- Speaker #0
C'était genre incroyable. Coup de bol un peu, la chance de la débutante. Le directeur de casting m'a dit t'es prise, t'as une vingtaine de jours de tournage, est-ce que t'es un agent ? Je lui ai dit non, il m'a dit je vais t'en trouver un. Normalement, il doit avoir un vrai plaisir et si d'un coup il n'y a plus de plaisir et que ça ne devient que souffrance, peur d'être jugée, je pense que là, il faut faire attention.
- Speaker #1
Bonjour à toutes. et à tous. Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'interviewer la comédienne Karina Testa. Karina est une comédienne qui nous vient du sud de la France et qui est montée à Paris pour faire le cours Florent. Karina, ce que j'ai adoré lorsque j'ai eu des discussions avec elle, c'est vraiment la fulgurance de son parcours. Elle a très, très vite travaillé, alors que c'était un métier qui lui faisait une peur énorme. Elle a été très vite castée, elle a très vite travaillé sur des longs-métrages, puis des séries qui ont eu du succès, comme « Kabul Kitchen » . Et ensuite, évidemment, elle a connu des périodes vides, des périodes de non-travail, des périodes qui l'ont remise en question, qui lui ont fait douter de la pertinence de son choix. Et aujourd'hui, je suis ravie de pouvoir interviewer Karina sur ces questions-là, justement. L'alternance entre tant travaillé, tant non travaillé, tant de succès, tant d'insuccès. et la manière dont elle a pu relever les défis de ces montagnes russes. Bonne écoute !
- Speaker #0
Salut Claire Saut, je suis ravie d'être là.
- Speaker #2
Moi aussi, on s'est rencontrées toutes les deux à un stage de Simon Abkarian, il y a maintenant presque 7 ans. On a collaboré ensemble dans une pièce toutes les deux qui s'appelait Déclic. Aujourd'hui, j'aimerais t'interroger sur ton parcours de comédienne et plus particulièrement sur tes débuts. Comment tu as commencé ce métier et comment tu as décidé de faire ce métier d'abord ?
- Speaker #0
Alors décider c'est un bien grand mot, mais disons que je me suis dirigée vers le théâtre vers 19 ans. Je voulais absolument quitter ma province, partir d'une vie, j'ai eu une adolescence plutôt protégée. mais euh Mais un peu morose, quoi. Voilà, un peu vivre toute seule avec ma mère. Mon père décédé, j'étais assez jeune. Donc, je pense que j'avais envie d'aventure, de partir de ma province et de vivre plein d'aventures. Et donc, c'était d'abord mon premier rêve, ça a été Paris. Il fallait absolument que j'aille à Paris ou alors même d'autres pays. Je suis allée en Italie. Voilà, j'avais envie de voyager. Et arrivée à Paris, je me suis inscrite à ma fac. En fait, je continuais mes études, fac de droit, mais j'avais une amie qui faisait du théâtre et je la trouvais marrante, rigolote. Voilà, moi, j'étais encore pleine d'inhibition, quoi. Et je suis toujours, quand même. Mais disons que j'avais l'impression que faire du théâtre, ça allait m'amener vers une voie de découverte de moi-même dont j'avais besoin. Et c'est comme ça que, comment dire, j'ai atterri dans ce cours qui est juste en face de chez toi.
- Speaker #2
On est à Paris, il faut le dire aux gens, on est à Paris aujourd'hui dans le 19e arrondissement.
- Speaker #0
Donc tu es allée au cours Florent. Voilà, en bonne provinciale qui tape sur internet cours de théâtre, et bien en fait, le cours Florent arrive en premier. Et je ne savais pas que ça acceptait aussi des gens qui... Enfin voilà, qui ne sont pas comédiens encore complètement professionnels. Pour moi, c'était... Je ne savais pas. Donc, c'était trop la classe de dire à ma mère, voilà, je suis au cours Florent. Je ne sais pas pourquoi, mais j'y suis. Et voilà, donc, je me suis retrouvée là. Et petit à petit, la rencontre avec les gens qui étaient avec moi, les professeurs, les textes. Voilà, d'un coup, lire du théâtre. découvrir des auteurs, appréhender le plateau et puis voilà, avoir toutes ces résistances, tout sentir cette émotion en soi qui est là et qui parfois ne jaillit pas. Et bien ça m'a, je ne sais pas, je me suis dit qu'il y avait un endroit là-dedans que j'avais envie d'explorer. Et c'est comme ça que j'ai commencé. Mais sinon, ce n'était pas du tout un rêve de petite fille, par exemple.
- Speaker #2
Ok, donc il n'y avait pas un désir de métier de comédienne très...
- Speaker #1
Précis, très clair,
- Speaker #2
qui t'a fait monter à Paris pour faire le cours Florent, de ce que tu me racontes.
- Speaker #0
Ah non, pas du tout. Non, non, non, c'est vrai que je n'avais pas ça.
- Speaker #2
Et donc, tu fais le cours Florent. Mais alors, ça veut dire quoi faire le cours Florent ? Parce que c'est quoi ? C'est deux ans, trois ans, tu apprends à jouer, tu apprends apparemment même les textes théâtraux. C'est-à-dire que tu n'avais pas une culture théâtrale, tu n'étais pas nourrie de ça ?
- Speaker #0
Oui, j'ai tout appris au cours Florent. Il y en a qui vont dire, voilà, le cours Florent, c'est une boîte, c'est une boîte à fric. Moi, c'est vrai que j'ai tout appris là-bas. J'ai aussi découvert des artistes qui sont des grands artistes aujourd'hui. Donc, je trouve que c'est aussi un endroit où il n'y a pas de sélection. Donc, il y a à boire et à manger. Mais en ce qui concerne les profs que j'ai eus, j'ai eu des profs extraordinaires. Et on a la chance d'avoir ça quand même, même si, voilà, quand t'as pas le conservatoire et tout ça. Mais oui, effectivement, c'était très... Il y a un programme, en tout cas, il y avait, je sais pas du tout maintenant comment ça se passe, un programme très scolaire, quoi. Donc, on apprend, on va travailler trois mois sur Marivaux, trois mois sur Molière. Après, c'est plus des impros, des choses comme ça. Et c'est comme ça que je me suis passionnée de ce métier. Et c'est grâce aussi à l'école que j'ai passé mes premiers castings. Parce qu'il y avait une sorte de tableau comme ça, où il y avait des offres, des petites annonces. Il y avait des petites annonces. Et un jour, j'ai vu « Cherche jeune fille d'origine maghrébine » pour un film comique ou un truc comme ça. Et j'ai appelé le numéro de téléphone. Voilà, on parle d'une autre époque, attention ! Et puis, un mec m'a répondu et m'a demandé si j'avais des photos, tout ça. Et je lui ai dit, non, je n'ai pas de photos. Mais je lui avais envoyé, je ne sais plus, des photos de moi, complètement, je ne sais pas, des trucs amateurs, tu vois. Et il m'avait donné un rendez-vous pour passer des essais. Et j'avais eu le rôle. Et c'était un rôle très important pour un film qui était produit par Eurobacorp, qui est la société de Luc Besson à l'époque. C'était avec Laurent Deutsch, Clément Sibony. C'était genre waouh, incroyable. Coup de bol un peu, la chance de la débutante.
- Speaker #2
Mais à l'époque, tu avais pris la décision de faire ce métier, tu avais compris que c'était un métier où on gagnait sa vie. Est-ce qu'il y avait quelque chose de conscient dans le processus pour toi ou pas ?
- Speaker #0
Alors, après un an, oui. Je me suis dit, tiens, si je continue, parce que quand même, faire par exemple le cours Florent, j'aurais pu faire peut-être un autre cours qui est plus amateur. Quand tu es au cours Florent, tu fréquentes des gens qui veulent faire ça. C'est sacré. Soit on se prend de cette passion incroyable, cette énergie folle qu'on se communique les uns les autres et on va tous vers un rêve. Ou pas, parce qu'il y a des gens qui ont pris des chemins différents. Mais je trouve que, en tout cas, moi, rapidement, je me suis dit, soit je reste et je tente. Je ne sais pas quoi, parce qu'évidemment, ce n'est pas concret tant qu'on ne le fait pas et tant qu'on n'a pas d'engagement professionnel. Mais j'avais envie, en tout cas, d'essayer de réussir là-dedans. Enfin, réussir, c'est un grand mot, je peux dire. d'être actrice, de jouer, d'être payée pour ça. Et c'est venu, oui, un an après. Un an après les premiers cours, là, je me suis dit, bon, je vais tenter. Parce que, oui, je me suis vraiment pris de passion.
- Speaker #2
OK. Et est-ce que quand tu as commencé le cours Cloran, tu as eu des préjugés de type, peut-être que je suis déjà un peu vieille pour faire ce métier ? Il y a beaucoup de comédiens, de comédiennes que je rencontre dans les formations qui me disent que... Aujourd'hui, même quand tu commences un cours à 18 ans, on me dit que c'est déjà un peu vieux parce que les jeunes commencent de plus en plus tôt, vers 14-15 ans, ils ont déjà tourné dans des films. Le milieu parisien fait qu'il y a des gens qui commencent ce métier très très tôt. Et donc les comédiens et comédiennes me disent que même parfois quand ils commencent à 20 ans, 22 ans, ils se trouvent déjà assez vieux pour le métier. Tu pensais quoi toi à l'époque de ça ? T'avais une idée là-dessus ?
- Speaker #0
Moi, je pensais ça aussi. Je pensais que je commençais tard. Mais... pas par rapport au fait, comment dire, c'est plus par rapport à... À ma compréhension, en fait, du théâtre, enfin, je ne sais pas comment dire. J'avais l'impression que si j'avais commencé plus tôt, il y a des choses qui auraient été plus simples. Mais je m'étonne que tu dis ça, en tout cas, qu'il y ait des jeunes qui pensent ça aujourd'hui, parce que je trouve qu'aujourd'hui, il y a quand même moins de pression au niveau des âges. J'ai l'impression que les gens sortent un peu tout le temps, de tous les âges, alors que je trouve qu'à mon époque, qui est du coup il y a 20 ans. Quand j'ai commencé, il y avait encore plus cette pression de l'âge. Il faut que tu sois jeune, si à 30 ans tu n'as pas réussi, ça veut dire qu'il faut que tu changes de métier. Aujourd'hui, on voit des actrices et des acteurs arriver bien après 30 ans. Évidemment, je l'ai pensé, mais je pense que c'est le propre de tout acteur qui débute. Déjà, c'est de se mettre tous les doutes dans la tête. « Ouais, je suis trop vieille. » Je ne suis pas assez comme ci, je ne suis pas comme ça. Donc, en fait, on se blinde d'idées préconçues. Parce qu'on a peur de ne pas y arriver. Donc, on se dit, peut-être qu'on se trouve des excuses ou des choses comme ça. Mais je pense que c'est plus ouvert que ça, en fait.
- Speaker #2
Donc, en fait, toi, tu dis que tu as la chance de tourner rapidement. Finalement, tu tournes un premier film. Et puis, alors après, qu'est-ce qui se passe pour toi ?
- Speaker #0
Alors oui, j'ai eu la chance de tourner rapidement. et très rapidement qui est... D'ailleurs, j'ai eu beaucoup de chance aussi parce que grâce à ce casting réussi, j'ai trouvé un agent. C'est-à-dire que ça s'est passé très simplement. Donc, le directeur de casting m'a dit « Bon, t'es prise, t'as une vingtaine de jours de tournage, il faut absolument que t'aies un... Est-ce que t'as un agent ? » Et je lui dis « Ben non » , il m'a dit « Je vais t'en trouver un. » Enfin, ça n'existe pas. Je veux dire, c'est incroyable, évidemment. Pour le coup, là, j'ai eu beaucoup de chance. Et en plus, c'était une super agent. Et avec ça, du coup, mon agent m'a trouvé aussi d'autres engagements. Donc, j'ai enchaîné tout de suite sur un autre film. En gros, en six mois, j'avais déjà fait deux films, deux téléfilms. Enfin, voilà. Et ça, ça s'est passé en six mois. Donc, genre, bienvenue, quoi. On m'avait dit un peu ça. Même si je me sentais encore un peu verte, j'avais l'impression qu'il y avait quelque chose qui s'ouvrait à moi. Sauf qu'après ces six mois, je n'ai pas travaillé pendant un an et demi.
- Speaker #2
Ok, donc tu as vécu cette première montagne russe qui est propre à tous les comédiens et les comédiennes, c'est-à-dire un moment d'extrême intensité où ça tourne, ça marche, il y a plein de propositions. Et puis après, un moment de calme. et en plus T'as quel âge à ce moment-là, à peu près ? T'as 23, 24 ans, 25 ans ?
- Speaker #0
Ouais, j'ai 25 ans. 25 ans. Et alors,
- Speaker #2
tu te dis quoi pendant ce moment de vide ?
- Speaker #0
Eh ben, après, aussi, ce que j'ai oublié de dire, c'est que moi, quand j'étais au cours flanc, je travaillais à côté. On m'a jamais payé les cours et tout ça, donc je travaillais beaucoup à côté. Je faisais des animations. Enfin, j'ai fait toutes sortes de boulots divers et variés pour gagner Maxi. D'abord, j'ai commencé par aux tests d'accueil, genre simple, tests événementiels. Et puis après, pour vraiment gagner plus d'argent et puis aussi pour trouver un emploi du temps adapté aux cours. J'avais décidé de prendre les cours le matin et du coup, peut-être pouvoir passer des essais ou des castings l'après-midi ou répéter avec les copains l'après-midi. Et du coup, je travaillais la nuit. Donc, c'était une période assez difficile pour moi parce que j'étais très fatiguée, mais j'étais très motivée. C'était parce que la nuit, tu gagnes plus d'argent. Et puis voilà, ça me permettait d'être libre la journée. Donc après, j'avoue que ma formation, en gros, ça a été le cours Florent, mais ça a été aussi la nuit. La nuit, il faut se défendre, il faut débloquer ses baffes, il faut faire péter tes barrières à l'intérieur pour montrer qui tu es, pour vivre et travailler la nuit. Il faut avoir un sacré courage, je trouve, et ça m'a appris beaucoup.
- Speaker #2
Mais tu faisais quoi la nuit ?
- Speaker #0
Je faisais des animations à la débile, je donnais des t-shirts, des trucs comme ça, des trucs qui n'existent plus, pour des marques. Des marques d'alcool, de trucs comme ça. C'était un peu hostile.
- Speaker #2
Tu sais, il y a beaucoup de comédiens et de comédiennes que je rencontre toujours dans les formations que j'anime un peu partout en France qui pensent que quand ils font un autre job, un job alimentaire, c'est qu'en fait ils sont en échec de leur métier. C'est-à-dire qu'ils ont l'impression que le jour où ils seront vraiment comédiens, comédiennes, c'est le jour où ils ne feront que ça. C'est ce que tu as pensé, toi, à un moment ?
- Speaker #0
Ah oui, parce qu'après, il y a eu cette phase où, bien sûr, je n'ai pas continué dans les animations parce que c'est trop violent, mais j'ai quand même eu des phases où j'ai travaillé, j'ai fait des films qui ont été vus et où on m'a reconnue. Et après, j'ai dû retravailler dans un boulot normal et il y a des gens qui me reconnaissaient. Et donc,
- Speaker #2
ça te faisait quoi ?
- Speaker #0
Au début, ça a été très dur. Et puis après, j'ai essayé de le voir différemment. J'ai essayé de me dire que je ne suis pas une comédienne papier glacé. Je vis ma vie de femme et on verra où ça me mène. Et en gros, je suis là pour vivre des aventures aussi. Et ça nourrira certainement des personnages, des choses qui arriveront après. Je suis ancrée dans la vraie vie. On ne peut pas dire que je suis les pieds décollés du sol. J'ai eu des moments hyper privilégiés et d'autres où, d'un coup, le monde m'a remis totalement les pieds sur terre. Et c'est comme ça. Je ne peux pas me plaindre par rapport à ce que je vois dehors. Ce n'est pas toujours facile. Ce n'est pas un métier qui est toujours facile. Mais en vrai, je l'ai choisi et il faut juste se dire que c'est vrai que ce n'est pas tout lisse. La vie n'est pas un long fleuve tranquille, mais c'est juste la vie.
- Speaker #2
Pendant qu'on préparait cette interview, tu me disais qu'il y a eu des moments extraordinaires pour toi. Tout de suite dans ce commencement rapide, ces tournages où tu rencontres des gens, où tout d'un coup tu vois que c'est un métier, que tu peux y arriver, qu'on te légitime dans ce métier. Donc des moments extraordinaires et puis justement des espèces d'autres moments plus ordinaires et que pour toi finalement ton métier de comédienne s'est un peu passé à travers ces deux prismes à chaque fois, l'extraordinaire, les plateaux et des grands projets, des choses très excitantes et puis après revenir dans de l'ordinaire le plus prosaïque possible. Tu peux nous développer ça un peu ?
- Speaker #0
Bah oui c'est ça, je crois que j'ai... Bien sûr, ça fait toujours plaisir quand les gens sont aux petits soins pour toi. C'est quelque chose auquel on peut être sensible et tout ça. Après, j'ai remarqué, et c'est peut-être aussi parce que je suis passée sur toutes les phases, que j'ai juste pas envie qu'on me traite comme quelqu'un de mieux que les autres. mais comme j'ai pu comment dire expérimenter les deux faces, c'est-à-dire avoir un rôle important dans un film et on te traite d'une certaine manière, et même après, du coup, avoir des rôles moins importants, et puis d'un coup, tu deviens quelqu'un de pas... Enfin, je sais pas, c'est-à-dire on s'en fout de toi, et à la limite, t'es à la limite coiffée et maquillée, puis on te fout un coup de cul, on te dit, bon, elle vient l'autre, enfin voilà. Et je me suis dit, mais en fait, ça va pas, les gens, enfin... Non, mais c'est ça que je veux dire, mais... Pourquoi ? De quel droit ? Parce que t'as 20 jours sur un film, on te traite comme une princesse et t'as un jour sur un film et d'un coup t'es une merde. Pardon de dire ce mot, mais non. Et du coup, je ne suis pas trop sensible et j'évite qu'on me chouchoute trop. Je n'ai pas du tout envie de rentrer là-dedans parce que je pense que les gens ne sont ni mes esclaves. Parce qu'il y a aussi ça, en fait, dans ce métier. D'un coup, il y a une sorte de hiérarchie bizarre où tout le monde est au petit soin pour toi quand ça va, quand tu as la gagne. Et en fait, ça, ça m'a... Oui, c'est un truc qui est un peu effrayant, je trouve. Parce que quand tu vois l'autre côté... conduit. Bien sûr, quand tout va bien, t'es juste quelqu'un d'assisté, tu deviens juste quelqu'un à moitié assisté, mais c'est pas grave, tu t'en rends pas compte. Mais quand t'as des hauts et des bas, tu t'en rends compte et je trouve que ça donne pas... Je sais pas comment dire, moi c'est pas quelque chose que j'aime voir de l'être humain, j'aime juste qu'on me traite comme un être humain normal. Et juste parce que je suis... Enfin voilà, je sais pas quoi dire. Pas par rapport au film que je fais, j'ai besoin qu'on m'estime pour qui je suis, pas que par rapport... rapport à une filmographie. Enfin, voilà.
- Speaker #2
Quand je t'ai rencontrée, on s'est rencontrées dans un stage de Simon Apcarian. Simon Apcarian que toi, tu avais rencontré en tournage dans Kaboul Kitchen, où tu tenais le rôle de Lala. Et j'avais été très étonnée parce que tu venais apprendre auprès de Simon Apcarian, alors que ça avait été ton partenaire de jeu. C'est quoi ton rapport à la formation du jeu d'acteur ? C'est-à-dire, comment tu appréhendes ta vie d'actrice et la formation qui va avec ? Il y a un moment où tu te dis... Il faut que je me forme à quelque chose parce que là, je n'y arrive pas. Ou au contraire, tu évites de te former. Comment tu réagis ?
- Speaker #0
Alors moi, la découverte de la formation, ça a été génial. Franchement, j'ai trouvé ça. J'ai vraiment beaucoup utilisé mes heures de formation. Tout au partir du moment où j'ai commencé à travailler, à pouvoir avoir cette opportunité-là, je l'ai utilisée. Et j'ai passé beaucoup de temps. temps à utiliser ça pour vraiment, comment dire, plutôt tout le travail du plateau. Parce que j'ai toujours aimé ça de toute façon, mais j'ai eu moins d'opportunités de jouer au théâtre qu'à l'image. Et donc, je voulais absolument rencontrer des metteurs en scène. Je voulais travailler plus le jeu au plateau. Et ça m'a permis de faire ça. J'ai même aussi fait des trainings. C'était un cours de théâtre, mais à l'année. C'était assez sympa, c'était deux semaines par mois. Et on venait passer des scènes qu'on voulait. Et ça, j'avais trouvé ça génial, j'ai fait ça pendant un an. J'ai trouvé ça vraiment top. Toujours être en mouvement. Mais j'ai passé une grande partie à m'occuper que de mon instrument d'actrice. Maintenant, je ne veux plus faire de stage d'actrice. C'est vrai. C'est vrai ?
- Speaker #2
C'est-à-dire, tu vis ça comment maintenant ?
- Speaker #0
Maintenant, j'ai une toute autre vision. Je considère que quand je ne travaille pas, ce n'est pas parce que je joue mal. Oui, c'est parce que... Je pense qu'il y a des périodes dans la vie où tu travailles plus, tu travailles moins, mais c'est lié à toi, à ton intime, à ce que tu dégages à ce moment-là, ce que je ne sais pas, ce que tu vis, c'est invisible, on ne sait pas, on ne comprend pas. Je ne pense pas que j'ai encore à... Enfin, bien sûr, j'ai énormément à apprendre de ça, mais je veux dire, ce n'est pas là le problème, en fait. Je pense que ce n'est pas là le problème. Et du coup, maintenant, je préfère faire des formations d'écriture. des choses comme ça qui m'aident à découvrir, à travailler encore plus l'intime.
- Speaker #2
En fait, ça résonne ce que tu dis en moi parce que beaucoup de comédiens et de comédiennes que je rencontre ont des doutes de légitimité. C'est-à-dire, ils se demandent tous à quel moment je fais vraiment ce métier, à quel moment j'y suis vraiment. Et je trouve que dans ce que tu viens de me raconter, justement, la question de la légitimité ne se pose plus. Donc quand tu dis, bah voilà, quand je joue pas Je ne me pose plus la question de savoir si je joue mal ou pas. Pour moi, ça veut dire qu'il y a une grosse partie de la question de la légitimité qui est évacuée à cet endroit-là. Ce qui ne veut pas dire que tu n'as pas des doutes quand tu joues, etc. Attention, je pense qu'on ne l'évacue jamais complètement. Mais il y a beaucoup de comédiens, quand ils commencent ce métier, ou même pendant qu'ils font ce métier, ils doutent en se disant « mais en fait, est-ce que vraiment je sais jouer ? » Et puis justement, ce que tu disais, c'est ces moments où on n'est pas choisi, ces moments où tout d'un coup, c'est pas nous qui dépendent de... pas de nous, en tout cas dans une petite partie, il y a une petite partie qui ne dépend pas de nous là-dedans, il y a toujours cette tendance à vouloir dire « Ah, mais c'est peut-être parce que je ne suis pas vraiment à ma place ou que je ne sais pas vraiment jouer. » Et ce que j'entends dans ce que tu me dis, c'est que, toi, cette question-là, en tout cas, elle est calme pour toi, elle est posée.
- Speaker #0
Alors, posée, je ne sais pas. Non, en plus, c'est vrai que c'est un métier tout à fait de comment dire, c'est les... Les montagnes russes émotionnelles. Donc là, bon, peut-être que je suis un peu apaisée, mais si ça se trouve, tu m'écouterais dans deux jours, ce serait une catastrophe. Donc voilà. Mais en vrai, non, moi aussi, je doute quand ça marche pas et des non et des non. Et puis, c'est sûr, après, il y a un seul truc qui n'est pas forcément ce que je vois chez tous mes amis comédiens, parce que moi, j'ai des amis... comédienne et comédien, même s'ils travaillent un peu et ils ont par exemple, ça va de là, un peu d'argent de côté pour voir venir à ce moment-là, le fait d'avoir... un an ou deux ou trois d'affilée, ça les met dans des états pas possibles, alors qu'ils ne sont pas vraiment dans une situation catastrophique. Là, je trouve que c'est un autre niveau, effectivement, dans lequel je ne suis pas. C'est vrai que moi, il ne faut vraiment que d'un coup, je suis à la gorge et d'un coup, je suis là, mon Dieu. Et encore plus avec l'âge, d'avoir un enfant, tu fais OK, j'ai plus d'argent, tout le monde me dit non, comment on fait, quoi ? C'est impossible de ne pas se remettre en question et de se dire est-ce que... Est-ce que je suis sur la bonne voie ? Le seul truc, moi, où je me dis... Comment dire ? C'est vraiment un garde-fou pour moi, c'est est-ce que quand je joue, je suis heureuse ? Parce que je trouve quand même, quelquefois, les gens qui doutent, ou en fait, on peut ne pas se prendre compte, de part peut-être l'attrait d'un métier d'artistique et tout ça, que dans le fond, même quand on l'exerce, on n'est pas si libre que ça en fait. On ne se sent pas tellement bien, on ne le vit pas tellement forcément bien, et c'est là où... peut-être, en fait, on n'est pas fait pour ça. Mais il faut être alerte de ça parce que, voilà, monter sur un plateau et d'un coup, tout est souffrance, pas vouloir faire d'impro, pas vouloir... Voilà, c'est quand un enfant se retrouve devant... J'entendais ça, j'entendais une actrice qui disait ça dans une masterclass, elle disait à un enfant, normalement, quand il joue, il n'est pas là à regarder son joueur en faisant « Est-ce que je vais prendre le jouet ? » Merci. Donc voilà, c'est-à-dire normalement, il doit y avoir un vrai plaisir. Et si d'un coup, il n'y a plus de plaisir et que ça ne devient que souffrance, peur d'être jugé, peur d'être machin, je pense que là, il faut faire attention.
- Speaker #1
Tu disais quelque chose tout à l'heure qui m'a intéressée aussi. Enfin, tu dis plein de choses intéressantes, mais je ne peux pas tout dérouler. Je ne peux pas tirer tous les films. Mais en tout cas, dans la vie de comédien et de comédienne, il y a toujours ce déséquilibre, ou en tout cas cet équilibre fragile entre travailler son instrument. Et puis être dans d'autres projets ou faire un boulot alimentaire. Et toi, comment tu gères ça, ce moment où tu es alerte sur ton instrument ? Est-ce que tu as une sorte de routine physique ? Comment tu gères ce moment comme ça où ça joue, puis des moments où ça ne joue plus ? Comment tu gères ça ?
- Speaker #0
Alors, je n'ai pas de routine physique. J'essaye d'en avoir des espérément, mais malheureusement, le mot routine ne rentre pas. Mon système de fonctionnement de base, pourtant j'essaye, j'essaye, j'essaye. Mais voilà, c'est vrai que je ne suis pas très régulière. J'avoue qu'en ce moment, là où j'essaye d'avoir une routine, et pour moi c'est vraiment lié, vraiment, c'est peut-être mon seul regret, c'est que dans des écoles de théâtre, ou peut-être maintenant ils le font, on n'apprend pas plus la création. C'est-à-dire vraiment essayer d'être moins... c'est pas dans le désir de l'autre parce qu'on est toujours dans le désir de l'autre mais pouvoir créer soi-même des choses d'être soi-même plus fatale exactement donc ça c'est la routine que je m'impose alors ça a peut-être pas de lien direct avec le fait de jouer mais en vrai ça en a pour moi parce que pour bien jouer si je peux dire ça, pour bien être un personnage, j'ai besoin d'avoir confiance en moi, j'ai besoin d'être d'arriver et de me dire que je suis légitime justement et pour ça, j'ai besoin d'avoir un espace de liberté mentale qui me dit que je sers à quelque chose ailleurs malheureusement quand je fais trop le focus sur mon métier en me disant c'est bon que je l'ai ouais ouais voilà « Vous n'avez pas besoin que je l'ai, je suis prise à la gorge, c'est moi, s'il vous plaît, sinon ma vie est foutue. » Je n'ai rien et ça ne fonctionne pas et je n'y arrive pas. Et moi, ma manière de débloquer les choses, c'est de m'intéresser à autre chose. Et je pense que c'est plutôt bien pour tout le monde, en fait. Moi, je crois qu'avoir, par exemple, un deuxième métier ou une autre passion, Merci. D'autres choses, c'est super, moi je pense, vraiment.
- Speaker #1
Tu sais qu'il y a une étude du ministère de la Culture qui est sortie en novembre 2020 qui montre que les comédiens et les comédiennes exercent en moyenne deux autres activités rémunératrices en plus du jeu. Et ça, c'est un vrai tabou chez les comédiens. Comme il y a cette idée que réussir, ça veut dire faire que jouer, eh bien, on passe complètement à côté de la réalité du métier, qui est en fait un métier, comme tu dis, polymorphe. Où on fait plein de choses. Et en tout cas, toi, tu trouves la force de ce métier aussi dans le fait de te nourrir d'autres activités. Et tu ne le vis pas comme un échec.
- Speaker #0
Ah non, non, pas du tout. Ah non, non, moi, je pense que je serais très fière de moi si j'arrivais à mener plusieurs choses en même temps. Et je pense qu'en fait, on ne le sait pas. Mais alors après, même pour les personnes qui réussissent énormément, ça prend d'autres formes. Il y en a, ils font de la sculpture. D'autres ont ouvert des restaurants, des bars. Peut-être qu'ils n'y travaillent pas forcément. Mais beaucoup d'acteurs et d'actrices ont fait ça, de ne pas faire que ça tout le temps. Je pense que c'est un métier qui peut d'un coup tellement trop te tourner sur toi-même et te regarder comme ça, ton intérieur, ton nombril constamment, que ça peut devenir enfermant pour le mental. Il faut s'ouvrir quand même. Comme je le disais tout à l'heure, on est censé faire donner vie à des gens. réelles. Donc, si tes aspirations, elles ne sont pas réelles, tu es toujours dans des rêves ou des choses pas ancrées dans le réel, eh bien, toi-même, tu n'es plus concret, en fait, dans ce que tu joues, dans ce que tu défends.
- Speaker #1
Et comment tu as compris comment marchait ce métier ? Parce que là, tu me dis des choses très importantes sur vraiment la réalité du vécu de l'actrice. Mais comment tu as compris où tu mettais les pieds, comment fonctionnait ce métier ? C'est l'expérience, t'as parlé beaucoup à d'autres comédiens. Comment t'as fait ce métier ?
- Speaker #0
Alors là, je vais te dire, je pense que j'en apprends tous les jours sur ce métier. De toute façon, il y a des mystères qui ne se sont jamais percés. Après, voilà, en fait, je ne sais pas. Je ne sais pas. C'est petit à petit, l'expérience, beaucoup d'observations. Je sais, au début, moi, je... Je ne connaissais pas grand-chose, donc je n'avais pas vu beaucoup de films, je n'avais pas vu beaucoup de pièces de théâtre, donc je ne parlais pas beaucoup, déjà. Mais j'écoutais beaucoup. J'avais vraiment envie d'être... de pouvoir participer à ces conversations passionnées et tout ça, mais... Voilà, en tout cas... Non, je n'ai pas... Ce qui est sûr, quelque chose qui est très important dans ce métier, je trouve, pour pouvoir communiquer, parce que Je pense que l'une des choses les plus importantes, c'est de créer des liens avec les gens. Parce que c'est un métier de passion, c'est de trouver ce qui te passionne. Les auteurs qui te passionnent, les films qui te passionnent. C'est clair qu'on ne peut pas être acteur et ne pas aller au cinéma, ne pas aller au théâtre, ne pas s'intéresser aux autres comédiens. Et puis, ce n'est pas pour avoir des sujets de conversation, mais c'est à dire pour Créer des familles pour savoir avec qui on a envie de connecter. C'est la seule chose que j'aurais peut-être compris. Le reste, après, j'ai appris au fur et à mesure. C'est vrai que comment arriver à un casting, j'en apprends tous les jours. Des moments où j'arrive, je suis un enfer. Je suis hyper stressée et je sors et je me dis, voilà, après autant de temps, je suis quand même encore toujours stressée.
- Speaker #1
L'importance que tu dis parce que encore une fois je rencontre beaucoup de comédiens et de comédiennes qui n'ont pas pris conscience de l'importance de tisser ces liens du réseau, de la magie du réseau dans ce métier et qui justement restent un peu cachés restent dans l'ombre, ne vont pas se présenter et évidemment c'est un grand frein dans la carrière de l'acteur de ne pas aller à la rencontre des autres et justement ce métier il est toujours un peu étonnant parce que Beaucoup de gens qui épousent la fonction de comédienne, de comédienne, ce sont des grands timides. Ce sont des gens qui n'aiment pas forcément, justement, aller parler, être vu. Et comment tu as géré ça, toi ?
- Speaker #0
Oh là là, ça a été vraiment... C'est pareil, c'est en dents de scie. Parfois, je me fais violence, je me force. Et parfois, je suis complètement dans mon terrier, quoi. Et pas forcément, en plus, à des moments où... On pourrait se dire... Enfin, je sais pas, c'était pire avant, attention. Alors là, c'est pour ça que je dis ça, c'est-à-dire que j'ai eu vraiment des moments où j'étais invitée à plein de trucs, machin, et là, je voulais pas y aller. Ouais, et du coup, j'y ai repensé, j'y ai repensé à des autres moments où, ben, tu vois, t'es moins invitée, tu fais moins de films, alors du coup, on t'invite pas ou machin, on s'en fout. Et tu fais, mais merde, j'étais complètement con. que je suis pas allée, c'est con et du coup ça permet de prendre du recul et oui voilà c'est ça, c'est juste que je pense que c'est la peur quand tu commences t'as tellement peur de te planter, t'as tellement peur du jugement des autres, t'as tellement peur de tout qu'en fait tu t'empêches trop je pense qu'il faut vraiment se décontracter à mort, moi j'ai été trop et je vois que les gens qui réussissent le mieux c'est des gens ils sont cools Enfin, je ne sais pas, juste. Ben ouais, ça a vu, ça va. Ouais, ah ouais, ah mais je t'ai vu dans ce truc. Ah, c'est super, j'adore, machin, si ça. Enfin, je ne sais pas, cool. Pas, attends, si je lui parle, il va croire que je pense qu'il veut que machin. Enfin voilà, en fait, plus tu te prends la tête, je pense que plus les choses ne se font pas. Et j'en ai vraiment, j'ai vraiment fait partie de ces gens, de personnes qui se prennent la tête. Attention.
- Speaker #1
Est-ce que tu penses que tu as manqué des occasions de travailler ou de boulot, justement, parce que tu as... T'es restée terrée à des moments ?
- Speaker #0
Alors, je ne sais pas si c'est aussi la solution miracle à tout. Mais par contre, je ne dis pas que j'ai manqué de boulot parce que je ne suis pas sortie. C'est pas vrai, peut-être pas. Mais sur une autre forme, ouais, peut-être. Un peu d'avoir manqué des boulots parce que j'ai eu peur de travailler avec telle ou telle personne. Mais par manque d'ouverture, quand même. Donc en fait, c'est un peu lié. Après... Ouais, voilà, le côté mondain, je sais pas. C'est à double tranchant, je pense.
- Speaker #1
Est-ce que tu penses que pour faire ce métier, il faut une forme de foi ? Enfin, je sais pas quel mot tu mets. Je dis le mot foi, c'est pas forcément religieux. Mais c'est vrai que je te connais un peu. Et qu'est-ce que tu dirais de ce mot de foi ?
- Speaker #0
Ouais, je pense que c'est... Alors, il y en a qui dirait totalement le contraire. Enfin, et encore, je sais pas. Moi, oui. Moi, j'ai besoin de croire en quelque chose. Je ne sais pas, oui. Quelque chose qui me porte d'un coup. Quelquefois, je pense à mon père et je me dis bon, là, je le sens et c'est lui qui m'emmène par là. et voilà, il y a un truc spirituel pour moi avec ce métier, pourquoi d'un coup t'arrives et puis t'arrives à te connecter complètement en un instant. à des émotions hyper fortes. Enfin, je veux dire, il y a quelque chose de divin qui se passe à des moments. Moi, ça m'arrive. Je ne pense pas avoir un jeu technique. Et quelquefois, quand je suis submergée par mes émotions lors d'un casting où c'est très technique, d'un coup, on me dit là, mets-toi là. Enfin, je ne sais pas. Et qu'il n'y a pas de préparation émotionnelle. Et que j'y arrive comme ça en un instant, je sors du truc, après je me dis « Waouh, mais j'ai trop de chance ! » Enfin, je sais pas, il y a un truc qui s'est passé, quoi. J'ai été touchée par la grâce et tout ça. Et donc, je pense qu'il y a quand même quelque chose de... Enfin, moi, je crois en quelque chose comme ça, de sacré du jeu. Mais je pense qu'il ne faut pas compter dessus. Je pense qu'il y a un travail très concret, en fait, avec ce métier qui est très, très concret, de bosser. à fond son instrument, apprendre très très bien ses textes, être un truc très en fait terre à terre, qu'on oublie parfois, et qui je pense fait ses preuves tout à fait normalement, comme n'importe quel autre métier. Mais voilà, après évidemment c'est un métier d'incarnation, donc incarnation, désincarnation, réincarnation, c'est un peu mystique quoi.
- Speaker #1
Je te remercie de ces mots de la fin, parce que c'est l'ordinaire qui devient extraordinaire, un peu ce que je disais au début. Karina Testa, merci énormément pour cette interview qui était passionnante. On peut te voir prochainement dans deux films, un de Nadir Moknesh, donc L'ère de la mer rend libre, et un autre de Karim Ben Salah, qui s'appellera Lumière noire, donc ils vont sortir.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Et puis, on te verra prochainement à la télé dans César Wagner et au théâtre Le Pic. pour la pièce qui aura lieu cet été, donc en 2023, Le Testament médicis de Raphaël Cambrai.
- Speaker #0
Exactement, bravo !
- Speaker #1
Merci Karina et merci à tous les auditeurs et à bientôt pour un deuxième épisode de J'ai deux comédiens. Au revoir !