Description
Aujourd'hui, on met de côté les puces et les serveurs pour parler de sentiments. L'intelligence artificielle peut-elle devenir notre meilleur ami, voire notre partenaire de vie ?
C'est la question posée par une vaste étude, et la réponse va forcer les décideurs technologiques à revoir leur copie sur l'expérience utilisateur.
La fracture générationnelle est explosive
Première leçon de cette enquête menée sur dix mille personnes à travers le monde, la fracture générationnelle est explosive.
Près de la moitié des jeunes adultes estiment que d'ici dix ans, l'intelligence artificielle contribuera au bonheur global en offrant un véritable soutien affectif.
En clair, la génération qui entre aujourd'hui sur le marché du travail et de la consommation n'attend plus seulement d'un agent conversationnel qu'il soit efficace. Elle attend qu'il soit empathique.
Oui, cela peut déplaire aux plus âgés, mais l'outil technologique devient un confident.
Le fossé idéologique entre l'Occident et l'Asie est immense
Mais attention, l'acceptation de cette intimité de synthèse varie radicalement selon les zones géographiques.
C'est notre deuxième point, le fossé idéologique entre l'Occident et l'Asie est immense sur ce point.
L'étude met en effet en lumière une fracture béante dans la perception morale de ces technologies.
En Indonésie par exemple, un sondé sur deux est prêt à s'en remettre à l'algorithme pour améliorer son bien-être affectif.
En revanche, côté occidental, c'est la douche froide. Seulement 15 % d'opinions favorables en Allemagne pour ne citer qu'un seul chiffre.
Concrètement, si vous êtes un dirigeant de la tech, vous ne pouvez plus déployer une stratégie globale uniforme pour vos assistants virtuels.
Là où le marché asiatique perçoit la machine comme un partenaire potentiel, le consommateur européen y voit une menace pour l'authenticité des relations humaines.
Il faudra donc adapter finement l'identité et les limites de vos intelligences artificielles selon les zones géographiques.
Le tabou du hardware
Enfin, le troisième axe stratégique concerne le passage du logiciel au matériel, le fameux hardware. Si flirter avec une application textuelle commence à entrer dans les mœurs, incarner cette intelligence artificielle dans le monde physique reste un tabou majeur.
Seuls 17 % des sondés se disent prêts à interagir avec des poupées ou des robots équipés d'algorithmes.
Bref, une très large majorité rejette cette idée. Et si les avancées en robotique s'accélèrent, pour l'industrie, le défi ne sera pas technique, mais éthique et légal. Le cadre réglementaire va donc inévitablement se durcir.
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