Description
Jamaïque, fin des années 60. Un technicien oublie d’enregistrer les voix sur un vinyle. Le public adore cette version instrumentale et, très vite, beaucoup d’artistes demandent qu’une face entière de leurs disques soit gravée sans chant. Puis arrivent les basses mises en avant, les batteries hypnotiques, les effets électroniques et, plus tard, les instruments numériques : le dub était né, immense terrain d’expérimentation sonore.
Voici « Irie Warriors » des Revolutionary Dub Warriors, sorti en 1996 et produit par Adrian Sherwood, véritable patron du dub britannique.
L’un des fondateurs de Massive Attack quitte ensuite le groupe après six ans pour se lancer en solo : Tricky, l’un des pères du trip-hop. Mais sa musique, nourrie de multiples influences, ne s’arrêtera jamais à ce seul genre. Exemple avec « Out Of Place », porté par la voix de Marta Złakowska.
Brian Eno et David Byrne collaborent en 1981 sur My Life In The Bush Of Ghosts. On y trouve « Regiment », morceau au rythme pressant sur lequel ils incrustent la voix samplée de Dunya Younes, chanteuse des montagnes libanaises. Le résultat décoiffe sérieusement.
On a parfois défini Kat Onoma comme les Japan du rock français, et il est vrai que la voix de Rodolphe Burger possède quelque chose de très dandy. Pendant vingt-quatre ans, le groupe a développé une musique raffinée, tantôt rock, tantôt expérimentale. Ici, on les écoute avec « Artificial Life ».
De Munich viennent les Embryo, l’un des groupes majeurs du rock allemand des années 70. Du jazz-rock aux musiques du monde, leur palette était immense. Leur « Abdul Malek », sortie en 1973, nous promène quelque part vers le Proche-Orient.
Nous passons ensuite aux Talking Heads. Leur album Remain In Light concentre à lui seul la plupart des styles qu’ils ont explorés. « Seen And Not Seen » captive avec son étrange rythme funk-industriel.
Pas franchement grand public étaient les Liquid Liquid, groupe new-yorkais naviguant entre no wave et post-punk. Leur « Cavern » deviendra célèbre après avoir été samplée par Grandmaster Flash and the Furious Five sur « White Lines ».
Retour en France avec Magma. Groupe d’abord orienté rock, jazz et progressif, ils inventent ensuite leur propre style, le zeuhl, ainsi qu’une langue imaginaire : le kobaïen. « Aïna » montre comment le rock progressif peut dériver vers des territoires sonores particulièrement acides et déstructurés.
Suivent les Material de Bill Laswell. « Come Down » est extrait de One Down, album rempli d’invités prestigieux : Whitney Houston, Nile Rodgers, Nona Hendryx ou encore Bernard Fowler. Un des projets les plus funk de Laswell.
On passe ensuite à la vaporwave dansante avec Booty Thrill et sa « Been So Long ».
En 1968, les Rotary Connection sortent un album de Noël contenant « Peace At Least », chanson dans laquelle on entend cette phrase hallucinée sur le Père Noël et un chat « complètement défoncé ». Pour cette irrévérence, l’Amérique puritaine de l’époque ostracise publiquement le groupe. Absurde, surtout quand on connaît les coulisses du show-business américain de ces années-là.
La chanson reste pourtant magnifique grâce aux chœurs, à la voix sublime d’Minnie Riperton et aux arrangements du génial Charles Stepney.
On reste aux États-Unis avec ce qui est souvent considéré comme la première chanson de rap officiellement publiée. Beaucoup citent « Rapper’s Delight » des The Sugarhill Gang, mais « King Tim III (Personality Jock) » des Fatback Band l’a précédée de cinq mois, en mars 1979.
Enfin, direction le Mexique pour terminer cette playlist dans une ambiance électro-lounge avec « Victim Offences » de Darkness.
peace & love
« d’r Unbekànnt Schàllplàttahàndlanger »
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