Speaker #0Hello, bienvenue dans ce nouvel épisode. Alors aujourd'hui, on va parler d'un sujet qui m'a bien torturé l'esprit ces dernières semaines. Je vais vous parler de la réussite. En fait, j'ai beaucoup réfléchi à la question ces derniers jours, semaines, comme je vous le disais. Et donc, je me suis dit, en fait, c'est simple, je vais vous parler un peu des réflexions que j'ai pu avoir sur le sujet. Et peut-être que ça fera des déclics chez vous. Allez, c'est parti, on y va. Alors déjà, la réussite, on le voit souvent comme un but à atteindre, comme un objectif. Sauf que le truc, c'est qu'on ne part absolument jamais de zéro. On grandit surtout avec une idée implicite de la réussite. Une réussite qui dit plus d'argent, plus de visibilité, plus d'impact, plus de croissance. En gros, le plus de. Et aujourd'hui, cette vision, elle est... assez amplifiée par un truc très précis, c'est les réseaux sociaux. Et oui, mesdames, messieurs, vous n'êtes pas les seuls à voir de la réussite partout en termes d'entrepreneuriat, j'entends, ou même d'ailleurs de réussite sociale. Enfin, bref, on scrolle beaucoup, on est genre, je ne sais même pas combien de pourcents de la population a fait ça, a scrollé tous les jours. On voit des business à six chiffres, à sept chiffres, des villas, des retraites à Cancun, des freedom lifestyle. Et sans s'en rendre compte, on commence à projeter ça comme étant la réussite avec un grand L, avec un grand A. Mais ce que personne ne dit, même si on peut s'en douter, c'est ce que ça implique derrière la pression, les sacrifices. Les nuits d'insomnie, les moments où tu pleures dans ta voiture avant d'arriver au bureau parce que tu as trop de pression. Enfin, voilà, on te vend en fait sur les réseaux une vitrine et on ne vend pas la réalité. Et le problème, il est là. C'est que tu construis ta vie sur un modèle que tu n'as jamais vraiment choisi. J'en fais partie quand je dis tu, bien sûr. Et d'ailleurs, c'est exactement ce qui m'est arrivé. Je scrollais sur Insta en me disant... Mais pourquoi je n'arrive pas à avoir la liberté que je veux ? Pourquoi je n'arrive pas à avoir le chiffre d'affaires du million en six mois que je veux ? Pourquoi je n'arrive pas, en gros, alors que tout le monde a l'air d'y arriver, alors que tout le monde a l'air d'être heureux ? Et là commencent les comparaisons, etc. Et donc, je voyais des entrepreneurs parler de liberté, de leur impact, de leur million. les fameux millions. Et moi, j'avais juste envie de dormir, de me reposer, en tout cas à ce moment-là, ces dernières années, parce que, en fait, je n'avais jamais pris le temps de me demander « Ok Léa, mais c'est quoi réussir pour toi ? » logiquement, en fait. J'ai suivi ce qu'on me montrait, la croissance, l'expansion, la logique du marché. En plus, moi, j'ai grandi dans un univers de start-up. Et on va dire que ma boîte, pendant longtemps, ça a marché sur le papier. J'avais réussi. En tout cas, c'est ce que je pensais. Avoir réussi. Mais comme je n'avais pas décidé de ce qu'était la réussite pour moi, et j'y reviendrai un petit peu plus tard, en fait... Même si ça marchait, moi, je me sentais de plus en plus vide. Comme je le disais, je n'avais pas défini ce qu'était la réussite. Je regardais ce qui se passait et je voulais plus. Et cette philosophie du toujours plus, je voudrais qu'on aille un peu plus loin dessus parce que ce modèle, il repose sur une idée qui est très, très ancienne. Je ne sais pas si vous le savez. C'est l'idée que le bonheur serait dans l'accumulation. Toujours plus. Plus de réussite, plus de reconnaissance. plus d'expansion. Sauf que ce modèle, il a une faille énorme. Et des penseurs comme Schopenhauer, je pense que vous le connaissez, l'ont déjà dit eux-mêmes, le désir humain est insatiable. Tu atteins un objectif et immédiatement, ton cerveau en crée un autre. C'est ce qu'on appelle aujourd'hui l'adaptation hédonique. Tu t'habitues à tout, même au succès. Et dans l'entrepreneuriat, en gros, qu'est-ce que ça donne ? Eh bien, tu fais 10 000, tu veux faire 20. Tu fais 20, tu veux faire 50, tu fais 50, tu veux faire 100 et ainsi de suite. Mais le souci, ce n'est encore une fois pas l'ambition. Le problème, c'est l'absence de limite. Parce que sans limite, tu ne peux jamais gagner le jeu. Et donc, tu finis par t'épuiser. C'est exactement ce que j'ai vécu. Je n'ai jamais défini ma ligne d'arrivée. Donc, j'ai fait toujours plus jusqu'à ce que je n'en puisse absolument plus, jusqu'à d'ailleurs que mon corps me dise stop. Et c'est là que j'ai compris un truc qui est fondamental. Si tu ne connais pas ta ligne d'arrivée, tu vas courir jusqu'à l'effondrement. Par contre, si tu te dis, j'aurais réussi quand j'aurais impacté 100 femmes avec ce produit, j'aurais réussi quand j'aurais emmené mes enfants... en vacances trois fois dans l'année. J'aurais réussi quand je pourrais vivre de mon activité sans bosser les week-ends, etc. Là, tu as une limite. Tu connais la cour dans laquelle tu joues. Et ton modèle de réussite s'adapte à toi et ce que tu souhaites. Il va te protéger. Elle te permet de lever le pied quand c'est nécessaire. Elle te permet de dire non, de pivoter sans culpabiliser. Parce que tu sais. où tu vas et tu sais pourquoi tu y vas qui plus est. Mais si tu n'as jamais défini ça, tu vas juste courir après une réussite fantasmée ou même la réussite des autres. Et ça, c'est le jeu le plus épuisant qui existe. Maintenant, parlons du prix invisible de la réussite, comme je te disais en introduction. On le voit très bien d'ailleurs chez beaucoup d'artistes dans la musique. Des personnalités publiques, je pense que C'est facile de faire le parallèle avec eux parce que tout le monde peut voir quand ça ne va pas. Et je pense notamment à Adèle, la chanteuse Adèle. Succès immense, reconnaissance mondiale. Une artiste que j'aime particulièrement. Des albums qui battent tous les records. Et pourtant, elle a volontairement disparu pendant des années. Elle s'est mise en retrait parce que le niveau de réussite atteint n'était plus compatible avec sa vie. Elle l'a dit elle-même. Elle avait besoin de ralentir, de se retrouver, d'être mère, d'être femme. Pas juste la Adèle chanteuse. Et je pense aussi à Stromae, autre artiste dans le milieu de la musique, qui était au sommet de sa carrière. Et bien lui, il a fait un burn-out complet. Il a tout arrêté. Parce que le rythme, il était insoutenable pour lui. Il le dit même dans sa chanson « Alors on danse » , d'ailleurs. Chaque niveau de réussite, il ne faut pas l'oublier, a un prix. En temps, en énergie, en pression, en charge mentale. en relations sacrifiées, etc. Donc la question, ce n'est pas est-ce que tu veux réussir, c'est quelle réussite es-tu prêt à assumer au quotidien ? Parce que si ta réussite te coûte ta santé, tes relations, ton équilibre, est-ce que c'est vraiment une réussite ? Donc je voudrais te poser une question qui peut faire mal. Si demain tout s'arrête, tu n'es plus de ce monde, ou en tout cas tu ne vas plus l'être, est-ce que tu serais fière de la vie que tu as menée cette année ? Et j'insiste bien sur cette année, pas toute la vie. Vous savez, on a des grandes questions de est-ce que tu serais fière de la vie que tu as menée si tu es sur ton lit de fin de voyage ? Là, vraiment, j'insiste sur est-ce que tu serais fière de la vie que tu as menée cette année ? De ta vie, pas de ton CA, pas du nombre de clients, pas de ce que les gens pensent de toi, de ta vie. Parce que ton CA a 6 chiffres, a 7 chiffres, ton million là. personne ne s'en souvient quand tu disparais. Ce dont on se souviendra, c'est de qui tu étais, pas de combien tu gagnais ou du million que tu faisais ou des millions que tu faisais. Tu vois ce que je veux dire ? Il y a un autre piège énorme au sujet de la réussite et vous m'avez certainement vu venir, c'est de confondre réussir aux yeux des autres et réussir à ses propres yeux. Et je crois sincèrement que réussir selon les standards des autres, c'est la meilleure façon de se perdre parce que tu ne construis plus du tout pour toi. Tu construis pour impressionner, pour prouver, pour rassurer. Tu sais pourquoi tu t'épuises ? Parce que tu construis un business pour impressionner des gens qui s'en foutent. Et je vais te dire un truc qui m'a fait mal, mais mal de reconnaître, c'est que je me suis épuisée à construire un business pour impressionner des gens, moi, mais surtout des gens qui s'en foutent, mais total. Et pendant ce temps, toi, tu as sacrifié. tout ce qui compte vraiment, et notamment ta santé dans beaucoup de cas. Et moi, pendant longtemps, j'ai construit pour montrer que j'en étais capable, pour prouver que j'avais ma place en tant qu'entrepreneur. Mais je ne me suis jamais demandé est-ce que ça me rend heureuse. J'ai foncé, j'y suis allée direct, dans le tas. Et la réponse, elle était en demi-teinte. Elle était plus d'ailleurs vers le non que vers le oui. Donc aujourd'hui... Je vois les choses complètement différemment. S'autoriser à ralentir, pivoter ou même tout arrêter, c'est du courage. C'est vraiment du courage, ce n'est pas du tout un échec. C'est du courage de se dire que ce que j'ai construit ne me correspond plus. C'est du courage de dire je vais tout recommencer de zéro. C'est du courage de dire je choisis ma santé mentale plutôt que mon chiffre d'affaires. Et oui, ce n'est absolument pas de la faiblesse, c'est vraiment pour moi. une prise de pouvoir, une prise de leadership, c'est reprendre les rênes de ta vie. Et on n'en a qu'une seule, juste pour information et pour le petit rappel à nous tous. Alors aujourd'hui, voilà ce que je crois profondément. La réussite, elle n'est pas universelle, elle est personnelle, elle est contextuelle, elle est évolutive et surtout, elle doit être définie consciemment. Parce que sinon, tu empruntes celle des autres. Et peut-être que réussir pour toi, ça va être gagner moins, mais mieux vivre. Avoir besoin de moins de clients, mais plus d'impact. Ralentir au lieu d'accélérer. Et ça, encore une fois, c'est une redéfinition. Ce n'est absolument pas un échec. Moi, ce qui m'a amenée à de nombreux burn-out, notamment le dernier, c'est justement ce manque de définition. Je ne m'étais jamais demandé c'est quoi réussir pour moi. Donc, j'ai suivi la croissance, l'expansion, la logique du marché. Et c'est ça qui m'a amenée à la perte de sens totale, à ne plus savoir. pourquoi je faisais ce que je faisais et arrêter du coup quelque chose qui fonctionnait. Et vu de l'extérieur, je vous le dis, ça n'avait aucun sens. Il y en a plein qui m'ont pris pour une folle. Mais intérieurement, c'était une décision qui était tellement alignée. Donc aujourd'hui, je te laisse avec ça. Tant que tu ne définis pas ta réussite, tu es condamné à courir après celle des autres. Alors vraiment, je t'invite à te poser la question. C'est quoi réussir pour... toi, pas pour les autres, pas pour ta famille, pas pour tes clients, pas pour LinkedIn et Instagram, pour toi. Et une fois que tu l'auras défini, tu pourras enfin arrêter de courir et commencer à construire quelque chose qui te ressemble vraiment. Parce que la vraie réussite, ce n'est pas d'avoir plus, c'est vraiment d'être aligné. J'attends vos retours en commentaire sur ce sujet. Ça me ferait vraiment, vraiment plaisir de savoir quelle est votre réponse à c'est quoi réussir pour toi. ou juste des observations, des pensées que vous avez sur ce sujet-là. Vous les mettez en commentaire, que ce soit sur YouTube, Spotify et Apple Podcasts. Et surtout, avant qu'on se quitte, n'oubliez pas de me laisser un petit avis, un petit like. Ça me fait super plaisir. Je vous dis à bientôt.