- Speaker #0
Work in progress, formation tout au long de la vie, poursuite de carrière, reconversion professionnelle, innovation pédagogique, bassin socio-économique, utilité sociétale. Bonjour et bienvenue sur Radio Dijon Campus pour une nouvelle saison et un nouvel épisode de WIP. Bonjour Franck, bonjour Laurent.
- Speaker #1
Et bien le bonjour à toutes et à tous. Bonjour Roxane, bonjour Laurent. Et bienvenue sur Work in Progress. Ici c'est ailleurs. Attachez bien vos ceintures, on vous transporte dans le monde d'après-demain.
- Speaker #2
Bonjour Roxane, bonjour Franck. Aujourd'hui un épisode spécial sur le surinvestissement parental. On vous précise tout cela dans le sommet.
- Speaker #0
Effectivement, au sommaire de cette émission, l'assistance parentale. Nous vous proposons un éclairage sur ces parents qui s'investissent, soutiennent, accompagnent leurs enfants jusque sur leur lieu de travail. Des parents sous influence, du coup, nombreux envisagent de changer de métier. Une pratique qui nous change la vie, mais pas comme on se l'imaginait.
- Speaker #1
Oui Roxane, c'est vrai que nous vous proposons de balayer les... Les différentes situations d'une relation parents-étudiants, l'accompagnement à l'entretien d'embauche, parfois même sur le poste de travail. Il y a eu les étudiants qui étaient accompagnés par leurs parents pour s'inscrire à l'université. Et puis, on observe aussi des parents qui font à la place du jeune et que parfois, ça peut paraître quand même un peu bizarre. Donc une relation sous influence, tu as certainement raison Roxane. Qu'en est-il de l'autonomie, de la responsabilité individuelle dans ces situations ? Est-ce que la relation parentale est devenue une charge, peut-être mentale ? Mais nous aurons également l'agenda et le tout ponctué par des respirations musicales.
- Speaker #2
Nous vous proposons de créer du temps pour penser, repenser. à votre projet de vie professionnel et plus généralement aux formations dans l'enseignement supérieur.
- Speaker #1
Alors Roxane et Laurent, est-ce que vous avez eu des retours d'expérience, des situations de ce qu'on pourrait appeler soit des parents surinvestis par rapport à leurs enfants, ce qui pourrait tout à fait se comprendre, mais on On voit quand même de plus en plus de gestionnaires de ressources humaines et de personnes dans les entreprises, surtout du secteur privé, qui commencent à se plaindre qu'il y a de plus en plus de parents qui s'immiscent un peu dans la prise de poste de leur enfant.
- Speaker #0
Alors pour ma part, je dirais que c'est même une expérience personnelle. Il est vrai que la nouvelle génération est un peu, je mets des guillemets, endormie et n'a pas le sens de la réalité. Je parle pour mon fils. Après, on va commencer par les stages en collège, en lycée. C'est toujours on a le temps, on va voir. Et finalement, il faut développer un peu son réseau au dernier moment pour arriver à trouver le stage pour la date dite. Et puis après, pour ma part, j'essaie maintenant, il travaille. Donc, de l'orienter plus que moi, d'appeler, etc. Il faut quand même qu'ils prennent un peu son envol. Mais en fait, je ne suis pas du tout étonnée par ça. Les enfants, je pense que la nouvelle génération a besoin d'être guidée. Je pense qu'ils sont un peu trop... Comment dire ? Pour eux, on dirait que tout est à portée de main. Voilà, que tout est simple. Alors que non, malheureusement, on connaît le monde du travail. C'est un peu compliqué. Après, il est vrai qu'il y a aussi... Je crois qu'on en a parlé dans une émission précédente. Le réseau, en fait, qui fait que quand on a un réseau, qu'on connaît quelqu'un, qu'on est recommandé, parfois, malheureusement, c'est comme ça, mais on a le poste plus facilement.
- Speaker #2
Oui, tout à fait. Moi, j'en ai plein des expériences à vous conter depuis que je travaille dans ce monde-là. Je vous les présenterai tout au long du propos, mais effectivement, on voit de plus en plus monter en puissance le fait que... Ce sont les parents qui s'investissent dans les démarches plutôt que leurs enfants. Alors bien évidemment, je pense que pour les jeunes, c'est confortable puisqu'on fait pour eux. À mon avis, ce n'est pas leur grand service. Au grand jamais, c'est leur grand service. L'autonomie est quelque chose d'important. Et c'est dans l'échec ou dans le fait qu'on soit trompé qu'on apprend. Il est évident que... Un jeune, quand il doit faire ses démarches pour s'inscrire de collège à lycée, c'est pas évident. Après, il y a une pression importante mise sur lui, où une partie du corps enseignant leur dit « ne vous trompez pas d'options, vous ne pourrez pas faire ce que vous voulez » , sachant qu'ils ne savent pas ce qu'ils veulent faire après. Leur faire prendre des options, ça peut être problématique. Et puis après, il y a le parcours du combattant de parcours sup, où... Ça peut ne pas paraître évident, je ne pense pas que ça devrait être la place des parents pour aider. On est d'accord. Ça devrait être la place de quelqu'un dans l'équipe pédagogique ou que le jeune aille avec ses copains faire les démarches ou des choses comme ça. Et puis, ce qui peut paraître paradoxal, puisque le passage du baccalauréat et l'entrée dans les formations de l'enseignement supérieur, en principe, c'est le moment où... On est là chez tout seul et c'est la grande autonomie pour beaucoup d'entre eux, c'est le premier appartement tout seul, le premier voilà, et on s'aperçoit qu'on a des parents qui appellent, et puis moi je travaille dans un service formation adulte, donc on a des alternants et on a des alternants pour lesquels c'est les parents qui font les démarches pour monter les contrats de travail et ainsi de suite. Donc le jeune se retrouve en fait déresponsabilisé par la sur-implication des parents.
- Speaker #1
Je pense que pour aussi préciser à nos auditrices et aux auditeurs, on va voir un peu toutes les différentes variations de tout ça. Parce que ça pourrait bien se comprendre que même à l'université, pour quelques centaines d'euros, de jeunes qui ont la vingtaine d'années, qui n'ont pas encore de salaire, ça pourrait se comprendre que les parents, où ils donnent un chèque, mais en même temps, les chèques, ça ne se fait plus. Du coup, qu'ils viennent peut-être pour... pour régler les frais administratifs ou montrer qu'ils sont en caution. Tout ça, ça se comprend tout à fait. Mais on observe, par ailleurs, c'est une étude de la DARES, je crois, 9 parents sur 10 font des changements dans leur vie professionnelle après la naissance d'un enfant. Alors là, on se dit, on n'est pas encore sur les bancs de l'université. Mais je pense que du coup, ça a des conséquences pendant tout le parcours de l'enfant. 91% des parents salariés déclarent avoir modifié leur vie professionnelle après la naissance et 73% ont choisi de s'investir pleinement dans leur rôle de parent, quitte à réduire leur engagement au travail. Il y a peut-être une mutation dans une prise de responsabilité, peut-être aussi, mais peut-être une sur-responsabilité, peut-être encore un... une marge de manœuvre à opérer depuis cet engagement dans le travail.
- Speaker #0
Oui, ou un engagement idéal du parent idéal, parce qu'on est beaucoup là-dedans, dans l'idéalisation du parent, de l'éducation, de l'accompagnement.
- Speaker #2
C'est surtout l'idéalisation de l'enfant unique.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
aussi.
- Speaker #2
Il y a tous les droits pour lesquels on va tout faire, les effets pervers du système, on les subit tous les jours. Encore dernièrement, il y a quand même... Un monsieur qui a promis à une enseignante de lui couper la tête, il est passé en comparution immédiate et il s'est pris six mois de prison ferme. Tout ça parce que l'enseignante avait signalé que son enfant n'était pas dans le bon collège à un certain moment et qu'en fait elle avait remis en cause, parce qu'il était absent en cours, et qu'en fait on l'avait vu franchir les barrières d'un autre collège. Barrière fermée, bien évidemment, donc il avait escaladé. Et en fait, l'enseignante avait remis en cause la parole de l'enfant. Et donc le père était monté en... Voilà, on va jusqu'à ces extrémités-là. Et au niveau université, on n'a pas le corps. Mais moi, comme j'ai accompagné longtemps les gens qui préparent le diplôme d'accès aux études universitaires, qui sont des gens qui ont été en situation d'échec, qui n'ont pas passé le baccalauréat la bonne année. parce qu'ils ont eu des problèmes dans la vie et ainsi de suite. On s'aperçoit que des jeunes qui ont 24 ans, qui s'inscrivent en DAU, parce que c'est une nouvelle chance pour eux, on a des parents qui appellent pour demander les résultats, si les jeunes sont bien présents et tout, pour des raisons qui, des fois, dépassent le simple fait d'accompagner le jeune dans sa démarche. Des fois, les parents sont divorcés, il y en a un qui verse des subsides à l'autre, et pour s'assurer que les subsides sont utilisés comme il faut, ils veulent s'assurer que l'enfant... Et bien en cours. Bien évidemment, nous, les jeunes sont adultes, donc en aucun cas on diffuse ce genre d'informations aux parents.
- Speaker #1
Oui, alors c'est vrai qu'il y avait le cliché au XXe siècle, c'était une série télé, Desperate Housewives, Il y avait un parent qui se surinvestissait aussi pour avoir une place, une notoriété dans un écosystème souvent scolaire. Mais là, ça prend des formes vraiment différentes. Je vous relate, il y a l'exemple de ce qu'on appelle la parentalité en mode PDG, où des parents délèguent ce qu'ils considèrent comme des tâches secondaires et souvent administratives, ou ingrates à leurs yeux. pour ne profiter que des bons moments avec leurs enfants. Et donc il y a en ce moment des structures qui sont missionnées par des parents et donc ils sont à la recherche de... Il y a 700 emplois par département pour assurer le suivi éducatif d'un mineur dans son milieu d'accueil en lien étroit avec les professionnels pour organiser et réguler le lien entre l'enfant et les parents.
- Speaker #0
Oh c'est incroyable !
- Speaker #1
Et donc, ça devient presque... Presque un précepteur, comme on avait au XIXe siècle. Il y avait les professeurs qui font des cours de soutien, un accompagnement, l'aide aux devoirs, des choses comme ça. Et là, c'est presque regroupé dans une sorte d'assistanat relation parent-enfant. Alors, on pourrait pousser le vice à se dire, mais si les parents... ne veulent que les bons moments de chatoyance avec leurs enfants, leurs jeunes, leurs ados ou post-ados. Il y a peut-être moins de moments aussi qui vont consacrer dans une semaine et peut-être ne passer que quelques heures au lieu de passer des journées entières ou des soirées entières, mais sur des choses où il faut se confronter aussi entre le jeune et l'adulte, entre l'autorité. et tous les possibles qu'on peut faire quand on est jeune.
- Speaker #0
Donc le parent décide de l'avenir de l'enfant et en plus il délègue toutes les tâches réparbatives. C'est incroyable.
- Speaker #2
Et bon ça génère une économie bien évidemment, une économie familiale, ça aggrève l'économie familiale et puis ça a un effet pervers mais de toute façon on le sait, être parent... On a toujours la facilité d'avoir le bon de commande, mais le carnet d'entretien, on l'a pas. C'est un métier pour lequel on n'est jamais formé. Et donc, on arrive dans une génération de parents qui ont eu, subi le bouleversement, Internet et ainsi de suite, avec un monde qui va plus vite, dans un système où on va plus vite. Souvent une génération de gens qui ne se sont jamais embêtés. Nous, on est d'une génération où des fois, il y avait des temps morts et puis...
- Speaker #0
On s'ennuyait.
- Speaker #2
On s'ennuyait, mais...
- Speaker #1
Et on apprend.
- Speaker #2
Les psychologues ont bien montré que ça structurait le cerveau de façon importante. Et on se retrouve avec des parents qui font faire des tonnes d'activités à leurs enfants parce que ça va les aider dans leur développement. Soit, ils vont acquérir plein de compétences. Soit, mais les enfants, eux, n'ont plus de temps pour eux. parce que tous les jours, ils courent. L'école, l'activité, puis une deuxième activité en soirée, puis des fois des cours, des aides aux devoirs et ainsi de suite. Et ils n'ont jamais de temps de respiration. Jamais, jamais. Donc après, on a des gens qui vivent dans l'instant immédiat. Pourquoi ? Parce qu'ils n'ont jamais eu la capacité à pouvoir se poser. Et ça monte. On voit arriver petit à petit. C'est normal. On a des décalages générationnels. Mais c'est des choses pas évidentes qu'il va falloir anticiper et gérer.
- Speaker #1
Alors, il y a tout à fait ça. Plus peut-être la génération post-Tanguy. C'était un film de Châtillais jusqu'à être maître assistant à l'université d'un jeune adulte mais qui vivait encore chez ses parents. Et il y a de plus en plus ces dernières années des psychologues. Je pense à Chapman et Campbell qui montrent que depuis le Covid, il y a de plus en plus, face à la dureté, à la complexité du monde moderne, des jeunes adultes qui tardent de plus en plus à acquérir leur indépendance. Donc de leur propre chef préfèrent rester au domicile des parents jusqu'à un âge très avancé ou y retourner après quelques tentatives malheureuses d'autonomie. Et puis les parents qui dans leur jeunesse s'émancipaient le plus rapidement possible se sentent souvent déboussolés et cherchent à vouloir permettre à leur enfant d'en profiter un maximum.
- Speaker #0
Oui, je pense que c'est ça, c'est le résultat d'une enfance ou d'un début de vie d'adulte un peu tronqué par notre génération ou celle d'après. Et on veut continuer à accompagner au maximum nos enfants. Oui,
- Speaker #1
tout à fait.
- Speaker #0
Excellent, messieurs, c'est passionnant, comme d'habitude. Je vous propose maintenant une respiration musicale avec le morceau Father and Son interprété par Cat Stevens, Youssouf et Ronan
- Speaker #3
Kitting. C'est ton faute, il y a tellement de choses que tu dois savoir. Trouve une fille, s'adresse, si tu veux, tu peux me marier. J'étais une fois comme tu es maintenant, et je sais que...
- Speaker #1
Et vous êtes bien sur WIP, Radio Dijon Campus. Alors aujourd'hui, nous abordons la relation entre les étudiants et leurs parents, fusion, acquisition, domination et dépendance. Tout ça, on va voir tout ça ensemble.
- Speaker #0
Spotlight, la partie immergée de l'iceberg.
- Speaker #1
Alors... On observe quand même souvent, et là je vais prendre l'éclairage des parents qui s'investissent plus dans l'éducation de leur enfant, qui l'assument, qui les accompagnent jusqu'au bout et même lorsqu'ils sont jeunes majeurs, et donc qui ont aussi souvent, font le choix de sacrifier une partie de leur évolution professionnelle. Et on verra qu'il y a peut-être des formations. Laurent, tu as parlé du DAU, le diplôme d'accès aux études universitaires. Et il y a des formations, je pense, moi souvent, en alternance, qui permettent en un an de peut-être se anticiper, préparer une mutation personnelle, professionnelle, pour trouver quelque chose d'un peu mieux, pour gérer sa vie quotidienne de jeune parent, et de faire autre chose dans la vie. mais je lisais une note de l'association nationale des directeurs de ressources humaines qui précisait quand même que les managers sont souvent très compréhensifs face aux obligations ou Ausha de leurs collaboratrices et collaborateurs de changer de vie, de se réorganiser avec priorité aux enfants mais c'est souvent que plus les entreprises que les administrations peut-être, ne sont pas encore assez bien équipées pour changer et s'adapter à cette flexibilité que demandent les parents. Et quelque chose qu'on observe, un exemple tout bête, mais il y a de nombreux... Dans les villes moyennes et les grandes villes, on observe de plus en plus de jeunes parents actifs qui vont mettre leur enfant dans une école privée. Tout simplement parce qu'ils savent qu'il y aura peut-être moins de grèves, des solutions de garde en remplacement. S'il y avait un professeur malade, ceci, cela. C'est souvent l'argument qui ressort des parents qui mettent leur enfant dans le privé.
- Speaker #2
C'est souvent le choix de l'encadrement périscolaire aussi qui fait la différence. Et puis, tout simplement lié à la pression des carences de places en crèche et ainsi de suite. Dans certaines zones, à la limite, il faudrait... Il faudrait réserver une place en crèche avant d'avoir conçu l'enfant.
- Speaker #0
Ah oui, c'est très récurrent.
- Speaker #2
Vu les délais d'attente et de gestion. Donc, c'est des éléments qui peuvent paraître importants. Donc, on peut comprendre le choix fait par un des deux parents, parce que maintenant, c'est le cas, de suspendre son activité professionnelle pendant un congé parental jusqu'aux trois ans de l'enfant ou aux deux ans de l'enfant, où là, il va y avoir possibilité de... d'avoir l'accueil à l'école et non plus en crèche ou chez une nounou. Et donc, ce qui permet de reprendre une activité professionnelle. Mais alors déjà, le parent a réfléchi pendant deux ans. Et puis, dans certains secteurs d'activité, l'obsolescence de la compétence va vite. Donc, quelqu'un qui met en suspens son activité professionnelle et qui se décroche pendant deux ans, le secteur où ça va le plus vite. C'est le secteur du numérique et de l'informatique. Imaginez quelqu'un qui a pris un congé parental en 2024, qui a réinvesti son activité professionnelle en 2026 avec le développement de l'intelligence artificielle qui a percuté les activités. Il va à minima falloir qu'il se remette à niveau s'il veut continuer de travailler dans la même ère d'activité, voire de faire évoluer son activité pour changer de poste ou changer d'activité. On a de plus en plus de gens qui, autour de 35 ans, après un premier ou un second enfant, se reconvertissent pour d'autres choses.
- Speaker #0
Ça arrive souvent. Après, il y a aussi beaucoup le cas, c'est surtout je pense les mamans qui sont concernées par ça, c'est la reprise à 80%, voire moins, de l'activité pour reprendre une activité, pour justement ne pas perdre, et en même temps pouvoir mettre son enfant moins en accueil, moins en garde. et profiter pleinement du temps qu'ils ont ensemble. Ça, ça arrive de plus en plus.
- Speaker #2
Il y a le fait de profiter du temps, mais il y a aussi le critère économique qu'il ne faut pas obéir. Ce n'est pas négligeable. Ce n'est pas négligeable dans le choix des fois. Entre aller travailler pour payer une nounou ou rester à la maison en bénéficiant de certaines aides, ça ne s'équilibre pas beaucoup. Certaines fois, le choix est fait par défaut. économique, sachant que la France n'est pas obligatoirement super bien lotie dans ce système d'accompagnement de la parentalité.
- Speaker #0
Comme tu disais, l'histoire des places en crèche, alors en fonction, on va mettre ça à l'échelle de Dijon, en fonction des quartiers à Dijon, c'est plus ou moins bouché. Comme tu disais, tu es à peine enceinte et qu'il faut déjà faire la demande de la place en crèche, c'est quasi ça.
- Speaker #1
Oui, à 6 mois, c'est recommandé à 6 mois.
- Speaker #0
Et donc du coup Sans être sûr d'avoir cette place Et ne pas être prioritaire Ou alors aller mettre son enfant Dans une crèche peut-être à côté du travail Pour que ce soit plus pratique C'est toute une organisation A réfléchir même pendant ce temps là
- Speaker #2
Dans l'accompagnement des parents Moi j'ai vécu le cas Dans une formation Où un jeune Était accompagné et... Suite au bac sur une formation, un bachelor universitaire de technologie qui développe de l'alternance dès la première année. Durant l'été, le jeune a trouvé un emploi. On avait très grande difficulté à le contacter, donc on lui téléphonait à intervalles réguliers, à toutes les heures de la journée pour essayer de taper un moment où il serait disponible. Au bout de presque 15 jours, la maman nous rappelle pour nous signaler que son fils travaille. Et donc, il n'a pas le temps de nous appeler. Alors, même entre midi et deux, on lui a dit que c'était la possibilité et tout. Et qu'en fait, c'était elle qui faisait les démarches pour lui. Donc, on lui a dit que c'était au fils de faire les démarches. C'est lui qui est à l'adulte, c'est lui qui signe le contrat de travail. Le père nous a rappelé en disant que c'était sa façon, lui, d'accompagner son fils. Donc, on s'est retrouvé à avoir à gérer un dossier de contrat avec un employeur. Et le jour où on a été faire la rentrée en formation, le jeune avait déjà changé d'entreprise sans nous le signaler. Donc, il avait signé un nouveau contrat. sans démissionner du précédent, puisque les parents l'accompagnaient, il avait laissé faire. Donc il s'est retrouvé hors la loi puisqu'il avait deux contrats en même temps. Et en fait, dans l'année, c'est mon record, Manon, c'est quatre contrats.
- Speaker #0
Oh,
- Speaker #2
sympa. Pour finir à être en poste, en fait, dans l'entreprise où travaillait sa maman, au quatrième contrat.
- Speaker #1
Donc il y a quand même un petit aspect de déresponsabilisation quand même.
- Speaker #2
Ah ben le jeune était complètement déresponsabilisé et... Il n'appréciait pas, il utilisait le seuil des 45 jours, il démissionnait, on lui trouvait un autre emploi parce qu'en creusant, on avait compris cette chose-là. Et puis, il a fait quatre entreprises en une année.
- Speaker #0
C'est énorme.
- Speaker #2
C'est énorme. Jusqu'à ce qu'il se retrouve dans un cocon où il était dans la même entreprise que maman, en sécurité totale. Je ne sais pas si c'est lui rendre service d'accompagner comme ça. Ça, c'est un cas extrême. Mais ça fait partie de l'ingérence des parents qui accompagnent, qui sur-accompagnent et qu'on voit. J'ai eu le cas pour le DAU, on a assez régulièrement des parents qui sont présents avec les jeunes qui les accompagnent, mais on a souvent des jeunes qui sont en situation. de problèmes de santé ou de problèmes de handicap ou de choses comme ça. Donc ça peut se consoir, mais quand on fait des entretiens, systématiquement, les entretiens sont faits en tête à tête. C'est logique.
- Speaker #1
C'est vrai qu'il y avait d'un côté le parent qui voit, après un premier enfant, la charge mentale s'accroître et souvent des stratégies de vouloir limiter les heures supplémentaires, modifier les horaires. demander de plus en plus de télétravail, réduire le temps de travail ou refuser certaines évolutions professionnelles.
- Speaker #2
Dans le cadre de son aménagement de travail à lui.
- Speaker #1
Dans le cadre de son aménagement du poste ou du temps de travail. Mais on observe de plus en plus, moi je suis tombé sur des forums de chargés de gestion de ressources humaines et ils disent que depuis deux ans, ils constatent quand même de plus en plus de parents qui s'impliquent directement et dans le recrutement et dans la prise de poste presque, ils les accompagnent jusqu'au premier jour en emploi pour l'embauche de leur enfant adulte.
- Speaker #0
Ça par contre, c'est incroyable.
- Speaker #2
En écrivant au service RH pour dire « mais mon enfant est très motivé par votre poste, il voudrait travailler avec vous » et ainsi de suite. Alors que le jeune, lui, il n'a jamais émis ce désir-là de façon claire, nette et précise. Et lors de l'entretien, même pas aussi flagrant.
- Speaker #1
Et du coup, les... Les chargés de ressources humaines sont vraiment déstabilisés parce que ça a l'air d'être des parents qui ont moins peut-être d'hésitation ou plus d'assurance. Et du coup, ils sont très insistants. Ils rappellent les limites du harcèlement. Très intrusif. Et du coup, les services RH ne savent pas trop comment répondre et gérer. et canaliser ce type de personnes qui sont très envahissantes.
- Speaker #2
Et ça peut être contre-productif pour le jeune qui, lors d'un entretien, aurait pu très bien passer. L'entretien se passe très bien, le recrutement suit son cours, et le harcèlement, pas le harcèlement, mais la pression mise par les parents peut être contre-productif pour le jeune.
- Speaker #0
Ah ben ça c'est sûr, oui. Ce n'est pas une image d'indépendance et de volonté de la personne ? Non,
- Speaker #2
puis le jeune peut être très bien. Et puis, imaginez le RH qui se dit, si je le recrute, s'il continue de me machiner tout le temps, je vais m'acheter un peu de sérénité, je ne le prends pas lui.
- Speaker #1
C'est un classique.
- Speaker #0
Donc, sur ces mots, je vous invite à partir dans un nouveau voyage musical et créatif avec le titre Retiens les rêves par Grand Corps Malade.
- Speaker #1
J'ai rêvé, c'était une soirée d'hiver, j'étais rentré pas trop tard, j'ai regardé, l'atmosphère était légère, vous faisiez vos devoirs, j'ai aimé, vous m'avez regardé d'un air qui était content de me voir, je vous ai trouvé plein de lumière, dehors il faisait tout noir, je vous ai pas dit que j'étais fier, je vous ai souri sans le savoir, j'ai rêvé. C'était une soirée d'été, on revenait de votre entraînement, j'ai regardé. Vous mine un peu fatigué, vos yeux bleus inspirants, j'ai aimé. La radio ça kikait, vos rappeurs du moment, dans la voiture on chantait, comment serait-ce autrement ? Le soleil voulait pas se coucher, profitez de notre instant, j'ai rêvé. C'était un rêve éveillé, je veux pas que la nuit s'achève, je veux garder, est-ce qu'on retient les rêves, si on voulait, si on voulait.
- Speaker #2
J'ai rêvé Est-ce que c'était un rêve Éveillé Je veux pas que la nuit s'achève Je veux garder Est-ce qu'on retient Les rêves
- Speaker #1
du grippin et vous me racontiez vos rêves, de drôles d'histoires de requins et de marins qu'on enlève. C'était un matin commun, mais comme un privilège, j'ai rêvé. C'était l'été à la campagne, il y avait de belles éclaircies, j'ai regardé. C'était peut-être à la montagne, les rêves c'est pas très précis, j'ai aimé. Job, job, job, please come back later.
- Speaker #3
Work in progress, travail en cours, merci de revenir plus tard.
- Speaker #4
Vous êtes de retour sur WIP, nous sommes ensemble sur le 92.2 FM.
- Speaker #5
Et aujourd'hui, un éclairage tout particulier sur la relation étudiant-parent. Y en a-t-il trop, pas assez ? Nous voulons voir. C'est vrai qu'on voit aussi de plus en plus des difficultés. Je pense à... Tu parlais Laurent tout à l'heure de Parcoursup et d'ailleurs dans les actus, il y a des ateliers qui se mettent en place pour accompagner les parents dans la structuration des choix sur Parcoursup. Mais on voit aussi de plus en plus de besoins de suranticipation qui sont demandés aux jeunes qui ne sont souvent pas assez matures. pour pouvoir répondre à ça. Et du coup, des parents qui sont obligés d'aller à la pêche aux informations ou à pré-programmer quelque chose parce qu'il fallait candidater au mois de février pour avoir une place en septembre, ou il fallait réserver quatre mois à l'avance pour avoir une place dans un train ou pour avoir quelque chose. Et donc, voilà, une incapacité souvent pour des jeunes de pouvoir se projeter. réservés à l'avance parce qu'ils n'ont pas de compte bancaire ou suffisamment de projections dans un futur abstrait. Et c'est souvent les parents qui prennent les relais.
- Speaker #0
Effectivement, cette suranticipation est nécessaire pour le système, pour le bon fonctionnement et surtout pour rassurer et faire baisser le stress. de la famille de façon globale et des enfants, sachant que les jeunes, les capacités d'anticipation ne sont pas obligatoirement à fond et qu'effectivement, des fois, on leur demande de faire des choix sur des choses dont ils n'ont pas la maîtrise.
- Speaker #4
Oui, c'est sûr que quand on arrive à l'instant de mettre ses voeux sur Parcoursup, c'est toujours très compliqué parce que... Pour ma part, pour l'avoir vécu, mon fils était en bac professionnel, donc dans une filière très arrêtée. C'est l'équipe en plus. C'est ça. Mais malgré ça, il ne savait toujours pas ce qu'il voulait faire. Donc c'est assez compliqué pour l'enfant et même le parent. Moi, je me dis, on connaît toujours son enfant, donc on a tendance à vouloir le conseiller. Fais-ci, fais-ça, fais l'autre. Et en fait, l'enfant, lui, en bac pro, il fait des stages. pendant un certain temps, sur un mois, il me semble, de mémoire. Mais malgré ça, les jeunes ont du mal à se projeter dans un métier, se projeter dans un travail, se dire d'aller se lever tous les matins, aller travailler, refaire la même chose. C'est assez compliqué. Et j'avoue que je peux comprendre les parents qui paniquent à l'idée de se dire qu'il va faire un mauvais vœu, que ça ne va pas être sa voix. Nous, on sait... comme on a été dans le métier de la formation, qu'une formation ou une année dans une filière qui n'est pas la bonne, ce n'est jamais perdu. Mais un parent qui n'a jamais fait ça, qui ne s'est jamais reconverti, reformé, toujours été dans le même métier, j'avoue que ça peut être déstabilisant.
- Speaker #0
Et puis, j'ai vu un reportage il y a très peu de temps, c'était une interview d'un sportif de haut niveau, qui signalait que la France, particulièrement en France, on ne laisse pas la place à l'échec. C'est-à-dire que très vite, mais le système de façon globale, très vite, on oblitère la capacité à quelqu'un parce qu'on lui dit tu vas échouer. Et donc, l'exemple qui était pris, c'est tu ne vas pas aller dans cette filière-là, tu as 8 ans en maths, tu ne vas pas aller en astrophysique. Et puis, sauf que la personne, quand elle fait, elle arrive dans l'astrophysique, tout d'un coup, les notes en maths décollent parce qu'il sait pourquoi on les fait. et donc ça veut dire qu'on laisse pas la possibilité de l'échec Alors, c'est global. C'est peut-être français aussi. L'essentiel est de participer en sport. On n'est pas là pour gagner. Et puis, il y a aussi un contexte socio-économique. L'éducation nationale limite les redoublements. Oui,
- Speaker #4
j'avais parlé de ça, du redoublement. Franck nous a envoyé un article là-dessus qui m'a frappée. C'est la petite jeune Roxane, elle-même, qui part à l'étranger pour... C'est une école de vétérinaire.
- Speaker #0
Oui, parce qu'elle a échoué deux fois en France et en Belgique.
- Speaker #4
Exactement. Elle a redoublé et grâce à ces redoublements, elle a pu augmenter ses notes dans les matières où elle était faible et pouvoir accéder à cette fameuse école et faire le métier de ses rêves. Parce que c'était son rêve.
- Speaker #0
Mais la place à l'échec est importante parce que l'échec permet de se relever, de se mettre en perspective et on ne laisse pas cette place à l'échec. C'est-à-dire qu'en gros, le jeune, par défaut, prend une filière où il est confort. T'es bon en français, tu vas aller dans cette filière-là, tu vas plutôt faire ça. Alors que lui, il se rêve à autre chose. Et ce qui veut dire que la personne qui est interviewée laissait passer l'idée de, les gens deviennent feignants. Parce qu'ils vont au confort tout de suite. Ils ne vont pas à l'échec, ils ne vont pas travailler. Et donc, ça n'entretient pas la volonté d'aller vers autre chose. On fait des choix. par confort, par défaut, où on sait qu'on va maîtriser. Et à l'arrivée, c'est minimaliste comme démarche.
- Speaker #4
Ou alors, des gens qui t'ont dit « Non, ce n'est pas fait pour toi, tu n'y arriveras pas. » On le sait très bien,
- Speaker #0
ça. « Non, ce métier-là, il n'est pas fait pour une fille. Non, ce métier-là, il n'est pas fait pour un homme. »
- Speaker #5
Il y a tout ça, et peut-être aussi pour conclure, mais il y a l'hyper-responsabilisation des parents, le fait qu'ils soient stressés en masse, qui soient inquiets, ça fait aussi un business.
- Speaker #4
On est bien d'accord.
- Speaker #5
Les assistants qui vont faire les devoirs, des coachs en parentalité, les activités privées dans le périscolaire, tout ça, ça coûte souvent un bras, mais c'est pas perdu pour tout le monde.
- Speaker #6
C'est sûr.
- Speaker #5
Je vous propose de créer une petite respiration musicale grâce au tri... de Kaylin Wrighton-Lowe.
- Speaker #0
Vous êtes bien sur Work in Progress et pour conclure, mesdames et messieurs, l'agenda.
- Speaker #5
Alors en cette fin de septembre, sachez qu'il y a de nombreuses villes où vous retrouverez par exemple les villages d'incruteurs, des mises en relation entre des employeurs et des... et des demandeurs d'emploi ou des recherches d'alternance. C'est aussi les sorties des tendances du travail, gratuitement disponibles sur le site de la DARES, la Direction des Statistiques Publiques du Monde du Travail. Et puis, il y a de nombreux grands rendez-vous qui sont déjà annoncés pour le mois d'octobre 2026 en France.
- Speaker #4
Effectivement, partout en France, vous trouverez des animations et de nombreux webinaires dans le cadre des semaines de l'évolution. professionnels.
- Speaker #0
Le 1er octobre, les 24 heures pour l'emploi et la formation, le Havre au Carré des Docs.
- Speaker #4
Il y aura également à partir du 3 octobre, le salon des lycéens et le salon des étudiants à Colmar, Montpellier, Aix-en-Provence, Nantes, Toulon et Toulouse. Puis le 10 octobre à Lille et sur Paris. Le 17 octobre, sur Pau, Tours et en Seine-Saint-Denis.
- Speaker #5
Et il y aura un salon Very Good, Very Wood. Métiers, les 7 et 8 et 9 octobre dans toute la Bourgogne-Franche-Comté. Vous cherchez un métier au contact avec la nature, des animations sont programmées dans tous les départements. Et un slogan que je trouve assez efficace, si vous cherchez du boulot, il y en a dans les bourgs.
- Speaker #0
Le Big Bang de l'orientation emploi sur Angers, les 8 et 9 octobre 2026. Angers, Pays de Loire, des ateliers, des mini-conférences et la découverte de métiers dans 11 secteurs. dont le sport, l'animation et les énergies renouvelables.
- Speaker #4
Vous irez aussi au village des recruteurs à Lyon le 14 octobre 2026, au Palais de la Bourse, Place de la Bourse, grand salon de l'emploi favorisant les rencontres directes entre candidats et recruteurs. Il y aura environ 400 exposants.
- Speaker #5
Sur la capitale, à Paris, en lien avec notre émission, un salon atelier parents accompagner son enfant sur Parcoursup. Ça, ce sera les 3 et 4 octobre à l'espace Champéret dans le 17e arrondissement. Gratuit. mais inscription obligatoire.
- Speaker #0
Du stade vers l'emploi, rencontrer les armées, les pompiers. La journée commence par une activité rugby sans plaquage némélé en équipe avec des recruteurs qui vont de façon insidieuse observer votre comportement en travail d'équipe. Et ça vous permettra de briser le contact qui se déroule en principe à travers une table. Et puis après le déjeuner, des présentations se font sur les différentes typologies de métiers de l'armée. de terre des pompiers, de la Légion étrangère et les différents métiers et les recrutements. N'hésitez pas à vous inscrire. C'est sur le site de France Travail. Et pour vous inscrire, allez sur mes événements emploi.
- Speaker #5
Les 13 et 14 octobre, le salon des petites et moyennes entreprises qui accompagnent les créateurs, mais aussi les indépendants, au Palais des congrès de Paris. Des conférences abordent... Les premiers choix d'un projet et l'entrepreneuriat, même après 50 ans.
- Speaker #0
Les 20 et 21 octobre 2026, le forum TerraTech propose un espace recrutement consacré aux calculs intensifs, à la simulation, à l'intelligence artificielle et aux quantiques. Après inscription, vous pourrez déposer CV et demander des rendez-vous. Des ateliers de l'APEC viennent en complément de ces rencontres.
- Speaker #4
Eh bien, merci messieurs, ça a été un plaisir de vous retrouver. On vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour une nouvelle émission de WIP sur Radio Dijon Campus.
- Speaker #5
Et retrouvez-nous en podcast sur toutes les plateformes pour les prochains épisodes en FM sur le 92.2, chaque jeudi à 13h15 et en DAB+, et sur tous les postes modernes en direct live via le site www.radiodijoncampus.com. A bientôt ! Au revoir !
- Speaker #4
Au revoir ! Work in protest ! Formation tout au long de la vie, poursuite de carrière, reconversion professionnelle, innovation pédagogique, bassin socio-économique, utilité sociétale.