- Speaker #0
Hortense d'Estève, un nom que vous avez sans doute déjà entendu, mais rarement pour les bonnes raisons. Parce qu'en général, quand on parle d'elle, on parle surtout des autres. L'ex-femme de Calogéro, parfois aussi l'amie de Laetitia Lydet, les soirées, les coulisses, les photos qu'on voit passer. Bref, on raconte souvent une vie par ricochet. Sauf que si on en prend un peu la peine, un peu le temps, se pencher sur sa vie à elle, la sienne, est bien plus intéressant. Hortense, c'est une productrice, une femme qui monte des projets, qui décide, qui tient une ligne dans un milieu où il est parfois plus simple d'exister par un nom des autres que par le sien. Elle, elle a choisi l'inverse. Alors aujourd'hui, on va arrêter les raccourcis, on va enlever un peu de bruit autour et on va regarder enfin Hortense pour ce qu'elle fait et pour qui elle est. On va comprendre comment elle se réapproprie son identité quand tout la ramène toujours à son lien avec d'autres. Bonjour Hortense.
- Speaker #1
Bonjour Vanessa.
- Speaker #0
Merci de nous avoir ouvert les portes de cet hôtel, Monsieur Georges, pour lequel tu travailles en partie, et qui nous accueille aujourd'hui pour faire ce podcast. Je voudrais déjà te poser une question toute simple, c'est d'où tu viens ? Est-ce que tu es ici d'une famille déjà qui gravitait dans ce monde culturel dans lequel tu grandis depuis quelques années maintenant ? Ou est-ce que c'est toi qui as tracé ce chemin ?
- Speaker #1
Alors, non pas du tout, je viens d'une famille complètement aristocrate. ancienot Tourangelle à la base, même si mon père est catalan et ma mère est mélangée Tourangelle-Corse. Je suis la dernière de cinq enfants, mais j'ai beaucoup d'écarts avec mes frères et sœurs. Disons qu'ils ont été quatre enfants rapprochés avec des parents qui se sont mariés jeunes comme à l'époque. Et moi, je suis arrivée... T'as la petite surprise. Voilà, j'ai la petite surprise. Pas prévue. Douze ans plus tard, après le dernier. Mais je m'entends très bien avec mes frères et sœurs. Donc oui, c'est un peu une vie en deux temps. La première dans cette vie un peu cateau, aristot, avec une éducation dont je retire beaucoup de bénéfices aujourd'hui, même s'il y a eu pas mal de choses un peu difficiles d'un autre côté. Mais ça donne un socle, ça donne, on va dire, des valeurs et des choses intéressantes. Et puis, il faut savoir aussi s'en détacher. Pour moi, il y a un avant et après, c'est-à-dire qu'à partir du moment où j'ai passé mon bac, où je suis montée à Paris, comme disent les provinciaux. Et puis, j'ai pu commencer une autre vie. C'est là où je suis rentrée dans un monde complètement culturel et artistique qui m'a tirée, qui m'a permis aussi de grandir et de me faire un prénom, comme tu viens de le dire. Voilà.
- Speaker #0
Et tes parents, ta famille, accueillent ça comment ? Parce que du coup, on voit ces demandes quand même très différentes.
- Speaker #1
Oui, très bizarre. Alors, pas, on va dire, au départ. Pas forcément bien. Je pense que mes parents ne sont plus là aujourd'hui. Et je pense que ma mère est partie, donc là, cette année, au mois de juillet, en disant encore, « Mais qu'est-ce que tu fais exactement ? Je n'ai toujours pas compris.
- Speaker #0
C'est quoi ton travail ? »
- Speaker #1
Voilà, je pense qu'elle n'a jamais compris mon travail, sachant qu'en plus, dans le même univers, j'ai fait énormément de jobs différents, sans jamais cesser de travailler. Je pense qu'elle n'aurait pas imaginé ça. Elle avait plutôt envie d'un petit itinéraire bien tracé, dans lequel elle avait été, elle aussi,
- Speaker #0
plus traditionnelle.
- Speaker #1
Oui, c'est un héritage, le nom attire bouchons, etc. Sauf qu'on s'essouffle dans ces familles-là au bout d'un moment, c'est-à-dire qu'on a des valeurs, c'est super, mais on a des héritages qui se sont un peu effilochés, il reste des bouts de terre, des châteaux qui coûtent beaucoup d'argent. Finalement, c'est un héritage historique qui est passionnant, mais qui est coûteux et qui aujourd'hui, en fait, je ne le renie pas du tout, j'ai dû effectivement le porter Et m'en détacher, j'estime avoir le bon socle, mais avoir aussi réussi à le dépasser. Avoir eu besoin même de le dépasser, on va dire, pour éduquer mes enfants à la suite de ça. Et aussi pouvoir proposer à mes parents un mariage tellement différent de ce à quoi ils s'attendaient, mais qu'ils ont complètement accepté et compris.
- Speaker #0
D'accord, ça ne leur a pas fait peur ? Si,
- Speaker #1
complètement. Mais ils ont vu, on va dire, le lien et les valeurs qui étaient communes. à deux milieux différents et qui étaient rejoints aussi par un milieu artistique qui devient secondaire en fait, parce que mon ex-mari ne venait pas d'un milieu artistique non plus.
- Speaker #0
Donc c'est le partage de valeurs qui les a rassurés en fait.
- Speaker #1
Je crois, je crois aujourd'hui que ça fait partie du bon mélange. Et ce qui nous rassemble, ce sont les valeurs communes, des valeurs humaines en fait.
- Speaker #0
Du coup, ce que j'entends, ce qui est intéressant, c'est qu'à l'origine, quand je t'ai invitée, c'était surtout pour parler de ta... de ta vie aux côtés de Kaogéro et depuis aussi. Mais ce que j'entends, c'est que tu avais déjà un nom avant, un nom peut-être un peu moins connu du grand public, mais qui était déjà quelque chose où tu avais dû faire un travail dessus.
- Speaker #1
Alors, je n'ai pas dû faire un travail dessus parce que... On grandit dans ces familles-là avec une espèce de fierté sur cette descendance, sur cette noblesse qui ne veut plus rien dire aujourd'hui, mais qui à certaines époques voulait dire beaucoup de choses. Donc il y a une notion historique qui est très agréable et qui est très intéressante, mais il y a aussi une époque qui doit évoluer. Moi je me suis rendu compte que ma mère avait des valeurs comme on ne couche pas avant le mariage, on ne divorce pas. Donc ça donne beaucoup d'hypocrisie sur des choses, beaucoup de non-dit, une transmission qui n'est pas vraiment fluide, on va dire. On a du mal à s'exprimer ou à donner ses émotions, simplement à se dire je t'aime ou je suis fière de toi. Non, c'est il faut, tu dois et de toute façon tu as ce rang et c'est des acquis. Sauf que les acquis, on les a plus. J'avais le sentiment d'être un peu prisonnière ou en tout cas que c'était une étape et que ma vie allait commencer après. pour moi. Il y a le jusqu'à mon bac et puis il y a l'après. Il y a tout ce que j'allais pouvoir développer de qui j'étais moi. Quand j'étais petite, j'ai eu deux rêves. Quand j'étais vraiment petite, c'était je voulais être la première femme qui allait sur la Lune.
- Speaker #0
Ah oui,
- Speaker #1
je voulais être astronaute et hôtesse de l'air. Et puis ensuite, j'avoue que ce que j'ai fait plus tard comme métier, ce ne sont pas du tout des métiers dont on rêve, puisque c'est des métiers qu'on ne connaît pas quand on est attachée de presse, productrice. responsable de la com, tout ça, c'est des métiers qu'on ne connaît pas et qui ne sont pas, voilà, qui ne font pas rêver. J'avoue avoir grandi à Tours, qui est une ville qui a une culture incroyable et une richesse folle, mais il y avait un avenir limité pour moi, c'était soit on est commerçant, soit on est médecin, soit avocat. Et j'avais déjà très envie d'aller bosser à la radio. J'ai jamais eu de doute sur le fait que je n'étais pas une artiste, mais j'ai beaucoup d'admiration pour les artistes et je ne les admire pas. D'une manière, si je collabore bien avec eux, je ne les flatte pas. J'admire leur talent et je sais qu'ils ont besoin d'être accompagnés, comme tous les êtres humains, ils ont besoin de reconnaissance. Mais ils ont ce truc en plus. Et ce truc en plus, il peut être encore plus fort. Pour moi, c'était génial. Tout allait commencer quand j'irais à Paris. Il y avait le cinéma, la musique, etc. C'était extra, mais je ne sais pas, en fait, ça s'est un peu fait tout seul. et surtout... Il fallait quand même pousser des portes. Ça, c'est sûr qu'une fois à Paris, je n'avais pas d'aide.
- Speaker #0
C'est ce que j'allais te demander. Du coup, tu n'avais aucune relation qui était dans le milieu des médias ? Ce n'était pas du tout ton écosystème ou l'écosystème de tes parents ?
- Speaker #1
Non, je n'avais pas du tout ça dans mon écosystème. En revanche, j'avais une chance, c'est que j'avais quatre grands frères et sœurs à Paris. Et dont une de mes sœurs qui était mariée avec mon beau-frère, que j'ai connu évidemment très jeune du coup. qui bossait dans l'univers de Jean-Claude Decaux, pour ne pas le citer, et donc dans cet univers des médias et de la pub, etc. Et j'avoue que ça, ça m'a permis de rencontrer des gens, et au départ, que ce soit pour des babysitting ou des choses comme ça, j'ai rencontré quelqu'un qui a été très important pour moi, une famille même, qui était le patron d'une grosse boîte qui représentait des montres de luxe, et j'ai découvert le métier d'attachée de presse, parce qu'il avait une attachée de presse. qui avait fait une école qui s'appelait l'EFAP. Je trouvais ça incroyable. Ça m'a aidée à comprendre que je pouvais en faire un métier et faire des stages. Bizarrement, j'ai un profil d'agent et je suis très à l'aise dans les médias. Et mes études, mes trois années d'études se sont faites complètement là-dedans. J'ai fait RTL. En deuxième année, j'étais à New York chez un agent de photographe et j'ai été chez un agent d'artiste à Intertalent avec François-Marie Samuelson et Laurent Grégoire à Paris en deuxième année. et en troisième année, je suis rentrée. en stage à M6 et j'ai été engagée à M6. Donc, je suis revenue dans les médias, qui était mon truc de prédilection, on va dire. Et c'est de là où j'ai pu, en plus, découvrir d'autres métiers. De la com à l'attaché de presse, la communication m'a amenée à la production, à la programmation, à la fabrication. Jusqu'ensuite au cinéma, à la fiction, que j'adore. À chaque fois, pouvoir apprendre, encore apprendre. Et je n'ai pas fini, j'espère.
- Speaker #0
Mais du coup, ce qui est intéressant dans ce que tu présentes, c'est que très tôt, tu as choisi d'être plutôt... Au côté d'eux, justement, on parle dans ce podcast d'être à contre-jour.
- Speaker #1
Je pense que c'est à ma nature profonde de mettre les gens en relation. Donc ensuite, que ce soit dans un univers ou dans un autre, de toute façon, j'ai besoin. Mais j'avais besoin de faire exister, de voir un peu comment ça fonctionnait et de comprendre pour pouvoir m'affirmer un peu plus. Ça a pris du temps, ça prend du temps.
- Speaker #0
Tu devais être sûre de toi, maîtriser. Le sujet, être plus sûre de toi pour pouvoir effectivement exister davantage.
- Speaker #1
Je pense pour exister, pour oser, c'est plein d'étapes de vie. Avant, je ne réfléchissais pas que j'ai mes enfants jeunes, ce sont des histoires d'amour, de rencontres. Moi, j'ai encore ça, ça me motive les rencontres, etc. Aujourd'hui, je suis un peu plus sécure parce que j'ai travaillé en fait sur moi, tout simplement. Et développer cette espèce de situation où je pouvais être très forte pour aider les autres, pour déplacer des montagnes, etc. Mais jamais pour moi.
- Speaker #0
Tu ne t'autorisais pas à le faire pour toi ?
- Speaker #1
Ah oui, oui, mais j'y travaille encore. Maintenant, je sais simplement un peu plus ce que je vaux et j'ai un tout petit peu plus confiance en mes richesses. Mais comme tu disais tout à l'heure, j'ai fait beaucoup de choses. C'est un peu perturbant pour les gens.
- Speaker #0
Tu nous as parlé d'Hortense Demsys. Tu es restée combien de temps ?
- Speaker #1
au temps de M6 et qu'est-ce que ça t'a appris à porter ça a été structurant quand même pour toi ça a été très structurant parce que c'est un peu j'ai eu l'impression de requitter d'abord de vivre M6 et M6 Musique parce qu'il y a eu la création de la chaîne donc j'ai vraiment je suis rentrée à la communication en stage avec Michel Lourdel à l'époque Nicolas Taverneau il y avait encore Jean Drucker mais c'était la petite chaîne qui monte c'était leur slogan Moi, j'ai été engagée au moment de la création d'M6 Musique. Donc, j'ai vécu une aventure géniale d'attachée de presse, dans une équipe avec, d'un côté, la production, la com. Je travaillais avec Sophie Caco, que j'adorais. Alexis Gemini, avec qui on a monté la chaîne. Robin Leproux, qui m'avait engagée. Tout ça était vraiment, j'ai l'impression de grandir au sein de la famille M6. Et il y avait Mickaël Younes qui faisait le morning live. en face, donc c'est vraiment les cousins, des souvenirs. Le bureau d'M6 Music était en face du Morning Live donc partout dans les couloirs, ils tournaient n'importe où. On était en train de parler à la machine à café, on disait ils sont en train de tourner ! On avait Mickaël qui arrivait debout en slip et en train de hurler en slip sur l'immeuble, on avait peur qu'il tombe. Ça faisait partie du quotidien mais c'était génial de faire partie de cette époque-là. J'ai aussi vu cette transition avec la télé-réalité, ça a été encore autre chose.
- Speaker #0
Tu étais encore là quand on a sorti le Loft du coup ?
- Speaker #1
J'étais encore à M6 quand le Loft est sorti. J'ai travaillé avec Stevie au début pour les premières émissions qu'il a faites sur Fun TV à l'époque. On lui avait fait une émission toute rose. On lui avait appris à présenter une émission parce que ce n'était pas si simple. Mais c'était génial. C'était une sacrée période. Ça a montré une notoriété folle. Je me souviens, on bossait toute la journée dans les bureaux. Quand on allait chercher un sandwich à midi, La notoriété qu'il avait, c'était encore autre chose que les artistes.
- Speaker #0
Puis il y avait une effervescence quand même. Oui. D'ailleurs, ça sent quand on parle, une dynamique, une effervescence de cette période. Et sur cette chaîne peut-être plus particulièrement.
- Speaker #1
Plus particulièrement. Même si moi, j'avoue que j'avais quand même à cœur, j'ai toujours aimé donner un peu du sens à ce que je faisais. Dans le sens où on savait que c'était très fragile, cette notoriété. Et que d'être connue pour rien ou pas grand-chose. Ou la première expérience, parce que le loft, c'était bien au début, mais après, voilà. Parce que derrière, les enfants ou les jeunes disaient « Ah, je veux être connue » . « Tu veux être connue, pourquoi ? » Ou moi, on me disait tout le temps « Ah, j'aimerais bien travailler dans le spectacle » . « Tu veux faire quoi ? » La lumière, le son, les costumes. Dans tous les univers, il y a des spécificités et il y a ce qu'on n'arrive pas souvent à reconnaître quand on est jeune. C'est pourquoi on est bon. En quoi on est bon ? Et c'est vraiment, ça prend tellement de temps. C'est pour ça qu'à chaque fois que j'ai changé ou j'ai évolué, parce que c'est quand même toujours un peu le même écosystème, mais c'est par volonté plus qu'opportunité. Par exemple, quand j'ai voulu passer de l'audiovisuel à la fiction et au cinéma, c'était pas simple.
- Speaker #0
Et puis c'est très fermé. C'est beaucoup d'entre-soi.
- Speaker #1
C'est pas les mêmes interlocuteurs, c'est pas la même façon de travailler, etc. Donc il faut encore apprendre. C'est pour ça que j'ai commencé à être indépendante. Et aussi pouvoir travailler mon relationnel, puisque j'ai ce truc-là.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous parler un peu du rôle de productrice, qui a été très présent chez toi, et que les gens, je pense, ce métier, le connaissent très peu. On ne voit pas exactement ce qu'on fait, notamment avec un beau succès, avec Champagne. Est-ce que tu peux nous dire ce que c'est le rôle de productrice ?
- Speaker #1
C'est quelque chose de très excitant de produire, que ce soit en télé et en fiction. En fiction, il y a une dimension plus... qui reste. Parfois, ça raconte aussi des choses de notre société, de périodes. Et puis, ça permet d'aller prendre les droits d'un bouquin. Donc, d'aller découvrir un auteur, une façon de penser, d'aller le mettre en lumière. Ça permet aussi de faire émerger des talents. En l'occurrence, la série que j'ai produite avec Marie Papillon, c'était génial parce qu'elle était sur le digital et aujourd'hui, c'est une artiste extra. Après, sur Champagne, ça nous a ramené à une histoire Alors... de copains, mais ce qui est fou, c'est qu'on a tourné à la sortie du Covid. Donc, on est arrivé dans une région géniale, en Champagne. Maintenant, j'ai heureusement été abritée chez un producteur qui était plus installé que moi. Moi, je suis ce qu'on appelle un producteur délégué ou un producteur artistique. C'est-à-dire que le producteur, c'est celui qui met des sous, qui met de l'argent dans le développement d'un projet. Si je dois dire ce que c'est qu'une productrice, ça revient à ma mère qui ne savait toujours pas ce que je faisais. Mais je lui ai expliqué que c'était la fabrication. Parce que pour moi, concrètement, j'ai besoin d'aller trouver des solutions. Et puis d'être au contact. J'adore échanger, faire du ping-pong, essayer de voir comment on peut faire au mieux. Parce qu'il y a trois écritures dans un scénario. Il y a l'écriture, il y a le tournage et il y a le montage. Et pendant ces trois étapes-là, souvent, il y a des erreurs ou des complexités qui vont se retrouver tout au long du process. Mais c'est passionnant, même si ce n'est pas simple. Il faut gérer des égos, un timing qui est long. Et justement, ces derniers temps, avec tout ça, j'ai dû aussi apprendre un peu l'échec. Parce que là, c'est super, tu me diras que j'ai fait ça. Derrière, il y a 25 projets que j'ai développés et je n'ai pas été plus loin. Je n'ai pas été dans un confort de travail puisque je n'avais pas de salaire. À un moment donné, je me suis un peu comportée comme si j'étais héritière ou mariée. Je n'étais ni l'un ni l'autre. et là il a fallu que je bosse à côté c'est pour ça que j'ai fait des RP donc les gens ne comprennent pas si elle est là, elle travaille avec un tel et puis avec un tel je suis un peu partout j'ai un univers un entourage qui est très proche du cinéma de la musique de la création plus que de la mode ou que du sport mais voilà, tout se relie Merci.
- Speaker #0
D'ailleurs, tu as devancé ma question d'après qui était sur cette indépendance que tu as recherchée, effectivement, parce qu'aujourd'hui, tu es à ton compte. Tu as ressenti ce besoin d'indépendance, de pouvoir décider toi-même de ton évolution pro, de ce que tu voulais faire, où tu voulais aller, les gens que tu voulais accompagner, les structures que tu voulais accompagner. C'était important pour toi, ça ?
- Speaker #1
Je ne sais pas si c'était important pour moi. Je pense juste que ça s'est imposé à un moment donné où je me suis donné cet élan-là, au moment où je voulais me réinventer et où je voyais que j'allais rester un peu coincée. On va dire que j'ai réussi à le concrétiser parce qu'à un moment donné dans ma vie personnelle, je venais de me marier. Mon mari, mon nouveau mari, qui était mon petit ami jusqu'alors, gagnait mieux sa vie alors qu'il ne la gagnait pas. Au début, c'est moi qui l'ai gagné. Donc d'un coup, l'équilibre financier de la maison était juste simplement concrètement, il faut payer ton loyer. Et là, je pouvais me reposer sur lui et donc monter ma boîte, prendre ce risque-là. Le fait que ce mari ait une notoriété, les gens n'ont pas toujours compris que je travaille. On m'a souvent dit « mais pourquoi elle bosse ? » Parce que je n'ai jamais cessé de bosser. Et pourquoi elle bosse ? Et à partir du moment où il vend des disques, c'est super. Mais je ne suis ni auteur, ni compositeur. Donc voilà, effectivement, je n'ai plus monté ma boîte parce qu'on habitait dans une maison ensemble. C'était super. Puis le jour où tu n'es plus avec lui... Et Dieu sait si c'est un papa qui a été présent dans l'éducation de mes filles et qui m'a soutenue et aidée, et dans mes projets et financièrement. Je ne vais pas non plus bénéficier de ce royalties, comme on appelle, ou de ces droits sasem. Et c'est normal. D'abord, on n'a pas été mariés longtemps, et d'un. Et de deux, ce n'est pas un footballeur non plus. Je n'ai rien contre, mais les revenus des musiciens et des chanteurs n'est pas si pharaoniques que ça.
- Speaker #0
Ça, ça fait partie, effectivement, on parlera des préjugés, mais effectivement, tu as quand même l'impression qu'effectivement, il y a un très, très gros confort. Et je pense que les gens, effectivement, n'ont pas idée de la vie d'artiste et de ce que ça veut dire, effectivement, sur...
- Speaker #1
Quand tu cherches un appartement, déjà, on te demande un CDI. Donc, si ton mari est artiste et qu'il gagne très bien sa vie, il est artiste. Donc, il n'a pas un CDI. Donc, ça ne rentre pas dans les cas.
- Speaker #0
Donc, même si c'est un artiste très connu, comme l'était ton mari, ça ne rassure pas.
- Speaker #1
Non, ça ne rassure pas. Une femme divorcée, célibataire, ça ne rassure pas. Qui n'a pas de CDI, ça ne rassure pas. À tout point de vue, j'ai dû à chaque fois demander à mon ex-mari, à des gens autour de moi, de m'aider dans des trucs qu'on n'ose pas trop dire quand on est vulnérable. Quand je cherche un appart, on me dit « Ah, mais tu veux quelle superficie ? » « Tu as quoi ? » « On croit que je veux acheter. » Mais je n'ai jamais acheté à Paris. Déjà, si j'arrive à rentrer dans la case de... De pouvoir louer. Ah ouais. Après, j'avoue que j'ai souvent cultivé ça. Je le cultive sur mon Instagram ou des trucs comme ça. C'est-à-dire qu'effectivement, je vais galérer pour trouver un appart, par exemple. Et puis, je suis partie... J'ai eu la chance d'aller à Saint-Barthes en vacances avec Johnny et Laetitia. Mais j'ai aussi besoin d'aller faire participer... à une association et pouvoir... Je trouve que cet équilibre pour avoir les pieds sur terre, il est amusant.
- Speaker #0
Mais c'est vrai que c'est intéressant de t'entendre parce qu'en fait, c'est vrai que tu parles très peu et je te remercie beaucoup pour la confiance que tu m'accordes aujourd'hui sur ce podcast. Mais c'est vrai que on voit beaucoup en externe, on voit beaucoup ta vie, ta vie de VIP ou etc. Et donc les gens imaginent qu'effectivement c'est une vie où tu bosses pas, où t'es... Souvent vacances, voilà, et que tu profites en fait. Et c'est important aussi de dire que je pense que c'est bien que tu saches que tu profites, mais que tu bosses aussi et que parfois... tu as eu des échecs et que parfois ça a été difficile et qu'il a failli se remettre en question. Complètement. C'est important aussi de porter ça parce que je trouve aussi que ça donne aux gens qui nous écoutent peut-être l'espoir de dire, ok là je suis dans une période un peu de creux et tout ça, mais en fait tu peux... Oui,
- Speaker #1
il faut que ça donne de l'élan. Je crois que tous les artistes comme nous tous, je pense qu'on a tous un rôle à jouer entre guillemets, quel qu'il soit. Est-ce qu'il est petit ? Est-ce qu'il est grand ? Est-ce qu'il est important ? Je pense que oui. À tout niveau, il est important. et je pense qu'il est fondamental parfois d'être un peu gentil avec soi parce qu'on est un peu beaucoup dans l'exigence, etc. Comme à l'école, il faut rentrer dans le rang, etc. Parfois, il faut savoir aussi un peu se dire, ah, j'ai fait tout ça, etc. Donc, je ne l'ai pas volé et je n'ai pas besoin de culpabiliser. Donc, aujourd'hui, si j'ai la chance, par exemple, d'être à Saint-Barthélemy avec Laetitia Hallyday, c'est mon ami. On a des liens d'amitié entre nos enfants et nous qui sont vrais, qui s'entretiennent, qui sont sincères, qui sont là, pas que dans les bons moments, pas que quand on est à shooter à la plage. Et oui, j'ai une chance inouïe. Et de l'autre côté, ça n'empêche pas qu'on traverse aussi des choses compliquées ou l'une et l'autre. De la vie, de la perte de nos amis, la perte de son mari, c'est une chose aussi, la maladie. Il n'y a pas à nous plaindre ou pas, il y a juste que de temps en temps, oui, on a le droit de profiter. Voilà, on vit normalement.
- Speaker #0
Alors revenons maintenant un petit peu à ta rencontre avec ton ex-mari, donc Elogéro. Tu étais déjà du coup un peu dans le milieu, donc tu savais un peu où tu mettais les pieds. Mais est-ce que tu as vu un changement dans le regard des autres, dans ta vie, au moment où tu es devenue sa compagne ?
- Speaker #1
Alors au moment où je suis devenue sa compagne, il n'y a pas eu de changement au moment où je l'ai rencontrée. Le moment où je rencontre Calot, il est sorti de son groupe, il a passé déjà son groupe des charts quand il était très jeune. C'est quand même, il faut revenir à la base, Calot c'est un fils d'ouvrier immigré qui est parti d'un petit village de Sicile pour Grenoble. Même si lui il est né en France, c'est quand même la première génération. C'est quand même extraordinaire les valeurs de ces gens, leur travail, leur volonté de s'intégrer. et et tout ce qu'ils ont eu comme espoir et dont ils sont reconnaissants en France. Donc lui, il est tout jeune, il est dans une banlieue grenobloise à Échirol et il part à 16 ans de chez lui pour faire son groupe, etc. Donc c'est pareil, il a la même volonté que son père, mais pour la musique. Moi, quand je le rencontre, je bosse déjà chez M6 Musique, à l'époque avec des patrons de labels, notamment le patron de Mercury, Yad Philippe Blanc qui n'est plus là. et Valérie Zetoun, qui s'occupait beaucoup de lui. Et puis Pascal Nègre, qui avait toujours suivi Calot. C'était un de leurs jeunes talents. Et à l'époque, on allait dîner au bain-douche. Je me souviens, c'était la classe. Je trouvais ça génial, moi. Et Calot, il m'avait croisée une ou deux fois. Et un jour, il m'avait pris la main. Il m'avait dit, tu sais très bien qu'il va se passer quelque chose entre nous. Et moi, je travaillais pour M6 Musique à ce moment-là. Et j'organisais des soirées une fois par mois. Je travaillais beaucoup avec les labels de musique pour que M6 Musique soit une chaîne où il y ait des artistes présents, français ou internationaux, etc. On essayait de créer du lien avec eux. Ça, ça me va très bien en plus. Donc, on faisait une soirée une fois par mois. Et un jour, Pascal Obispo est venu avec Calo. Et je crois que ça a été assez... immédiat, surtout lui. Et il avait pris mes mains, il avait dit « Ah, elle est douce. » Je sais qu'il avait quelque chose, lui, d'ancré, c'était destiné. Et puis, en fait, on s'est tournés autour pendant plusieurs mois. Je l'ai croisée dans des émissions. Voilà. Et c'est très sain, c'est très mignon. On était jeunes, on était des bébés. Moi, je n'avais jamais habité avec un garçon. Il y avait des valeurs familiales très fortes, mais on ne venait pas du même milieu. Il était chanteur, mais il avait une guitare et une voiture. Franchement, il habitait chez sa meilleure pote. Moi, j'avais un CDI chez M6, mais je n'ai jamais douté dans l'immense. Je ne savais pas ce qu'on allait faire tous les deux. Je ne savais pas qu'on allait se marier, avoir deux enfants. Et on a construit un truc super en huit ans. Je n'ai jamais autant construit avec quelqu'un. Mais, on va dire, je n'ai jamais douté. sur l'immense artiste qu'il était. Mais vraiment, jamais, jamais. Je n'ai jamais eu l'ombre d'un doute. C'était impressionnant, son talent de compositeur, de mélodiste, et sa force de travail. Je n'ai jamais vu un mec bosser autant. Et effectivement, après, quand j'ai eu un bébé et tout ça, j'avais envie qu'il soit un peu plus là.
- Speaker #0
On en est tous là. Et donc, ça a changé. Au début, quand tu le rencontres, Il est pas... pas très connu.
- Speaker #1
Il n'est pas connu. Il est sur le premier album en son nom, Calogéro. Et derrière, alors j'adore, il y a un mec de la maison de disques qui m'appelait Le Porte-Bonheur, parce que c'est vrai qu'après, on s'est mis ensemble et il y a eu deux albums énormes et c'était juste au moment de la crise du disque. Donc il y a eu Calo et Raphaël qui se sont passés, je ne sais pas comment, entre les gouttes. Mais voilà, après maintenant, les choses ont changé parce qu'il y a le streaming et tout ça. Mais en tout cas, dans la vente pure de CD et tout ça à l'époque, c'était immense. Et Callow, en fait, a eu pas mal de succès sur deux albums. On croit que c'est un seul, mais c'était deux. Il y en a un qui était éponyme et l'autre qui s'appelait Trois, puisqu'on était trois avec Nina qui venait d'arriver.
- Speaker #0
Ah, j'avais pas forcément cette info. Et oui,
- Speaker #1
et on habitait au troisième étage.
- Speaker #0
D'accord. Je préfère l'info sur la rivière de la petite fille que le troisième étage. Ça me semble plus embolique. Et c'était le troisième album.
- Speaker #1
Enfin voilà, il y avait plein de... Merci.
- Speaker #0
Et donc du coup, quand est-ce que tu t'es rendu compte qu'en fait, peut-être il y avait un côté, un changement dans votre vie qui devenait connu, qu'il était peut-être arrêté dans la rue ? Est-ce qu'il y a eu un espèce de déclic où c'est arrivé progressivement et tu t'es adapté à ça ?
- Speaker #1
Alors, comme je n'avais aucun doute sur son succès futur, sur sa réussite, comme j'étais intégrée à cela, j'étais au contraire, moi je suis... très... J'ai toujours entendu cette phrase que j'aime bien, que je vois pas du tout comme dévalorisante sur le fait que derrière un grand homme, il y a toujours une grande femme. Et ça, j'y crois tellement, parce que de toute façon, nous, on a un super pouvoir, c'est qu'on peut faire des bébés. Donc il a beau faire des albums sublimes et des chansons extraordinaires...
- Speaker #0
Il a de beaux bébés aussi, mais c'est pas du tout ça. Moi,
- Speaker #1
j'ai fabriqué deux filles sublimes. Et c'est quand même un truc incroyable de fabriquer un enfant dans son ventre. Donc, en ça, ça est le jour de... le jour de la naissance de mes filles et le jour de mon mariage, c'est vraiment le deux jours où j'avais vraiment toute la lumière sur moi et non pas sur lui. Le reste du temps, en effet, je ne l'ai jamais mal vécu, même si à un moment donné, quand on a commencé à se séparer, c'est vrai qu'il y a un artiste. Ça parle beaucoup de lui. C'est vrai que c'est plein de doutes. C'est vrai que c'est plein de questionnements. C'est vrai que c'est des questions incessantes, etc. Et que parfois, c'est chiant, j'avoue. En plus, moi, je vivais avec un bassiste. la basse dans un groupe, c'est génial, bon, il joue de tous les instruments, mais il jouait beaucoup de la basse tout le temps, tout seul. Et parfois, c'est bien, c'est génial, puisque j'arrive vraiment bien à la reconnaître dans des morceaux maintenant. Mais en même temps, parfois, je me souviens de lui sans arrêt. Je pense qu'il pouvait dormir avec sa basse. Mais en même temps, la force de travail derrière, elle est géniale. Donc, j'ai jamais vécu
- Speaker #0
Un avant-après. Même si je l'ai vécu dans le quotidien, c'est-à-dire que Nina est arrivée un peu avec du succès après sa naissance. Et du coup, ça a été de faire des projets. C'est-à-dire de se dire, on peut acheter un appart. On peut acheter une voiture. Il avait très envie aussi de subvenir aux besoins de ses parents, de choses qu'ils n'avaient pas pu faire, c'est-à-dire leur offrir des vacances, une voiture.
- Speaker #1
De dire, ok, je vais pouvoir mettre ce que je gagne à dispo de mes proches pour leur offrir des choses qu'on n'a pas pu avoir ou qu'on n'aurait pas pu avoir sinon.
- Speaker #0
Calo, il s'appelle Calo Gero, comme son grand-père, Salvatore, Giuseppe Salvatore. Donc, Salvatore, c'est le sauveur. Mais oui, je pense qu'on a eu huit ans, on a grandi ensemble. Il y a plein de codes qu'on n'avait pas ni l'un ni l'autre. Dans le fait de, je ne sais pas, quand on allait justement dans les autres. hôtels ou dans des grands restaurants où il fallait attendre qu'on nous dise un plat, comment c'était, ou bien on donne un pourboire. Je me souviens de ces trucs-là qu'on a appris tous les deux. Moi venant d'un milieu aristo et lui d'un milieu ouvrier, on avait quand même les mêmes valeurs et les mêmes incompétences totales sur des choses. On n'avait pas les codes sur plein de trucs.
- Speaker #1
Un peu de gens longs. Et là, vous avez appris ça ensemble. Qu'est-ce que ça t'a apporté aussi à toi cette période ?
- Speaker #0
Moi, je me sentais solide avec lui. J'ai bien aimé être dans la construction parce qu'on s'est construit notre vie au fur et à mesure, entre là où on habite. Moi, j'ai toujours continué à bosser. Du coup, moi, je bossais en télé et lui était artiste. J'ai fait un documentaire sur lui d'ailleurs qui n'avait pas été diffusé à l'époque. On a essayé de séparer, de ne pas tout mélanger, même si évidemment on avait envie de faire des choses ensemble. Et d'ailleurs la musique, les gens pensent que j'ai bossé en maison de disque alors que pas du tout. Et que je suis toujours restée du côté en télé, du côté de la fabrication plutôt que de l'autre côté. Même si j'ai une vraie proportion et en fiction ou en musique à aller chercher des nouveaux talents. J'ai un gros truc sur les nouveaux talents alors qu'il n'y a jamais de... Il n'y a pas d'argent. C'est vraiment une mauvaise idée. Mais en l'occurrence, j'ai eu beaucoup de plaisir à le voir évoluer, à le voir s'angoisser, mais à le voir travailler et à le voir dépasser des choses. Et au fur et à mesure, il a eu ce qu'il avait. Il faisait les premières parties de Zazie, de Obispo, etc. Et les gens venaient après pour lui. Alors qu'au début, personne ne vient pour vous quand on est en première partie. C'est hyper injuste. En attendant, quoi. C'est comme quand on chante devant des gens qui mangent, etc. Mais ce qui compte, c'est que le show soit bien. Au début, les tournées, c'était une toute petite camionnette avec tous les musiciens et des petits hôtels pas chers. Et puis, au fur et à mesure, c'était trop chouette. On a évolué et on a eu la chance d'aller dîner chez Gagnère, des trucs comme ça. Moi, je me souviens qu'après, je venais sur les tournées, le producteur de Calo, Thierry Suc, Et t'es un homme de goût. Donc, je regardais toujours où il venait parce que je savais que l'hôtel ou le restaurant, c'était trop bien. Et c'est en ça que j'adore profiter. Ça ne veut pas dire que j'ai pour autant la même chose à la maison. Je n'ai pas des domestiques et machin, etc. Mais effectivement…
- Speaker #1
T'as cette chance qui t'est offerte et tu la prends.
- Speaker #0
Exactement. Il faut savoir prendre ces choses-là.
- Speaker #1
Et du coup, t'as eu l'impression de contribuer à son succès, émergence. C'est ce que t'as eu.
- Speaker #0
On contribue parce que si on émet des doutes ou si on est insécure, c'est difficile. Mais l'avantage, c'est que je n'avais pas à me forcer parce que j'y croyais. Je n'ai pas fait semblant de lui dire si ça va être super alors que je savais que ça allait être nul. Non, au contraire. Ça, j'en étais convaincue et je pense qu'en ça, il faudrait lui demander à lui, je pense qu'en ça, ça c'est une force. Je pense qu'il avait confiance en moi là-dessus. Je pense même que... ça a été la même chose en ayant des enfants. C'est-à-dire qu'il ne s'est jamais inquiété de se dire « Ah zut, je ne peux pas partir en tournage des enfants. » Tu savais que j'étais là. Je ne sais pas où c'est écrit dans un manuel que c'est nous qui devons gérer la double vie, le travail, les enfants.
- Speaker #1
Je ne dis pas trop ça parce que moi, je combats ça justement en mode, ce n'est pas automatique en fait. Je ne suis pas automatiquement là.
- Speaker #0
C'est un super papa, mais franchement, cette gestion, cette organisation, c'est vraiment nous, les femmes.
- Speaker #1
C'est encore un combat là. C'est encore un combat essuiel,
- Speaker #0
je pense. Attention, c'est à nous aussi de faire attention, parce que souvent on dit ça ira plus vite, je le ferai mieux moi-même.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Mais en fait, on s'en fout s'il a mis la couche à l'envers et le body de travers. On s'en fout. Mais bon, c'est énervant. Mais voilà. Mais non, je pense que j'espère avoir été un soutien. Je pense sincèrement. Et c'est marrant, je suis allée le voir. Il est en tournée acoustique en ce moment dans les théâtres. Je trouve que c'est un super cadeau pour les gens. Maintenant, c'est devenu... Je vois... En fait, ça me fait revivre des périodes de vie avec lui et avec mes filles. Et je trouve que c'est devenu un artiste qui est rentré dans les maisons. C'est un artiste populaire dans le bon sens.
- Speaker #1
Il est populaire et il fait passer des messages dans ses chansons qui sont hyper importants et qui sont accessibles. C'est super chouette. C'est ce que j'aime beaucoup aussi dans un musée. Il y a une chanson d'ailleurs que tu préfères, qui te parle plus. Il y a un truc qui est très symbolique pour toi.
- Speaker #0
Il y en a qui me touchent énormément parce que la mélodie, je la trouve folle. Ou parce que je me souviens que j'ai eu une émotion au début et elle ne m'a pas quitté. Il y en a plusieurs. Une que j'adore particulièrement et qui n'est pas sortie en single ni rien, mais que les gens connaissent dans les albums, c'est qui s'appelle La Bienvenue. Parce que c'était une chanson pour Nina. Et qu'évidemment, quand je l'ai entendue enceinte, J'ai pleuré. Maintenant, elle chante avec lui sur scène, donc je vais pleurer pour une bonne raison. Mais je la vois s'épanouir et je trouve ça génial. Après, je suis toujours épatée par ses nouvelles créations, etc. Le premier album où je l'ai découvert, ça me rappelle une période. En fait, la musique en général, c'est comme les parfums, ça rappelle des périodes. C'est des souvenirs. Donc, chez Callow, il y a ça. Après, il y a aussi des choses qui étaient liées à notre vie. prendre racines, des chansons comme ça, c'était important. Je suis très marquée, j'adorais danser encore, danser encore qui est une chanson magnifique, qui n'a rien à voir avec nous, mais bon. Et puis ensuite, il y a eu l'embellie, qui est pour moi l'album de la séparation, parce qu'on n'a pas eu une séparation simple au départ, parce qu'on était très jeunes, des bébés quand il y a eu le succès, des bébés quand les bébés arrivent. et des bébés quand on se sépare. Donc tout ça a fait qu'aujourd'hui, on ne ferait peut-être pas les choses de la même manière. Communiquer, comprendre ce que c'était qu'un couple, avoir dépassé soi-même des choses qu'on avait à dépasser de nos parents, de tout ça. J'avoue que je n'ai plus le même regard aujourd'hui, mais j'assume. J'assume cette séparation, ce divorce. Je pense qu'Alo, il vient d'une famille... plus solide ou dans sa tête, même s'il y a des moments qui ne vont pas, on ne change pas. Là, la mienne, c'est pareil. Et là, je pense que moi, j'ai voulu changer par manque de maturité et puis parce que justement, je pense que j'avais ce truc d'éducation. On ne divorce pas, machin.
- Speaker #1
Tu te dis si, je vais te montrer qu'on peut.
- Speaker #0
En fait, je vais casser les codes, je n'en sais rien, je ne sais pas pourquoi. C'est trop long à expliquer aujourd'hui. Mais ça n'a pas changé. Ça n'a jamais brisé le rapport sain qu'on avait, la belle histoire d'amour, parce que c'était vraiment ça. Le vrai partage qu'on a eu, le fait de fonder une famille. Il est toujours là pour m'aider à éduquer mes filles. Elles ont 22 et 19 ans. C'est jamais fini.
- Speaker #1
Ah non, je pensais qu'à 18 ans, c'était fini.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Ah ok. Mais c'est autre chose.
- Speaker #0
C'est autre chose. C'est autre chose, mais c'est vrai que... je n'ai pas eu le sentiment d'avoir été abandonnée ou d'être seule. Au contraire, vraiment, on a construit.
- Speaker #1
On va revenir sur votre séparation un peu après, sur le regard des autres. J'ai une ou deux questions là-dessus. Est-ce que toi, tu as trouvé facilement ta place pendant ces dernières années-là, quand vous étiez encore mariée, par rapport aux gens qui, effectivement, commencent à regarder davantage ton mari que toi potentiellement ? Est-ce que ça a été dur de trouver ta place ? Est-ce qu'il y a des choses que tu as mal vécues ?
- Speaker #0
Au tout début, tout début, avant qu'on ait des enfants et tout ça, comme lui, il était en train de grandir dans sa notoriété, j'avais parfois du mal quand je voyais, quand je me disais, pourquoi il ne parle jamais de moi ? Ou pourquoi je n'existe pas ? Ou pourquoi il embrasse une fille dans un clip ? J'avoue que ça, ça a été un peu dur. Un peu dur, un peu... Je ne savais pas trop comment le vivre. Et puis... Petit à petit, je pense que ce qu'on a construit personnellement, du coup, m'a rassurée. Et ensuite, je n'ai jamais eu de problème. En fait, je ne me suis jamais vantée, je ne m'en suis jamais servie, voire même je ne le dis pas. Donc, encore aujourd'hui, souvent.
- Speaker #1
Ça ne t'a jamais servi dans la vie pro, par exemple, en disant... Ça t'a servi pour le réseau. Non, ça m'a desservie. Ah, ça t'a desservie.
- Speaker #0
Oui. Ça ne m'a pas servi. Pourquoi ? Parce qu'on se dit qu'elle n'a pas besoin de thunes, elle n'a pas besoin de bosser.
- Speaker #1
C'est un passe-temps. En fait, ton boulot est un passe-temps.
- Speaker #0
Non, mais c'est sorti dans la bouche de plein de gens. À un moment donné, quand je bossais, je me souviens, j'ai bossé sur des émissions chez Andemol, etc. Il y a des gens qui disaient « Ah bon, mais pourquoi elle a pris ce job ? Elle n'a pas besoin de bosser. » C'était au moment où il marchait bien et on était ensemble. Encore récemment, même quand j'étais productrice, quand on se disait « Elle n'a pas besoin de bosser, elle a une pension. » « Ouais, mais bon,
- Speaker #1
j'ai deux enfants à élever. » Ou son ex-mari, là, en l'occurrence, encore maintenant. Et ça t'a pas ouvert des portes ? Ça t'a pas aidé à... J'imagine que c'est plus simple de rencontrer certaines personnes parce que lui, il y connaît ou...
- Speaker #0
En fait, j'ai rencontré beaucoup par mon métier.
- Speaker #1
Ok. Donc, en fait, il n'y a pas trop de différence. Oui, alors,
- Speaker #0
Caillou, il a des amis solides, des amitiés solides, de longue date. Il a ses copains d'enfance. Il a des très bons copains qui sont mes copains. d'ailleurs c'est drôle ils sont à l'origine tes copains ? certains mais sinon il n'est pas ce qu'on appelle showbiz moi j'ai beaucoup plus de relationnel et de relation on va dire que lui il est beaucoup plus sauvage qu'on ne le pense voilà donc moi j'ai très artiste aussi mais j'ai toujours rencontré les gens par mon métier ou par d'autres choses mais sans forcément préciser alors C'est soit un atout pour comprendre, soit, j'en sais rien, je sais pas comment on le vit, mais non. Et je l'ai vécu beaucoup à travers ma fille Nina, qui s'en est souvent défendue, dans le sens où c'était pour exister par elle-même aussi en tant qu'artiste, mais même petite. Mais quand elle était à l'école de danse, etc., c'est moi qui l'ai fait rentrer, c'est moi qui lui ai fait passer ses examens. Et dès qu'il vient au premier spectacle, on dit « Ah, c'est ton père, c'est Calogéro, c'est grâce à ça » . Et c'est pour elle que c'est plus difficile.
- Speaker #1
C'est un vrai angle sur les enfants d'or. J'ai une question sur justement comment tu as protégé tes enfants, on en reviendra après. Toi, sur la place qui était la tienne, est-ce que tu as parfois eu l'impression de devoir jouer un rôle ? Est-ce que parfois tu as fait attention à ce que tu disais parce que tu étais la femme de Calogéro ? Est-ce que ça a changé aussi ? On parlait tout à l'heure de confiance en toi. Est-ce que parfois tu t'es dit, oulala, attention, tout ce que je vais dire va être interprété comme quelque chose que lui pourrait dire ? et Est-ce que tu as eu l'impression d'avoir une absence de liberté à un moment donné ?
- Speaker #0
Alors non, je n'ai pas eu une absence de liberté. J'ai plus eu une absence de lui. Parce que c'est vrai que La Rançon de la Gloire, c'est des grosses tournées, des albums en Belgique. Donc pas mal, je me suis retrouvée un peu seule. Je comprends, c'est normal. Mais voilà, c'est pas à toi que je vais expliquer ce que ça fait maintenant. Parce que la personne doit gérer une notoriété. Elle est sur le devant de la scène. Elle est prioritaire. Voilà, ça motive un peu tout. Alors qu'en fait, oui, c'est ça que je peux avoir, entre guillemets, mal vécu. Même si j'avais à ce moment-là le syndrome de la fille parfaite. Et je voulais que tout soit parfait, dans un monde parfait. Je suis née le jour de la sainte parfaite. évidemment. C'est ça. Je suis là parfaitement. C'est comme ça qu'on fout un coup de pied dans le château de cartes.
- Speaker #1
En disant, j'en peux plus.
- Speaker #0
Ça suffit maintenant. Et donc du coup, on est passé souvent à côté d'une communication, d'échanges. Et voilà, et d'un moment donné, j'ai été honnête aussi quand je suis partie. J'ai dit ce que je pensais. Je pensais ne plus être amoureuse. je pensais que J'avais peur, mes parents, moi je suis arrivée sur le tard, un peu en accident, je les voyais, je pense que je ne les voyais pas trop s'embrasser, je trouvais que mes parents avaient un rapport que je ne trouvais pas tendre et mignon. J'avais très peur de cette non-communication, de on vit à côté. Et en fait,
- Speaker #1
on n'ose jamais divorcer parce qu'il faut rester ensemble et rester ensemble pour des mauvaises raisons.
- Speaker #0
Ça n'allait pas du tout avec mon caractère. caractère, ma personnalité, mon authenticité. Bon, j'avoue qu'aujourd'hui, je pourrais être un peu plus posée. Mais à l'époque, j'avais envie de tout faire voler parce qu'il ne fallait surtout pas que je revive la même chose. Et tant mieux, la preuve, puisque grâce à moi, enfin grâce à ça, pardon, grâce à notre séparation, il a eu deux autres enfants absolument merveilleux. Et mes filles ont une fratrie, donc je suis...
- Speaker #1
Ça, je vois toi aussi.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Des moments de vie. Donc, effectivement, tu parles de cette séparation. Apparemment, ça a été douloureux, j'imagine, comme toute séparation, mais c'est vrai que vous êtes resté proche. Il n'y a pas eu de grand déclin. J'ai l'impression qu'aujourd'hui encore, vous avez une grande proximité, ce qui n'est pas donné à tout le monde, surtout dans ce milieu où potentiellement tout peut être monté facilement. Ça se tient à quoi, selon toi, cette relation que vous avez réussi à préserver ?
- Speaker #0
Ça tient à une base solide et saine, parce que c'était ça au début. Donc même quand il y a eu la notoriété des photographes ou des machins comme nous, on n'a jamais posé, jamais raconté. Tu vois, je me suis posé la question quand tu m'as demandé de faire ce podcast, parce que je me suis dit, c'est vrai, j'ai jamais raconté, ni parlé, ni témoigné. Mais je sais qu'aujourd'hui, je sais ce que j'ai à dire ou pas dire. Je connais entre guillemets les pièges. Et je n'ai pas peur de raconter quelque chose qui est beau. Si c'était moche, franchement, je n'aurais pas envie d'en parler. Donc non, c'est quelqu'un, il fait partie de ma famille. Et on a ces relations-là aujourd'hui. Donc je pense que le fait que le socle soit solide, que le dialogue maintenant soit là, On n'a jamais hésité à se remettre en question, à aller chez les psys. On se dispute aussi, je m'énerve encore parfois.
- Speaker #1
C'est sain, je pense. C'est vrai que c'est sain. J'espère que c'est sain.
- Speaker #0
Oui, je pense que c'est important aussi. J'admire l'artiste, mais je sais aussi quel homme il est. Là, il vient de perdre son papa, j'étais avec lui, ça a été quand même mon beau-père. Je me rends compte de toute l'histoire. Toujours le chemin qu'il a parcouru lui aussi. Lui comme moi, on a parcouru un chemin, pas au même moment, pas au même niveau et pas ensemble, mais c'est sain.
- Speaker #1
Est-ce que quand tu t'es séparée de lui, tu as retrouvé quelque chose ? Toi, ton identité,
- Speaker #0
ton regard aux autres ? Oui, j'ai retrouvé ma liberté. Ça, c'est sûr. On va dire avec le prix que ça coûte. Parce que justement... Tu quittes un mec qui est en plein succès, en pleine ascension. Franchement, les gens m'ont dit « mais t'es sûre ? » Ils m'ont pris pour une folle, quoi.
- Speaker #1
C'est quand même très confort de rester, pourquoi tu t'en vas ?
- Speaker #0
Ouais, exactement. Donc, ça c'est certain. Mais bon, après, femme de chanteur, ça a plein d'avantages et ça a aussi plein d'inconvénients, comme une femme de, on va dire, enfin une femme tout court. Moi, ce que je voulais, c'est qu'avant tout, il soit un père et il soit un mari aussi, autant qu'un artiste. Donc, même s'il ne serait pas un mari comme les autres, ni un artiste comme les autres, c'est un papa et un mari comme les autres. Alors après aussi, Gallo, il a un rapport à la liberté. Il a une chanson, je dis ça parce qu'il a un album qui s'appelle Liberté Chérie, et que je dis toujours, moi, il m'a écrit une chanson qui s'appelle Aussi libre que moi. Mais c'est vrai.
- Speaker #1
C'était pour toi ?
- Speaker #0
Ouais, c'était pour... Après, Calot, il écrivait pas beaucoup ses textes à ce moment-là, mais il a toujours inspiré les auteurs avec qui il travaillait, que ce soit Alana Filippi à ce moment-là ou d'autres. L'embellie, c'est... Son album L'embellie, c'est complètement notre séparation. Typiquement, ça, c'est un album que j'ai pas écouté avec lui et dont j'étais pas au cœur de la fabrication. Donc ça a été... Ouais, ça a été juste la petite période entre deux. Je me souviens quand il me disait « Ah, mais tu m'as plus écouté mes chansons en premier » . Là, je me suis rendue compte que ça avait beaucoup d'importance. Voilà ! C'est mignon aussi.
- Speaker #1
En partant, on se rend compte de l'importance qu'on pouvait avoir.
- Speaker #0
Oui, mais sauf que maintenant, on l'a retrouvé. Il peut même renvoyer des musiques. On va échanger aussi bien sur nos enfants et sur des choix d'études ou leurs problématiques ou bien leur musique. Parce que là, on a une aînée qui est très dans l'artistique. Et une fille, une seconde, elle a très envie de bosser dans la mode. Mais c'est très drôle, maintenant c'est deux petites femmes, il n'a plus besoin. Souvent il m'appelle pour parler des filles. Je lui dis, mais tu sais que maintenant tu as deux femmes en face de toi. Good luck ! Elles sont très différentes en plus de caractère. Et elles sont arrivées à des moments différents de notre vie. Parce que c'est vrai que Nina, elle est arrivée dans une vie qui était en pleine construction. Romy, elle est arrivée dans une vie un peu plus installée. Mais à l'inverse, j'ai fait attention parfois à ce qu'elle ne se raconte pas qu'elle était une enfant de la séparation parce qu'elle était jeune. Tu sais, c'est complexe.
- Speaker #1
Comment toi, tu as réussi à les élever et quel rapport tu leur as donné avec la notoriété ?
- Speaker #0
Alors, très discrète dans la notoriété. Il n'y a jamais eu d'avantage de « je suis la fille de… » etc. Nina était même en rejet dans le sens où… Le moment où ça commence à se ressentir, ça a été au moment de Faces à la mer ou ces trucs-là. Donc, c'est vraiment 7-8 ans, pas avant. En fait, elles ont toujours vu leur père travailler. Donc la notion du travail, oui, c'est pas poser dans les magazines et aller dans un magasin chez Saint-Laurent, prendre un sac et déjeuner au coste. Je crois que mes filles, je les ai élevées dans ces deux trucs-là. Dans le sens où elles voient déjà les différences de nos deux familles. Ensuite, il y a la notoriété, entre guillemets, le showbiz ou j'en sais rien, ou la vie parisienne. Et oui, moi je trouve ça super et j'ai toujours appris à mes filles à être adaptables. Tu as la chance de déjeuner à l'hôtel coste avec papa. Et ensuite, de voyager en seconde classe quand tu prends tes billets.
- Speaker #1
Pour toi, c'est important de préserver ce côté. Attention, les filles, la vraie vie, c'est ça, en fait.
- Speaker #0
Partir en colo au mois de juillet et une semaine à Saint-Barthes. Ouais.
- Speaker #1
Et c'est comme ça que tu les as protégées ?
- Speaker #0
Je n'ai pas eu le sentiment d'avoir à les protéger parce qu'on les a protégées ensemble par cette éducation. et ces valeurs-là de travail et de... c'est pas parce que t'es la fille de machin... au contraire, en tout cas, Nina elle a très vite compris que artistiquement ça allait pas l'aider.
- Speaker #1
Ouais, ça l'aide pas du tout, ouais parce que c'est intéressant de voir si ça lui permet, elle aussi, de lui ouvrir des portes Non,
- Speaker #0
mais pour tous les enfants quand on veut être cinéaste, musicien ou machin, on a mis l'exemple, Mathieu Chédid quand il était jeune, on lui disait, ah n'y va pas tu vas te casser la gueule.
- Speaker #1
Bon, il a quand même plutôt bien fait de y aller.
- Speaker #0
Il a réussi son itinéraire et tout ça, mais... Il avait son chemin à faire. Je pense que mes filles, c'est pareil. Si Nina, elle veut vraiment faire ça, elle le fait toute seule.
- Speaker #1
Son père, toi, vous l'accompagnez dans ce chemin, mais elle arrive à trouver une identité, d'avoir sa patte à elle.
- Speaker #0
Là, elle vient de créer, elle a monté un groupe avec des copines. Elle a commencé à faire de la musique alors qu'elle avait rejeté la musique à fond. Mais voilà, si tu veux jouer de la guitare correctement, il faut travailler. Si tu veux monter sur scène, et créer un groupe, il faut composer. Il n'y a rien qui fait qu'elle pourra réussir. Et il n'y a aucune porte qu'on peut lui ouvre. La seule chose qui est géniale, c'est que dans la maison, il y a un studio. Ça, c'est immense.
- Speaker #1
Elle a des facilités comme ça, très pratiques. Mais elle a aussi des handicaps de gens qui ne vont pas lui faire confiance parce qu'elle va se dire que ce n'est que la fille d'eux.
- Speaker #0
Mais il ne s'agit pas de se plaindre, il s'agit de savoir comment le dépasser. C'est la légitimité qu'on recherche tous. Et en même temps, elle a noué une complicité artistique avec lui qui est géniale.
- Speaker #1
Quand tu vis dans la vie de Kelly. quelqu'un de connu, t'as souvent pas mal de préjugés. Est-ce qu'il y a un cliché qui est beaucoup revenu sur toi, sur votre famille, qu'on a pu te dire ou sous-entendre et qui t'agace particulièrement ?
- Speaker #0
En fait, t'es plus exposée au jugement. J'essaye moi-même de pas trop juger les gens. On peut se faire des films sur mille choses et mille personnes. Et moi, je trouve que chez les artistes,
- Speaker #1
il faut garder aussi un peu de mystère. On a beaucoup parlé de Kao Jero, parce qu'évidemment, encore aujourd'hui, tu es l'ex-same de Kao Jero, mais on en parle aussi beaucoup de... Toi, je ne sais pas si tu as déjà googlisé ton nom, est-ce que tu as fait cet exercice ?
- Speaker #0
Je crois que je l'ai fait une ou deux fois, comme ça, plus pour voir un peu les photos. Parce que d'une manière générale, comme sur ces airs de politesse et de gentillesse, je me suis souvent retrouvée en photo dans des magazines vraiment où j'étais dégueulasse. C'est-à-dire, j'étais jeune et je n'avais pas compris qu'il fallait que je fasse attention à comment je m'habille ou comment je me coiffe, parce que j'allais me retrouver... en maillot de bain à l'île Maurice après avoir accouché voilà en fait je n'avais pas compris même la montée des marches l'année où j'ai compris heureusement au Energy Music Awards j'avais la chance, il y avait Jennifer qui était souvent en actu à ce moment là et comme Jennifer la chanteuse on s'était connues à la sortie de la Starac ensemble et qu'on a eu nos premiers bébés ensemble on s'était un peu suivies et j'avais été voir sa maquilleuse je t'en supplie maquille-moi Faire un truc. Parce que j'avais pas prévu, j'avais pas compris, j'avais aucune exigence là-dessus. Et je me suis retrouvée dans des trucs mais genre affreux. En fait, il faut bizarrement tout contrôler, entre guillemets. Ça, moi, c'est un truc que j'ai pas du tout géré. Parce qu'en plus, à l'époque, on n'avait pas...
- Speaker #1
C'est vrai, t'avais pas ce rapport à l'image qui est très présent aujourd'hui, je pense. Non,
- Speaker #0
en tout cas, je ne l'anticipais pas. Et je pense être quelqu'un de pas intéressant. Donc c'était lui. Et puis lui aussi, lui, il voulait parler que de musique. Calot, il disait qu'il était beau et que pour ça. Il a refusé souvent beaucoup de talk show au début parce qu'il voulait parler que de musique. À une époque où on invitait des gens, moi, programmatrice d'émission, on m'a demandé, on voudrait qu'un tel, il fasse ci et puis il fasse ça. Mais ça, ça n'a jamais été dans son ADN ni dans le mien. Donc, je n'ai jamais pensé à ça.
- Speaker #1
Donc, tu regardes pour tes photos, mais tu ne regardes pas ce qu'on dit de toi.
- Speaker #0
Non, c'est vrai.
- Speaker #1
Alors, ce qu'on dit de toi aujourd'hui, c'est bon. Évidemment, il y a ce côté galop, mais il y a aussi Laetitia Lidé.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Qui ressort beaucoup, beaucoup. Vous êtes toutes les deux des femmes dont l'identité publique s'est construite à travers un homme quelque part. Je parle de l'identité publique, pas de la carrière professionnelle qui, soit, s'est construite bien avant. Est-ce que c'est quelque chose qui vous a rapprochée, dont vous parlez, où vous avez pu parler, ou est-ce que c'est quelque chose que vous mettez de côté ? Parce que ce n'est pas du tout la nature de votre relation.
- Speaker #0
Il se trouve que je suis devenue très amie, plus amie avec elle. Après ma séparation, même si on se connaissait avant, elle a été d'un grand soutien quand je me suis séparée. Dans des déménagements, venir à la maison avec des gâteaux, je me souviens d'elle en train de faire le lit, etc. Ils avaient tous les deux beaucoup de respect pour Calot, en tant qu'être humain et en tant qu'artiste. Comme beaucoup de gens, ils étaient un peu peinés de notre séparation parce que c'est des choses qui arrivent, on était jeunes, la notoriété qui arrive au milieu. Il y a beaucoup de confusion dans ces cas-là. donc ils étaient plus euh Voilà, Johnny disait, il me faisait rire quand il disait, parfois il disait, quoi là Jérôme ? Mais qu'à l'eau Jérôme, à chaque fois il me disait, de toute façon, t'auras toujours qu'un ex et lui, etc. Et en fait, ils ont été plutôt comme une, ça a toujours été assez familial et assez chaleureux. Et en plus, il y avait les filles qui étaient en bas âge, Jade et Joy, et Romy et Nina qui sont proches en âge. Et du coup, ça nous a créé des liens avec Laetitia qui ont fait qu'on a eu... Je te dis, je pense que moi, en tout cas, ils n'ont pas été amis avec moi parce que j'étais l'ex-femme d'eux, mais plutôt pour moi.
- Speaker #1
Justement, tu parlais de tes filles et de cette relation avec les filles de Laetitia. Mais est-ce qu'en fait, finalement, leur proximité, elle n'est pas liée aussi au fait qu'elles partagent une même réalité, qui est cette notoriété du père et qu'elles peuvent échanger là-dessus ?
- Speaker #0
Dans ce cas précis, la notoriété est très différente parce que Johnny... D'abord, c'est Johnny. C'est la tour Eiffel, c'est un membre de la famille. C'est quelque chose d'imposant. Et ce n'est pas du tout le même artiste que Kahlo. Il y a un autre truc, c'est que Jade et Joy ont une histoire différente de mes filles. Elles sont issues d'une adoption et d'une grande histoire dont elles n'ont absolument aucun secret, qu'elles connaissent et qui est magnifique. Encore une fois, ce qui les a réunies, c'est notre amitié et nos valeurs communes. dans l'éducation, dans ce qu'on leur demande. Et après, c'est leur caractère et ce qu'elles font. Et c'est leur vie. Parce qu'au bout d'un moment, on impose à nos enfants de se voir parce qu'on est en vacances ensemble, etc. Puis quand ils grandissent, s'ils n'ont plus envie de se voir, ils n'ont plus envie de se voir. En grandissant, il y a plein de choses dont elles se rendent compte. Ma fille, elle s'est rendue compte de pas mal de choses. En perdant son grand-père, ma deuxième fille, Romy, qui avait un peu un rejet de tout ça. qui s'était un peu protégée à la mort de Johnny, mais elles étaient jeunes. Là, elle a un peu plus compris ce qu'avait ressenti Joy, dont elle est assez proche. Il y a aussi le fait de grandir à Los Angeles, c'est différent. Elles sont un peu préservées, mais en même temps, c'est intéressant de voir les différences. Et puis aussi, plein de petits points communs comme ça. Ça ne fait secret pour personne. Quand cette année, il y a eu des incendies à Los Angeles, ils ont perdu leur maison avec tous leurs souvenirs. Reste rien. Ma fille est remise chez son père. Il y a eu un incendie aussi. Ça n'a rien à voir. Ce n'est pas les feux. Mais du coup, elle a vu ce que c'était que de perdre. Donc, c'est des points communs de vie comme ça qui ont fait que nous, on n'a pas eu à forcer ça. Mes filles, pendant longtemps, petites, elles ont vu justement des vacances comme ça ou des moments sympathiques et rigolos. Johnny n'était jamais sur l'éducation. Quand on disait vous mangez rien avant le déjeuner, lui, il leur donnait du chocolat et ça le faisait marrer. Et en même temps, il imposait son rythme ou des choses comme ça. Mais avant de se rendre compte que plus grande, c'est un monument de la chanson, c'est un artiste, mais c'est un homme comme les autres, comme tous les artistes d'ailleurs.
- Speaker #1
Est-ce que tu ressens ou est-ce que tu as ressenti que parfois des gens... t'approchaient ou venaient te voir pour de mauvaises raisons ?
- Speaker #0
Je l'ai ressenti plutôt du côté professionnel, ouais. Parfois, j'ai pensé à des gens qui me disaient « Ah, qui voulaient me voir ! » Je me disais « Ah, c'est super, peut-être me proposer un job ! » En fait, non, c'était un documentaire pour Laetitia ou un truc pour machin. Voilà, je sais faire le tri de ça.
- Speaker #1
Qu'est-ce que ça te fait d'être là et dans ce podcast et de parler de toi pour une fois ?
- Speaker #0
Je trouve ça très agréable. Je suis sûre qu'il n'y a pas de hasard. Ça arrive au bon moment. j'aurais pas été... prête en amont, et ça va dans le sens de ce sur quoi je travaille, parce que je pense qu'on n'a jamais fini de bosser sur soi, et c'est ça que je trouve intéressant, donc c'est les enfants qui nous amènent à ça, c'est nos métiers, c'est la vie en général, et voilà, je me suis dit, quand tu m'as proposé ça, je me suis dit, ah tiens c'est marrant que ça m'arrive maintenant, c'est marrant qu'elle me propose ça, et effectivement au départ j'allais plutôt dire non non mais moi ça n'intéresse personne. En fait, je me suis dit, laisse-moi porter, si c'est là. accueil, il n'y a pas de danger, il n'y a rien de...
- Speaker #1
Il n'y a pas de danger, il n'y a pas de piège, je te le confirme. Et la dernière question, qui est toujours la question traditionnelle du podcast, si tu avais l'opportunité d'avoir un bouton magique qui fasse que tu peux enlever toute la notoriété autour de toi, donc c'est-à-dire que, par exemple, Kao Jero n'est jamais percé, est-ce que tu appuierais dessus ?
- Speaker #0
Non. Pas du tout, parce que j'ai aucun problème à enlever toute la notoriété autour de moi et à être anonyme tout le temps. Mais en revanche, je trouve qu'il a un talent immense et que ça aurait été trop dommage de se passer. Je trouve ça magique d'avoir un don pareil. Mais c'est valable pour les cinéastes, pour les acteurs. Moi, je trouve ça... Mais c'est valable aussi pour les médecins, les avocats. Moi, j'adore les gens qui sont brillants.
- Speaker #1
Donc, tu n'appuierais pas ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Tu laisses le talent s'exprimer.
- Speaker #0
Oui, non, mais surtout, j'aurais trouvé... Enfin, d'abord, je pense qu'il ne faut pas avoir... Je ne suis pas quelqu'un qui a des regrets. Évidemment, c'est important de réfléchir, mais je n'ai pas de nostalgie ni rien. Ce qui est fait est fait, il vaut mieux avancer.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Hortense. C'était un chouette moment partagé avec toi. En général, on parle de toi, mais peut-être qu'aujourd'hui, pour la première fois, on a vraiment entendu Hortense de celle qui se racontait. Merci d'avoir joué le jeu, merci d'avoir accepté de sortir du cadre dans lequel on t'a souvent enfermée aussi. Si cet épisode vous a plu, vous pouvez le partager autour de vous. Et si vous aimez les conversations qui cherchent à comprendre ce qui se cache vraiment derrière l'image, les images, abonnez-vous à Contre-Jour sur toutes les plateformes de podcasts. A très vite !