Description
Dans cet épisode du Zendo sans murs, rencontre avec Serge Shin Shin Agoston, moine zen et pratiquant de longue date dans la sangha de Philippe Rei Ryu Coupey.
Sa rencontre avec le zen remonte exactement à trente ans. Après des études aux Beaux-Arts de Paris et une expérience avec l’artiste Marina Abramović qui éveille son intérêt pour la spiritualité, Serge découvre presque par hasard le temple de la Gendronnière. Il s’inscrit à un camp d’été sans véritablement savoir ce qui l’attend. Son premier zazen est une épreuve ; le deuxième, une expérience radicalement différente. Il commence alors une pratique qui ne le quittera plus.
Mais qu’est-ce qu’une pratique juste ? Existe-t-il une manière correcte de pratiquer le zen ? Quelle place faut-il accorder aux erreurs, aux fausses routes et aux corrections qui apparaissent au cours d’une vie de pratique ? Et peut-on seulement considérer qu’un jour le chemin est achevé ?
L’entretien interroge également ce que zazen peut progressivement modifier dans notre rapport aux désirs, aux attachements et à l’ambition. Peut-on devenir moins ambitieux sans devenir passif ? Que se passe-t-il lorsque certaines aspirations perdent naturellement de leur importance alors que demeurent les inquiétudes très ordinaires liées au travail, à l’argent ou à l’avenir ? Et surtout, peut-on parler de liberté sans transformer aussitôt cette liberté en un nouvel objectif à atteindre par zazen ?
Une autre question traverse l’échange : que se passe-t-il réellement lorsque nous sommes assis en zazen ? Pourquoi l’expérience change-t-elle au fil des années ? Peut-on retrouver volontairement un état vécu pendant une précédente assise ? Et pourquoi les pratiquants parlent-ils finalement si peu entre eux de ce qu’ils vivent sur le coussin ?
Serge évoque également le Shinjinmei, l’importance de la posture et la relation entre zazen et les préceptes. Faut-il chercher consciemment à devenir meilleur ou à adopter une conduite plus juste ? Ou la transformation peut-elle naître de la pratique elle-même, sans être poursuivie comme un objectif ?
Enfin, l’entretien s’ouvre sur une dimension moins visible du zen : le lien entre les membres d’une sangha. Que partage-t-on avec des personnes que l’on retrouve parfois seulement quelques jours par an ? Que se passe-t-il pendant une sesshin lorsque, progressivement, les individualités, les responsabilités et les rythmes de chacun commencent à former quelque chose de collectif ?
Au programme :
• Comment rencontre-t-on zazen presque par hasard ?
• Que signifie devenir moine zen aujourd’hui ?
• Qu’est-ce qu’une pratique « juste » ?
• Quelle place les erreurs occupent-elles sur la Voie ?
• La pratique peut-elle modifier notre rapport à l’ambition et aux désirs ?
• Peut-on rechercher les effets de zazen sans perdre le sens d’une pratique sans but ?
• Pourquoi l’expérience de zazen continue-t-elle à évoluer après trente ans ?
• Quelle place donner aux textes, à la posture et aux préceptes ?
• Que transmet un maître et que peut-on transmettre à un débutant ?
• Quelle est la nature du lien qui se crée au sein d’une sangha ?
Un entretien autour d’un zen qui ne se présente pas comme un état à atteindre, mais comme une pratique vivante dont la justesse continue à se questionner, trente ans après s’être assis pour la première fois.
Le podcast est animé par Romain Boucq, pratiquant de zen sōtō, ordonné bodhisattva dans la lignée de Taisen Deshimaru au sein de la sangha sans demeure.
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