Speaker #0Aujourd'hui, je fais un épisode autour de ce qu'il s'est passé le samedi 17 octobre. Je suis sûr que tu as vu les images, les vitrines éclatées, les pillages, les violences, les voitures en feu, l'hôtel de ville de Limoges qui brûle, les gens qui courent dans tous les sens, le regard hébété face à la situation qui les déborde, les CRS qui se font harceler et m'attaquer dans tous les sens, les fumigènes, les grenades, les artifices, les sirènes, les pompiers qui ne savent plus où donner de la tête. Les gens qui filment, les gens qui se marrent et s'enivrent de la situation. Toujours quelqu'un pour filmer, pour reprendre un flot d'images et de commentaires sur les réseaux sociaux. Tu as ressenti peut-être ce sentiment de guerre civile. Et devant tout ça, t'as senti quelque chose monter. Une putain de colère. Bienvenue à toi dans Vieux Chnoc, le podcast des hommes de plus de 50 ans qui veulent redevenir eux-mêmes, qui ne veulent plus faire semblant ni faire bonne figure. Ici, Pas de recette magique, pas de développement personnel sous cellophane. Juste, une parole libre, brute, sensible, offerte aux hommes qui veulent retrouver du sens, contacter la vérité d'être soi-même dans la troisième partie de leur vie. Je m'appelle Frédéric Prieur, je suis facilitateur de parole, passeur de sens, explorateur de la conscience et du masculin sacré. Dans Vieux Chnoc, on chemine en quête de l'essentiel, sur notre manière d'habiter le monde. On parle de décisions intérieures, de résolutions douces, de prises de conscience qui peuvent changer notre trajectoire de vie pour se frayer un chemin à la rencontre de notre troisième souffle. Et si tu es là, c'est sûrement que quelque chose en toi est prêt à s'ouvrir pour un tout autre possible. Immédiatement, sans réflexion, sans recul, sans prendre soin de vérifier les informations, quelqu'un est venu t'expliquer. Un politique t'a dit contre qui tu devrais être en colère, un autre politique t'a expliqué que le premier était un abruti. Un journaliste t'a donné 4 experts et 12 minutes de décryptage. Un itérialiste a soi-disant trouvé les vraies causes. Sur Facebook, Gérard, qui jusque-là publiait surtout des photos de son barbecue et de sa prostate, avait soudainement compris la géopolitique, la sociologie des mouvements sociaux et celui du maintien de l'ordre. On vit quand même une époque formidable. En deux heures, tout le monde savait quoi penser, sauf peut-être toi. Parce que toi, au fond, tu ne savais pas seulement quoi penser. Tu essayais surtout de comprendre ce que tu ressentais. Et ça, curieusement, ça n'intéressait plus grand monde. Alors aujourd'hui, je ne vais pas t'expliquer les événements du 17 octobre. Je ne vais pas te dire qui est gentil, qui est méchant, qui a raison, qui récupère qui. D'autres le font très bien. Ils font ça d'ailleurs toute la journée. Et visiblement, ils ont du stock. Moi, ce qui m'intéresse, c'est tout autre chose. Je veux te parler de qu'est-ce que ça fait à un homme de notre âge de regarder son pays se déchirer. Et surtout, qu'est-ce qu'on fait de la colère qui nous reste dans les mains après avoir éteint les écrans. Ce samedi 17 octobre 2026 restera dans les annales de l'histoire française. Des centaines de milliers de personnes ont manifesté en France contre la vie chère et tous les problèmes qu'il y a autour de l'éducation, et aussi autour de plusieurs revendications sociales. Ils étaient 550 000 selon le ministère de l'Intérieur, 800 000 selon les organisateurs. Dans de nombreuses villes, l'immense majorité des gens ont manifesté. Et puis, il y a eu les violences, les pillages, les affrontements, les bâtiments attaqués. Comme tu le sais, à Limoges, l'hôtel de ville a été incendié. A Bordeaux, Lyon, Marseille, Paris et ailleurs dans toutes les villes de France, des scènes de destruction ont occupé les écrans. Et dès les heures suivantes, la grande machine s'est mise en route. Le gouvernement a donné sa lecture, la Ausha donné la sienne, la droite et l'ex-aîn droite ont donné les leurs. Les accusations sont parties dans tous les sens. Responsabilité du pouvoir, responsabilité des casseurs, responsabilité de l'outre-gauche, responsabilité du maintien de l'ordre, impuissance du gouvernement, violence sociale, violence politique. Bref, à peine les fumées dissipées ont distribué déjà les roules. Et là, je me suis posé une question. Une question en apparence beaucoup moins spectaculaire. Où passe notre colère là-dedans ? Oui, où passe notre colère là-dedans ? Pas celle des parties, pas celle des plateaux télé, pas celle du type qui hurle sur X avec 17 points d'exclamation. La nôtre, celle d'un homme qui a vécu 50 ans sur la télé. 300 ans, dans ce pays qui l'a vu changer, qui a bossé, payé, aimé, voté, espéré, et puis aussi qui a fermé sa gueule souvent même, qui a connu des crises, des promesses, des élections, des scandales, des attentats, des réformes, des guerres, les gilets jaunes, le Covid, et qui regarde maintenant son écran en se disant « mais bordel, qu'est-ce qui nous arrive ? » Je crois vraiment que cette question mérite mieux qu'un sondage. Parce que derrière le monde par en couille, il y a souvent beaucoup plus qu'une opinion politique. Il y a de la peur, du chagrin, de l'impuissance. La sensation que quelque chose se défait. Et parfois même, le deuil d'un monde qu'on pensait connaître. Peut-être que tu l'as vécu comme ça. Tu regardes, tu ne peux pas d'ailleurs vraiment détourner les yeux. Et en même temps, t'en as marre. Marre des images, marre des commentaires, marre des types qui savent, marre des autres qui gueulent. Et peut-être même marre de ta propre colère. Parce qu'à notre âge, la colère, on commence parfois à s'en méfier. On en a tous connu des hommes qui se sont transformés en vieux cons amers. Des hommes pour qui tout devient une preuve que c'était mieux avant. Les jeunes, des cons. Les politiques, tous pourris. Internet, une saloperie. Les femmes, elles ont changé. Le climat, on vous emmerde. Les voisins, des cons également. À ce rythme-là, il ne reste plus que le chien. Et encore, s'il aboie trop, ça peut mal finir. Alors on se dit, je ne veux pas devenir ça. Et pour ne pas devenir ça... On ravale, on relativise, on se dit, ça ne sert à rien de s'énerver, qu'est-ce que tu veux que j'y fasse ? De toute façon, ils font ce qu'ils veulent. Alors, on devient raisonnable, très raisonnable d'ailleurs. Tellement raisonnable qu'on finit parfois par ne plus sentir grand-chose. Et c'est là que je crois qu'on fait une erreur. Parce que la colère n'est pas forcément le problème. La colère, oui, elle est une information. Elle te dit, attention, il y a quelque chose ici qui compte pour moi. L'injustice, la dignité, la sécurité, la liberté, la paix, mes enfants, mes petits-enfants, le monde que je voudrais leur laisser. Oui, la colère peut être dégueulasse, elle peut humilier, elle peut détruire, elle peut aussi devenir violence, évidemment. Mais elle peut aussi être un signal. Et supprimer le signal, ça ne répare pas ce qu'il signale. Imagine, si un voyant rouge s'allume sur ta voiture, tu peux toujours mettre un morceau de sparadrap dessus. C'est formidable, tu ne vois plus le voyant, mais ton moteur est toujours en train de crever. Ce n'est pas la première fois que je regarde et vois ces images comme celle-ci. J'ai vécu les émeutes de 2005, j'ai vécu les gilets jaunes, les ronds-points enflammés, les affrontements dans les rues, les vitrines éclatées, les charges qui ont été explosées, les blessés, les images qui tournent en boucle. Et puis de nouveau, le 17 octobre, à chaque fois, je ressens quelque chose de familier. Ce bruit, le feu, les discours, la recherche immédiate du coupable. Sauf que moi, entre-temps, j'ai vieilli. La première fois, j'avais encore suffisamment d'années devant moi pour me raconter « ça va passer » . Maintenant, j'ai presque 60 ans. Et tu veux savoir la vérité ? Ça ne passe jamais complètement. Les crises changent de forme. Les acteurs changent. Les slogans changent. Mais quelque chose revient sans cesse. Une colère qu'on ne sait plus très bien où mettre. Pendant longtemps, j'ai cru qu'il fallait choisir. Être pour, être contre. Condamner, soutenir, trouver immédiatement son camp. Comme si reconnaître la couleur sociale obligeait à excuser une mairie incendiée. Comme si condamner les violences obligeait à nier tout ce qui avait précédé. Comme si notre cerveau ne pouvait plus contenir qu'une seule idée à la fois. Eh bien merde, à presque 60 ans, j'espère encore pouvoir en contenir deux. Je peux considérer qu'incendier un bâtiment public est inadmissible et vouloir comprendre pourquoi tant de personnes éprouvent suffisamment de colère pour descendre dans la rue et tout casser. Je peux soutenir un policier qui rentre chez lui vivant et m'interroger sur certaines pratiques du maintien de l'ordre. Je peux refuser la casse et refuser aussi qu'on utilise la casse pour rendre invisibles des centaines de milliers de personnes. Deux pensées. En même temps, révolutionnaire, hein ? Et c'est peut-être ça qui a changé chez moi. Avant, je voulais savoir qui avait raison. Aujourd'hui, j'essaie surtout de comprendre ce que la situation révèle, sur le monde, et bien sûr sur moi. Parce que oui, en regardant ces images, j'étais en colère, en pétard même. Et je n'ai pas envie qu'un parti politique, un éditorialiste, un algorithme, où Gérard et son barbecue, décident à ma place de ce que cette colère signifie. Ça me fait penser à une analogie, le vin qui tourne au vinaigre. J'ai passé 40 ans dans le vin et la restauration, et je t'avoue que ça laisse quelques séquelles. Notamment cette manie de comparer la vie à une bouteille. Alors, allons-y, explorons cette analogie. Un grand vin, tu ne le sers pas n'importe comment. Tu ne le balances pas dans un gobelet en plastique entre les cacahuètes et la mayonnaise. Enfin, tu peux techniquement. Mais là, je te l'avoue, ça, c'est un crime. Un grand vin, tu lui laisses de l'air. Tu le regardes. Tu le sens. Tu attends. Tu essaies de comprendre ce qu'il contient. Eh bien, pour moi, la colère, c'est pareil. Malservie, elle est gris. Tu la balances sur Facebook à chaud, tu insultes quelqu'un, tu passes trois heures à scroller, tu regardes quinze vidéos qui confirment exactement ce que tu pensais déjà. Et puis, bien sûr, l'algorithme t'en resserre dix-sept. Parce que ce qu'il faut comprendre, c'est qu'un homme furieux, ça clique. Et un homme qui clique, ça rapporte. Alors, ta colère devient une marchandise, une matière première. Pas pour toi, mais pour ceux qui savent la monétiser. Un média veut ton attention, un politique veut ton vote, une plateforme veut ton temps, un militant veut ton adhésion. Et chacun a intérêt de te dire. Ta colère est légitime, et je vais t'expliquer contre qui la diriger. Moi, personnellement, je crois qu'il y a un moment où il faut répondre « Non merci, cette colère est à moi » . Je vais déjà essayer de comprendre ce qu'elle raconte avant de te la confier. Parce qu'un homme capable de tenir sa colère, ce n'est pas un homme qui ferme sa gueule, c'est un homme qui choisit ce qu'il va en faire. Je vais te proposer 5 choses. Pas les 5 techniques scientifiques pour devenir zen en 12 minutes. On n'est tout de même pas chez Castorama du développement personnel. Mais je vais te proposer 5 gestes. À essayer ou pas. Première chose, nomme précisément ce qui te met en colère. Pas. Tout part en couille. Ça, c'est le paquet familial. Ouvre-le. Qu'est-ce qui te met vraiment en colère ? La violence ? L'injustice ? La sensation de ne pas être entendu ? La peur pour tes enfants ? L'impression que ceux qui décident vivent dans un autre monde ? La haine entre les gens ? Ton sentiment d'impuissance ? Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'une colère qu'on ne nomme pas cherche toujours un ennemi. Une colère qu'on nomme commence à chercher une direction. Deuxième chose, coupe le bruit. 24 heures minimum. Pas de BFM, pas de CNews, pas de France Info, pas de X, pas de Facebook, pas la vidéo du cousin Michel qui connaît quelqu'un, qui connaît un policier, qui lui a dit que... Fais tout simplement silence. Pas parce qu'il faut fuir le réel, parce qu'à force de consommer le commentaire du réel, tu finis par ne plus savoir ce que toi, tu penses. Ta colère a besoin d'un peu de silence, sinon elle lui appartient déjà. Troisième chose, dis ta colère à une personne réelle, pas à 642 abonnés, à quelqu'un pour de vrai. Une femme, un ami, ton fils, ta fille, ton frère, un type avec qui tu peux parler sans monter sur un ring. Et tu peux tout simplement commencer par... Voici ce qui m'a remué. Pas besoin d'une grande analyse, pas besoin d'avoir raison. Juste dire. Parce qu'une émotion mise en mots n'a déjà plus exactement le même pouvoir. Quatrième chose, demande-toi ce que ta colère protège. Ça, pour moi, c'est la question essentielle. Parce que derrière certaines colères, il y a de l'amour. Ça paraît con dit comme ça, mais écoute. Tu es en colère parce que tu as peur pour tes enfants, parce que tu veux qu'ils puissent vivre dignement, parce que tu refuses la bruit. brutalité. Parce que tu tiens à une certaine idée de la justice. Parce que tu ne supportes pas qu'on humilie des gens. Parce que tu voudrais laisser autre chose à tes enfants qu'un monde où tout le monde se déteste. Voilà ce que tu protèges. Voilà ce que cette colère protège. Et ça, c'est beaucoup plus intéressant que la colère elle-même. Cinquième chose, fais atterrir cette colère quelque part, dans le réel. Pas un cœur rouge, pas un partage, pas tous pourris sous un article. Un acte que ce soit aider, écrire, s'engager, discuter, voter, participer à une association, s'occuper de quelqu'un, transmettre, créer quelque chose. Oui, ta colère a besoin d'une destination. Sinon, elle reste en toi. Elle m'asserre. Elle t'aigrit. Et au bout de quelques années, on appelle ça de l'amertume. Je vais maintenant te raconter une histoire. Enfin, pas l'histoire d'un homme précis. Je préfère être clair. C'est une scène composée à partir de dizaines d'hommes que j'ai entendus pendant 40 ans derrière un comptoir. Des gars différents, mais souvent la même phrase. Imagine, un type s'assoit, la cinquantaine bien entamée, il commande un verre, il regarde en même temps les infos sans vraiment te regarder, et tu l'entends dire « tous des cons, tous des cons, le gouvernement des cons » . L'opposition des cons, les jeunes des cons, les syndicats des cons, les patrons des cons. Le monde entier est en train de recevoir son certificat officiel de connerie. Face à tant de colère, je me mets à lui parler. Vraiment pas longtemps. Et soudain, au milieu de toute cette colère, il lâche une phrase. Un truc petit, minuscule. Du genre, j'ai une petite fille de 4 ans, je me demande dans quel monde elle va grandir. Et là, tout change. Parce qu'il n'est plus seulement en colère, il a peur, il aime quelqu'un, il voudrait la protéger. Mais la vérité, c'est qu'il ne sait pas comment. Alors, tu découvres que son impuissance se déguise en colère. C'est plus facile à porter. Un homme en colère, ça tient debout. Un homme qui dit « j'ai peur pour ma petite fille » , ça nous emmène ailleurs. Et pourtant, c'est peut-être exactement la même émotion, mais deux centimètres plus profond. Voilà ce que j'aimerais que nous apprenions à faire après 50 ans. Pas devenir mou, pas devenir des sages, pas sourire béatement en regardant la France brûlée en expliquant que, après tout, tout est expérience. Faut pas déconner. Mais je te propose de descendre deux centimètres plus profond. Sous « ça me fait chier » , qu'est-ce qu'il y a ? Sous « tous des cons » , qu'est-ce qu'il y a ? Sous « le monde part en couille » , qu'est-ce qu'il y a ? Peut-être une peur, un chagrin, une valeur, un attachement. Quelque chose que tu voudrais sauver. Et là... Ta colère, crois-moi, devient intéressante, bien plus intéressante, parce qu'elle recommence à parler de toi au lieu de parler seulement des autres. Ça me fait penser à une deuxième analogie que j'appelle la bouteille bouchonnée. Quand un client me ramenait une bouteille bouchonnée, il y avait deux solutions. La première, le dire, excusez-moi ce vin a un problème, on vérifie ensemble, on changeait la bouteille, fin de l'histoire. Et puis il y avait les autres, ceux qui n'osaient pas, par politesse, par gêne, par peur de passer pour un emmerdeur. Ils goûtaient, ils faisaient une drôle de tête, et ils disaient « bah non, ça va, ça passera » . Et ils buvaient. Une bouteille dégueulasse payait parfois une fortune, rien que pour ne pas déranger. Eh bien tu sais, je crois qu'on a parfois fait pareil avec notre colère. On savait que quelque chose n'allait pas, on le sentait, mais on a continué à boire. Parce qu'il fallait bien être raisonnable, parce qu'un homme tient, parce qu'on ne va quand même pas faire une scène, parce que j'ai du boulot par-dessus la tête et j'ai d'autres choses à faire, parce que les enfants, parce que le crédit, parce que la vie... Et au bout de 20 ou 30 ans, on ne sait même plus exactement depuis quand le vin est bouchonné. Alors non, je ne te propose pas de renverser la table. Je te propose quelque chose de beaucoup plus subversif. Tout simplement dire, ça ne me convient plus. Et ensuite, chercher pourquoi. Parce que reprendre sa colère, ce n'est pas casser, ce n'est pas hurler, ce n'est pas devenir violent. Reprendre sa colère, c'est reprendre la responsabilité de ce qu'on va en faire. Et ça, pour moi, c'est précisément l'inverse de la violence. Passons maintenant à la pratique des trois interrogations que tu retrouves dans chaque épisode de Vieux Chnoc. Je vais te laisser avec trois questions, t'as pas besoin de répondre tout de suite. Emporte-les en voiture, en marchant, dans ton jardin, sous la douche, même aux toilettes, car la philosophie n'a jamais exigé un fauteuil en cuir. Première question, qu'est-ce qui me met réellement en colère aujourd'hui ? Qu'est-ce qui me met réellement en colère aujourd'hui ? Pas le nom d'un homme politique, pas un parti, pas les jeunes, pas les vieux, pas les riches, pas les immigrés, pas les bobos, pas les boomers. Cherche beaucoup plus profond. Qu'est-ce qui te blesse vraiment ? Deuxième question. Qu'est-ce que cette colère essaie de protéger en moi ? Qu'est-ce que cette colère essaie de protéger en moi ? Une valeur ? Une personne ? Une certaine idée de la dignité ? de la justice, de la liberté, de la transmission ? Qu'est-ce qui compte en ce corps suffisamment pour que sa disparition te mette en colère ? Parce que si quelque chose peut encore te mettre profondément en colère, c'est peut-être aussi la preuve que tout n'est pas mort en toi. Troisième question, et je t'avoue, celle-là, elle pique un peu plus. Qu'est-ce que je peux faire, moi, à mon échelle de cette colère ? Qu'est-ce que je peux faire, moi, à mon échelle de cette colère ? Non pas, qu'est-ce qu'il devrait faire ? Il, toujours il, qu'est-ce que moi je peux faire ? Une conversation ? Une décision ? Un engagement ? Une parole ? Une transmission ? Un refus ? Une limite ? Un geste ? Parce qu'à presque 60 ans... J'en ai un peu marre de regarder la télévision en expliquant au monde ce qu'il devrait devenir. Je voudrais encore participer un peu, même modestement, même imparfaitement, mais tout simplement participer. Tu retrouveras cette pratique des trois interrogations et la synthèse de l'épisode dans un livret en format PDF que je t'ai préparé, que je t'offre gracieusement. Tu le trouves ? trouveras en lien dans la description de l'épisode. N'hésite pas à le télécharger, c'est offert par la maison. Voilà mon ami, tu les as vus ces images, tu as senti cette colère monter. Puis, les commentaires sont arrivés, les analyses, les accusations, les récupérations, les camps. Et au milieu de ce vacarme, il y avait toi. Toi, avec quelque chose dans la poitrine. Alors, je vais te laisser avec cette idée. Ta colère n'est pas forcément ton ennemi. Elle peut devenir toxique, bien sûr. Elle peut devenir injuste, bien sûr. Aveugle, violente. Mais à ce moment-là, il faut savoir lui dire non. Mais avant de la jeter ou de la répandre, écoute-la. Parce qu'elle peut aussi te dire « ça, ça, ça compte pour moi » . Et à notre âge, savoir ce qui compte encore, ce n'est pas un détail. C'est peut-être même essentiel. N'oublie pas, mon ami, le monde a suffisamment de gens pour exploiter ta colère. Les algorithmes savent très bien le faire. Les partis aussi savent le faire. Les médias maîtrisent ce savoir-faire. Les marchands de peur savent le faire aussi. Alors, ne leur facilite pas le boulot. N'oublie jamais, ta colère t'appartient. Reprends-la, regarde-la, interroge-la et décide toi-même ce qu'elle va nourrir. La haine ou quelque chose qui mérite encore d'être défendu ? Parce que finalement, la vraie question du 17 octobre pour moi, elle est peut-être là. Pas seulement ce qu'il s'est passé dans les rues, mais qu'est-ce qui s'est passé dans les rues qui révèle en moi Ce qui se passe à l'intérieur. Et là, on recommence à parler de quelque chose sur lequel nous avons encore du pouvoir. Nous-mêmes. Je termine cet épisode en te posant une seule question. Qu'est-ce que tu aurais voulu dire ce soir-là et que tu n'as pas pu dire ? n'a pas dit. Résume-le en une phrase, pas un programme politique, pas une dissertation, une phrase vraie. Écris-la, envoie-la moi, en commentaire, en message, tu trouveras la façon de le faire, comme tu veux, mais dis-la, je t'en prie, dis-la. Non pas pour alimenter le bruit, mais justement pour en sortir. Parce qu'un homme qui retrouve sa parole reprend déjà. Une petite part de sa liberté. N'oublie pas mon ami, on ne se répare pas, on se retrouve. Merci d'avoir pris le temps de m'écouter. Si ce que je te partage, te parle, dis-moi ce que réveille cet épisode en toi. Comment te sens retenu ? Partage-moi ton ressenti. Si tu souhaites t'abonner à Vieux Chnoc, n'oublie pas de lui donner une note, c'est important pour son avenir. Et sache que, le plus beau cadeau que tu puisses me faire, c'est de le partager à d'autres hommes en quête de sens et d'authenticité. Et n'oublie pas, on ne se répare pas, on se retrouve. A bientôt mon ami, je serai là, pour moi, pour toi, pour nous.