Description
Souveraineté technologique, écologie et guerre des prix, le moteur de recherche éthique Ecosia claque la porte au fleuron français Mistral AI pour se tourner vers des algorithmes chinois.
Des serveurs saturés et un retard technologique d'un an
Le divorce est brutal. Seulement cinq mois après avoir choisi Mistral, Ecosia, qui revendique 20 millions d'utilisateurs, change son fusil d'épaule.
Le fondateur d'Ecosia Christian Kroll fustige des serveurs saturés et un retard technologique d'un an.
Ecosia migre donc vers Melious, une plateforme allemande qui agrège une soixantaine de modèles ouverts, dont le très performant Qwen d'Alibaba.
L'argument de fond est purement financier, le moteur de recherche affirmant avoir divisé ses coûts par deux en quittant Mistral AI.
Pour les DSI qui nous écoutent, ce revirement signifie que la fidélité à une solution européenne pèse bien peu face à la promesse d'une facture allégée dans un marché où la rentabilité reste un casse-tête.
La justification écologique
Mais là où l'affaire devient tout à fait fascinante, c'est sur la justification écologique.
Ecosia reproche en effet à Mistral de s'appuyer sur l'énergie nucléaire française, jugée incompatible avec ses valeurs vertes. Et Arthur Mensch, le patron de Mistral, a ironisé sur cette justification.
Et de fait, les chiffres sont têtus.
L'électricité française émet environ 19 grammes de dioxyde de carbone par kilowattheure, contre plus de 340 pour le réseau électrique allemand.
Avec cet écart de un à dix-sept, en rejetant l'atome pour des raisons purement politiques, Ecosia tourne donc le dos à l'une des énergies les moins carbonées d'Europe pour se brancher sur des serveurs dont le bilan énergétique est totalement opaque.
L'argument de la souveraineté
Cette contradiction porte aussi sur l'argument de la souveraineté.
Ecosia pointe du doigt les investisseurs étrangers de Mistral pour justifier son passage à des modèles conçus par des géants asiatiques.
L'entreprise allemande avance que la nouvelle solution qu'il a choisi propose des algorithmes à poids ouverts, et qu'ils tournent sur des serveurs européens impossibles à couper à distance.
Or, Mistral propose exactement la même architecture.
Reste les biais embarqués dans les modèles chinois. Ecosia pense pouvoir les corriger en ré-entraînant les modèles, mais cette opération exige du temps et des ressources importantes. Au risque de faire exposer la facture.
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