Description
Coucou cher Brice,
j'espère que tu vas bien ?
Un petit mot de Foix, où il était une fois une fille chez ses amis qui passait un week-end ensoleillé, avec le moyen fessier toujours douloureux mais le moral doux.
Pour échanger avec toi sur la non mixité, je comprends parfaitement ton point de vue, et je suis plutôt une initiatrice de mixité que le contraire. Pendant longtemps j'ai regardé ces propositions de non mixité d'un œil critique. J'ai changé de point de vue sur cette question après mes années de journalisme, en observant comment la parole est prise et dans quelles conditions. Et d'ailleurs il ne s'agit pas de non-mixité, mais de mixité choisie et ça fait une sacré différence dans l'histoire. J'ai également eu l'occasion d'en parler avec des sociologues qui rapportent les faits de mes constatations : la parole libre ne peut exister que dans un espace sécurisant. Et avec tous les ateliers de libération de parole que j'ai pu faire en prison ou en milieu psychiatrique j'admet volontiers que la notion d'un espace respectueux de la parole, sans jugement et avec une écoute active permet à la parole de dire mieux et plus. Et tu sais combien les mots pour guérir les maux sont importants. Mais aussi pour pouvoir se construire dans l'altérité. Avant de poser le mot de "mixité" dans notre société, il a toujours existé la nécessité dans les groupes sociaux de se réunir dans une ressemblance, des valeurs ou points communs. Des regroupements de communautés autour des questions philosophiques, politiques, économiques, spirituelles ou autre... Mathilde Larrère (historienne) nous explique que ces regroupements de femmes existent dès la Révolution. "Elles n'étaient pas appelées non mixtes, elles l'étaient de facto. Les premiers clubs de femmes sont uniquement féminins. La non-mixité dans ces groupes est fréquente. On la retrouve aussi en 1848 et en 1871 lors de la Commune. Alors, pour ma part, la non mixité choisie ne me pose pas de problème, ça me semble aussi sain que de se mélanger. J'ai l'intuition que c'est dans ce mouvement entre le/la même et l'autre que réside la clef d'un vivre-ensemble en paix. Je trouve un peu triste que les questions féministes (le mot lui-même) irritent et clivent directement autour des principes qui y sont questionnés ou éprouvés. Les médias et le politique ont bien réussi à rendre cette fondamentale de l'humanisme fragile et peu aimable. Cela ne m'étonne pas, selon moi, si nous gagnons cette égalité, le capitalisme aura du souci à se faire. Car de ce que je comprends de ce système, il est essentiellement ancré dans le patriarcat. Si le paternalisme disparaît, et que les systèmes de dominations se mettent en mouvement et ne penchent plus que d'un seul côté, il devient bien plus compliqué de justifier ce système économique et politique dévoreur d'équilibre et de ressources limitées, basé sur un système de domination binaire. Bref, voilà, je comprends vraiment ton point de vue, mais je fais moi-même acte de non-mixité choisie à une échelle différente. Lorsque je réunis mes ami.e.s. Je choisis de ne pas mélanger des inconnu.e.s, car j'ai besoin à ce moment-là de partager des valeurs communes et de créer un espace de parole libre et sécurisant.
--- WOKE IN PROGRESS ---
Je t'embrasse doux. Je suis à fond de travail comme je te l'avais dit et mes disponibilités à nos échanges ne vont faire que s'amincir, avec l'été qui arrive. Comment pourrions-nous conclure cette première saison avant de la mettre en boîte et de la proposer au public ? Peut-être que nous pourrions proposer aux gens qui nous écoutent de nous écrire et de réagir sur les sujets de notre correspondance ? Rédaction libre, audio déposé quelque part si ielles préfèrent, que nous pourrions partager dans la saison suivante ?
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