- Speaker #0
un peu géopolitique dans ce programme pour repositionner les Pays-Bas. Oui,
- Speaker #1
je trouve qu'on n'en parle pas assez. Tout à fait.
- Speaker #2
Françaises,
- Speaker #1
Français, faites votre bâtiment.
- Speaker #2
Alors Thomas, Agathe, chers auditeurs et auditrices, aujourd'hui, vous l'avez bien compris, nous allons parler des Pays-Bas. Alors on ne va pas s'attarder très longtemps sur la gastronomie locale parce que, croyez-en mon expérience, ainsi que celle d'OSS 117,
- Speaker #3
On me dit le plus grand bien de vous, à Rampamalhuil. Je vous en sers un vainqueur, vous vous ferez une idée.
- Speaker #2
Ouais, on s'en fera une idée. Franchement, le Rampamalhuil, c'est décevant. On ne va pas se le cacher. Non. Oui, c'est dur. Non, ce n'est pas bon. Vous le savez, ma marotte, c'est la politique et la géopolitique. Alors, c'est parti pour un petit voyage historique et politique au royaume Batav, à travers certaines performances des Pays-Bas à l'Eurovision. En 1956. lors du premier concours Eurovision, bon nombre des pays participants sont d'anciens pouvoirs colonisateurs, comme l'Allemagne et l'Italie, tandis que d'autres ont encore des empires coloniaux, comme la Belgique, la France, mais également, je vous le donne en mille, les Pays-Bas. Dès le XVIIe siècle, les Néerlandais colonisent progressivement et partiellement l'Amérique du Nord, les Antilles, certains territoires côtiers d'Amérique du Sud, j'y reviendrai, mais également le Cap, en Afrique du Sud actuelle, et une bonne partie de l'Indonésie d'aujourd'hui. Eh bien, avec ce contexte en tête... Si on regarde l'évolution des participations des Pays-Bas à l'Eurovision, on s'aperçoit que le concours est une véritable chambre d'écho de la décolonisation, plus ou moins houleuse du pays, et plus particulièrement de la relation complexe des Pays-Bas avec un pays d'Amérique du Sud méconnu du grand public, le Suriname. Pour vous aider à situer ce pays sur une carte, c'est le pays qui est juste à la gauche de la Guyane française, bordé au sud par le Brésil et à l'ouest par le Guyana. En gros, c'est vraiment juste à côté de la Guyane. Comme ça, on... physiquement, on voit, ou au nord-est du Brésil.
- Speaker #0
On voit.
- Speaker #2
C'est loin. Colonie néerlandaise pendant plus de trois siècles, le Suriname accède à son indépendance en 1975. Très tardivement, donc. Dix ans plus tôt, en 1966, les Pays-Bas envoient à l'Eurovision Millie Scott.
- Speaker #4
Ah oui !
- Speaker #2
Et c'était un moment historique pour plusieurs raisons. Premièrement, vous l'aurez compris, Millie est néerlandaise, mais originaire du Suriname. Toujours territoire de la couronne néerlandaise en 1966. Deuxièmement, C'est la première chanteuse noire, hommes et femmes confondus, à participer à l'Eurovision. Elle nous chante Fernando en Filippo, une chanson aux sonorités latines qui détonne cette année-là dans une Eurovision très ballade friendly. « Le Suriname prend donc son indépendance, mais en 1980, un coup d'état militaire secoue le pays naissant. Un pouvoir autoritaire s'installe, un tiers des habitants fuit le pays vers les Pays-Bas. » Peu à peu, la société néerlandaise change et dans les années 90, des artistes surinamais et surinamaises deviennent les portes-étendards des Pays-Bas à l'Eurovision. En 1992, Humphrey Campbell, né au Suriname, chante « Vigmi de Veg » Je crois qu'on le prononce comme ça. Mais c'est surtout en 1993 que le succès est au rendez-vous. La Tina Turner Batav, du nom de Ruth Jacot, chante « Vrede » qui veut dire « la paix » . Elle décroche une bonne sixième place. Et elle est justement devenue, suite à ça, une superstar nationale, enchaînant les bangers, comme disent les jeunes. tout au long de la décennie 90. Ces artistes de 92 et 93 ne sont plus des curiosités ethniques ou géographiques. Ce sont devenus des piliers de la musique pop néerlandaise. L'Eurovision sert alors de vitrine à un modèle multiculturel que les Pays-Bas veulent projeter et promouvoir en Europe. Mais le véritable point d'orgue de cette histoire décoloniale est arrivé très récemment. En 2021, les Pays-Bas choisissent Django McCroy, un artiste né à Paramirabeau, la capitale du Suriname. A nouveau de faire les drapeaux. qui a d'ailleurs grandi au Suriname avant de s'installer aux Pays-Bas. Sa chanson, Birth of a New Age, donc la naissance d'une nouvelle ère, est symboliquement importante. Pour la première fois de l'histoire du concours, on entend du... Tranan Tongo, une langue créole du Suriname née de la résistance à l'esclavage. Il chante la résistance à l'esclavage et célèbre ses racines culturelles et historiques, notamment dans son refrain.
- Speaker #5
« Tu ne peux pas me briser »
- Speaker #2
Django nous dit « Tu ne peux pas me briser » . C'est ça la phrase répétée de manière plusieurs fois. Et c'est ici que l'Eurovision dépasse la musique ou qu'un simple concours de chant et que certaines chansons deviennent des briques dans la construction des identités et histoires nationales de certains pays européens. En 2021, la prestation de McCroy coïncide avec un débat national intense aux Pays-Bas sur le passé esclavagiste du Royaume. Cela mènera un an plus tard, en 2022, aux excuses officielles du Premier ministre et du roi des Néerlandais en 2023 sur la traite négrière faite par les Pays-Bas. Alors voilà, le concours a servi de préambule culturelle et artistique à cette reconnaissance politique. Donc à tous les grincheux, gna gna gna, l'Eurovision ça sert à rien, gna gna gna, ça coûte cher. Bon, ça ok, c'est vrai. Anne Hidalgo a une dernière punchline pour vous.
- Speaker #6
Arrêtez, mais ras le bol ! Ras le bol à tous ces peines à jouir qui n'ont pas du tout envie qu'on puisse célébrer quelque chose ensemble. Ras la casquette ! De toute façon, on est là et on le fait.
- Speaker #0
Génial !
- Speaker #2
Au pied, ça parlait de José-Onafi Caparrón de l'U24, mais c'est la même chose. Donc oui, l'Eurovision, ça coûte une blinde. Oui, ce n'est pas toujours de très bon goût. Mais comme on l'a vu avec les Pays-Bas, l'Eurovision sert aussi de préambule culturelle et artistique à des avancées politiques fustelles symboliques. L'Eurovision, ça sert aussi à...
- Speaker #1
Française, français, Europe.
- Speaker #0
Ah bah écoute, merci beaucoup pour cette chronique. Franchement, qui m'a...
- Speaker #4
Ça prend en s'amuser. Mais c'est vrai !
- Speaker #0
Oui !
- Speaker #4
Mais je ne savais pas du tout !
- Speaker #0
Mais non, moi non plus ! moi non plus j'ai appris énormément de choses qu'est-ce qu'il but ? ah je bosse non mais surtout je me trouve définitivement bête mais non quand on a analysé l'Eurovision 2021 qui est notre épisode 0 uniquement disponible pour les membres du club par ailleurs si vous voulez être membre du club c'est très simple vous abonnez d'ailleurs sur notre site internet www.podcast.com pour nous entendre je m'étais moqué évoqué de manière hasardeuse de cette chanson en me disant j'en peux plus du mec qui chante les brocolis les brocolis et en fait je me trouve profondément
- Speaker #4
5 ans après en comprenant le sens grâce à ton au contraire c'est super tu vois l'évolution je trouve ça super par contre là où je te rejoins Thomas il n'y avait pas de brocolis déjà c'est pas la saison et
- Speaker #2
puis là où je te rejoins c'est qu'en fait Pour avoir écouté la version française des commentateurs, de nos commentateurs de l'époque, à aucun moment ils ne nous donnent l'information. Donc en fait, on ne peut pas le savoir. Et même nous, quand on a découvert ça en première année, il y a beaucoup de chansons, on n'a pas le background de tous les artistes. Donc en fait, il y a des trucs des fois qu'on apprend plus tard, comme là effectivement en 2021, sur le moment, j'étais passé à côté, comme toi.
- Speaker #4
Il faut toujours avoir un sachant dans sa poche.