Speaker #0Hello, que la paix soit sur toi, bienvenue dans ce tout premier épisode d'Ami Chemin by Kadhi. J'espère que ça va de ton côté, que t'as passé une bonne semaine. Moi de mon côté, alhamdoulilah, ça a été une semaine un peu speed, mais ça va. On a des vies par moments tellement occupées que là franchement ça me fait tellement du bien de me poser un peu. Ça me permet d'avoir un petit moment de réflexion et ça fait vraiment beaucoup de bien. Aujourd'hui on va parler d'un sujet... qui me tient vraiment à cœur, je pense que ça a concerné pas mal de personnes, il y a plein de gens qui vont se retrouver dans tout ça, c'est le fait de grandir entre plusieurs cultures. On va parler identité, on va parler tiraillement, construction de soi, et de comment trouver le bon équilibre quand on vient d'ici et d'ailleurs. Alors, la culture, elle est définie par l'UNESCO comme l'ensemble des traits distinctifs, spirituels, matériels, intellectuels, affectifs, qui vont venir caractériser une société. ou un groupe social. Et en fait, dans ces définitions, ils vont même encore plus loin en disant que ça comprend le mode de vie, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances. Donc en fait, concrètement, la culture, c'est tout ce qui va venir façonner notre manière de penser, notre manière de vivre, de voir le monde, sans même qu'on puisse s'en rendre compte, finalement. Et je trouve que c'est un aspect hyper intéressant, parce que souvent, quand on parle ou on... On pense culture, on pense souvent à la nourriture, aux traditions, aux vêtements. Pour ma part, je suis d'origine peule de Guinée. C'est mon grand-père qui a migré dans les années 70, qui a fait venir sa famille et ainsi de suite. Et plus jeune, moi j'ai toujours pensé que la culture finalement c'était ça. C'était le fait de manger du mafé, de parler peule, de s'habiller des fois en lépis quand on pouvait. Et c'est finalement très récemment que j'ai compris qu'en fait... En réalité, la culture, c'est beaucoup plus profond que tout ça, que ça venait jouer sur ma façon de voir le monde, sur ma façon de me voir moi-même, sur mon rapport aux autres, sur mon rapport à l'éducation, sur mon rapport à l'argent, enfin sur mon rapport à plein de choses, et même sur mon rapport à la religion. Et surtout sur mon rapport et ma place en tant que femme. Femme, alors mariée ou pas mariée. Et finalement, tout ce qu'on va être amené à tolérer, à trouver... normal, notre façon de réagir face à certaines situations, ma vision de la réussite, la manière de parler, d'aimer, de respecter, elle est tellement en lien avec la culture et je trouve c'est encore plus compliqué quand on a été amené à grandir. avec différentes cultures. Donc au final, la notion de la culture, le rapport à la culture, il est hyper important et c'est vraiment quelque chose à prendre en compte dans nos vies parce qu'on est vraiment finalement régi par ça. Et des cultures, sachez qu'il en existe des milliers dans le monde. Et par moments, on va être amené à retrouver des cultures qui vont être très similaires, surtout quand on a la religion, des valeurs ou une histoire qui est commune ou semblable. J'ai d'ailleurs un bon exemple pour... pour illustrer tout ça, j'ai une copine à moi, une très bonne amie qui est d'origine turque, moi qui est d'origine peule de Guinée. C'est vraiment rien à voir d'un point de vue général, la Turquie c'est hyper loin, enfin c'est pas du tout en Afrique, on est très différents même en termes de couleur de peau, mais par contre en termes de culture on a une approche qui est très similaire, que ce soit dans les mariages, que ce soit le rapport au respect, la place des parents, des anciens, il y a énormément de choses qui font et moi ce qui m'a le plus troublé c'était vraiment pour le mariage, ils ont une manière de faire, ils ont une façon de faire qui est très semblable à ce que nous on fait chez les Peuls. Et je sais que ça m'a toujours un peu intriguée. Mais en fait, en faisant le point, en constatant, il y a quand même pas mal de similarités. La Turquie est un pays musulman, les Peuls aussi, on a tendance à être généralement musulmans. On a un rapport au respect qui est hyper important. C'est pareil aussi chez eux. Du coup, avec cette copine-là, sur plein de choses, on a souvent été d'accord sur plein de choses. On a un peu le même rapport à l'éducation, à la parentalité, sur plein de trucs. Du coup, c'est vrai que... Et c'est de là qu'on se dit, mais c'est un truc de ouf, comment la culture, elle peut avoir un effet sur des personnes, sur les comportements des personnes et sur une façon entière de vivre, quoi. Il y a d'ailleurs un anthropologue et ethnologue français, Claude Lévi-Strauss, qui disait que les cultures humaines, elles diffèrent, mais elles reposent sur des structures communes. Et en fait, dans le fond, il a clairement raison. Les cultures, elles sont différentes en surface, mais par contre, on va toujours avoir une base similaire. En fait, je me dis qu'on a des bases fondamentales qui vont être communes, et ça à toutes les cultures. Par exemple, le bien, le mal, le fait de tuer quelqu'un, c'est mal, de sauver quelqu'un, c'est bien. Ça, voilà, c'est vraiment des bases qui vont être communes à, je pense, toutes les cultures. Par contre, là où ça va venir différer, ça va vraiment être en surface. Par exemple, si on prend l'exemple de la France et qu'on met l'accent sur l'importance de la famille, par exemple. L'importance de la famille, ça va vraiment être culturellement une base assez similaire, que ce soit Guinée-sur-Lepel et en France. La famille c'est important. Par contre, on va avoir une manière assez différente d'amener ça, que ce soit du côté peul, linéen, et du côté français. Là où du côté français on va plus être sur la définition de la famille comme étant la famille mononucléaire, donc mononucléaire ça va vraiment comptabiliser les parents, les frères et sœurs, dans ma culture la notion, l'approche, la définition de la famille, elle va... beaucoup plus être au sens large, c'est à dire qu'on va pas parler de famille mononucléaire, mais on va parler de famille au sens large. Donc on va comptabiliser les grands-parents, les oncles, les tantes, les cousins au premier, deuxième, troisième degré, les frères et sœurs des grands-parents, enfin voilà, la famille elle a vraiment une définition au sens très très large. D'ailleurs ça me rappelle une anecdote, quand je suis partie en Guinée il y a peut-être trois ans avec ma mère, arrivée au village du coup on a... rencontré la famille et puis à chaque fois me disais bah là on va aller voir ta grand mère là on va aller voir ton grand mère quand je tombais sur des dames elle me disait bah moi je suis ta grand mère et ma chance mais tiens mais attends j'ai combien de grands-mères en fait c'est là que je me suis dit mais waouh c'est dingue comment le rapport à la le rapport à la famille la définition de la famille elle est vraiment vraiment différent quoi dans mon cas les soeurs de ma grand mères, ce sont mes grands-mères. Les cousines germaines de ma grand-mère aussi. Ça peut être ses cousines au premier, deuxième, troisième degré. Enfin voilà, en tout cas pour nous les Peuls, la notion de la famille, elle est vraiment hyper large. Enfin, l'arbre généalogique, il est vraiment, vraiment très, très, très développé. Et moi, je trouve ça vraiment bien, finalement. Mais c'est vrai que par moments, ça peut finalement créer pas mal de décalages, de questions identitaires. C'est vrai qu'aujourd'hui, en tant que jeune femme, née et grandie dans les quartiers de France, d'origine peule, je me retrouve aujourd'hui avec trois cultures différentes. Alors je dis trois parce que, pour moi, il y a une culture dont on ne parle pas tellement, qui est la culture du quartier. On entend... On peut parler, mais c'est vrai que la culture du quartier, c'est aussi quelque chose qui existe, parce que dans un quartier, on va retrouver un ensemble de codes, un ensemble de comportements, de mentalités, qui va venir impacter notre façon de parler, notre façon de voir les choses, notre façon de voir le monde de manière générale. Pierre Bourdieu, un sociologue du XXe siècle, il disait qu'on intègre des façons de penser et d'agir selon notre environnement. Donc on finit par se rendre compte que la famille, elle a une influence sur... sur nous, la société va avoir une influence sur nous et le quartier va avoir une influence sur nous. Et avec le temps on se retrouve très rapidement confronté à un conflit invisible j'aurais tendance à dire. On aura tendance à naviguer entre les valeurs familiales, les attentes de la société et les différents codes du quartier. Par exemple pour ma part quand je suis au travail j'ai une manière de parler, une manière de me présenter qui va être complètement différente que quand je retrouve du coup mes copines du quartier ou qu'on se revoit depuis un petit moment, on aura une manière de parler qui est complètement différente. Et au final, la question qu'on finit par se poser c'est, qui je suis vraiment ? Entre la culture familiale, la culture française, la culture du quartier, moi, qui a dit, je suis qui ? On peut vraiment avoir l'impression par moments de changer selon le contexte, selon l'environnement dans lequel on sera, et de jamais vraiment être soi finalement. Et ça vient vraiment bousculer et poser de réelles questions identitaires. Et au-delà des conflits identitaires qu'on va pouvoir rencontrer, on peut aussi rencontrer des conflits de valeurs. Et ça honnêtement pour moi, la notion de valeur je crois que ça a été le plus compliqué à gérer. Les valeurs c'est quoi ? C'est des principes, des repères qui vont venir guider nos comportements, nos choix, notre manière de juger ce qui va être bien de ce qui va être mal. Et en fait mes valeurs elles vont être régie par ma famille, par... la culture par la société dans laquelle on grandit et on environnement. L'environnement c'est le milieu dans lequel je vis, donc là pour le coup par exemple le quartier. Et souvent les valeurs qui vont être inculquées par la famille, elles vont être inculquées dès le plus jeune âge et ça va être les plus ancrées. Donc en fait nos valeurs on ne les choisit pas au départ, on les reçoit de notre famille, de notre culture, de notre environnement, mais à un moment on grandit et on finit par réaliser qu'on a cette possibilité de pouvoir faire un choix. Bien évidemment avec le temps. En grandissant, on a notre histoire, on comprend certaines choses, on séduit, et du coup on a un certain bagage qui nous permet de pouvoir derrière faire le choix. Donc faire le choix de garder ce qui nous correspond, ce qui nous ressemble, ce qui nous convient, et de laisser ce qui nous définit pas. Et c'est là que le travail se complique. On peut être amené à ressentir cette pression-là, cette pression-là de devoir choisir entre une culture en particulier, un monde en particulier, afin de se conformer. Par peur du rejet du groupe, par peur du regard des autres, par... peur de ne pas rester fidèle à cette culture finalement qui t'a vu grandir, qui t'a vu évoluer. Et toi, tu es là au milieu, tu penses que du coup, tu es obligé, que tu vas devoir trancher. Alors qu'en réalité, peut-être qu'on n'a jamais réellement eu à choisir et qu'on se l'est infligé. Amine Malouf, un écrivain... libano français qui a fait pas mal d'oeuvres en lien avec la rencontre des civilisations, l'exil, l'identité, explique quelque chose d'hyper intéressant. Il dit que le monde pousse les gens à choisir une seule identité alors que leur identité est multiple. Concrètement le problème en fait finalement il vient pas tellement de nous, il vient de la façon dont on veut nous définir en tant que personne. Donc se poser des questions sur qui on est, sur ses valeurs, sur sa place, c'est pas un problème, c'est une étape carrément normale. Les études scientifiques montrent que le pic de questionnement identitaire, il se situe aux alentours de 15-17 ans, et c'est un processus qui va évoluer avec le temps jusqu'à bien pousser les 25 ans. Et construire ses propres normes, c'est tout un processus, ça met du temps. On va avoir tendance à passer par plusieurs étapes, notamment la toute première qui va être le questionnement. Et en psychologie, on appelle ça la phase d'exploration identitaire. Donc c'est le moment où on va commencer à douter, à se sentir un peu perdu, on va remettre le tout en question. On va plus se sentir ok avec les différentes cultures trouvées, que ce soit à la maison, que ce soit dans notre environnement. Puis on va passer par l'étape numéro 2, qui va vraiment être la phase d'identification. On va essayer de prendre un peu de recul sur ce que la famille nous a transmis, sur ce qu'environnement nous a appris, sur ce que la société... à temps finalement de nous en tant que personne. Puis après, on va avoir l'étape numéro 3 qui va vraiment être de passer de la théorie à la pratique. Donc on va commencer à essayer de s'affirmer. On va essayer de dire non quand ça ne nous correspond pas. On va essayer de faire des choix différents. Et puis arrivé à l'étape numéro 4, on va vraiment être amené à faire un tri conscient. Est-ce que cette valeur me correspond ou pas ? Ou est-ce que j'en ai juste hérité ? Est-ce que c'est quelque chose qui va m'élever ? Est-ce que ça me ressemble ? Et puis après, la dernière étape, et elle, je trouve que c'est vraiment la plus compliquée, ça va être d'assumer. D'assumer ce que tu es en train de devenir. D'assumer que ça ne va pas plaire à tout le monde. Notamment, des fois, ça peut ne pas plaire à tes proches, à tes parents. Pour moi, il y a aussi une autre dimension qui est super importante à prendre en compte, qui va être la religion. Pas comme une culture, mais plutôt comme un repère. La religion, c'est un... cadre de valeur, c'est un repère moral, une manière de voir le monde. Contrairement aux cultures qui peuvent varier, là pour le coup la religion elle a vraiment un cadre et c'est figé, c'est fixé, c'est constant. Et pour moi l'islam ne fait pas juste partie de mon identité. Elle m'aide à... Elle me donne des repères, des valeurs, une vraie direction. Et parfois justement elle va venir m'aider à faire le tri entre ce que j'ai reçu par le biais de ma culture et ce que je veux vraiment garder. Et ce que j'ai compris dernièrement... c'est que finalement je pouvais créer mes propres normes. Ne pas être une guinéenne avec la culture foulani, ne pas être 16 avec la culture complètement française, ne pas être qu'une fille du quartier avec la culture que du quartier, mais être un ensemble en fait, un ensemble qui va me correspondre moi en tant que personne. On n'est donc pas obligé de choisir qu'une seule culture et laisser le reste. Ça c'est une idée qu'on nous apprend et qui est finalement... pas du tout vrai quoi. De manière générale, le monde aime les cases. Donc aime quand il y a des cases et qu'on rentre dans les cases. Mais du moment où tu ne rentres plus dans les cases, tu commences à devenir quelqu'un de trop complexe, quelqu'un de trop différent. Je suis tombée sur une phrase qui disait qu'on nous propose des choix trop simples pour des identités trop complexes. Et franchement, je la trouve hyper vraie. Notre cerveau, il a généralement besoin de cohérence. En psychologie, il est dit qu'on a souvent des besoins. Donc on a un besoin de cohérence. un besoin de stabilité et un besoin de clarté. Donc généralement, quand on se retrouve à avoir tout plein de normes, de valeurs, des fois c'est contradictoire, notre cerveau commence à chercher une solution super simple. Il ne va pas aimer ce sentiment-là de contradiction. Du coup, il va se dire, bon allez, il faut choisir un camp et on ne se prend plus la tête. Alors que non, tout ça, c'est des informations que j'aurais tellement aimé avoir plus jeune, plus tôt, un état d'esprit ou une personne qui m'explique et qui me dise, écoute, déjà, tu es normale. T'inquiète, c'est carrément normal de se poser des questions, c'est normal de pas tellement savoir qui tu es. Et qu'au final, je peux créer mes propres normes, que je peux être celle que je veux être, tout en piochant un petit peu, donc dans ma culture fulani, en prenant ce qui me va, ce qui me correspond, et surtout ce qui correspond à ma religion. Je peux aussi prendre ce que je vois dans la culture française, qui est... qui est aussi très belle, qui a aussi beaucoup de choses dans lesquelles je vais pouvoir venir piocher un petit peu, et prendre aussi un petit peu dans ma culture de quartier, les normes, les valeurs qui me ressemblent, qui sont ok avec ça, tout en ayant un fil conducteur à chaque fois qui sera ma religion. Et ça, honnêtement, aujourd'hui, j'en suis trop contente. Et ce que j'ai surtout appris, c'est que finalement, c'est pas quelque chose de figé. Ça peut évoluer dans le temps, avec le temps je vais grandir, ma situation aussi elle va changer, je vais avoir une autre vision des choses, du monde. Ma science elle va évoluer, là pour l'instant je suis toujours étudiante donc j'apprends toujours de nouvelles choses. d'un point de vue plus religieux que sociétal, mais c'est hyper intéressant. Et en fait, tout ça permet de vraiment pouvoir être OK avec la moi que je suis en train de devenir. Là, je sens que j'ai choisi celle que je suis en train de devenir, avec bien sûr des fois des hauts, des bas, des bonnes ou des mauvaises décisions. Mais à chaque fois, j'essaie vraiment d'avoir en fil conducteur ma religion. J'ai vraiment l'impression que c'est comme pour un arbre. qui est en train de pousser, d'évoluer, et que le tronc principal, ça va être ma religion, l'islam, et tout autour, j'aurai plein de petites branches, et ces petites branches, du coup, c'est mes valeurs, c'est mes codes, c'est mes principes, mes limites, et franchement, c'est juste incroyable. C'est juste incroyable pour apprendre à se connaître, apprendre à grandir et à devenir une meilleure personne. On arrive presque à la fin de cette réflexion du jour. Je voulais vraiment conclure en mettant le point sur le fait que le problème, c'est pas d'avoir plusieurs cultures. Au contraire, c'est une richesse. Et vraiment, la richesse de la culture du quartier, la richesse de la culture de notre origine et la richesse de la culture française qu'on a, c'est des points à garder. C'est hyper beau, c'est hyper intéressant. Le réel problème, c'est de nous faire croire qu'il faut en choisir qu'une seule et rester bloqués dans ça, figés, sans pouvoir bouger. Parce qu'au final, on va se retrouver confronté à pas mal de problématiques profondes qui derrière vont venir impacter notre vie, nos décisions du quotidien. Il faut savoir apprendre à construire au lieu de trancher et se mettre en tête qu'on va être amené à évoluer, que du coup ça peut aussi changer. Donc voilà, sachez que vous pouvez être une foulanie qui est fan de l'épi ou qui aime manger du footy et à côté de ça, qui va aussi aimer manger du fromage. et parler le langage soit du quartier ou un peu plus soutenu. Il y a tellement de versions qu'on peut être, et il faut juste savoir être OK avec ça et ne pas s'infliger des choix qui n'ont pas lieu d'être. Pour ma part, je pars du principe où la culture, elle est belle, qu'il faut savoir l'exploiter et la limiter, l'accepter tant que ça ne va pas à l'encontre de nos convictions et de nos limites. Pour conclure, grandir ici et ailleurs, ce n'est pas juste une question d'origine. C'est une question d'identité, de valeur, de place sociale. C'est apprendre à naviguer entre plusieurs mondes, plusieurs façons de penser, plusieurs attentes, et entre ce qu'on nous a transmis, entre ce que la société attend de nous, entre ce que le quartier nous apprend, entre la foi qui nous dit où aller et qui nous indique finalement le chemin. Il y a tout plein de choses et pendant longtemps, on va pouvoir croire qu'il faut choisir une culture, une manière d'être, une version de soi. Mais en réalité, c'est que ce choix-là, il n'existe pas. Il n'existe pas. C'est à nous de pouvoir nous construire notre propre norme, de pouvoir choisir qui l'on veut être, de comprendre, de connaître ce qu'on a reçu et de décider ce qu'on veut, de choisir, de piocher ce qu'on veut, ce qui nous correspond, ce qui correspond à notre religion, qui est notre conviction profonde, de garder tout ça, de garder tout ça et de se questionner sur ce qui va venir nous limiter, sur ce qui va aller à l'encontre de nos propres convictions et de s'en débarrasser finalement. Et je vais conclure avec une citation d'Ibn Khaldun, donc c'est un historien du XIVe siècle qui disait que l'homme est le produit de ses habitudes et de son environnement. Et franchement je trouve que ça reprend bien ce que j'ai pu dire un peu plus haut. On est influencé par tout ce qui nous entoure, c'est donc normal d'être quelqu'un avec de multiples facettes et le mieux pour pouvoir être ok avec soi c'est de vraiment choisir. ce qui nous ressemble et ce qui nous correspond le mieux. J'espère que cet épisode vous aura plu. Cette réflexion, voilà, elle me tenait à cœur, je me sens vraiment concernée par ça. Je pense que ça va intéresser aussi plein d'autres personnes. Voilà, j'ai plus qu'à vous dire à la semaine prochaine pour un prochain épisode. Et puis, n'hésitez pas à me partager, à me laisser des commentaires, à venir en parler aussi en message privé via mes réseaux sociaux. Et ça sera avec plaisir que j'en débattrai. avec vous. A la semaine prochaine, bisous !