- Speaker #0
Bienvenue dans Voltige, le podcast de celles qui osent. Ici, je tends le micro à des femmes qui ont sauté le pas. Elles ont ouvert un café, lancé une marque de vêtements, créé un studio de pilates, transformant leurs idées en projets et leurs projets en réalité. Je suis Manon Safavi et dans chaque épisode, je reviens avec elles. sur ce moment où tout a basculé, leurs déclics, leurs doutes, leurs joies et surtout leur courage. Vous êtes prêts ? On y va ? Voltige ! Agathe, bienvenue. Je suis très contente de te recevoir aujourd'hui pour parler de ton aventure entrepreneuriale. Est-ce que pour commencer, tu pourrais te présenter et nous présenter la marque que tu as fondée ?
- Speaker #1
Alors, je suis Agathe , je suis la fondatrice de Naïdé, une marque de cosmétiques in and out et notre premier produit, et pour l'instant l'unique, c'est une huile à usage cosmétique out et in parce que c'est aussi un complément alimentaire.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus sur ton parcours et ce qui t'a menée vers l'entrepreneuriat ?
- Speaker #1
Je viens du milieu de la communication, j'ai fait une école de communication il y a quelques années maintenant. Et j'ai évolué dans ce milieu-là jusqu'en 2020, où j'ai décidé de me lancer dans l'entrepreneuriat. J'avais envie de faire ça depuis très longtemps, en fait depuis le lycée, très exactement. Je ne savais pas trop ce que j'avais envie de lancer, mais je savais que j'avais envie de me lancer dans l'entrepreneuriat. Une marque de chaussures, de fringues, de cosmétiques.
- Speaker #0
Du B2C en fait, tu avais une idée plutôt de vente et d'un produit.
- Speaker #1
Et un produit, oui. Je pense parce que ma mère a eu sa boutique de vêtements. Alors, ce n'était pas elle qui confectionnait les vêtements, mais elle vendait des vêtements pour enfants. J'étais au collège à l'époque et en fait, elle vendait des très jolies marques françaises ou espagnoles, notamment Agatha Ruiz de la Prada. Elle a adoré et j'ai trouvé ça très cool, même si pour elle, elle n'est pas restée très longtemps entrepreneur, mais c'était un souhait qu'elle avait depuis longtemps aussi. Et donc, elle n'a pas de regrets aujourd'hui. Elle est très contente de cette lancée, même si ça n'a pas fonctionné. Mon père a eu une agence qu'il a ensuite développée un peu partout en France avec des associés dans l'urbanisme. Donc bon, tout un autre milieu. Mais bon, voilà, c'est quand même de l'entrepreneuriat. Là, avec beaucoup d'humains, parce que forcément, tu développes des agences. Donc, il y a pas mal de RH. et on va dire le "big entrepreneur", si je puis dire comme ça, c'est mon oncle qui lui s'est lancé dans les années 90. Il a revendu depuis plusieurs années l'entreprise c'était un concept qui s'appelait "Le torchon à carreaux" et il faisait un peu comme Alice Délice ou des choses comme ça donc c'était vraiment la première marque qui faisait du kitchen déco et en fait là pour le coup il a développé sous forme de franchise et il y avait 150 boutiques en France. Ça a vraiment très bien marché. Et si tu veux, j'ai jamais eu le fait d'avoir des entrepreneurs dans la famille, ça a jamais été un tabou et ça a jamais été un frein. Oui, l'entrepreneuriat c'est pas facile, il faut en vouloir, c'est beaucoup de gestion de merde comme on dit, c'est 10 portes fermées pour une porte ouverte, il y a des aspects qui peuvent être repoussant, mais en fait c'est une très grande satisfaction parce que quelque part, c'est un peu comme un bébé, tu vois. Alors c'est pas un bébé humain, c'est sûr, mais il y a un côté très satisfaisant et tu vois, t'as une idée, tu la développes et tu te formes en fait à beaucoup de choses parce que finalement quand tu fais des études, généralement c'est assez spécifique, t'es ingénieur, t'es dans la com, t'es en médecine et puis ensuite tu te développes dans ta branche. Mais tu n'as pas forcément l'opportunité, en tout cas, de développer autre chose. Alors que quand tu es entrepreneur, même si tu passes par un comptable pour gérer le financier, même si tu passes par d'autres professions que tu ne sais pas, d'autres prestations, parce que toi, tu es rarement 360, tu ne sais pas tout faire. Mais tu es quand même obligé de garder un œil sur tout ça.
- Speaker #0
Tu es pluridisciplinaire, tu te formes à plein de choses, des fonctions support, de la com, du market, mais aussi du produit, de la compta.
- Speaker #1
Si tu veux pouvoir gérer, tu es obligé en fait, même si tu ne seras jamais comptable, si ce n'est pas ta formation, tu es quand même obligé de comprendre en tout cas. Parce que... Tu ne peux pas développer une marque sans stratégie et sans connaître tous les tenants et aboutissants.
- Speaker #0
Et c'est ce qui te plaisait justement dans l'idée d'entreprendre ?
- Speaker #1
Il y avait ce côté pluridisciplinaire, comme tu as dit. C'est assez boostant, en fait. Tu te dis qu'intellectuellement, c'est très stimulant. J'en ai pas du tout, toi,
- Speaker #0
Du peu que je connais, je trouve que ça te ressemble beaucoup.
- Speaker #1
c'est vraiment... C'est un peu... Être un peu touche-à-tout, tu sais que tu ne vas pas réussir dans tout. Parce que, bon, je veux dire, même Einstein, je pense, n'est peut-être pas très doué dans d'autres domaines. Mais c'est quand même... Quand tu es curieux, en tout cas, c'est satisfaisant. Parce qu'il y a plein d'aspects à gérer. Parfois, tu vas te foirer, c'est sûr. Mais en tout cas, c'est un apprentissage en permanence. Donc, ouais.
- Speaker #0
Mais donc, tu voulais un produit B2C. Tu savais que tu allais tester un jour.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Et comment est-ce que t'en es venue à la cosmétique ? Parce que du coup, on ne l'a pas dit au début. Oui. Mais donc, tu as fondé une marque de cosmétique.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Peut-être présente la marque de cosmétique. Comment elle s'appelle ?
- Speaker #1
La marque s'appelle Naïdé. La société s'appelle Fitskin, mais on a développé, on a créé le nom Naïdé. N-A-I-D-E, accent aigu. Qui est un peu un jeu de mots, en fait, entre night and day. Parce que l'idée, c'était de développer une marque de cosmétiques pour avoir une routine jour et nuit. Donc, Night and Day, Night Day, la française. Alors, Né Day, Night Day, comme on n'a pas mis d'accent sur le I, du coup, la prononciation, elle est un peu freestyle. Mais c'est court et c'est facile à retenir. Et un peu, c'était un peu l'essentiel. Et pour moi, qui viens du milieu de la communication, c'était un peu une obligation d'avoir un... mot catchy, court et que tout le monde retient, même si la prononciation n'est pas la même, la bonne par tout le monde. L'exemple phare, c'est Nike. On dit Nike, mais c'est Nike. Et ça fonctionne quand même, on sait tous de quoi on parle. Donc, c'était un peu l'idée. Pourquoi la cosmétique ? En fait, je pense que c'est un domaine que j'aime depuis très longtemps aussi, avec la mode. Mais la mode, c'est un peu plus complexe quand même. Déjà, je pense que pour se lancer, il faut quand même un budget qui est plus élevé que la cosmétique. Et pour le coup, je sais à peine coudre un bouton. Non pas que je sache formuler un produit, mais en tout cas, je m'y connaissais un peu plus en formule. Je me sentais plus proche et plus apte. Ça me paraissait moins complexe à apprendre, ce que je ne savais pas, dans la mode où Bon, ça me paraissait un peu plus compliqué. Et en fait, je me suis lancée... Après le Covid, en fait, comme pas mal de gens en 2019, d'être chez moi, j'ai réfléchi ma vie. Qui suis-je ? Où vais-je ? Et c'est...
- Speaker #0
T'avais quel âge en 2020 ?
- Speaker #1
J'avais 29. j'avais 29. J'avais 29 ans et c'était le bon moment. Je suis en couple depuis quelques années. Maintenant, on avait notre appart. Flo, mon conjoint, sa situation professionnelle était stable. La mienne l'était aussi, j'étais en CDI. Mais j'avais vraiment cette envie, ça me trottait dans la tête. Et on s'est dit, OK, on n'a pas d'autres projets en cours. Parce qu'on ne pensait pas à faire un enfant ou autre chose comme ça, ou à se marier. Et donc, il m'a dit, vas-y, lance-toi. C'est le bon moment, en tout cas. Toi,
- Speaker #0
tu disais, j'ai envie d'entreprendre, mais je ne sais pas dans quoi.
- Speaker #1
Ouais. Je me suis dit, je vais créer une boîte. Et d'ailleurs, mon tout premier concept, ce n'était pas ça. En fait, donc en 2020, je demande Marie Turcot. Et mon business à l'époque, c'était un concept de lieu, bien-être. Un peu comme chez Simone ou d'autres lieux comme ça. Et j'avais envie de proposer dans un même espace du sport type pilates, yoga et des salons de massage, drainage, mais aussi naturopathie. Et un petit salon de thé.
- Speaker #0
J'adore cette idée moi. Donc ça,
- Speaker #1
c'était mon premier concept. J'ai fait un incubateur, les premières, pour développer ce concept-là. C'était hyper intéressant. Je me suis formée du coup. Là, les premières, c'est vraiment un incubateur. 360. C'est-à-dire que tu as une idée de concept, de business, et là, tu as des cours, ou des initiations en tout cas, à la fois au commerce, comme market, financier, parce que c'est la clé.
- Speaker #0
C'est bien d'intégrer un incubateur ?
- Speaker #1
Ouais. L'incubation coûte toujours de l'argent. Après, tu as des incubateurs qui... Tu peux avoir des aides. soit du département, soit de la région. Et t'as des incubateurs, j'en ai fait un deuxième après, j'y reviendrai plus tard, à Chartres, où là, en fait, il est pris à 100%. en charge par la région. Donc en fait, l'entrepreneur ne paye pas, c'est la région qui prend en charge. Bon, sous certaines conditions après. Mais au final, un incubateur est toujours payant. Après, toi, tu peux ne pas payer ou en tout cas payer...
- Speaker #0
Il y a des dispositifs liés à la création d'entreprise. Oui,
- Speaker #1
exactement.
- Speaker #0
Et là, les premières, par contre, c'était un truc payant.
- Speaker #1
Oui, alors moi, oui, parce que j'ai intégré les premières 92 et je n'habitais pas du tout en 92, donc j'ai dû payer.
- Speaker #0
Ok, pourquoi tu as choisi ça ?
- Speaker #1
Parce qu'en fait, c'était la session la plus proche. Et du coup, on m'a dit, tant pis, ce n'est pas grave. Donc, j'ai eu un petit prix parce qu'en l'occurrence, ma cousine est membre de jury. Donc bon, ça m'a un peu aidée. J'ai eu une petite ristourne. Mais ça reste quand même un petit billet. Mais c'était très intéressant et je ne le regrette pas du tout. Et aujourd'hui, d'ailleurs, les premières se sont vraiment bien développées. Elles sont de belles marraines parce que c'est un incubateur. C'est pour ça que ça s'appelle les premières. Spécialisé dans l'entrepreneuriat féminin. Vraiment pour aider les femmes, parce qu'il y a une vraie différence entre les hommes et les femmes. Les femmes se posent beaucoup plus de questions, pas seulement dans l'entrepreneuriat, mais en tout cas...
- Speaker #0
Je pense peut-être aussi, mon intuition, c'est que les femmes se sentent moins légitimes à lancer un business.
- Speaker #1
Carrément.
- Speaker #0
Et donc, elles ont besoin d'avoir un incubateur, des cours, des gens qui ont déjà réussi, qui les coachent. Et là, elles se disent, c'est bon, je suis capable. Alors qu'en fait, elles pourraient être capables comme les hommes, mais elles ont besoin un peu de la carte, la validation presque un peu... scolaire pour se sentir apte à gérer un truc.
- Speaker #1
Et même après, il y a des stats qui montrent que les demandes de fonds sont bien moins élevées chez les femmes que chez les hommes. Les hommes n'hésitent pas à demander des grosses sommes d'argent, 1 million, 2, 10, 15. Alors que les femmes, elles font des levées à 100 000 euros, 500 000 euros. Alors qu'en fait, j'ai eu un cours justement avec un mec qui m'a coachée sur ça. pitché devant des investisseurs et qui me disaient mais vas-y, go en fait. Et je l'ai demandé et du coup, j'ai osé demander 500 000 balles.
- Speaker #0
J'adore, tu me racontes ça. Ok, génial. Donc les premières, ta première idée en 2020. Voilà,
- Speaker #1
donc les premières, c'était avec mon premier concept, donc concept de lieu. Et là, je me suis heurtée, comme beaucoup d'entrepreneurs, aux problèmes financiers. Quand tu ouvres un lieu, en fait, la somme de départ, elle est beaucoup plus importante. Parce que tu dois justifier d'un certain chiffre d'affaires. Sauf que quand tu ne l'as pas, du coup, on te demande plus pour le lieu. On te demande parfois 3, 4, 6 mois de loyer tout de suite. Donc, ça veut dire que tu as un besoin en fonds de roulement qui est beaucoup plus important.
- Speaker #0
Le fameux BFR.
- Speaker #1
Le fameux BFR. Et en fait, mon business plan était cohérent et c'était faisable. Mais quand je suis allée voir la banque, donc ma banque, j'en ai fait qu'une. Alors, j'aurais pu peut-être en faire d'autres, mais à l'époque, en plus, c'était le moment où les taux augmentaient. Donc, pro comme perso, là-dessus, c'est la même chose. Et la banque, à l'époque, m'a dit, il n'y a pas de souci, on vous prête l'argent. Par contre, c'est 50% d'apport. Et j'avais besoin de plus de 100 000 euros. Donc, je vous laisse faire le calcul. Ça faisait une grosse somme que je ne voulais pas mettre. et donc j'ai dit bon bah tant pis et là je me suis dit ok mais je vais pas lâcher, j'ai quand même fait un incubateur, je me suis quand même formée j'ai un business plan, j'ai mis un pied dedans, je veux y mettre les deux et puis on m'a toujours dit un entrepreneur parfois il faut savoir se réorienter pivoter quoi on peut savoir pivoter donc dès le départ j'ai pivoté et je me suis dit ok dans ce lieu, quel est un petit truc entre guillemets que je peux prendre et commencer par ça
- Speaker #0
Un petit produit.
- Speaker #1
Un petit produit. Et je me dis, j'avais dans l'idée de développer le salon de thé. Et dans le salon de thé, j'avais envie d'un petit corner shop où je pourrais présenter des marques qui font des tapis de yoga et des cosmétiques, les fameux cosmétiques. On revient à la cosmétique. Et là, je me dis, ok, let's go. Je me lance dans la cosmétique, peur de rien, parce qu'on a quand même face à nous des gros mastodontes. L'Oréal, Caudalie et autres marques où on se dit mais jamais de la vie. Bah en fait je me dis jamais de la vie, oui et non. Comme j'ai un peu bossé avec toi aussi dans la beauté, je m'étais quand même rendu compte qu'il y avait plein de petites marques qui vivaient, dont on n'avait pas forcément entendu parler, mais qui fonctionnaient. Et je me suis dit c'est pas grave, si je suis une petite marque comme ça, ça me va très bien. Mais il faut quand même un concept. C'est pas le tout de se dire je me lance dans l'entrepreneuriat, la cosmétique ça me plaît, let's go. il faut quand même savoir se démarquer et là je me suis dit ok ça va être quoi ma différenciation et là je me suis un peu creusé la tête et je me dis quel est l'autre truc que j'aime bien C'est prendre soin de moi. J'ai été une grande sportive plus jeune. Aujourd'hui, je le suis un peu moins. J'ai fait beaucoup de sport. Et le truc qui m'a toujours montré qu'en dehors du sport, l'élément important, c'était l'alimentation. Et on sait que l'alimentation, elle joue aussi sur ton corps, mais la beauté de ton corps. Et donc, l'acné et les autres spécificités de peau qu'on peut avoir, l'alimentation, ça peut jouer. et je me dis bah ok let's go on va mixer les deux et on va faire une marque de cosmétiques in and out et mon premier produit je me suis dit il faut que je puisse le manger je le mets sur ma peau et je le mange c'est génial ça t'as avancé dès le début dès le départ j'avais envie d'un truc comme ça et tu savais que ça existait ? pas du tout enfin pas du tout en fait je me suis dit je connais pas de produit comme ça mais je suis sûre qu'on va trouver et il se trouve que donc là j'ai commencé à chercher des labos Et en parallèle de ça, il y a...
- Speaker #0
Comment tu cherchais un labo ?
- Speaker #1
Bah Google et Insta. Et en l'occurrence, j'ai trouvé de labos sur Instagram.
- Speaker #0
C'est incroyable, ok.
- Speaker #1
Je pense que les téléphones nous écoutent. Bien. Parfois ça vaut le coup. Parce que en fait, ils avaient fait... C'était un contenu sponso, parce qu'ils se développaient.
- Speaker #0
D'un labo qui cherchait des marques.
- Speaker #1
Une jeune marque. Et je les ai contactés. C'est deux mecs, deux anciens de chez Yves Rocher. un spécialisé dans la formulation et l'autre plutôt commerce market. Et voilà, ils ont décidé de se lancer tous les deux. Donc, ils sont à La Rochelle. Ça s'appelle Customize. Je leur fais un peu de pub. Ils sont très sympas. Et je les ai appelés, je les ai contactés. Je suis allée les voir. Et vraiment, j'ai pris... Ils ont différentes formules, comme la plupart des labos font. Et moi, j'ai pris la formule complète, donc à savoir un vrai accompagnement où là, en fait, ils t'aident à la formulation. En fait, t'arrives avec ton cahier des charges et tu te dis, je veux une crème, une huile. Généralement, tu connais quand même la forme galénique. Donc crème, huile, c'est quand même ce que t'as envie. Les propriétés, hydratant, nourrissant, anti-ride, tout ça. Et eux, en fait, ils vont t'accompagner dans la formulation. Et donc, à savoir, moi, je voulais quelque chose de le plus clean possible, le plus court possible. Parce que c'était aussi... Je pensais en même temps aussi à l'argumentation commerciale. Et je me dis, bon bah ok, un truc qui se mange, il ne faut pas qu'il y ait une liste d'ingrédients à rallonge, parce que sinon, les gens... Moi, la première, quand je fais mes courses, si il y a trop d'ingrédients, je me dis, il y a un problème. Et donc je me dis, bon bah ok.
- Speaker #0
Et ça, tu le finances en fonds propres ?
- Speaker #1
Ah oui, tout en fonds propres. En fait, depuis le départ, c'est que du fonds propre.
- Speaker #0
Mais c'est volontaire ?
- Speaker #1
Oui et non. J'avais une somme de départ. Je savais plus ou moins jusqu'où je pouvais aller. Et en parallèle, je cherchais quand même des fonds. Le truc, c'est que... Là, en gros,
- Speaker #0
c'était le tout début pour ta partie labo. Tu t'es dit, mon business plan, ça fait partie de ce que je finance en fonds propres.
- Speaker #1
Et puis, j'étais toute seule.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
J'ai lancé la boîte, je l'ai créée. C'était une SASU, parce que j'étais associée unique.
- Speaker #0
C'est marrant, parce que nous, on se connaît. Et en fait, je ne savais pas qu'au début, tu étais seule sur le projet. Puis, tu as été rejointe en parallèle. En fait,
- Speaker #1
finalement, mon ancienne associée m'a rejoint assez rapidement. Parce que j'ai créé la société en fin d'année. En fait, on s'est rencontrés via une connaissance en commun. Et donc, on ne s'est pas associés tout de suite, évidemment. On ne se connaissait pas. Donc, il y a eu quand même pas mal d'échanges sur qui on est, ce qu'on fait, la vision que l'on a de l'entrepreneuriat, d'une marque.
- Speaker #0
Tu ne le voyais pas entreprendre seule ?
- Speaker #1
En fait, ça ne me dérangeait pas d'être seule. Mais à plusieurs reprises, on m'avait dit que... Il est mieux d'éviter d'être seul, notamment parce que quand tu cherches des fonds, et notamment quand tu veux lever des fonds auprès d'investisseurs, c'est plus intéressant pour eux. Enfin, en tout cas, c'est plus rassurant, pas plus intéressant. C'est plus rassurant pour eux quand tu n'es pas seul. Pourquoi ? Et ça s'entend parfaitement. Quand t'es seul, on peut se demander pourquoi t'es seul. Est-ce que c'est parce que t'as du mal à déléguer, à travailler avec les autres, ou tout simplement parce que t'es tellement égoïste, égocentré que... Et donc en fait, quand t'es deux, ça veut dire que déjà de base, tu partages. Et t'es dans le partage, et tu développes à deux. Donc t'as moins de difficultés à lever des fonds quand t'es deux. Donc je m'étais dit, ok...
- Speaker #0
A priori, statistiquement, il y aurait un biais et quand on est en groupe, on lève plus.
- Speaker #1
Il y a un exemple, elle en a parlé sur LinkedIn, c'est Hélène de la marque UAH qui vient de lever des fonds et en fait, elle a mis très longtemps avant d'atteindre la somme qu'elle voulait. C'est un processus... C'est déjà de base un processus très long. Mais elle expliquait les difficultés qu'elle avait eues parce qu'elle est seule. Et en fait, quand t'es seule, tu dois redoubler d'efforts pour montrer que si t'es seule, c'est juste parce que ça fonctionne bien et que techniquement, il n'y a pas besoin d'être deux. Et que c'est pas pour autant que t'es pas en capacité de travailler avec les autres.
- Speaker #0
Mais toi, du coup, t'as cherché. activement une associée ? Non, pas du tout. Ou en fait, c'est une étude ? En fait,
- Speaker #1
ça s'est fait... En fait, on s'est rencontrés à la base quand j'avais ma première idée de concept. Et parce qu'elle, elle cherchait un lieu, justement, pour faire ses ateliers cosmétiques. Bon, il se trouve que, et je ne savais pas à l'époque, elle travaillait en parallèle, avec quelqu'un d'autre, sur le développement de cosmétiques. Et ça, je ne le savais pas. Quand j'ai switché de business, donc du lieu à la marque cosmétique, elle m'a rappelée en me disant « Ah, mais en fait, moi, c'est ce que je fais. » Et là, je me suis dit, pourquoi pas s'associer ? Et moi, je m'étais dit, je savais à un moment donné qu'il fallait que je m'associe, je ne pensais pas forcément à le faire maintenant. Et je me dis, pourquoi pas ? Elle a l'air plutôt sympa, elle est dans l'entrepreneuriat depuis plusieurs années, dans la cosmétique, donc je me dis, c'est parfait. Elle a une expérience et des compétences et connaissances que je n'ai pas. Et ça, c'est intéressant, quand tu t'associes, il faut être complémentaire. Pour le coup, tu ne t'associes pas avec quelqu'un qui fait la même chose que toi, parce que sinon, ça ne fonctionne pas. Enfin, ça ne fonctionne pas. Ça peut fonctionner, mais c'est moins intéressant, en fait, en plus d'un point de vue développement.
- Speaker #0
Vous vous êtes fait aider pour l'association ? Je sais que parfois, on peut consulter pour les contrats, les pactes d'associés. En fait,
- Speaker #1
j'ai fait appel à un avocat. Parce que moi, pour le coup, il y avait deux choses non négociables. C'était de faire un pacte d'associés et de rester actionnaire majoritaire à plus de 50 %. Parce que j'avais déjà créé la société, j'étais déjà en contact avec le labo, la formulation, c'était déjà... Enfin, voilà, on était déjà en... en recherche et développement. Donc, si tu veux, j'avais quand même bien entamé le projet. Et donc, ça me paraissait évident que ça reste quand même mon bébé. Elle a accepté sans difficulté. Et puis, on a un peu remodifié la formulation ensemble parce que forcément, elle, en plus, elle fait de l'eczéma. Donc, elle avait des prérequis, on va dire, des connaissances assez intéressantes sur le sujet. Et donc, on a développé cette huile qui s'appelle Day Oil. Parce que c'est l'huile de jour plutôt, même si elle peut tout à fait être utilisée pour la nuit, parce que de toute façon c'est une huile, donc ça s'utilise n'importe quand. Avec cette spécificité donc d'être à la fois un cosmétique, donc utilisable sur la peau directement, et un complément alimentaire, donc à utiliser soit brut dans ta salade, pour faire ta sauce, ou sinon dans une tisane, ça reste quand même buvable. On a lancé donc fin 2023. la campagne Ulule qui a fonctionné. Franchement, ça, c'était plutôt cool.
- Speaker #0
Donc, le mode de fonctionnement. Donc, tu finances tout en fonds propres.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Tu te dis déjà que tu vas faire un truc de crowdfunding au début ?
- Speaker #1
Ouais, dès le départ. En fait, je savais que comme j'étais que en fonds propres depuis le début et que je n'étais pas forcément allée chercher de l'aide. En fait, je m'étais dit j'irais chercher l'aide après.
- Speaker #0
Quand tu auras prouvé que ça marche, que ça fonctionne.
- Speaker #1
Pour aller chercher en fait une plus grosse somme. Parce qu'il faut savoir que la... La recherche d'investissement, elle se fait à différentes étapes de la vie entrepreneuriale. Il y a pas mal d'aides au tout début, donc avant les un an de l'entreprise. C'est généralement, c'est des sommes qui sont intéressantes, parce que ça peut monter jusqu'à 30 000, 50 000 euros, donc c'est pas rien. Mais pour moi, c'était pas suffisant, parce que c'était quasi un peu ce que j'avais en fonds propres. Donc je me disais, bon, je vois pas trop l'intérêt. Par contre, après, il y a d'autres investissements possibles. Et là, c'est plutôt... Après le lancement, avec un certain chiffre d'affaires, en tout cas après trois ans d'entreprise, il y a vraiment différents degrés, différentes étapes. Et moi, en fait, ce qui m'intéressait, c'était plutôt d'aller chercher une grosse somme pour aller développer d'autres produits.
- Speaker #0
Donc, quelques centaines de milliers d'euros. Ouais,
- Speaker #1
franchement, c'était au moins d'aller chercher au moins 100 000 euros.
- Speaker #0
Ouais, ouais, ok. Mais du coup, il faut justifier déjà d'un business. C'est ça. Là, par contre,
- Speaker #1
quand tu vas chercher ce type de montant, il faut déjà... prouver que t'es lancée et qu'il y a quand même...
- Speaker #0
Il faut avoir des bilans, en fait. Ouais, il faut avoir des bilans. Trop intéressant. Et ça, du coup, comment t'as eu toutes ces infos ? C'était les premières, en fait, qui t'aient appris tout ça, les modes de financement, etc.
- Speaker #1
Les premières, ça m'a beaucoup aidée. Et ensuite, donc avec mon ancien associé, on a fait un autre incubateur, dont je parlais tout à l'heure, à Chartres, qui est un incubateur spécialisé dans la beauté. Parce qu'en fait, il faut savoir que Chartres, c'est la Cosmetic Valley.
- Speaker #0
Je ne savais pas.
- Speaker #1
Voilà. Et en fait, il y a des sièges sociaux de grandes entreprises de cosmétiques et sont organisés aussi là-bas des très gros salons. Et donc vraiment, il y a des gens du monde entier qui viennent à Chartres pour ça. Donc ça c'était intéressant parce que là, même si la difficulté c'est que dans cet incubateur, on n'est que des startups de la beauté, mais à différentes étapes. Donc ça c'est intéressant, et en même temps c'est un peu frustrant parce que du coup il y en a qui sont qu'à l'étape de l'idée.
- Speaker #0
Qui sont aux prémices de leur projet.
- Speaker #1
Qui sont à l'idéation en fait, ils ont juste une idée. Mais quand toi t'es déjà lancée, forcément les attentes sont pas les mêmes.
- Speaker #0
Il n'y avait pas de gens qui étaient plus avancés que vous.
- Speaker #1
Ah si, il y en a qui avaient déjà une marque. depuis un an ou deux qui faisaient un peu de chiffre d'affaires alors qu'ils ne se rémunéraient pas forcément avec.
- Speaker #0
Et donc là, ça vous forme sur quoi ?
- Speaker #1
Un petit peu de tout, mais du coup, un petit peu.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et donc en fait, moi en tout cas, je trouvais que je restais un peu sur ma faim parce qu'il y a des sujets, tu as envie de les approfondir. Mais comme tout le monde n'est pas au même stade, tu ne peux pas forcément trop approfondir. En tout cas, c'était quand même pas mal d'avoir d'autres entrepreneurs dans la beauté. Parce que ça permet de confronter aussi nos idées, de faire tester. Et puis, tes concurrents sont tes concurrents, parce que finalement, chaque idée est différente et chaque concept est différent. Donc, en fait,
- Speaker #0
on t'en retire quand même quelque chose de positif. Tu recommandes finalement de faire un incubateur, tu penses que c'est une bonne idée.
- Speaker #1
Pour moi, c'est essentiel. Pour moi, quand tu te lances dans l'entrepreneuriat, à moins vraiment d'avoir une fibre commerciale et d'être très sûr de soi, ce qui est possible. Pour moi l'incubateur il est important parce que... Généralement, t'as un background commercial ou t'as un background communication. T'as rarement autre chose. Ou produits.
- Speaker #0
Ou gens qui vont être ingénieurs et qui ont une idée, mais pas du tout. Mais du coup, t'as pas tout. Ouais, il te manque en fait des cartes. Si t'es communicant,
- Speaker #1
t'es pas commercial. Si t'es ingénieur, t'es ni communicant, ni commercial. Enfin, il te manque quand même quelque chose. Et le commercial et la communication, c'est quand même assez essentiel. D'ailleurs, les premières, aujourd'hui, elles restreignent un peu le scope. Parce qu'en fait, elles se sont rendues compte que les personnes qui avaient ni l'un ni l'autre, galérait plus et c'était plus compliqué pour elle après de se lancer.
- Speaker #0
Tu veux dire, elle sélectionne les dossiers en essayant d'avoir des gens qui ont déjà au moins l'un des deux aspects un peu solides.
- Speaker #1
Oui. C'est un peu plus compliqué de se lancer quand tu as ni l'un ni l'autre. Ça reste quand même deux piliers assez essentiels. Pour le développement de produits, encore une fois, tu peux passer par un labo quand tu fais de la cosmétique. ou avec un atelier de couture, un designer. En fait, c'est plus facile, entre guillemets, de passer par un expert métier que commercial ou communication. Il faudra forcément que tu payes la personne.
- Speaker #0
C'est ce que j'allais te dire, oui.
- Speaker #1
Quand tu te lances, tu n'as vraiment pas les moyens de faire.
- Speaker #0
Tu n'as pas l'argent d'avoir un directeur commercial, un CIDEP ou une directrice de communication. Non, tu ne peux pas.
- Speaker #1
Sauf si dans tes contacts, t'as quelqu'un qui, à ses heures perdues, le week-end, veut bien t'aider. Mais si t'as pas ça, c'est pas possible. Donc il faut au moins que toi, t'aies un peu la compétence.
- Speaker #0
Ok, trop intéressant. Donc en gros, tu recommandes à fond les incubateurs.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
T'as trouvé ton associé par des recommandations.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Je retiens aussi que tu dis que s'associer, être plusieurs, c'est mieux pour lever. Trop intéressant.
- Speaker #1
Mais il faut bien s'associer.
- Speaker #0
Mais il faut bien s'associer, on y reviendra peut-être. Il faut trouver le bon match, les gens qui cherchent la même chose, qui avancent dans la même direction,
- Speaker #1
ce qui n'est pas toujours simple. Et ça, ce n'est pas toujours simple. Après, parfois, on dit que s'associer avec quelqu'un qu'on ne connaît pas, c'est mieux parce que quand c'est la famille ou les amis, c'est plus compliqué. Je ne suis pas forcément d'accord.
- Speaker #0
Je pense que ça dépend de la situation. En fait,
- Speaker #1
ça dépend beaucoup de la situation. Et moi, par exemple, je me suis associée avec quelqu'un que je ne connaissais pas au départ. Ça s'est très bien passé au début. Il n'y avait aucun souci. Et puis, petit à petit, passé la lune de miel, en fait, on s'est rendu compte de nos différences, de nos exigences qui n'étaient pas les mêmes, de nos valeurs qui n'étaient pas les mêmes, et en fait, de beaucoup de sujets sur lesquels on n'avait pas la même posture. Et aujourd'hui, on n'est plus associés. Elle a décidé de quitter l'entreprise alors même qu'on venait de lancer les produits. Donc, on était en phase de commercialisation.
- Speaker #0
OK. Donc, pour revenir à la timeline un peu, tu disais fin 2023, tu lances un Ulule crowdfunding. Là, tu te dis, en gros, j'ai tout financé en fonds propres jusqu'à maintenant. Maintenant, je veux... C'est un système de précommande. Oui. Et on n'avait pas encore les produits.
- Speaker #1
Et tu n'avais pas encore les produits. Donc en gros, tu savais que tu lançais ta prod si tu arrivais à faire un minimum de vente.
- Speaker #0
En fait, la campagne LUL nous permettait de lancer la prod. Ce qu'on a fait.
- Speaker #1
C'est trop bien ça en vrai de faire ça, je pense.
- Speaker #0
C'est hyper intéressant. Parce que si tu maîtrises bien ta campagne, si tu la gères bien, bah oui, ça te paye ta prod. Voir même, ça peut te payer d'autres trucs. Parce que tu as des campagnes qui explosent et qui font... Respire, par exemple, ça a été ça. Même Dijos, ça a été ça aussi. Ah,
- Speaker #1
Dijos, c'était avec un...
- Speaker #0
Elles ont fait une campagne.
- Speaker #1
Il y a une autre marque très connue. Attends, j'ai oublié. Ils font des vêtements pour hommes. Et maintenant, ils sont passés sur des vêtements aussi un peu pour femmes. J'ai oublié. Et j'ai entendu le fondateur dans un podcast. Et lui aussi, il a commencé avec un système où c'était que de la commande.
- Speaker #0
Asphalt, ils font ça.
- Speaker #1
Ah, c'est Asphalt, voilà. Il disait même qu'au tout début...
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Ça fonctionnait même, il avait un Google Sheet qu'il envoyait à ses amis et aux amis d'amis. Et les gens disaient tu me mets deux d'unité du pull kaki machin. C'était un Google Sheet quoi. Et c'est comme ça qu'ils arrivaient à se dire ok bon bah on a suffisamment de ventes, on y va. Et après ils se sont dit bon bah on va élargir, on va faire un truc de crowdfunding. D'autant que Ulule et qui se bande donc aussi ? Ils font, ils accompagnent. Il y a une sorte de mini incubateur, je sais pas si on peut appeler ça comme ça mais qui aide un peu, qui donne des conseils. Voilà.
- Speaker #0
En fait, quand tu lances ta campagne, il t'associe quelqu'un, un chef de projet, qui t'accompagne, qui t'explique le fonctionnement d'une campagne, comment la lancer. Et en fait, il relise tes textes. En fait, il te donne pas mal d'astuces et de conseils. Et en fait, avant de lancer, il y a une validation qui se fait de leur côté pour vérifier que tu remplis bien les critères.
- Speaker #1
Ça t'a aidé, toi ?
- Speaker #0
Franchement, ouais, c'était super intéressant. C'était vraiment intéressant. Après, bon, je n'avais pas trop de doutes sur le fait que mes visuels, ma vidéo... On avait fait une vidéo, on est passés par une professionnelle, on a fait un shooting.
- Speaker #1
C'est une des questions que j'avais. Est-ce que sur la partie, donc le nom, tu as expliqué un peu comment trouver le bon nom de marque, etc. Mais est-ce que la partie visuelle, parce que c'est vrai, créer un logo, avoir une charte graphique, etc. Ça... Merci. Franchement, tu as beau travailler dans la com ou dans le marketing, c'est un tas de directeurs artistiques, de graphistes. Ce n'est pas le plus simple. Donc, tu as fait comment ?
- Speaker #0
Ce qui est drôle, c'est que mon premier concept, j'étais passée par une graphiste qui est une amie qui m'avait fait ma charte graphique pour la société Fitskin. Et quand j'ai changé de concept, donc la marque cosmétique, j'ai refait appel, mais cette fois à une autre graphiste parce que ma copine, elle a un certain... Elle a une certaine patte graphique que j'aime beaucoup, mais qui correspondait moins au concept qu'on développait. Donc on a fait appel à une autre graphiste qui est très douée aussi, qui nous a fait le logo, qui nous a fait des templates pour le site internet,
- Speaker #1
et aussi le packaging.
- Speaker #0
Et le packaging, ça c'était très cool de le développer. On a aussi fait un shooting avec les produits. Du coup, c'était des produits qui n'étaient pas... on a dû les photoshopper parce que forcément on a imprimé nous-mêmes on les avait pas encore mais on a fait un photo shooting avec des amis t'essayes de te débrouiller parce que tu peux pas payer les gens et donc ça tu le finances en fonds ouais mais pour le coup comme on a pas payé les gens ils étaient bénévoles si tu veux on les a payés mais du coup tu prends pas quelqu'un de trop cher Donc en fait, là pour le coup, c'est mon ancienne associée qui connaissait la personne. Et elle avait un tarif tout à fait raisonnable.
- Speaker #1
Mais tu n'as pas fait un shooting dans un hôtel toi ?
- Speaker #0
Ouais, on était chez Oye. Tu as payé le télétel ? Ouais, mais en fait, ce n'est pas si cher.
- Speaker #1
Peut-être parce que du coup, ça se passe comment ? Tu demandes un truc à la journée en fait ?
- Speaker #0
Là, en l'occurrence, on n'a pris que la matinée puisqu'on savait que ça allait suffire.
- Speaker #1
Ah, donc ils proposent en fait des forfaits ?
- Speaker #0
Ouais, en fait, des forfaits pros. Et en fait, on avait repéré la suite qu'on voulait. Sur internet. Et ils nous ont dit, ok, elle est dispo tel jour. Ils nous ont donné les horaires et les jours. Ensuite, tu t'arranges pour que tout le monde soit dispo la journée.
- Speaker #1
Donc ça, c'est intéressant. Ça veut dire après, tu peux repérer des lieux. Du coup, il faut te présenter en disant, moi, je vais tourner quelque chose. Oui,
- Speaker #0
il faut que tu le dises, oui.
- Speaker #1
Donc comme tu avais une entreprise, toi, tu facturais tout avec ton entreprise.
- Speaker #0
Par contre, en fait, les fonds propres, j'avais tout mis sur le compte bancaire. Et ensuite, avec la carte de l'entreprise, je payais comme ça. Tout passait.
- Speaker #1
C'était ton argent quand même, mais c'est juste que ça passait via la structure.
- Speaker #0
Oui, c'est pas ma carte, ma carte personnelle.
- Speaker #1
Ok, d'accord. Intéressant.
- Speaker #0
Il faut faire les factures.
- Speaker #1
Donc quand même un petit investissement sur la partie visuelle.
- Speaker #0
C'est très intéressant parce qu'il y a du remboursement de TVA qui est possible aussi. En fait, quand tu fais beaucoup de dépenses, tu as du remboursement.
- Speaker #1
Je pense que ça dépend peut-être de ton statut. C'est une SAS. Une SAS. Et là, tu as atteint tes objectifs de fundraising. Alors,
- Speaker #0
eux, en fait, ils te disent que pour que la campagne, pour que ça fonctionne, il faut qu'en 48 heures, globalement, tu aies passé ton premier palier. Donc quasiment que ta campagne, elle soit faite. Alors, on ne l'a pas fait en 48 heures, on l'a fait en 72. Mais bon, ça va. Mais oui, en gros, il faut que tu aies atteint ton objectif. Donc ton premier palier, c'est ton objectif de campagne. Il faut que tu l'aies atteint en 2, 3, 4 jours max. Parce que généralement, c'est des campagnes de 7 à 10 jours pour les plus petites. Donc il faut que tu aies atteint ton objectif. assez rapidement parce que ça veut dire qu'il y a de l'engouement. Même si, on va pas se mentir, c'est essentiellement ta famille et tes amis.
- Speaker #1
C'est ce qu'on appelle du love money en fait.
- Speaker #0
C'est la love money, tout à fait. Et les campagnes de crowdfunding, c'est un peu ça aussi. C'est que les premiers, on a eu... J'ai fait le ratio, globalement, c'était 80% de personnes qu'on connaissait. Alors après, un degré différent, ma mère, mes tantes, les potes de mes parents, les potes, moi, toi, les amis d'amis, voilà. Et après, t'as quelques personnes qui aiment ça, qui vont régulièrement sur les campagnes de crowdfunding, et qui découvrent, et qui ont envie de soutenir. Il y a des personnes que je suis sur Insta. des nanas que je suis depuis quelques années et il y en a certaines qui du coup quand je l'ai lancé et que je l'ai dit sur Insta, en story et tout il y en a qui sont allées, soit elles ont acheté le produit soit elles ont juste donné un peu d'argent pour soutenir c'est une bonne façon je sais pas comment expliquer,
- Speaker #1
moi j'avais l'impression que ça se faisait plus trop ce genre de fonctionnement alors qu'en fait ça cartonne encore et c'est vrai que j'entends de plus en plus ces derniers temps je me dis non mais en fait ça fonctionne encore pas mal c'est bien pour tester je trouve ton produit
- Speaker #0
Si on réfléchit bien, ça te fait une première campagne de com et commercial.
- Speaker #1
Tu lances un peu, tu as des retours clients.
- Speaker #0
Tu lances, tu as tes premiers retours clients et tu vois aussi si ça plaît. Parce qu'il y a beaucoup de campagnes, quand tu vas sur Ulule par exemple, il y a beaucoup de campagnes qui sont lancées en même temps. Et celle qui fonctionne, c'est celle qui arrive quand même un peu à se démarquer.
- Speaker #1
Et donc, moi, du coup, j'ai participé. Donc, en fait, la campagne était fin 2023 et on a reçu les produits à peu près 5-6 mois après, de mémoire, quelque chose comme ça. Oui,
- Speaker #0
parce qu'en fait, on a lancé la prod, on l'a lancée quasiment tout de suite après la campagne. Parce qu'on avait quand même, en fait, une partie des fonds. Et comme on payait en deux temps le labo... Oui, t'avais un à compte. Oui, on avait quand même pu lancer... un peu avant la fin de la campagne. Mais on a eu du retard parce qu'on a eu un petit souci d'ingrédients. Il y a eu une rupture de stock sur un produit qu'on a dû aller chercher hors France, mais toujours bio, parce que ça, c'est non négociable. On aurait aimé avoir tout français, mais c'était un peu compliqué. Et surtout, la difficulté, c'est que nous, on avait besoin de matières premières qui soient validées pour l'usage cosmétique et l'usage complément alimentaire. Et ça, tous les fournisseurs ne le font pas. Donc, ça a pris un peu de temps pour aller chercher ça.
- Speaker #1
C'est une contrainte technique assez forte.
- Speaker #0
Oui, tu te mets quand même un peu des contraintes.
- Speaker #1
Même réglementaires, en réalité. Parce que la cosmétique, déjà, c'est très réglementé.
- Speaker #0
C'est très réglementé en Europe et encore plus en France. En France, c'est très, très réglementé.
- Speaker #1
Donc là, on est en gros au printemps 2024.
- Speaker #0
Oui, exactement.
- Speaker #1
Et après, il se passe quoi ? Et là,
- Speaker #0
printemps 2024, on reçoit les produits, on envoie à tout le monde.
- Speaker #1
C'est toi qui fais tout le côté packaging, etc. Oui,
- Speaker #0
beaucoup moins. On devait le faire à deux, mais ça a été surtout moins. Et en fait, la double difficulté, c'est que, comme je l'ai dit précédemment, j'avais quitté mon CDI. J'étais partie avec une rupture co, donc j'avais le chômage. Mais deux ans s'étaient écoulés. Et donc là, j'arrivais à la fin de mon chômage. Et le truc, c'est que j'avais des petites missions en communication à côté, mais je n'en avais pas assez pour pouvoir payer vraiment toutes mes charges. Et en fait, tout est arrivé d'un coup. C'est-à-dire qu'on a eu l'appart, j'avais plus le chômage. Et donc en fait, là, tu te dis, OK. Quelles sont mes priorités ? Ma priorité, c'était de pouvoir... payer mes charges et payer la bouffe. Et Flo, en plus, lui aussi, il allait quitter sa boîte. Donc en fait, au niveau perso, c'était un peu compliqué. Il y avait une vraie instabilité alors même qu'on tenait d'acheter un appart. Donc en fait, là, c'était un peu chaud. Donc j'ai dû reprendre un boulot. Bon, finalement, un boulot qui me prend plus de temps que je ne pensais. Mais l'idée, c'était de trouver quelque chose proches de chez moi et donc qui me permettent de rentrer pas trop tard et de pouvoir bosser le soir et les week-ends. Et en fait, ça, ça a été le début de la fin avec mon associée. Elle a pas du tout apprécié que je reprenne un boulot, malgré l'argumentation que je pensais plutôt logique et puis valable, en tout cas. Et en fait, c'est un peu parti. C'est un peu parti de là et donc on s'est un peu dit nos quatre vérités. Et ce qui a finalement un peu retardé le lancement commercial, parce que moi, j'ai pris un nouveau boulot, donc forcément, j'étais un peu plus prise. Il y avait les travaux de l'appart. Donc voilà, ça a été... En plus, on a vécu un drame familial. Donc en plus de ça, psychologiquement, c'était un peu difficile. Et la relation avec mon associé, ça a été... pire en pire. Et en fait, à la fin de l'été, on s'est vus et elle m'a annoncé qu'elle souhaitait partir de la société. Enfin, quitter la société. J'avoue que je n'étais pas surprise de son propos parce que, évidemment, ça faisait plusieurs mois que ça n'allait plus entre nous. C'est un peu comme un couple. C'était la rupture. Et voilà, je m'en doutais. Par contre, ce dont je ne me doutais pas, c'est que elle demande le remboursement de son compte courant. En fait, il faut savoir que quand tu montes une société, tu déposes du capital social. Donc ça, le capital social, c'est moi qui l'ai déposé puisque j'avais créé la société avant même de m'associer. Ensuite, j'ai mis de l'argent dans le compte courant, donc sur le compte courant de la société. Moi, j'en ai mis, mais elle aussi, elle en a mis. Elle a mis une somme moins que moi, mais ça, elle a dit, bon, c'est pas, on s'en fout. Légalement, elle a le droit de demander le remboursement. Là-dessus, voilà. Et légalement, je suis obligée de la rembourser. Le souci, c'est que, et je pense que tout le monde sera d'accord, quand on lance une société et qu'on ne fait pas de chiffre d'affaires, ça n'a pas de sens de demander le remboursement d'un compte courant, puisqu'il n'y a pas d'argent qui rentre. Donc en fait, comme il n'y a pas d'argent qui rentre,
- Speaker #1
c'est compliqué. Elle te demande à toi de la rembourser de la prise du risque qu'elle a eue à l'époque.
- Speaker #0
Sauf que moi, Agathe Verguin, je ne lui dois rien. C'est la société qui lui doit, mais pas moi. sauf que la société n'a pas d'argent et en fait elle m'a attaquée pour ça pour être sûre que la société rembourse donc aujourd'hui je suis dans une situation qui est compliquée parce que j'ai quand même envie d'essayer de développer la marque mais je suis pressée par le temps parce que il y a cette demande de remboursement et si je peux pas si la société peut pas je vais devoir la fermer parce qu'en fait Je ne vais pas continuer à essayer de développer une société qui doit de l'argent.
- Speaker #1
Et là, tu as un conseil juridique là-dessus ? Oui, tu es accompagnée ?
- Speaker #0
Alors, je me suis... À ce moment-là, j'ai fait appel à l'avocat qui avait fait notre pacte d'associés, qui a pris vraiment beaucoup de temps et qui a été très pro là-dessus. Et vraiment, je le remercie parce que ce n'est quand même pas évident. Voilà, juridiquement parlant, il y a beaucoup de choses. Et quand tu ne t'y connais pas, voilà. Donc, il a été très à l'écoute. Mais bon, maintenant, je n'ai pas besoin de conseils en soi sur le sujet. C'est que je connais la somme. Et je sais combien je lui dois. Enfin, combien la société lui doit. Maintenant, c'est à moi d'essayer de faire les choses. pour développer, être en capacité de la rembourser. Parce que si je ne peux pas... Donc là, forcément, je me suis mis un peu une deadline plus courte. Parce que même avant ça, je m'étais quand même mis une deadline au final. Je m'étais dit, bon ok, maintenant que les produits sont lancés, maintenant qu'il faut développer d'un point de vue commercial, je ne vais pas faire ça pendant 10 ans. Je ne vais pas continuer à alimenter le compte d'une société qui ne vend pas. Ça n'a pas de sens. Donc je m'étais quand même dit, bon bah ok, Merci. je me laisse 2-3 ans, parce que de toute façon, généralement, c'est un peu ça. Bon, là, j'aurai moins, parce que du coup, il y a cette situation qui fait que ça ne me laisse pas le choix, en fait, que de mettre une deadline plus courte. Maintenant, c'est un apprentissage. Ça m'a... clairement fait comprendre que j'avais bien fait de faire un pacte d'actionnaire, enfin d'associé plutôt. Et puis, ça me laisse aussi le temps de la réflexion sur ce que j'ai vraiment envie de faire et me dire que c'est pas grave si je dois fermer la société, il y a ça aussi. Parce qu'il y a quelque part, il y a un peu un sentiment d'échec si ça fonctionne pas. Mais je pense que... Et en ça, les podcasts sont assez intéressants, parce que j'en ai écouté pas mal aussi d'entrepreneurs. Et on se rend compte qu'il y a beaucoup, vraiment beaucoup d'entrepreneurs à succès, où en fait, ils n'en sont clairement pas à leur première boîte. Ils en sont parfois même à 5-6 boîtes, enfin 5-6 échecs, mais qui ne sont jamais des échecs, parce que dans tous les cas, t'apprends énormément. Et quand t'es animé par ça, tu relances forcément à un moment une boîte peut-être que là je vais pas peut-être même que je vais pas la fermer et que ça va fonctionner on sait pas mais en tout cas si ça devait arriver j'aurais pas de regrets je l'aurais fait et peut-être qu'à un moment donné je
- Speaker #1
relancerais une cosmétique ou autre chose là tu me disais tout à l'heure avant qu'on enregistre que t'avais enfin Quand même, la flamme de l'entrepreneuriat, elle est en toi, au sens où au quotidien, tu ne te sentais jamais vraiment fatiguée tellement tu étais passionnée par ce que tu faisais.
- Speaker #0
Ça, c'est assez incroyable. Et même mon mec me l'a dit quand j'ai pris mon boulot actuel. J'ai eu une augmentation du stress. Ça s'est vu sur mes mains notamment. Je me suis mis à me ronger les ongles alors que je n'ai jamais fait ça de ma vie. Et même lui m'a dit, mais c'est fou, tu étais beaucoup plus apaisée quand tu avais Naïdé, beaucoup moins stressée. beaucoup plus dynamique, alors que j'avais la même vie. Alors oui, OK, là, on a un peu moins de travaux, mais globalement, c'était la même chose. Mais psychologiquement, c'était pas pareil. Et je pense que quand t'as ta boîte, ouais, c'est ton bébé, c'est ton truc, et en fait, t'as de compte à rendre à personne, y a plus de hiérarchie. Enfin, bon, si, au fisc, mais bon, ça, on est un peu tous, on paye tous des impôts, donc là-dessus... on est tous égaux. Mais il y a une certaine liberté et en fait, il y a aussi une belle communauté entrepreneuriale.
- Speaker #1
Tu l'as ressenti, tu l'as vécu, tu as été en contact beaucoup avec des entrepreneurs.
- Speaker #0
Oui, et d'ailleurs, j'ai des amis, des entrepreneurs que j'ai rencontrés et qui sont devenus des amis parce que tu es dans la même galère. Donc en fait, au final, tu te rends compte que tu vis la même chose en fait. Tu vis la même chose, tu vis les mêmes galères, même si ta société, il y en a c'est des SARL, il y en a qui sont auto-entrepreneurs, il y en a c'est SAS, mais en fait finalement le développement et la façon de faire, tu te rejoins, même si le produit n'est pas le même, il y a tellement de points communs que...
- Speaker #1
Et tu les as rencontrés via les incubateurs ou pas ?
- Speaker #0
Via des incubateurs, via des soirées aussi, en fait j'ai fait pas mal de conférences, pas mal de rencontres... Et c'est comme ça que tu discutes avec les gens et tu te rends compte « Ah, mais toi aussi, toi aussi. » Et il y en a qui font ça full time. Il y en a qui font ça 80-20 et le 20%, ils sont indépendants. Et puis, il y en a, comme moi maintenant, qui ont un temps complet. Tous les jours, ils vont au boulot et le soir et les week-ends, ils essayent de développer la marque.
- Speaker #1
Là, c'est beaucoup plus compliqué.
- Speaker #0
J'avoue que je... Je pensais un peu y aller au talent, comme quand j'ai passé le bac. Mais en fait, non, on ne va pas se mentir, c'est quand même très compliqué de garder un boulot à temps complet. Ça prend beaucoup plus de temps. Mais bon, ça reste quand même gratifiant de développer.
- Speaker #1
Et là, qu'est-ce que tu imaginerais, comme si tu as une deadline ? C'est quoi ton next step de développement commercial de Naïdé ?
- Speaker #0
Là, c'est... Là, c'est d'être dans des boutiques un peu spécialisées. Là, j'ai un contact avec qui je dois... Il faut qu'on arrive à trouver une date. Mais mon idée, ça serait de proposer les produits. En fait, elle a une marque de soins. En fait, elle a un institut, mais elle se développe aussi dans les hôtels. Et j'aimerais bien... C'était un peu une idée que j'avais de faire en sorte que ce soit une marque... Comme l'idée, c'est quand même du in and out, donc de prendre soin de soi, intérieur, extérieur, ça va avec la notion de soins et d'instituts. Et donc, je me suis dit, pourquoi pas passer par cette voie-là, plutôt que la voie commerciale classique, boutique, pharmacie, parapharmacie. Ça reste une piste à développer. Je me dis que ça, c'est une autre piste qui peut être intéressante. Et donc, peut-être effectivement proposer les produits lors des soins. Donc, masser avec. Et là, j'ai une amie qui est naturopathe et qui fait du drainage lymphatique, qui le fait déjà. Et c'est très agréable, j'avoue, parce que du coup, elle a testé avec moi. Et j'avoue que c'est une huile qui est suffisamment grasse, en tout cas pour le massage. Même si ce n'était pas forcément voulu. au moment où on a développé l'huile. Mais là, je me dis que ça peut être intéressant et ensuite, effectivement, proposer après le soin, la routine.
- Speaker #1
Donc finalement, en fait, réorienter en tout cas à court terme sur quelque chose de plus B2B. Ouais,
- Speaker #0
bah du coup, ouais.
- Speaker #1
Avec un institut ou alors des praticiens, quoi. Mais c'est une trop bonne idée. C'est ça. Ok, trop bien.
- Speaker #0
Bah le pivot encore.
- Speaker #1
Bah je crois que l'entrepreneuriat n'est qu'une histoire de pivot. Faut savoir pivoter,
- Speaker #0
quoi. dès le départ on m'avait dit l'entrepreneuriat c'est aussi savoir faire face et se dire c'est pas grave je vais pivoter, je vais faire différemment autrement,
- Speaker #1
s'adapter là dessus je trouve ça intéressant parce que j'écoutais aussi d'autres dans d'autres podcasts, d'autres émissions, d'autres documentaires il y a aussi, t'es souvent on te dit les bons entrepreneurs c'est les personnes qui insistent face à l'échec qui continue tu vois mais à quel moment est-ce que tu te dis non mais là en fait j'ai insisté Ça ne marche pas, c'est pas parce que je manque de persévérance, c'est parce qu'en fait, il faut juste me réadapter. Genre, il faut que je pivote. En fait, là, moi, j'ai conçu un produit, mais en fait, j'ai pas forcément la bonne audience, tu vois, par exemple. C'est un juste équilibre de souplesse et de persévérance, je trouve. Ouais,
- Speaker #0
c'est pas évident. Je sais pas si je saurais vraiment répondre à la question, parce que je pense que ça dépend aussi du produit que tu vends. Mais là, en l'occurrence, c'est aussi regarder ce qui se fait. Et puis s'adapter à soi, en fait, aussi. C'est comment je gère le truc. Moi, je sais que je ne suis pas une commerciale. Et là-dessus, je ne m'en suis jamais cachée. Je suis une communicante. Mais le commerce, ça me gonfle, clairement.
- Speaker #1
C'est marrant parce que nous, on se connaît depuis dix ans. Pas très bien, mais on était en stage ensemble il y a dix ans dans le secteur de la beauté. Et moi, je trouve que tu es assez commerciale.
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Bah écoute... Parce que t'es asiatique, parce que lui c'est vraiment un commercial.
- Speaker #1
T'as le contact facile, tu vois ?
- Speaker #0
Ouais, mais je sais pas vendre. Enfin, en fait je sais parler de mon produit. Parce que j'y crois, parce que je l'ai développé, et parce que je le trouve beau, et j'ai confiance, et je... Ouais, j'y crois, vraiment. Mais je manque d'arguments commerciaux. Je sais pas trop comment expliquer parce que du coup comme je suis pas commercial mais tu vois il y a le fait de raconter l'histoire et là tu racontes une histoire et les gens sont ah ouais c'est génial mais point ça s'arrête là. Et il y a ce truc où tu racontes une histoire mais il y a un vrai call to action et moi c'est ce call to action où j'ai un peu de mal à la voir en fait. Mais bon j'ai de la chance d'avoir un mec qui alors même s'il a une formation commerciale même s'il est pas du tout dans un milieu qui est très différent. et une petite sœur qui sort d'école de commerce aussi donc encore une fois c'est une question d'entourage et de savoir s'entourer des bonnes personnes et là avec ma sœur on se fait des petites réunions alors en plus c'est ma voisine donc c'est plus facile de se faire ce que t'as pas dit c'est que du coup ta sœur a rejoint l'entreprise en fait elle a pris la place de mon ancienne associée toujours pour la même raison donc ne pas être seule parce que bah encore une fois j'y crois et j'ai envie de continuer à développer la marque et Si on a besoin d'investissement ou d'investisseurs, au moins je ne suis pas seule. Et ma sœur s'entend plus que bien là-dessus. Et mes parents trouvent ça très mignon qu'on soit toutes les deux sur le projet. Ça leur plaît bien aussi. Ma mère est ma meilleure cliente, même si ça ne suffit pas à faire vivre la marque. Merci maman, mais ce n'est pas suffisant.
- Speaker #1
Mais du coup, tu as déjà fait des salons accompagnés soit de Flo ou de ta sœur ?
- Speaker #0
Alors des salons, non. mais dans le cadre de l'incubateur à Chartres, il y a le Beauty Store, et ça s'appelle comme ça. En fait, il y a une école de cosmétique à Chartres. Alors, c'est plus cosmétique, formation de personnes qui vont bosser dans des instituts, donc esthéticiennes, même si ça ne fait pas que ça. Il y en a après qui vont être dans des marques cosmétiques pour faire des métiers différents. mais elle propose en fait justement pour former les jeunes filles au commerce dans le milieu de la cosmétique en fait ils sont associés avec l'incubateur et du coup ils permettent aux marques de commercialiser dans un premier temps leurs marques et donc je l'ai fait deux fois Et bon, ça n'a pas... En fait, ces chartres, je n'y étais pas tous les jours. Et les étudiantes, elles sont très jeunes. Elles sont en première année, voire elles sont au lycée. En fait, elles sont trop jeunes. Et si tu veux, j'ai un produit en plus qui est un peu spécifique. C'est In & Out. Et je pense qu'elles n'ont pas toutes bien compris le principe. Et puis... Bon, en fait, les clients, je l'ai compris, les clients, ce sont les parents qui viennent parce que c'est leurs filles qui sont là. Et bon, ils vont acheter un truc, mais c'est plus pour faire plaisir. Donc, c'était intéressant, mais ce n'était pas... Il n'y a pas de récord,
- Speaker #1
en fait.
- Speaker #0
Non, pas trop. Et puis, c'est vrai que c'est compliqué d'aller des marchés parce que finalement, je suis dispo. Quand je suis dispo, les boutiquets sont fermés. Le week-end, les équipes commerciales ne bossent pas parce qu'elles bossent la semaine. En fait, finalement, j'ai les mêmes horaires de boulot que les commerciaux. Et donc, c'est un peu compliqué de démarcher.
- Speaker #1
Oui, je comprends.
- Speaker #0
Là, ma sœur va être diplômée. Donc, elle va avoir un peu plus de temps. Donc, c'est un peu l'idée qu'elle fasse un peu moite-moite avec un petit poste à côté. Super. Donc, peut-être qu'elle va réussir. Oui,
- Speaker #1
ce serait génial.
- Speaker #0
Qu'elle trouve un truc. Et moi, en fait, comme là, poser un jour de congé. Merci pour venir. Et pas être en congé, mais bosser. Après, je n'ai pas l'impression de travailler. Parce que j'aime ça. Et parce que je ne suis pas du genre à... Même si, comme tout le monde, j'aime bien m'enfoncer dans mon canapé et scroller pendant des heures. Parce que tu dis 10 minutes et au final, au bout de 2 heures, tu y es encore. Ça m'arrive, comme tout le monde. Mais sur toute une journée... J'ai besoin de carburer depuis ce matin. J'ai essayé plein de trucs.
- Speaker #1
C'est exactement ce que je connais de toi.
- Speaker #0
C'est incroyable. J'ai pas fongé. Non, c'est vraiment cool. Je suis contente.
- Speaker #1
Si tu devais tirer de cette histoire quelque chose de positif que tu en tires, vraiment ce que tu as le plus appris dans l'aventure Naïdé au stade où elle en est aujourd'hui.
- Speaker #0
Wow. Plein de choses, mais je pense que si je devais dire qu'une seule chose, c'est ce que mes parents m'ont toujours dit, qui ne tente rien n'a rien. C'est un peu bateau, mais c'est vrai. En fait, tant qu'on ne l'a pas fait, on ne sait pas. Et ce n'est pas grave même si on se dit, je ne suis pas fait pour, ça me fait peur. En fait, il faut y aller. Il faut y aller et si on ne rentre pas par une fenêtre, si on ne rentre pas par la porte, il y a une porte arrière, il y a une fenêtre, il y a la cheminée, que sais-je. On trouvera toujours un moyen. Et si vraiment ça ne le fait pas, soit que ce n'est pas le bon moment, ce n'est pas le bon produit, ce n'est pas le bon angle. En fait, il y a toujours une raison. Mais une raison qui doit amener à pivoter. Parce que soit ce n'est pas la bonne cible, ou alors parfois ce n'est pas le bon moment, et bien ce n'est pas grave, on trouve une autre idée, ou on attend un peu. Et il faut oser se lancer. Et déjà, oser se lancer, c'est beau.
- Speaker #1
Merci à Agathe pour son temps et sa sincérité lors de notre échange. J'espère que cet épisode vous a plu et que vous avez passé un bon moment. On se retrouve très vite.