- Speaker #0
2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 33, 34, 35, 36, 37, 38, 39, 40, 41, 42, 43, 44, 45, 46, 47, 48, 49, 50, 51, 52, 52, 53, 54, 55, 56, 57, 58, 58, 59, 51, 52, 53, 56, 57, 58, 59, 52, 53, 59, 52, 53, 59, 52, 53, 59, 52, 53, 59, 52, 53, 59, 52, 53, 59, 52, 53, 59, 53, 59, 52, 53, 59, 53, 59, Et puis un jour, votre fils monte sur scène devant des millions de personnes. Et votre belle-fille pose sa caméra sur des films que tout le monde connaît. Et doucement, sans que vous l'ayez décidé, vous devenez le père d'eux. Le beau-père d'eux. C'est l'histoire de Jean-Louis Croquette, 84 ans, entrepreneur, vigneron, rugbyman, père de Thomas Mars, le chanteur de Phoenix, et beau-père de Sofia Coppola. Un homme qui a construit toute sa vie quelque chose qui lui appartient, et qui se retrouve au soir de sa vie catégorisé par ce que ses proches sont devenus. Dans À contre-jour, le podcast, On remonte à rebours de ces étiquettes pour trouver qui il est, pour comprendre comment on vit à 84 ans dans l'orbite de noms qui ne sont pas le sien. Bonjour Jean-Louis.
- Speaker #1
Bonjour. C'est tellement agréable d'entendre ça. Tout est vrai et tout est tellement agréablement dit et que ça semble très simple. En fait, si on commence, qui est devenu le premier très célèbre, c'est Thomas. Et ça a commencé à 10-11 ans, sa vocation. A 10-11 ans, il me dit « Papa, je préfère être coursier chez Machine Musique que n'importe quel autre métier. » « N'importe quel autre métier. Je veux faire mon métier dans la musique. » Et toute cette bande de copains s'est retrouvée à Versailles, où j'avais la chance d'habiter une grande maison avec un immense sous-sol. Et j'ai transformé le sous-sol en studio d'enregistrement. Et là sont passées toute la fameuse French Touch Versaillais, c'est-à-dire Air, Daft Punk et Phoenix. qui sont toute une bande de copains et vraiment c'est un groupe qui est absolument exceptionnel parce que maintenant ils vont avoir 50 ans cette année à peu près de moyenne.
- Speaker #0
Tu vois Jean-Louis, je suis venue pour t'interroger toi et dès la première question tu me parles de ton fils alors qu'en fait ce qui nous intéresse là pour l'instant c'est toi surtout.
- Speaker #1
Ah bon ?
- Speaker #0
Je voulais savoir comment tu te présentes aujourd'hui, toi en tant que Jean-Louis, si tu ne dois pas parler de tes enfants.
- Speaker #1
Alors aujourd'hui en 2026, je me présente comme Vigneron. Parce que j'ai un domaine viticole qui s'appelle Château-Tuerie. Je fais d'excellents vins. Je suis un gros vigneron parmi les petits, un tout petit parmi les gros.
- Speaker #0
Enfin, un peu de promo comme ça en même temps. Si, si,
- Speaker #1
si, complètement. Bien sûr, c'est de la promo. Mais parce que tous ceux qui boivent mon vin restent des clients fidèles. Et en ce moment, le monde du vin en général, et là, si je peux défendre l'agriculture en général, tout ne va pas très, très bien.
- Speaker #0
C'est vrai que le développement, du coup, c'est compliqué.
- Speaker #1
Et donc, ce qu'on essaie, c'est comment mes enfants, mes petits-enfants, comment toute cette nouvelle génération va se retrouver à l'aise pour avoir une vie agréable dans un contexte où la crise climatique est colossale. Et ça, comme vigneron, je la sens bien.
- Speaker #0
Tu bois tous les jours ?
- Speaker #1
Tous les jours. Donc aujourd'hui, quand je me présente, je dis Jean-Louis Croquet, vigneron.
- Speaker #0
Mais tu as eu mille vies avant ? Avant, j'ai eu mille vies,
- Speaker #1
c'est-à-dire que je suis d'une origine modeste. J'ai commencé à travailler, je suis né à Versailles, dans le château, dans le hameau de Marie-Antoinette, dans la laiterie.
- Speaker #0
C'est pas banal quand même. Non,
- Speaker #1
mon grand-père, ma grand-mère habitaient une maison qui était à cheval, Porte Saint-Antoine, à Versailles, au Chenet, qui était à cheval entre le parc de Versailles et était ma cour de récréation. Un jour, ma mère se promenait, 28 juin 1943, et puis d'un seul coup, ça a commencé.
- Speaker #0
Et c'est là où le petit Jean-Louis est arrivé.
- Speaker #1
Et le petit Jean-Louis est arrivé là. Et depuis, j'ai été très attaché à Versailles. Je dis toujours partout, c'est mon village. C'est là où j'ai fait 14 ans au lycée. J'ai été élève, j'ai été pion. J'étais joueur de rugby, capitaine de l'équipe. J'étais très investi dans la vie locale. Et Versailles était la ville de province la plus proche de Paris. Et d'ailleurs, souvent... Mes enfants critiquent beaucoup Versailles parce qu'ils trouvent qu'on s'y ennuyait un peu, c'est pour ça qu'ils ont fait de la musique. Je dis, c'est une chance pour vous. Mais Versailles est une ville, c'est vrai, peut-être une ville dortoir de luxe, mais c'est une ville en fait très agréable. D'ailleurs, je me rappelle à un moment donné quand j'ai dit, qu'est-ce que je vais faire de la dernière quarte de ma vie, qui va tout doucement me diminuer, me diminuer intellectuellement, me diminuer physiquement, ce qui est complètement normal, donc il faut y trouver d'autres avantages. Et je dis, dans ce cas-là, il y a deux choses qu'on peut faire, c'est de la politique locale. Parce qu'on a du temps à consacrer aux autres. Et c'est vrai qu'être maire de Versailles m'aurait plu. Et être vigneron. Et quand j'ai proposé à ma femme en lui disant « qu'est-ce qu'on pense ? » etc. Elle m'a dit « dis-moi tout de suite si tu veux faire de la politique. » Parce que dans ce cas-là, je fais ma valise et dans cinq minutes, je suis retourné chez moi.
- Speaker #0
Très bon choix. Très bon choix. Donc,
- Speaker #1
ça n'a pas duré longtemps. Donc, on s'est mis à la recherche d'un vignoble. Et j'avais déjà acheté un petit vignoble à Chablis pour me tâter déjà du raisin. Et là, j'ai eu. confirmer que c'est ce qui me plaisait.
- Speaker #0
Tu as aussi beaucoup entrepris, tu as créé beaucoup de choses. Tu peux nous en parler ?
- Speaker #1
J'ai d'abord commencé, j'ai fait des études, j'ai fait un doctorat d'université à SASS. Ensuite, j'ai fait un C4 d'informatique appliquée. À mon époque, la grande révolution, c'était les débuts de l'informatique. Fortran, COBOL, les premiers langages, on écrivait ses programmes pour, avec l'écriture des programmes, arriver à sortir des statistiques et des choses comme ça. Et puis, à un moment donné, je devais avoir 20... J'ai échappé de justesse à la guerre d'Algérie. Et donc, je me suis retrouvé avec un premier job à trouver. Je visite une douzaine d'entreprises. La dernière que j'avais vue, c'est une boîte qui s'appelait Pernod. Quand j'ai en face de moi un président qui disait toujours tout bêtement, vous savez, patron, il faut que ça arrive le premier matin et que ça parle le dernier soir. C'est celui qui m'a parlé vraiment humainement. Et donc, je me suis retrouvé le lundi matin à commencer chez Pernod, à Maison Alphore. Et je me suis occupé avec l'équipe de Pernod. de la fameuse fusion-absorption Pernod-Horeca, qui est devenue aujourd'hui le plus grand groupe mondial.
- Speaker #0
Donc tu avais quel âge ?
- Speaker #1
C'était à la fin de mes études, j'avais 23, 24 ans. Et à un moment donné, je dis maintenant, j'ai envie de créer mon entreprise. J'avais trouvé ma voie, les statistiques. Les statistiques, les sondages, le marketing, les prévisions, en disant ça, ça me passionne, ça m'intéresse. Et j'ai créé ma première entreprise, à Versailles bien entendu, qui s'appelait MotivAction, qui mesurait les sondages d'opinion, qui mesurait les... les audiences à la télévision, j'ai créé aussi mes diamétries. Après, en Suisse, j'ai fait beaucoup de choses avec Tapie, j'ai produit l'émission Ambition aussi, ça, je ne sais pas si vous le savez. Donc, toute cette vie-là, je n'ai pas arrêté de créer, Et en créant ces entreprises, en passage, j'ai créé RFM aussi, la station de radio, qui en fait veut dire Radio François Mitterrand, parce que Mitterrand, dans son programme en 1981, avait mis la suppression du monopole de Radio France, c'est-à-dire ouverture au radio libre. Et il y avait l'époque du radio libre où les premières radios On était dans des bateaux. Et nous, on est allés avec mon partenaire qui était l'homme de la radio. Il s'appelait Patrick Meyer. On avait 5 ou 6 ans de plus que la moyenne des jeunes qui montaient les radios livres. Donc, on avait un peu plus d'économie. Donc, on avait un émetteur un peu plus puissant. Et avec cet émetteur plus puissant, on avait un moment jusqu'à 25, 30, 40 % de l'audience. Et on avait Coluche à l'antenne. Donc là, on bavardait, ça bombardait tout le temps. Donc, toute une série d'aventures comme ça. Et ça n'a pas arrêté toute ma vie. Et un jour, j'avais monté ma première petite filiale au Japon, une personne, en Allemagne, deux personnes, en Angleterre, trois personnes. Et là se présente une occasion incroyable. Mon partenaire anglais qui me dit « je suis victime d'une OPA hostile, on est racheté, etc. » Je parle à mes banquiers, je dis « écoutez, il y a une opportunité incroyable, la structure est cotée à la Bourse de Londres. » Et je sens que... L'association d'un anglais et d'un français, là ça a fait un miracle et c'est devenu le premier groupe mondial d'études de marché et de sondage d'opinion qui s'appelait TNN. Mon dernier exploit a été avec ce groupe de racheter la Sofres. Depuis ça a donné le numéro 1 mondial et à ce moment-là je regarde effectivement le cours de bourse. Au début on est majoritaire dans toutes ces petites boîtes puis à la fin il ne vous reste que quelques pourcents. Mais la valorisation du groupe était tellement énorme qu'on dit maintenant ça y est je peux choisir le vignoble que j'ai envie. E.G. De joie de quitter ça, mais d'arriver un peu avant 2000 à un infarctus assez grave. J'ai fait un infarctus pas trop vieux. Ce qui est un avantage, c'est qu'on se remet très bien. Et quand on se remet bien, on prend 10 hommes moins. Et ça m'a stoppé l'envie de fumer définitivement toute ma vie. Depuis 55 ans, je vais tous les ans faire un contrôle si tout va bien.
- Speaker #0
Quand tu te présentes comme ça, il y a énormément de choses à dire. Est-ce que parfois, tu fais exprès de parler de tes enfants ? ou est-ce qu'au contraire, tu évites d'en parler ?
- Speaker #1
J'évite d'en parler.
- Speaker #0
Ok. Est-ce que Thomas et Sophia savent que tu fais ce podcast ?
- Speaker #1
Non, mais je leur en parlerai, parce que je vois Thomas la semaine prochaine.
- Speaker #0
Ok, mais tu ne leur as pas demandé, entre guillemets, la permission ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Non, mais c'est intéressant de savoir si tu leur as dit que tu allais parler, et notamment de cette relation entre eux et toi. Est-ce que tu peux nous dire comment eux, ils te voient ?
- Speaker #1
Je ne sais pas s'ils avaient voulu faire plaisir, mais c'était amusant. Sophia a fait un film qui s'appelle On The Rocks. Et en discutant avec Sophia, que je vois aussi fréquemment, puisqu'elle vient souvent à Paris. Elle est dans la mode, au moment des Fashion Week, etc. Elle est très impliquée. Et Sophia me dit, ce personnage est inspiré de mon père et de mon beau-père. Et elle me dit, en fait, tout ce qui est sympathique, c'est toi, et tout ce qui est moins sympathique, c'est mon père. Et les copains qui voient le film, ils disent, mais c'est pas pensable. C'est toi tout le temps. Pas tout le temps, mais presque. Des moments, il y a des photos, c'est mon bureau, c'est mon appart, et j'ai été très touché de voir que... forcément, elle avait en tête quand même que son beau-père lui paraît quelqu'un d'intéressant et d'original. Avec Sophia, je lui prépare toujours, quand elle vient me voir dans mon vignoble l'été, et c'est tous les ans-là où je lui prépare une place avec des floraisons particulières, où elle écrit les premières idées du film qui va être le prochain film qu'elle va faire.
- Speaker #0
Donc, ça veut dire qu'elle fait chez toi, dans le sud de la France, les premiers écrits sur ses films ?
- Speaker #1
Alors, les premiers, peut-être pas tous, mais en tout cas, oui. C'est une bosseuse énorme, elle travaille tout le temps. Elle est très, très bosseuse. Et donc, elle écrit ces films-là. J'essaie depuis longtemps de l'influencer pour qu'elle fasse un film sur le vin. Mais ça ne marche pas. Ah non, non. Sa passion, c'est les femmes. Les femmes, d'ailleurs, un peu comme ce que tu fais là. Par exemple, il y a eu un film récemment sur Priscilla. C'était la femme de Breslet. Et donc, elle fait des films sur les caractères des femmes. Et elle a un talent absolument fabuleux. Je sais qu'elle prépare quelque chose pour Versailles aussi. où elle avait fait Marie-Antoinette. Oui,
- Speaker #0
c'est les 20 ans du film Marie-Antoinette, il me semble.
- Speaker #1
La première fois où je l'ai connue, c'était à Versailles, quand elle tournait Marie-Antoinette. On ne se connaissait pas avant. Puisque beaucoup de gens m'ont dit, comme j'étais toujours fourré dans le jardin, puisque je suis aussi le vigneron officiel du château de Versailles, puisqu'il y a une petite vigne dans le Lameau de Marie-Antoinette. Et j'ai aussi un pub irlandais sur la place d'Armes aussi. Pub irlandais que j'avais monté avec un autre copain. Je suis très rugby parce que j'aime bien les associations. Dès qu'on se retrouve à deux, on est beaucoup plus riches que tout seul. On est toujours... tout seul. Si, maintenant, j'ai du plaisir à être tout seul, parce que je réfléchis un peu à d'autres choses, mais beaucoup plus personnelles, comme ça, sur l'évolution, la vie, la mort, la maladie, les choses comme ça. Mais il ne faut pas que ça dure. Dès que j'ai envie de discuter ou envie de faire autre chose, hop, je pars, je vais à Paris, je vais à Rome, je vais n'importe où. L'aéroport est à côté de chez moi.
- Speaker #0
Bon, on a vu ce que tu étais en tant que beau-père, en tout cas, tel qu'elle te perçoit, quand même très positivement.
- Speaker #1
Je fais gaffe à mon fils, par contre.
- Speaker #0
Et voilà, ton fils, il te voit comment, lui ? C'est quoi votre relation ?
- Speaker #1
On se téléphone tous les jours, pratiquement. C'est souvent moi qui l'appelle.
- Speaker #0
Ah oui, non, tu le harcèles, en fait.
- Speaker #1
Non, C'est un échange. Ça peut durer dix secondes. On s'échange toujours un coup de fil, soit quand il est en taxi, soit quand il est dans les avions. Notre passion commune, c'est l'aviation. Et sa passion à lui, c'était l'astronomie, c'était les modèles d'avions, comment celui-là, il vole, qu'est-ce qu'il a comme bruit, qu'est-ce qu'il a... Vous connaissez l'application Flightradar. Quand vous avez l'application pro, vous pouvez pratiquement tout savoir. La vie de l'avion, l'âge, le Ausha, le bain-tard, les accidents. Et tout ça, on est passionné de ça. Donc on s'appelle toujours, et comme il est toujours passé sa vie dans l'avion, et que moi j'ai été pendant 5 ans steward d'Air France. Premier job d'été.
- Speaker #0
Et de là est née du coup cette espèce de passion ?
- Speaker #1
Sans doute, parce qu'après, j'ai passé mon brevet de pilote à Saint-Cyr-l'école. Ensuite, j'ai acheté avec un copain un avion. Et on a commencé à voyager en avion. C'était fabuleux. J'ai fait 40 fois le tour du monde pendant 5 ans.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous parler d'un truc que tu fais avec tes enfants et petits-enfants, mais que les gens n'imaginent pas ?
- Speaker #1
Thomas est un organisateur de jeux. On fait beaucoup de jeux. On fait des jeux, on invente des jeux et on crée des jeux. Et Thomas ne peut pas rester longtemps sans rien faire, lui. Ils sont très organisés. Ils ont une vie organisée magnifique. Toujours, il se passe quelque chose.
- Speaker #0
Donc toi, tu les forces à venir. 15 jours tous les étés chez toi.
- Speaker #1
Je ne les force pas, je fixe la date et tout le monde radine. Ils sont toujours là, tout le temps. Non, ils aiment bien tous se retrouver aussi.
- Speaker #0
On va venir maintenant sur le jour où tu as compris qu'il y aurait quelque chose, que notamment Thomas, quand il était jeune, tu t'es dit tiens, il va y avoir quelque chose de différent avec ce garçon.
- Speaker #1
Alors, Thomas était plutôt doué à l'école et il avait une passion, une passion pour la musique, tout le temps, tout le temps. J'ai essayé de le mettre au rugby. Un jour, il vient me voir, il a l'arme à l'œil, il dit « Papa, pourquoi tu me fais du mal ? » Il sort avec le cocarde. Ça ne me plaît pas. Mais j'ai dit « Attends, si ça ne te plaît pas, tu ne fais pas de rugby, tu fais autre chose. » Et non, c'était la musique dès le départ. Et avec ses copains, il y a une bande avec les deux frères Mazzalai. Alors, ils ont des noms, ils ont des surnoms. Là, il y en a pour une heure. C'est une carrière. Ils ont eu la chance. Alors, certains d'entre eux sont des premiers brides conservatoires, sont déjà des grands musiciens. Et là-dessus, dès le départ, j'ai fait tout de suite un deal avec lui, un peu inconscient. J'ai dit écoute, ta musique, ta musique, c'est ta passion. Tu vas faire, on va faire un studio dans la cave. Et puis, tu vas essayer de passer un diplôme, un minimum. Je ne sais pas, une licence, un truc comme ça.
- Speaker #0
Comme tous les parents, la sécurité et à côté, ta passion.
- Speaker #1
Tu fais la licence. Bon, l'idéal, c'est l'ENA. Mais parce qu'avec ça, quand on a fait l'ENA, on est privilégié de la République. On est placé là-bentôt. Oui, tu voyais petit quoi. Non, parce qu'il était doué. Il y en avait certains qui étaient doués. Ils étaient tous doués en maths. Surtout là, qui était Fred. Fred, même lui, il était doué en maths. Ils étaient assez doués. Mais tous, il n'y avait qu'une passion, la musique, la musique, la musique. Le premier concert qu'ils ont fait, je ne sais pas, ils avaient 11-12 ans, c'était devant le pub irlandais que j'avais créé à Versailles, sur la place d'Armes, pour le départ du Paris-Dakar. Alors, je me rappelle, parce que ça, ils ne le savent pas encore, mais c'est moi qui avais payé l'organisateur pour qu'il les paye, pour les encourager.
- Speaker #0
Donc, tu as vraiment financé leur premier contrat, on va dire.
- Speaker #1
Ça, c'est un scoop. Donc ils ont commencé comme ça. Je me rappelle le premier morceau qu'ils ont créé s'appelait Anarchie. Anarchie, anarchie, anarchie. Ça fait des souvenirs extraordinaires.
- Speaker #0
Et quand est-ce que tu as compris qu'ils allaient devenir le monde bascule ou tu as compris qu'ils prenaient une ampleur, que ton fils devenait presque plus connu que toi parce que toi tu étais quand même déjà un personnage. Non,
- Speaker #1
moi j'étais un personnage local, versaillais. Quand il y avait Le Point qui faisait un numéro, j'étais tout content d'être dans les dix versaillais qui font Versailles. J'étais dedans. Et Thomas, lui, on est toujours plus content que quand ses enfants vous dépassent.
- Speaker #0
Mais tu t'en es rendu compte ? Ça a été progressif ?
- Speaker #1
Je me suis rendu compte tout de suite que ce qu'ils faisaient en musique, la passion qu'ils avaient, il fallait la protéger et faire que ça pouvait durer. J'ai découvert d'ailleurs à quel point la passion de musique, parce qu'un jour, je me rappelle de Versailles, je vais à Paris, et puis il y a Thomas qui dit « je pars à Paris » , je lui dis « viens, je t'emmène, j'y vais maintenant » . Et il me dit « je vais te laisser à la fac » . Oui, d'accord. Il me dit, tu peux me laisser là à l'entrée. Je ne dis pas à la fin, c'est à la parking. Il me dit, tu vas encore à la fin. Ça, je l'ai entendu un petit peu voulu, parce que c'est un manque de confiance. Pendant un an, il ne m'a pas dit qu'il avait arrêté ses études. Mais non,
- Speaker #0
ce n'est pas un manque de confiance, c'est juste que ça a l'impression de ne pas passer.
- Speaker #1
J'étais étonné. J'ai vu que là, maintenant, c'est musique, Après, il y a une série de rencontres dans la musique où quand ils sont doués... Il y a des gens dans le monde de Sony ou des grandes maisons d'isques qui venaient à Versailles, ils les écoutaient. Et puis j'écoutais un petit peu ce qu'ils disaient et certains disaient « il y a des trucs, là c'est très fort, ça c'est fort » . Et leur idée à eux sur ce groupe, c'était de durer, passer leur vie à faire de la musique. Ils n'ont jamais cherché à faire des coups, ils écrivent tout, ils font tout, ils prennent leur temps. Et aujourd'hui ils sont sur un rythme, même leur... Leurs revenus sont lissés, c'est-à-dire qu'ils ont une vie confortable, ils sont tous très à l'aise, mais ils vivent de cette musique. Et je pense qu'ils feront de la musique pendant 20 ou 30 ans, s'ils sont encore en forme et qu'ils ont envie.
- Speaker #0
Et tu penses qu'à un moment donné, le regard des autres a changé sur toi par rapport à ton fils ? Les gens se disaient « tiens, c'est le père de Thomas, t'as pas senti… » Non, non,
- Speaker #1
non, non, non, parce que si, on m'a dit « c'est le père de Thomas » quand il a fait la fermeture des Jeux Olympiques avec son groupe. Alors là, ça a eu une audience un peu plus mondiale. Donc on m'a dit, mais dis donc, c'est ton fils ? Là, j'étais devenu le père de Thomas. Et ça me faisait un plaisir immense. C'est comme quand il a rencontré Sophia la première fois. C'était avec son groupe. Ils font faire un clip vidéo, je crois que c'était à Los Angeles ou à San Francisco. Le frère de Sophia Coppola, c'est Roman Coppola, qui leur faisait des clips, qui est aussi dans le monde du cinéma. Et Roman appelle sa sœur. Lui dit, tu devrais venir, il y a un groupe, tu devrais venir écouter, c'est exactement ce que tu cherches. Et là, Sophia vient, et là se passe la scène. Alors là, j'ai eu unanimité sur la scène. Le coup de foudre, tout le monde se tait, les deux se regardent, et c'était bon. Et depuis, un coup de foudre fabuleux, fabuleux, et qui n'a jamais été...
- Speaker #0
Ça fait combien de temps maintenant qu'ils sont ensemble ?
- Speaker #1
Ça doit faire 20 ans.
- Speaker #0
C'est beau. Non,
- Speaker #1
ça tient bien, ça tient bien. Ils ont deux enfants, Romy et Cosima.
- Speaker #0
Qui sont grandes d'ailleurs maintenant.
- Speaker #1
Oui, alors Cosima m'a fait un plaisir l'autre jour. Elle m'a dit, tu sais papy, moi je m'appelle Cosima Croquet. Et mon nom, si je suis célèbre,
- Speaker #0
ça sera Croquet.
- Speaker #1
Alors que Romy a choisi Romy Mars, qui est le nom de scène de Thomas.
- Speaker #0
Mais parce qu'elle aussi est dans la...
- Speaker #1
Alors elle a déjà deux CD qui viennent de sortir avec un beau succès. Ça commence à être intéressant.
- Speaker #0
Est-ce que toi tu te souviens quand toi tu as rencontré Sophia ?
- Speaker #1
Oui. Thomas m'avait un peu prévenu, il me dit voilà, j'ai rencontré quelqu'un, parce qu'elle me dit, quelqu'un qui est allé dans ton pub quand elle tournait à Versailles et qui a servi les bières au pub de Versailles. Alors je me dis, il y a Sophia Koupola qui est venue, qui a servi les bières, etc. Je ne l'avais pas encore rencontrée. Donc tu la connaissais ? Bien sûr, elle était déjà connue, parce qu'elle était en train de tourner Maria Toilette. Elle avait déjà tourné dans Le Parrain, je crois, avec les films de son père. Et puis surtout, elle avait déjà fait d'autres films, elle avait fait Regis de Saïd. Lost in Translation, c'est venu après.
- Speaker #0
Je crois que c'était après encore.
- Speaker #1
C'est venu après, qui était un film où on est tous tombés amoureux de ce film. Quand on est un peu dans le business, on a tous vécu la situation de Bill Murray. Tout à fait, il se retrouve un peu. Moi, c'était le même hôtel à Tokyo, comme ça, même endroit, même bas.
- Speaker #0
Donc, tu la connaissais de nom ?
- Speaker #1
Voilà, je la connaissais de nom. Et là, ça a été... Elle est adorable, elle est gentille. En plus, dans le privé, parce que nous, on est plutôt le matin tous en pyjama à prendre notre petit-déj un peu tardif. Elle est classe, elle est sympa, elle est agréable. J'essaie de lui apprendre à faire la blanquette de veau, des trucs comme ça. C'est ce qu'elle aime. Elle n'a que des qualités. Je ne la vois pas très souvent. Elle est très, très business. Mais quand je les vois tous les deux, souvent, si j'ai un truc à lui demander, ce que c'est rare, je passe par Thomas. C'est plus simple parce que Thomas, mon inquiétude est toujours de voir un fils qui est isolé, qui vit à New York et puis en fait, ça se passe très bien. Il a une vie de famille avec ses filles, avec sa femme. C'est une vraie famille. Et malgré la complication de leur vie, il s'arrange pour qu'il y ait toujours un des deux qui soit toujours là pour les enfants, etc. Même quand Romy fait un peu ses petites excentricités sur TikTok.
- Speaker #0
En tout cas, ils sont très présents. Ils sont très famille.
- Speaker #1
Très famille.
- Speaker #0
Malgré un mode de vie qui est complexe.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Et toi, tu arrives à trouver une place ? Tu arrives à trouver ta place en tant que grand-père dans cette famille ?
- Speaker #1
Je n'ai pas besoin de trouver ma place. J'ai une place naturelle. Moi, j'adore quand un de mes enfants m'appelle en me disant « Tiens, papy, je peux venir passer deux, trois jours. Tu es riche, un peu fatigué. » Bien sûr. En fait, je ne me pose pas ces questions. Tout est vraiment naturel. Complètement naturel. On serait unis quand il y a un anniversaire. C'est possible. On ne rate jamais une occasion de se voir.
- Speaker #0
Donc c'est une vie de famille toute classique. C'est vrai qu'on a l'impression, tu sais, de rentrer dans la famille iconique Coppola quand même. Et t'as l'impression que du coup, tu rentres dans un monde un peu différent, etc. Toi, t'as pas eu ce sentiment ?
- Speaker #1
Les premières fois, simplement, t'es en face de toi. La première fois où j'ai rencontré Francis Coppola, c'est sûr qu'il est venu me voir à Thuery. Ah oui, il m'a dit, écoute, ma fille m'a prévenu que j'avais intérêt à bien m'entendre avec toi. Parce qu'autrement, ça chaufferait pour moi ou un truc comme ça, dans ce genre-là.
- Speaker #0
Bon, bah, ça m'a l'aise.
- Speaker #1
Et puis, il avait amené ses meilleures bouteilles de vin. Et puis, il m'a dit, donne-moi ta meilleure bouteille de vin. Il ouvre sa bouteille, j'ouvre ma bouteille, il prend deux grands verres et il mélange les deux vins. Ça montre que c'est un grand metteur en scène, mais que c'est un vigneron nul. Et là-dessus, il me dit, voilà, à partir d'aujourd'hui, c'est ça le meilleur vin du monde. Alors, j'ai dit, quel beau spectacle, mais quel dommage avec deux grands vins. Alors, tu as fait des vins qui étaient devenus très moyens. Ça donnait quoi, finalement ? C'était buvable, mais les assemblages... Ça ne se fait pas à ce moment-là. Il y a des règles pour travailler dans le vin. Et là-dessus, il me dit, voilà, ça peut ne pas durer. Mais aujourd'hui, il faut que je... Il a l'air de dire, il faut que je m'écrase. J'écoute.
- Speaker #0
Depuis que vous êtes venus copains, vous avez même un peu bossé ensemble.
- Speaker #1
Oui, on a fait quelque chose. Pas beaucoup. Nous, on ne se voit quand même pas beaucoup avec Francis. Une fois par an. Là, on s'est vus longtemps parce qu'il est venu à Cannes. Quand il vient à Cannes, c'est une vraie vie de famille avec lui.
- Speaker #0
Pour toi maintenant, la première fois a été peut-être impressionnante, mais maintenant...
- Speaker #1
La première fois que tu vois Coppola comme ça, en face de toi, tu te dis, oui, par contre, j'avais vu tous ses films avant de le voir, parce que je ne suis pas un cinéphile.
- Speaker #0
Tu n'as jamais eu de questions ?
- Speaker #1
Non, même des questions de principe, j'avais voulu voir le plus de choses. Mais c'est une famille très, très sympa, qui ressemble à toutes les autres familles. C'est juste que c'est vrai que quand on allait prendre la pastis dans le village de... de Villecrose ou de Tourtour, à côté de Thuery, quand les gens venaient et lui demandaient signature, etc., lui, sa réponse, c'est oui tout de suite. C'est-à-dire, oui, oui, bien sûr. Alors qu'à l'inverse, c'est plus Sophia, Thomas, tout ça, ils aiment plus être discrets. Alors lui, il dit oui parce que d'abord, si je dis oui, tu vois, ça dure cinq secondes et puis c'est fini, il est parti, sa signature, il est content. Si je lui dis non, il faut que j'explique un truc. Et puis il y a 30 secondes où ils vont s'emmerder à raconter des conneries. Donc je dis oui et puis j'aime ça. Par contre, quand je suis avec Thomas à New York, c'est sûr qu'à New York, il est beaucoup plus connu que quand il est à Paris. À Paris, on le reconnaît, mais moins. À New York, dans les rues, là, c'est tout de suite. Salut Thomas.
- Speaker #0
C'est ce que j'allais te demander dans ton village. Est-ce qu'on les reconnaît ? Est-ce qu'ils sont embêtés, entre guillemets ?
- Speaker #1
Oui, non, mais ils ne sont pas embêtés. Les gens savent. On va toujours au même restaurant. On a des traditions. Il y a le couscous à cet endroit-là. Il y a les steaks à cet endroit-là. Il y a le karting, la compétition de karting à ce moment-là.
- Speaker #0
Donc, ils sont incognitos, ils sont à la cool, ils sont en famille. Est-ce qu'on peut passer sur les préjugés maintenant ? Les préjugés, à ton avis, qu'est-ce que les gens pensent de ta famille ? Quels sont les préjugés sur ta famille qui sont totalement faux ? Tu n'as aucun préjugé, quoi. Les gens n'ont aucun préjugé sur ta famille. Non,
- Speaker #1
les gens n'ont pas un point. Ils pensent que je suis un milliardaire, ce qui n'est pas vrai. Parce qu'on te signe, parce que comme le domaine est très grand et que le patron a un domaine viticole, château-tuerie, etc. Il y a des fois, je m'appelle le chul-duc. Les trucs habituels qui se passent dans la vie, c'est toujours pareil. Tous les ans, et encore hier, quelqu'un me dit, il paraît que tu as vendu Château-Thuerry. Je dis non. Tous les ans, quelqu'un me dit, tiens, comme les vignobles vont mal, etc., c'est vendu. Alors j'ai vendu, mais j'ai oublié d'encaisser le chèque. En plus, ce n'est pas à vendre. Bon, c'est le genre de bêtises qu'il y a, mais qui ne sont pas méchantes, qui sont comme ça. Mais je n'ai pas de... C'est-à-dire que j'accorde assez peu d'importance à ça. Je ne suis pas un revanchard.
- Speaker #0
Et on ne se dit pas qu'on ne fantasme pas un peu ta vie en mode jet-sitter, père de rockstar ?
- Speaker #1
Ah ben j'ai pas une vie de jet-sitter, moi j'aime le cassoulet avec les potes, j'aime la blanquette de veau, moi j'aime les petits restos du coin, du village. Je vais de temps en temps dans des dîners un peu plus mondains, le dernier que j'ai fait c'était chez Georges Lucas qui habite à côté, qui vient de temps en temps aussi, il est venu à Thurie. Mais c'est tout. C'est un milieu qui, je trouve rigolo, mais qui ne m'intéresse pas beaucoup. J'allais dire que je suis débarrassé de ce genre de problème, mais je ne suis pas sûr que ça peut être un... Quand on s'ennuie, il faut qu'on s'occupe. Donc, c'est vrai qu'un vieux qui s'emmerde, il fait chier tout le monde. Un vieux qui s'amuse et qui est content, il fait plaisir à tout le monde. Moi, je vais toujours rester dans cette catégorie. Si quelqu'un a besoin de moi pour un coup de main, j'ai beaucoup de plaisir à conseiller à un jeune s'il a besoin un peu de... d'expérience ou même besoin d'un coup de main auprès d'un banquier pour avoir un petit peu de développement, etc. Ça, ça me plaît. Par contre, le reste ne m'intéresse vraiment pas du tout.
- Speaker #0
Mais je n'ai pas l'impression que les tiens cherchent la lumière. Je pense que c'est des vrais artistes.
- Speaker #1
Ah oui, c'est des vrais artistes. Sophia, d'ailleurs, en photo, c'est quelquefois, elle prend la lumière de façon… C'est un métier. Quand j'étais avec elle, à un moment donné, elle était membre du jury à Cannes. J'ai eu une chance incroyable, Thomas était en tournée et elle a droit à un accompagnant. Donc j'étais son accompagnant et donc là j'étais avec le jury, sauf dans les débats, etc. Mais j'ai vu des films, c'était intéressant. Donc il y avait tout un monde un peu particulier. Bon, là après, c'est sûr, on rencontre des gens un peu bling bling, mais bon, c'est amusant aussi. C'est sûr que c'est pas...
- Speaker #0
En fait, tu le regardes avec un peu de hauteur. En fait, c'est rigolo. C'est un monde que tu regardes avec amusement.
- Speaker #1
Oui, mais jamais, jamais avec condescendance. Soit ça m'intéresse et j'y reste et j'écoute. Soit ça ne m'intéresse pas et puis je veux autre chose. C'est tout.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a des gens qui passent par toi pour toucher Thomas ou Sophia ? Est-ce que tu as vu des gens un peu intéressés qui te disaient ? Non,
- Speaker #1
j'ai quelques demandes. Surtout des scénarios.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Voilà. Et je dis non, non, je n'ai aucune influence. Vous avez des ronds-voix sur la sclataire de Sofia.
- Speaker #0
Ça, ce n'est pas quelque chose qui te heurte ?
- Speaker #1
Non, non. Non, parce que c'est normal. Si, récemment, il y a une amie qui est maire d'une ville qui a une belle salle de cinéma, et que je connais bien, et qui me dit, j'aimerais que la salle de cinéma s'appelle Sofia Coppola. Est-ce que tu peux demander à Sofia ? Écoute, je lui demanderais, mais la réponse, c'est non. Je demande à Thomas, Thomas me dit, tout ça, c'est non. C'est comme des... Des personnages un peu connus qui disent « ce serait bien, on organise un déjeuner ou un dîner » . Dans le temps, les premières fois, ça m'avait un peu fait bizarre, donc je demandais. Maintenant, je sais d'avance.
- Speaker #0
Tu sais déjà que ce sera non. Donc tu leur dis en fait, tu les prépares en leur disant…
- Speaker #1
Je ne leur dis même plus maintenant. Je leur dis simplement… Je ne leur dis plus. Ou si je leur dis comme ça par hasard, ils savent ce que j'ai répondu. J'ai un autre grand plaisir. Si tu regardes dans les acteurs de cinéma, J'ai ma cote.
- Speaker #0
Mais non.
- Speaker #1
Si, j'ai tourné dans 5-6 films. Alors, j'ai des rôles, des petits rôles, mais des rôles qui, de façon sympa, ça m'a permis de rouler des pelles à quelques grandes actrices très connues.
- Speaker #0
Ça, c'est bien aussi, en avantage quand même.
- Speaker #1
Et alors, un jour, je suis dans un anniversaire de Thomas ou de Sophia, et il y a une nana qui fait un casting, qui n'arrête pas de me regarder, puis elle me dit, Sophia, etc. Elle demande à Sophia, elle dit, tu connais ? Elle dit, oui, c'est mon beau-père. Écoute, il correspond exactement à un personnage que je cherche pour un film. Et donc, elle lui dit, elle vient me voir, elle me dit, mais ça consiste en quoi ? Elle me dit, je ne sais pas, pendant les heures de vendange ou les heures importantes pour le vin, moi, passer 4-5 jours dans des endroits comme dans la Baie de Somme, avec Léa Cédoux qui, le matin, en tournant la nuit, posait sa tête sur mon épaule, en regardant les oiseaux s'envoler.
- Speaker #0
Il n'y a plus de désagréable.
- Speaker #1
Il n'y a plus de désagréable. Et puis, donc, j'ai connu comme ça Léa Cédoux, j'ai connu Catherine Deneuve. C'est toujours des petits rôles.
- Speaker #0
Mais toujours avec des personnes un peu sympas quand même.
- Speaker #1
Toujours. Et je me suis retrouvé comme ça dans 5-6 films. Il y a un copain qui me dit un jour, il faut que tu ailles voir ce film. Il y a un mec, c'est toi, c'est ta voix, c'est exactement toi, il faut que tu ailles le voir. Ben j'ai dit oui, c'était moi.
- Speaker #0
On va venir sur le rapport avec ton fils. Donc tu dis que vous êtes très proche. Est-ce que votre rapport a un peu changé depuis que Thomas est devenu célèbre ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Juste la distance ?
- Speaker #1
La distance, c'est tout. Par contre, de temps en temps, je vais à quelques concerts. Nos rapports n'ont pas du tout changé. On s'aime beaucoup, on est très complices. Non, on a des rapports vraiment idéaux, père et fils.
- Speaker #0
Et quand les gens te parlent de Thomas, généralement, tu réagis comment ? Tu réagis par l'humour ? Tu fais une pierre ouette pour ne pas trop en dire ? Tu es fier, donc tu en parles beaucoup. C'est quoi ta réaction par rapport aux gens qui te parlent de Thomas ?
- Speaker #1
Oui, toujours spontané sur le moment. S'ils me disent, quand ils m'en parlent, c'est parce qu'ils disent que je suis un fan. La plupart du temps, c'est « Ah, je suis fan, c'est ton fils, bravo, je suis fan, je suis fan. » Donc, tu es fier. Oui, voilà, très fier.
- Speaker #0
Est-ce que parfois, tu utilises le fait d'être le père de Thomas pour avoir des avantages ?
- Speaker #1
Non, je ne me viendrais pas à l'idée. Quel genre d'avantages ?
- Speaker #0
Si.
- Speaker #1
Menteur, tu m'as dit quand on a préparé le podcast que tu prenais des avantages parce que tu leur fais faire des concerts, tu les fais travailler de force. Ah, une fois. Oui, c'était pour… Il y avait le 10 matin, vers matin, le journal du coin qui était en danger. parce qu'il était au bord de la faillite, etc. Et à ce moment-là, il y a l'équipe du journal qui m'appelle et qui me dit « Est-ce que tu veux faire partie des gens ? » Parce que ça ferait bien d'avoir des gens comme toi pour le tribunal de commerce en disant que tu nous aiderais à développer le journal si on faisait une reprise par les journalistes et les salariés. J'ai dit « Oui, bien sûr. » Et en même temps, qu'est-ce qu'on peut faire ? On n'a pas de rond, on n'a pas de... Et donc on se dit « Je ne sais pas comment faire. » Et je vais les voir et je leur dis, écoutez, j'ai besoin de vous. On a besoin de faire un concert, de faire un coup de truc. Vous êtes dans le coin et tout le monde, de toute façon, ils me disent, qu'est-ce que tu veux, on peut rien te refuser, qu'est-ce que tu veux qu'on fasse. Donc là, je leur ai fait faire un concert au profit du journal qu'ils avaient besoin, puisque le tribunal de commerce vous avait accordé.
- Speaker #0
Ce n'était pas pour ton petit plaisir personnel ?
- Speaker #1
Non, non, non, c'était pour sauver le journal.
- Speaker #0
Puis bon, ça a dû leur rappeler quand même leur enfance dans ton sous-sol. Exactement, voilà. Je pense que c'est compliqué de te dire non quand même.
- Speaker #1
Ça ne s'est pas passé.
- Speaker #0
On va parler maintenant de ta place de beau-père, en tant que beau-père de Sofia Coppola. Est-ce que quand t'es avec elle, est-ce que tu t'effaces par rapport à elle ? Est-ce que c'est un rapport tout à fait équilibré entre vous ? Comment vous êtes ensemble ?
- Speaker #1
Cool, cool, complètement cool. Quand on est ensemble le plus longtemps, c'est quand elle vient à Thuerie, ou quand on passe une soirée, un Noël, un jour de l'an, etc. On se voit au petit-déj, déjeuner, dîner, à la piscine, on discute de tout. C'est vraiment comme si c'était ma fille, c'est pareil.
- Speaker #0
Et vous parlez de quoi ? C'est quoi le sujet que tu as mis en partage avec elle ?
- Speaker #1
Avec moi, j'ai remarqué qu'elle aime beaucoup parler de cuisine. De vin, parce qu'elle sait que j'aime ça. Je lui parle de film parce qu'elle me pose des questions sur le film. Thomas me pose beaucoup de questions en ce moment sur la famille, les parents, les grands-parents, etc.
- Speaker #0
Juste une dernière petite question sur Francis Ford Coppola. Vous avez tous les deux construit des empires quelque part, même si le mot est peut-être plus fort pour toi. Mais quand même, vous avez quand même eu des vies d'entrepreneurs, des bâtisseurs qui sont quand même très différents. Qu'est-ce que vous vous dites quand vous êtes tous les deux ?
- Speaker #1
dernière fois à Cannes. On parlait de son film, de l'évolution du vin, pourquoi il avait vendu, on parle business. Et après on parle de nos enfants, on a de la chance, c'est un couple qui s'entend bien, ils ont des filles qui sont merveilleuses, donc on dit on est bien dans ce milieu, dans tous les milieux, il y a des moments où on a là, on a beaucoup parlé d'Elie parce qu'elle est décédée après une très très longue maladie.
- Speaker #0
Donc la femme de Francis.
- Speaker #1
Oui, et maintenant... Je ne l'ai pas vu depuis pratiquement un an encore. Donc, je ne l'ai pas vu.
- Speaker #0
Peut-être cet été.
- Speaker #1
Pour sûr, je ne sais pas.
- Speaker #0
Si on passe maintenant sur l'impact qu'elle peut avoir sur toi, le fait d'avoir ces gens très connus. Non, tiens, j'avais une question avant. Tu vas, toi, parfois chez eux, à New York ? J'ai une chambre, oui. Ok.
- Speaker #1
C'est un guébétage.
- Speaker #0
Mais tu préfères qu'ils viennent chez toi ?
- Speaker #1
Oui. Déjà parce que c'est plutôt la durée, le voyage et tout. Et puis, ils sont dans leur vie. Par contre, j'y vais de temps en temps. Je suis allé la dernière fois pour Halloween. C'était avec Sophia, où on a fait la fête d'Halloween. Sophia est très traditionnelle. Elle aime beaucoup fêter les fêtes.
- Speaker #0
Elle voulait te faire partager cette culture-là, qui est moins forte, effectivement. La culture d'Halloween, qui est moins forte en France.
- Speaker #1
Et ça, c'était très sympa. À Napa Valley, il y avait le baptême des petites filles. Par contre, je n'y suis plus allé depuis qu'il a revendu. Ils ont gardé Napa Valley et ils ont revendu Sonoma Valley, qui est la partie grand vin, comme les... Comme les parties de grand vin.
- Speaker #0
Ça pourrait être intéressant en plus pour toi.
- Speaker #1
Oui, c'était intéressant, mais c'est très taille très différent. C'était plus de 20 millions de bouteilles. Donc c'est de l'industrie.
- Speaker #0
C'est industrialisé, c'est ce que j'allais dire.
- Speaker #1
Moi je suis au contraire le retour vers la tradition, le vin nature, les trucs un peu archi-écolos.
- Speaker #0
Oui, t'es pas du tout dans la même psychologie, mais c'est toujours intéressant de voir ce qui se fait. Donc si on vient sur l'impact que ça peut avoir dans ta vie, même si on voit que tu l'assumes tout à fait librement, il y a quand même souvent des petites absences de liberté. Par exemple, est-ce que tu te sens sûr parfois ? Est-ce qu'il y a des choses où tu t'es dit je vais faire attention, il y a des choses que je n'ai pas envie de dire, c'est très intime. Est-ce que tu te sens sûr ?
- Speaker #1
Je dis ce que je veux. Quand je fais des conneries, des fois mon fils il me le rappelle. Dis donc qu'est-ce que tu as raconté comme connerie ? Je dis ce que je veux.
- Speaker #0
Mais c'est tout.
- Speaker #1
Après, la question, c'est la question de politesse vis-à-vis même de ses propres enfants et de sa propre famille. Il y a des choses qu'on ne peut pas faire, qu'on doit être respectueux de leur position.
- Speaker #0
Tu as dû renoncer à quelque chose ? Tu t'es senti parfois, tu as dû faire attention à des choix que tu faisais ou pas ?
- Speaker #1
Jamais.
- Speaker #0
Tu as gardé ta liberté ?
- Speaker #1
Totalement.
- Speaker #0
Et question aussi sur tes petites filles maintenant, Romy et Cosima. Du coup, elles grandissent dans ce monde-là, dans ce monde de célébrité, on va dire. Est-ce que ça t'a inquiété parfois ?
- Speaker #1
Non, parce qu'elles vont toutes les deux faire une carrière dans ce milieu-là. C'est évident. Elles ont une telle aisance. Elles ont appris très vite à danser. Elles ont appris à chanter. Et maintenant, elles commencent. Elles sont dedans. Et c'est vrai qu'en même temps, ils évoluent dans ce milieu parce que Sophia les intègre le plus possible. Dans la mesure où, pour les voir, leur boulot est très bien prenant. Il vaut mieux que les enfants soient à côté. Comme les enfants qui traînent autour. Mais ils sont là, donc ils sont dedans. Donc, ils finissent par connaître comme ça un tas de gens.
- Speaker #0
Et puis, elle, elle a été aussi fille d'eux. Le thème du podcast, c'est d'être en eux. Elle a été fille d'eux, donc elle sait aussi.
- Speaker #1
Là, maintenant, elle s'est fait un prénom. Mais c'est vrai qu'à un moment donné...
- Speaker #0
Elle a appris, j'imagine, ce qu'elle voulait, comment elle voulait transmettre. Et peut-être les erreurs.
- Speaker #1
Exactement. Sa première apparition sur un écran, c'est le bébé dans le premier film.
- Speaker #0
Elle t'en parle parfois de ça ? De sa relation avec son père ? De ce que ça impactait pour elle ? De cette relation justement de fille d'eux ? Un petit peu.
- Speaker #1
Oui, mais pas énormément.
- Speaker #0
Elle le vit bien.
- Speaker #1
Et puis, c'est quelqu'un avec la démarche américaine. Si c'est joyeux, rigolo, on en parle. Si c'est problématique ou triste, on n'en parle pas. OK, on le met un peu sous. C'est comme la politique. En France, on aime parler politique. Etats-Unis, on n'en parle pas trop.
- Speaker #0
On arrive vers les petites questions de fin qui sont un peu rapides. Si tu avais une seule idée reçue que tu voudrais corriger, c'est-à-dire que tu abordais l'idée reçue que tu serais milliardaire, etc.
- Speaker #1
Non, c'est parce que j'ai acheté un grand domaine. Mais aujourd'hui, c'est un grand domaine. Mais aujourd'hui, la valeur, immobilière du domaine est supérieure à la valeur que vaut le domaine en termes d'entreprise qui fait du vin, puisque le vin s'est effondré partout. Si mon domaine valait 100 il y a 10 ans, aujourd'hui il en vaut 30. Tout est fluctuant. Et puis aussi, c'est une question de besoin. Moi, je n'ai pas besoin d'yôte, je n'ai pas besoin d'avion, je n'ai pas besoin de jet, je n'ai pas besoin de... Donc, je suis cool comme ça.
- Speaker #0
Est-ce que tu as hésité avant de faire ce podcast ?
- Speaker #1
Non, non.
- Speaker #0
Et pourquoi tu as dit oui ?
- Speaker #1
Parce que c'est un copain qui m'a téléphoné, en qui j'ai confiance, Christophe.
- Speaker #0
Pas parce que j'étais hyper sympa au téléphone ?
- Speaker #1
Non, parce que j'ai dit oui avant. Non, mais ça a confirmé. Ça a joué quand même, merci. Bien sûr que ça a joué.
- Speaker #0
Si tu avais l'occasion, c'est une question que je pose à tous les gens que j'interviewe. Si tu avais la possibilité d'appuyer sur un bouton, et qui fassent que ni Thomas ni Sophia ne soient connus, est-ce que tu appuierais sur ce bouton pour qu'ils aient une vie plus tranquille ?
- Speaker #1
Non. Non, ça, ça leur plaît. Ils sont contents, tout le monde est content.
- Speaker #0
Si tu pouvais leur dire quelque chose, là, maintenant, quelque chose que tu ne leur as jamais dit, ça serait quoi ?
- Speaker #1
Que je suis admiratif de leur calme dans le bordel qui, actuellement, touche tout le monde. Donc, comme ils sont dans un monde encore où ils sont un peu plus connus, ça... C'est encore plus le foutoir. Ils réussissent à se concentrer sur leur boulot. Je trouve qu'ils sont très pros.
- Speaker #0
Quand il faut être pro,
- Speaker #1
ils sont pros. Très pros.
- Speaker #0
Est-ce que tu as déjà pété un cap sur quelqu'un qui avait dit un truc qui ne te plaisait pas sur tes enfants ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tu t'en souviens ?
- Speaker #1
Vaguement. Problème de religion. Mon fils adoptif David, son père était juif et c'était un truc qui ne m'apportait plus du tout. Je lui disais, va te faire foutre. C'est tout.
- Speaker #0
Sans transition du coup, pardon. Quand Thomas a fait la clôture des JO de Paris 2024, on a parlé tout à l'heure un petit peu. Toi, tu étais où à ce moment-là et tu as ressenti quoi ?
- Speaker #1
J'étais devant ma télé, tout seul à Thuerie, sur un écran géant. Et j'ai trouvé que je voyais qu'ils étaient inquiets parce que ce n'était pas prévu que tous les athlètes américains marchent sur des écrans de télé, etc. Ils avaient peur que tout s'effondre. Donc, j'étais inquiet pour eux. Puis en même temps, je voyais cette jeune chanteuse belge qui est vraiment talentueuse aussi.
- Speaker #0
Angèle.
- Speaker #1
Et qui est Angèle, oui. Non, c'était... Mais je les ai vues à la télévision, ouais.
- Speaker #0
Et si tu devais décrire en un mot cette fonction de père et beau-père d'eux, ça serait quoi ?
- Speaker #1
Ce qui nous unit, c'est l'amour des uns pour les autres. Que ce soit connu, pas connu. Quand on aime quelqu'un, c'est pas parce qu'il est connu, pas connu. Tous ces éléments-là, c'est juste de l'amour. J'aime bien le... Comment ça s'appelle ? Je dis toujours le mug, mais ce n'est pas le mug, le hug. Quand on embrasse quelqu'un à l'américaine, c'est-à-dire qu'on se serre les bras, on tape dans le dos. Et là, ça fait, on se colle, on se fait un bisou s'il y a le temps.
- Speaker #0
J'ai une question sur l'équilibre entre tes enfants. C'est-à-dire que tu as donc un fils qui est très, très, très connu, puis d'autres enfants qui sont aussi artistes, mais qui sont aussi connus. Comment tu gères dans tes relations avec eux, et même par rapport à leurs relations entre eux, pour que ça soit équilibré ?
- Speaker #1
C'est-à-dire, celle que je vois le plus souvent, c'est Anna, parce qu'elle est à côté. David, je le vois aussi souvent parce qu'il est à Paris. Ils sont très proches les uns des autres. Non, il y a une bonne harmonie dans la famille. David est très content d'aller aux concerts partout. Pas uniquement de son frère, mais des autres aussi. C'est des fous de concerts. Il y a une bonne harmonie entre eux. Il n'y a aucune jalousie. C'est intéressant pour moi cette interview, parce que je me pose des questions que je ne me pose pas habituellement. parce qu'elles n'ont pas de raison de se poser. Si c'est vrai, quelqu'un me disait, un de mes enfants, « Oh, il nous emmerde avec ça, il nous casse les pieds, c'est ceci, c'est cela, il est exigeant. » Non, chacun fait un effort énormément pour toujours s'adapter et voir l'autre. C'est toujours au dernier moment le plus facile. Alors, on fait où le casse-croûte chez NH ? Ici, on fait là-bas. Et puis, c'est le plus facile. Il n'y a aucun problème mesquin dans la famille. Je n'ai à gérer que de la curiosité, où chacun est curieux de voir comment évoluent les enfants de l'autre.
- Speaker #0
Merci beaucoup Jean-Louis pour cet échange.
- Speaker #1
Il n'y a pas de quoi, c'était très agréable. C'est passé vite.
- Speaker #0
Merci à Jean-Louis Croquet d'avoir joué le jeu. Merci d'avoir répondu aux questions qu'on lui pose. Jamais, qu'il ne se pose même jamais, comme il nous le disait. Si vous avez aimé cet épisode, partagez-le et revenez. Il y a encore beaucoup d'histoires à raconter.