- Speaker #0
« Les Trophées des Français de l'étranger » organisé par lepetitjournal.com. La radio des Français dans le monde présente le podcast.
- Speaker #1
La radio des Français dans le monde aujourd'hui est installée à Paris. On est vraiment à côté de tous les beaux bâtiments, tous les monuments qui font rêver. La tour Eiffel, tout ça. A chaque fois qu'on voit ces bâtiments, ça fait quelque chose, Johanna.
- Speaker #2
Oui, c'est magnifique. Paris, on s'en fout. On se rend compte quand on y retourne que c'est une ville fabuleuse.
- Speaker #1
Mon invité au micro de la radio des Français dans le monde, dans le cadre des trophées des Français de l'étranger, Johanna Lévy, tu es lauréate alumnique des lycées français du monde. Alors on va expliquer ça pourquoi, parce que tu es originaire de Paris, mais à 10 ans, tu pars avec tes parents. Ton papa vit une expatriation et donc la famille déménage. Tokyo. Une petite fille, une petite française de 10 ans qui arrive à Tokyo, ça doit faire un sacré choc.
- Speaker #2
Oui, ça c'est sûr. Nous, on venait du 95, petite ville. Et puis, du jour au lendemain, mon père a dit on part dans quelques mois nous installer au Japon. Donc ça a été un grand choc. Mais tout de suite, j'étais vraiment très excitée à l'idée de partir. Et c'est vrai qu'en arrivant, ça a été vraiment un nouveau monde et tout de suite j'ai adoré c'est vrai que ces quatre années passées au lycée français donc je restais quand même dans le système français mais en même temps c'est très international donc il y avait 40 nationalités je crois et c'était vraiment cette première ouverture sur l'asie et mon amour pour le japon est né de ces quatre années.
- Speaker #1
T'étais toute jeune, t'as quand même des souvenirs encore très clairs.
- Speaker #2
J'ai beaucoup de souvenirs j'ai encore beaucoup d'amis de ces de cette époque. On crée un réseau qui est très soudé parce que c'est vraiment des expériences et des années qu'on n'oublie pas. À
- Speaker #1
15 ans, retour en France. Tu reprends le lycée à Paris. Mais tu vas faire une maîtrise de japonais. Donc quelque part, une partie de ton cœur reste là-bas.
- Speaker #2
Oui, tout à fait. Le retour en France a été un petit peu compliqué pour moi, je dois l'avouer. Et j'ai décidé, donc je voulais vraiment retourner au Japon rapidement. Donc j'ai continué au lycée aussi à faire du japonais. Je suis dans un lycée, lycée La Fontaine. qui permet de faire du japonais. Ensuite, j'ai été à l'INALCO, aux langues orientales. J'ai fait une maîtrise de japonais. Ensuite, un master échange commerce avec l'Asie. Et je suis repartie. J'ai eu la chance de trouver un VIA. Je suis partie d'abord pour une période de deux ans. Je travaillais au Centre japonais du commerce extérieur. J'étais la seule étrangère. auprès de centaines de personnes. Et ensuite, j'ai travaillé dans les ressources humaines pendant 4 ans.
- Speaker #1
Tu m'as quand même dit que le travail au Japon, ce n'était pas simple. Explique-moi un peu.
- Speaker #2
C'est vrai que travailler au Japon, c'est assez spécial. On travaille beaucoup, on fait des horaires assez longs. C'est assez mal vu, même si on a terminé son travail de partir trop tôt. On peut toujours attendre que le bois soit parti. partie avant. Donc, les gens restent tard. Et ensuite, en général, ça enchaîne sur des dîners. On travaille tout le temps. Il faut savoir boire. Ce qui n'était pas trop mon cas. Mais voilà, pendant ces deux ans, c'était une expérience superbe. Mais c'est vrai que c'est assez intense.
- Speaker #1
La hiérarchie, on me dit souvent, c'est très très différent. Le fonctionnement au travail, on n'a rien à voir avec la France.
- Speaker #2
Non, ça n'a vraiment rien à voir, mais c'est vraiment sympa aussi. C'est le soir où on va dîner souvent avec les boss. Et là, toute la hiérarchie tombe. Tout le monde boit et le lendemain, on oublie tout.
- Speaker #1
On reprend sa place. France 2010, c'est le retour. Deuxième retour en France. Tu m'as dit que le premier, il ne s'était pas très bien passé ? Je ne t'ai pas posé la question, mais pourquoi ? Tu étais perdue en France après ton expérience ?
- Speaker #2
C'est vrai que le collège, le lycée français de Tokyo, c'est vraiment un petit cocon. On est tous ensemble. Et donc après, c'est vrai que l'arrivée dans le grand lycée parisien, ça a été un petit peu dur. Et puis surtout, je laissais vraiment mes amis auxquels j'étais vraiment très attachée. Et puis l'amour du Japon, je me sens vraiment chez moi là-bas.
- Speaker #1
Quand tes parents te font découvrir l'expatriation, toi tu prends goût. C'est une sorte de virus que ton frère a bougé aussi. Tu penses que quand on découvre des cultures, on garde ça en soi ?
- Speaker #2
Oui, je pense que le fait d'habiter à l'étranger, de découvrir un peu tous les jours des choses nouvelles, d'apprendre la langue, c'est quelque chose que je retrouve aussi chez beaucoup de personnes qui ont laissé français, qui ont beaucoup voyagé après. C'est vraiment un virus de toujours aller à la recherche et de découvrir de nouveaux lieux, de nouvelles personnes.
- Speaker #1
C'est d'ailleurs ce que tu vas faire en famille avec tes parents puisqu'en 2015, direction la Thaïlande. Petite curiosité, pourquoi c'est la Thaïlande qui cette fois-ci rafle ton choix ?
- Speaker #2
Alors là, Thaïlande, on était avec mon mari déjà venu plusieurs fois en Thaïlande. On avait beaucoup aimé. Et en 2014, on est revenu au mois de décembre quand il fait bien froid en France avec mes parents et ma famille en Thaïlande. Il faisait beau et on a décidé comme ça un petit peu sur un coup de tête. Allez ! On part en Thaïlande et en un an, on a décidé, on a tout vendu. En 2015, on est arrivé à Bangkok, qui est une ville, c'est l'Asie, c'est ce qu'on aime. Et en même temps, ce n'est pas le Japon, on avait déjà fait, donc on voulait faire quelque chose d'un petit peu plus, aussi relax que le Japon.
- Speaker #1
On va saluer les équipes de la FIAF, puisque tu vas découvrir Bangkok Accueil, quand tu arrives en Thaïlande. Une association importante quand on est français. en expatriation.
- Speaker #2
Oui, tout à fait. C'est ma maman qui tout de suite est devenue membre de Bangkok Accueil et qui a voulu participer à diverses activités, puisqu'ils organisent beaucoup d'activités, dont dans le domaine caritatif. Bangkok Accueil organisait des visites dans les centres de détention pour réfugiés. Par le biais de Bangkok Accueil et de ma mère, j'ai commencé à visiter les centres de réfugiés.
- Speaker #1
Quand tu m'as expliqué ça, ça pour préparer cette interview. Tu m'as dit que tu étais allée dans le premier centre de réfugiés. Il y a quelque chose qui s'est passé physiquement dans ton corps ?
- Speaker #2
C'est un peu ça. En fait, je ne m'attendais vraiment pas à ça. Je ne connaissais pas du tout la condition et le statut des réfugiés qui n'en ont pas en Thaïlande. Quand j'ai découvert les conditions et que j'ai pu échanger avec ces personnes, ça a été vraiment un électrochoc. Je pense que ça a résonné aussi avec peut-être mon histoire familiale parce que des deux côtés mes parents sont des migrants ils sont arrivés en France et ils ont eu la chance d'être bien accueillis et ensuite de réussir et donc voilà je pense que ça a résonné en moi et tout de suite je me suis Je me suis sentie le rôle et l'obligation, le devoir de devoir aider ces personnes. Et donc, de fil en aiguille, d'une petite aide, c'est devenu quelque chose de plus gros.
- Speaker #1
Tu as donc cofondé Hope Bangkok. Tu as contribué à la libération de plus de 70 réfugiés dans ces centres de détention. Oh là, ça doit faire quelque chose !
- Speaker #2
Oui alors, je ne peux pas dire je, donc c'est vraiment, Hope Bangkok c'est une équipe. Donc on s'est rencontré, donc c'est des femmes, on est huit nationalités, ce qui fait vraiment la richesse de notre organisme, et on s'est toutes rencontrées, non pas dans une soirée d'expats mais au centre de détention c'est un peu moins funky mais très fort donc on a vraiment les mêmes valeurs même si on vient de plein d'endroits différents et que mais on a les mêmes valeurs et donc ça fait depuis 9 ans qu'on travaille bénévolement à lever des fonds, à essayer d'aider le maximum de réfugiés, de les sortir de détention, d'aider les enfants à aller à l'école, de leur apporter tout ce dont ils peuvent avoir besoin. Donc c'est vraiment la première nécessité, c'est nourriture, frais médicaux et on les accompagne vraiment. Jusqu'à ce qu'ils partent, pour les plus chanceux, dans un pays tiers, aux Etats-Unis, Canada, Australie. Nous, on les accompagne à la fin. On leur donne une valise, on leur donne des vêtements et on va leur dire au revoir à l'aéroport. Ce sont des moments qui sont vraiment... C'est une aventure humaine incroyable. J'allais dire,
- Speaker #1
humainement, tu dois vivre des choses extrêmement violentes.
- Speaker #2
Voilà, c'est ça. Humainement, que ce soit au sein... J'ai rencontré des personnes incroyables. Au niveau des réfugiés, des Syriens, des Afghans, des personnes vraiment très très intéressantes et puis au niveau des volontaires aussi, et on vit des moments très forts.
- Speaker #1
Aujourd'hui, il y a un spot sur toi, mais sur Hope Bangkok et tous les bénévoles. On les salue parce que j'ai bien senti qu'il fallait que t'emmènes tout le monde dans ce clip.
- Speaker #2
Ah oui j'emmène tout le monde, là je suis à Paris, je représente. Hope Bangkok a été cofondée en 2022 avec une autre française qui s'appelle Servane et puis tous les autres volontaires. Sans eux on n'aurait pas pu faire tout ce qu'on a fait. Donc là en 2022 on a créé une marque pour lever des fonds. qui a pris assez rapidement, donc voilà, c'est grâce aux talents de tous nos volontaires qui designent les sacs, etc., qu'on en est là, et c'est que le début.
- Speaker #1
C'est quoi l'avenir pour toi ? Comment tu vois les choses ? Est-ce que le Japon te manque ? Est-ce que la France te manque ?
- Speaker #2
Alors je suis très bien à Bangkok, je suis ravie d'être là à Paris et de retourner au Japon en vacances, mais pour l'instant je pense que ma mission est à Bangkok et il y a beaucoup de choses qu'on voudrait faire au sein de Hope Bangkok. Donc là, à court terme, on voudrait vraiment avoir un lieu dédié, une sorte de centre communautaire où des gens pourraient vendre nos articles, puisque pour l'instant on les vend lors d'événements, de marchés, etc. On voudrait avoir un centre où on puisse vendre les articles, où on puisse former davantage de femmes à la couture, puisque c'est ce que l'on fait aussi. Donc on forme les femmes à la couture, à la confection de bijoux, pour les autonomiser, pour leur donner des compétences qu'elles pourront utiliser dans le futur. Donc voilà, ce centre communautaire... Il y a encore du boulot quoi ! Oui, il y a plein de choses à faire !
- Speaker #1
Johanna Lévy, bravo pour ce prix, bravo à toute l'équipe, et bravo aussi pour ce passage dans le lycée des Français du Monde. C'est quand même important que cette France soit partout présente.
- Speaker #2
Oui, je pense qu'on rencontre des Français extraordinaires à l'étranger, et j'espère qu'on participe à incarner les valeurs de la France.
- Speaker #1
Et aujourd'hui au micro de la radio, j'ai tous ces lauréats. Et je me dis quel talent qui brille partout dans le monde. C'est un beau parcours. Merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci beaucoup. Merci.