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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Transcription
En fait, les fleurs, c'est la vie. Chaque génération est venue construire quelque chose de nouveau. Coïncidence ? Je ne sais pas. Je pense qu'on peut être fiers, on a une belle ville, il fait bon vivre. On passe tous un bon moment, c'est trop bien. Venez vivre à Caen.
Vous écoutez Voix Conquérante, un podcast original de Caen Normandie. Bonjour à toutes et à tous, je suis Chloé Lenoir et je vous souhaite la bienvenue pour ce nouvel épisode, le dixième déjà, qui marque la fin de cette toute première saison de Voix Conquérante. Pour clore ce chapitre en beauté, j'ai poser mes micros dans un décor particulier. C'est au cœur même des serres de Rouville-Saint-Clair, entourées par les fleurs et les plantes, que j'ai rejoint mon invité du jour, Arthur Costil. Pour la première fois dans ce podcast, nous mettons le projecteur sur le secteur agricole et les métiers de la terre. Chez l'Ecostyle, on est horticulteur de père en fils depuis six générations. Une exploitation familiale qui est aujourd'hui menée par les parents, Laurence et Gilles, rejoints par leurs deux fils, Arthur et Elliot. C'est une histoire de transmission transgénérationnelle où le savoir-faire se passe comme un flambeau et où chaque époque doit faire face à ses propres défis. C'est un profil résolument atypique que vous allez... découvrir aujourd'hui. Car au-delà d'être horticulteur, Arthur est un entrepreneur dans l'âme. Dans un secteur d'activité où se diversifier est devenu vital, lui et sa famille ne cessent de bousculer les codes à travers des idées créatives et audacieuses. Mais ce n'est pas tout, Arthur est aussi un créateur de contenu passionné. Chaque jour, il rassemble une communauté de milliers d'abonnés qui suivent son quotidien et ses astuces de jardinage sur les réseaux sociaux. Comment faire évoluer ? un savoir-faire ancestral. Comment innover quand on travaille avec les aléas du vivant et des contraintes climatiques ? Cet épisode de Clôture est une conversation fleurie, végétale, verdoyante, une véritable ode à la nature, à la réinvention et à la richesse de notre territoire. Alors, installez-vous confortablement, je vous souhaite à toutes et à tous une très bonne écoute.
C'est bon pour toi ?
Bah ouais, c'est carrément bon pour moi. Et est-ce que toi, c'est bon pour toi ?
Bah ouais.
Let's go !
C'est parti !
Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans le podcast Voix Conquérante. On en est au dixième épisode, c'est le dernier épisode de cette première saison. Et vraiment, j'aurais pas pu rêver meilleur cadre pour terminer cette saison en beauté. On enregistre aujourd'hui dans les serres des horticulteurs costiles et j'ai le plaisir d'être avec toi Arthur aujourd'hui. Merci de répondre positivement à cette invitation.
Merci à toi.
Et surtout merci de nous inviter au cœur de tes serres. Vraiment l'environnement est incroyable.
On est au mois de juin, on ne peut pas être mieux en termes de fleuries. Donc là c'est sympa, c'est très visuel.
Oui c'est très visuel. D'ailleurs je vous invite à aller voir sur les réseaux sociaux pour profiter pleinement du cadre. Là, c'est vrai qu'on est au cœur de la floraison.
On attaque la saison estivale, la saison où toutes les fleurs sont au top. Donc franchement, c'est visuel. On reparlera des réseaux sociaux.
Exactement. Mais d'ailleurs, parlons réseaux sociaux. Aujourd'hui, c'est une coïncidence, mais on a une célébration, je crois. Dis-nous tout.
Eh bien, on célèbre nos 100 000 abonnés sur Instagram. C'est incroyable. On a passé le cap cet après-midi. Coïncidence, voilà, c'était pour le podcast, c'était prévu.
Bon, c'est pas mal pour célébrer ça, comme il se doit.
Je ne sais pas ce qu'on va organiser encore avec la communauté, mais il faut qu'on fasse un petit truc.
Alors Arthur, pour planter le décor en quelques mots, toi tu représentes, c'est assez fou, la sixième génération d'horticulteurs au sein de ta famille. Est-ce que tu peux nous en dire plus sur cette histoire et sur cet héritage ?
Oui absolument, donc sixième génération avec mon frère. On est actuellement encore quatre de la famille à travailler, nos parents sont là. Et chaque génération a travaillé avec la génération précédente à peu de choses près. Et six générations, donc c'est notre triple arrière-grand-père qui a démarré l'histoire.
C'est fou, il y a vraiment un passage de flambeau quoi.
Oui exactement, ça a démarré en 1878, c'est la date officielle qui est sur notre logo. Voilà, de génération en génération, six générations plus tard, on est toujours là. À Caen, bien implanté, et puis l'aventure continue.
Donc on peut dire clairement que vous êtes les plus anciens horticulteurs du territoire ? Ah oui, oui,
ça reste un métier très agricole, où effectivement ça se passe de génération en génération, mais six générations, c'est pas non plus très commun. Donc oui, non, sur la place de Caen, Caen-la-Mer, même le Calvados, pour bien connaître la profession, on est les plus anciens, absolument.
Et est-ce que tu sais comment ça a débuté, cette histoire ? C'est parti d'où ?
Moi, je te dis, Triple arrière-grand-père, au départ, il était jardinier dans un château, dans la campagne, et puis il s'est dit, tiens, je vendrai bien mes plantes que je produis pour le château. Ça a commencé comme ça, des petites productions, vente sur des foires aux plantes à l'époque, il n'y avait pas tous les réseaux de distribution qu'on a aujourd'hui. Et puis, chaque génération est venue construire quelque chose de nouveau. Le premier site de production, il s'est situé à Caen, rue du Magasin aux Poudres, là où il y a l'université de Caen aujourd'hui.
Ce n'était pas encore là à ce moment-là ? Non,
c'était avant la Seconde Guerre Mondiale.
Mais oui, exact !
Et le site a été détruit pendant la Seconde Guerre Mondiale. Nos arrières-arrières et arrières-grands-parents ont été, après la Seconde Guerre, relocalisés rue des Rouvilles à Caen. Et fin des années 90, nos... Grands-parents sont venus se relocaliser ici à Aéroville-Saint-Clair. A l'époque, c'était la campagne, les champs jusqu'au CHU.
Donc à l'époque de tes grands-parents ?
Oui, dans les années 80-90. Ok,
donc c'est pas si vieux. Non. C'est-à-dire qu'Aéroville a poussé d'un coup.
Exactement. Il y a eu une explosion de l'urbanisation. J'ai connu moi, enfant, où c'était des vaches partout autour. Et puis aujourd'hui, c'est la méga-urbanisation.
On se trouve entre des concessions automobiles, des industries très implantées et assez emblématiques de Caen-la-Mer. Donc on se dit pourquoi et finalement vous étiez là avant.
On était là avant tout le monde à Peut-être-Je-Sais-Prix. En fait nos grands-parents ont acheté une ferme ici, arrière-grands-parents. Et ça c'est les serres ont poussé sur les terrains de cette ferme-là. Et on est le dernier terrain agricole des Rouville-Saint-Clair. Donc effectivement tu ne peux pas dire mieux en disant que c'est assez atypique. C'est le dernier terrain agricole. et avec mon frère il y a 10 ans maintenant, on a construit un deuxième site de production de l'autre côté de Caen, à Grentville. Parce qu'ici, on ne pouvait pas pousser les murs. Donc voilà, l'aventure continue à chaque génération.
J'avais noté une anecdote hyper mignonne, qui est qu'il me semble que le prénom de ton triple arrière-grand-père, c'était Narcisse.
Exactement, Narcisse. Coïncidence ? Oui,
coïncidence assez folle, c'est assez prémonitoire,
c'est rigolo.
Elle a eu le nez assez fin d'artiste, puisque six générations plus tard... Vous êtes toujours là. Oui,
toujours vivant. Toujours vivant.
Et donc toi, qu'est-ce que tu fais là ? Est-ce que c'était une évidence dès le départ ?
Quelque part oui et quelque part non. C'est-à-dire que nos parents nous ont jamais poussés à aller dans cette direction. Mais mine de rien, on était élevés dans les serres. Depuis tout gamin, on a appris à faire du vélo, du roller, des cabanes, jouer au foot, casser des carreaux. Et puis voilà, on... chacun fait nos études, moi en tout cas des études qui n'avaient rien à voir, partie à l'étranger, etc. Et puis la vie nous a marre d'être amenés ici, et c'est très bien. Et puis on continue, et j'adore ce que je fais, donc tant mieux.
Donc raconte-nous un petit peu ce que tu fais, en quoi ça consiste, l'horticulture...
Alors aujourd'hui, on est sur une échelle industrielle, entre guillemets, donc on alimente les jardineries, un petit peu les fleuristes aussi, mais principalement les jardineries.
Sur toute la région ou même au-delà ?
80% la région, 20% en dehors de la région. Et donc voilà, moi je me concentre principalement sur la partie commerce auprès de ces clients professionnels. Et puis depuis peu, l'ouverture aux particuliers, on en reparlera aussi peut-être. mais... Mais je me concentre beaucoup sur les réseaux sociaux, on en a parlé. Et puis, faire découvrir notre lieu qui est quand même sympa. Et voilà, ça c'est une grosse mission pour moi aujourd'hui, faire découvrir tout ça.
C'est une vraie pépite ce lieu. Et d'ailleurs, on va y revenir, mais tu as trouvé des idées astucieuses pour le valoriser davantage. Aussi parce que vous vous êtes beaucoup diversifié ces derniers temps.
Absolument. Et l'idée, c'était... En gros, on est parti d'une page blanche auprès du grand public il y a trois ans. Et on s'est dit, comment on va faire pour faire découvrir ce lieu ? On avait besoin d'accélérer là-dessus.
Parce que vous sentiez que le marché était en train de ralentir, parce que ça devenait une nécessité aussi, commercialement parlant ?
Oui, on a eu une baisse d'activité chez les professionnels. Et donc, dans l'objectif de résoudre nos équations économiques, on s'est dit, il faut qu'on ouvre au grand public. Et voilà, grosse passe blanche, comment on fait pour aller vite et fort ? Les réseaux sociaux sont apparus comme une évidence Parce qu'aujourd'hui c'est le canal pour se faire voir Et puis toucher le plus grand nombre Donc voilà on est allé là-dessus Et puis on s'est dit comment faire aussi un petit peu décalé et atypique Parce qu'on reste des producteurs On voulait qu'il y ait une âme dans ce qu'on a fait là Donc tu vois là on a ramené plein de meubles De brocantes, de la ferme familiale De notre histoire aussi, on a des meubles de nos arrière-grands-parents, des vieilles serres. On raconte tout ça aussi dans ce lieu. Et puis, on a aussi créé des événements culinaires parce qu'on est des fans de bouffe. On adore la bonne bouffe. Et on s'est dit, on va réunir ce qu'on aime le plus, du fleuri, de la bonne bouffe. Et voilà, ça a bien pris et c'est cool. Il y a de l'engouement autour de tout ça, donc c'est super.
Oui, mais c'est un concept très novateur. Et pour avoir déjà participé à plusieurs de vos événements, Franchement, c'est une vraie expérience à vivre.
Oui, c'est vraiment le terme, c'est une expérience. Et c'est un moment un peu suspendu, dans un cadre fleuri, où t'es dans la serre, tu te sens bien. Et si en plus tu manges bien, t'écoutes de la bonne musique, t'es avec tes potes, ta famille, tout ça réuni fait que tu passes un vrai bon moment et t'as une vraie expérience.
C'est vrai. Et c'est hyper dépaysant. en fait, c'est très dépaysant et tu vois même là je le note en enregistrant ce podcast, c'est rigolo je pense que c'est l'infrastructure de la serre qui génère ça, mais il y a une acoustique hyper particulière et ça crée une atmosphère très feutrée très tamisée puisque la serre est très grande donc on pourrait s'imaginer quelque chose avec beaucoup d'écho et en fait non, c'est très cocooning absolument,
et d'ailleurs tous les groupes de musique parce qu'à chaque fois il y a un groupe de musique et nous disent l'acoustique est géniale dans votre serre mais oui c'est vrai,
vraiment ça s'entend je confirme,
c'est très agréable exactement, c'est agréable oui il y a ce volume mais c'est ça aussi qui fait que les gens ne savent pas ce que c'est une serre, personne n'a vraiment l'habitude d'aller et d'autant plus que là c'est pas une simple serre de vente il y a de la production derrière nous au dessus de nos têtes donc expérience garantie et ça c'est pas incompatible avec l'organisation d'événements parce qu'on pourrait se dire
En tout cas, être assez prudent en se disant « Bon, on va faire des événements, mais est-ce qu'on ne va pas marcher sur nos fleurs ? Est-ce que ça ne va pas abîmer nos productions ? »
Je ne te dis pas que c'est un monde idéal et que ça se passe toujours bien, mais il faut que ça vive. En fait, les fleurs, c'est la vie. C'est con ce que je te dis là, mais les fleurs, c'est la vie. Et je pense que quand on réunit les gens, c'est pour des moments vivants comme ça. Et c'est génial de le partager.
C'est joli ce que tu dis. Et du coup, j'ai envie de... de pousser un peu le curseur. Ça t'inspire quoi, toi, les fleurs et ce métier que tu fais aujourd'hui ?
Je te dis, c'est notre arrière-grand-mère. Elle nous disait souvent ça. Les fleurs, c'est la vie. Et je pense qu'on revient à des basiques, en fait. Tu te connectes à la nature, à la vie, à l'évolution d'une plante. Ce qui est génial dans notre métier, c'est que tu as vraiment la satisfaction de faire grandir, pousser et vendre à la fin. Et quand on fait en plus un beau produit, c'est hyper satisfaisant. quand... On a les gens qui arrivent dans la serre pour acheter, qui nous disent « vos fleurs elles sont vraiment trop belles, le lieu est... qu'est-ce que c'est agréable, qu'est-ce que c'est joli » La satisfaction elle est là quoi.
Mais surtout que vous êtes une production locale,
normande. Absolument.
Et ça donne beaucoup de sens aussi.
Ouais c'est ça, je pense que les gens... On est tous en quête et en recherche un peu de sens et de consommer local dans ce monde qui peut être un peu fou parfois et qui va très vite. Nous on a un métier de lenteur et qui vit avec les saisons. Et oui, produire localement ça a du sens, acheter localement ça a du sens. Et quand on est consommateur et qu'on se déplace chez un producteur, que ce soit pour manger ou pour acheter des fleurs, eh bien, il y a en vrai... Il y a une vraie démarche derrière ça, donc ça c'est hyper important.
Surtout, moi, je n'aurais pas forcément imaginé qu'on puisse cultiver autant de types de plantes, de fleurs en Normandie.
On n'est pas la région au cœur de la production française. C'est plus vers Angers, la Loire, où ils ont un climat un peu plus doux. En revanche, tout est possible à partir du moment où tu es sous serre. Il ne faut pas oublier que les premiers producteurs européens sont hollandais et belges et ils ont un climat beaucoup plus sombre, beaucoup plus gris que le nôtre. Oui, c'est vrai. Donc, à partir du moment où tu es sous serre, tu maîtrises le climat. Pour les productions extérieures, tu fais avec les contraintes locales. Mais on a le changement climatique aussi qui vient bouleverser nos productions.
Toi, vous le ressentez au fil des années ?
Oui, bien sûr. Tu vois, typiquement, la semaine dernière, semaine de la fête des mers, qui était notre plus grosse semaine de l'année. On a pris une semaine de canicule à 40 degrés. C'est des choses que nos parents n'ont pas connues, nos grands-parents non plus. Et clairement, ça impacte le consommateur dans sa manière de fleurir. Et nous, ça nous impacte dans la manière de devoir gérer nos stocks. Derrière, c'est un produit vivant et ça amène des complications.
Ça nécessite, je pense, une grande capacité d'adaptation parce que c'est du jamais vu.
Exactement. Et même sur l'automne, on a des arrières-saisons de plus en plus chaudes. Donc, on décale des productions, on adapte. Et même le consommateur veut des choses de plus en plus faciles à vivre chez lui parce qu'il est conscient des contraintes. Il y a aussi les modes de vie qui ont changé. Donc, la palette végétale s'adapte et notre métier s'adapte absolument.
Et donc, justement, parlons des habitudes des consommateurs, des habitudes de consommation. Est-ce qu'il y a quand même eu un retour ? au jardinage, un retour au travail manuel post-Covid. On a vu quand même, vraiment, je crois que les jardineries, c'était un peu place to be pendant le Covid, quand on pouvait ressortir de chez nous. Mais je crois que beaucoup de personnes à un moment se sont plongées dans le jardinage, dans la reconnexion à la nature, à l'extérieur. Ça devient vital.
Ce qui s'est passé pendant le Covid, c'est qu'on était Quasiment la seule profession, enfin domaine d'activité à être fermée seulement trois semaines. On a été classé dans les secteurs essentiels. Oui c'est vrai. Et ce qui nous a sauvés parce que produits vivants, pire moment de la saison. Et donc derrière les gens étaient chez eux, dans leur jardin, ils ne savaient pas quoi faire. Pour ceux qui avaient la chance d'avoir un jardin mais même ceux qui avaient le balcon etc. Et oui gros engouement pour le jardin. Très belle année pour le monde du jardinage. Et puis derrière, quand les vannes du tourisme, des loisirs se sont réouvertes, là, ça a été beaucoup plus compliqué. Et donc oui, retour à la nature, besoin de reconnexion, mais qui présente aussi ses limites quand les gens ont eu besoin de s'évader, de changer les idées. Le voyage et les loisirs ont quand même repris le dessus là-dessus.
Donc j'imagine qu'il y a eu une phase ascendante, maintenant ça se rééquilibre un petit peu ?
C'est même plus du rééquilibrage, il y a eu de la décroissance, mais bon voilà, on s'adapte et la preuve, l'ouverture au grand public, création des événements et puis on se réinvente, on s'adapte, c'est du darwinisme, c'est la loi du plus fort, celui qui s'adapte et voilà. Et puis c'est la vie d'une entreprise, une vie d'entrepreneur. On doit toujours s'adapter, donc c'est ce qu'on fait, et ça fait six générations qu'on est là. Chaque génération a dû s'adapter, nos arrière-grands-parents ont eu l'établissement détruit par les bombes. Ça aussi c'est de l'adaptation. Oui, on a nos difficultés avec notre génération et notre société actuelle, mais on n'a pas le choix, sinon on n'est plus là.
Et t'as des anecdotes comme ça en tête, de phases qu'ont pu traverser tes ancêtres ? Au fil de l'activité ?
Si on fait une rétrospective sur les 60-70 dernières années, nos arrière-grands-parents ont commencé à vendre sur les marchés. A l'époque, c'était le truc de croissance, post-secondaire mondiale, etc. Ensuite, il y a eu l'essor des fleuristes, les premières boutiques de fleuristes. Donc là, ils se sont dit... On va vendre aux fleuristes, ils vendent toujours un peu sur les marchés. Et puis fin des années 70-80, essor des jardineries. Ça a poussé partout comme des champignons, partout dans toutes les zones industrielles de France, dans toutes les villes. Donc là, grosse phase d'industrialisation. Et puis là, on est sur une phase où on revient un peu aux sources. Vente directe à nouveau, décroissance des jardineries. Donc voilà, on s'adapte et on suit le mouvement pour rester là.
Et donc, est-ce que les habitants, les canets et ceux qui habitent sur le territoire de Camp-la-Mer avaient pris conscience qu'il y avait des serres ici, qu'il y avait des ventes aux particuliers ou est-ce que ça a été vraiment toute une pédagogie à faire ?
Oui, on partait de zéro. Oui, en fait,
les gens passaient devant sans même réaliser que vous étiez là.
Exactement, et même encore aujourd'hui, donc on a encore beaucoup de travail, de pédagogie et de notoriété à faire. Mais oui, non, non, non, les gens ne savaient pas, ne savent toujours pas. Donc on a encore du travail pour se faire connaître.
Qu'est-ce que toi, tu as envie de passer comme message et de valoriser dans le fait comme ça de se montrer, de communiquer davantage sur votre activité ?
On est un vieux métier. Tu vois, l'horticulture, l'agriculture. Enfin, je veux dire, ça fait partie, je pense, peut-être pas l'horticulture, mais parmi les plus vieux métiers du monde. Et aujourd'hui, il y a un vrai manque de reconnaissance de la production de manière générale. On voit la difficulté qu'ont les agriculteurs, qu'ont les maraîchers, etc. En fait, tout le monde produit, mais personne vraiment se montre pour vendre ou alors dépend des autres pour vendre. Et l'enjeu aujourd'hui, c'est de crier fort et de se faire entendre.
De sortir de cette dépendance aussi.
Oui. de reprendre un petit peu de pouvoir, parce que c'est bien d'aller manifester et de tout casser. Mais je pense que ça passe par reprendre, reprendre quelque part sa capacité de vente et de distribution pour... Voilà, on ne peut pas tout écouler non plus, mais pour rester indépendant et serein aussi par rapport à son métier.
Mais c'est vrai que la diversification, c'est un terme... Enfin, la nécessité de se diversifier, c'est un terme qui revient beaucoup dans le secteur agricole.
Oui.
On sent aujourd'hui que c'est vital. Et donc, vous faites partie de ces métiers agricoles ?
Carrément. Le monde agricole, en fait, a simplement envie de vivre de son travail. Et les circuits de distribution principaux qu'il y a aujourd'hui permettent vraiment difficilement de faire ça. Et donc, la meilleure réponse, c'est essayer de reprendre une partie de sa capacité à vendre et puis essayer de le faire.
Mais est-ce que ce n'est pas trop épuisant ? d'être sur tous les fronts comme ça de jongler entre la production la culture qui est votre coeur de métier et l'événementiel et les réseaux sociaux finalement là c'est plusieurs métiers que vous faites en même temps il faut beaucoup de cordes à son arc oui
c'est épuisant t'as vu mes cernes je suis KO mais on aime ça c'est des métiers de passion et en fait on compte pas les heures le machin, le truc Et ça revient à ce qu'on disait tout à l'heure, quand tu as des gens qui te motivent au quotidien, qui viennent ici, qui te disent que c'est beau, que c'est joli, que c'est agréable. Plein de petits compliments du quotidien. Je ne te demande pas d'être insensé, je m'en fous de ça, mais juste, ça gratifie quelque part le travail qu'on fait. Et ça, ça met du baume au cœur et tu as envie de continuer et tu avances. Oui,
bien sûr. Toujours dans cette idée de partage.
Tu sais, on est des métiers, encore une fois, issus du monde agricole. ça a des bonnes valeurs et ça on nous les a enseignées tout petits et je remercie nos parents pour ça c'est du partage, c'est du travail c'est un côté familial aussi, c'est important et c'est ce qu'on essaye de retranscrire ici et les gens le ressentent aussi c'est vrai ça se ressent,
on se sent comme à la maison, on a l'impression d'entrer vraiment dans votre univers et vous nous accueillez à bras ouverts exactement,
quand les gens nous le disent c'est mission réussie et c'est ça qui nous pousse à continuer
Donc t'as débuté les réseaux sociaux en 2024, il me semble, début 2024. Donc finalement ça reste assez récent, ça fait un peu plus de deux ans que vous êtes, que tu es sur les réseaux sociaux. Donc la croissance est assez phénoménale. Comment t'as débuté là-dedans ? Un peu à vue ?
Non, tout a démarré avec ma femme, Diane, qui, à force de ne pas trop me voir à la maison, m'a dit « écoute, il faut qu'on fasse quelque chose ensemble » . C'est vrai que l'emploi du temps le permettait vachement, mais elle m'a dit « écoute, tout le monde te pose toujours des questions de jardinage, on va essayer de faire un truc autour du jardinage, vendre des formations de jardinage en ligne ou autre » . Donc en fait, on a démarré cette aventure ensemble, en dehors de l'entreprise familiale. avec un premier compte de jardinage qui s'appelle Jardin Costil, qui est encore vivant, mais plus très actif. Et en un an, on a monté une communauté de 80 000 followers. Et on a essayé de faire des ventes, on a fait des ventes de formations de jardinage, etc. Et quand ici, au CERF, les difficultés sont un peu arrivées, de se dire, bon, là, il faut qu'on s'ouvre au grand public. Comment on fait ? Je t'ai dit, solution réseau sociaux. Et ce que j'avais déjà mis un peu en place avec ma femme, je l'ai retranscrit ici. Et puis on l'a fait à nouveau, 100 000 followers aujourd'hui, en deux ans.
Donc il y a Jardin Costil qui a 80 000 abonnés et Horsiculteur Costil qui a 100 000 abonnés aujourd'hui.
Et sur Facebook aujourd'hui on est à 170 000 je crois. Donc tu vois, en deux ans et demi, trois ans, plus de 300 000 followers.
C'est incroyable.
Mais c'est de l'apprentissage en fait. Tu apprends, tu vois ce qui marche, ce qui marche tu le répètes, et puis il faut amener du volume et du travail dessus, et c'est ce qu'on a fait.
Donc c'est quoi le secret de la réussite, si on a envie de faire grossir sa communauté ?
Régularité, un max, régularité, volume, et puis les gens aujourd'hui sont en recherche de conseils, de tutos, de valeurs, d'apprentissage. Trumfam. Tu as vu nos réseaux, je ne vends jamais rien. C'est pas le but. Oui,
c'est ce que j'allais te dire. Finalement, votre business en tant que tel, on ne le voit pas tant que ça. Il est vraiment en toile de fond. Mais ce n'est pas le cœur du sujet.
Je mise tout sur apporter de la valeur et du conseil pour nos générations qui sont complètement paumées dans le végétal.
ça je confirme, en ce qui me concerne j'ai pas du tout la main verte donc les astuces me seraient très utiles c'est ça,
et donc quelque part c'est un support où nos générations sont, les réseaux sociaux et on a tous besoin de cette reconnexion à la nature, donc le fait d'apporter des tutos ils ont l'impression qu'ils vont y arriver oui que c'est plus accessible, ça rend la chose plus simple on vulgarise le truc et donc voilà c'est un peu les clés, en tout cas ici ce qu'on a mis en place et qui a fonctionné donc on continue
Et votre communauté, elle est principalement basée en Normandie ou pas du tout ? Pour le coup, vous êtes exporté ?
Il y a, il y a, ouais, il y a, non, pas que Normandie. Forcément, 100 000 followers sur une agglomération qui fait quoi ? 400 000 ? Non, il n'y a pas 25% des canets. Enfin, en tout cas, non. Mais non, non, c'est national. Même Belgique, Luxembourg, Suisse, etc. Mais ça, ce n'est pas grave. Ce qui compte, c'est de passer le message. Et plus on sera passé le message... Du végétal, du fleuri, des connaissances, etc. Mieux ce sera.
Est-ce qu'il y a des personnes qui se déplacent ici dans les serres après vous avoir vu sur les réseaux sociaux pour vous voir en vrai, découvrir les serres en vrai ?
Oui, il y a plein de phénomènes nouveaux qui sont arrivés, qui sont extrêmement bizarres. Mais oui, il y a des gens qui font des 2-3 heures de route.
Ah oui !
Donc hyper gratifiant.
Et là, on est sur une communauté très fidèle.
Oui, c'est surprenant et gratifiant. Il y a un autre phénomène, les gens passent la porte ici et ils ont l'impression de déjà me connaître.
C'est le revers de la médaille.
Ce n'est pas un revers de médaille, mais c'est vraiment bizarre comme sensation. En fait, ils ont déjà tissé un lien, créé du lien au travers des réseaux. Et donc, ils sont déjà très familiers, presque copains. Et ça me... Ça ne me dérange pas, mais c'est bizarre comme phénomène. Comme relation. Et ce n'est pas facile à expliquer, mais le lien se crée sur les réseaux. Et là où c'est fort... Que ce soit nous ou d'autres, mais c'est que comparé à peut-être des personnes que tu peux suivre sur les réseaux, je sais pas, des chanteurs, parce que t'en as reçu, ou un businessman, ou je sais pas, qui tu veux, t'as peu d'occasion de retranscrire l'expérience en physique, et ici en fait les gens ils viennent voir du concret.
Oui, exactement. Tu vois,
tu vis l'expérience jusqu'au bout, au-delà de l'écran.
et ça c'est cool donc grâce à vous il y a des personnes qui font 2-3 heures de route pour découvrir notre territoire aussi ouais c'est bah oui oui non mais totalement parce que c'est aussi l'occasion de découvrir le coin et on a plein sur la côte plein de résidences secondaires et on
a pas mal de monde de Paris qui nous suivent et qui quand ils viennent dans la résidence secondaire viennent faire un tour ici oh je vous ai vu à Paris mais j'habite ici et ils viennent faire le petit crochet donc ça c'est cool ça c'est trop bien génial
Je voulais qu'on revienne aussi sur les événements que vous organisez. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus, nous décrire le type d'événement que vous avez fait et peut-être un événement qui, toi, t'a marqué, ton événement préféré ?
Oui, à chaque fois, le principe est toujours le même. On adore la bouffe. On s'est dit, bon, on va faire un truc un peu décalé. L'idée, c'est de s'appuyer sur la renommée de quelques restaurateurs canais et de leur proposer un projet atypique où on fait à manger dans les serres. Et on a commencé avec Anthony Caillot, le chef anciennement étoilé, même si... C'est tout comme,
on va considérer qu'il est toujours étoilé,
dans nos cœurs. Exactement. Et premier événement, en une semaine, on a inscrit 300 personnes. Donc là, on se dit, trop bien. Expérience de fou. Forcément, celui-là, il nous a marqués parce que c'était la première. Et on a fait, sur ce premier événement, toute une balade gourmande dans toutes les serres. avec des ateliers un petit peu partout. Il y avait cinq ateliers répartis dans toutes les serres. Et moment extra. Donc derrière, on s'est dit, bon, on va renouveler. Donc on a commencé à interroger plusieurs personnes qu'on avait en tête. Et on a fait venir au final une douzaine de restaurateurs différents de la région canaise. Peut-être pas 12 différents, mais au moins 8-10. Et à chaque fois, on essaye d'amener une thématique un peu différente, Tchao ! Un axe un peu différenciant, tu vois. Là, on a fait venir Stéphane Carbon pour faire un barbecue. On a déroulé de la pelouse sur les tables. Génial. Tu as fait Anthony Caillot. On a fait un barbecue de nuit dans les serres.
C'était magnifique. C'était très beau.
C'était très beau. À l'automne dernier, on a fait une soirée raclette. Ah, j'ai loupé celle-ci. J'aurais bien aimé être là. Et ça, c'était un de mes moments préférés parce que... Grosse réussite, grosse ambiance, trop bien. On fait des brunchs aussi. Le format brunch plaît beaucoup parce que tu viens te déconnecter total.
Ça permet peut-être d'être aussi un peu plus en famille. Exactement. Toi qui as des enfants, tu dois savoir que c'est bien aussi. C'est ça.
Chaque événement attire un peu une clientèle différente et c'est ça qui est sympa. Et puis, il y a plein d'autres idées encore pour l'automne prochain.
Mais écoute, j'ai aussi une idée en tête pour vous. Sur ce podcast, on a reçu récemment Charlie-Anne. qui a fait Top Chef et Charlie il est originaire d'ici et il est passionné de cueillette sauvage, il adore travailler les herbes, les aromates etc donc je pense qu'il y a un truc à faire Charlie si tu nous écoutes c'est ça, mais créativité et puis on passe tous un bon moment et c'est trop bien j'invite toutes celles et ceux qui nous écoutent et qui n'ont pas encore vécu cette expérience à la vivre parce que c'est assez unique
C'est ça. Et là, dimanche, on fait le dernier de la saison avec la crèmerie des baratineurs, avec pain vivant et les clapiotes. On réunit 200 personnes dimanche pour un brunch de fin de saison.
Super.
Voilà, ça va être trop bien.
Alors, on va parler un petit peu du territoire. Donc, toi qui es natif de Caen, t'es quand même parti quelques temps aux Etats-Unis, il me semble. Ouais.
3 ans.
3 ans, ah oui quand même. Dans quel coin ?
Dans le Midwest, en plein milieu des Etats-Unis. Donc c'est un peu, pour donner une image, si t'es un étudiant étranger et que t'arrives dans le milieu de l'Orne ou dans le milieu de la Manche.
Ah oui, ok, ça fait cet effet.
Ouais, tu vois, c'était le coin un peu paumé, c'était pas le New York City ou le San Francisco.
C'était pas le American Dream.
Non, c'était pas le American Dream. normalement Expérience de dingue, plein de bons trucs. Mais ouais, c'était pas le côté glamour des US, mais peut-être les US plus authentiques. Donc, super expérience.
Et donc, qu'est-ce qui t'a donné envie de revenir ici et de rester ici ?
La vie, j'ai fait un stage de fin d'études en jardinerie.
Tu revenais doucement vers tes origines,
tes actifs. Et puis ça se passe bien, je vois qu'il y a des opportunités, des choses qu'on ne fait pas, qu'on pourrait faire. Et puis à ce moment-là, quelqu'un de l'équipe ici s'en va. Mon père me dit écoute, viens, essaye et puis je ne suis pas reparti.
Et ça s'est fait comme ça ?
Oui, exactement. Mais ce n'était pas du tout forcément l'objectif. En tout cas, on n'a jamais été poussé là-dedans. Et puis, c'est la vie.
Ça s'est fait naturellement.
Exactement.
Et donc, qu'est-ce que tu aimes ici à Caen, à Caen-la-Mer ?
Franchement, on a une super région. Enfin, on a tout. On a la mer, on a la campagne, on a le soleil.
Oui, alors, c'est le moment de déconstruire le cliché, justement, sur le fait qu'il pleut tout le temps en Normandie.
Exactement. Alors ? L'eau c'est la vie, à l'image des fleurs c'est la vie, il nous faut de l'eau. On a cette chance d'avoir de l'eau malgré tout. Et on a le soleil mais on l'a avec parcimonie. Mais on l'a tellement avec parcimonie que quand on l'a, on l'apprécie d'autant plus. Pour l'anecdote, on a la sœur de Diane qui vivait dans le sud. Et en fait, eux à l'inverse, ils ont trop de soleil en fait. Ils subissent le soleil. Et elle dit, si en fait quand tu l'as, t'as envie d'en profiter à fond.
Tu respires.
Tu revis et surtout, tu veux en profiter. Donc, tu sors, tu fais des trucs, tu vas à la mer et on a la chance d'avoir tout ça. En fait, c'est comme si je te donnais à manger du homard tous les jours. À la fin, tu ne l'apprécies plus. Le soleil, c'est pareil. Si tu l'as tous les jours, à la fin, tu t'enlaces.
Tu as raison. Il y a certains luxes qu'on a. Quand on a trop, on l'apprécie plus. Exactement. Et donc là,
on l'a par simonie. Mais quand on l'a, on kiffe. Je ne sais pas si tu as remarqué ça. amis. On a quand même vachement ce phénomène des marées avec la mer chez nous. Et en fin de journée, t'es sûre de toujours avoir un rayon de soleil à un moment ou un autre. Tu vois, c'est un petit plaisir de la vie. C'est pas grand chose, mais tu kiffes.
Vraiment, je suis très en phase avec toi. Moi, à chaque fois qu'on me dit non mais en Normandie, il pleut tout le temps, ça m'exaspère. Et déjà, je réponds toujours ce que tu viens de dire, c'est-à-dire non mais on a toujours un rayon de soleil qui traîne quelque part. Et surtout que moi, je peux te dire que je viens de la région centre. Et en région centre, quand il fait gris le matin, il fait... Il fait gris toute la journée. Il n'y a pas de nuance. C'est vrai qu'il y a un côté vivant ici, assez cyclique, qui est hyper agréable. Toi qui es un épicurien et visiblement un amoureux de la gastronomie, est-ce que tu as des adresses favorites dans le secteur à nous recommander ?
J'aime beaucoup nos chefs un peu prestigieux parce que tu sors un peu du cadre. Et les mecs, c'est des artistes en fait. Et tu vois, ça revient à la créativité. Moi, quand je vais au resto, j'ai envie d'avoir une vraie expérience. Donc oui, des Anthony Caillot, des Stéphane Carbon. Tu vis un truc, tu vis un truc. Tu as des émotions, il se passe quelque chose. Donc ça, c'est des adresses sympas. Ça peut être soit dans l'assiette, mais aussi, pourquoi pas, avec le cadre. On a quand même des spots qui sont géniaux, sur la côte. Je pense à la baie de Merville-Franceville. T'as l'impression de partir en vacances, t'es à 10 minutes de Caen, tu te dis mais où est-ce que je suis arrivé là, c'est magnifique, donc t'as des coins comme ça qui sont sympas ou si tu te projettes un peu plus loin dans la Manche, des choses comme ça, mais c'est pas Caen-la-Mer.
Même Merville, c'est pas Caen-la-Mer.
Oh là là, ouais, mais il y a mer dans Caen-la-Mer, donc tu vois, faut s'en rapprocher quand même. Donc on n'est pas à 5 kilomètres près.
Ok. Ça marche, oui, soyons ouverts quand même avec les frontières.
Quand même,
quand même. On accepte les adresses à Merville.
Exactement.
Et oui, en centre-ville de Caen ?
Centre-ville, j'aime beaucoup la nature. Et franchement, ils nous ont fait un parc du château là, avec le café Mansell à l'intérieur.
Oui,
qui a été rénové. Et là, t'as un aménagement paysager de dingue. Quand tu peux te mettre en terrasse en fin de journée, quand il fait beau, quand t'as un beau rayon de soleil. Là, t'es dans un cadre privilégié avec le côté historique de notre ville. Le château de Guillaume le Conquérant, tu fais pas mieux. Et la nature réunie au cœur de ça, c'est quand même sympa.
Et d'ailleurs, tu vois, aujourd'hui, il y a une vidéo qui est sortie. Et merci pour cette vidéo, je suis trop contente. C'est le créateur de contenu Bruno Maltor qui l'a partagé, qui voyage beaucoup. aux quatre camps du globe. Et aujourd'hui, il a partagé une vidéo qui met en avant la ville de Caen. Et en fait, je ne le savais pas, mais elle fait vraiment partie des villes les plus vertes de France.
Oui, alors ça, on peut en parler un peu, si tu veux, mais je trouve que la mairie, je ne vais pas donner d'opinion politique, ce n'est pas du tout l'idée, mais en tout cas, il y a un vrai... travail qui est fait d'aménagement paysager, de reverdissement. On a une des plus belles mairies de France avec un jardin magnifique devant, où je fais beaucoup de vidéos d'ailleurs.
Mais oui, j'allais aussi y venir, mais on te voit de plus en plus arpenter la ville de Caen avec des chapeaux de paille ou tout autre accessoire.
C'est ça, la créativité. Et puis les canets ont envie de se retrouver aussi dans leur ville, donc il faut leur en parler de leur ville. Je pense qu'on peut être fiers, on a une belle ville, il fait bon vivre, et on a plein d'atouts, plein de bonnes choses, et le végétal en fait partie. Il y a eu les événements du millénaire qui se sont faits là-dedans, c'était génial, même pour les touristes qui sont venus. Donc voilà, sur le port de Caen, ils viennent de faire un petit aménagement qui est sympa comme tout, ils font des efforts l'été à faire des petits jardins urbains, tout ça, hyper sympa. Quand t'es touriste et que tu découvres ça sous un beau rayon de soleil, c'est top.
Oui, il y a un dynamisme et on voit vraiment... la ville évoluer, se transformer. Il y a beaucoup de projets qui vont dans le sens aussi de la qualité de vie et du bien-être des habitants.
Oui, mais je ne sais pas si Caen n'est pas parmi l'une des top 10 en France où il fait bon vivre. Oui, tout à fait. Là,
depuis plusieurs années, ça revient régulièrement dans les classements et on est assez bien classés.
Tu as du végétal, tu as de la belle pierre de Caen, tu as de l'histoire, c'est magnifique. T'as tout.
Mais que dire de plus ?
Venez vivre à Caen.
Mais bien sûr ! Est-ce que tu aurais un cliché à déconstruire sur les canets ?
Bah, le cliché de la météo, hein.
Ouais. Et on l'a déconstruit, donc... Et on l'a déconstruit,
après, cliché. On a quoi comme cliché, à Caen ?
Je sais pas trop. Certains disent que les canets sont fermés, mais bon, je l'entends pas tant que ça, finalement.
Non, je pense que... C'est un peu comme dans Bienvenue chez les Ch'tis où il y a peut-être une barrière à l'entrée, entre guillemets, et puis une fois que t'es intégrée, t'as plus envie de repartir.
Mais complètement. En ce qui me concerne, je suis arrivée il y a cinq ans ici et j'ai pas du tout senti cette barrière, pour le coup. Je me suis sentie très vite intégrée, les gens sont chaleureux, vraiment comme à la maison.
Ouais, exactement. Et c'est Aurélien Le Seigne qui dit une fois que t'as fait le tour du monde, t'as qu'une seule envie, c'est de retourner à la maison. C'est très vrai. Et tu vois dans nos générations de potes Enfin Il y en a plein qui sont partis faire les études, tout ça, mais il y en a beaucoup qui sont revenus quand même. C'est incroyable,
c'est très rare.
Il y a une vraie attache. On est attaché à nos racines normandes, je pense.
J'ai oublié de te faire les questions flash. J'adore ce moment, les questions flash. Il y a deux choix et tu dis ce que tu préfères, ce qui te parle le plus.
Ok.
Cidre ou calva ?
Cidre. À la ferme, on est agriculteur. Le midi, ils buvaient du cidre, tu vois, à l'époque. Donc, cidre de la ferme. Donc, ouais, cidre.
Avec des pommes normandes,
évidemment. Bien évidemment.
Pas besoin de le préciser. Andouille de vire ou tripes à la mode de camp ?
Andouille de vire, les tripes, c'est dur quand même.
Ouais, les tripes, c'est dur. Ouais,
les tripes. Franchement, franchement... Faut s'accrocher. Ouais, faut s'accrocher, ouais.
Parait-il tout de même que bien cuisiné, ça passe. On demande à juger.
Ouais, mais andouille de vire avec un petit beurre salé. de Normandie, là t'es refait trop chouette
Torgoul ou Brasier ?
Torgoul
Château de Caen ou plage du débarquement ? Château de Caen je m'en doutais vu que t'avais cité le jardin et si je dis Aurel San et Guillaume le Conquérant tu vas aussi dire Aurel San ?
Guillaume le Conquérant est vraiment trop loin pour que je me fasse... ouais tu l'as pas connu mais il a fait beaucoup pour la vie franchement le millénaire ça a permis de redécouvrir aussi l'histoire de Guillaume le Conquérant tout ça. Quand même, on a le gars qui est allé conquérir l'Angleterre.
Il y est allé comme ça.
Et il a réussi.
Oui, il a réussi.
Donc c'est quand même pas mal pour l'époque. Il y a 1000 ans, le gars était bon.
C'est vrai. Respect Guillaume. Et il y a le Millenium qui arrive l'année prochaine.
Ah, top. Et bien, ça va être...
Il va y avoir encore d'autres événements, d'autres redécouvertes de notre histoire. Ça va être trop chouette.
Trop bien. Trop bien. Ça va encore nous amener des touristes et faire découvrir notre belle région.
Mais oui, complètement. Bon, on continue de compter sur toi quand même. pour la faire découvrir. Tu es un très bon ambassadeur, en tout cas.
Oui, non, mais à ma toute petite échelle, je participe effectivement à faire découvrir la ville et de faire rayonner notre région.
Tout à fait. On arrive sur la fin de ce podcast. Et donc, sache que nous allons bientôt lancer une saison 2.
Magnifique.
Oui, c'est une très bonne nouvelle. Et j'avais envie de te demander qui tu aimerais entendre à ce micro.
Aurel San.
Je te garantis rien, mais on va essayer.
Je suis sûr qu'il est ouvert.
Ah oui, tu penses ?
Ouais.
Bon, l'appel est lancé.
Il faut être un peu créatif, mais je suis sûr qu'il doit pouvoir...
Nous serons créatifs. Allez, on va finir sur la question signature de ce podcast.
Ok.
C'est quoi pour toi un état d'esprit conquérant ?
Conquérant, je suis quelqu'un d'entrepreneur moi. J'ai ça dans le sang, en plus de la nature et de tout ça. Donc pour moi, un conquérant, c'est clairement un entrepreneur. C'est monter des projets, faire ce qu'on a envie, se battre ce pour quoi on se lève tous les matins. Donc ouais, aller conquérir ça, je ne peux pas te dire mieux. Aller conquérir ce pour quoi on se lève tous les matins. Let's go.
Super, c'est une très belle mentalité. Merci Arthur.
Avec plaisir.
C'était un... chouette moment.
Fleury.
Fleury, un moment fleury.
Exactement.
J'ai jamais eu une conversation aussi fleurie avec quelqu'un.
Ça c'est un vrai compliment que tu puisses faire un horticulteur.
Et j'ai apprécié.
Trop bien, bah partagez.
Et bah merci beaucoup. Avec plaisir. Je te dis à très vite et plein de bonnes choses.
On va aller conquérir tout ça.
Les horticulteurs costiles. Ouais, c'est parti.
Let's go.
C'est ainsi que s'achève notre conversation avec Arthur. Encore merci à lui d'avoir partagé avec nous ce moment suspendu et sa vision si inspirante du métier. Si cet échange vous a donné envie de découvrir son univers, je vous invite vivement à suivre le quotidien de l'exploitation. sur les réseaux sociaux. Vous pouvez retrouver Arthur sur le compte Horticulteur, au pluriel, Costil. Et pour celles et ceux qui sont dans la région, n'hésitez pas à aller directement leur rendre visite dans leur serre au 38 avenue de Carbsen à et Rouville Sinclair. Je vous glisse de toute façon, comme d'habitude, tous les liens utiles dans la description de l'épisode. Vous l'avez compris, cet épisode un peu spécial marque aussi un grand tournant pour Voix Conquérante puisqu'il vient clôturer notre toute première saison. Je voulais prendre un moment pour vous adresser un grand, grand merci. A chaque nouvel épisode, vous avez été de plus en plus nombreux et nombreuses à nous rejoindre et on a passé la barre des centaines et des centaines d'auditeurs et d'auditrices à chaque écoute. Et pour un lancement, d'autant plus au niveau local, c'est une immense fierté. Alors merci du fond du cœur pour vos partages, vos messages et votre précieux soutien qui fait grandir ce projet jour après jour. Et bonne nouvelle ! Toute l'équipe et moi-même avons déjà hâte de vous retrouver à la rentrée pour le lancement de la saison 2. Et tout ça, c'est aussi et surtout grâce à vous. On vous prépare de belles surprises, de nouveaux invités qui nous donnent toujours plus envie d'oser et surtout plein d'histoires passionnantes pour continuer à découvrir ou redécouvrir notre territoire autrement d'ici là passez un très bel été prenez soin de vous et on se retrouve très vite en septembre pour de nouvelles conquêtes à bientôt
Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
En fait, les fleurs, c'est la vie. Chaque génération est venue construire quelque chose de nouveau. Coïncidence ? Je ne sais pas. Je pense qu'on peut être fiers, on a une belle ville, il fait bon vivre. On passe tous un bon moment, c'est trop bien. Venez vivre à Caen.
Vous écoutez Voix Conquérante, un podcast original de Caen Normandie. Bonjour à toutes et à tous, je suis Chloé Lenoir et je vous souhaite la bienvenue pour ce nouvel épisode, le dixième déjà, qui marque la fin de cette toute première saison de Voix Conquérante. Pour clore ce chapitre en beauté, j'ai poser mes micros dans un décor particulier. C'est au cœur même des serres de Rouville-Saint-Clair, entourées par les fleurs et les plantes, que j'ai rejoint mon invité du jour, Arthur Costil. Pour la première fois dans ce podcast, nous mettons le projecteur sur le secteur agricole et les métiers de la terre. Chez l'Ecostyle, on est horticulteur de père en fils depuis six générations. Une exploitation familiale qui est aujourd'hui menée par les parents, Laurence et Gilles, rejoints par leurs deux fils, Arthur et Elliot. C'est une histoire de transmission transgénérationnelle où le savoir-faire se passe comme un flambeau et où chaque époque doit faire face à ses propres défis. C'est un profil résolument atypique que vous allez... découvrir aujourd'hui. Car au-delà d'être horticulteur, Arthur est un entrepreneur dans l'âme. Dans un secteur d'activité où se diversifier est devenu vital, lui et sa famille ne cessent de bousculer les codes à travers des idées créatives et audacieuses. Mais ce n'est pas tout, Arthur est aussi un créateur de contenu passionné. Chaque jour, il rassemble une communauté de milliers d'abonnés qui suivent son quotidien et ses astuces de jardinage sur les réseaux sociaux. Comment faire évoluer ? un savoir-faire ancestral. Comment innover quand on travaille avec les aléas du vivant et des contraintes climatiques ? Cet épisode de Clôture est une conversation fleurie, végétale, verdoyante, une véritable ode à la nature, à la réinvention et à la richesse de notre territoire. Alors, installez-vous confortablement, je vous souhaite à toutes et à tous une très bonne écoute.
C'est bon pour toi ?
Bah ouais, c'est carrément bon pour moi. Et est-ce que toi, c'est bon pour toi ?
Bah ouais.
Let's go !
C'est parti !
Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans le podcast Voix Conquérante. On en est au dixième épisode, c'est le dernier épisode de cette première saison. Et vraiment, j'aurais pas pu rêver meilleur cadre pour terminer cette saison en beauté. On enregistre aujourd'hui dans les serres des horticulteurs costiles et j'ai le plaisir d'être avec toi Arthur aujourd'hui. Merci de répondre positivement à cette invitation.
Merci à toi.
Et surtout merci de nous inviter au cœur de tes serres. Vraiment l'environnement est incroyable.
On est au mois de juin, on ne peut pas être mieux en termes de fleuries. Donc là c'est sympa, c'est très visuel.
Oui c'est très visuel. D'ailleurs je vous invite à aller voir sur les réseaux sociaux pour profiter pleinement du cadre. Là, c'est vrai qu'on est au cœur de la floraison.
On attaque la saison estivale, la saison où toutes les fleurs sont au top. Donc franchement, c'est visuel. On reparlera des réseaux sociaux.
Exactement. Mais d'ailleurs, parlons réseaux sociaux. Aujourd'hui, c'est une coïncidence, mais on a une célébration, je crois. Dis-nous tout.
Eh bien, on célèbre nos 100 000 abonnés sur Instagram. C'est incroyable. On a passé le cap cet après-midi. Coïncidence, voilà, c'était pour le podcast, c'était prévu.
Bon, c'est pas mal pour célébrer ça, comme il se doit.
Je ne sais pas ce qu'on va organiser encore avec la communauté, mais il faut qu'on fasse un petit truc.
Alors Arthur, pour planter le décor en quelques mots, toi tu représentes, c'est assez fou, la sixième génération d'horticulteurs au sein de ta famille. Est-ce que tu peux nous en dire plus sur cette histoire et sur cet héritage ?
Oui absolument, donc sixième génération avec mon frère. On est actuellement encore quatre de la famille à travailler, nos parents sont là. Et chaque génération a travaillé avec la génération précédente à peu de choses près. Et six générations, donc c'est notre triple arrière-grand-père qui a démarré l'histoire.
C'est fou, il y a vraiment un passage de flambeau quoi.
Oui exactement, ça a démarré en 1878, c'est la date officielle qui est sur notre logo. Voilà, de génération en génération, six générations plus tard, on est toujours là. À Caen, bien implanté, et puis l'aventure continue.
Donc on peut dire clairement que vous êtes les plus anciens horticulteurs du territoire ? Ah oui, oui,
ça reste un métier très agricole, où effectivement ça se passe de génération en génération, mais six générations, c'est pas non plus très commun. Donc oui, non, sur la place de Caen, Caen-la-Mer, même le Calvados, pour bien connaître la profession, on est les plus anciens, absolument.
Et est-ce que tu sais comment ça a débuté, cette histoire ? C'est parti d'où ?
Moi, je te dis, Triple arrière-grand-père, au départ, il était jardinier dans un château, dans la campagne, et puis il s'est dit, tiens, je vendrai bien mes plantes que je produis pour le château. Ça a commencé comme ça, des petites productions, vente sur des foires aux plantes à l'époque, il n'y avait pas tous les réseaux de distribution qu'on a aujourd'hui. Et puis, chaque génération est venue construire quelque chose de nouveau. Le premier site de production, il s'est situé à Caen, rue du Magasin aux Poudres, là où il y a l'université de Caen aujourd'hui.
Ce n'était pas encore là à ce moment-là ? Non,
c'était avant la Seconde Guerre Mondiale.
Mais oui, exact !
Et le site a été détruit pendant la Seconde Guerre Mondiale. Nos arrières-arrières et arrières-grands-parents ont été, après la Seconde Guerre, relocalisés rue des Rouvilles à Caen. Et fin des années 90, nos... Grands-parents sont venus se relocaliser ici à Aéroville-Saint-Clair. A l'époque, c'était la campagne, les champs jusqu'au CHU.
Donc à l'époque de tes grands-parents ?
Oui, dans les années 80-90. Ok,
donc c'est pas si vieux. Non. C'est-à-dire qu'Aéroville a poussé d'un coup.
Exactement. Il y a eu une explosion de l'urbanisation. J'ai connu moi, enfant, où c'était des vaches partout autour. Et puis aujourd'hui, c'est la méga-urbanisation.
On se trouve entre des concessions automobiles, des industries très implantées et assez emblématiques de Caen-la-Mer. Donc on se dit pourquoi et finalement vous étiez là avant.
On était là avant tout le monde à Peut-être-Je-Sais-Prix. En fait nos grands-parents ont acheté une ferme ici, arrière-grands-parents. Et ça c'est les serres ont poussé sur les terrains de cette ferme-là. Et on est le dernier terrain agricole des Rouville-Saint-Clair. Donc effectivement tu ne peux pas dire mieux en disant que c'est assez atypique. C'est le dernier terrain agricole. et avec mon frère il y a 10 ans maintenant, on a construit un deuxième site de production de l'autre côté de Caen, à Grentville. Parce qu'ici, on ne pouvait pas pousser les murs. Donc voilà, l'aventure continue à chaque génération.
J'avais noté une anecdote hyper mignonne, qui est qu'il me semble que le prénom de ton triple arrière-grand-père, c'était Narcisse.
Exactement, Narcisse. Coïncidence ? Oui,
coïncidence assez folle, c'est assez prémonitoire,
c'est rigolo.
Elle a eu le nez assez fin d'artiste, puisque six générations plus tard... Vous êtes toujours là. Oui,
toujours vivant. Toujours vivant.
Et donc toi, qu'est-ce que tu fais là ? Est-ce que c'était une évidence dès le départ ?
Quelque part oui et quelque part non. C'est-à-dire que nos parents nous ont jamais poussés à aller dans cette direction. Mais mine de rien, on était élevés dans les serres. Depuis tout gamin, on a appris à faire du vélo, du roller, des cabanes, jouer au foot, casser des carreaux. Et puis voilà, on... chacun fait nos études, moi en tout cas des études qui n'avaient rien à voir, partie à l'étranger, etc. Et puis la vie nous a marre d'être amenés ici, et c'est très bien. Et puis on continue, et j'adore ce que je fais, donc tant mieux.
Donc raconte-nous un petit peu ce que tu fais, en quoi ça consiste, l'horticulture...
Alors aujourd'hui, on est sur une échelle industrielle, entre guillemets, donc on alimente les jardineries, un petit peu les fleuristes aussi, mais principalement les jardineries.
Sur toute la région ou même au-delà ?
80% la région, 20% en dehors de la région. Et donc voilà, moi je me concentre principalement sur la partie commerce auprès de ces clients professionnels. Et puis depuis peu, l'ouverture aux particuliers, on en reparlera aussi peut-être. mais... Mais je me concentre beaucoup sur les réseaux sociaux, on en a parlé. Et puis, faire découvrir notre lieu qui est quand même sympa. Et voilà, ça c'est une grosse mission pour moi aujourd'hui, faire découvrir tout ça.
C'est une vraie pépite ce lieu. Et d'ailleurs, on va y revenir, mais tu as trouvé des idées astucieuses pour le valoriser davantage. Aussi parce que vous vous êtes beaucoup diversifié ces derniers temps.
Absolument. Et l'idée, c'était... En gros, on est parti d'une page blanche auprès du grand public il y a trois ans. Et on s'est dit, comment on va faire pour faire découvrir ce lieu ? On avait besoin d'accélérer là-dessus.
Parce que vous sentiez que le marché était en train de ralentir, parce que ça devenait une nécessité aussi, commercialement parlant ?
Oui, on a eu une baisse d'activité chez les professionnels. Et donc, dans l'objectif de résoudre nos équations économiques, on s'est dit, il faut qu'on ouvre au grand public. Et voilà, grosse passe blanche, comment on fait pour aller vite et fort ? Les réseaux sociaux sont apparus comme une évidence Parce qu'aujourd'hui c'est le canal pour se faire voir Et puis toucher le plus grand nombre Donc voilà on est allé là-dessus Et puis on s'est dit comment faire aussi un petit peu décalé et atypique Parce qu'on reste des producteurs On voulait qu'il y ait une âme dans ce qu'on a fait là Donc tu vois là on a ramené plein de meubles De brocantes, de la ferme familiale De notre histoire aussi, on a des meubles de nos arrière-grands-parents, des vieilles serres. On raconte tout ça aussi dans ce lieu. Et puis, on a aussi créé des événements culinaires parce qu'on est des fans de bouffe. On adore la bonne bouffe. Et on s'est dit, on va réunir ce qu'on aime le plus, du fleuri, de la bonne bouffe. Et voilà, ça a bien pris et c'est cool. Il y a de l'engouement autour de tout ça, donc c'est super.
Oui, mais c'est un concept très novateur. Et pour avoir déjà participé à plusieurs de vos événements, Franchement, c'est une vraie expérience à vivre.
Oui, c'est vraiment le terme, c'est une expérience. Et c'est un moment un peu suspendu, dans un cadre fleuri, où t'es dans la serre, tu te sens bien. Et si en plus tu manges bien, t'écoutes de la bonne musique, t'es avec tes potes, ta famille, tout ça réuni fait que tu passes un vrai bon moment et t'as une vraie expérience.
C'est vrai. Et c'est hyper dépaysant. en fait, c'est très dépaysant et tu vois même là je le note en enregistrant ce podcast, c'est rigolo je pense que c'est l'infrastructure de la serre qui génère ça, mais il y a une acoustique hyper particulière et ça crée une atmosphère très feutrée très tamisée puisque la serre est très grande donc on pourrait s'imaginer quelque chose avec beaucoup d'écho et en fait non, c'est très cocooning absolument,
et d'ailleurs tous les groupes de musique parce qu'à chaque fois il y a un groupe de musique et nous disent l'acoustique est géniale dans votre serre mais oui c'est vrai,
vraiment ça s'entend je confirme,
c'est très agréable exactement, c'est agréable oui il y a ce volume mais c'est ça aussi qui fait que les gens ne savent pas ce que c'est une serre, personne n'a vraiment l'habitude d'aller et d'autant plus que là c'est pas une simple serre de vente il y a de la production derrière nous au dessus de nos têtes donc expérience garantie et ça c'est pas incompatible avec l'organisation d'événements parce qu'on pourrait se dire
En tout cas, être assez prudent en se disant « Bon, on va faire des événements, mais est-ce qu'on ne va pas marcher sur nos fleurs ? Est-ce que ça ne va pas abîmer nos productions ? »
Je ne te dis pas que c'est un monde idéal et que ça se passe toujours bien, mais il faut que ça vive. En fait, les fleurs, c'est la vie. C'est con ce que je te dis là, mais les fleurs, c'est la vie. Et je pense que quand on réunit les gens, c'est pour des moments vivants comme ça. Et c'est génial de le partager.
C'est joli ce que tu dis. Et du coup, j'ai envie de... de pousser un peu le curseur. Ça t'inspire quoi, toi, les fleurs et ce métier que tu fais aujourd'hui ?
Je te dis, c'est notre arrière-grand-mère. Elle nous disait souvent ça. Les fleurs, c'est la vie. Et je pense qu'on revient à des basiques, en fait. Tu te connectes à la nature, à la vie, à l'évolution d'une plante. Ce qui est génial dans notre métier, c'est que tu as vraiment la satisfaction de faire grandir, pousser et vendre à la fin. Et quand on fait en plus un beau produit, c'est hyper satisfaisant. quand... On a les gens qui arrivent dans la serre pour acheter, qui nous disent « vos fleurs elles sont vraiment trop belles, le lieu est... qu'est-ce que c'est agréable, qu'est-ce que c'est joli » La satisfaction elle est là quoi.
Mais surtout que vous êtes une production locale,
normande. Absolument.
Et ça donne beaucoup de sens aussi.
Ouais c'est ça, je pense que les gens... On est tous en quête et en recherche un peu de sens et de consommer local dans ce monde qui peut être un peu fou parfois et qui va très vite. Nous on a un métier de lenteur et qui vit avec les saisons. Et oui, produire localement ça a du sens, acheter localement ça a du sens. Et quand on est consommateur et qu'on se déplace chez un producteur, que ce soit pour manger ou pour acheter des fleurs, eh bien, il y a en vrai... Il y a une vraie démarche derrière ça, donc ça c'est hyper important.
Surtout, moi, je n'aurais pas forcément imaginé qu'on puisse cultiver autant de types de plantes, de fleurs en Normandie.
On n'est pas la région au cœur de la production française. C'est plus vers Angers, la Loire, où ils ont un climat un peu plus doux. En revanche, tout est possible à partir du moment où tu es sous serre. Il ne faut pas oublier que les premiers producteurs européens sont hollandais et belges et ils ont un climat beaucoup plus sombre, beaucoup plus gris que le nôtre. Oui, c'est vrai. Donc, à partir du moment où tu es sous serre, tu maîtrises le climat. Pour les productions extérieures, tu fais avec les contraintes locales. Mais on a le changement climatique aussi qui vient bouleverser nos productions.
Toi, vous le ressentez au fil des années ?
Oui, bien sûr. Tu vois, typiquement, la semaine dernière, semaine de la fête des mers, qui était notre plus grosse semaine de l'année. On a pris une semaine de canicule à 40 degrés. C'est des choses que nos parents n'ont pas connues, nos grands-parents non plus. Et clairement, ça impacte le consommateur dans sa manière de fleurir. Et nous, ça nous impacte dans la manière de devoir gérer nos stocks. Derrière, c'est un produit vivant et ça amène des complications.
Ça nécessite, je pense, une grande capacité d'adaptation parce que c'est du jamais vu.
Exactement. Et même sur l'automne, on a des arrières-saisons de plus en plus chaudes. Donc, on décale des productions, on adapte. Et même le consommateur veut des choses de plus en plus faciles à vivre chez lui parce qu'il est conscient des contraintes. Il y a aussi les modes de vie qui ont changé. Donc, la palette végétale s'adapte et notre métier s'adapte absolument.
Et donc, justement, parlons des habitudes des consommateurs, des habitudes de consommation. Est-ce qu'il y a quand même eu un retour ? au jardinage, un retour au travail manuel post-Covid. On a vu quand même, vraiment, je crois que les jardineries, c'était un peu place to be pendant le Covid, quand on pouvait ressortir de chez nous. Mais je crois que beaucoup de personnes à un moment se sont plongées dans le jardinage, dans la reconnexion à la nature, à l'extérieur. Ça devient vital.
Ce qui s'est passé pendant le Covid, c'est qu'on était Quasiment la seule profession, enfin domaine d'activité à être fermée seulement trois semaines. On a été classé dans les secteurs essentiels. Oui c'est vrai. Et ce qui nous a sauvés parce que produits vivants, pire moment de la saison. Et donc derrière les gens étaient chez eux, dans leur jardin, ils ne savaient pas quoi faire. Pour ceux qui avaient la chance d'avoir un jardin mais même ceux qui avaient le balcon etc. Et oui gros engouement pour le jardin. Très belle année pour le monde du jardinage. Et puis derrière, quand les vannes du tourisme, des loisirs se sont réouvertes, là, ça a été beaucoup plus compliqué. Et donc oui, retour à la nature, besoin de reconnexion, mais qui présente aussi ses limites quand les gens ont eu besoin de s'évader, de changer les idées. Le voyage et les loisirs ont quand même repris le dessus là-dessus.
Donc j'imagine qu'il y a eu une phase ascendante, maintenant ça se rééquilibre un petit peu ?
C'est même plus du rééquilibrage, il y a eu de la décroissance, mais bon voilà, on s'adapte et la preuve, l'ouverture au grand public, création des événements et puis on se réinvente, on s'adapte, c'est du darwinisme, c'est la loi du plus fort, celui qui s'adapte et voilà. Et puis c'est la vie d'une entreprise, une vie d'entrepreneur. On doit toujours s'adapter, donc c'est ce qu'on fait, et ça fait six générations qu'on est là. Chaque génération a dû s'adapter, nos arrière-grands-parents ont eu l'établissement détruit par les bombes. Ça aussi c'est de l'adaptation. Oui, on a nos difficultés avec notre génération et notre société actuelle, mais on n'a pas le choix, sinon on n'est plus là.
Et t'as des anecdotes comme ça en tête, de phases qu'ont pu traverser tes ancêtres ? Au fil de l'activité ?
Si on fait une rétrospective sur les 60-70 dernières années, nos arrière-grands-parents ont commencé à vendre sur les marchés. A l'époque, c'était le truc de croissance, post-secondaire mondiale, etc. Ensuite, il y a eu l'essor des fleuristes, les premières boutiques de fleuristes. Donc là, ils se sont dit... On va vendre aux fleuristes, ils vendent toujours un peu sur les marchés. Et puis fin des années 70-80, essor des jardineries. Ça a poussé partout comme des champignons, partout dans toutes les zones industrielles de France, dans toutes les villes. Donc là, grosse phase d'industrialisation. Et puis là, on est sur une phase où on revient un peu aux sources. Vente directe à nouveau, décroissance des jardineries. Donc voilà, on s'adapte et on suit le mouvement pour rester là.
Et donc, est-ce que les habitants, les canets et ceux qui habitent sur le territoire de Camp-la-Mer avaient pris conscience qu'il y avait des serres ici, qu'il y avait des ventes aux particuliers ou est-ce que ça a été vraiment toute une pédagogie à faire ?
Oui, on partait de zéro. Oui, en fait,
les gens passaient devant sans même réaliser que vous étiez là.
Exactement, et même encore aujourd'hui, donc on a encore beaucoup de travail, de pédagogie et de notoriété à faire. Mais oui, non, non, non, les gens ne savaient pas, ne savent toujours pas. Donc on a encore du travail pour se faire connaître.
Qu'est-ce que toi, tu as envie de passer comme message et de valoriser dans le fait comme ça de se montrer, de communiquer davantage sur votre activité ?
On est un vieux métier. Tu vois, l'horticulture, l'agriculture. Enfin, je veux dire, ça fait partie, je pense, peut-être pas l'horticulture, mais parmi les plus vieux métiers du monde. Et aujourd'hui, il y a un vrai manque de reconnaissance de la production de manière générale. On voit la difficulté qu'ont les agriculteurs, qu'ont les maraîchers, etc. En fait, tout le monde produit, mais personne vraiment se montre pour vendre ou alors dépend des autres pour vendre. Et l'enjeu aujourd'hui, c'est de crier fort et de se faire entendre.
De sortir de cette dépendance aussi.
Oui. de reprendre un petit peu de pouvoir, parce que c'est bien d'aller manifester et de tout casser. Mais je pense que ça passe par reprendre, reprendre quelque part sa capacité de vente et de distribution pour... Voilà, on ne peut pas tout écouler non plus, mais pour rester indépendant et serein aussi par rapport à son métier.
Mais c'est vrai que la diversification, c'est un terme... Enfin, la nécessité de se diversifier, c'est un terme qui revient beaucoup dans le secteur agricole.
Oui.
On sent aujourd'hui que c'est vital. Et donc, vous faites partie de ces métiers agricoles ?
Carrément. Le monde agricole, en fait, a simplement envie de vivre de son travail. Et les circuits de distribution principaux qu'il y a aujourd'hui permettent vraiment difficilement de faire ça. Et donc, la meilleure réponse, c'est essayer de reprendre une partie de sa capacité à vendre et puis essayer de le faire.
Mais est-ce que ce n'est pas trop épuisant ? d'être sur tous les fronts comme ça de jongler entre la production la culture qui est votre coeur de métier et l'événementiel et les réseaux sociaux finalement là c'est plusieurs métiers que vous faites en même temps il faut beaucoup de cordes à son arc oui
c'est épuisant t'as vu mes cernes je suis KO mais on aime ça c'est des métiers de passion et en fait on compte pas les heures le machin, le truc Et ça revient à ce qu'on disait tout à l'heure, quand tu as des gens qui te motivent au quotidien, qui viennent ici, qui te disent que c'est beau, que c'est joli, que c'est agréable. Plein de petits compliments du quotidien. Je ne te demande pas d'être insensé, je m'en fous de ça, mais juste, ça gratifie quelque part le travail qu'on fait. Et ça, ça met du baume au cœur et tu as envie de continuer et tu avances. Oui,
bien sûr. Toujours dans cette idée de partage.
Tu sais, on est des métiers, encore une fois, issus du monde agricole. ça a des bonnes valeurs et ça on nous les a enseignées tout petits et je remercie nos parents pour ça c'est du partage, c'est du travail c'est un côté familial aussi, c'est important et c'est ce qu'on essaye de retranscrire ici et les gens le ressentent aussi c'est vrai ça se ressent,
on se sent comme à la maison, on a l'impression d'entrer vraiment dans votre univers et vous nous accueillez à bras ouverts exactement,
quand les gens nous le disent c'est mission réussie et c'est ça qui nous pousse à continuer
Donc t'as débuté les réseaux sociaux en 2024, il me semble, début 2024. Donc finalement ça reste assez récent, ça fait un peu plus de deux ans que vous êtes, que tu es sur les réseaux sociaux. Donc la croissance est assez phénoménale. Comment t'as débuté là-dedans ? Un peu à vue ?
Non, tout a démarré avec ma femme, Diane, qui, à force de ne pas trop me voir à la maison, m'a dit « écoute, il faut qu'on fasse quelque chose ensemble » . C'est vrai que l'emploi du temps le permettait vachement, mais elle m'a dit « écoute, tout le monde te pose toujours des questions de jardinage, on va essayer de faire un truc autour du jardinage, vendre des formations de jardinage en ligne ou autre » . Donc en fait, on a démarré cette aventure ensemble, en dehors de l'entreprise familiale. avec un premier compte de jardinage qui s'appelle Jardin Costil, qui est encore vivant, mais plus très actif. Et en un an, on a monté une communauté de 80 000 followers. Et on a essayé de faire des ventes, on a fait des ventes de formations de jardinage, etc. Et quand ici, au CERF, les difficultés sont un peu arrivées, de se dire, bon, là, il faut qu'on s'ouvre au grand public. Comment on fait ? Je t'ai dit, solution réseau sociaux. Et ce que j'avais déjà mis un peu en place avec ma femme, je l'ai retranscrit ici. Et puis on l'a fait à nouveau, 100 000 followers aujourd'hui, en deux ans.
Donc il y a Jardin Costil qui a 80 000 abonnés et Horsiculteur Costil qui a 100 000 abonnés aujourd'hui.
Et sur Facebook aujourd'hui on est à 170 000 je crois. Donc tu vois, en deux ans et demi, trois ans, plus de 300 000 followers.
C'est incroyable.
Mais c'est de l'apprentissage en fait. Tu apprends, tu vois ce qui marche, ce qui marche tu le répètes, et puis il faut amener du volume et du travail dessus, et c'est ce qu'on a fait.
Donc c'est quoi le secret de la réussite, si on a envie de faire grossir sa communauté ?
Régularité, un max, régularité, volume, et puis les gens aujourd'hui sont en recherche de conseils, de tutos, de valeurs, d'apprentissage. Trumfam. Tu as vu nos réseaux, je ne vends jamais rien. C'est pas le but. Oui,
c'est ce que j'allais te dire. Finalement, votre business en tant que tel, on ne le voit pas tant que ça. Il est vraiment en toile de fond. Mais ce n'est pas le cœur du sujet.
Je mise tout sur apporter de la valeur et du conseil pour nos générations qui sont complètement paumées dans le végétal.
ça je confirme, en ce qui me concerne j'ai pas du tout la main verte donc les astuces me seraient très utiles c'est ça,
et donc quelque part c'est un support où nos générations sont, les réseaux sociaux et on a tous besoin de cette reconnexion à la nature, donc le fait d'apporter des tutos ils ont l'impression qu'ils vont y arriver oui que c'est plus accessible, ça rend la chose plus simple on vulgarise le truc et donc voilà c'est un peu les clés, en tout cas ici ce qu'on a mis en place et qui a fonctionné donc on continue
Et votre communauté, elle est principalement basée en Normandie ou pas du tout ? Pour le coup, vous êtes exporté ?
Il y a, il y a, ouais, il y a, non, pas que Normandie. Forcément, 100 000 followers sur une agglomération qui fait quoi ? 400 000 ? Non, il n'y a pas 25% des canets. Enfin, en tout cas, non. Mais non, non, c'est national. Même Belgique, Luxembourg, Suisse, etc. Mais ça, ce n'est pas grave. Ce qui compte, c'est de passer le message. Et plus on sera passé le message... Du végétal, du fleuri, des connaissances, etc. Mieux ce sera.
Est-ce qu'il y a des personnes qui se déplacent ici dans les serres après vous avoir vu sur les réseaux sociaux pour vous voir en vrai, découvrir les serres en vrai ?
Oui, il y a plein de phénomènes nouveaux qui sont arrivés, qui sont extrêmement bizarres. Mais oui, il y a des gens qui font des 2-3 heures de route.
Ah oui !
Donc hyper gratifiant.
Et là, on est sur une communauté très fidèle.
Oui, c'est surprenant et gratifiant. Il y a un autre phénomène, les gens passent la porte ici et ils ont l'impression de déjà me connaître.
C'est le revers de la médaille.
Ce n'est pas un revers de médaille, mais c'est vraiment bizarre comme sensation. En fait, ils ont déjà tissé un lien, créé du lien au travers des réseaux. Et donc, ils sont déjà très familiers, presque copains. Et ça me... Ça ne me dérange pas, mais c'est bizarre comme phénomène. Comme relation. Et ce n'est pas facile à expliquer, mais le lien se crée sur les réseaux. Et là où c'est fort... Que ce soit nous ou d'autres, mais c'est que comparé à peut-être des personnes que tu peux suivre sur les réseaux, je sais pas, des chanteurs, parce que t'en as reçu, ou un businessman, ou je sais pas, qui tu veux, t'as peu d'occasion de retranscrire l'expérience en physique, et ici en fait les gens ils viennent voir du concret.
Oui, exactement. Tu vois,
tu vis l'expérience jusqu'au bout, au-delà de l'écran.
et ça c'est cool donc grâce à vous il y a des personnes qui font 2-3 heures de route pour découvrir notre territoire aussi ouais c'est bah oui oui non mais totalement parce que c'est aussi l'occasion de découvrir le coin et on a plein sur la côte plein de résidences secondaires et on
a pas mal de monde de Paris qui nous suivent et qui quand ils viennent dans la résidence secondaire viennent faire un tour ici oh je vous ai vu à Paris mais j'habite ici et ils viennent faire le petit crochet donc ça c'est cool ça c'est trop bien génial
Je voulais qu'on revienne aussi sur les événements que vous organisez. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus, nous décrire le type d'événement que vous avez fait et peut-être un événement qui, toi, t'a marqué, ton événement préféré ?
Oui, à chaque fois, le principe est toujours le même. On adore la bouffe. On s'est dit, bon, on va faire un truc un peu décalé. L'idée, c'est de s'appuyer sur la renommée de quelques restaurateurs canais et de leur proposer un projet atypique où on fait à manger dans les serres. Et on a commencé avec Anthony Caillot, le chef anciennement étoilé, même si... C'est tout comme,
on va considérer qu'il est toujours étoilé,
dans nos cœurs. Exactement. Et premier événement, en une semaine, on a inscrit 300 personnes. Donc là, on se dit, trop bien. Expérience de fou. Forcément, celui-là, il nous a marqués parce que c'était la première. Et on a fait, sur ce premier événement, toute une balade gourmande dans toutes les serres. avec des ateliers un petit peu partout. Il y avait cinq ateliers répartis dans toutes les serres. Et moment extra. Donc derrière, on s'est dit, bon, on va renouveler. Donc on a commencé à interroger plusieurs personnes qu'on avait en tête. Et on a fait venir au final une douzaine de restaurateurs différents de la région canaise. Peut-être pas 12 différents, mais au moins 8-10. Et à chaque fois, on essaye d'amener une thématique un peu différente, Tchao ! Un axe un peu différenciant, tu vois. Là, on a fait venir Stéphane Carbon pour faire un barbecue. On a déroulé de la pelouse sur les tables. Génial. Tu as fait Anthony Caillot. On a fait un barbecue de nuit dans les serres.
C'était magnifique. C'était très beau.
C'était très beau. À l'automne dernier, on a fait une soirée raclette. Ah, j'ai loupé celle-ci. J'aurais bien aimé être là. Et ça, c'était un de mes moments préférés parce que... Grosse réussite, grosse ambiance, trop bien. On fait des brunchs aussi. Le format brunch plaît beaucoup parce que tu viens te déconnecter total.
Ça permet peut-être d'être aussi un peu plus en famille. Exactement. Toi qui as des enfants, tu dois savoir que c'est bien aussi. C'est ça.
Chaque événement attire un peu une clientèle différente et c'est ça qui est sympa. Et puis, il y a plein d'autres idées encore pour l'automne prochain.
Mais écoute, j'ai aussi une idée en tête pour vous. Sur ce podcast, on a reçu récemment Charlie-Anne. qui a fait Top Chef et Charlie il est originaire d'ici et il est passionné de cueillette sauvage, il adore travailler les herbes, les aromates etc donc je pense qu'il y a un truc à faire Charlie si tu nous écoutes c'est ça, mais créativité et puis on passe tous un bon moment et c'est trop bien j'invite toutes celles et ceux qui nous écoutent et qui n'ont pas encore vécu cette expérience à la vivre parce que c'est assez unique
C'est ça. Et là, dimanche, on fait le dernier de la saison avec la crèmerie des baratineurs, avec pain vivant et les clapiotes. On réunit 200 personnes dimanche pour un brunch de fin de saison.
Super.
Voilà, ça va être trop bien.
Alors, on va parler un petit peu du territoire. Donc, toi qui es natif de Caen, t'es quand même parti quelques temps aux Etats-Unis, il me semble. Ouais.
3 ans.
3 ans, ah oui quand même. Dans quel coin ?
Dans le Midwest, en plein milieu des Etats-Unis. Donc c'est un peu, pour donner une image, si t'es un étudiant étranger et que t'arrives dans le milieu de l'Orne ou dans le milieu de la Manche.
Ah oui, ok, ça fait cet effet.
Ouais, tu vois, c'était le coin un peu paumé, c'était pas le New York City ou le San Francisco.
C'était pas le American Dream.
Non, c'était pas le American Dream. normalement Expérience de dingue, plein de bons trucs. Mais ouais, c'était pas le côté glamour des US, mais peut-être les US plus authentiques. Donc, super expérience.
Et donc, qu'est-ce qui t'a donné envie de revenir ici et de rester ici ?
La vie, j'ai fait un stage de fin d'études en jardinerie.
Tu revenais doucement vers tes origines,
tes actifs. Et puis ça se passe bien, je vois qu'il y a des opportunités, des choses qu'on ne fait pas, qu'on pourrait faire. Et puis à ce moment-là, quelqu'un de l'équipe ici s'en va. Mon père me dit écoute, viens, essaye et puis je ne suis pas reparti.
Et ça s'est fait comme ça ?
Oui, exactement. Mais ce n'était pas du tout forcément l'objectif. En tout cas, on n'a jamais été poussé là-dedans. Et puis, c'est la vie.
Ça s'est fait naturellement.
Exactement.
Et donc, qu'est-ce que tu aimes ici à Caen, à Caen-la-Mer ?
Franchement, on a une super région. Enfin, on a tout. On a la mer, on a la campagne, on a le soleil.
Oui, alors, c'est le moment de déconstruire le cliché, justement, sur le fait qu'il pleut tout le temps en Normandie.
Exactement. Alors ? L'eau c'est la vie, à l'image des fleurs c'est la vie, il nous faut de l'eau. On a cette chance d'avoir de l'eau malgré tout. Et on a le soleil mais on l'a avec parcimonie. Mais on l'a tellement avec parcimonie que quand on l'a, on l'apprécie d'autant plus. Pour l'anecdote, on a la sœur de Diane qui vivait dans le sud. Et en fait, eux à l'inverse, ils ont trop de soleil en fait. Ils subissent le soleil. Et elle dit, si en fait quand tu l'as, t'as envie d'en profiter à fond.
Tu respires.
Tu revis et surtout, tu veux en profiter. Donc, tu sors, tu fais des trucs, tu vas à la mer et on a la chance d'avoir tout ça. En fait, c'est comme si je te donnais à manger du homard tous les jours. À la fin, tu ne l'apprécies plus. Le soleil, c'est pareil. Si tu l'as tous les jours, à la fin, tu t'enlaces.
Tu as raison. Il y a certains luxes qu'on a. Quand on a trop, on l'apprécie plus. Exactement. Et donc là,
on l'a par simonie. Mais quand on l'a, on kiffe. Je ne sais pas si tu as remarqué ça. amis. On a quand même vachement ce phénomène des marées avec la mer chez nous. Et en fin de journée, t'es sûre de toujours avoir un rayon de soleil à un moment ou un autre. Tu vois, c'est un petit plaisir de la vie. C'est pas grand chose, mais tu kiffes.
Vraiment, je suis très en phase avec toi. Moi, à chaque fois qu'on me dit non mais en Normandie, il pleut tout le temps, ça m'exaspère. Et déjà, je réponds toujours ce que tu viens de dire, c'est-à-dire non mais on a toujours un rayon de soleil qui traîne quelque part. Et surtout que moi, je peux te dire que je viens de la région centre. Et en région centre, quand il fait gris le matin, il fait... Il fait gris toute la journée. Il n'y a pas de nuance. C'est vrai qu'il y a un côté vivant ici, assez cyclique, qui est hyper agréable. Toi qui es un épicurien et visiblement un amoureux de la gastronomie, est-ce que tu as des adresses favorites dans le secteur à nous recommander ?
J'aime beaucoup nos chefs un peu prestigieux parce que tu sors un peu du cadre. Et les mecs, c'est des artistes en fait. Et tu vois, ça revient à la créativité. Moi, quand je vais au resto, j'ai envie d'avoir une vraie expérience. Donc oui, des Anthony Caillot, des Stéphane Carbon. Tu vis un truc, tu vis un truc. Tu as des émotions, il se passe quelque chose. Donc ça, c'est des adresses sympas. Ça peut être soit dans l'assiette, mais aussi, pourquoi pas, avec le cadre. On a quand même des spots qui sont géniaux, sur la côte. Je pense à la baie de Merville-Franceville. T'as l'impression de partir en vacances, t'es à 10 minutes de Caen, tu te dis mais où est-ce que je suis arrivé là, c'est magnifique, donc t'as des coins comme ça qui sont sympas ou si tu te projettes un peu plus loin dans la Manche, des choses comme ça, mais c'est pas Caen-la-Mer.
Même Merville, c'est pas Caen-la-Mer.
Oh là là, ouais, mais il y a mer dans Caen-la-Mer, donc tu vois, faut s'en rapprocher quand même. Donc on n'est pas à 5 kilomètres près.
Ok. Ça marche, oui, soyons ouverts quand même avec les frontières.
Quand même,
quand même. On accepte les adresses à Merville.
Exactement.
Et oui, en centre-ville de Caen ?
Centre-ville, j'aime beaucoup la nature. Et franchement, ils nous ont fait un parc du château là, avec le café Mansell à l'intérieur.
Oui,
qui a été rénové. Et là, t'as un aménagement paysager de dingue. Quand tu peux te mettre en terrasse en fin de journée, quand il fait beau, quand t'as un beau rayon de soleil. Là, t'es dans un cadre privilégié avec le côté historique de notre ville. Le château de Guillaume le Conquérant, tu fais pas mieux. Et la nature réunie au cœur de ça, c'est quand même sympa.
Et d'ailleurs, tu vois, aujourd'hui, il y a une vidéo qui est sortie. Et merci pour cette vidéo, je suis trop contente. C'est le créateur de contenu Bruno Maltor qui l'a partagé, qui voyage beaucoup. aux quatre camps du globe. Et aujourd'hui, il a partagé une vidéo qui met en avant la ville de Caen. Et en fait, je ne le savais pas, mais elle fait vraiment partie des villes les plus vertes de France.
Oui, alors ça, on peut en parler un peu, si tu veux, mais je trouve que la mairie, je ne vais pas donner d'opinion politique, ce n'est pas du tout l'idée, mais en tout cas, il y a un vrai... travail qui est fait d'aménagement paysager, de reverdissement. On a une des plus belles mairies de France avec un jardin magnifique devant, où je fais beaucoup de vidéos d'ailleurs.
Mais oui, j'allais aussi y venir, mais on te voit de plus en plus arpenter la ville de Caen avec des chapeaux de paille ou tout autre accessoire.
C'est ça, la créativité. Et puis les canets ont envie de se retrouver aussi dans leur ville, donc il faut leur en parler de leur ville. Je pense qu'on peut être fiers, on a une belle ville, il fait bon vivre, et on a plein d'atouts, plein de bonnes choses, et le végétal en fait partie. Il y a eu les événements du millénaire qui se sont faits là-dedans, c'était génial, même pour les touristes qui sont venus. Donc voilà, sur le port de Caen, ils viennent de faire un petit aménagement qui est sympa comme tout, ils font des efforts l'été à faire des petits jardins urbains, tout ça, hyper sympa. Quand t'es touriste et que tu découvres ça sous un beau rayon de soleil, c'est top.
Oui, il y a un dynamisme et on voit vraiment... la ville évoluer, se transformer. Il y a beaucoup de projets qui vont dans le sens aussi de la qualité de vie et du bien-être des habitants.
Oui, mais je ne sais pas si Caen n'est pas parmi l'une des top 10 en France où il fait bon vivre. Oui, tout à fait. Là,
depuis plusieurs années, ça revient régulièrement dans les classements et on est assez bien classés.
Tu as du végétal, tu as de la belle pierre de Caen, tu as de l'histoire, c'est magnifique. T'as tout.
Mais que dire de plus ?
Venez vivre à Caen.
Mais bien sûr ! Est-ce que tu aurais un cliché à déconstruire sur les canets ?
Bah, le cliché de la météo, hein.
Ouais. Et on l'a déconstruit, donc... Et on l'a déconstruit,
après, cliché. On a quoi comme cliché, à Caen ?
Je sais pas trop. Certains disent que les canets sont fermés, mais bon, je l'entends pas tant que ça, finalement.
Non, je pense que... C'est un peu comme dans Bienvenue chez les Ch'tis où il y a peut-être une barrière à l'entrée, entre guillemets, et puis une fois que t'es intégrée, t'as plus envie de repartir.
Mais complètement. En ce qui me concerne, je suis arrivée il y a cinq ans ici et j'ai pas du tout senti cette barrière, pour le coup. Je me suis sentie très vite intégrée, les gens sont chaleureux, vraiment comme à la maison.
Ouais, exactement. Et c'est Aurélien Le Seigne qui dit une fois que t'as fait le tour du monde, t'as qu'une seule envie, c'est de retourner à la maison. C'est très vrai. Et tu vois dans nos générations de potes Enfin Il y en a plein qui sont partis faire les études, tout ça, mais il y en a beaucoup qui sont revenus quand même. C'est incroyable,
c'est très rare.
Il y a une vraie attache. On est attaché à nos racines normandes, je pense.
J'ai oublié de te faire les questions flash. J'adore ce moment, les questions flash. Il y a deux choix et tu dis ce que tu préfères, ce qui te parle le plus.
Ok.
Cidre ou calva ?
Cidre. À la ferme, on est agriculteur. Le midi, ils buvaient du cidre, tu vois, à l'époque. Donc, cidre de la ferme. Donc, ouais, cidre.
Avec des pommes normandes,
évidemment. Bien évidemment.
Pas besoin de le préciser. Andouille de vire ou tripes à la mode de camp ?
Andouille de vire, les tripes, c'est dur quand même.
Ouais, les tripes, c'est dur. Ouais,
les tripes. Franchement, franchement... Faut s'accrocher. Ouais, faut s'accrocher, ouais.
Parait-il tout de même que bien cuisiné, ça passe. On demande à juger.
Ouais, mais andouille de vire avec un petit beurre salé. de Normandie, là t'es refait trop chouette
Torgoul ou Brasier ?
Torgoul
Château de Caen ou plage du débarquement ? Château de Caen je m'en doutais vu que t'avais cité le jardin et si je dis Aurel San et Guillaume le Conquérant tu vas aussi dire Aurel San ?
Guillaume le Conquérant est vraiment trop loin pour que je me fasse... ouais tu l'as pas connu mais il a fait beaucoup pour la vie franchement le millénaire ça a permis de redécouvrir aussi l'histoire de Guillaume le Conquérant tout ça. Quand même, on a le gars qui est allé conquérir l'Angleterre.
Il y est allé comme ça.
Et il a réussi.
Oui, il a réussi.
Donc c'est quand même pas mal pour l'époque. Il y a 1000 ans, le gars était bon.
C'est vrai. Respect Guillaume. Et il y a le Millenium qui arrive l'année prochaine.
Ah, top. Et bien, ça va être...
Il va y avoir encore d'autres événements, d'autres redécouvertes de notre histoire. Ça va être trop chouette.
Trop bien. Trop bien. Ça va encore nous amener des touristes et faire découvrir notre belle région.
Mais oui, complètement. Bon, on continue de compter sur toi quand même. pour la faire découvrir. Tu es un très bon ambassadeur, en tout cas.
Oui, non, mais à ma toute petite échelle, je participe effectivement à faire découvrir la ville et de faire rayonner notre région.
Tout à fait. On arrive sur la fin de ce podcast. Et donc, sache que nous allons bientôt lancer une saison 2.
Magnifique.
Oui, c'est une très bonne nouvelle. Et j'avais envie de te demander qui tu aimerais entendre à ce micro.
Aurel San.
Je te garantis rien, mais on va essayer.
Je suis sûr qu'il est ouvert.
Ah oui, tu penses ?
Ouais.
Bon, l'appel est lancé.
Il faut être un peu créatif, mais je suis sûr qu'il doit pouvoir...
Nous serons créatifs. Allez, on va finir sur la question signature de ce podcast.
Ok.
C'est quoi pour toi un état d'esprit conquérant ?
Conquérant, je suis quelqu'un d'entrepreneur moi. J'ai ça dans le sang, en plus de la nature et de tout ça. Donc pour moi, un conquérant, c'est clairement un entrepreneur. C'est monter des projets, faire ce qu'on a envie, se battre ce pour quoi on se lève tous les matins. Donc ouais, aller conquérir ça, je ne peux pas te dire mieux. Aller conquérir ce pour quoi on se lève tous les matins. Let's go.
Super, c'est une très belle mentalité. Merci Arthur.
Avec plaisir.
C'était un... chouette moment.
Fleury.
Fleury, un moment fleury.
Exactement.
J'ai jamais eu une conversation aussi fleurie avec quelqu'un.
Ça c'est un vrai compliment que tu puisses faire un horticulteur.
Et j'ai apprécié.
Trop bien, bah partagez.
Et bah merci beaucoup. Avec plaisir. Je te dis à très vite et plein de bonnes choses.
On va aller conquérir tout ça.
Les horticulteurs costiles. Ouais, c'est parti.
Let's go.
C'est ainsi que s'achève notre conversation avec Arthur. Encore merci à lui d'avoir partagé avec nous ce moment suspendu et sa vision si inspirante du métier. Si cet échange vous a donné envie de découvrir son univers, je vous invite vivement à suivre le quotidien de l'exploitation. sur les réseaux sociaux. Vous pouvez retrouver Arthur sur le compte Horticulteur, au pluriel, Costil. Et pour celles et ceux qui sont dans la région, n'hésitez pas à aller directement leur rendre visite dans leur serre au 38 avenue de Carbsen à et Rouville Sinclair. Je vous glisse de toute façon, comme d'habitude, tous les liens utiles dans la description de l'épisode. Vous l'avez compris, cet épisode un peu spécial marque aussi un grand tournant pour Voix Conquérante puisqu'il vient clôturer notre toute première saison. Je voulais prendre un moment pour vous adresser un grand, grand merci. A chaque nouvel épisode, vous avez été de plus en plus nombreux et nombreuses à nous rejoindre et on a passé la barre des centaines et des centaines d'auditeurs et d'auditrices à chaque écoute. Et pour un lancement, d'autant plus au niveau local, c'est une immense fierté. Alors merci du fond du cœur pour vos partages, vos messages et votre précieux soutien qui fait grandir ce projet jour après jour. Et bonne nouvelle ! Toute l'équipe et moi-même avons déjà hâte de vous retrouver à la rentrée pour le lancement de la saison 2. Et tout ça, c'est aussi et surtout grâce à vous. On vous prépare de belles surprises, de nouveaux invités qui nous donnent toujours plus envie d'oser et surtout plein d'histoires passionnantes pour continuer à découvrir ou redécouvrir notre territoire autrement d'ici là passez un très bel été prenez soin de vous et on se retrouve très vite en septembre pour de nouvelles conquêtes à bientôt
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Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
En fait, les fleurs, c'est la vie. Chaque génération est venue construire quelque chose de nouveau. Coïncidence ? Je ne sais pas. Je pense qu'on peut être fiers, on a une belle ville, il fait bon vivre. On passe tous un bon moment, c'est trop bien. Venez vivre à Caen.
Vous écoutez Voix Conquérante, un podcast original de Caen Normandie. Bonjour à toutes et à tous, je suis Chloé Lenoir et je vous souhaite la bienvenue pour ce nouvel épisode, le dixième déjà, qui marque la fin de cette toute première saison de Voix Conquérante. Pour clore ce chapitre en beauté, j'ai poser mes micros dans un décor particulier. C'est au cœur même des serres de Rouville-Saint-Clair, entourées par les fleurs et les plantes, que j'ai rejoint mon invité du jour, Arthur Costil. Pour la première fois dans ce podcast, nous mettons le projecteur sur le secteur agricole et les métiers de la terre. Chez l'Ecostyle, on est horticulteur de père en fils depuis six générations. Une exploitation familiale qui est aujourd'hui menée par les parents, Laurence et Gilles, rejoints par leurs deux fils, Arthur et Elliot. C'est une histoire de transmission transgénérationnelle où le savoir-faire se passe comme un flambeau et où chaque époque doit faire face à ses propres défis. C'est un profil résolument atypique que vous allez... découvrir aujourd'hui. Car au-delà d'être horticulteur, Arthur est un entrepreneur dans l'âme. Dans un secteur d'activité où se diversifier est devenu vital, lui et sa famille ne cessent de bousculer les codes à travers des idées créatives et audacieuses. Mais ce n'est pas tout, Arthur est aussi un créateur de contenu passionné. Chaque jour, il rassemble une communauté de milliers d'abonnés qui suivent son quotidien et ses astuces de jardinage sur les réseaux sociaux. Comment faire évoluer ? un savoir-faire ancestral. Comment innover quand on travaille avec les aléas du vivant et des contraintes climatiques ? Cet épisode de Clôture est une conversation fleurie, végétale, verdoyante, une véritable ode à la nature, à la réinvention et à la richesse de notre territoire. Alors, installez-vous confortablement, je vous souhaite à toutes et à tous une très bonne écoute.
C'est bon pour toi ?
Bah ouais, c'est carrément bon pour moi. Et est-ce que toi, c'est bon pour toi ?
Bah ouais.
Let's go !
C'est parti !
Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans le podcast Voix Conquérante. On en est au dixième épisode, c'est le dernier épisode de cette première saison. Et vraiment, j'aurais pas pu rêver meilleur cadre pour terminer cette saison en beauté. On enregistre aujourd'hui dans les serres des horticulteurs costiles et j'ai le plaisir d'être avec toi Arthur aujourd'hui. Merci de répondre positivement à cette invitation.
Merci à toi.
Et surtout merci de nous inviter au cœur de tes serres. Vraiment l'environnement est incroyable.
On est au mois de juin, on ne peut pas être mieux en termes de fleuries. Donc là c'est sympa, c'est très visuel.
Oui c'est très visuel. D'ailleurs je vous invite à aller voir sur les réseaux sociaux pour profiter pleinement du cadre. Là, c'est vrai qu'on est au cœur de la floraison.
On attaque la saison estivale, la saison où toutes les fleurs sont au top. Donc franchement, c'est visuel. On reparlera des réseaux sociaux.
Exactement. Mais d'ailleurs, parlons réseaux sociaux. Aujourd'hui, c'est une coïncidence, mais on a une célébration, je crois. Dis-nous tout.
Eh bien, on célèbre nos 100 000 abonnés sur Instagram. C'est incroyable. On a passé le cap cet après-midi. Coïncidence, voilà, c'était pour le podcast, c'était prévu.
Bon, c'est pas mal pour célébrer ça, comme il se doit.
Je ne sais pas ce qu'on va organiser encore avec la communauté, mais il faut qu'on fasse un petit truc.
Alors Arthur, pour planter le décor en quelques mots, toi tu représentes, c'est assez fou, la sixième génération d'horticulteurs au sein de ta famille. Est-ce que tu peux nous en dire plus sur cette histoire et sur cet héritage ?
Oui absolument, donc sixième génération avec mon frère. On est actuellement encore quatre de la famille à travailler, nos parents sont là. Et chaque génération a travaillé avec la génération précédente à peu de choses près. Et six générations, donc c'est notre triple arrière-grand-père qui a démarré l'histoire.
C'est fou, il y a vraiment un passage de flambeau quoi.
Oui exactement, ça a démarré en 1878, c'est la date officielle qui est sur notre logo. Voilà, de génération en génération, six générations plus tard, on est toujours là. À Caen, bien implanté, et puis l'aventure continue.
Donc on peut dire clairement que vous êtes les plus anciens horticulteurs du territoire ? Ah oui, oui,
ça reste un métier très agricole, où effectivement ça se passe de génération en génération, mais six générations, c'est pas non plus très commun. Donc oui, non, sur la place de Caen, Caen-la-Mer, même le Calvados, pour bien connaître la profession, on est les plus anciens, absolument.
Et est-ce que tu sais comment ça a débuté, cette histoire ? C'est parti d'où ?
Moi, je te dis, Triple arrière-grand-père, au départ, il était jardinier dans un château, dans la campagne, et puis il s'est dit, tiens, je vendrai bien mes plantes que je produis pour le château. Ça a commencé comme ça, des petites productions, vente sur des foires aux plantes à l'époque, il n'y avait pas tous les réseaux de distribution qu'on a aujourd'hui. Et puis, chaque génération est venue construire quelque chose de nouveau. Le premier site de production, il s'est situé à Caen, rue du Magasin aux Poudres, là où il y a l'université de Caen aujourd'hui.
Ce n'était pas encore là à ce moment-là ? Non,
c'était avant la Seconde Guerre Mondiale.
Mais oui, exact !
Et le site a été détruit pendant la Seconde Guerre Mondiale. Nos arrières-arrières et arrières-grands-parents ont été, après la Seconde Guerre, relocalisés rue des Rouvilles à Caen. Et fin des années 90, nos... Grands-parents sont venus se relocaliser ici à Aéroville-Saint-Clair. A l'époque, c'était la campagne, les champs jusqu'au CHU.
Donc à l'époque de tes grands-parents ?
Oui, dans les années 80-90. Ok,
donc c'est pas si vieux. Non. C'est-à-dire qu'Aéroville a poussé d'un coup.
Exactement. Il y a eu une explosion de l'urbanisation. J'ai connu moi, enfant, où c'était des vaches partout autour. Et puis aujourd'hui, c'est la méga-urbanisation.
On se trouve entre des concessions automobiles, des industries très implantées et assez emblématiques de Caen-la-Mer. Donc on se dit pourquoi et finalement vous étiez là avant.
On était là avant tout le monde à Peut-être-Je-Sais-Prix. En fait nos grands-parents ont acheté une ferme ici, arrière-grands-parents. Et ça c'est les serres ont poussé sur les terrains de cette ferme-là. Et on est le dernier terrain agricole des Rouville-Saint-Clair. Donc effectivement tu ne peux pas dire mieux en disant que c'est assez atypique. C'est le dernier terrain agricole. et avec mon frère il y a 10 ans maintenant, on a construit un deuxième site de production de l'autre côté de Caen, à Grentville. Parce qu'ici, on ne pouvait pas pousser les murs. Donc voilà, l'aventure continue à chaque génération.
J'avais noté une anecdote hyper mignonne, qui est qu'il me semble que le prénom de ton triple arrière-grand-père, c'était Narcisse.
Exactement, Narcisse. Coïncidence ? Oui,
coïncidence assez folle, c'est assez prémonitoire,
c'est rigolo.
Elle a eu le nez assez fin d'artiste, puisque six générations plus tard... Vous êtes toujours là. Oui,
toujours vivant. Toujours vivant.
Et donc toi, qu'est-ce que tu fais là ? Est-ce que c'était une évidence dès le départ ?
Quelque part oui et quelque part non. C'est-à-dire que nos parents nous ont jamais poussés à aller dans cette direction. Mais mine de rien, on était élevés dans les serres. Depuis tout gamin, on a appris à faire du vélo, du roller, des cabanes, jouer au foot, casser des carreaux. Et puis voilà, on... chacun fait nos études, moi en tout cas des études qui n'avaient rien à voir, partie à l'étranger, etc. Et puis la vie nous a marre d'être amenés ici, et c'est très bien. Et puis on continue, et j'adore ce que je fais, donc tant mieux.
Donc raconte-nous un petit peu ce que tu fais, en quoi ça consiste, l'horticulture...
Alors aujourd'hui, on est sur une échelle industrielle, entre guillemets, donc on alimente les jardineries, un petit peu les fleuristes aussi, mais principalement les jardineries.
Sur toute la région ou même au-delà ?
80% la région, 20% en dehors de la région. Et donc voilà, moi je me concentre principalement sur la partie commerce auprès de ces clients professionnels. Et puis depuis peu, l'ouverture aux particuliers, on en reparlera aussi peut-être. mais... Mais je me concentre beaucoup sur les réseaux sociaux, on en a parlé. Et puis, faire découvrir notre lieu qui est quand même sympa. Et voilà, ça c'est une grosse mission pour moi aujourd'hui, faire découvrir tout ça.
C'est une vraie pépite ce lieu. Et d'ailleurs, on va y revenir, mais tu as trouvé des idées astucieuses pour le valoriser davantage. Aussi parce que vous vous êtes beaucoup diversifié ces derniers temps.
Absolument. Et l'idée, c'était... En gros, on est parti d'une page blanche auprès du grand public il y a trois ans. Et on s'est dit, comment on va faire pour faire découvrir ce lieu ? On avait besoin d'accélérer là-dessus.
Parce que vous sentiez que le marché était en train de ralentir, parce que ça devenait une nécessité aussi, commercialement parlant ?
Oui, on a eu une baisse d'activité chez les professionnels. Et donc, dans l'objectif de résoudre nos équations économiques, on s'est dit, il faut qu'on ouvre au grand public. Et voilà, grosse passe blanche, comment on fait pour aller vite et fort ? Les réseaux sociaux sont apparus comme une évidence Parce qu'aujourd'hui c'est le canal pour se faire voir Et puis toucher le plus grand nombre Donc voilà on est allé là-dessus Et puis on s'est dit comment faire aussi un petit peu décalé et atypique Parce qu'on reste des producteurs On voulait qu'il y ait une âme dans ce qu'on a fait là Donc tu vois là on a ramené plein de meubles De brocantes, de la ferme familiale De notre histoire aussi, on a des meubles de nos arrière-grands-parents, des vieilles serres. On raconte tout ça aussi dans ce lieu. Et puis, on a aussi créé des événements culinaires parce qu'on est des fans de bouffe. On adore la bonne bouffe. Et on s'est dit, on va réunir ce qu'on aime le plus, du fleuri, de la bonne bouffe. Et voilà, ça a bien pris et c'est cool. Il y a de l'engouement autour de tout ça, donc c'est super.
Oui, mais c'est un concept très novateur. Et pour avoir déjà participé à plusieurs de vos événements, Franchement, c'est une vraie expérience à vivre.
Oui, c'est vraiment le terme, c'est une expérience. Et c'est un moment un peu suspendu, dans un cadre fleuri, où t'es dans la serre, tu te sens bien. Et si en plus tu manges bien, t'écoutes de la bonne musique, t'es avec tes potes, ta famille, tout ça réuni fait que tu passes un vrai bon moment et t'as une vraie expérience.
C'est vrai. Et c'est hyper dépaysant. en fait, c'est très dépaysant et tu vois même là je le note en enregistrant ce podcast, c'est rigolo je pense que c'est l'infrastructure de la serre qui génère ça, mais il y a une acoustique hyper particulière et ça crée une atmosphère très feutrée très tamisée puisque la serre est très grande donc on pourrait s'imaginer quelque chose avec beaucoup d'écho et en fait non, c'est très cocooning absolument,
et d'ailleurs tous les groupes de musique parce qu'à chaque fois il y a un groupe de musique et nous disent l'acoustique est géniale dans votre serre mais oui c'est vrai,
vraiment ça s'entend je confirme,
c'est très agréable exactement, c'est agréable oui il y a ce volume mais c'est ça aussi qui fait que les gens ne savent pas ce que c'est une serre, personne n'a vraiment l'habitude d'aller et d'autant plus que là c'est pas une simple serre de vente il y a de la production derrière nous au dessus de nos têtes donc expérience garantie et ça c'est pas incompatible avec l'organisation d'événements parce qu'on pourrait se dire
En tout cas, être assez prudent en se disant « Bon, on va faire des événements, mais est-ce qu'on ne va pas marcher sur nos fleurs ? Est-ce que ça ne va pas abîmer nos productions ? »
Je ne te dis pas que c'est un monde idéal et que ça se passe toujours bien, mais il faut que ça vive. En fait, les fleurs, c'est la vie. C'est con ce que je te dis là, mais les fleurs, c'est la vie. Et je pense que quand on réunit les gens, c'est pour des moments vivants comme ça. Et c'est génial de le partager.
C'est joli ce que tu dis. Et du coup, j'ai envie de... de pousser un peu le curseur. Ça t'inspire quoi, toi, les fleurs et ce métier que tu fais aujourd'hui ?
Je te dis, c'est notre arrière-grand-mère. Elle nous disait souvent ça. Les fleurs, c'est la vie. Et je pense qu'on revient à des basiques, en fait. Tu te connectes à la nature, à la vie, à l'évolution d'une plante. Ce qui est génial dans notre métier, c'est que tu as vraiment la satisfaction de faire grandir, pousser et vendre à la fin. Et quand on fait en plus un beau produit, c'est hyper satisfaisant. quand... On a les gens qui arrivent dans la serre pour acheter, qui nous disent « vos fleurs elles sont vraiment trop belles, le lieu est... qu'est-ce que c'est agréable, qu'est-ce que c'est joli » La satisfaction elle est là quoi.
Mais surtout que vous êtes une production locale,
normande. Absolument.
Et ça donne beaucoup de sens aussi.
Ouais c'est ça, je pense que les gens... On est tous en quête et en recherche un peu de sens et de consommer local dans ce monde qui peut être un peu fou parfois et qui va très vite. Nous on a un métier de lenteur et qui vit avec les saisons. Et oui, produire localement ça a du sens, acheter localement ça a du sens. Et quand on est consommateur et qu'on se déplace chez un producteur, que ce soit pour manger ou pour acheter des fleurs, eh bien, il y a en vrai... Il y a une vraie démarche derrière ça, donc ça c'est hyper important.
Surtout, moi, je n'aurais pas forcément imaginé qu'on puisse cultiver autant de types de plantes, de fleurs en Normandie.
On n'est pas la région au cœur de la production française. C'est plus vers Angers, la Loire, où ils ont un climat un peu plus doux. En revanche, tout est possible à partir du moment où tu es sous serre. Il ne faut pas oublier que les premiers producteurs européens sont hollandais et belges et ils ont un climat beaucoup plus sombre, beaucoup plus gris que le nôtre. Oui, c'est vrai. Donc, à partir du moment où tu es sous serre, tu maîtrises le climat. Pour les productions extérieures, tu fais avec les contraintes locales. Mais on a le changement climatique aussi qui vient bouleverser nos productions.
Toi, vous le ressentez au fil des années ?
Oui, bien sûr. Tu vois, typiquement, la semaine dernière, semaine de la fête des mers, qui était notre plus grosse semaine de l'année. On a pris une semaine de canicule à 40 degrés. C'est des choses que nos parents n'ont pas connues, nos grands-parents non plus. Et clairement, ça impacte le consommateur dans sa manière de fleurir. Et nous, ça nous impacte dans la manière de devoir gérer nos stocks. Derrière, c'est un produit vivant et ça amène des complications.
Ça nécessite, je pense, une grande capacité d'adaptation parce que c'est du jamais vu.
Exactement. Et même sur l'automne, on a des arrières-saisons de plus en plus chaudes. Donc, on décale des productions, on adapte. Et même le consommateur veut des choses de plus en plus faciles à vivre chez lui parce qu'il est conscient des contraintes. Il y a aussi les modes de vie qui ont changé. Donc, la palette végétale s'adapte et notre métier s'adapte absolument.
Et donc, justement, parlons des habitudes des consommateurs, des habitudes de consommation. Est-ce qu'il y a quand même eu un retour ? au jardinage, un retour au travail manuel post-Covid. On a vu quand même, vraiment, je crois que les jardineries, c'était un peu place to be pendant le Covid, quand on pouvait ressortir de chez nous. Mais je crois que beaucoup de personnes à un moment se sont plongées dans le jardinage, dans la reconnexion à la nature, à l'extérieur. Ça devient vital.
Ce qui s'est passé pendant le Covid, c'est qu'on était Quasiment la seule profession, enfin domaine d'activité à être fermée seulement trois semaines. On a été classé dans les secteurs essentiels. Oui c'est vrai. Et ce qui nous a sauvés parce que produits vivants, pire moment de la saison. Et donc derrière les gens étaient chez eux, dans leur jardin, ils ne savaient pas quoi faire. Pour ceux qui avaient la chance d'avoir un jardin mais même ceux qui avaient le balcon etc. Et oui gros engouement pour le jardin. Très belle année pour le monde du jardinage. Et puis derrière, quand les vannes du tourisme, des loisirs se sont réouvertes, là, ça a été beaucoup plus compliqué. Et donc oui, retour à la nature, besoin de reconnexion, mais qui présente aussi ses limites quand les gens ont eu besoin de s'évader, de changer les idées. Le voyage et les loisirs ont quand même repris le dessus là-dessus.
Donc j'imagine qu'il y a eu une phase ascendante, maintenant ça se rééquilibre un petit peu ?
C'est même plus du rééquilibrage, il y a eu de la décroissance, mais bon voilà, on s'adapte et la preuve, l'ouverture au grand public, création des événements et puis on se réinvente, on s'adapte, c'est du darwinisme, c'est la loi du plus fort, celui qui s'adapte et voilà. Et puis c'est la vie d'une entreprise, une vie d'entrepreneur. On doit toujours s'adapter, donc c'est ce qu'on fait, et ça fait six générations qu'on est là. Chaque génération a dû s'adapter, nos arrière-grands-parents ont eu l'établissement détruit par les bombes. Ça aussi c'est de l'adaptation. Oui, on a nos difficultés avec notre génération et notre société actuelle, mais on n'a pas le choix, sinon on n'est plus là.
Et t'as des anecdotes comme ça en tête, de phases qu'ont pu traverser tes ancêtres ? Au fil de l'activité ?
Si on fait une rétrospective sur les 60-70 dernières années, nos arrière-grands-parents ont commencé à vendre sur les marchés. A l'époque, c'était le truc de croissance, post-secondaire mondiale, etc. Ensuite, il y a eu l'essor des fleuristes, les premières boutiques de fleuristes. Donc là, ils se sont dit... On va vendre aux fleuristes, ils vendent toujours un peu sur les marchés. Et puis fin des années 70-80, essor des jardineries. Ça a poussé partout comme des champignons, partout dans toutes les zones industrielles de France, dans toutes les villes. Donc là, grosse phase d'industrialisation. Et puis là, on est sur une phase où on revient un peu aux sources. Vente directe à nouveau, décroissance des jardineries. Donc voilà, on s'adapte et on suit le mouvement pour rester là.
Et donc, est-ce que les habitants, les canets et ceux qui habitent sur le territoire de Camp-la-Mer avaient pris conscience qu'il y avait des serres ici, qu'il y avait des ventes aux particuliers ou est-ce que ça a été vraiment toute une pédagogie à faire ?
Oui, on partait de zéro. Oui, en fait,
les gens passaient devant sans même réaliser que vous étiez là.
Exactement, et même encore aujourd'hui, donc on a encore beaucoup de travail, de pédagogie et de notoriété à faire. Mais oui, non, non, non, les gens ne savaient pas, ne savent toujours pas. Donc on a encore du travail pour se faire connaître.
Qu'est-ce que toi, tu as envie de passer comme message et de valoriser dans le fait comme ça de se montrer, de communiquer davantage sur votre activité ?
On est un vieux métier. Tu vois, l'horticulture, l'agriculture. Enfin, je veux dire, ça fait partie, je pense, peut-être pas l'horticulture, mais parmi les plus vieux métiers du monde. Et aujourd'hui, il y a un vrai manque de reconnaissance de la production de manière générale. On voit la difficulté qu'ont les agriculteurs, qu'ont les maraîchers, etc. En fait, tout le monde produit, mais personne vraiment se montre pour vendre ou alors dépend des autres pour vendre. Et l'enjeu aujourd'hui, c'est de crier fort et de se faire entendre.
De sortir de cette dépendance aussi.
Oui. de reprendre un petit peu de pouvoir, parce que c'est bien d'aller manifester et de tout casser. Mais je pense que ça passe par reprendre, reprendre quelque part sa capacité de vente et de distribution pour... Voilà, on ne peut pas tout écouler non plus, mais pour rester indépendant et serein aussi par rapport à son métier.
Mais c'est vrai que la diversification, c'est un terme... Enfin, la nécessité de se diversifier, c'est un terme qui revient beaucoup dans le secteur agricole.
Oui.
On sent aujourd'hui que c'est vital. Et donc, vous faites partie de ces métiers agricoles ?
Carrément. Le monde agricole, en fait, a simplement envie de vivre de son travail. Et les circuits de distribution principaux qu'il y a aujourd'hui permettent vraiment difficilement de faire ça. Et donc, la meilleure réponse, c'est essayer de reprendre une partie de sa capacité à vendre et puis essayer de le faire.
Mais est-ce que ce n'est pas trop épuisant ? d'être sur tous les fronts comme ça de jongler entre la production la culture qui est votre coeur de métier et l'événementiel et les réseaux sociaux finalement là c'est plusieurs métiers que vous faites en même temps il faut beaucoup de cordes à son arc oui
c'est épuisant t'as vu mes cernes je suis KO mais on aime ça c'est des métiers de passion et en fait on compte pas les heures le machin, le truc Et ça revient à ce qu'on disait tout à l'heure, quand tu as des gens qui te motivent au quotidien, qui viennent ici, qui te disent que c'est beau, que c'est joli, que c'est agréable. Plein de petits compliments du quotidien. Je ne te demande pas d'être insensé, je m'en fous de ça, mais juste, ça gratifie quelque part le travail qu'on fait. Et ça, ça met du baume au cœur et tu as envie de continuer et tu avances. Oui,
bien sûr. Toujours dans cette idée de partage.
Tu sais, on est des métiers, encore une fois, issus du monde agricole. ça a des bonnes valeurs et ça on nous les a enseignées tout petits et je remercie nos parents pour ça c'est du partage, c'est du travail c'est un côté familial aussi, c'est important et c'est ce qu'on essaye de retranscrire ici et les gens le ressentent aussi c'est vrai ça se ressent,
on se sent comme à la maison, on a l'impression d'entrer vraiment dans votre univers et vous nous accueillez à bras ouverts exactement,
quand les gens nous le disent c'est mission réussie et c'est ça qui nous pousse à continuer
Donc t'as débuté les réseaux sociaux en 2024, il me semble, début 2024. Donc finalement ça reste assez récent, ça fait un peu plus de deux ans que vous êtes, que tu es sur les réseaux sociaux. Donc la croissance est assez phénoménale. Comment t'as débuté là-dedans ? Un peu à vue ?
Non, tout a démarré avec ma femme, Diane, qui, à force de ne pas trop me voir à la maison, m'a dit « écoute, il faut qu'on fasse quelque chose ensemble » . C'est vrai que l'emploi du temps le permettait vachement, mais elle m'a dit « écoute, tout le monde te pose toujours des questions de jardinage, on va essayer de faire un truc autour du jardinage, vendre des formations de jardinage en ligne ou autre » . Donc en fait, on a démarré cette aventure ensemble, en dehors de l'entreprise familiale. avec un premier compte de jardinage qui s'appelle Jardin Costil, qui est encore vivant, mais plus très actif. Et en un an, on a monté une communauté de 80 000 followers. Et on a essayé de faire des ventes, on a fait des ventes de formations de jardinage, etc. Et quand ici, au CERF, les difficultés sont un peu arrivées, de se dire, bon, là, il faut qu'on s'ouvre au grand public. Comment on fait ? Je t'ai dit, solution réseau sociaux. Et ce que j'avais déjà mis un peu en place avec ma femme, je l'ai retranscrit ici. Et puis on l'a fait à nouveau, 100 000 followers aujourd'hui, en deux ans.
Donc il y a Jardin Costil qui a 80 000 abonnés et Horsiculteur Costil qui a 100 000 abonnés aujourd'hui.
Et sur Facebook aujourd'hui on est à 170 000 je crois. Donc tu vois, en deux ans et demi, trois ans, plus de 300 000 followers.
C'est incroyable.
Mais c'est de l'apprentissage en fait. Tu apprends, tu vois ce qui marche, ce qui marche tu le répètes, et puis il faut amener du volume et du travail dessus, et c'est ce qu'on a fait.
Donc c'est quoi le secret de la réussite, si on a envie de faire grossir sa communauté ?
Régularité, un max, régularité, volume, et puis les gens aujourd'hui sont en recherche de conseils, de tutos, de valeurs, d'apprentissage. Trumfam. Tu as vu nos réseaux, je ne vends jamais rien. C'est pas le but. Oui,
c'est ce que j'allais te dire. Finalement, votre business en tant que tel, on ne le voit pas tant que ça. Il est vraiment en toile de fond. Mais ce n'est pas le cœur du sujet.
Je mise tout sur apporter de la valeur et du conseil pour nos générations qui sont complètement paumées dans le végétal.
ça je confirme, en ce qui me concerne j'ai pas du tout la main verte donc les astuces me seraient très utiles c'est ça,
et donc quelque part c'est un support où nos générations sont, les réseaux sociaux et on a tous besoin de cette reconnexion à la nature, donc le fait d'apporter des tutos ils ont l'impression qu'ils vont y arriver oui que c'est plus accessible, ça rend la chose plus simple on vulgarise le truc et donc voilà c'est un peu les clés, en tout cas ici ce qu'on a mis en place et qui a fonctionné donc on continue
Et votre communauté, elle est principalement basée en Normandie ou pas du tout ? Pour le coup, vous êtes exporté ?
Il y a, il y a, ouais, il y a, non, pas que Normandie. Forcément, 100 000 followers sur une agglomération qui fait quoi ? 400 000 ? Non, il n'y a pas 25% des canets. Enfin, en tout cas, non. Mais non, non, c'est national. Même Belgique, Luxembourg, Suisse, etc. Mais ça, ce n'est pas grave. Ce qui compte, c'est de passer le message. Et plus on sera passé le message... Du végétal, du fleuri, des connaissances, etc. Mieux ce sera.
Est-ce qu'il y a des personnes qui se déplacent ici dans les serres après vous avoir vu sur les réseaux sociaux pour vous voir en vrai, découvrir les serres en vrai ?
Oui, il y a plein de phénomènes nouveaux qui sont arrivés, qui sont extrêmement bizarres. Mais oui, il y a des gens qui font des 2-3 heures de route.
Ah oui !
Donc hyper gratifiant.
Et là, on est sur une communauté très fidèle.
Oui, c'est surprenant et gratifiant. Il y a un autre phénomène, les gens passent la porte ici et ils ont l'impression de déjà me connaître.
C'est le revers de la médaille.
Ce n'est pas un revers de médaille, mais c'est vraiment bizarre comme sensation. En fait, ils ont déjà tissé un lien, créé du lien au travers des réseaux. Et donc, ils sont déjà très familiers, presque copains. Et ça me... Ça ne me dérange pas, mais c'est bizarre comme phénomène. Comme relation. Et ce n'est pas facile à expliquer, mais le lien se crée sur les réseaux. Et là où c'est fort... Que ce soit nous ou d'autres, mais c'est que comparé à peut-être des personnes que tu peux suivre sur les réseaux, je sais pas, des chanteurs, parce que t'en as reçu, ou un businessman, ou je sais pas, qui tu veux, t'as peu d'occasion de retranscrire l'expérience en physique, et ici en fait les gens ils viennent voir du concret.
Oui, exactement. Tu vois,
tu vis l'expérience jusqu'au bout, au-delà de l'écran.
et ça c'est cool donc grâce à vous il y a des personnes qui font 2-3 heures de route pour découvrir notre territoire aussi ouais c'est bah oui oui non mais totalement parce que c'est aussi l'occasion de découvrir le coin et on a plein sur la côte plein de résidences secondaires et on
a pas mal de monde de Paris qui nous suivent et qui quand ils viennent dans la résidence secondaire viennent faire un tour ici oh je vous ai vu à Paris mais j'habite ici et ils viennent faire le petit crochet donc ça c'est cool ça c'est trop bien génial
Je voulais qu'on revienne aussi sur les événements que vous organisez. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus, nous décrire le type d'événement que vous avez fait et peut-être un événement qui, toi, t'a marqué, ton événement préféré ?
Oui, à chaque fois, le principe est toujours le même. On adore la bouffe. On s'est dit, bon, on va faire un truc un peu décalé. L'idée, c'est de s'appuyer sur la renommée de quelques restaurateurs canais et de leur proposer un projet atypique où on fait à manger dans les serres. Et on a commencé avec Anthony Caillot, le chef anciennement étoilé, même si... C'est tout comme,
on va considérer qu'il est toujours étoilé,
dans nos cœurs. Exactement. Et premier événement, en une semaine, on a inscrit 300 personnes. Donc là, on se dit, trop bien. Expérience de fou. Forcément, celui-là, il nous a marqués parce que c'était la première. Et on a fait, sur ce premier événement, toute une balade gourmande dans toutes les serres. avec des ateliers un petit peu partout. Il y avait cinq ateliers répartis dans toutes les serres. Et moment extra. Donc derrière, on s'est dit, bon, on va renouveler. Donc on a commencé à interroger plusieurs personnes qu'on avait en tête. Et on a fait venir au final une douzaine de restaurateurs différents de la région canaise. Peut-être pas 12 différents, mais au moins 8-10. Et à chaque fois, on essaye d'amener une thématique un peu différente, Tchao ! Un axe un peu différenciant, tu vois. Là, on a fait venir Stéphane Carbon pour faire un barbecue. On a déroulé de la pelouse sur les tables. Génial. Tu as fait Anthony Caillot. On a fait un barbecue de nuit dans les serres.
C'était magnifique. C'était très beau.
C'était très beau. À l'automne dernier, on a fait une soirée raclette. Ah, j'ai loupé celle-ci. J'aurais bien aimé être là. Et ça, c'était un de mes moments préférés parce que... Grosse réussite, grosse ambiance, trop bien. On fait des brunchs aussi. Le format brunch plaît beaucoup parce que tu viens te déconnecter total.
Ça permet peut-être d'être aussi un peu plus en famille. Exactement. Toi qui as des enfants, tu dois savoir que c'est bien aussi. C'est ça.
Chaque événement attire un peu une clientèle différente et c'est ça qui est sympa. Et puis, il y a plein d'autres idées encore pour l'automne prochain.
Mais écoute, j'ai aussi une idée en tête pour vous. Sur ce podcast, on a reçu récemment Charlie-Anne. qui a fait Top Chef et Charlie il est originaire d'ici et il est passionné de cueillette sauvage, il adore travailler les herbes, les aromates etc donc je pense qu'il y a un truc à faire Charlie si tu nous écoutes c'est ça, mais créativité et puis on passe tous un bon moment et c'est trop bien j'invite toutes celles et ceux qui nous écoutent et qui n'ont pas encore vécu cette expérience à la vivre parce que c'est assez unique
C'est ça. Et là, dimanche, on fait le dernier de la saison avec la crèmerie des baratineurs, avec pain vivant et les clapiotes. On réunit 200 personnes dimanche pour un brunch de fin de saison.
Super.
Voilà, ça va être trop bien.
Alors, on va parler un petit peu du territoire. Donc, toi qui es natif de Caen, t'es quand même parti quelques temps aux Etats-Unis, il me semble. Ouais.
3 ans.
3 ans, ah oui quand même. Dans quel coin ?
Dans le Midwest, en plein milieu des Etats-Unis. Donc c'est un peu, pour donner une image, si t'es un étudiant étranger et que t'arrives dans le milieu de l'Orne ou dans le milieu de la Manche.
Ah oui, ok, ça fait cet effet.
Ouais, tu vois, c'était le coin un peu paumé, c'était pas le New York City ou le San Francisco.
C'était pas le American Dream.
Non, c'était pas le American Dream. normalement Expérience de dingue, plein de bons trucs. Mais ouais, c'était pas le côté glamour des US, mais peut-être les US plus authentiques. Donc, super expérience.
Et donc, qu'est-ce qui t'a donné envie de revenir ici et de rester ici ?
La vie, j'ai fait un stage de fin d'études en jardinerie.
Tu revenais doucement vers tes origines,
tes actifs. Et puis ça se passe bien, je vois qu'il y a des opportunités, des choses qu'on ne fait pas, qu'on pourrait faire. Et puis à ce moment-là, quelqu'un de l'équipe ici s'en va. Mon père me dit écoute, viens, essaye et puis je ne suis pas reparti.
Et ça s'est fait comme ça ?
Oui, exactement. Mais ce n'était pas du tout forcément l'objectif. En tout cas, on n'a jamais été poussé là-dedans. Et puis, c'est la vie.
Ça s'est fait naturellement.
Exactement.
Et donc, qu'est-ce que tu aimes ici à Caen, à Caen-la-Mer ?
Franchement, on a une super région. Enfin, on a tout. On a la mer, on a la campagne, on a le soleil.
Oui, alors, c'est le moment de déconstruire le cliché, justement, sur le fait qu'il pleut tout le temps en Normandie.
Exactement. Alors ? L'eau c'est la vie, à l'image des fleurs c'est la vie, il nous faut de l'eau. On a cette chance d'avoir de l'eau malgré tout. Et on a le soleil mais on l'a avec parcimonie. Mais on l'a tellement avec parcimonie que quand on l'a, on l'apprécie d'autant plus. Pour l'anecdote, on a la sœur de Diane qui vivait dans le sud. Et en fait, eux à l'inverse, ils ont trop de soleil en fait. Ils subissent le soleil. Et elle dit, si en fait quand tu l'as, t'as envie d'en profiter à fond.
Tu respires.
Tu revis et surtout, tu veux en profiter. Donc, tu sors, tu fais des trucs, tu vas à la mer et on a la chance d'avoir tout ça. En fait, c'est comme si je te donnais à manger du homard tous les jours. À la fin, tu ne l'apprécies plus. Le soleil, c'est pareil. Si tu l'as tous les jours, à la fin, tu t'enlaces.
Tu as raison. Il y a certains luxes qu'on a. Quand on a trop, on l'apprécie plus. Exactement. Et donc là,
on l'a par simonie. Mais quand on l'a, on kiffe. Je ne sais pas si tu as remarqué ça. amis. On a quand même vachement ce phénomène des marées avec la mer chez nous. Et en fin de journée, t'es sûre de toujours avoir un rayon de soleil à un moment ou un autre. Tu vois, c'est un petit plaisir de la vie. C'est pas grand chose, mais tu kiffes.
Vraiment, je suis très en phase avec toi. Moi, à chaque fois qu'on me dit non mais en Normandie, il pleut tout le temps, ça m'exaspère. Et déjà, je réponds toujours ce que tu viens de dire, c'est-à-dire non mais on a toujours un rayon de soleil qui traîne quelque part. Et surtout que moi, je peux te dire que je viens de la région centre. Et en région centre, quand il fait gris le matin, il fait... Il fait gris toute la journée. Il n'y a pas de nuance. C'est vrai qu'il y a un côté vivant ici, assez cyclique, qui est hyper agréable. Toi qui es un épicurien et visiblement un amoureux de la gastronomie, est-ce que tu as des adresses favorites dans le secteur à nous recommander ?
J'aime beaucoup nos chefs un peu prestigieux parce que tu sors un peu du cadre. Et les mecs, c'est des artistes en fait. Et tu vois, ça revient à la créativité. Moi, quand je vais au resto, j'ai envie d'avoir une vraie expérience. Donc oui, des Anthony Caillot, des Stéphane Carbon. Tu vis un truc, tu vis un truc. Tu as des émotions, il se passe quelque chose. Donc ça, c'est des adresses sympas. Ça peut être soit dans l'assiette, mais aussi, pourquoi pas, avec le cadre. On a quand même des spots qui sont géniaux, sur la côte. Je pense à la baie de Merville-Franceville. T'as l'impression de partir en vacances, t'es à 10 minutes de Caen, tu te dis mais où est-ce que je suis arrivé là, c'est magnifique, donc t'as des coins comme ça qui sont sympas ou si tu te projettes un peu plus loin dans la Manche, des choses comme ça, mais c'est pas Caen-la-Mer.
Même Merville, c'est pas Caen-la-Mer.
Oh là là, ouais, mais il y a mer dans Caen-la-Mer, donc tu vois, faut s'en rapprocher quand même. Donc on n'est pas à 5 kilomètres près.
Ok. Ça marche, oui, soyons ouverts quand même avec les frontières.
Quand même,
quand même. On accepte les adresses à Merville.
Exactement.
Et oui, en centre-ville de Caen ?
Centre-ville, j'aime beaucoup la nature. Et franchement, ils nous ont fait un parc du château là, avec le café Mansell à l'intérieur.
Oui,
qui a été rénové. Et là, t'as un aménagement paysager de dingue. Quand tu peux te mettre en terrasse en fin de journée, quand il fait beau, quand t'as un beau rayon de soleil. Là, t'es dans un cadre privilégié avec le côté historique de notre ville. Le château de Guillaume le Conquérant, tu fais pas mieux. Et la nature réunie au cœur de ça, c'est quand même sympa.
Et d'ailleurs, tu vois, aujourd'hui, il y a une vidéo qui est sortie. Et merci pour cette vidéo, je suis trop contente. C'est le créateur de contenu Bruno Maltor qui l'a partagé, qui voyage beaucoup. aux quatre camps du globe. Et aujourd'hui, il a partagé une vidéo qui met en avant la ville de Caen. Et en fait, je ne le savais pas, mais elle fait vraiment partie des villes les plus vertes de France.
Oui, alors ça, on peut en parler un peu, si tu veux, mais je trouve que la mairie, je ne vais pas donner d'opinion politique, ce n'est pas du tout l'idée, mais en tout cas, il y a un vrai... travail qui est fait d'aménagement paysager, de reverdissement. On a une des plus belles mairies de France avec un jardin magnifique devant, où je fais beaucoup de vidéos d'ailleurs.
Mais oui, j'allais aussi y venir, mais on te voit de plus en plus arpenter la ville de Caen avec des chapeaux de paille ou tout autre accessoire.
C'est ça, la créativité. Et puis les canets ont envie de se retrouver aussi dans leur ville, donc il faut leur en parler de leur ville. Je pense qu'on peut être fiers, on a une belle ville, il fait bon vivre, et on a plein d'atouts, plein de bonnes choses, et le végétal en fait partie. Il y a eu les événements du millénaire qui se sont faits là-dedans, c'était génial, même pour les touristes qui sont venus. Donc voilà, sur le port de Caen, ils viennent de faire un petit aménagement qui est sympa comme tout, ils font des efforts l'été à faire des petits jardins urbains, tout ça, hyper sympa. Quand t'es touriste et que tu découvres ça sous un beau rayon de soleil, c'est top.
Oui, il y a un dynamisme et on voit vraiment... la ville évoluer, se transformer. Il y a beaucoup de projets qui vont dans le sens aussi de la qualité de vie et du bien-être des habitants.
Oui, mais je ne sais pas si Caen n'est pas parmi l'une des top 10 en France où il fait bon vivre. Oui, tout à fait. Là,
depuis plusieurs années, ça revient régulièrement dans les classements et on est assez bien classés.
Tu as du végétal, tu as de la belle pierre de Caen, tu as de l'histoire, c'est magnifique. T'as tout.
Mais que dire de plus ?
Venez vivre à Caen.
Mais bien sûr ! Est-ce que tu aurais un cliché à déconstruire sur les canets ?
Bah, le cliché de la météo, hein.
Ouais. Et on l'a déconstruit, donc... Et on l'a déconstruit,
après, cliché. On a quoi comme cliché, à Caen ?
Je sais pas trop. Certains disent que les canets sont fermés, mais bon, je l'entends pas tant que ça, finalement.
Non, je pense que... C'est un peu comme dans Bienvenue chez les Ch'tis où il y a peut-être une barrière à l'entrée, entre guillemets, et puis une fois que t'es intégrée, t'as plus envie de repartir.
Mais complètement. En ce qui me concerne, je suis arrivée il y a cinq ans ici et j'ai pas du tout senti cette barrière, pour le coup. Je me suis sentie très vite intégrée, les gens sont chaleureux, vraiment comme à la maison.
Ouais, exactement. Et c'est Aurélien Le Seigne qui dit une fois que t'as fait le tour du monde, t'as qu'une seule envie, c'est de retourner à la maison. C'est très vrai. Et tu vois dans nos générations de potes Enfin Il y en a plein qui sont partis faire les études, tout ça, mais il y en a beaucoup qui sont revenus quand même. C'est incroyable,
c'est très rare.
Il y a une vraie attache. On est attaché à nos racines normandes, je pense.
J'ai oublié de te faire les questions flash. J'adore ce moment, les questions flash. Il y a deux choix et tu dis ce que tu préfères, ce qui te parle le plus.
Ok.
Cidre ou calva ?
Cidre. À la ferme, on est agriculteur. Le midi, ils buvaient du cidre, tu vois, à l'époque. Donc, cidre de la ferme. Donc, ouais, cidre.
Avec des pommes normandes,
évidemment. Bien évidemment.
Pas besoin de le préciser. Andouille de vire ou tripes à la mode de camp ?
Andouille de vire, les tripes, c'est dur quand même.
Ouais, les tripes, c'est dur. Ouais,
les tripes. Franchement, franchement... Faut s'accrocher. Ouais, faut s'accrocher, ouais.
Parait-il tout de même que bien cuisiné, ça passe. On demande à juger.
Ouais, mais andouille de vire avec un petit beurre salé. de Normandie, là t'es refait trop chouette
Torgoul ou Brasier ?
Torgoul
Château de Caen ou plage du débarquement ? Château de Caen je m'en doutais vu que t'avais cité le jardin et si je dis Aurel San et Guillaume le Conquérant tu vas aussi dire Aurel San ?
Guillaume le Conquérant est vraiment trop loin pour que je me fasse... ouais tu l'as pas connu mais il a fait beaucoup pour la vie franchement le millénaire ça a permis de redécouvrir aussi l'histoire de Guillaume le Conquérant tout ça. Quand même, on a le gars qui est allé conquérir l'Angleterre.
Il y est allé comme ça.
Et il a réussi.
Oui, il a réussi.
Donc c'est quand même pas mal pour l'époque. Il y a 1000 ans, le gars était bon.
C'est vrai. Respect Guillaume. Et il y a le Millenium qui arrive l'année prochaine.
Ah, top. Et bien, ça va être...
Il va y avoir encore d'autres événements, d'autres redécouvertes de notre histoire. Ça va être trop chouette.
Trop bien. Trop bien. Ça va encore nous amener des touristes et faire découvrir notre belle région.
Mais oui, complètement. Bon, on continue de compter sur toi quand même. pour la faire découvrir. Tu es un très bon ambassadeur, en tout cas.
Oui, non, mais à ma toute petite échelle, je participe effectivement à faire découvrir la ville et de faire rayonner notre région.
Tout à fait. On arrive sur la fin de ce podcast. Et donc, sache que nous allons bientôt lancer une saison 2.
Magnifique.
Oui, c'est une très bonne nouvelle. Et j'avais envie de te demander qui tu aimerais entendre à ce micro.
Aurel San.
Je te garantis rien, mais on va essayer.
Je suis sûr qu'il est ouvert.
Ah oui, tu penses ?
Ouais.
Bon, l'appel est lancé.
Il faut être un peu créatif, mais je suis sûr qu'il doit pouvoir...
Nous serons créatifs. Allez, on va finir sur la question signature de ce podcast.
Ok.
C'est quoi pour toi un état d'esprit conquérant ?
Conquérant, je suis quelqu'un d'entrepreneur moi. J'ai ça dans le sang, en plus de la nature et de tout ça. Donc pour moi, un conquérant, c'est clairement un entrepreneur. C'est monter des projets, faire ce qu'on a envie, se battre ce pour quoi on se lève tous les matins. Donc ouais, aller conquérir ça, je ne peux pas te dire mieux. Aller conquérir ce pour quoi on se lève tous les matins. Let's go.
Super, c'est une très belle mentalité. Merci Arthur.
Avec plaisir.
C'était un... chouette moment.
Fleury.
Fleury, un moment fleury.
Exactement.
J'ai jamais eu une conversation aussi fleurie avec quelqu'un.
Ça c'est un vrai compliment que tu puisses faire un horticulteur.
Et j'ai apprécié.
Trop bien, bah partagez.
Et bah merci beaucoup. Avec plaisir. Je te dis à très vite et plein de bonnes choses.
On va aller conquérir tout ça.
Les horticulteurs costiles. Ouais, c'est parti.
Let's go.
C'est ainsi que s'achève notre conversation avec Arthur. Encore merci à lui d'avoir partagé avec nous ce moment suspendu et sa vision si inspirante du métier. Si cet échange vous a donné envie de découvrir son univers, je vous invite vivement à suivre le quotidien de l'exploitation. sur les réseaux sociaux. Vous pouvez retrouver Arthur sur le compte Horticulteur, au pluriel, Costil. Et pour celles et ceux qui sont dans la région, n'hésitez pas à aller directement leur rendre visite dans leur serre au 38 avenue de Carbsen à et Rouville Sinclair. Je vous glisse de toute façon, comme d'habitude, tous les liens utiles dans la description de l'épisode. Vous l'avez compris, cet épisode un peu spécial marque aussi un grand tournant pour Voix Conquérante puisqu'il vient clôturer notre toute première saison. Je voulais prendre un moment pour vous adresser un grand, grand merci. A chaque nouvel épisode, vous avez été de plus en plus nombreux et nombreuses à nous rejoindre et on a passé la barre des centaines et des centaines d'auditeurs et d'auditrices à chaque écoute. Et pour un lancement, d'autant plus au niveau local, c'est une immense fierté. Alors merci du fond du cœur pour vos partages, vos messages et votre précieux soutien qui fait grandir ce projet jour après jour. Et bonne nouvelle ! Toute l'équipe et moi-même avons déjà hâte de vous retrouver à la rentrée pour le lancement de la saison 2. Et tout ça, c'est aussi et surtout grâce à vous. On vous prépare de belles surprises, de nouveaux invités qui nous donnent toujours plus envie d'oser et surtout plein d'histoires passionnantes pour continuer à découvrir ou redécouvrir notre territoire autrement d'ici là passez un très bel été prenez soin de vous et on se retrouve très vite en septembre pour de nouvelles conquêtes à bientôt
Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
En fait, les fleurs, c'est la vie. Chaque génération est venue construire quelque chose de nouveau. Coïncidence ? Je ne sais pas. Je pense qu'on peut être fiers, on a une belle ville, il fait bon vivre. On passe tous un bon moment, c'est trop bien. Venez vivre à Caen.
Vous écoutez Voix Conquérante, un podcast original de Caen Normandie. Bonjour à toutes et à tous, je suis Chloé Lenoir et je vous souhaite la bienvenue pour ce nouvel épisode, le dixième déjà, qui marque la fin de cette toute première saison de Voix Conquérante. Pour clore ce chapitre en beauté, j'ai poser mes micros dans un décor particulier. C'est au cœur même des serres de Rouville-Saint-Clair, entourées par les fleurs et les plantes, que j'ai rejoint mon invité du jour, Arthur Costil. Pour la première fois dans ce podcast, nous mettons le projecteur sur le secteur agricole et les métiers de la terre. Chez l'Ecostyle, on est horticulteur de père en fils depuis six générations. Une exploitation familiale qui est aujourd'hui menée par les parents, Laurence et Gilles, rejoints par leurs deux fils, Arthur et Elliot. C'est une histoire de transmission transgénérationnelle où le savoir-faire se passe comme un flambeau et où chaque époque doit faire face à ses propres défis. C'est un profil résolument atypique que vous allez... découvrir aujourd'hui. Car au-delà d'être horticulteur, Arthur est un entrepreneur dans l'âme. Dans un secteur d'activité où se diversifier est devenu vital, lui et sa famille ne cessent de bousculer les codes à travers des idées créatives et audacieuses. Mais ce n'est pas tout, Arthur est aussi un créateur de contenu passionné. Chaque jour, il rassemble une communauté de milliers d'abonnés qui suivent son quotidien et ses astuces de jardinage sur les réseaux sociaux. Comment faire évoluer ? un savoir-faire ancestral. Comment innover quand on travaille avec les aléas du vivant et des contraintes climatiques ? Cet épisode de Clôture est une conversation fleurie, végétale, verdoyante, une véritable ode à la nature, à la réinvention et à la richesse de notre territoire. Alors, installez-vous confortablement, je vous souhaite à toutes et à tous une très bonne écoute.
C'est bon pour toi ?
Bah ouais, c'est carrément bon pour moi. Et est-ce que toi, c'est bon pour toi ?
Bah ouais.
Let's go !
C'est parti !
Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans le podcast Voix Conquérante. On en est au dixième épisode, c'est le dernier épisode de cette première saison. Et vraiment, j'aurais pas pu rêver meilleur cadre pour terminer cette saison en beauté. On enregistre aujourd'hui dans les serres des horticulteurs costiles et j'ai le plaisir d'être avec toi Arthur aujourd'hui. Merci de répondre positivement à cette invitation.
Merci à toi.
Et surtout merci de nous inviter au cœur de tes serres. Vraiment l'environnement est incroyable.
On est au mois de juin, on ne peut pas être mieux en termes de fleuries. Donc là c'est sympa, c'est très visuel.
Oui c'est très visuel. D'ailleurs je vous invite à aller voir sur les réseaux sociaux pour profiter pleinement du cadre. Là, c'est vrai qu'on est au cœur de la floraison.
On attaque la saison estivale, la saison où toutes les fleurs sont au top. Donc franchement, c'est visuel. On reparlera des réseaux sociaux.
Exactement. Mais d'ailleurs, parlons réseaux sociaux. Aujourd'hui, c'est une coïncidence, mais on a une célébration, je crois. Dis-nous tout.
Eh bien, on célèbre nos 100 000 abonnés sur Instagram. C'est incroyable. On a passé le cap cet après-midi. Coïncidence, voilà, c'était pour le podcast, c'était prévu.
Bon, c'est pas mal pour célébrer ça, comme il se doit.
Je ne sais pas ce qu'on va organiser encore avec la communauté, mais il faut qu'on fasse un petit truc.
Alors Arthur, pour planter le décor en quelques mots, toi tu représentes, c'est assez fou, la sixième génération d'horticulteurs au sein de ta famille. Est-ce que tu peux nous en dire plus sur cette histoire et sur cet héritage ?
Oui absolument, donc sixième génération avec mon frère. On est actuellement encore quatre de la famille à travailler, nos parents sont là. Et chaque génération a travaillé avec la génération précédente à peu de choses près. Et six générations, donc c'est notre triple arrière-grand-père qui a démarré l'histoire.
C'est fou, il y a vraiment un passage de flambeau quoi.
Oui exactement, ça a démarré en 1878, c'est la date officielle qui est sur notre logo. Voilà, de génération en génération, six générations plus tard, on est toujours là. À Caen, bien implanté, et puis l'aventure continue.
Donc on peut dire clairement que vous êtes les plus anciens horticulteurs du territoire ? Ah oui, oui,
ça reste un métier très agricole, où effectivement ça se passe de génération en génération, mais six générations, c'est pas non plus très commun. Donc oui, non, sur la place de Caen, Caen-la-Mer, même le Calvados, pour bien connaître la profession, on est les plus anciens, absolument.
Et est-ce que tu sais comment ça a débuté, cette histoire ? C'est parti d'où ?
Moi, je te dis, Triple arrière-grand-père, au départ, il était jardinier dans un château, dans la campagne, et puis il s'est dit, tiens, je vendrai bien mes plantes que je produis pour le château. Ça a commencé comme ça, des petites productions, vente sur des foires aux plantes à l'époque, il n'y avait pas tous les réseaux de distribution qu'on a aujourd'hui. Et puis, chaque génération est venue construire quelque chose de nouveau. Le premier site de production, il s'est situé à Caen, rue du Magasin aux Poudres, là où il y a l'université de Caen aujourd'hui.
Ce n'était pas encore là à ce moment-là ? Non,
c'était avant la Seconde Guerre Mondiale.
Mais oui, exact !
Et le site a été détruit pendant la Seconde Guerre Mondiale. Nos arrières-arrières et arrières-grands-parents ont été, après la Seconde Guerre, relocalisés rue des Rouvilles à Caen. Et fin des années 90, nos... Grands-parents sont venus se relocaliser ici à Aéroville-Saint-Clair. A l'époque, c'était la campagne, les champs jusqu'au CHU.
Donc à l'époque de tes grands-parents ?
Oui, dans les années 80-90. Ok,
donc c'est pas si vieux. Non. C'est-à-dire qu'Aéroville a poussé d'un coup.
Exactement. Il y a eu une explosion de l'urbanisation. J'ai connu moi, enfant, où c'était des vaches partout autour. Et puis aujourd'hui, c'est la méga-urbanisation.
On se trouve entre des concessions automobiles, des industries très implantées et assez emblématiques de Caen-la-Mer. Donc on se dit pourquoi et finalement vous étiez là avant.
On était là avant tout le monde à Peut-être-Je-Sais-Prix. En fait nos grands-parents ont acheté une ferme ici, arrière-grands-parents. Et ça c'est les serres ont poussé sur les terrains de cette ferme-là. Et on est le dernier terrain agricole des Rouville-Saint-Clair. Donc effectivement tu ne peux pas dire mieux en disant que c'est assez atypique. C'est le dernier terrain agricole. et avec mon frère il y a 10 ans maintenant, on a construit un deuxième site de production de l'autre côté de Caen, à Grentville. Parce qu'ici, on ne pouvait pas pousser les murs. Donc voilà, l'aventure continue à chaque génération.
J'avais noté une anecdote hyper mignonne, qui est qu'il me semble que le prénom de ton triple arrière-grand-père, c'était Narcisse.
Exactement, Narcisse. Coïncidence ? Oui,
coïncidence assez folle, c'est assez prémonitoire,
c'est rigolo.
Elle a eu le nez assez fin d'artiste, puisque six générations plus tard... Vous êtes toujours là. Oui,
toujours vivant. Toujours vivant.
Et donc toi, qu'est-ce que tu fais là ? Est-ce que c'était une évidence dès le départ ?
Quelque part oui et quelque part non. C'est-à-dire que nos parents nous ont jamais poussés à aller dans cette direction. Mais mine de rien, on était élevés dans les serres. Depuis tout gamin, on a appris à faire du vélo, du roller, des cabanes, jouer au foot, casser des carreaux. Et puis voilà, on... chacun fait nos études, moi en tout cas des études qui n'avaient rien à voir, partie à l'étranger, etc. Et puis la vie nous a marre d'être amenés ici, et c'est très bien. Et puis on continue, et j'adore ce que je fais, donc tant mieux.
Donc raconte-nous un petit peu ce que tu fais, en quoi ça consiste, l'horticulture...
Alors aujourd'hui, on est sur une échelle industrielle, entre guillemets, donc on alimente les jardineries, un petit peu les fleuristes aussi, mais principalement les jardineries.
Sur toute la région ou même au-delà ?
80% la région, 20% en dehors de la région. Et donc voilà, moi je me concentre principalement sur la partie commerce auprès de ces clients professionnels. Et puis depuis peu, l'ouverture aux particuliers, on en reparlera aussi peut-être. mais... Mais je me concentre beaucoup sur les réseaux sociaux, on en a parlé. Et puis, faire découvrir notre lieu qui est quand même sympa. Et voilà, ça c'est une grosse mission pour moi aujourd'hui, faire découvrir tout ça.
C'est une vraie pépite ce lieu. Et d'ailleurs, on va y revenir, mais tu as trouvé des idées astucieuses pour le valoriser davantage. Aussi parce que vous vous êtes beaucoup diversifié ces derniers temps.
Absolument. Et l'idée, c'était... En gros, on est parti d'une page blanche auprès du grand public il y a trois ans. Et on s'est dit, comment on va faire pour faire découvrir ce lieu ? On avait besoin d'accélérer là-dessus.
Parce que vous sentiez que le marché était en train de ralentir, parce que ça devenait une nécessité aussi, commercialement parlant ?
Oui, on a eu une baisse d'activité chez les professionnels. Et donc, dans l'objectif de résoudre nos équations économiques, on s'est dit, il faut qu'on ouvre au grand public. Et voilà, grosse passe blanche, comment on fait pour aller vite et fort ? Les réseaux sociaux sont apparus comme une évidence Parce qu'aujourd'hui c'est le canal pour se faire voir Et puis toucher le plus grand nombre Donc voilà on est allé là-dessus Et puis on s'est dit comment faire aussi un petit peu décalé et atypique Parce qu'on reste des producteurs On voulait qu'il y ait une âme dans ce qu'on a fait là Donc tu vois là on a ramené plein de meubles De brocantes, de la ferme familiale De notre histoire aussi, on a des meubles de nos arrière-grands-parents, des vieilles serres. On raconte tout ça aussi dans ce lieu. Et puis, on a aussi créé des événements culinaires parce qu'on est des fans de bouffe. On adore la bonne bouffe. Et on s'est dit, on va réunir ce qu'on aime le plus, du fleuri, de la bonne bouffe. Et voilà, ça a bien pris et c'est cool. Il y a de l'engouement autour de tout ça, donc c'est super.
Oui, mais c'est un concept très novateur. Et pour avoir déjà participé à plusieurs de vos événements, Franchement, c'est une vraie expérience à vivre.
Oui, c'est vraiment le terme, c'est une expérience. Et c'est un moment un peu suspendu, dans un cadre fleuri, où t'es dans la serre, tu te sens bien. Et si en plus tu manges bien, t'écoutes de la bonne musique, t'es avec tes potes, ta famille, tout ça réuni fait que tu passes un vrai bon moment et t'as une vraie expérience.
C'est vrai. Et c'est hyper dépaysant. en fait, c'est très dépaysant et tu vois même là je le note en enregistrant ce podcast, c'est rigolo je pense que c'est l'infrastructure de la serre qui génère ça, mais il y a une acoustique hyper particulière et ça crée une atmosphère très feutrée très tamisée puisque la serre est très grande donc on pourrait s'imaginer quelque chose avec beaucoup d'écho et en fait non, c'est très cocooning absolument,
et d'ailleurs tous les groupes de musique parce qu'à chaque fois il y a un groupe de musique et nous disent l'acoustique est géniale dans votre serre mais oui c'est vrai,
vraiment ça s'entend je confirme,
c'est très agréable exactement, c'est agréable oui il y a ce volume mais c'est ça aussi qui fait que les gens ne savent pas ce que c'est une serre, personne n'a vraiment l'habitude d'aller et d'autant plus que là c'est pas une simple serre de vente il y a de la production derrière nous au dessus de nos têtes donc expérience garantie et ça c'est pas incompatible avec l'organisation d'événements parce qu'on pourrait se dire
En tout cas, être assez prudent en se disant « Bon, on va faire des événements, mais est-ce qu'on ne va pas marcher sur nos fleurs ? Est-ce que ça ne va pas abîmer nos productions ? »
Je ne te dis pas que c'est un monde idéal et que ça se passe toujours bien, mais il faut que ça vive. En fait, les fleurs, c'est la vie. C'est con ce que je te dis là, mais les fleurs, c'est la vie. Et je pense que quand on réunit les gens, c'est pour des moments vivants comme ça. Et c'est génial de le partager.
C'est joli ce que tu dis. Et du coup, j'ai envie de... de pousser un peu le curseur. Ça t'inspire quoi, toi, les fleurs et ce métier que tu fais aujourd'hui ?
Je te dis, c'est notre arrière-grand-mère. Elle nous disait souvent ça. Les fleurs, c'est la vie. Et je pense qu'on revient à des basiques, en fait. Tu te connectes à la nature, à la vie, à l'évolution d'une plante. Ce qui est génial dans notre métier, c'est que tu as vraiment la satisfaction de faire grandir, pousser et vendre à la fin. Et quand on fait en plus un beau produit, c'est hyper satisfaisant. quand... On a les gens qui arrivent dans la serre pour acheter, qui nous disent « vos fleurs elles sont vraiment trop belles, le lieu est... qu'est-ce que c'est agréable, qu'est-ce que c'est joli » La satisfaction elle est là quoi.
Mais surtout que vous êtes une production locale,
normande. Absolument.
Et ça donne beaucoup de sens aussi.
Ouais c'est ça, je pense que les gens... On est tous en quête et en recherche un peu de sens et de consommer local dans ce monde qui peut être un peu fou parfois et qui va très vite. Nous on a un métier de lenteur et qui vit avec les saisons. Et oui, produire localement ça a du sens, acheter localement ça a du sens. Et quand on est consommateur et qu'on se déplace chez un producteur, que ce soit pour manger ou pour acheter des fleurs, eh bien, il y a en vrai... Il y a une vraie démarche derrière ça, donc ça c'est hyper important.
Surtout, moi, je n'aurais pas forcément imaginé qu'on puisse cultiver autant de types de plantes, de fleurs en Normandie.
On n'est pas la région au cœur de la production française. C'est plus vers Angers, la Loire, où ils ont un climat un peu plus doux. En revanche, tout est possible à partir du moment où tu es sous serre. Il ne faut pas oublier que les premiers producteurs européens sont hollandais et belges et ils ont un climat beaucoup plus sombre, beaucoup plus gris que le nôtre. Oui, c'est vrai. Donc, à partir du moment où tu es sous serre, tu maîtrises le climat. Pour les productions extérieures, tu fais avec les contraintes locales. Mais on a le changement climatique aussi qui vient bouleverser nos productions.
Toi, vous le ressentez au fil des années ?
Oui, bien sûr. Tu vois, typiquement, la semaine dernière, semaine de la fête des mers, qui était notre plus grosse semaine de l'année. On a pris une semaine de canicule à 40 degrés. C'est des choses que nos parents n'ont pas connues, nos grands-parents non plus. Et clairement, ça impacte le consommateur dans sa manière de fleurir. Et nous, ça nous impacte dans la manière de devoir gérer nos stocks. Derrière, c'est un produit vivant et ça amène des complications.
Ça nécessite, je pense, une grande capacité d'adaptation parce que c'est du jamais vu.
Exactement. Et même sur l'automne, on a des arrières-saisons de plus en plus chaudes. Donc, on décale des productions, on adapte. Et même le consommateur veut des choses de plus en plus faciles à vivre chez lui parce qu'il est conscient des contraintes. Il y a aussi les modes de vie qui ont changé. Donc, la palette végétale s'adapte et notre métier s'adapte absolument.
Et donc, justement, parlons des habitudes des consommateurs, des habitudes de consommation. Est-ce qu'il y a quand même eu un retour ? au jardinage, un retour au travail manuel post-Covid. On a vu quand même, vraiment, je crois que les jardineries, c'était un peu place to be pendant le Covid, quand on pouvait ressortir de chez nous. Mais je crois que beaucoup de personnes à un moment se sont plongées dans le jardinage, dans la reconnexion à la nature, à l'extérieur. Ça devient vital.
Ce qui s'est passé pendant le Covid, c'est qu'on était Quasiment la seule profession, enfin domaine d'activité à être fermée seulement trois semaines. On a été classé dans les secteurs essentiels. Oui c'est vrai. Et ce qui nous a sauvés parce que produits vivants, pire moment de la saison. Et donc derrière les gens étaient chez eux, dans leur jardin, ils ne savaient pas quoi faire. Pour ceux qui avaient la chance d'avoir un jardin mais même ceux qui avaient le balcon etc. Et oui gros engouement pour le jardin. Très belle année pour le monde du jardinage. Et puis derrière, quand les vannes du tourisme, des loisirs se sont réouvertes, là, ça a été beaucoup plus compliqué. Et donc oui, retour à la nature, besoin de reconnexion, mais qui présente aussi ses limites quand les gens ont eu besoin de s'évader, de changer les idées. Le voyage et les loisirs ont quand même repris le dessus là-dessus.
Donc j'imagine qu'il y a eu une phase ascendante, maintenant ça se rééquilibre un petit peu ?
C'est même plus du rééquilibrage, il y a eu de la décroissance, mais bon voilà, on s'adapte et la preuve, l'ouverture au grand public, création des événements et puis on se réinvente, on s'adapte, c'est du darwinisme, c'est la loi du plus fort, celui qui s'adapte et voilà. Et puis c'est la vie d'une entreprise, une vie d'entrepreneur. On doit toujours s'adapter, donc c'est ce qu'on fait, et ça fait six générations qu'on est là. Chaque génération a dû s'adapter, nos arrière-grands-parents ont eu l'établissement détruit par les bombes. Ça aussi c'est de l'adaptation. Oui, on a nos difficultés avec notre génération et notre société actuelle, mais on n'a pas le choix, sinon on n'est plus là.
Et t'as des anecdotes comme ça en tête, de phases qu'ont pu traverser tes ancêtres ? Au fil de l'activité ?
Si on fait une rétrospective sur les 60-70 dernières années, nos arrière-grands-parents ont commencé à vendre sur les marchés. A l'époque, c'était le truc de croissance, post-secondaire mondiale, etc. Ensuite, il y a eu l'essor des fleuristes, les premières boutiques de fleuristes. Donc là, ils se sont dit... On va vendre aux fleuristes, ils vendent toujours un peu sur les marchés. Et puis fin des années 70-80, essor des jardineries. Ça a poussé partout comme des champignons, partout dans toutes les zones industrielles de France, dans toutes les villes. Donc là, grosse phase d'industrialisation. Et puis là, on est sur une phase où on revient un peu aux sources. Vente directe à nouveau, décroissance des jardineries. Donc voilà, on s'adapte et on suit le mouvement pour rester là.
Et donc, est-ce que les habitants, les canets et ceux qui habitent sur le territoire de Camp-la-Mer avaient pris conscience qu'il y avait des serres ici, qu'il y avait des ventes aux particuliers ou est-ce que ça a été vraiment toute une pédagogie à faire ?
Oui, on partait de zéro. Oui, en fait,
les gens passaient devant sans même réaliser que vous étiez là.
Exactement, et même encore aujourd'hui, donc on a encore beaucoup de travail, de pédagogie et de notoriété à faire. Mais oui, non, non, non, les gens ne savaient pas, ne savent toujours pas. Donc on a encore du travail pour se faire connaître.
Qu'est-ce que toi, tu as envie de passer comme message et de valoriser dans le fait comme ça de se montrer, de communiquer davantage sur votre activité ?
On est un vieux métier. Tu vois, l'horticulture, l'agriculture. Enfin, je veux dire, ça fait partie, je pense, peut-être pas l'horticulture, mais parmi les plus vieux métiers du monde. Et aujourd'hui, il y a un vrai manque de reconnaissance de la production de manière générale. On voit la difficulté qu'ont les agriculteurs, qu'ont les maraîchers, etc. En fait, tout le monde produit, mais personne vraiment se montre pour vendre ou alors dépend des autres pour vendre. Et l'enjeu aujourd'hui, c'est de crier fort et de se faire entendre.
De sortir de cette dépendance aussi.
Oui. de reprendre un petit peu de pouvoir, parce que c'est bien d'aller manifester et de tout casser. Mais je pense que ça passe par reprendre, reprendre quelque part sa capacité de vente et de distribution pour... Voilà, on ne peut pas tout écouler non plus, mais pour rester indépendant et serein aussi par rapport à son métier.
Mais c'est vrai que la diversification, c'est un terme... Enfin, la nécessité de se diversifier, c'est un terme qui revient beaucoup dans le secteur agricole.
Oui.
On sent aujourd'hui que c'est vital. Et donc, vous faites partie de ces métiers agricoles ?
Carrément. Le monde agricole, en fait, a simplement envie de vivre de son travail. Et les circuits de distribution principaux qu'il y a aujourd'hui permettent vraiment difficilement de faire ça. Et donc, la meilleure réponse, c'est essayer de reprendre une partie de sa capacité à vendre et puis essayer de le faire.
Mais est-ce que ce n'est pas trop épuisant ? d'être sur tous les fronts comme ça de jongler entre la production la culture qui est votre coeur de métier et l'événementiel et les réseaux sociaux finalement là c'est plusieurs métiers que vous faites en même temps il faut beaucoup de cordes à son arc oui
c'est épuisant t'as vu mes cernes je suis KO mais on aime ça c'est des métiers de passion et en fait on compte pas les heures le machin, le truc Et ça revient à ce qu'on disait tout à l'heure, quand tu as des gens qui te motivent au quotidien, qui viennent ici, qui te disent que c'est beau, que c'est joli, que c'est agréable. Plein de petits compliments du quotidien. Je ne te demande pas d'être insensé, je m'en fous de ça, mais juste, ça gratifie quelque part le travail qu'on fait. Et ça, ça met du baume au cœur et tu as envie de continuer et tu avances. Oui,
bien sûr. Toujours dans cette idée de partage.
Tu sais, on est des métiers, encore une fois, issus du monde agricole. ça a des bonnes valeurs et ça on nous les a enseignées tout petits et je remercie nos parents pour ça c'est du partage, c'est du travail c'est un côté familial aussi, c'est important et c'est ce qu'on essaye de retranscrire ici et les gens le ressentent aussi c'est vrai ça se ressent,
on se sent comme à la maison, on a l'impression d'entrer vraiment dans votre univers et vous nous accueillez à bras ouverts exactement,
quand les gens nous le disent c'est mission réussie et c'est ça qui nous pousse à continuer
Donc t'as débuté les réseaux sociaux en 2024, il me semble, début 2024. Donc finalement ça reste assez récent, ça fait un peu plus de deux ans que vous êtes, que tu es sur les réseaux sociaux. Donc la croissance est assez phénoménale. Comment t'as débuté là-dedans ? Un peu à vue ?
Non, tout a démarré avec ma femme, Diane, qui, à force de ne pas trop me voir à la maison, m'a dit « écoute, il faut qu'on fasse quelque chose ensemble » . C'est vrai que l'emploi du temps le permettait vachement, mais elle m'a dit « écoute, tout le monde te pose toujours des questions de jardinage, on va essayer de faire un truc autour du jardinage, vendre des formations de jardinage en ligne ou autre » . Donc en fait, on a démarré cette aventure ensemble, en dehors de l'entreprise familiale. avec un premier compte de jardinage qui s'appelle Jardin Costil, qui est encore vivant, mais plus très actif. Et en un an, on a monté une communauté de 80 000 followers. Et on a essayé de faire des ventes, on a fait des ventes de formations de jardinage, etc. Et quand ici, au CERF, les difficultés sont un peu arrivées, de se dire, bon, là, il faut qu'on s'ouvre au grand public. Comment on fait ? Je t'ai dit, solution réseau sociaux. Et ce que j'avais déjà mis un peu en place avec ma femme, je l'ai retranscrit ici. Et puis on l'a fait à nouveau, 100 000 followers aujourd'hui, en deux ans.
Donc il y a Jardin Costil qui a 80 000 abonnés et Horsiculteur Costil qui a 100 000 abonnés aujourd'hui.
Et sur Facebook aujourd'hui on est à 170 000 je crois. Donc tu vois, en deux ans et demi, trois ans, plus de 300 000 followers.
C'est incroyable.
Mais c'est de l'apprentissage en fait. Tu apprends, tu vois ce qui marche, ce qui marche tu le répètes, et puis il faut amener du volume et du travail dessus, et c'est ce qu'on a fait.
Donc c'est quoi le secret de la réussite, si on a envie de faire grossir sa communauté ?
Régularité, un max, régularité, volume, et puis les gens aujourd'hui sont en recherche de conseils, de tutos, de valeurs, d'apprentissage. Trumfam. Tu as vu nos réseaux, je ne vends jamais rien. C'est pas le but. Oui,
c'est ce que j'allais te dire. Finalement, votre business en tant que tel, on ne le voit pas tant que ça. Il est vraiment en toile de fond. Mais ce n'est pas le cœur du sujet.
Je mise tout sur apporter de la valeur et du conseil pour nos générations qui sont complètement paumées dans le végétal.
ça je confirme, en ce qui me concerne j'ai pas du tout la main verte donc les astuces me seraient très utiles c'est ça,
et donc quelque part c'est un support où nos générations sont, les réseaux sociaux et on a tous besoin de cette reconnexion à la nature, donc le fait d'apporter des tutos ils ont l'impression qu'ils vont y arriver oui que c'est plus accessible, ça rend la chose plus simple on vulgarise le truc et donc voilà c'est un peu les clés, en tout cas ici ce qu'on a mis en place et qui a fonctionné donc on continue
Et votre communauté, elle est principalement basée en Normandie ou pas du tout ? Pour le coup, vous êtes exporté ?
Il y a, il y a, ouais, il y a, non, pas que Normandie. Forcément, 100 000 followers sur une agglomération qui fait quoi ? 400 000 ? Non, il n'y a pas 25% des canets. Enfin, en tout cas, non. Mais non, non, c'est national. Même Belgique, Luxembourg, Suisse, etc. Mais ça, ce n'est pas grave. Ce qui compte, c'est de passer le message. Et plus on sera passé le message... Du végétal, du fleuri, des connaissances, etc. Mieux ce sera.
Est-ce qu'il y a des personnes qui se déplacent ici dans les serres après vous avoir vu sur les réseaux sociaux pour vous voir en vrai, découvrir les serres en vrai ?
Oui, il y a plein de phénomènes nouveaux qui sont arrivés, qui sont extrêmement bizarres. Mais oui, il y a des gens qui font des 2-3 heures de route.
Ah oui !
Donc hyper gratifiant.
Et là, on est sur une communauté très fidèle.
Oui, c'est surprenant et gratifiant. Il y a un autre phénomène, les gens passent la porte ici et ils ont l'impression de déjà me connaître.
C'est le revers de la médaille.
Ce n'est pas un revers de médaille, mais c'est vraiment bizarre comme sensation. En fait, ils ont déjà tissé un lien, créé du lien au travers des réseaux. Et donc, ils sont déjà très familiers, presque copains. Et ça me... Ça ne me dérange pas, mais c'est bizarre comme phénomène. Comme relation. Et ce n'est pas facile à expliquer, mais le lien se crée sur les réseaux. Et là où c'est fort... Que ce soit nous ou d'autres, mais c'est que comparé à peut-être des personnes que tu peux suivre sur les réseaux, je sais pas, des chanteurs, parce que t'en as reçu, ou un businessman, ou je sais pas, qui tu veux, t'as peu d'occasion de retranscrire l'expérience en physique, et ici en fait les gens ils viennent voir du concret.
Oui, exactement. Tu vois,
tu vis l'expérience jusqu'au bout, au-delà de l'écran.
et ça c'est cool donc grâce à vous il y a des personnes qui font 2-3 heures de route pour découvrir notre territoire aussi ouais c'est bah oui oui non mais totalement parce que c'est aussi l'occasion de découvrir le coin et on a plein sur la côte plein de résidences secondaires et on
a pas mal de monde de Paris qui nous suivent et qui quand ils viennent dans la résidence secondaire viennent faire un tour ici oh je vous ai vu à Paris mais j'habite ici et ils viennent faire le petit crochet donc ça c'est cool ça c'est trop bien génial
Je voulais qu'on revienne aussi sur les événements que vous organisez. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus, nous décrire le type d'événement que vous avez fait et peut-être un événement qui, toi, t'a marqué, ton événement préféré ?
Oui, à chaque fois, le principe est toujours le même. On adore la bouffe. On s'est dit, bon, on va faire un truc un peu décalé. L'idée, c'est de s'appuyer sur la renommée de quelques restaurateurs canais et de leur proposer un projet atypique où on fait à manger dans les serres. Et on a commencé avec Anthony Caillot, le chef anciennement étoilé, même si... C'est tout comme,
on va considérer qu'il est toujours étoilé,
dans nos cœurs. Exactement. Et premier événement, en une semaine, on a inscrit 300 personnes. Donc là, on se dit, trop bien. Expérience de fou. Forcément, celui-là, il nous a marqués parce que c'était la première. Et on a fait, sur ce premier événement, toute une balade gourmande dans toutes les serres. avec des ateliers un petit peu partout. Il y avait cinq ateliers répartis dans toutes les serres. Et moment extra. Donc derrière, on s'est dit, bon, on va renouveler. Donc on a commencé à interroger plusieurs personnes qu'on avait en tête. Et on a fait venir au final une douzaine de restaurateurs différents de la région canaise. Peut-être pas 12 différents, mais au moins 8-10. Et à chaque fois, on essaye d'amener une thématique un peu différente, Tchao ! Un axe un peu différenciant, tu vois. Là, on a fait venir Stéphane Carbon pour faire un barbecue. On a déroulé de la pelouse sur les tables. Génial. Tu as fait Anthony Caillot. On a fait un barbecue de nuit dans les serres.
C'était magnifique. C'était très beau.
C'était très beau. À l'automne dernier, on a fait une soirée raclette. Ah, j'ai loupé celle-ci. J'aurais bien aimé être là. Et ça, c'était un de mes moments préférés parce que... Grosse réussite, grosse ambiance, trop bien. On fait des brunchs aussi. Le format brunch plaît beaucoup parce que tu viens te déconnecter total.
Ça permet peut-être d'être aussi un peu plus en famille. Exactement. Toi qui as des enfants, tu dois savoir que c'est bien aussi. C'est ça.
Chaque événement attire un peu une clientèle différente et c'est ça qui est sympa. Et puis, il y a plein d'autres idées encore pour l'automne prochain.
Mais écoute, j'ai aussi une idée en tête pour vous. Sur ce podcast, on a reçu récemment Charlie-Anne. qui a fait Top Chef et Charlie il est originaire d'ici et il est passionné de cueillette sauvage, il adore travailler les herbes, les aromates etc donc je pense qu'il y a un truc à faire Charlie si tu nous écoutes c'est ça, mais créativité et puis on passe tous un bon moment et c'est trop bien j'invite toutes celles et ceux qui nous écoutent et qui n'ont pas encore vécu cette expérience à la vivre parce que c'est assez unique
C'est ça. Et là, dimanche, on fait le dernier de la saison avec la crèmerie des baratineurs, avec pain vivant et les clapiotes. On réunit 200 personnes dimanche pour un brunch de fin de saison.
Super.
Voilà, ça va être trop bien.
Alors, on va parler un petit peu du territoire. Donc, toi qui es natif de Caen, t'es quand même parti quelques temps aux Etats-Unis, il me semble. Ouais.
3 ans.
3 ans, ah oui quand même. Dans quel coin ?
Dans le Midwest, en plein milieu des Etats-Unis. Donc c'est un peu, pour donner une image, si t'es un étudiant étranger et que t'arrives dans le milieu de l'Orne ou dans le milieu de la Manche.
Ah oui, ok, ça fait cet effet.
Ouais, tu vois, c'était le coin un peu paumé, c'était pas le New York City ou le San Francisco.
C'était pas le American Dream.
Non, c'était pas le American Dream. normalement Expérience de dingue, plein de bons trucs. Mais ouais, c'était pas le côté glamour des US, mais peut-être les US plus authentiques. Donc, super expérience.
Et donc, qu'est-ce qui t'a donné envie de revenir ici et de rester ici ?
La vie, j'ai fait un stage de fin d'études en jardinerie.
Tu revenais doucement vers tes origines,
tes actifs. Et puis ça se passe bien, je vois qu'il y a des opportunités, des choses qu'on ne fait pas, qu'on pourrait faire. Et puis à ce moment-là, quelqu'un de l'équipe ici s'en va. Mon père me dit écoute, viens, essaye et puis je ne suis pas reparti.
Et ça s'est fait comme ça ?
Oui, exactement. Mais ce n'était pas du tout forcément l'objectif. En tout cas, on n'a jamais été poussé là-dedans. Et puis, c'est la vie.
Ça s'est fait naturellement.
Exactement.
Et donc, qu'est-ce que tu aimes ici à Caen, à Caen-la-Mer ?
Franchement, on a une super région. Enfin, on a tout. On a la mer, on a la campagne, on a le soleil.
Oui, alors, c'est le moment de déconstruire le cliché, justement, sur le fait qu'il pleut tout le temps en Normandie.
Exactement. Alors ? L'eau c'est la vie, à l'image des fleurs c'est la vie, il nous faut de l'eau. On a cette chance d'avoir de l'eau malgré tout. Et on a le soleil mais on l'a avec parcimonie. Mais on l'a tellement avec parcimonie que quand on l'a, on l'apprécie d'autant plus. Pour l'anecdote, on a la sœur de Diane qui vivait dans le sud. Et en fait, eux à l'inverse, ils ont trop de soleil en fait. Ils subissent le soleil. Et elle dit, si en fait quand tu l'as, t'as envie d'en profiter à fond.
Tu respires.
Tu revis et surtout, tu veux en profiter. Donc, tu sors, tu fais des trucs, tu vas à la mer et on a la chance d'avoir tout ça. En fait, c'est comme si je te donnais à manger du homard tous les jours. À la fin, tu ne l'apprécies plus. Le soleil, c'est pareil. Si tu l'as tous les jours, à la fin, tu t'enlaces.
Tu as raison. Il y a certains luxes qu'on a. Quand on a trop, on l'apprécie plus. Exactement. Et donc là,
on l'a par simonie. Mais quand on l'a, on kiffe. Je ne sais pas si tu as remarqué ça. amis. On a quand même vachement ce phénomène des marées avec la mer chez nous. Et en fin de journée, t'es sûre de toujours avoir un rayon de soleil à un moment ou un autre. Tu vois, c'est un petit plaisir de la vie. C'est pas grand chose, mais tu kiffes.
Vraiment, je suis très en phase avec toi. Moi, à chaque fois qu'on me dit non mais en Normandie, il pleut tout le temps, ça m'exaspère. Et déjà, je réponds toujours ce que tu viens de dire, c'est-à-dire non mais on a toujours un rayon de soleil qui traîne quelque part. Et surtout que moi, je peux te dire que je viens de la région centre. Et en région centre, quand il fait gris le matin, il fait... Il fait gris toute la journée. Il n'y a pas de nuance. C'est vrai qu'il y a un côté vivant ici, assez cyclique, qui est hyper agréable. Toi qui es un épicurien et visiblement un amoureux de la gastronomie, est-ce que tu as des adresses favorites dans le secteur à nous recommander ?
J'aime beaucoup nos chefs un peu prestigieux parce que tu sors un peu du cadre. Et les mecs, c'est des artistes en fait. Et tu vois, ça revient à la créativité. Moi, quand je vais au resto, j'ai envie d'avoir une vraie expérience. Donc oui, des Anthony Caillot, des Stéphane Carbon. Tu vis un truc, tu vis un truc. Tu as des émotions, il se passe quelque chose. Donc ça, c'est des adresses sympas. Ça peut être soit dans l'assiette, mais aussi, pourquoi pas, avec le cadre. On a quand même des spots qui sont géniaux, sur la côte. Je pense à la baie de Merville-Franceville. T'as l'impression de partir en vacances, t'es à 10 minutes de Caen, tu te dis mais où est-ce que je suis arrivé là, c'est magnifique, donc t'as des coins comme ça qui sont sympas ou si tu te projettes un peu plus loin dans la Manche, des choses comme ça, mais c'est pas Caen-la-Mer.
Même Merville, c'est pas Caen-la-Mer.
Oh là là, ouais, mais il y a mer dans Caen-la-Mer, donc tu vois, faut s'en rapprocher quand même. Donc on n'est pas à 5 kilomètres près.
Ok. Ça marche, oui, soyons ouverts quand même avec les frontières.
Quand même,
quand même. On accepte les adresses à Merville.
Exactement.
Et oui, en centre-ville de Caen ?
Centre-ville, j'aime beaucoup la nature. Et franchement, ils nous ont fait un parc du château là, avec le café Mansell à l'intérieur.
Oui,
qui a été rénové. Et là, t'as un aménagement paysager de dingue. Quand tu peux te mettre en terrasse en fin de journée, quand il fait beau, quand t'as un beau rayon de soleil. Là, t'es dans un cadre privilégié avec le côté historique de notre ville. Le château de Guillaume le Conquérant, tu fais pas mieux. Et la nature réunie au cœur de ça, c'est quand même sympa.
Et d'ailleurs, tu vois, aujourd'hui, il y a une vidéo qui est sortie. Et merci pour cette vidéo, je suis trop contente. C'est le créateur de contenu Bruno Maltor qui l'a partagé, qui voyage beaucoup. aux quatre camps du globe. Et aujourd'hui, il a partagé une vidéo qui met en avant la ville de Caen. Et en fait, je ne le savais pas, mais elle fait vraiment partie des villes les plus vertes de France.
Oui, alors ça, on peut en parler un peu, si tu veux, mais je trouve que la mairie, je ne vais pas donner d'opinion politique, ce n'est pas du tout l'idée, mais en tout cas, il y a un vrai... travail qui est fait d'aménagement paysager, de reverdissement. On a une des plus belles mairies de France avec un jardin magnifique devant, où je fais beaucoup de vidéos d'ailleurs.
Mais oui, j'allais aussi y venir, mais on te voit de plus en plus arpenter la ville de Caen avec des chapeaux de paille ou tout autre accessoire.
C'est ça, la créativité. Et puis les canets ont envie de se retrouver aussi dans leur ville, donc il faut leur en parler de leur ville. Je pense qu'on peut être fiers, on a une belle ville, il fait bon vivre, et on a plein d'atouts, plein de bonnes choses, et le végétal en fait partie. Il y a eu les événements du millénaire qui se sont faits là-dedans, c'était génial, même pour les touristes qui sont venus. Donc voilà, sur le port de Caen, ils viennent de faire un petit aménagement qui est sympa comme tout, ils font des efforts l'été à faire des petits jardins urbains, tout ça, hyper sympa. Quand t'es touriste et que tu découvres ça sous un beau rayon de soleil, c'est top.
Oui, il y a un dynamisme et on voit vraiment... la ville évoluer, se transformer. Il y a beaucoup de projets qui vont dans le sens aussi de la qualité de vie et du bien-être des habitants.
Oui, mais je ne sais pas si Caen n'est pas parmi l'une des top 10 en France où il fait bon vivre. Oui, tout à fait. Là,
depuis plusieurs années, ça revient régulièrement dans les classements et on est assez bien classés.
Tu as du végétal, tu as de la belle pierre de Caen, tu as de l'histoire, c'est magnifique. T'as tout.
Mais que dire de plus ?
Venez vivre à Caen.
Mais bien sûr ! Est-ce que tu aurais un cliché à déconstruire sur les canets ?
Bah, le cliché de la météo, hein.
Ouais. Et on l'a déconstruit, donc... Et on l'a déconstruit,
après, cliché. On a quoi comme cliché, à Caen ?
Je sais pas trop. Certains disent que les canets sont fermés, mais bon, je l'entends pas tant que ça, finalement.
Non, je pense que... C'est un peu comme dans Bienvenue chez les Ch'tis où il y a peut-être une barrière à l'entrée, entre guillemets, et puis une fois que t'es intégrée, t'as plus envie de repartir.
Mais complètement. En ce qui me concerne, je suis arrivée il y a cinq ans ici et j'ai pas du tout senti cette barrière, pour le coup. Je me suis sentie très vite intégrée, les gens sont chaleureux, vraiment comme à la maison.
Ouais, exactement. Et c'est Aurélien Le Seigne qui dit une fois que t'as fait le tour du monde, t'as qu'une seule envie, c'est de retourner à la maison. C'est très vrai. Et tu vois dans nos générations de potes Enfin Il y en a plein qui sont partis faire les études, tout ça, mais il y en a beaucoup qui sont revenus quand même. C'est incroyable,
c'est très rare.
Il y a une vraie attache. On est attaché à nos racines normandes, je pense.
J'ai oublié de te faire les questions flash. J'adore ce moment, les questions flash. Il y a deux choix et tu dis ce que tu préfères, ce qui te parle le plus.
Ok.
Cidre ou calva ?
Cidre. À la ferme, on est agriculteur. Le midi, ils buvaient du cidre, tu vois, à l'époque. Donc, cidre de la ferme. Donc, ouais, cidre.
Avec des pommes normandes,
évidemment. Bien évidemment.
Pas besoin de le préciser. Andouille de vire ou tripes à la mode de camp ?
Andouille de vire, les tripes, c'est dur quand même.
Ouais, les tripes, c'est dur. Ouais,
les tripes. Franchement, franchement... Faut s'accrocher. Ouais, faut s'accrocher, ouais.
Parait-il tout de même que bien cuisiné, ça passe. On demande à juger.
Ouais, mais andouille de vire avec un petit beurre salé. de Normandie, là t'es refait trop chouette
Torgoul ou Brasier ?
Torgoul
Château de Caen ou plage du débarquement ? Château de Caen je m'en doutais vu que t'avais cité le jardin et si je dis Aurel San et Guillaume le Conquérant tu vas aussi dire Aurel San ?
Guillaume le Conquérant est vraiment trop loin pour que je me fasse... ouais tu l'as pas connu mais il a fait beaucoup pour la vie franchement le millénaire ça a permis de redécouvrir aussi l'histoire de Guillaume le Conquérant tout ça. Quand même, on a le gars qui est allé conquérir l'Angleterre.
Il y est allé comme ça.
Et il a réussi.
Oui, il a réussi.
Donc c'est quand même pas mal pour l'époque. Il y a 1000 ans, le gars était bon.
C'est vrai. Respect Guillaume. Et il y a le Millenium qui arrive l'année prochaine.
Ah, top. Et bien, ça va être...
Il va y avoir encore d'autres événements, d'autres redécouvertes de notre histoire. Ça va être trop chouette.
Trop bien. Trop bien. Ça va encore nous amener des touristes et faire découvrir notre belle région.
Mais oui, complètement. Bon, on continue de compter sur toi quand même. pour la faire découvrir. Tu es un très bon ambassadeur, en tout cas.
Oui, non, mais à ma toute petite échelle, je participe effectivement à faire découvrir la ville et de faire rayonner notre région.
Tout à fait. On arrive sur la fin de ce podcast. Et donc, sache que nous allons bientôt lancer une saison 2.
Magnifique.
Oui, c'est une très bonne nouvelle. Et j'avais envie de te demander qui tu aimerais entendre à ce micro.
Aurel San.
Je te garantis rien, mais on va essayer.
Je suis sûr qu'il est ouvert.
Ah oui, tu penses ?
Ouais.
Bon, l'appel est lancé.
Il faut être un peu créatif, mais je suis sûr qu'il doit pouvoir...
Nous serons créatifs. Allez, on va finir sur la question signature de ce podcast.
Ok.
C'est quoi pour toi un état d'esprit conquérant ?
Conquérant, je suis quelqu'un d'entrepreneur moi. J'ai ça dans le sang, en plus de la nature et de tout ça. Donc pour moi, un conquérant, c'est clairement un entrepreneur. C'est monter des projets, faire ce qu'on a envie, se battre ce pour quoi on se lève tous les matins. Donc ouais, aller conquérir ça, je ne peux pas te dire mieux. Aller conquérir ce pour quoi on se lève tous les matins. Let's go.
Super, c'est une très belle mentalité. Merci Arthur.
Avec plaisir.
C'était un... chouette moment.
Fleury.
Fleury, un moment fleury.
Exactement.
J'ai jamais eu une conversation aussi fleurie avec quelqu'un.
Ça c'est un vrai compliment que tu puisses faire un horticulteur.
Et j'ai apprécié.
Trop bien, bah partagez.
Et bah merci beaucoup. Avec plaisir. Je te dis à très vite et plein de bonnes choses.
On va aller conquérir tout ça.
Les horticulteurs costiles. Ouais, c'est parti.
Let's go.
C'est ainsi que s'achève notre conversation avec Arthur. Encore merci à lui d'avoir partagé avec nous ce moment suspendu et sa vision si inspirante du métier. Si cet échange vous a donné envie de découvrir son univers, je vous invite vivement à suivre le quotidien de l'exploitation. sur les réseaux sociaux. Vous pouvez retrouver Arthur sur le compte Horticulteur, au pluriel, Costil. Et pour celles et ceux qui sont dans la région, n'hésitez pas à aller directement leur rendre visite dans leur serre au 38 avenue de Carbsen à et Rouville Sinclair. Je vous glisse de toute façon, comme d'habitude, tous les liens utiles dans la description de l'épisode. Vous l'avez compris, cet épisode un peu spécial marque aussi un grand tournant pour Voix Conquérante puisqu'il vient clôturer notre toute première saison. Je voulais prendre un moment pour vous adresser un grand, grand merci. A chaque nouvel épisode, vous avez été de plus en plus nombreux et nombreuses à nous rejoindre et on a passé la barre des centaines et des centaines d'auditeurs et d'auditrices à chaque écoute. Et pour un lancement, d'autant plus au niveau local, c'est une immense fierté. Alors merci du fond du cœur pour vos partages, vos messages et votre précieux soutien qui fait grandir ce projet jour après jour. Et bonne nouvelle ! Toute l'équipe et moi-même avons déjà hâte de vous retrouver à la rentrée pour le lancement de la saison 2. Et tout ça, c'est aussi et surtout grâce à vous. On vous prépare de belles surprises, de nouveaux invités qui nous donnent toujours plus envie d'oser et surtout plein d'histoires passionnantes pour continuer à découvrir ou redécouvrir notre territoire autrement d'ici là passez un très bel été prenez soin de vous et on se retrouve très vite en septembre pour de nouvelles conquêtes à bientôt
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