Speaker #0Aujourd'hui, je vais te parler de quelque chose que je n'aurais jamais cru dire. Après avoir créé Vieux Chnoc, pour mettre des mots sur ce que je vivais, sur ce que nous vivions, nous les hommes qui avançons dans cette drôle de troisième partie de la vie, après avoir davantage de questions que de réponses, je viens de comprendre quelque chose d'emmerdant. Et cela me titille l'esprit. Je me retiens encore de tout dire. Même derrière un micro, même après des centaines d'heures passées à écrire, parler de quête de sens, de masculinité, de deuil, de transmission, de nos contradictions, je garde encore une main sur le frein. Pas par peur de parler, par habitude de me retenir, et à force de me retenir, je finis parfois par ne plus savoir ce que j'aurais vraiment voulu dire. Bienvenue à toi dans Vieux Chnoc, le podcast des hommes de plus de 50 ans qui veulent redevenir eux-mêmes, qui ne veulent plus faire semblant ni faire bonne figure. Ici, pas de recette magique, pas de développement personnel sous cellophane, juste une partenariat. Paroles libres, brutes, sensibles, offertes aux hommes qui veulent retrouver du sens, contacter la vérité d'être soi-même dans la troisième partie de leur vie. Je m'appelle Frédéric Prieur, je suis facilitateur de paroles, passeur de sens, explorateur de la conscience et du masculin sacré. Dans Vieux-Chnoc, on chemine en quête de l'essentiel, sur notre manière d'habiter le monde. On parle de décision intérieure, de résolution douce, de prises de conscience qui peuvent changer notre trajectoire de vie pour se frayer un chemin à la rencontre de notre troisième souffle. Et si tu es là, c'est sûrement que quelque chose en toi est prêt à s'ouvrir pour un tout autre possible. Se retenir. J'ai mis du temps à comprendre que c'était encore là. Vieux schnock, c'est ma voix. Ma vraie voix. Une voix qui est à l'écoute, qui cherche, qui prend le temps de regarder les choses en face. Une voix qui peut dire, je ne sais pas, je me suis trompé, viens, on regarde cela ensemble. Et je tiens énormément à ça. Mais il y avait autre chose, une autre énergie, une colère, des contradictions. Je veux parler de ces choses que je regarde passer dans le monde en pensant, non là quand même, il faut dire quelque chose. Et puis, j'ai décidé de refermer la bouche. parce que c'était peut-être pas le bon endroit, pas le bon format, pas le bon ton, le bon moment. Je me suis assis, puis j'ai pris un peu de recul et j'ai fini par entendre une chose très simple. Ce que je voulais dire n'avait pas besoin de remplacer Vieux-Schnock. Cela avait besoin d'un tout autre territoire. Un espace où je puisse parler plus fort quand il faut parler plus fort. Rire quand le ridicule mérite qu'on se foute un peu de sa gueule. M'énerver quand quelque chose mérite qu'on s'énerve. Me contredire aussi. La possibilité de changer d'avis. Mettre le doigt dans les endroits où ça gratte, où ça dérange, où ça soulève de la réaction. Cet espace, je l'ai appelé Homo Erectus. Le podcast des humains qui refuse de ramper. Homo erectus, cela veut dire l'humain debout, pas le supérieur, pas le dominant, pas le plus fort que les autres, simplement debout. Et je te l'avoue, c'est déjà pas mal. Aujourd'hui, je veux t'expliquer pourquoi ce podcast, j'ai décidé de le créer en ressentant la nécessité impérieuse et urgente. Ainsi, pour tenter de répondre à cette question qui nous concerne beaucoup plus profondément qu'on pourrait le croire. Qu'est-ce qu'on fait de notre parole quand on pense qu'elle n'intéresse plus personne ? Oui, qu'est-ce qu'on fait de notre parole quand on pense qu'elle n'intéresse plus personne ? Parce que je sais très bien ce qui se passe. Tu as des choses à dire, des vraies. Je ne parle pas du dernier débat télévisé ou de savoir si le voisin aurait dû tailler sa haie avant dimanche. Je parle de ce que tu portes. De ce qui t'énerve, de ce qui t'inquiète, de ce que tu regrettes, de ce que tu ne comprends plus, de ce que tu voudrais défendre, de ce que tu n'acceptes plus, de ce que tu aimerais transmettre avant qu'il soit trop tard. Et il y a peut-être une petite voix dans ta tête qui te dit « à quoi bon ? » Qui ça peut intéresser ? De toute façon, le monde n'attend pas mon avis. On va encore me traiter de vieux con. Et puis de toute façon, les jeunes s'en foutent. Mes enfants, maintenant, font leur vie. Et puis... J'ai passé l'âge de monter au créneau. Alors tu regardes, tu observes, tu râles parfois devant ton écran, tu discutes avec deux ou trois personnes, et puis tu retournes au silence. Le problème, c'est qu'un jour le silence devient une habitude. Et une habitude finit par devenir une identité. Tu finis par croire que tu es devenu quelqu'un qui n'a plus rien à dire, alors que tu le sais très bien au fond de toi que c'est faux. Ta voix attend simplement que tu lui rendes et redonnes sa place. Moi aussi j'ai cru longtemps que parler était réservé à certains. Pendant 40 ans, j'ai été sommelier et restaurateur, j'ai servi, écouté, observé, anticipé. Je savais parfois ce qu'un client voulait avant même qu'il trouve les mots pour le demander. C'était tout simplement mon métier. Être là et savoir disparaître. Faire exister les autres. Je t'avoue, c'est une belle qualité. Mais quand tu pratiques ça pendant 40 ans, il peut se passer un drôle de truc. Tu deviens très bon pour entendre les autres et complètement sourd à toi-même. Quand Vieux-Schnock est arrivé, quelque chose s'est retourné. Pour la première fois, je ne servais plus une table, je servais une parole, la mienne. Des hommes, des femmes, ont commencé à m'écrire. Des hommes, des femmes, d'ailleurs, que je ne connaissais pas, qui sont venus avec cette phrase qui revient encore et encore aujourd'hui. « Tu dis à voix haute des choses que je pense tout bas. » Et là, j'ai compris. Ce n'est pas que notre parole n'intéresse plus personne, c'est que nous avons parfois tellement pris l'habitude de la retenir que nous ne lui donnons même plus la possibilité de rencontrer quelqu'un. À mon sens, ce qu'il faut entendre, c'est qu'une parole n'a pas besoin d'être parfaite pour toucher. Elle doit être tout simplement habitée. Vieux schnock m'a appris ça. Mais Homo erectus va aller ailleurs. Parce qu'il y a des moments où parler de nous ne suffit plus. Car à mon sens, il ne suffit pas de parler de ce que nous faisons, de ce que nous tolérons. Mais il est important pour moi de parler de ce que nous regardons passer, de ce devant quoi nous baissons les yeux. Alors tu me diras, c'est quoi Homo erectus ? Et bien concrètement, c'est d'abord des voix. Pas celles des hommes parfaits, pas des experts en costume qui viennent t'expliquer pendant 57 minutes comment devenir des mâles prénium avec abonnement annuel. Très peu pour moi. Ce sont les voix des êtres humains, des hommes, des femmes qui ont traversé la vie, qui se sont plantés, qui portent des cicatrices, qui se contredisent parfois, mais surtout qui essayent de rester debout. Deuxièmement, dans ce podcast, on va parler de sujets qu'on contourne beaucoup. La colère, la violence, la peur, le masculinisme, la misogynie, le racisme, l'homophobie, notre façon de regarder les femmes, le couple, le sexe, le vieillissement, la solitude, même l'intelligence artificielle, nos relancements, nos hypocrisies, nos contradictions ordinaires, et surtout Ce regard sur le monde qui change, et nous avec, ou pas ? Parce que je n'ai aucune envie de créer un podcast dans lequel nous allons expliquer chaque semaine que tout fout le camp et que c'était mieux avant. Certainement que ce n'était pas mieux avant. C'était avant, c'était tout simplement différent. Et maintenant, la seule vraie question est... Qu'est-ce qu'on fait avec aujourd'hui ? Oui, qu'est-ce qu'on fait avec aujourd'hui ? Je ne peux pas t'expliquer Homo Erectus sans te parler de ma meilleure amie Lucia. Lucia a été tuée par son conjoint dans des conditions horribles, profondément écœurantes. Je te laisse juste deux secondes pour imaginer la situation. Après sa mort, j'ai enregistré un épisode que j'avais appelé « Le silence des hommes tue » . Dans cet épisode, j'ai parlé aux hommes, pas aux femmes, aux hommes. Je leur ai demandé de parler, de réagir, de prendre leur part, de dire quelque chose. À la suite de cet épisode... Environ 800 femmes ont répondu. Et tu sais quoi ? Aucun homme n'a répondu, n'a pris la parole. Zéro. Je me souviens de moi devant ce chiffre. Zéro. Assis devant mon bureau, les mains posées à plat sur la table, et autour de moi, à rien. Une journée normale, une rue normale, des voitures qui passent, des gens qui vont acheter leur pain. Le monde, tout simplement, qui continue à vivre. Et moi, je me suis assis devant ce foutu zéro. Oui, Lucia est morte. J'ai parlé. Des centaines de femmes ont parlé. Et les hommes ? Silence. Oui, silence. Ça m'a remué beaucoup plus profondément que je ne l'avais imaginé. Parce que soudain... Le silence n'était plus quelque chose d'abstrait. Il avait un chiffre. Zéro. Et c'est là qu'une question m'a frappé. À quel moment notre silence cesse-t-il d'être de la prudence pour devenir une manière de laisser faire ? Je t'avoue que je ne prétends pas avoir la réponse pour tous les hommes. Je sais simplement quelle réponse j'ai trouvée pour moi. Je n'ai plus envie de me taire, non, je n'ai plus envie de me taire. Je n'ai plus envie d'attendre que quelqu'un de plus légitime, de plus jeune, de plus diplômé, de plus médiatique, de plus propre sur lui, dise ce que je pense qu'il faut dire. Si les hommes ne parlent pas, je parlerai de nous, de ce que nous faisons. De nos lâchetés aussi, de nos beautés, de nos contradictions, de nos silences, de notre responsabilité. Pas pour accuser, pas pour donner des leçons, juste pour regarder en face. Parce qu'on ne peut pas changer ce qu'on refuse de regarder. Oui, pour moi, quelque part, Homo Erectus est né de ce zéro. Ça fait un bout de temps que je cherche comment expliquer la différence entre mes deux podcasts. Et puis, une idée, une image m'est venue. Vieux schnock, c'est la main tendue. Homo erectus, c'est le point levé. Même corps, deux gestes. Avec vieux schnock, je te dis, viens, assieds-toi. On va regarder ensemble ce qui nous arrive. Avec Homo Erectus, je te dirais maintenant, relève-toi, parce que là, ça suffit. Vieux schnock, c'est le chemin intérieur. Homo Erectus, c'est ce qui arrive quand ce chemin intérieur rencontre le monde. L'un ne remplace pas l'autre, mais l'un nourrit l'autre. Parce qu'il y a un piège dans la quête de soi. À force de se regarder le nombril pour savoir qui on est, on peut finir par oublier qu'il existe un monde autour du nombril. Et inversement d'ailleurs. À force de vouloir refaire le monde, on oublie parfois de commencer par la seule petite parcelle sur laquelle nous avons réellement prise. Nous-mêmes. Voilà le lien. Vieux schnockre cherche. Qui suis-je encore ? Homo Erectus demande. Et maintenant que je commence à le savoir, qu'est-ce que j'en fais ? Passons à ce que nous allons parler dans le podcast Homo Erectus. On va parler de colère, pas pour apprendre à gueuler plus fort, on est déjà suffisamment nombreux à savoir le faire, mais pour comprendre ce qu'on fait de cette colère. On va parler du silence, de celui qui protège, de celui qui apaise. mais aussi de celui derrière lequel on se cache. On va parler aussi du corps, du corps qui vieillit, qui change, qui dit parfois des choses que notre tête refuse encore d'entendre. On va parler de transmission, parce qu'à notre âge, transmettre n'est plus une idée abstraite. Eh oui, le compteur tourne. Et ça, je dois le dire, ça ne veut pas dire qu'on va mourir jeudi, enfin, normalement. Mais ça signifie qu'on commence à comprendre que tout ce qu'on ne dira pas, un jour, ne pourra plus être dit. On va aussi parler de tribu. Parce qu'un homme, seul dans sa tête, peut finir par tourner en rond avec une efficacité absolument remarquable. Nous avons besoin de contradictions. de friction, de conversation, de personnes qui se sont capable de nous dire « là, je crois vraiment que tu racontes une connerie » . Voilà ce qui m'intéresse. Une communauté dans laquelle changer d'avis n'est pas une défaite. Une tribu où l'on ne cherche pas des gens qui pensent pareil, mais des gens capables encore de penser. Parce que la contradiction m'intéresse énormément. Je ne te parle pas de la contradiction pour emmerder le monde. Quoique parfois, la contradiction comme outil de liberté, être capable de dire « je ne suis pas d'accord » , mais aussi « attends, là, peut-être que tu as raison » . De cette capacité de tenir une position sans s'y attacher, comme si notre identité entière dépendait de notre capacité à ne jamais bouger d'un millimètre. On vit une époque où tout nous pousse à choisir un camp. Pour, contre, gentil, méchant, droite, gauche, boomer, woke, réac, progressiste. Comme si l'intelligence humaine tenait entre deux colonnes Excel. Eh bien moi, je dis non, je refuse cela. Nous sommes des êtres contradictoires. Et c'est peut-être... Une chance, même une très grande chance, parce qu'être contradictoire signifie parfois qu'on est encore vivant, qu'on doute, qu'on bouge, qu'on apprend, et ainsi qu'on refuse de devenir notre propre statut. Le podcast Homo Erectus arrive le dimanche 1er novembre. Tu peux simplement attendre la sortie et c'est parfaitement légal, mais tu peux être là avant. Je te dis ça parce que maintenant que je t'ai bien secoué les neurones, on ne va pas s'arrêter là, tu te doutes bien. Parce que gueuler tout seul dans ses écouteurs, c'est bien gentil. Mais ça ne fait pas avancer le schmilblick. Ce que je te propose, ce que je t'offre, c'est la possibilité de rejoindre sur Facebook le groupe Debout Bordel. Un joyeux repère d'emmerdeurs qui réfléchissent, qui débattent, qui se contredisent. et surtout qui n'ont pas peur d'ouvrir leur gueule. Tu retrouveras le lien du groupe dans la description de cet épisode. Tu réponds à trois questions et hop, te voilà parmi nous. Comme ça, dimanche le 1er novembre, tu ne débarqueras pas dans Homo Erectus par hasard. Tu seras tout simplement déjà là. Pour moi, c'est une manière de commencer la conversation. Avant même le premier épisode. Rappelle-toi ce que je t'ai dit au début de cet épisode. Je me retenais encore. Voilà. Maintenant, tu sais ce que je voulais dire. Je ne renie rien de Viochnok. Au contraire, sans Viochnok, Homo erectus n'existerait probablement pas. Ce que j'essaye de te dire, c'est qu'il fallait d'abord que je descende en moi. Regarder les ruines, mon burn-out, ma faillite, mes deuils, mes erreurs, mes contradictions, le silence. Il fallait tout simplement que je me retrouve. Pour moi, se retrouver ne peut pas simplement consister à rester assis dans son coin en disant « ça y est, je suis aligné, je suis éveillé » . Formidable en soi. Mais maintenant, maintenant, il faut vivre. Parler, choisir, répondre. Dire oui, dire non. Dire je ne sais pas, je me suis trompé. Dire ça, je ne l'accepte plus. Je ne veux plus défendre ses propos ni ses attitudes. Lucia mérite mieux que mon silence. Les femmes qui avaient répondu ce jour-là méritent mieux que notre silence. Les hommes qui doutent en silence méritent mieux que notre silence. Et peut-être toi aussi. Peut-être que tu portes depuis longtemps quelque chose que tu n'as jamais osé dire, parce que tu étais convaincu que personne n'en avait rien à foutre. Je vais terminer cet épisode avec cette phrase. Ne cherche pas encore quoi dire. Pose-toi simplement la question, qu'est-ce que je t'ai depuis trop longtemps ? Qu'est-ce que je t'ai depuis trop longtemps ? T'as pas besoin de me répondre, pas besoin de publier, pas besoin de monter sur une table avec un... L'égaphone commence simplement par ne plus te mentir à toi-même. Parce qu'une parole véritable commence toujours là. Et rappelle-toi mon ami, Vieux Chnoc c'est le podcast de la main tendue vers soi. Homo erectus, lui, allume la mèche. Le groupe Facebook Debout Bordel entretient le feu. Je n'ai qu'une chose à te dire avant de nous quitter. Debout, bordel ! Homo Erectus arrive le dimanche 1er novembre. Tu retrouveras le lien du podcast dans les notes de l'épisode. Rejoins-nous, c'est un plaisir de t'y recevoir. Merci d'avoir pris le temps de m'écouter. Si ce que je te partage, te parle, dis-moi ce que réveille cet épisode en toi. Comment te sens retenu ? Partage-moi ton ressenti. Si tu souhaites t'abonner à Vieux Chnoc, n'oublie pas de lui donner une note, c'est important pour son avenir. Et sache que, le plus beau cadeau que tu puisses me faire, c'est de le partager à d'autres hommes en quête de sens et d'authenticité. Et n'oublie pas, on ne se répare pas, on se retrouve. A bientôt mon ami, je serai là, pour moi, pour toi, pour nous.