Description
Lui qui avait connu les "nouilles grises" de l'après-guerre... est devenu l'homme qui défendait la gastronomie française avec le même génie qu'il mettait à faire rire.
Bienvenue à la table de Louis de Funès.
Chez Louis de Funès, la nourriture n'est jamais un décor. C'est un sujet. Parfois même un combat.
Dans ce nouvel épisode d'À la table des illustres, nous partons à la table du comédien préféré des Français - acteur, pianiste, jardinier et gourmet impénitent. Un homme qui a connu la faim avant de connaître la gloire, et qui ne l'a jamais oublié.
Né en 1914 dans une famille d'immigrés espagnols, Louis de Funès passe des années à jouer du piano dans les bars de jazz et à finir les restes. Il appelle cette période les "nouilles grises" ou l'après-guerre résumé en deux mots.
Il a déjà 42 ans quand il explose dans La Traversée de Paris en 1956, en épicier faisant dans le marché noir sous l'Occupation. La nourriture, dès le départ, est au cœur de son histoire.
Devenu star, il se rattrape avec appétit. Il devient habitué du Grand Véfour au Palais-Royal, dîne avec Michel Audiard à l'hôtel de la Trémoille.
À sa table : poularde de Bresse, entrecôte bordelaise, rougets grillés, tripes à la mode de Caen, soupe aux choux, œufs mimosa à l'estragon, profiteroles au chocolat.
Et le muscadet de sa cave du château de Clermont, à Cellier près de Nantes, ce château de trente pièces, style Louis XIII, racheté aux enchères en 1967 grâce au cachet de La Grande Vadrouille, pour rendre à son épouse Jeanne la maison de son enfance.
Dans son château-Moulinsart, il cultive son jardin potager sans aucun produit chimique - pionnier de l'écologie bien avant que le mot ne s'impose.
Mais c'est au cinéma que son rapport à la gastronomie prend toute sa dimension. En 1966, il co-écrit le scénario du Grand Restaurant et incarne Monsieur Septime, directeur tyrannique d'une table étoilée. Dix ans plus tard, L'Aile ou la Cuisse devient un véritable pamphlet contre la malbouffe industrielle : son adversaire Tricatel est directement inspiré de Jacques Borel, fondateur des premiers fast-foods en France.
Un film militant, visionnaire et drôle jusqu'aux larmes.
En 1975, une série d'infarctus le contraint à un régime draconien. Plus de plats en sauce, plus d'alcool. Lui qui mangeait avec autant de gourmandise dans la vie que dans son jeu doit renoncer à table à ce qu'il défend encore à l'écran.
Aujourd'hui, les plus grands chefs lui rendent hommage : Yannick Alléno a fait danser sa brigade sur le perron du Pavillon Ledoyen, Jean-François Piège a nommé son restaurant Le Grand Restaurant, Bertrand Grébaut le sien Septime, un hommage direct au personnage du film.
Un épisode immersif de 10 minutes, avec ambiances sonores, pour découvrir l'homme derrière les grimaces et comprendre pourquoi Louis de Funès reste, quarante ans après sa mort, le comédien préféré des Français.
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