Speaker #0Le mental, ça ne s'improvise pas, ça se travaille. Et les meilleurs, les joueurs de top 14, les champions olympiques ou encore les chefs d'entreprise, ils ont tous un point commun, ils ont des outils, des vrais. Moi c'est Thibaut, coach mental, et dans 100% mental, on va justement aborder tous ces sujets ensemble, tous ces outils, on va parler du concret, du terrain, des problématiques, voir la théorie pour comprendre et ensuite transformer ça en outil que tu vas pouvoir utiliser tout de suite, que tu sois sur le terrain ou en entreprise. On va pas tourner autour du pot, on va aller directement dans le vif du sujet. Allez, c'est parti ! Bonjour à toutes, bonjour à tous, bienvenue sur ce nouvel épisode de 100% Mental. Et aujourd'hui, on va parler de la blessure, comment revenir d'une blessure, quelle qu'elle soit sa blessure, une petite blessure, surtout les grosses blessures, parce que c'est celles qui mettent un peu plus de temps pour qu'on puisse revenir au même niveau, on va dire, sans appréhension ni rien. C'est quelque chose que, quel que soit le niveau, on va rencontrer, et j'ai rencontré plusieurs fois, quelqu'un qui se blesse peut revenir avec de l'appréhension, en disant « j'ai pas mal, tout va bien, tous les médecins, les kinés, tout le monde dit que le membre qui a été « meurtri, blessé » après une opération est beaucoup plus solide qu'avant, que ce soit l'épaule, le genou, qu'importe, c'est beaucoup plus solide qu'avant. » Et malgré tout, il y a de l'appréhension. L'appréhension de se refaire mal, l'appréhension de rechuter. On vous la reformule comme vous voulez, mais c'est un peu ça cette appréhension. Pourtant, le protocole est le même pour tous. Pour les grosses blessures, il y a cette opération, on va dire. On se fait opérer, on est immobilisé pendant un certain temps, plusieurs jours, plusieurs semaines, qu'importe. Ensuite, il y a la rééducation avec les kinés. Et au fur et à mesure, l'immobilisation disparaît et on refait un peu de muscu ou on reprend la course en fonction de l'albéciure. Donc ça, ça arrive après un certain temps. Et après, on peut reprendre, j'appelle ça la reprise terrain parce que j'ai l'habitude du rugby. Mais voilà, quel que soit le sport, il y a la reprise quasiment avec tous les mouvements. Peut-être pas la même intensité qu'avant, mais il y a quand même la reprise jusqu'à retrouver l'intensité. Et après, on peut postuler. à la compétition, à la sélection ou à un match. En fonction des blessures, en fonction des personnes, ça dure quelques semaines, voire plusieurs mois. C'est un peu le protocole courant, classique. Mais ce qui est intéressant, c'est que malgré toutes ces étapes, dans toutes ces étapes, il y a des validations à faire. Il y a des étapes à valider avec des tests qui sont scientifiques. Le médecin avec, ça peut être des radios, IRM, etc. mais avec les kinés aussi sur des tests de force, de mobilité, de ce que vous voulez. Malgré tout, c'est à ce moment-là où le joueur voit des progressions pendant la rééducation. C'est cool. Mais une fois qu'on lui dit, c'est bon, feu vert, tu peux y aller. Là, il peut toujours avoir cet espèce de frein à main pendant l'entraînement. Et là, c'est là où il se rend compte, ah non, en fait, il y a un truc qui ne va pas. Il y a ce blocage. psychologique, à ce blocage mental, on peut l'appeler comme vous voulez, mais c'est, est-ce qu'on peut dire que c'est ce traumatisme qui ressurgit, ou un espèce de court-circuit, enfin, on peut l'appeler ça comme vous voulez, c'est pas de la manque de volonté, au contraire, c'est vraiment la peur de se re-blesser, la peur de revivre ce qu'on a vécu, il peut y avoir aussi la peur de décevoir, décevoir les entraîneurs, décevoir les coéquipiers, décevoir peut-être les parents, se décevoir soi-même, et d'être déçu de son corps. On entend très souvent qu'après des grosses blessures, il faut beaucoup de temps pour revenir, voire certains ne reviennent jamais au niveau. Et ce n'est pas physique, parce que la médecine montre que tout est bon, c'est surtout très psychologique avec cette grosse appréhension. Et là où ça peut faire la différence, c'est cet accompagnement. Accompagnement, préparation mentale, thérapeutique, qu'importe. Mais l'accompagnement est très... à mon sens, très important à avoir. Et pour l'expliquer, pourquoi un accompagnement est très important, c'est que quand on se blesse physiquement, le corps est abîmé, il faut rééduquer le corps, le membre à blesser ou autre. Il y a cette rééducation physique. Et cette rééducation physique vient en corrélation avec cette rééducation mentale. Et cette rééducation mentale, c'est la confiance. Confiance en soi, mais surtout confiance dans son corps. Parce que rappelons-nous... En tant qu'athlète, quel que soit le niveau, pour pouvoir effectuer ce sport, on a besoin de notre corps. Et c'est notre outil de travail, notre outil qui nous permet, c'est l'outil qui nous permet de prendre du plaisir, de performer dans le sport. Quel que soit le sport, c'est l'outil de travail qui permet de le faire. Donc il faut avoir cette rééducation mentale de se dire, ok, je peux refaire. Je peux refaire les mêmes mouvements, je peux reprendre les mêmes chocs, je peux avoir la même intensité, je peux refaire tout comme avant. Et c'est là où le doute, les questions peuvent se poser. Est-ce que je vais y arriver ? Est-ce que les douleurs vont vraiment disparaître ? Si je retombe, j'en sais rien, si on reproduit la même situation de la blessure, est-ce que je vais me re-blesser ? Donc ça, ça va être important. Je prends l'exemple du rugby. On se blesse sur un plaquage. Eh bien, nous on fait un plaquage, moi je plaque. Je me fais mal à l'épaule sur le plaquage, et bien le premier plaquage qu'on doit faire avec la même épaule, ça va être dur. Un joueur de tennis, s'il se blesse sur un service par exemple, le premier service va être difficile. Ou s'il se blesse à l'épaule, le service peut être difficile, etc. Tout ce qui va nous rappeler la blessure, l'événement, va être difficile. Je vous fais un parallèle avec le sport, plus jeune j'ai eu un accident de voiture en tant que conducteur. à cause d'un virage que j'ai mal pris et conduisait un peu trop vite. Mais je sais que pendant quelques temps, voire très longtemps, moi, voire quelques années, sur des virages un peu similaires, j'y allais très doucement parce que j'avais peur. C'est exactement la même chose sur le sport. En entreprise, c'est la même chose. Retourner sur le même lieu de travail, retourner avec les mêmes personnes, les mêmes collègues qui étaient présents, qu'importe, il y a cette peur de reproduire. Et c'est ça qu'il faut rééduquer mentalement. Le cas extrême de tout ça, c'est la dépression. De dire je ne vais jamais y arriver, c'est la perte de confiance totale. Et il peut arriver à ce que des personnes tombent dans la dépression. Et là, l'accompagnement est encore plus important. Ça n'arrive pas à tout le monde, mais ça peut vite arriver. Donc c'est là où, encore une fois, j'accentue, il faut se... Il ne faut pas rester seul, il faut s'entourer. Et c'est là où le mental est très très important, et c'est pour ça qu'il faut le rééduquer, je parle de rééducation mentale là-dessus, c'est que cette peur vient du mental qui associe la blessure à un mouvement, comme je disais, un mouvement ou un événement. Donc le corps est prêt, mais le cerveau ne l'est pas encore. Et c'est pour ça que dans la rééducation, il ne faut surtout pas oublier la rééducation mentale. Les deux vont de pair, c'est-à-dire que quand on se rééduque physiquement, le mental peut souvent reprendre confiance. Tiens, j'arrive à faire les mêmes mouvements, on me met dans la même situation, ça va. Mais ce n'est pas parce que le physique dit tu peux t'entraîner à 100% avec les coéquipiers ou sur la piste, qu'importe, qu'on dit c'est bon, le mental est prêt. Non, il y a encore ce moment derrière, de jour, semaine, voire mois, où le mental a besoin de se réhabituer à des conditions réelles, petit à petit. Et pour ça, je n'ai pas écrit un protocole, mais c'est comme ça que je l'illustre, comme ça que je l'explique dans ma tête et j'essaie d'aller dans ces quatre étapes que je vais vous donner maintenant. Elles sont plus ou moins courtes en fonction, mais la première étape qui est très importante, c'est faire le deuil. Pour permettre à l'athlète, donc qui est un être humain, on ne va pas oublier l'être humain, de passer à autre chose, il faut faire le deuil. Faire le deuil ne veut pas dire oublier, mais c'est d'accepter ce qui est arrivé. Ce n'est pas un choix personnel d'être blessé, mais on l'est blessé, donc c'est d'accepter qu'on était victime, entre guillemets. Donc moi, je ne suis pas thérapeute. Je ne peux pas, si c'est vraiment un traumatisme, je ne peux pas traiter. Je n'ai pas les outils, les protocoles pour traiter ce traumatisme. Par contre, ce que je peux faire, c'est... aider, accompagner les athlètes à ce qu'ils puissent en parler, à parler de cette blessure, donc les faire mettre des mots dessus, mettre des émotions, des ressentis pour qu'ils le... Comment dire ? Ils arrivent à en parler librement, c'est ça faire le deuil. Le faire le deuil, en thérapie, je l'avais fait avec ma psy, elle disait faire le deuil c'est de revivre ce qui s'est passé, mais le revivre à l'instant T avec les émotions, les sensations et les mots. C'est pas forcément tout le temps agréable quand c'est des gros traumatismes, mais c'est ce qui permet de faire le deuil. Donc je me suis amusé à... je reprends les mêmes mots un peu, mais c'est faire ça avec l'athlète. Quand l'athlète se blesse et vient me voir, ou même après quelques semaines, quelques mois de rééducation, je vais reparler de cette blessure. Je le refais évoquer avec du recul, mais reparler de ça, c'est-à-dire comment tu t'es blessé, qu'est-ce que les médecins ont dit, qu'est-ce qu'ils disent de ta convalescence, de ta rééducation, combien de temps tu vas mettre, etc., c'est quoi le protocole de rééducation, tout un peu ce qui concerne ça. Comment tu te sens avec tout ça ? Alors ça dépend à quel moment il vient me voir, s'il vient au moment de la blessure avec la décision du médecin en disant il faut opérer, comment tu te sens par rapport à ça ? Pas comment tu vois l'avenir, mais comment tu te sens avec le fait de dire je me suis blessé et il va falloir que je me fasse opérer, parce qu'une opération c'est pas anodin. Et quand c'est plutôt une bonne nouvelle, comment tu te sens avec cette bonne nouvelle ? Et c'est d'y aller, de le faire parler, de le faire verbaliser, je cherche le mot depuis tout à l'heure, de le faire verbaliser sur ce qu'il... ressent ici et maintenant à l'idée de reparler de cette blessure. Et après, une fois qu'il a fait ça, dans la même séance, après, voilà, encore une fois, je ne suis pas thérapeute, je ne peux pas l'accompagner sur toutes les étapes, mais je fais ça et je lui demande quelles sont les étapes suivantes. La rééducation, qu'est-ce que tu vas faire, quel est le protocole de rééducation, combien de temps, etc. Donc quelles sont les étapes à venir. Et c'est là où moi j'aime bien, c'est pas le plus important, mais c'est là où moi je suis le plus compétent en tant que préparateur mental. C'est les étapes qui arrivent. Pourquoi ? Parce que ça permet à l'athlète de voir l'avenir. Et ça permet aussi de voir comment est-ce qu'il voit l'avenir, comment est-ce qu'il voit la suite des choses. Là, je ne suis pas très motivé, ou je n'ai pas envie, ou là, je suis très pressé. Ça permet de savoir dans quel état d'esprit il se trouve. Et bien sûr, après, avec le questionnement, on rebondit là-dessus. Et ça permet de, entre guillemets, de faire le deuil. Parce que tant que le deuil n'est pas fait, on peut toujours avancer. mais le mental, le cerveau est resté sur le traumatisme, ce qui m'est arrivé, je ne vais pas y arriver, etc. Le corps va se rééduquer, mais tant que les deux ne sont pas au même moment, dans la même phase, ce n'est pas scientifique, mais dans la même phase de rééducation, ça va être difficile d'annoncer, ça va être difficile à ce que le corps et l'esprit soient au même endroit, et c'est ce qu'on va arriver dans l'étape d'après. Donc toutes ces différentes étapes, moi je n'ai rien inventé, je me suis basé sur quelque chose qui existe, Depuis un moment, c'est les étapes du changement de Keubler-Ross où il y a neuf étapes. Le choc, le déni, la colère, la négociation, la dépression, l'acceptation, l'expérimentation, la décision et l'intégration. Donc il y a neuf étapes. Donc je vais aussi vous les détailler en faisant le parallèle avec le sport. Donc le choc, c'est quand la blessure vient. Il prend un choc, il est au milieu du terrain, le jeu continue. Il a dit « Ah putain, qu'est-ce qui m'arrive ? Je suis blessé, je sens que j'ai mal, il y a un truc. Je n'arrive pas à me relever ou il y a un truc qui ne va pas. » Le choc, c'est ça le choc. Ensuite le déni, ça c'est la deuxième étape. Le déni, on arrive à le voir de temps en temps, même très régulièrement sur les terrains, c'est quand le joueur continue. Non, non, c'est bon, j'ai rien. Je peux continuer, c'est rien. On essaie de se persuader soi-même que tout va bien. Alors des fois c'est vrai que c'est pas grand chose, en réchauffant, en marchant, c'est peut-être pas la cheville qui est cassée, mais juste une torsion, donc on peut y retourner, même si appuyer trop là-dessus, c'est pas forcément conseillé par le médecin, je pense. mais des fois, on le voit à la télé, où les joueurs repoussent les médecins, non, tout va bien, ça c'est le déni, non. Ensuite, la colère, quand ils viennent sur le banc, ils peuvent balancer un chasuble, balancer une gourde, là, ils prennent conscience qu'il y a un truc qui ne va pas. En général, ce n'est pas en colère contre l'autre, ça peut, à cause de la blessure, tiens, il m'a fait ci, il m'a fait ça, mais c'est la blessure vis-à-vis de soi, on se remet, pourquoi j'ai pris telle décision, j'aurais pas pu faire ci, j'aurais pas pu faire ça. Donc là, les trois chocs dénis-colère, elles peuvent durer 5 minutes quand on le voit à la télé, mais la colère peut durer très très longtemps. Et c'est surtout les supporters qui sont plus en colère que le joueur, parce que sur les réseaux sociaux, on dit, bah là, un tel a blessé un autre joueur, il ne va pas être disponible pendant tant de temps, on a dit le match important. C'est les supporters qui sont peut-être plus en colère que le joueur blessé. Ensuite, il y a la négociation. La négociation, c'est, on va essayer de raccourcir la convalescence. Non, non, en fait, c'est moins court que prévu. Le médecin m'annonce 3 mois, mais moi, je vais le faire en 3 semaines. Voilà, c'est la négociation. Vous êtes sûr médecin ? Est-ce que je peux avoir un troisième avis ? On essaie de se dire, de se persuader que ce n'est pas aussi grave. Et le creux de la vague, c'est la « dépression » , c'est « on voit tout noir » , « ça va être trop long » , « j'ai loupé tel match » , « j'ai loupé telle compétition » , « telle sélection » , « qu'importe » , « j'ai loupé ça, ça et ça et ça » , « c'est nul » , « j'ai travaillé tant de temps » , « pourquoi est-ce que ça arrive à moi » , « pourquoi ci, pourquoi ça » . On ressasse, et c'est le côté noir un peu de la convalescence, même de la convalescence où on voit que c'est dur, « je ne vais pas y arriver » , « c'est trop long » , etc. Là où on ressort un peu de cette creux, la première étape c'est l'acceptation. Ok, je ne peux pas changer le passé, je ne peux pas changer d'habitueur, je suis obligé de passer par là, donc on y va. Ça ne va pas être simple, ça va être long, ça va être compliqué, ça va être douloureux, mais j'y vais. J'essaie d'accepter son sort. C'est d'accepter le processus de réathlétisation. C'est d'essayer d'être acteur plutôt que spectateur. Je décide d'aller de là avant. Et c'est à ce moment-là où moi, en tant que préparateur mental coach, parce que je ne suis pas thérapeute, je peux vraiment... accompagner mes athlètes. Après, ça va aller avec les trois autres étapes, l'expérimentation, la décision et l'intégration. Là, l'expérimentation, la décision et l'intégration, ça va être un travail. Ça peut être un travail sur la routine, sur quels sont mes objectifs à court terme. C'est vraiment de simplifier le travail et l'esprit du joueur. L'acceptation des petits pas, des petites étapes. Ce que j'ai fait avec un joueur de rugby pro. Je lui avais demandé de faire un truc très simple, et ça va être en relation à l'étape 2, c'est prendre un carnet et de noter tous les jours comment tu te sens. Comment tu te sens. On ne va pas aller sur le futur, ce que je vais arriver à faire si... Non, non, aujourd'hui, à l'instant T, quand tu prends ton carnet, comment tu te sens ? Quelles sont les sensations physiques et les sensations émotionnelles ? Et ça, ça permet, donc c'est l'étape 2, la relation entre le corps et l'esprit, de remettre une confiance dans son propre corps. Se dire, OK, mon corps, j'ai travaillé longuement, durement pour revenir au niveau. niveau, et les sensations, donc les sensations c'est la communication, le langage que le corps nous envoie, les sensations sont bonnes ok, et c'est d'être en capacité à être à l'écoute de ce que le corps me dit c'est pas de surinterpréter c'est pas d'interpréter, tiens, il y a ça, est-ce que c'est bien, c'est pas bien, non, c'est uniquement à à être à l'écoute, donc c'est fermer les yeux, respirer profondément et essayer de ne pas faire le vide mais d'écouter les sensations qu'a l'entrecors, c'est l'entrecors mais aussi la partie qui est en rééducation ou qui a été... été rééduqué, c'est de noter noir sur blanc après toutes les images, les sensations, ça peut être sous forme de dessin, qu'importe, tout ce qui nous vient à l'esprit, et de tout noter sur un carnet. Ça c'est un peu une espèce de méditation, ou un débrief d'une séance de méditation sur carnet. Ça permet d'être à l'écoute de soi. et de mieux se connaître. Ça permet de vraiment reconnecter son corps à soi. C'est très très important. C'est comme l'exemple de la relation amoureuse. Je ne suis pas thérapeute de coupe, etc. Mais avec mon expérience qui est très importante dans une... une relation amoureuse, c'est l'écoute et la communication. Et bien, c'est ça. La relation avec notre corps, c'est écouter son corps. C'est-à-dire, là, tout va bien. Là, il y a un truc qui cloche. Ça ne veut pas dire qu'il faut que j'arrête. Ça ne veut pas dire que je dois tout reprendre depuis zéro. Mais ça veut peut-être dire qu'il faut que j'en... j'en parle à mon kiné qui va peut-être me rassurer ou me dire il ne faut pas faire ci, il faut plutôt faire ça. C'est ajuster le protocole pour arriver à un niveau de récupération et de reprise le plus optimal possible. Donc, c'est être à l'écoute. Le corps est votre partenaire. C'est votre outil de travail, mais c'est votre partenaire de carrière si on va dans le sport et un partenaire de vie plus tard. C'est de de faire tout ça. Et de noter aussi, comme je disais, les sensations, mais aussi son humeur. Le matin, je me sens en forme. Je suis content de reprendre l'entraînement. Je sais qu'aujourd'hui, je vais reprendre la course. Ce qui fait peur à tout joueur. C'est le rugby, très rugby. Mais en début de saison, il y a ce protocole, le fameux test d'effort, le branco. Peut-être que quand on revient de blessure, on est content de faire ce satané branco. Alors que quand on en prépare physique, en début de saison, on n'a pas envie. C'est ça. comment je me sens je me sens bien heureux ça peut être stressé aussi je me sens physiquement bien mais je suis stressé trop bien on note tout c'est pas il ne s'agit pas de juger ou d'interpréter il suffit c'est juste de noter tel quel l'idéal c'est de mettre des dates, de dater et de tout noter. C'est un carnet de bord, pas un journal intime, mais c'est plutôt un carnet de bord et ça permet de voir l'évolution au fur et à mesure. Et ça, ça va être l'étape 4. Je vais un peu plus vite. Donc l'étape 3, c'est de retravailler la relation entre le corps et l'esprit. L'étape 3, on peut appeler ça la projection dans la performance individuelle. On peut appeler ça comme on veut les IDP, indicateurs de performance, ou les KPIs comme ils font en entreprise. tout. Prenez le mot qui vous convient le plus. L'objectif de cette étape 3, c'est de retrouver de la performance. Ce n'est pas d'être satisfait, comment dire, ce n'est pas dire je suis performant, je suis bon. C'est de retrouver du plaisir dans ce qu'on fait. Donc certains vont dire dans mes indicateurs de performance, je vais mettre du quantitatif. Pour être bon, il faut que je fasse tant de plaquages, tant de passes, tant de franchissements. Je suis désolé, c'est très rugby, mais ça peut être facilement duplicable sur un autre sport. Ou du quantitatif. Quantitatif ou qualitatif, pardon. Le quantitatif, c'est quelque chose qui est donc mesurable. On peut le compter. Je fais trois services. Je sais combien sont rentrés trois bons services. Je sais combien de Aces, etc. sur les trois. C'est du quantitatif. On peut le compter. Moi perso, je suis beaucoup plus friand du qualitatif, pas du quantitatif. Pourquoi ? Parce que le quantitatif, on peut se focaliser sur un ou deux objectifs qu'on ne réalise pas et on oublie tout le reste. Donc c'est tout le temps chiffré. L'exemple c'est... au foot, je marque un but, et si je ne marque pas de but en tant qu'attaquant, je peux peut-être me dire que je n'ai pas fait un bon match, alors que tout le reste a été bon. Genre le repli défensif, les passes décisives, etc. Il n'y a pas que le but qui compte. Alors oui, je sais que pour un attaquant, c'est ce qui prime, mais quand même, il n'y a pas que ça. Alors que le qualitatif, c'est plutôt sur une sensation très... Très personnel sur comment je me sens à la fin du match, à la fin de l'entraînement. Comment je me sens physiquement, émotionnellement. J'étais content, j'ai retrouvé des bonnes sensations. Tout n'était pas parfait, mais c'était cool. Je trouve que le qualitatif... Quantitatif, il est très personnel, bien entendu. Il faut arriver à faire l'abstraction des deux, quantitatif et qualitatif. Mais quand on veut se focaliser sur une performance individuelle, l'idéal est sur le qualitatif. elle est sur les sensations, les émotions qui viennent du corps. Donc le corps, s'il a bien performé, il a pu courir en nombre, comment dire, en la bonne intensité et la durée qu'on voulait, eh bien, on peut être satisfait de son corps. Super, j'ai retrouvé les bonnes sensations. Et après, il y a le côté technique, bien entendu. Est-ce que j'arrive à faire des bonnes passes ? Mais ça aussi, c'est des sensations. Et au fur et à mesure, les sensations vont revenir. Et donc ça, c'est le qualitatif. À mon sens, c'est ce qu'il y a de mieux. Et... Et l'idéal, c'est de se focaliser sur des objectifs qualitatifs à court, moyen et long terme. Pas sur le résultat, mais sur comment j'avance petit à petit là-dessus. Je peux courir de plus en plus longtemps, de plus en plus vite. Je peux mieux me proposer d'être au service du collectif. C'est... Moi, ce que j'aime bien poser comme question, c'est à la fin du match, moi, je suis dans les tribunes. Comment je vois que tu prends du plaisir ? Qu'est-ce qui dit, qu'est-ce qui fait que ton langage corporel va me dire que tu prends du plaisir ou que tu as pris du plaisir ? Et cette question, encore une fois... c'est pas du quantitatif, c'est que du qualitatif et bien certains peuvent dire j'ai la tête haute, j'ai la banane, je souris je rigole, voilà et bien c'est ça que moi je vais rechercher c'est ce résultat là que je veux sur lequel les athlètes doivent se focaliser Et pour accélérer ce résultat qualitatif, la visualisation est ce qu'il y a de mieux. Pourquoi ? Parce que la visualisation permet de rester connecté au plan de jeu et à son rôle. Je vais m'expliquer. j'avais échangé avec un joueur pro qui disait que pendant sa blessure donc il faisait toujours partie de l'équipe les joueurs valident aller sur le terrain et s'entraîner lui ce qui lui avait été conseillé de la part d'un un entraîneur, c'est de prendre une balle de rugby, de se concentrer sur le ballon, les sensations sur la main et les petits picots d'adhérence qu'il y a sur le ballon. Ça lui permettait de se focus uniquement là-dessus. Tout le reste disparaissait. Et une fois qu'il est focus là-dessus, c'est de se concentrer sur la combinaison. La combinaison, une fois qu'elle est lancée, où est-ce que toi, tu dois te trouver ? Donc c'est d'intellectualiser et avec la visualisation, c'est antéligents. et ensuite le ressenti physique de où est-ce que je dois être. Quels doivent être mes mouvements, quels doivent être mes déclencheurs de course, où est-ce que je dois me trouver, qu'est-ce que je fais à tel moment, etc. En fait, le cerveau va intégrer tout ça, qu'il va l'intégrer physiquement, et une fois qu'il retrouvera le terrain, il aura retrouvé ses repères, il ne va pas perdre plusieurs jours, plusieurs semaines d'intégration, de réadaptation. et de se remettre à niveau. J'ai eu le cas où un joueur avait été blessé d'une grosse blessure de longue durée et pendant plusieurs semaines, plusieurs mois, il est resté dans la phase un peu de dépression en disant « j'arrive à rien, je ne suis pas au niveau, je ne retrouve pas les sensations » . mon rôle, le plan de jeu, je n'arrive pas à l'intégrer, je n'arrive pas à être au bon moment. Dès que je fais des erreurs, je sais que je ralentis le groupe et je sais que mes potes, mes coéquipiers ne sont pas contents parce que je ne les aide pas du tout. Là, on est dans le creux de la vague au maximum. L'autre joueur avait fait de la visualisation et une fois qu'il était de retour sur le terrain, les automatismes étaient beaucoup plus rapides à avoir. Donc c'est ça l'étape 3. L'étape 4, c'est les feedbacks et l'ajustement. Ça peut aller avec l'étape 2 et 3. Mais je voulais la différencier pour montrer son importance et comment le faire. L'étape feedback et ajustement, j'en ai déjà parlé, c'est le carnet. Le carnet pour pouvoir auto-évaluer, noter ce qu'on ressent. Sur l'étape 2, c'est la relation entre le corps et les... esprit, je ferme mes yeux et je suis à l'écoute des sensations de mon corps, je marque tout sur le carnet, je date, et comme ça on peut avoir un aperçu, je peux revenir, tiens aujourd'hui je me sens comme ça, comment je me suis senti il y a une semaine, un mois, comme ça je peux voir l'évolution, d'accord ? Bien entendu, tout ne sera pas parfait et linéaire, mais on peut voir l'évolution. Ça permet de prendre du recul, de prendre conscience. C'est cette documentation qui peut permettre de voir les évolutions et se rassurer. à rester focalisé sur le problème alors que on prend du recul on dit ok là effectivement je suis peut-être pas dans le meilleur état d'esprit le meilleur état d'esprit mais en fait si je regarde sur un mois j'ai énormément évolué cool je reprends un peu confiance du pôle de la bête qu'on peut dire et ça permet de retourner en au travail on n'est pas encore idéalement on n'est pas à l'endroit idéal mais je vois une progression et ça c'est génial donc ça permet de prendre du recul Donc je récapitule les quatre étapes, mes quatre étapes, peut-être que certains font les mêmes, peut-être qu'elles sont complètement différentes, très bien, aucun problème. Les quatre étapes, c'est étape 1, faire le deuil, étape 2, retravailler la relation corps-esprit, étape 3, se projeter dans la performance individuelle, et étape 4, qui peut te miser un peu partout, c'est le feedback et l'ajustement. Donc chacun, à mon sens, chaque étape est très très importante et il faut les valider une par une. par une pour y arriver. On peut s'amuser à aller directement à l'étape 3 en disant quels sont mes indicateurs de performance individuels, mais à un moment donné, on va se flinguer ou on ne va pas avancer Ou du moins, les avancées ne vont pas être aussi intéressantes que ça, et on va être déçu, et on va dire, ça sert à rien, etc. On va retourner dans le creux de la vague. Donc l'idée, c'est les étapes. Faire le deuil, relation corps et esprit, retravailler ça pour qu'on soit... Que ça ne soit pas du séparé, mais que ça ne fasse qu'une seule. Se projeter sur les indicateurs de performance individuelle, et tout documenter. Feedback, auto-feedback. D'accord ? Il y a tout à une importance. Donc si vous-même, vous êtes... blessé actuellement ou si vous avez vécu une blessure il y a quelques temps et vous êtes revenu, tant mieux. Si vous connaissez quelqu'un qui est en train de faire sa rééducation et qui est en pleine rééducation, vous pouvez prendre le temps de lui poser ces questions-là. De vous poser ces questions-là. Comment tu t'es blessé ? Comment ça s'est passé ? Est-ce que tu peux me décrire l'action précisément ? Qu'est-ce qu'ont dit les médecins avec les différentes analyses, tests ? Tu en as pour combien de temps ? C'est quoi le protocole de rééducation ? Comment tu te sens avec toute cette masse d'informations ? Et comment tu vois, entre guillemets, les prochaines étapes ? Et essayer d'identifier à quelle étape de la courbe du changement la personne se trouve. choc, déni, colère, négociation, dépression, acceptation, expérimentation, décision et intégration. Ça ne veut pas dire que vous allez pouvoir l'aider, mais ça permet de savoir où est-ce qu'on se situe, et de savoir, tiens, est-ce que je suis en train de baisser, est-ce que je suis au creux, ou est-ce que je suis en train de remonter ? Et ça vous permet de savoir où vous en êtes, et donc quelles sont les étapes suivantes à voir. Ça permet d'anticiper, ok, je suis en train de descendre, le creux va bientôt arriver, donc je me prépare, ça va être le moment le plus difficile. Par contre, si je... je remonte, c'est cool, c'est-à-dire que je suis en train de revoir, il y a encore des étapes, et si vous voyez que quelqu'un est peut-être encore dans le creux de la vague et ça fait un moment, peut-être que cette personne a besoin d'aide, a besoin d'un accompagnement, donc n'hésitez pas à lui en parler, c'est peut-être ça aussi qui va permettre de sortir un peu de la creux de la vague, peut-être que cette personne tout seule n'y arrive pas et peut-être qu'elle a besoin d'aide, donc c'est là où vous, vous pouvez intervenir et lui dire, tiens, il y a peut-être un travail à faire, voilà. Encore un énorme merci pour votre écoute, votre fidélité. Et si vous avez, peut-être que vous, vous avez eu des protocoles un peu différents avec un préparateur mental ou autre, je suis très intéressé et très curieux de les connaître. Faites-moi en part. Je peux toujours encore apprendre plein de choses. Et on peut surtout échanger, c'est génial. Peut-être qu'il y a des choses que vous avez faites vous-même et qui vous ont aidé. Allons-y, partageons, échangeons là-dessus avec grand plaisir. En tout cas, un énorme merci. Passez une très belle journée et à très bientôt. Ciao.