- Speaker #0
Je crois qu'il existe, pour tous les vignerons français, des opportunités de croissance encore insoupçonnées. Accompagner les vignerons ambitieux pour relever les défis de demain et leur permettre d'augmenter leur chiffre d'affaires, c'est la mission que nous nous sommes fixées à l'agence Georges. Dans ce podcast, nous décryptons les méthodes marketing, de communication et de vente d'aujourd'hui qui vous rapprocheront de vos consommateurs cibles et assureront votre succès. Je suis Juliette Bory, fondatrice de l'agence Georges. Et voici notre podcast. Bonjour M. Coniglio, je suis ravie de vous avoir avec nous sur ce podcast de l'agence Georges, le podcast pour les vignerons. Alors vous, après l'hôtellerie, la gastronomie, la sommellerie, vous avez ouvert en 2013 votre propre cab à vin à Pont de l'Isère, dans la Drôme, que vous avez décidé d'appeler Rhone Magnum. En 2016, vous êtes médaillé d'argent au concours du meilleur cabiste de France. Et puis vous retentez votre chance en 2018 et vous voilà finalement médaillé d'or, donc meilleur caviste de France en 2018. Enfin aujourd'hui vous êtes président de la Fédération des Cavistes Indépendants et c'est pour toutes ces raisons que nous sommes ravis de vous accueillir sur ce podcast et nous allons parler bien sûr de vin, du métier de caviste et des consommateurs.
- Speaker #1
Oui effectivement, bonjour. Donc tout ça est vrai, il y a peut-être un... Un petit passage en plus à ajouter, j'ai été également directeur commercial pour un grand domaine de la vallée du Rhône.
- Speaker #0
Dans la mesure où nos auditeurs sont principalement des vignerons, je voulais qu'on démarre tout de suite par une question très pratique. Donc admettons, je suis vigneronne, j'aimerais mettre en place des partenariats commerciaux avec des cavistes sur l'ensemble du territoire français. Comment est-ce que je dois m'y prendre avec vous pour pouvoir vous vendre mes vins ?
- Speaker #1
Déjà, il faut faire du bon vin. Être bon, c'est également être régulier. C'est vrai que nous, on a quand même une attache particulière quand le vigneron fait bon une année, mais fait bon également l'année d'après, avec les aléas climatiques qu'on peut avoir. Au vigneron, on est bien sûr. Ensuite, on peut parler également de politique commerciale. Qu'est-ce qu'on vise comme marché ? Vraiment, si on veut travailler avec les cavistes, c'est un marché qui est différent de la restauration ou autre. C'est vrai que les cavistes, on en est quand même très fidèles. même s'il y a une partie de la gamme qui peut changer aux alentours de 30-40% qui est changeable tous les ans avec nos coups de cœur, effectivement, il faut qu'on ait également un coup de cœur. Et puis être vraiment dans le prix du marché, ce que l'on recherche en ce moment, vous voyez, par rapport au climat économique, c'est plutôt des vins qu'on va pouvoir revendre en cave aux alentours des 10 euros, c'est ce qui sort le plus. C'est vrai que par la période de fête, on va rechercher peut-être des vins un peu plus élevés en tarif. Donc voilà, il faut que ça soit au bon moment, suivant ce qu'on recherche.
- Speaker #0
Très bien, mais alors concrètement, est-ce que vous pouvez nous dire quels seraient par exemple les arguments commerciaux auxquels vous pouvez être sensible ? Est-ce que vous êtes attaché aux engagements écologiques ? Ou est-ce que ça va être la réputation du château, l'image de marque ? Ou est-ce qu'au contraire, vous aimez proposer à vos clients des découvertes de domaines qui ne sont pas connus ? Comment est-ce qu'en tant que vigneronne, alors admettons bien entendu que je fais du bon vin, comment est-ce que je pourrais vous convaincre d'acheter mes vins ?
- Speaker #1
Alors déjà, ça passe par la dégustation, effectivement. Donc nous, on goûte, on valide par la dégustation. Ensuite, le label, oui, nous, on a une attache qui est particulière au vin propre. On n'est pas non plus fixé sur les labels. Effectivement, s'il y a le label bio, biodynamique, c'est un petit plus. Des fois, il faut être patient, parce que c'est vrai que chez les cavistes, on ne sait pas tout de suite qu'on a un coup de cœur sur un vin et on ne va pas peut-être l'acheter tout de suite, tout de suite. Il y aura un moment dans la période de l'année où on pourra dire, c'est bon, ça y est, j'ai une place, je peux faire rentrer ce vin-là. Nous, on aime bien s'imprégner d'une histoire, donc il faut que les vins aient une histoire. Et également, on aime faire découvrir les jeunes talents, en jaune ou moins jaune, mais les gens qui ont besoin de nous. J'irais plus à faire rentrer des nouveautés en vin, une vigneronne ou un vigneron qui a besoin de nous, plutôt qu'une... Maison qui est très connue, qui n'a pas besoin de nous. Notre métier, il est là. C'est faire découvrir. Effectivement, on a les vins permanents, les vins qui rassurent le client, qui sont tout le temps là en cave. Mais sur nos coups de cœur, c'est ça. Il faut qu'on ressente une histoire, une émotion dans la dégustation et puis dans le discours de la personne qui l'a fait. Et derrière, qu'il ait vraiment besoin de nous pour l'aider à vendre et à promouvoir ses produits.
- Speaker #0
Alors, M. Conigli, au fond. proposez une offre pléthorique à vos clients puisque vous avez plusieurs centaines de références de vins entre vos deux caves, plus de 700 pour l'une et plus de 500 pour l'autre. Est-ce que vous pouvez nous expliquer comment est-ce que vous vous approvisionnez en vins et quels sont les principaux interlocuteurs ? Est-ce que ce sont plutôt des grossistes ou est-ce que vous travaillez principalement avec des vignerons indépendants ?
- Speaker #1
Donc c'est essentiellement des vignerons indépendants en direct. Et également, certains auront des agents commerciaux quand même qui tournent sur le secteur. Ensuite, vous parlez de grossistes. Oui, grossistes plutôt plateforme, on va dire. Effectivement, pour des régions viticoles où on passe un peu moins de 20, des régions plutôt lointaines comme la Loire. Je suis dans la vallée du Rhône. Et les vins de Loire, effectivement, on passe une grosse partie par un groupe. commandes de vignerons qui sont mutualisées pour éviter d'avoir des gros frais de port. On passe une commande chez plusieurs vignerons, tout est dans un entrepôt et toute notre commande part de cet entrepôt en ayant 5, 10, 15 vignerons mis sur la palette. Voilà, il y a des plateformes également où les tarifs sont négociés pour les cavistes. Ça commence à sortir donc on a également ces plateformes-là qui peuvent être intéressantes. Alors bien sûr... On ne va pas acheter comme ça sur un catalogue en disant, tiens, oui, il y a un prix, il y a ce vin. Non, c'est déjà des vins qu'on connaît. On a dégusté, on connaît l'histoire et autres. Donc, effectivement, on peut passer par cette plateforme-là. Chez les cavistes indépendants, également, il y a une plateforme d'achat comme ça où on mutualise les coûts. Donc, ça nous permet effectivement de faire baisser les frais de transport et de pouvoir panacher sans être non plus surstocké avec un, deux, trois cartons par domaine.
- Speaker #0
Alors du coup, je vais rebondir sur quelque chose que vous venez de dire que je trouve assez intéressant. Vous parliez de plateforme mutualiste, notamment pour les cavistes indépendants, qui est la fédération que vous présidez par ailleurs. Vous avez mis en place des solutions qui permettent à vos adhérents de faciliter, on va dire, le sourcing de leur vin ou de commander sur une plateforme de e-commerce. Comment ça marche ?
- Speaker #1
Alors oui, effectivement. Alors le sourcing, oui et non, parce que comme c'est pour les cavistes et donc fait par les cavistes, Les sélections se font vraiment par les cavistes, c'est-à-dire une région viticole, on va mettre en place une réunion entre cavistes de ce coin-là, ils vont chacun aller sourcer les vignerons qui connaissent bien de cette appellation, et ensuite tous ensemble ils se rencontrent et ils font la dégustation à l'aveugle et ils sélectionnent le vin. Et ce vin-là, s'il est sélectionné, on rentrera sur la plateforme pour être distribué chez tous les cavistes indépendants qui sont dans notre fédération.
- Speaker #0
C'est très intéressant et du coup il me vient une dernière question à ce sujet. Alors est-ce que c'est uniquement la démarche du caviste que d'aller voir le vigneron qu'il connaît pour sourcer ses vins et lui proposer d'apparaître sur cette plateforme collaborative entre guillemets ? Ou est-ce qu'un vigneron peut venir voir la fédération directement pour proposer ses vins à la dégustation, à peut-être une commission que vous auriez mis en place à la fédération ?
- Speaker #1
Oui, il y a les deux. On va dire que la plus grosse partie se fait quand même en interne. Et effectivement, il arrive qu'il y ait des vignerons qui tapent à la porte et proposent également leur vin.
- Speaker #0
Très bien. Alors du coup, est-ce que vous pouvez nous expliquer un peu sur quels critères est-ce que vous, et là, on ne va plus parler de la fédération, mais de la façon dont vous travaillez vous, comment est-ce que vous sélectionnez les vignerons que vous souhaitez mettre en avant dans vos cabs et sur quels critères est-ce que vous les choisissez ?
- Speaker #1
Tout à l'heure, oui, j'ai parlé du critère du bon et régulier. J'évoquais également la question de prix. Effectivement, nous, il ne faut pas oublier que nous sommes des revendeurs experts quand même. Donc, on a une histoire à raconter également sur chaque bouteille. Donc, effectivement, il faut s'imprégner de cette histoire. Voilà ce qui en travaille. C'est-à-dire qu'après avoir découvert ce vigneron-là, avoir dégusté les vins, on demande toujours. La grille tarifaire, donc la grille qu'on aura nous en prix d'achat, mais également le prix où il revend à la propriété pour les particuliers. Il faut que ce soit déjà au plus proche. Une fois que nous, on rajoute notre marge, il faut qu'on ait les mêmes prix au plus proche que la propriété. Pas moins cher, il faut respecter également le travail du vigneron à ne pas être moins cher que chez lui, mais au plus proche ou au même prix.
- Speaker #0
Alors, vous me parlez de prix. dans vos sourcings des vins. Est-ce que vous pourriez m'en dire néanmoins un peu plus sur les caractéristiques intrinsèques, je dirais, du produit ? Est-ce qu'il y a des typologies de vins que vous recherchez plus que d'autres ? Ou est-ce qu'au contraire, vous ne faites pas de différence, entre guillemets, dans le sens où vous souhaitez avoir pour vos caves une palette extrêmement large de typologies de vins, de couleurs, de modes de vinification ? Est-ce que vous avez aussi... vos préférences ou des points d'attention que vous portez au terroir ou aux méthodes de vinification ?
- Speaker #1
Oui, il y a une importance, le terroir type de vinification, comme je le disais tout à l'heure, les vins, il faut qu'ils soient le plus propres possible. Ensuite, nous, on a une façon de classer les vins dans la cave, où les vins sont classés par goût et par puissance. plus que par région. C'est-à-dire, si on prend vraiment que la partie vin, sans compter les vins effervescents, on classe en cinq familles. Deux familles pour les blancs, trois familles pour les rouges. Et nous, le fait de ranger comme ça, ça nous permet également d'équilibrer la cave. Donc voilà comment on choisit également nos vins. C'est-à-dire que suivant les besoins, alors déjà, il y a la saisonnalité. Effectivement, l'été, on va peut-être avoir un peu plus de vin rosé ou un peu plus de vin rouge léger. Et l'hiver, un peu plus de vin rouge puissant. donc voilà, le fait de classer comme ça, c'est l'équilibre Et notre choix avec la saison se fait également par rapport à nos besoins. C'est-à-dire, tiens, là, il me manque une référence ou des références dans cette famille-là. Je vais aller rechercher dans mes contacts quels vignerons je pourrais faire rentrer à ce moment-là. C'est une question également de place, puisqu'on a des magasins qui ne sont pas extensibles. Je pense qu'aujourd'hui, nous, la cave, on est généraliste. C'est-à-dire qu'on n'est pas focalisé sur un style de vin, mais on doit avoir une cave équilibrée. Si vous arrivez en plein été et que vous n'avez que des vins rouges puissants, votre câble est déséquilibré. Donc voilà comment on fait les réajustements pour les commandes.
- Speaker #0
D'abord, je trouve ça très intéressant d'apprendre que vous classez vos vins en fonction de la puissance, du côté fruité ou plus ou moins charpenté du vin. Je pense que ça doit éviter aussi un certain nombre d'a priori, j'imagine, et on aura l'occasion d'en reparler tout à l'heure, mais que vous avez souvent affaire à des... des consommateurs de vin qui ont déjà pas mal d'a priori sur peut-être des régions, des cépages, des méthodes de vinification et qui naturellement n'iraient pas vers telle ou telle allée chez un cavis parce que ce serait étiqueté Côte d'Uron, Bordeaux ou Vallée de la Loire. Et là peut-être que ça évite aussi d'avoir ces a priori et de proposer quelque chose qui soit lié à un goût et à un besoin à un instant T. plutôt qu'à une préférence qui serait basée sur des habitudes ou de fausses croyances parfois.
- Speaker #1
C'est ça, complètement, il y a des fausses idées dans le monde du vin. Et ce qui est le plus important dans un vin, c'est qui l'a fait en premier, le millésime en deuxième et l'appellation, je vais dire, en troisième. L'appellation aujourd'hui, on va dire, rassure sur où a été fait le vin, donc avec un cahier des charges d'appellation d'origine contrôlée, mais vraiment le lieu géographique. En revanche, la qualité du vin, c'est vraiment le vigneron, la vigneronne qui aura fait ce vin. Et nos clients, comme vous le disiez tout à l'heure, quand ils arrivent avec leur goût ou leur plat à accorder, on va les amener dans un rayon et on va leur dire, voilà, tout ce qui est là peut aller avec votre goût, votre plat. Et donc, quand ils jettent un oeil, ils disent, ah, mais effectivement, il y a des vins de la région, mais il y a des vins d'autres régions, voire des vins étrangers. Il faut savoir que nous, on présente entre 30 et 35 pays, suivant la saison. en cave, qui fait partie de nos quatrièmes ventes, les vins étrangers. Et quand ils se rendent compte, ils se disent, ah mais tiens, je pourrais même sortir un peu des frontières, ou alors sortir de la région. Et de ce fait, nous, on est sur des chiffres où les vins de la région représentent 40% des ventes, par rapport à d'autres confrères cavistes sur le secteur, ou même d'autres confrères cavistes qui sont dans une région viticole, où la région viticole représente 70% la plupart du temps. Tout dépend également de ce qu'on veut faire avec ce vin. Donc le fait de classer par go, Ça désacralise et ça rend plus accessible le monde du vin.
- Speaker #0
Je trouve ça extrêmement intéressant. J'ai quand même une autre question pour revenir sur la partie achat, sourcing de votre métier de caviste. Est-ce que vous pouvez nous dire rapidement quelles sont les principales contraintes auxquelles est-ce que vous devez faire face en tant que caviste dans l'approvisionnement en vin ?
- Speaker #1
Les contraintes aujourd'hui, la contrainte première, c'est de ne pas être surstocké et de pouvoir avoir des frais de... port important puisqu'on commande un peu moins et ni moins moins de commandes ni des frais de port qui peuvent exploser. Donc on peut imiter le modèle qui a fait leur force des eaux, des chaînes qui eux ont justement un stock centralisé et ensuite ils délivrent dans les caves suivant les besoins. Donc c'est pour ça que la création de la plateforme comme on a chez les cavistes indépendants ou d'autres plateformes qui sont en train de créer pour mutualiser des achats en ayant des coûts plus bas. est de plus en plus importante chez les cavistes, même si on reste indépendant avec notre propre gamme. On va dire que cette partie-là, qui pouvait peut-être représenter 10% de nos achats, va représenter un peu plus cette année parce qu'on a besoin justement de mutualiser les coûts et de ne pas être surstocké. Donc voilà, ce sont les deux problématiques qu'on peut avoir en ce moment. Donc on préfère peut-être travailler avec des vignerons directs où les frais de livraison sont quand même plus... Tu bats... et recommander plusieurs fois, plutôt que de faire des grosses commandes annuelles, parce qu'il nous arrivait les années précédentes de faire des grosses commandes annuelles. Mais par contre, la trésorerie, il faut mettre un an pour vendre toutes ces bouteilles et les rendre recommandées. Et également se rapprocher des agents commerciaux qui sont là sur le terrain, qui pourraient nous aider en commandant chez le même vigneron avec qui ils travaillent, mais pour plusieurs clients restaurateurs au Caviste.
- Speaker #0
Alors, ça fait maintenant 10 ans que vous faites ce métier de caviste à Crozermitage. Est-ce que vous pouvez nous dire, si vous avez pu constater au fil des années, qu'il y avait un profil type du client qui se rend chez le caviste pour l'achat de vin ? Et si oui, est-ce que vous pourriez nous dire à quoi est-ce qu'il ressemble ?
- Speaker #1
Un profil type, je veux dire même qu'il y en a trois. Déjà, il y a l'amateur averti, celui qui vient chercher des pépites, qui n'arrive pas à avoir en direct vigneron, donc qui passe par notre cave. Les vins, ce qu'on appelle en allocation. Le reste, comme c'est un amateur averti, il va aller le chercher directement au vigneron ou autre. Deuxième profil, il y a le débutant. Celui qui se dit, tiens, j'aimerais bien m'intéresser aux uns, mais je ne vais pas aller en grande surface. Donc effectivement, nous, les cavistes, on a un rôle également d'éducation par le conseil. Et chez nous, le but du jeu, c'est qu'ils apprennent des choses. Donc oui, il y en a beaucoup de débutants. Et c'est pour ça que le métier de caviste aujourd'hui, ce n'est pas être que... vendeur même que conseiller, c'est également être pédagogue, parce qu'il faut se mettre au niveau de chaque client et pas le baratiner avec des termes trop techniques aussi. Et l'autre profil, c'est le profil de la personne qui ne s'y connaît pas, qui, des fois, même qui ne boit pas de zinc ou très peu, mais qui vient faire du cadeau. Donc là, effectivement, il faut essayer de poser les bonnes questions pour que la personne ait confiance dans le choix qu'on va faire pour être sûr que ça va plaire à la personne qui va recevoir ce cadeau. Le cadeau est très important chez nous.
- Speaker #0
Alors justement, quand un consommateur vient vous voir, qu'il pousse les portes de votre cave, le plus souvent, il cherche quoi ? Est-ce qu'il vient chercher plutôt un conseil ? Ou est-ce qu'il vient chercher plutôt une large palette de possibilités, un nombre important de références ? Ça se passe comment globalement ?
- Speaker #1
Alors il faut les deux. Après, j'ai commencé quand j'ai ouvert la cave, j'avais juste 150 références il y a 10 ans. Je pense que les clients ont besoin également d'être rassurés. de voir des étiquettes connues. On ne peut pas se permettre, même si on a un large choix, d'avoir que des étiquettes inconnues. Ça peut être un blocage. Encore une fois, le terme que j'aime bien utiliser, c'est être généraliste. C'est proposer aussi bien des choses connues qu'inconnues. Et des fois, on a beaucoup plus d'inconnues à faire découvrir, parce que c'est notre job et c'est notre passion. Mais voilà, il faut rassurer également le client quand il pousse la porte. Donc, c'est le choix. Et le choix également dans le prix. On ne peut pas se dire qu'on ne fait que des vins chers. Chez le caviste, on peut avoir aussi bien des vins avec des prix de grand cru, mais aussi bien des vins d'entrée de gamme à moins de 10 euros. On a fait une campagne l'année dernière qu'on va refaire cette année, la Fédération des cavistes indépendants, où les cavistes mettent en avant 10 coups de cœur à moins de 10 euros, sachant que la plupart ont 30, 40, 50, 60, 20 à moins de 10 euros à proposer en cave.
- Speaker #0
Alors justement, c'est quoi les principaux points de blocage de vos clients quand ils viennent à la cave ? Qu'est-ce qui les gêne ? Qu'est-ce qui va les freiner dans leurs achats de vin ? Est-ce que ce sont leurs croyances sur le vin ? Ou est-ce que c'est l'absence de connaissances ?
- Speaker #1
Oui, certains n'osent pas pousser la cave d'un caviste, de peur. C'est pour quelqu'un qui ne connaît rien. Même si on n'a pas de connaissances, il ne faut pas hésiter à pousser la porte d'un caviste parce qu'on est là pour les rassurer, les clients. aujourd'hui vous savez qu'il y a Il y a des appellations d'origine contrôlée, des indications géographiques protégées, qui sont encore des vins issus d'une région géographique. On sait où sont faits ces vins, mais aujourd'hui, il y a les vins de France qui prennent de plus en plus de place, où on fait plus parler l'étiquette, un peu de design aussi, qui slash le cépage, le vigneron, plus que la région où elle était produite. Et ça, ça peut perdre les clients, parce qu'ils ne savent pas, ceux qui cherchent vraiment le côté géographique, ils peuvent être perdus. Donc, il faut à la fois des étiquettes qui rassurent, et ensuite, à nous de les rassurer sur les autres étiquettes qui sont inconnues.
- Speaker #0
Alors, En général, quels sont les éléments auxquels vos clients apportent le plus d'importance quand ils choisissent leur vin ? Est-ce que c'est justement le côté rassurant de cette étiquette qui est bien connue, d'où on a déjà entendu parler ? Ou est-ce qu'ils vont plutôt chercher des labels, des certifications bio ou des appellations connues ? Qu'est-ce que c'est en général les principaux points d'attention de vos clients ?
- Speaker #1
Oui, la sensibilité au vin bio, biodynamique quand même. même si j'en ai qui sont contre le bio, parce que c'est le problème aussi des fausses idées, c'est qu'une fois ou deux, ils ont dû goûter du vin bio qui n'était pas bon, et ils ont dit que tous les vins bio ne sont pas bons. Alors que, comme j'aurais dit, mais qui a fait ce vin ? Ce n'est pas parce qu'on est bio que ça va être meilleur qu'un autre vin s'il est mal fait. Effectivement, souvent les clients rentrent, ils sont vos vins de la région, parce qu'on cherche les vins de la région, alors soit un touriste, soit quelqu'un qui veut offrir une bouteille de vin de sa région à quelqu'un qui n'est pas de la région, ou alors ceux qui ne boivent vraiment que des vins de la région. Et là, il y a tout le problème, où nous on doit poser la question, mais vous cherchez quel style de vin, puissant, léger, puisqu'on va le promener dans la cave, sinon avec tous les vins de la région, puisqu'ils sont dissimulés dans chaque famille. Mais après, ce qu'ils recherchent aussi, alors je vais dire que si c'est pour faire un cadeau, en fin de compte, quand on va offrir une bouteille, bien souvent, on aime bien quand on offre que de valeur sûre, une appellation, un domaine est sûr, ça a plus d'impact. Et puis, quand c'est pour eux-mêmes, je pense que si on vient chez un cavis, c'est pour la découverte. Donc, on a plus de clients qui viennent chercher la découverte d'une appellation, d'un jeune domaine qui vient juste s'installer. plus que le domaine ultra connu qu'on peut retrouver facilement. Voilà un peu le profil qu'on peut avoir sur les clients quand ils rentrent chez nous.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a une chose qu'on vous demande plus souvent que n'importe quelle autre ? Un sujet, est-ce que c'est le bio, est-ce que c'est les marques, est-ce que c'est le prix ? Est-ce que dans tout cela, il y en a une qui ressort ou pas du tout ?
- Speaker #1
S'il y en a une, c'est le vin de l'appellation. Nous, on est dans l'appellation Croix-Hermitage. Fondoliser, notre cave, la première cave qui est à Fondoliser est dans l'appellation Croix-Hermitage. Donc c'est peut-être ce qu'on nous demande le plus surtout quand c'est des gens qui ne sont pas de la région. Mais après, comme je dis, les gens viennent avec un plat ou avec une intention de faire un cadeau, mais sans idée. Donc c'est à nous, en gros, de trouver la bouteille qu'il leur faut pour cet événement-là.
- Speaker #0
Alors justement, quand un client vient vous voir et qu'il ne sait pas du tout ce qu'il veut acheter, À la rigueur, il n'a même pas préparé ou pensé à un dîner ou à un plat qui accompagnerait son vin. Il vient acheter du vin, mais vraiment, il n'a pas d'idée. Il ne sait pas lequel. Il ne sait même pas s'il préfère du rouge ou du blanc. Dans ces cas-là, quelles sont les premières questions que vous posez et comment est-ce que vous procédez ?
- Speaker #1
Effectivement, beaucoup viennent sans idée et sans connaître les goûts de la personne à qui ils vont offrir la bouteille. Alors, quand c'est pour accompagner un plat, on est invité ce soir, c'est nous qui devons amener les vins. Effectivement, on doit toujours poser les questions qu'il faut. Qu'est-ce qu'il y a à manger ? qu'est-ce que vous aimez également, qu'est-ce que la personne aime, etc. Et bien sûr, le prix, il ne doit pas être tabou. Des fois, ils ne savent même pas ce qu'il y a à manger. Donc, on va plutôt être sur des valeurs sûres. Donc, ça peut être soit le blanc pour l'apéritif ou le rouge qui va être polyvalent. On a une ténitude de questions, on va dire entonnoires, pour arriver jusqu'au but d'avoir la bouteille qui fera le plus plaisir. Mais après, des fois, quand c'est également... Vous demandez à la personne qui amène le vin, mais quel est votre goût ? Vous avez envie de quoi, vous, ce soir ? Même s'il ne sait pas ce qu'il y a à manger. Une fois, il m'est arrivé, petite anecdote, un client qui vient chercher une bouteille et, sur le son, il me dit ce qu'il y a à manger. Une fois, il me dit, je ne sais pas ce qu'il y a à manger. Je suis passé, je n'ai pas appelé mon épouse spéciale qui cuisine. Il me dit, comment s'est passée cette semaine ? Comment s'est passée votre journée ? Et effectivement, je lui ai conseillé un vin par rapport à son humeur du moment. Il m'a dit « génial, j'ai signé des contrats, je suis très content » . Je lui ai dit « il vous faut un vin un peu frivole, qui soit vraiment pétillant, sans parler de la bulle, mais dans ce côté fringant dans le verre » . Il m'a dit « non, une mauvaise journée, contrôle fiscal et autres, peut-être que j'aurais conseillé un vin plutôt réconfortant, chaleureux, velouté, qu'il aurait posé dans un écrin » .
- Speaker #0
Finalement, le vin, c'est toujours le complice d'un moment en particulier. C'est même plus qu'un repas, c'est un moment, avec tout ce que ça implique, avec ceux avec qui on va le partager. Et c'est intéressant de voir que dans les questions que vous posez, vous allez jusqu'à demander quelle est l'humeur du jour. Et je trouve ça assez intéressant. Alors, j'ai une dernière question à vous poser, cette fois un peu moins sur votre métier de caviste, mais plutôt, est-ce que vous pouvez nous dire quelques mots sur votre fonction de président des cavistes indépendants et sur... la mission de cette fédération et sa raison d'être ?
- Speaker #1
Oui, donc déjà, la mission, c'est de fédérer, c'est une fédération, de fédérer des cavistes indépendants. Et justement, le but, c'est de ne pas se retrouver tout seul devant des problématiques, se partager aussi bien les problématiques que les choses positives. Donc ça, c'est le premier point, fédérer tout ça. C'est d'avoir des achats mutualisés également, peser un petit peu plus. donc quand on veut Acheter à plusieurs, c'est toujours plus intéressant. Et également au niveau communication, quand on communique tout seul dans son coin, il y en a qui sont plus ou moins communiquants et qui s'en sortent bien, mais d'autres moins. Donc la fédération communique beaucoup sur le métier de caviste et de caviste indépendant. Donc on a un rôle de communication et également un rôle d'information puisque nous dépendons du syndicat des cavistes professionnels, donc qui regroupe tous les cavistes, indépendants, chaînes, réseaux et autres, et qui, eux, ont également toutes les informations sur la législation et autres. Par exemple, vous voyez, pendant le confinement, les cavistes ont pu rester ouverts puisque le syndicat a pu avoir l'information et a poussé pour qu'on puisse rester commerce essentiel. Et cette information, la fédération la récupère et la rediffuse ensuite à nos adhérents.
- Speaker #0
Merci beaucoup d'avoir répondu à toutes nos questions. Je pense que c'était extrêmement intéressant. J'espère que vous n'aurez pas trop d'appels de vignerons au niveau de la fédération pour vous présenter leur vin. Mais en tout cas, c'était une information très intéressante, il me semble, de savoir qu'au niveau des cavités, il y a aussi des choses qui s'organisent au niveau du sourcing. Merci pour votre temps. C'était un plaisir et puis j'espère à très bientôt. Vous souhaitez aller plus loin ? Réservez votre session stratégique gratuite durant laquelle vous recevrez nos conseils et recommandations personnalisées pour vous aider à développer votre chiffre d'affaires. Rendez-vous sur le site agence-georges.fr et cliquez sur le bouton « Prendre rendez-vous » . J'espère que vous avez aimé ce podcast. Si tel est le cas, abonnez-vous pour que je puisse vous partager d'autres stratégies pour atteindre vos objectifs. Et laissez-moi 5 étoiles, cela me ferait vraiment plaisir. A très vite !