Description
Il dévorait les huîtres par douzaines, s'octroyait une sieste après chaque repas, et n'est jamais passé derrière les fourneaux. Bienvenue à la table de Gustave Flaubert.
Dans ce nouvel épisode d'À la table des illustres, nous partons en Normandie, sur les traces de Gustave Flaubert, l'auteur de Madame Bovary, de Salammbô et de L'Éducation sentimentale. Un bon vivant qui aimait manger, mais ne cuisinait jamais. Un épicurien qui commandait au restaurant des plats qu'il ne connaissait pas. Et un écrivain dont les œuvres regorgent de descriptions de repas d'une précision et d'une sensualité rares.
Croisset, le lieu fétiche
Né le 12 décembre 1821 à l'Hôtel-Dieu de Rouen, fils d'un chirurgien, Flaubert s'installe dès 1844 dans la propriété familiale de Croisset, près de Rouen, au bord de la Seine. C'est là qu'il écrit, mange et digère avec une petite sieste après chaque repas, rituel immuable. Ses repas, préparés par sa cuisinière, sont ses "parenthèses enchantées" selon Valérie Duclos, auteure d'un ouvrage de référence sur ses goûts culinaires. De cette propriété rasée à la fin du XIXe siècle, il ne reste que le pavillon de jardin aujourd'hui musée.
Son péché mignon
Son péché mignon ? Les huîtres. Un amour né de ses vacances d'enfance à Trouville, petit port du Calvados, qu'il gardera toute sa vie. Il les dévore par douzaines sans sourciller. En 1873, il écrit à sa nièce Caroline en parlant de lui à la troisième personne : "Pour se donner du ton, Monsieur s'était coulé dans le cornet une douzaine d'huîtres, un bon beefsteack et une demie de chambertin avec un verre d'eau-de-vie et un de chartreuse." Un déjeuner de travail, version Flaubert.
Les dîners Magny et la curiosité culinaire
Durant sa période parisienne, il s'attable deux fois par mois aux célèbres dîners Magny, rue de la Contrescarpe-Dauphine, avec les frères Goncourt, Maupassant et George Sand, l'unique femme invitée, avec qui il partage un bon coup de fourchette et l'angoisse de la page blanche. Au restaurant, il met un point d'honneur à commander des plats inconnus pour nourrir sa curiosité culinaire, principe qu'il consigne dans son Dictionnaire des idées reçues.
La nourriture dans l'œuvre
Dans Madame Bovary, la pièce montée du banquet de mariage dit tout de l'ambition bourgeoise. Dans Un cœur simple, Félicité cuisine comme d'autres prient. Dans Salammbô, les banquets sont orgiaques et sensuels. Et la fricassée de poulet à la normande traverse toute son œuvre comme un fil conducteur normand. Son dernier repas connu, le menu de la Saint-Polycarpe du 27 avril 1880 est soigneusement conservé. Il mourra onze jours plus tard, le 8 mai 1880, laissant Bouvard et Pécuchet inachevé.
Un épisode immersif de 9 minutes, avec ambiances sonores, pour découvrir l'homme derrière l'écrivain et comprendre pourquoi Gustave Flaubert reste, 150 ans après sa mort, le plus grand peintre de la vie bourgeoise et de ses appétits.
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