Description
C'est une entreprise qui construit l'infrastructure d'IA la plus enviée de la planète. Mais ses propres chercheurs doivent faire la queue pour y accéder. Oui, c'est le paradoxe fascinant auquel fait face Google aujourd'hui.
L'écrasant succès commercial des TPU
Le nœud du problème, c'est l'écrasant succès commercial des puces maisons de Google, les TPU, auprès de géants comme Anthropic ou Meta. Cette demande est en train de priver ses équipes internes, notamment celles de Google DeepMind, des ressources indispensables à leurs propres recherches.
Google a signé des accords pour positionner ses puces comme la seule alternative crédible aux cartes Nvidia. L'entreprise s'est notamment engagée à investir jusqu'à 40 milliards de dollars dans Anthropic. Et ce deal titanesque verrouille l'accès à un million de puces et cinq gigawatts de capacité de calcul sur cinq ans.
En ajoutant Meta à l'équation, Google a vendu tellement de puissance de calcul que ses infrastructures ne suffisent plus à satisfaire tout le monde en même temps.
Un goulet d'étranglement qui touche l'ensemble du secteur tech
Mais attention, cette crise de croissance ne vient pas uniquement d'un arbitrage commercial. Elle révèle un goulet d'étranglement industriel bien plus profond qui touche l'ensemble du secteur tech. Le patron de DeepMind, Demis Hassabis, pointe deux limites majeures.
D'un côté, une pénurie de composants clés en amont, notamment les mémoires à haute bande passante fournies par Samsung ou SK Hynix.
De l'autre, un besoin vital de puces pour les chercheurs qui doivent tester de nouvelles idées à grande échelle. Malgré un plan d'investissement de près de 180 milliards de dollars cette année pour Alphabet, la puissance disponible est donc rationnée en interne.
Et concrètement, cette pénurie commence à fissurer le leadership technologique de Google.
Plusieurs chercheurs de renom ont déjà quitté le navire ces derniers mois pour des start-ups, lassés de voir leurs projets mis en attente.
Diversifier sa chaîne d'approvisionnement
Pour desserrer l'étau, Google tente bien de diversifier sa chaîne d'approvisionnement en s'alliant avec des partenaires comme Broadcom ou MediaTek pour produire des puces d'inférence en aval.
Mais la cadence de production ne suit pas encore la demande.
Google se retrouve donc dans une position acrobatique, devenant le principal fournisseur d'infrastructure de ses propres concurrents, tout en essayant de garder assez de puissance pour entraîner ses futurs modèles Gemini.
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