne venait chercher le reste de ce qui n'avait pas été vendu. Éventuellement, certaines choses, on les gardait quand même. Voilà, ça se faisait comme ça. Mais non, généralement, on travaillait quand même assez longtemps avec les créateurs. On a des créateurs qu'on a gardés des années. Non, ce n'était pas des changements tous les mois.
- Marine - Enboocle
Et au niveau du dépôt-vente avec les particuliers qui vendaient des objets de seconde main, là, vous gardiez le produit combien de temps ?
- Vanessa - Babel Paris
Je ne me souviens plus exactement. Alors, ce n'était pas très long non plus parce que là, pour le coup, on faisait assez vite le tour si on voyait qu'il y avait un... Je ne sais pas. Alors, ce n'était pas des objets. C'était vraiment des vêtements. Si on voyait au bout de, je ne sais pas, un mois, deux mois, que tel vêtement n'était pas regardé, ne se vendait pas, on demandait aux gens de revenir chercher leurs affaires.
- Marine - Enboocle
Et ça, après, j'imagine que c'était aussi à votre appréciation, à vous. Oui. Imaginez si vous pouviez le vendre ou pas.
- Vanessa - Babel Paris
Oui, après, on voit bien quand... C'est encore le cas aujourd'hui. C'est dans n'importe quel commerce, je pense, si on voit qu'il y a des choses qui se vendent tout de suite. Parfois même, on arrive avec un objet, on l'a à peine posé sur le comptoir, qu'il est déjà parti. Et puis, il y a des choses qui restent éternellement. Donc, on voit bien, en fait, l'intérêt ou pas. Voilà, si personne ne nous pose de questions sur un objet pendant un certain temps, parfois, on le sort. et puis on le sort de la vente et puis on peut éventuellement le remettre un peu plus tard quand c'est plus approprié sur un thème ou s'il y a quelque chose qui vient soutenir cet objet là un autre objet qui vient soutenir cet objet là dans une mise en scène éventuellement mais ça bouge beaucoup en fait.
- Marine - Enboocle
Est-ce que vous aviez une sélection des produits ou vous acceptez tout et si vous voyez que ça ne vous vendait pas ensuite vous les...
- Vanessa - Babel Paris
Non on n'acceptait pas tout déjà bon ben il fallait quand même que ça nous plaise à nous que ce soit dans le style aussi de ce qu'on vendait non non on faisait quand même une sélection
- Marine - Enboocle
Très bien, hyper intéressant et le choix après de constituer votre stock et d'avoir vos propres produits, donc vous avez dit que le dépôt vente c'était très compliqué au niveau de la logistique donc là le fait de faire de l'achat revente finalement c'est un système qui vous convient mieux parce que c'est plus simple ?
- Vanessa - Babel Paris
Ça nous convient mieux parce que c'est plus simple parce qu'on n'a pas d'intermédiaire parce qu'on n'est pas obligé alors on a encore quelques personnes en dépôt c'est pas complètement on a 2-3 Je ne sais pas, je n'ai pas compté, mais je dirais peut-être 4 ou 5 personnes en dépôt. Alors ça va être plus, par exemple, des artistes. Ce n'est pas des particuliers au sens, pas comme vous et moi, on vient déposer nos affaires. Et puis voilà, c'est des artisans, des artistes. Donc on va prendre, j'en sais rien, quelqu'un qui fait des... Par exemple, là, on a quelqu'un qui fait des lampes anciennes, retravaillées, remises, réélectrifiées, etc. Bon, ça, par exemple, c'est du dépôt. On n'achète pas les lampes. Mais on a... je pense 4-5 créateurs artisans on va dire plutôt avec qui on travaille comme ça mais c'est parce que c'est un choix parce qu'on aime les produits qu'on a envie de les avoir dans la boutique qu'on n'a pas forcément les moyens de les acheter on a ce modèle là qui en fait continue en tout cas sur un petit pourcentage minuscule mais sinon oui sur le reste c'est vrai qu'en termes de logistique c'est quand même plus facile d'acheter et de vendre plutôt que de devoir faire des inventaires parce que c'est surtout ça en fait le problème Merci. C'est d'inventorier tous les mois, d'envoyer des mails, des tableaux Excel. C'était un travail qui était quand même très lourd, surtout qu'on avait, je ne sais pas, mais peut-être plus de 100 personnes qui déposaient leurs affaires. Il y a des dépôts-ventes, c'est un modèle, mais ce n'était pas ce que nous, on voulait faire.
- Marine - Enboocle
Et au niveau de la partie plus économique, quand vous étiez en dépôt-vente, j'imagine que vous preniez une commission sur les vêtements que vous vendiez.
- Vanessa - Babel Paris
Oui, on prenait une commission. En revanche, je ne saurais pas dire quelle était la commission.
- Joffrey - Babel Paris
Alors en dépôt vente, on prenait une commission de 50% hors taxe.
- Marine - Enboocle
Et au niveau de la marge aujourd'hui que vous faites sur les produits que vous achetez de seconde main, est-ce que vous pouvez nous dire ?
- Vanessa - Babel Paris
Vraiment, je ne peux pas dire parce que ça dépend des produits. C'est que des produits uniques, donc nos marges varient, mais globalement, on fait un peu comme tout le monde, en général dans le commerce, 2-5, c'est le minimum.
- Marine - Enboocle
Ok, alors au niveau de la logistique, effectivement, l'achat-revente, c'est plus simple. Donc la commission, vous ne vous souvenez pas du pourcentage, mais est-ce que vous sauriez du coup pour vous économiquement, qu'est-ce qui est le plus intéressant entre le dépôt-vente et l'achat-revente ?
- Vanessa - Babel Paris
Alors ce serait bien que Geoffrey soit à côté de moi, parce que ça c'est plutôt son domaine.
- Joffrey - Babel Paris
Le dépôt-vente est intéressant économiquement au départ quand on se lance, quand on n'a pas suffisamment de trésorerie, c'est aussi intéressant pour tester de nouveaux créateurs, mais on préfère être à l'achat-revente parce que d'un point de vue logistique c'est beaucoup plus simple, on peut gérer, bien mieux les stocks comme ça.
- Marine - Enboocle
On va commencer à parler un peu du sourcing de vos produits. Vous m'avez dit tout à l'heure que vous étiez tous les deux des amoureux de l'ancien et notamment, vous m'aviez dit, des brocantes. Est-ce que vous pourriez nous expliquer un peu comment vous organisez le sourcing des produits que vous avez dans la boutique ?
- Vanessa - Babel Paris
Alors déjà, on fait les brocantes, surtout Geoffrey, tous les week-ends. Donc c'est plusieurs brocantes et vides greniers le samedi et le dimanche. Parfois, quand on en trouve en semaine, ça peut arriver, on le fait aussi en semaine. On fait aussi plus rarement des vides maisons. On a aussi des gens qui viennent nous proposer des choses. C'est vrai que de temps en temps, on peut accepter si on estime que tel objet est beau et unique, on le prend. Ça arrive, parce que les gens comprennent, les gens savent qu'on fait ça. Donc, de temps en temps, ils tentent leur chance pour voir si on veut bien prendre des choses. Un beau manteau ou j'en sais rien. Et puis, notre autre point, c'est les ventes aux enchères, et notamment pour les vêtements. Donc, on achète des lots, en fait. Et puis après dans ces lots, on va avoir par exemple une ou deux pièces assez prestigieuses qu'on va revendre telle quelle, enfin en l'état. Et on peut avoir après plein d'autres vêtements qui n'étaient pas notre cible de départ, mais on sait après que derrière on va faire de l'upcycling avec. Donc c'est comme ça qu'on fonctionne. Alors les brocantes c'est plus pour les objets, les meubles, enfin les meubles c'est des petits meubles, parce qu'évidemment après il faut les transporter, mais c'est plutôt comme ça qu'on répartit le sourcing.
- Marine - Enboocle
Ok, alors j'aimerais bien revenir dessus parce que je pense qu'on n'en a peut-être pas suffisamment parlé tout à l'heure, mais est-ce que vous pouvez nous redécrire un petit peu aujourd'hui, qu'est-ce que vous avez en boutique ?
- Vanessa - Babel Paris
Alors aujourd'hui en boutique, on a principalement comme on disait 70% de ce qu'on vend c'est de la seconde main, donc on a énormément d'objets, parce que ça c'est quand même notre, voilà on adore ça, énormément d'objets de déco, de la vaisselle, des verres en cristal, enfin bon des tonnes de choses, des lampes, des vases, etc. Et puis aussi plein de petits objets insolites, des jeux anciens, des jeux en bois, des choses comme ça. Et puis, on a évidemment aussi une énorme partie vêtements, qui d'ailleurs, je crois, est notre premier poste de revenus. Donc on a une bonne partie vêtements. Là, on va plutôt vendre évidemment des vêtements de marque. Alors je ne saurais pas dire les noms parce que je ne les ai plus en tête, mais ce que j'aime bien aussi, et ça c'est Geoffrey qui les trouve, on vend aussi des vêtements de marques prestigieuses mais qui n'existent plus. Et ça, je trouve ça absolument génial. Donc, c'est vraiment des marques qui, par exemple, étaient vendues, je ne sais pas, aux Galeries Lafayette ou au Printemps à l'époque et qui ont disparu, en fait. Enfin, la marque a disparu. Et du coup, nous, on retrouve ces vêtements et on les remet. Alors, voilà. Donc, ça, c'est une partie aussi comme ça que moi, j'aime bien. Et puis, on vend des bijoux, donc des bijoux neufs et des bijoux anciens. De la maroquinerie, neuve et ancienne. Et on vend aussi des objets neufs, parce que je crois que vous en avez parlé, de fournisseurs plutôt éthiques, on va dire. Bon, parfois, le mot éthique, ça peut être un peu associé à pas très joli, mais voilà, des marques qui vont... Alors, c'est des fabrications en Inde avec des savoir-faire artisanaux, etc. Et ça, ça nous parle aussi. Donc, on aime bien pouvoir proposer aussi du neuf quand même, parce que comme ça, il y en a un peu pour tout le monde.
- Marine - Enboocle
OK. Et le neuf, c'est sur quel type de produit à part la maroquinerie et les bijoux ?
- Vanessa - Babel Paris
Un peu de maroquinerie, un peu de bijoux, des chaussures, on vend des baskets, on vend des objets, la papeterie et des jeux aussi. On aime bien les jeux, genre des puzzles, des choses comme ça.
- Marine - Enboocle
Ok. Et au niveau des objets, est-ce que vous avez des exemples d'objets auxquels vous pensez ? Parce que ça peut être très large.
- Vanessa - Babel Paris
Alors, en fait, dans ce qui est ancien, ça dépend aussi de nos envies du moment. Ça dépend de ce qu'on trouve en brocante. Généralement, nous, on adore tout ce qui est vaisselle, par exemple. On a pas mal de vaisselle, d'assiettes. On aime beaucoup le cristal. Donc même à un moment, on avait un peu trop de cristal, il y en avait partout. Mais on aime bien les objets en cristal, donc des vases en cristal, des paniers à fruits, des verres, beaucoup de verres aussi, on adore ça. Puis ça peut être pas mal de vases aussi. En neuf, on va avoir des petits objets comme des boîtes. D'ailleurs, en ancien aussi, on a pas mal de boîtes. On a toute une collection de petites boîtes anciennes très jolies. de plein de pays différents, de plein de cultures différentes. Ça, on chine aussi un peu très ouvert. Et puis oui, des plateaux, des boîtes, des vies de poche, des boîtes à bijoux. Enfin, voilà. Tout ce qu'on peut imaginer, en fait. Il y a un peu tout. On se restreint pas. Tant qu'on aime, on met.
- Marine - Enboocle
Très bien. Donc, quelles sont les principales difficultés pour vous pour trouver des pièces de qualité ?
- Vanessa - Babel Paris
Alors, ce qui est difficile, enfin, ce qui nous a rendu les choses un peu plus difficiles, c'est que maintenant, c'est très à la mode. Voilà, maintenant, depuis quelques années déjà, mais c'est tant mieux d'ailleurs, parce que voilà, c'est tant mieux. que tout le monde s'y mette. Mais du coup, forcément, nous, ça nous rend la tâche un petit peu plus difficile. Il faut faire toutes les brocantes du coin, il faut rester longtemps, il faut chercher vraiment, soulever tout ce qu'on a pour essayer de retrouver les choses un peu cachées, chercher derrière les tables. Enfin voilà, ça prend du temps. Mais après, c'est vrai que c'est ce qu'on adore aussi. On le considère comme un travail, mais c'est un travail tellement agréable à faire. Mais c'est vrai que ça rend aujourd'hui le fait que... par exemple, déjà les gens, les particuliers font plus attention, donc forcément ils achètent plus facilement seconde main. Et puis il y a aussi toutes les marques qui aujourd'hui ont des corners seconde main, même des grandes enseignes. Et puis souvent dans plein de boutiques il peut y avoir un petit coin un peu seconde main aussi, important seconde main. Donc c'est vraiment quelque chose qui maintenant est devenu tout à fait accessible, démocratisé, normal, ce qui est plutôt une très bonne nouvelle. Mais c'est vrai que ça nous complexifie un peu la tâche.
- Marine - Enboocle
Ok, alors c'est hyper intéressant parce que moi justement, les corners seconde main, c'est ce que j'aimerais voir beaucoup plus. Parce qu'en fait finalement, je ne vois pas tant que ça alors là où je suis. Donc peut-être qu'à Paris, il y en a plus.
- Vanessa - Babel Paris
Je pense, ouais. Je pense parce que moi je vois de plus en plus. À chaque fois, je me dis que c'est incroyable. Ça pousse comme des champignons les boutiques. Alors beaucoup de vêtements, je ne sais pas pourquoi d'ailleurs. Peut-être les gens sont plus à l'aise avec le fait d'acheter, de revendre des vêtements. Peut-être que les objets, ça demande... c'est un peu plus... peut-être un peu plus particulier, parce que ça dépend vraiment des goûts. Dans les vêtements, aujourd'hui, il n'y a pas vraiment besoin de suivre un style. Enfin, tout le monde s'habille un peu comme il veut. Il n'y a pas de mode particulièrement, etc. Donc, c'est peut-être plus simple. C'est vrai que l'objet, c'est plus compliqué, parce qu'il y a des époques. Ça ne va pas avec tous les intérieurs. Parfois, les gens sont aussi un peu plus réticents, je pense, à l'objet de seconde main. Parce que c'est pareil pour les vêtements, mais je pense que c'est quelque chose d'un petit peu plus... poussé sur le côté, on ne sait pas où c'était avant, à qui ça appartenait, à quoi ça a servi. Donc c'est un peu parfois un peu plus difficile pour les gens de se projeter sur de l'objet que sur des vêtements. Mais en tout cas, moi je vois de plus en plus de boutiques, en tout cas dans le dixième, un peu autour de Babel, j'en vois pas mal. Voilà, donc en même temps c'est concurrentiel et en même temps je trouve que ça donne de la crédibilité et du corps à ce qu'on fait. Je me dis, tant mieux, si plein de gens le font, c'est qu'on est dans le juste et on répond à quelque chose de notre société, de notre époque, et c'est cool.
- Marine - Enboocle
C'est ça, c'est concurrentiel, mais parce qu'il y a de la demande, et en plus elle va être croissante, donc ça c'est plutôt chouette. Et après, effectivement, je pense que les gens ont appris maintenant à consommer de seconde main sur les vêtements, aussi parce que c'est quelque chose qui est assez simple, entre guillemets, en termes de particulier, et qui a été beaucoup simplifié par les plateformes qu'on connaît. Oui. Mais je pense que petit à petit, ça va arriver sur d'autres domaines, notamment les objets, la décoration et toutes sortes de choses. Mais effectivement, je pense que ça va mettre un petit peu plus de temps ou juste c'est décalé dans le temps. On a commencé par les vêtements. Sans doute. Et puis doucement, on va... Je pense,
- Vanessa - Babel Paris
oui.
- Marine - Enboocle
Doucement, on va arriver un peu sur la suite de ce qu'on a l'habitude de consommer. Mais je pense que c'est principalement quand même une question d'habitude.
- Vanessa - Babel Paris
Je pense aussi. Je pense que c'est une éducation, en fait, à avoir. C'est vraiment d'avoir ce réflexe, je ne sais pas, d'un moment. Je me dis, là, j'aimerais bien avoir un service d'assiette pour pouvoir faire un dîner ou quoi que ce soit, de Noël, par exemple. Je ne vais pas aller me précipiter au premier magasin de déco, mais je vais d'abord me dire, qu'est-ce que je peux trouver d'unique, de beau ? Et en plus, je peux en parler. C'est ça qui est aussi génial, je trouve, de pouvoir parler des choses. Et aussi avec les personnes qui vendent, parce que moi, j'adore discuter avec les brocanteurs. Parce qu'il y a les vide-greniers, c'est des gens... Des particuliers qui vendent leurs petites choses dont ils ont envie de se débarrasser. Mais il y a aussi l'aspect vrai brocante, brocanteur professionnel. C'est un monde qui est quand même super passionnant. Donc vraiment, d'arriver à petit à petit que les gens aient une... Même pas un réflexe, mais de se dire... En fait, ma première intention, c'est d'abord d'essayer de recycler quelque chose qui existe déjà et qui est beau avant d'aller vers le neuf.
- Marine - Enboocle
Et justement, là, vous parlez de brocanteur. Vous, comment vous vous distingueriez des brocanteurs ?
- Vanessa - Babel Paris
Est-ce que vous vous considérez peut-être même vous-même brocanteur ? Non, je peux pas dire qu'on se considère brocanteur, même si on a des âmes de brocanteur, mais le brocanteur, c'est quand même un métier qui est super particulier et très difficile. Ils sont dans leur camion, ça déballe, ça remballe, et puis voilà, c'est quand même un monde... spécial nous on est des brocanteurs un peu de luxe on va dire entre guillemets parce que finalement on vend des choses mais dans un endroit où les gens peuvent venir s'échauffer s'est éclairé il n'y a pas besoin de se lever à 6 heures du matin on est ouvert toute la journée il ya de la musique et c'est sympa et voilà et puis on est on est dans une boutique donc alors c'est vrai qu'on a c'est un peu de la curation on a déjà sélectionné pour les gens Après, c'est deux choses différentes. Se lever le matin pour aller faire une brocante, c'est un état d'esprit. Acheter des objets anciens dans une boutique sur le canal, entre un café et des achats autres, c'est un autre état d'esprit. Mais je ne peux pas dire qu'on soit des brocanteurs. Ce ne serait pas correct de vis-à-vis des brocanteurs.
- Marine - Enboocle
Ça marche, vous êtes des brocanteurs avec des conditions de luxe.
- Vanessa - Babel Paris
Voilà, c'est ça exactement.
- Marine - Enboocle
Trop bien. Du coup, on va revenir un petit peu sur la sélection des produits. Aujourd'hui, quels sont les points auxquels vous faites le plus attention quand vous sélectionnez un produit ? Donc j'imagine sûrement à l'authenticité, à l'état, au style. Est-ce que vous pouvez nous dire un peu quand vous voyez un produit ? Quelles sont les premières choses qui vous viennent en tête ?
- Vanessa - Babel Paris
Je pense que le style, ce n'est vraiment pas le premier point. Parce que, comme je disais tout à l'heure, je pense qu'aujourd'hui, chacun fait sa mode. Donc voilà, ça sera plus sur l'authenticité, ça c'est sûr. Et l'état, c'est l'état qui compte. Il faut que l'objet ou le vêtement soit parfaitement en état. Alors sinon, on peut faire de l'upcycling. Sinon, on peut retaper. Mais en tout cas, on le fait. C'est-à-dire que justement, toute la différence avec un vide-grenier, c'est qu'on ne va pas vendre un blouson troué ou un objet cassé. Donc si on décide, en fait, notre choix se fait comme ça aussi. Parfois, on peut trouver un très bel objet qui est abîmé et on réfléchit. Est-ce que déjà, c'est un objet qui est susceptible de plaire ? Parce que ça nous plaît à nous, mais ce n'est pas dit que ça plaise au client. Est-ce qu'on est capable de le réparer ? Est-ce que ça fait sens ? Est-ce que le fait de le réparer, ça ne va pas le faire coûter encore plus cher ? Du coup, il ne partira jamais ? Enfin, voilà, il y a toute une réflexion à chaque fois. Et pour les vêtements, c'est pareil. On ne fait pas des grandes réparations. C'est soit on fait carrément de l'upcycling, soit le vêtement est en bon état et on le vend tel quel. Après l'avoir nettoyé, évidemment.
- Marine - Enboocle
ça marche et bien justement comme vous nous parlez un peu là de nettoyer c'est quoi votre processus quand vous achetez alors on peut peut-être séparer quand c'est des objets et quand c'est des vêtements c'est quoi votre processus quand vous l'achetez et quand il est mis en vente ?
- Vanessa - Babel Paris
C'est toujours nettoyage à la vapeur. Donc, c'est soit pressing pour certaines pièces, soit nous, on a, je ne sais pas comment ça s'appelle, mais un truc à vapeur qui est assez conséquent pour vraiment... En fait, c'est la meilleure façon de nettoyer les vêtements, avec la chaleur, en fait. Ça détruit les bactéries, les odeurs, etc. Bon, globalement, les vêtements qu'on a sont déjà nettoyés. On n'achète pas des vêtements sales. Donc, les vêtements sont déjà propres. Simplement... par souci de conscience professionnelle et de vendre quelque chose. Il faut que nous, on les fait aussi pour être sûr que ça a été nettoyé. Et au niveau des objets ? Et pour les objets, ils sont lavés. Alors, ça dépend quel type d'objet. Et encore une fois, soit resserré, si c'est pour du bois, dépoussiéré, évidemment, et lavé pour d'autres objets. Parfois, même, on est obligé d'utiliser certains produits pour enlever des taches de colle, etc. sur des porcelaines, par exemple. Mais oui, il y a tout un processus de nettoyage avant de mettre en vente.
- Marine - Enboocle
Et tout à l'heure, vous parliez justement de l'upcycling. Quel type de réparation ou de remise en état vous réalisez le plus souvent ? Ou quelles sont vos réparations un peu inédites ?
- Vanessa - Babel Paris
Alors déjà, souvent, on réutilise des tissus qui appartenaient à des vêtements qu'on a déjà upcyclés. Enfin, c'est encore plus circulaire que circulaire. C'est vraiment, ça se fait... Voilà, c'est tout. Très rare qu'on achète du tissu, sauf si ce sont des tissus qu'on trouve en brocante. Si par exemple on trouve des lots de tissus et qu'on aime bien, on les achète. Mais c'est jamais du tissu neuf. Et en fait, les réparations qu'on va faire, je dirais que c'est redonner quand même un coup de dynamisme, de modernité. Alors ça peut être, j'en sais rien, changer des poches ou rajouter des poches là où il n'y en a pas. Couper une robe longue et en faire une robe courte. Enfin, c'est des choses qui peuvent être même un peu plus... Du coup, c'est que ça, on a refait des trenches, on refait parfois tout l'intérieur. Enfin, vraiment, on répare. En fait, ça va de la simple poche appliquée pour cacher un trou, admettons, à la vraie réparation où vraiment, on ressort de là avec un vêtement complètement différent de ce qui était au départ. Et l'upsacking part très bien. Donc, les gens achètent. sans savoir que c'est upcyclé. Et c'est quand ils arrivent pour payer qu'on leur dit, vous savez que ça, c'était ça, on a rajouté ça. Et ils sont hyper surpris, hyper contents de repartir avec un truc unique. Encore plus unique que juste un vêtement de seconde main.
- Marine - Enboocle
Et au niveau des objets, quel type de réparation vous pouvez faire ?
- Vanessa - Babel Paris
Ça peut être repeindre, poncer, repeindre. Ça peut être raviver la patine. Ça peut être parfois juste un coup de tournevis parce que c'est un peu bancal. Vraiment, ça va. Alors, on n'a jamais fait des réparations entières d'objets parce qu'on n'a ni l'espace, ni les outils, ni le talent pour ça. Mais par exemple, là, récemment, on a retapissé une chaise qui est super jolie. Enfin, voilà, de temps en temps, on peut faire un truc comme ça un peu plus... poussée.
- Marine - Enboocle
Justement, j'attendais que vous en parliez, parce que je l'ai vue, cette chaise, effectivement, elle est vraiment très jolie.
- Vanessa - Babel Paris
Elle est trop belle !
- Marine - Enboocle
Et je me demandais, qui c'est qui l'avait réparée ? Et ça amène aussi une autre question, est-ce que vous avez des employés, ou est-ce que vous êtes juste deux ?
- Vanessa - Babel Paris
Alors, on a une employée, on a une vendeuse, qui s'appelle Estelle, qu'on adore, et puis on est tous les deux. Et on a régulièrement aussi des stagiaires, qui sont pas là longtemps, soit dans le stage d'observation, soit des petits stages, vraiment, de couture, donc on travaille avec eux sur l'upcycling, par exemple. C'est pas tout le temps, mais on en a de temps en temps. Et c'est plutôt sympa, parce que ça apporte un regard plus jeune, plus neuf sur des choses qu'on aime bien. Et là, la chaise a été réparée par... un de nos amis qui s'appelle Makoto et Geoffrey. Voilà, tous les deux. Donc, ils ont fait un travail magnifique.
- Marine - Enboocle
Super travail. Franchement, c'était très joli. Je l'ai vu passer sur Instagram. Il y en a qui se posent la question. Vraiment très joli. Bravo.
- Vanessa - Babel Paris
Merci pour eux.
- Marine - Enboocle
Donc, vous... Vous faites pas mal d'upcycling, vous choisissez des pièces qui sont des fois en très bon état, vous réparez des pièces, vous les remettez à neuf, vous les nettoyez, etc. Donc tout ce travail-là, comment vous faites pour communiquer auprès de vos clients, pour leur montrer la valeur que vous ajoutez à tous ces objets ?
- Vanessa - Babel Paris
C'est vrai que la communication, c'est pas notre... Alors si, on a une très bonne communication interne, c'est-à-dire que quand les gens sont dans la boutique, on nous arrête plus, on raconte, ça dure longtemps. On raconte tout. Mais après, bon, oui, on a notre Instagram, qui parle de lui-même, quoi. C'est vrai qu'après, à part ça, non, on parle pas plus que ça. C'est vrai qu'en général, de toute façon, quand les gens arrivent dans la boutique, ils comprennent tout de suite où ils sont. Parfois, on a même presque plus l'impression d'être un musée qu'une boutique. Parfois, les gens rentrent juste comme ça parce que c'est beau, ils regardent et puis ils ressortent sans rien acheter. Donc, il y a un petit côté un peu musé comme ça. Et puis, ils posent des questions sur les objets et puis on raconte. Et comme nous, on adore ça. Notre communication, elle se fait beaucoup avec le client face à face.
- Marine - Enboocle
Ok. Vous avez dit que le client, quand il rentre, il sait tout de suite où il est. Quels sont les éléments qui leur donnent l'impression d'être où ils sont en fait ?
- Vanessa - Babel Paris
Alors, je pense que déjà, il y a un mélange d'époques. Il y a donc dans tous les sens du terme. Il y a énormément de choses parce qu'on est très... Geoffrey et moi, on n'arrive pas... En fait, on ne supporte pas le vide. Donc, il n'y a pas d'endroit vide. Tout est rempli. Puis, on a une façon aussi de présenter, plus en mise en scène qu'en alignement. Souvent, dans les boutiques, on va avoir, je ne sais pas moi, plusieurs trousses pareilles, plusieurs trucs pareils. Enfin, tout est un peu comme ça. Nous, on crée des tables, on crée des ambiances. Donc les gens, ça fait boutique, pas boutique. C'est une boutique, c'est évident, on le sait, parce qu'on a une aventure et on est une boutique. Mais c'est vrai que malgré tout, la façon dont c'est fait, ça peut prêter à confusion. En tout cas, on peut se poser des questions. Et c'est pour ça qu'il y a des gens qui rentrent parfois juste pour regarder.
- Marine - Enboocle
Est-ce que vous allez dans la boutique des communications, peut-être papier qui soit affiché, pour expliquer un petit peu votre démarche ?
- Vanessa - Babel Paris
Absolument, on a pas mal de choses comme ça, notamment pour la brocante. On a des affiches un petit peu partout qui balisent un peu le chemin du client. Comme ça, il voit qu'en effet, là, c'est de l'upcycling. On parle aussi de nos coups de cœur, des nouvelles pièces vintage qu'on vient de recevoir, des derniers objets brocantes. On raconte aussi sur certains objets un peu plus chers et un peu plus prestigieux. On a des petites étiquettes prévues pour ça où on écrit. dessus un petit peu des informations pour que le client puisse aussi ne pas avoir à forcément demander à chaque fois qu'on lui raconte tout. Mais au moins, il a les informations principales. Et c'est vrai que ça fait partie de ce qu'on a envie de proposer. Ce n'est pas juste poser des objets là et les vendre. C'est en fait, la personne rentre et elle rentre vraiment dans un monde. De toute façon, elle ressort avec des infos sur des choses qu'elle ne connaissait pas, ça c'est sûr. Puisque voilà, on décrit nos objets, les époques, les dates. à quoi ça a servi, etc. Et que les gens, ça les intéresse, en fait, de plus en plus. Parce que c'est vrai que, si je me souviens bien, au tout début, quand on vendait des choses anciennes, je pense que les gens n'étaient pas aussi attentifs. Je pense qu'ils étaient plutôt même dans un état d'esprit un peu « Ah, c'est quoi ces vieux trucs-là ? » Je me rappelle même de réflexions « Ah, dis donc, ça, c'était chez ma grand-mère, ah, ah, ah ! » Enfin, les gens se moquaient parfois. Il n'y a plus du tout ça, moi. C'est tout l'inverse. C'est « Ah là là, cette tasse magnifique ! » « Il y avait la même chez ma grand-mère, ça me rappelle trop de souvenirs ! » Voilà. On a vraiment évolué dans cet état d'esprit, en fait, qui a changé au fil des années. Vraiment.
- Marine - Enboocle
Je suis d'accord. Moi, je le vois aussi sur moi-même. C'est vrai que je pense que je suis plus sensible à ça maintenant qu'avant. Ma prochaine question, ça va être pourquoi, à votre avis, les clients rentrent dans votre boutique et peut-être notamment ceux qui ne sont pas déjà des habitués et des convaincus ?
- Vanessa - Babel Paris
Ça donne envie de rentrer parce que oui c'est chaleureux et après une fois à l'intérieur, bon voilà soit ça parle, soit ça parle pas pour aller plus loin. Et je pense que ce que les gens aiment bien aussi c'est que justement, et c'est pour ça que le neuf malgré tout reste important dans notre sélection, c'est que on est encore en transition. Alors peut-être que la transition se se fera à 100% d'anciens un jour. Mais les gens aussi sont encore en transition. Et c'est vrai que parfois, quelqu'un peut rentrer, s'acheter un chemisier vintage et repartir quand même avec des cadeaux, par exemple, pour ses proches neufs. Donc, je trouve que c'est important. Et je pense que les gens ont bien compris qu'ils pouvaient choisir. Le choix est là.
- Marine - Enboocle
C'est bien parce que c'était un peu ma prochaine question. Est-ce que les ventes en seconde main permettaient de rapporter des ventes en neuf et un peu vice-versa ? On a la réponse. Et du coup, pour compléter ma question d'avant, Quand les clients entrent, est-ce qu'ils viennent... Plutôt pour trouver de la seconde main ou pour trouver du neuf ?
- Vanessa - Babel Paris
Honnêtement, je pense que c'est vraiment les deux.
- Marine - Enboocle
Ok.
- Vanessa - Babel Paris
Ouais. Je pense que c'est vraiment les deux parce que même... Enfin, je parle là des gens qui entrent, soit qui viennent exprès, soit qui sont... Parce que les gens qui passent sur le trottoir devant, ils ne savent pas ce qu'il y a à l'intérieur. Donc, ils vont rentrer eux plus, comme je disais, pour une histoire d'ambiance. Voilà. Et après, pour nos clients habitués, alors je pense que c'est vraiment un peu des deux. Peut-être... plus pour le vintage quand même. En fait, ce qui est bien, ce qui est intéressant, c'est qu'ils savent qu'au même endroit, ils peuvent tout trouver. Disons que ça facilite un peu les choses. Au lieu d'aller dans deux endroits différents, ils vont dans un même endroit et ils ont un peu les deux possibilités.
- Marine - Enboocle
Donc finalement, les deux se complètent très bien et il n'y a pas d'a priori sur l'un ou sur l'autre de la part de vos clients.
- Vanessa - Babel Paris
Il y a des gens qui n'achètent que du neuf. Il y a des gens qui n'achètent que du neuf, mais ils trouvent ça super qu'il y ait des choses secondaires. Ce n'est pas leur cible, mais je trouve que... maintenant en tout cas, parce qu'il y a eu une évolution quand même, comme on disait, mais je trouve que maintenant, les gens sont habitués. Ils sont habitués au fait qu'il y ait de l'ancien un peu partout.
- Marine - Enboocle
Oui, vous touchez vraiment toutes les cibles, celles qui se font exclusivement de la seconde main, celles qui font que du neuf et celles qui sont un peu au milieu et qui s'adaptent.
- Vanessa - Babel Paris
Oui, et puis tous les âges aussi, ça, ça a changé, parce que avant, faire acheter des trucs de grand-mère à des jeunes de 20 ans, c'était pas forcément... ça, ça les intéressait pas. Mais du coup... Tout ce changement de mentalité fait qu'aujourd'hui, il y a des jeunes qui viennent aussi pour ça. Parce qu'il y a ce côté Madeleine de Proust. Et puis, il y a le côté... Moi, je sais que c'est ce que j'avais quand j'étais étudiante. Parce que c'est vraiment là que j'ai été piquée par le virus de la brocante. C'est qu'en fait, quand on est étudiant, on n'a pas trop de sous. J'ai meublé mon appartement avec des brocantes. Je m'achetais des vêtements au friperie. Et en fait, j'avais une espèce de sentiment de joie. de me dire « Waouh, en fait, j'ai presque sauvé cet objet de la déchetterie ! » Et je trouvais ça hyper bien. Mais je pense que ça, ça existe de plus en plus.
- Marine - Enboocle
Oui, et effectivement, la période étudiante est peut-être propice à ça.
- Vanessa - Babel Paris
Oui.
- Marine - Enboocle
Je comprends très bien et je m'identifie parfaitement là-dedans.
- Vanessa - Babel Paris
Oui, c'est ça.
- Marine - Enboocle
Est-ce que vous avez remarqué des attentes spécifiques de vos clients concernant la qualité des produits ?
- Vanessa - Babel Paris
Ça paraît normal quand on achète quelque chose que ça soit de bonne qualité. Oui, j'imagine que l'attente est là et comme le résultat est au rendez-vous, du coup, il n'y a pas de... Vous n'avez jamais eu de redoutes sur des problèmes de qualité ?
- Marine - Enboocle
Non.
- Vanessa - Babel Paris
Non, alors c'est déjà arrivé que, par exemple, je ne sais pas, un bijou soit cassé au bout de quelques semaines, le client revient. Mais en fait, on a un service après-vente qui est là. Donc de toute façon, on n'a jamais laissé les gens comme ça. Donc s'il y a quelque chose, évidemment, c'est déjà arrivé. Je sais que récemment, il y a eu une histoire hyper marrante parce qu'il y a une cliente qui avait acheté un sac à dos, je ne sais plus il y a combien d'années, mais vraiment genre il y a 1000 ans. Et elle a gardé son sac à dos. Déjà, ça, ça montre bien qu'elle ne change pas pour rien. Elle avait gardé son sac à dos pendant des années. Et elle est revenue parce que le sac à dos était déchiré à un endroit ou je ne sais plus, une lanière cassée. Et en fait, on a assuré le service après-vente. Et elle est repartie avec son sac à dos. Alors que ça faisait six ans qu'elle avait acheté ce sac à dos. Donc voilà, ça, c'est... Voilà, on est là s'il y a quoi que ce soit. Mais soit c'est des choses exceptionnelles comme ça. Soit c'est vraiment des... Voilà, ça peut arriver. Un bijou qui a été mal monté. Bon, ben voilà. on le change et puis c'est tout.
- Marine - Enboocle
Super. Et ça, c'est quelque chose sur lequel vous communiquez aussi auprès de vos clients pour qu'effectivement, ils sachent qu'en cas de problème, vous êtes quand même là et présents sur le SAV ?
- Vanessa - Babel Paris
Je ne suis pas sûre parce qu'on part du principe que ça ne va pas arriver quand on vend un objet ou un vêtement. Et puis en revanche, si la personne revient, oui, on en assure ce qu'il faut faire.
- Marine - Enboocle
Très bien. Du coup, c'est pour un peu reposer aussi le contexte de mon projet et de mes envies. Et en fait, du coup, tout à l'heure, vous disiez justement qu'il y avait pas mal de corners de seconde main qui étaient en train de se mettre en place. Et moi, j'en trouve encore que très peu autour de chez moi. C'est soit 100% friperie, soit effectivement tout ce qui va être associatif type Emmaüs ou autre. Et en fait, je trouve assez peu de boutiques qui vendent du neuf et qui vont proposer un corner de seconde main. L'autre alternative du coup pour la seconde main, et moi je suis quelqu'un qui essaie de... consommer presque exclusivement de seconde main, c'est pas toujours faisable. Et des fois aussi, juste sur le moment, on a besoin de quelque chose, donc c'est nécessaire maintenant. Oui, c'est ça. On peut pas toujours attendre. Mais l'autre alternative, c'est la vente entre particuliers, qui fonctionne honnêtement plutôt pas trop mal, parce que moi, jusqu'ici, c'était quelque chose qui me correspondait plutôt pas mal. Et notamment, tout à l'heure, on parlait de la période étudiante. Je pense que la période étudiante est aussi très propice à ça. Sauf que maintenant, je commence à arriver dans une période de ma vie où, de plus en plus... j'ai plus forcément envie de faire cet effort d'acheter au particulier. Parce que mine de rien, c'est du travail. Il faut contacter les personnes. Il faut étanger. On n'est jamais sûr de la qualité. Si on achète par Internet, on ne sait pas si on va se faire avoir, si le produit va arriver, dans quel état il va arriver. Donc on regarde les commentaires. On voit, est-ce que là, il y a un mauvais commentaire ? Est-ce que je prends le risque ? C'est quand même beaucoup de travail. C'est vrai. Et c'est pour ça aussi que moi, aujourd'hui, j'adorais pouvoir trouver de la seconde main en boutique. parce que j'ai toujours envie de consommer en seconde main parce que ça je pense que ça changera jamais maintenant c'est ancré en moi c'est impossible de revenir en arrière c'est ancré en moi mais en fait c'est hyper difficile parce qu'aujourd'hui il y a assez peu de boutiques pour moi les sociétés autour de moi j'ai vraiment aucun commerce qui propose de la seconde main et en même temps moi ce qui m'embête aujourd'hui c'est que Maintenant que je ne suis plus étudiante, j'ai le pouvoir d'achat qui me permet d'acheter quand même dans la mesure du raisonnable. Mais j'aurai les moyens de pouvoir soutenir les commerces qui m'entourent, notamment les commerces de centre-ville. Et ça, c'est un autre point qui m'embête dans ma consommation aujourd'hui. C'est qu'en consommant exclusivement presque de seconde main auprès des particuliers, je sors totalement de l'écosystème des centres-villes qui vit sur acheter chez les petits commerçants pour les soutenir. pour qu'ils restent dans les centres-villes, pour que les centres-villes restent dynamiques, pour qu'on ait envie d'être dans les centres-villes. Parce qu'honnêtement, des fois, j'ai l'occasion pendant mes vacances de me balader dans des centres-villes qui ont été complètement désertées, où il n'y a plus rien. C'est ça. Et ça fait terriblement mal au cœur. Et moi, je n'ai pas envie de participer à ce qu'il n'y ait plus rien dans les centres-villes. Mais l'absence de seconde main aujourd'hui fait que je suis un peu tiraillée entre soit je consomme de seconde main et ça répond à ce que j'ai besoin, soit je vais me forcer entre guillemets à consommer 9 pour aller soutenir les commerçants qui sont dans les centres-villes. Mais du coup, je ne suis pas parfaitement satisfaite d'un côté comme de l'autre. Et du coup, je trouve ça hyper intéressant, effectivement, votre histoire et votre façon de vendre, parce que vous alliez un peu toutes ces petites choses-là. Et justement, je rebondis sur le SAV. Pour moi, c'est quelque chose qui est hyper important et qui, pour moi aussi, est en fait gage de qualité et qui se différencie par rapport à la vente entre particuliers. C'est que la vente entre particuliers, déjà, on n'est jamais vraiment sûr de la qualité. Et ensuite, si le produit casse dans deux mois, et bien c'est comme ça, c'est pas de chance et puis il n'y a pas de recours possible et donc pour moi c'est effectivement hyper intéressant et hyper important pour les commerçants de s'emparer un peu de ce mouvement qui évolue vers la seconde main et qui très honnêtement je pense qu'il n'y aura jamais de retour en arrière vers de l'exclusivement neuf parce que la société à la fois sur le plan économique et sur le plan écologique aujourd'hui je pense que c'est plus possible de continuer à produire indéfiniment sans réutiliser ce qu'on a déjà on a peut-être suffisamment déjà pour faire un paquet d'années sans avoir besoin de reproduire. Déjà même trop, c'est clair. Je pense qu'il n'y aura pas de retour vers un 100% neuf. Je pense que c'est hyper important que les commerçants s'emparent effectivement de ça assez rapidement aussi parce que le marché évolue quand même très vite sur la tournoi. Là, on le voit ces dernières années. Je voulais un peu resituer aussi mon projet, le podcast. En tout cas, c'était vraiment très intéressant cet échange Je... avec vous sur tous ces petits points-là. En tout cas, ça fait plaisir d'en parler,
- Vanessa - Babel Paris
parce que c'est vrai qu'on n'en parle plus. Au bout d'un moment, on est installés dans notre routine. Et puis, je trouve que c'est sympa même pour moi de me remettre, repartir en arrière, de revoir comment ça a évolué. C'est chouette.
- Marine - Enboocle
Voir tout le chemin parcouru, parce que c'est vrai que, mine de rien, vous vous êtes installés en 2013. C'est sûr que c'est une époque aussi où l'assurance-temps était beaucoup moins développée. Donc, ce n'est pas toujours évident, je pense, de s'intégrer là-dessus à cette époque-là. Effectivement, je pense qu'il y a pu y avoir effectivement des moqueries sur des trucs. C'est un truc de camp-mère. Mais bon, maintenant, vous pouvez dire que vous, en 2013, vous étiez déjà là et que c'est déjà la petite conduite. Donc, ça, c'est super chouette. Du coup, dernière question. Il y a peut-être des commerçants qui nous écoutent. Donc, des commerçants qui ont déjà une boutique qui est installée, qui vend du neuf. Qu'est-ce que vous leur conseilleriez pour mettre en place une offre de seconde main en plus de leur offre de neuf ?
- Vanessa - Babel Paris
Moi, je pense que ce qui est important déjà, c'est de proposer des choses qui nous parlent, nous, à nous, de ne pas se positionner en... Enfin, je pense qu'avec la seconde main, il y a quelque chose d'un peu différent du commerce, j'ai envie de dire, habituel, traditionnel. Il ne faut pas se positionner en se mettre à la place du client, mais vraiment partir de soi. C'est-à-dire pas de se dire, et ça, est-ce que je vais bien le vendre ? Alors oui, c'est une question, il ne faut pas non plus être naïf, c'est une question. Mais ce n'est pas la première question. La première question, c'est est-ce que ça me fait vibrer ça, en fait ? Est-ce que j'ai envie de la voir dans ma boutique ? Est-ce que j'ai envie de voir les yeux des gens s'illuminer en voyant cet objet ou ce vêtement, parce qu'il est beau ? Ce n'est pas le cas pour tous les objets, évidemment. Mais globalement, c'est vraiment la ligne directrice. Je pense que c'est la cohérence avec soi-même, en fait, qui fait que le corner, soit la boutique, soit le corner seconde main a son intérêt. En fait, c'est vraiment une histoire d'univers. Il faut que l'univers ressemble à la personne. Parce que quand on aime quelque chose, on en parle aussi avec passion. Et en fait, on arrive à faire aimer des choses que les gens n'auraient peut-être pas imaginées. C'est être cohérent, partir de soi, rester dans son univers et pas se positionner. Alors autant sur le neuf, on peut dire « Ok, ça c'est la tendance, ça c'est la mode, ça c'est le bon prix, ça les gens vont acheter, ça, ça marche bien en ce moment, ok. » Mais sur la seconde main, c'est tellement personnel à l'objet ou aux vêtements qu'on ne peut pas se baser sur l'œil du client. C'est nous qui devons amener le client à aimer ce qu'on lui propose. C'est un peu à l'envers.
- Marine - Enboocle
Ok, je reviens un petit peu sur le modèle de dépôt-vente, même si pour vous, ça a été un modèle qui a été compliqué parce que beaucoup de logistique. Est-ce que vous le recommanderiez peut-être pour commencer et peut-être pour tester ?
- Vanessa - Babel Paris
Absolument, parce que vraiment, nous, ça a été vraiment, c'est ce qui nous a permis aussi de se développer, de grandir, de créer de la trésorerie au début, parce que justement, on n'avait pas besoin de dépenser de l'argent. Donc en fait, on créait de la trésorerie pour après, donc pour après pouvoir acheter. Mais je trouve que c'est un bon modèle. Après, simplement, peut-être savoir, si je devais refaire l'histoire maintenant, je dirais mieux sélectionner, prendre moins de personnes, avoir une liste de gens moins conséquente. C'est vrai que nous, comme on avait une grande boutique et qu'on avait envie de tout remplir, ça prenait des proportions. Mais se tenir à une quantité de déposants limitée, faire vraiment des très bons choix. Je crois qu'il faut être un peu radical. Voilà. Faire des très bons choix, s'en tenir à ses choix et peut-être éventuellement pas... Faire des inventaires, pas tous les mois, mais peut-être tous les trimestres, par exemple. Et se dire, parce qu'un mois, ça revient super vite. Et on a l'impression après de faire que ça. Donc, peut-être se dire, je sacrifie deux jours tous les trois mois, mais au moins, ça ne revient pas tout le temps. Je pense que c'est un bon moyen aussi pour rencontrer des gens, pour créer aussi une communauté, s'implanter dans le quartier, se faire connaître. En fait, ça nous donne du relief et ça met la boutique dans un contexte avec du lien. Là où quand on est juste commerçant, on arrive, on vend, il faut que les gens rentrent chez nous et viennent faire la démarche, etc. Ou qu'on aille faire la démarche, je l'ai cherché. Mais quand on est dans quelque chose comme ça, de l'ordre du dépôt, on rentre dans une dynamique de quartier ou de ville. Je trouve que ce n'est pas mal quand on commence.
- Marine - Enboocle
En tout cas, par rapport à ce que vous m'avez dit tout à l'heure, ça me paraît quelque chose qui peut être assez pertinent. D'autant plus que pour vous, c'était très compliqué aussi parce que c'était votre modèle global, y compris avec les créateurs.
- Vanessa - Babel Paris
C'est ça.
- Marine - Enboocle
Donc forcément, ça multiplie énormément les produits. Donc dans un premier temps, au début, juste pour tester une offre, la quantité de produits peut être très limitée.
- Vanessa - Babel Paris
Bien sûr, ça peut être très limité. Et puis d'ailleurs, la preuve, c'est que malgré tout, même si on n'en a plus que 4 ou 5 aujourd'hui, c'est quelque chose qu'on continue de faire. C'est pareil, en fait, parfois, les gens qui viennent nous déposer des choses, c'est des gens du quartier, des gens qui nous connaissent ou qui, voilà, qui connaissent pas nous forcément, mais qui passent devant la boutique et puis qui se disent à un moment donné, tiens, j'ai ça, ça serait trop sympa de le vendre ici plutôt que le mettre sur le bon coin. Là, c'est pareil, c'est encore une fois, c'est pas parce que ça correspond pas à notre modèle principal qu'on va pas le faire. Si on a un coup de cœur que ce soit sur la personne qui vient nous le déposer ou sur l'objet ou sur la petite collection de je ne sais pas quoi de tasse de grand-mère par exemple pour reprendre cet exemple et qu'on la trouve sympa et que la fille est super cool et qu'elle habite à côté on va le faire rester ouvert aussi c'est important super et bien merci beaucoup pour cet
- Marine - Enboocle
échange c'était hyper intéressant c'était très chouette est-ce que vous pourriez nous dire du coup où est-ce qu'on peut vous retrouver sur quel réseau est-ce que vous avez des projets ou des actualités à venir
- Vanessa - Babel Paris
Alors déjà, sur Instagram, parce qu'on n'a pas de site internet, donc c'est notre seul média réseau. Et ensuite, alors c'est pas un projet, parce que là c'est la semaine prochaine, donc j'en parle, parce que c'est complètement dans l'esprit de l'interview. On a un petit événement le 10 décembre à 18h, qui met en avant trois créatrices. une créatrice et deux upcyclings. Il y en a une, c'est Kistaku, qui fait des vêtements upcyclés plutôt haut de gamme. On a Baya Beach, qui elle, fabrique des broches, donc hyper pop, super sympa, à la main. Tout est fait à la main à Paris. Et Paises Not Fish, qui elle, fait des... Alors tout est, je crois que là, sur cette collection-là, c'est que du jean. Veste en jean, vêtements en jean, et en fait, qui sont peints. Des univers entiers qui sont peints sur les vêtements, c'est sublime. Donc, on les a réunis toutes les trois pour faire ce petit événement, un petit apéro où on invite nos clients, nos amis. Voilà, donc on aime bien aussi faire des événements comme ça, assez modeste, mais voilà, pour toujours faire vivre la boutique, faire vivre notre petit quartier, nos voisins qui passent, etc. Donc, ça, ça fait aussi partie de notre ADN, on va dire.
- Marine - Enboocle
Ok, super.
- Vanessa - Babel Paris
Voilà, donc ça, c'est notre événement de la semaine prochaine.
- Marine - Enboocle
Trop bien. On vous souhaite un bon événement tous ensemble. Ça a l'air super. J'imagine qu'on pourra en voir des petits extraits ou au moins les créations sur Instagram. Parce que du coup, la peinture sur Urgine, ça m'intrigue beaucoup.
- Vanessa - Babel Paris
C'est super beau. Vous allez voir, je pense qu'en plus, on a déjà fait des postes collaboratifs. avec les créatrices donc je pense que c'est déjà déjà sur notre insta ça marche et bien je vais retourner voir alors parce que ça m'intéresse voilà super et bien merci beaucoup encore une fois c'était super intéressant avec plaisir merci Marine c'était hyper sympa de nous avoir contacté et puis moi je vous dis quand même sûrement alors peut-être pas vous mais à bientôt dans la boutique parce que je viendrai avec plaisir en 2026 maintenant c'est sûr
- Marine - Enboocle
et je viendrai voir la boutique ça m'a en tout cas beaucoup donné envie de venir voir le lieu qui a l'air vraiment incroyable et comment tout est mis en place parce que ça a l'air aussi très intéressant hâte de vous y voir alors merci beaucoup, au revoir Vanessa au revoir,
- Vanessa - Babel Paris
à bientôt
- Marine - Enboocle
Et voilà, cet épisode se termine. Merci encore à Vanessa et Geoffrey pour leur retour d'expérience. J'ai trouvé très intéressant leur passage du dépôt-vente vers l'achat-revente. Et si vous hésitez à vous lancer et que vous voulez tester votre clientèle locale, c'est un bon moyen de le faire sans engager de trésorerie. Si cet épisode vous a plu, je vous invite à vous abonner au podcast et à laisser un avis sur Apple Podcast ou Spotify. Comme je vous le disais en début d'épisode, ça aide le podcast à se faire connaître. On se retrouve dans deux semaines pour un nouvel épisode et d'ici là, rendez-vous sur Instagram, sur le compte En Boucle. Merci d'avoir passé ce moment avec nous. de prendre le temps de réfléchir à comment faire évoluer votre boutique et surtout de faire vivre le commerce local de manière plus durable et désirable. A très vite et d'ici là, continuez à observer, tester et oser la seconde main dans vos boutiques.