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Voici un chiffre choc qui fait trembler l'industrie technologique européenne. ASML, le géant néerlandais de la lithographie et plus grande valorisation boursière du continent, vient de révéler une statistique édifiante : la part de son chiffre d'affaires réalisée en Europe est tombée à zéro au premier semestre 2026.
Une faille dans la stratégie industrielle européenne
Ce zéro révèle d'abord une faille dans la stratégie industrielle européenne. Alors que la souveraineté numérique est sur toutes les lèvres, aucun fondeur du continent n'a acheté les équipements de pointe du champion local cette année.
Malgré les dizaines de milliards d'euros injectés via le European Chips Act pour attirer des usines de puces, la politique européenne d'aide à l'offre tourne à vide.
Et ce pendant que les États-Unis, Taïwan et la Corée du Sud investissent des centaines de milliards dans des usines d'IA de nouvelle génération. L'Europe reste donc dramatiquement en retrait sur les technologies d'avenir.
L'industrie européenne du semi-conducteur n'est pas morte
Mais attention, il faut nuancer ce diagnostic. L'industrie européenne du semi-conducteur n'est pas morte, elle est simplement positionnée sur un autre créneau. Les investissements récents à Dresde ou en Irlande portés par Infineon, ESMC, STMicroelectronics ou GlobalFoundries mobilisent des milliards d'euros, mais s'orientent vers des puces de technologie mature.
Et ce sont ces composants qui alimentent les secteurs de l'automobile, de l'industrie et des réseaux énergétiques.
Or, pour ASML, c'est un problème. Ces usines utilisent des machines de lithographie DUV plus anciennes et nettement moins chères. Aucune usine en construction sur le sol européen ne commande les scanners EUV ou High NA indispensables pour graver les processeurs d'IA de pointe. En clair, l'Europe consolide son industrie traditionnelle, mais abandonne le terrain du calcul informatique à haute performance.
ASML exige un changement
Face à cette impasse, ASML interpelle donc les autorités européennes et exige un changement stratégique. La société néerlandaise demande de passer de la subvention de l'offre à l'agrégation de la demande.
La direction d'ASML appelle donc la Commission européenne à fédérer les grands acheteurs industriels européens de l'automobile, de l'aéronautique et de l'IA pour qu'ils s'engagent à s'approvisionner localement.
Enfin, la chaîne d'approvisionnement souffre d'un autre point faible. Les puces produites en Europe repartent quasi systématiquement à l'étranger pour y être assemblées. Sans écosystème complet et sans commandes garanties, la souveraineté industrielle européenne restera donc un vœu pieux.
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