Speaker #0Hello, que la paix soit sur toi, bienvenue dans ce nouvel épisode d'Ami Chemin by Kadhi. J'espère que vous avez passé une bonne semaine. Moi de mon côté, alhamdoulilah, mais ça a été une semaine très très très mouvementée. J'ai tellement enchaîné le travail que j'ai l'impression de même plus... plus avoir de vie sociale, c'est un truc de dingue. Je sais que tout est une question d'équilibre à chaque fois, mais c'est vrai que des fois c'est pas simple de trouver le bon équilibre entre une vie sociale, le travail, la maison, une vie perso, marcher dix mille pas, aller à la salle de sport, aller dans un cofis, faire de l'associatif, préparer un voyage, manger équilibré, ah là là ça en fait des choses à faire et à penser. Pour l'instant en tout cas ça me fait du bien d'être là. La préparation des podcasts c'est vraiment le moment où voilà je suis utile, je suis... prends le temps de parler et tout, franchement j'aime trop et ça me fait vraiment du bien, ça me fait une réelle coupure dans la semaine. Aujourd'hui pour ce nouvel épisode j'avais envie d'aborder un sujet assez sensible et complexe qui est la polygamie et les différents impacts que cette pratique va avoir sur les enfants. Quand on parle polygamie généralement on parle souvent du point de vue de la femme, de l'homme, de la religion, des finances, mais on parle rarement des enfants. Pourtant ce sont eux qui grandissent, qui vivent, dans ces foyers qui peuvent s'avérer assez dysfonctionnels entre culture, religion, parentalité, famille. Ici, on verra que la configuration familiale dans laquelle on a grandi, elle va avoir un impact sur nous en tant qu'enfants et sur nous, une fois adultes, et les différents choix qu'on va faire dans notre vie. Par contre, je voulais être claire sur un sujet. Cet épisode, il n'est pas là pour avoir un jugement sur les différents choix que des parents, des mères, des pères de famille peuvent faire. Le but est de parler honnêtement. de réalité familiale que beaucoup connaissent, vivent ou observent, mais dont on parle très peu, voire pas du tout. En France, la polygamie est définie comme un régime dans lequel une personne est engagée simultanément dans plusieurs unions conjugales. Et la polygamie en France, elle est interdite par la loi. Le droit français repose sur le principe de monogamie, c'est-à-dire qu'une personne ne peut être mariée civilement qu'à une seule personne à la fois. Et historiquement, la polygamie existe depuis l'Antiquité et dans de nombreuses civilisations à travers le monde. Et bien sûr, selon les sociétés et les cultures, les règles pouvaient être différentes, les raisons, le statut social. Et dans certaines civilisations anciennes, sachez que la polygamie existait déjà, notamment en Asie, au Moyen-Orient ancien, dans certaines sociétés africaines, voire même dans certaines monarchies européennes. Alors les raisons, elles étaient différentes à chaque fois. Ça pouvait être pour assurer une descendance importante, pour créer des alliances entre les familles, pour répondre à des équilibres démographiques par moment après les guerres, protéger économiquement certaines femmes. veuves ou isolées et renforcer le pouvoir masculin. Dans beaucoup de civilisations anciennes, avoir plusieurs femmes pouvait être associé à de la richesse, au prestige, à de la puissance ou à de la domination sociale. J'ai l'impression que c'est vraiment des choses qu'on retrouve même d'un point de vue culturel actuellement. Ce qu'il faut aussi prendre en compte, c'est qu'à l'époque, la polygamie ne ressemblait pas toujours aux réalités modernes. Les communautés étaient plus élargies, les espèces étaient plus grandes, le système collectif était... complètement différent et le rôle social était très différent de ce qu'on va retrouver aujourd'hui. Contrairement à ce qu'on pourrait entendre parfois, la polygamie n'est pas propre à l'Afrique, ni à l'islam, ni à une seule culture. Aujourd'hui, la polygamie est encore autorisée et reconnue dans plusieurs pays du monde et dans plusieurs religions. D'ailleurs, en faisant mes recherches, j'ai appris qu'il existait différentes formes de polygamie et que la plus répandue était la polygynie. qui est quand un homme épouse plusieurs femmes. En islam, la polygamie est autorisée et réglementée. Et ce qu'il faut aussi savoir, c'est que la polygamie fait partie de certaines traditions africaines. Et c'est une pratique qui est historiquement liée à l'organisation sociale. Et ça, bien avant la religion, qui est venue après apporter un cadre, une réglementation et des nuances à leur pratique. Et dans plusieurs sociétés ouest-africaines, la polygamie reste encore aujourd'hui... relativement visible, culturellement normalisée dans certains milieux et parfois valorisée socialement. Pratique qu'on retrouve beaucoup dans certaines familles comme guinéenne, sénégalaise, malienne, mauritanienne. Et durant la préparation de ce podcast, j'ai beaucoup questionné ma mère à ce sujet-là, et elle m'expliquait que c'était très présent dans la culture, que c'était vu comme une continuité familiale, que le modèle était transmis de génération en génération. Elle m'expliquait aussi qu'à l'époque de son grand-père ou des générations d'au-dessus, le contexte social était vraiment différent. Elle me disait aussi que généralement les règles islamiques étaient plutôt respectées, chaque femme avait sa terre, avait sa maison. Après bien évidemment, c'était peut-être pas simple aussi, il y avait peut-être aussi d'autres problématiques qui sont bien différentes de celles qu'on retrouve aujourd'hui. Et par contre, je trouve qu'aujourd'hui il y a un énorme changement, c'est qu'on parle de migration, on parle de réalité moderne, donc on a certaines structures, traditions familiales qui se retrouvent. dans des villes, dans des contextes de précarité, dans d'autres pays pour certains même, et qui se retrouvent confrontés à des pratiques qui se faisaient culturellement, qui ne sont plus adaptées dans le pays. ou dans la réalité dans laquelle ils vivent. Et je trouve que ça fait vraiment le lien avec l'épisode 1, dans lequel j'évoquais la notion de la culture, de la double culture, parce qu'actuellement, on se retrouve dans le cas de certaines pratiques familiales pensées dans des contextes communautaires anciennes, qui se retrouvent aujourd'hui reproduites dans des réalités urbaines, beaucoup plus compliquées et pas tellement adaptées à la vie d'aujourd'hui. Et honnêtement, je trouve que la polygamie, c'est un super bon exemple de tout ça. Et je trouve que la problématique, c'est pas la polygamie en elle-même. La polygamie, pour moi, c'est quelque chose qui a été autorisé et régi par Dieu, c'est que c'est quelque chose qui, à la base, n'est pas néfaste ou n'est pas mauvais pour nous, mais c'est plutôt le moyen, la gestion qui va souvent être mal faite, ou en tout cas, pas selon les recommandations religieuses, qui peut être amenée à causer de gros problèmes, voire même des déséquilibres familiaux énormes. Et aujourd'hui, c'est ça le problème. On le va retrouver. trouver des familles où on a un père qui est marié en France, qui a des enfants, soit on est grandi ici, et qu'il y a aussi une deuxième famille. Alors soit une famille en Afrique, au bled, soit une famille en France. Et des fois, on a même deux familles dans une seule et même maison. Et souvent, on se retrouve confronté à un chef de famille qui n'est plus en capacité de pouvoir subvenir aux besoins primaires de sa famille. Et quand je dis besoins primaires, c'est pas que financiers, ça va être aussi émotionnel, ça va être spirituel. des hommes qui vont souvent être injustes, autant envers leurs enfants qu'envers leurs femmes, tout un ensemble de choses, de comportements qui va créer énormément de conflits, de tristesse, chez la femme et chez les enfants. Et là où c'est plus compliqué, c'est que par moments, la culture a tellement une place importante qu'elle prend le dessus sur les différentes réglementations et obligations religieuses. On en vient à commettre l'injustice et qu'on passe d'une pratique qui à la base était autorisée par Dieu à quelque chose de cool. complètement interdite. Donc vraiment, le vrai problème, c'est pas la polygamie, c'est comment elle est gérée, c'est comment elle est appliquée au quotidien. Ce que beaucoup d'hommes ou pères de famille oublient, c'est que au-delà de l'autorisation religieuse, il faut s'assurer de pouvoir respecter les réglementations et de pouvoir être en capacité d'eux. Et c'est pas toujours le cas. Et c'est souvent ça qui est à l'origine de pas mal de problématiques. Et là où ça va être très compliqué, notamment pour les enfants de la diaspora ou qui sont nés et qui ont grandi en France, c'est qu'on n'a pas grandi dans la culture... totale, comme si on était dans le pays d'origine. Pour nous, les enfants de France ou d'Occident, le modèle familial qu'on voit partout ou qu'on connaît, c'est vraiment un papa, une maman et les enfants. C'est ce qu'on a pour habitude de voir dans les films, dans les dessins animés, à l'école, chez les voisins, dans la société de manière générale. Donc quand on rentre à la maison et qu'on voit que c'est complètement différent, ça peut créer une grande confusion interne. Ça vient toucher à la construction, des repères, à l'identité, au sentiment d'appartenance. Et au final, en tant qu'enfant, on se pose tellement de questions. Qui est cette autre femme ? Quelle est sa place dans ma vie ? Comment on doit l'appeler ? Qui sont ces enfants ? Est-ce que c'est vraiment nos frères ? Ou est-ce qu'on peut réellement parler de demi-frères ? Et le besoin de cohérence chez l'enfant pour la construction de son identité, c'est hyper important. Et là, ça peut vite être complètement chamboulé. La question de l'insécurité affective aussi, elle va venir se poser. Un enfant qui va grandir avec un père absent ou un père partagé, qui va passer six mois en Afrique, puis six mois en France. Tout ça dans un environnement plein de tensions. Ce sont des enfants derrière qui vont certainement développer la peur de l'abandon, une anxiété affective, un besoin permanent d'être rassuré. Il y a aussi ce qu'on appelle le conflit de loyauté, où l'enfant se retrouve psychologiquement entre deux camps. Ils ressentent le besoin de protéger leur mère, et en même temps la crainte de venir contester cette décision du patriarche familial. On va aussi retrouver l'hypervigilance émotionnelle. Quand on grandit dans une maison remplie de disputes, de tension, de jalousie, voire même d'instabilité, l'enfant devient constamment en alerte. Il apprend à surveiller les regards, les silences, les humeurs, les conflits. Et derrière, ça peut créer de l'anxiété chronique, une fatigue mentale, une charge mentale hyper importante à l'âge adulte. On retrouve aussi des difficultés identitaires, des difficultés relationnelles à l'âge adulte. Ce qui revient en permanence, c'est la parentification. Certains enfants deviennent des adultes beaucoup plus tôt. On doit soutenir la maman, protéger les plus petits, calmer les conflits, porter des problèmes familiaux qui ne nous concernent même pas, qui sont bien trop lourds pour nos épaules d'enfants. On se retrouve après avec des adultes qui ont eu du mal à se construire, qui ont des traumas qu'on ne peut pas verbaliser. Et tout ce que je viens d'évoquer, ça me fait penser à la théorie de l'attachement, qui a été développée par John Bowlby, psychiatre et psychanalyste du XXe siècle, qui a révolutionné la compréhension du développement affectif de l'enfant. L'idée centrale de la théorie de l'attachement, c'est qu'un enfant... construit sa manière d'aimer, de faire confiance et de se sentir en sécurité à travers ses premières relations familiales. Selon lui, il existe différents types d'attachements. On va retrouver l'attachement insécure, l'attachement anxieux. L'attachement évitant et l'attachement désorganisé. Je pense que je prendrai le temps de les expliquer en détail dans un autre épisode. Le lien que je voulais faire avec la polygamie, c'est que le style d'attachement d'un enfant, il va venir influencer la manière dont il va aimer, la manière dont il fera confiance, ou se protégera émotionnellement une fois adulte. Donc c'est une période hyper importante. Les conditions dans lesquelles va grandir un enfant vont avoir un impact sur le futur lui, sur le lui adulte. Quand on grandit dans un contexte familial où on a une maman qui est triste, qui se sent trahie, un père qui est absent, ou le cas où on va retrouver un père qui va être dans l'incapacité de subvenir aux besoins de ses différentes familles, vont avoir leur femme qui se retrouve à aller travailler, des enfants qui vont venir subvenir aux besoins de leur famille, aux différents besoins, se retrouver à payer le loyer, à payer les différentes charges. On va aussi pouvoir retrouver par moments de la rivalité entre les femmes, entre les enfants. Du coup, on retrouve vraiment ce schéma-là où on a le père de famille qui va travailler pour subvenir aux besoins de sa première famille, puis de la deuxième, voire même la troisième des fois, et qui sera généralement pas en capacité de subvenir aux besoins de ses différentes familles. Donc c'est après un cercle vicieux, on se retrouve dans un schéma de précarité familiale. La mère de famille est souvent amenée à aller travailler pour pouvoir subvenir aux besoins de ses enfants, de son loyer. Puis une fois grand, les enfants vont pareil, subvenir aux besoins, notamment en payant le loyer, les factures, et des fois c'est même payant tout ça à la bourse, avec son premier job étudiant. Et tout ça vient complètement désorganiser l'équilibre familial. L'exemple que j'ai vécu et que j'ai beaucoup vu dans mon environnement familial, C'est le cas où on a un... père qui habite en France, qui a des enfants, donc né et grandi en France, et qui derrière va faire une famille dans son pays d'origine, et qui se retrouve dans la gestion de deux familles. Une famille en France et une famille à l'étranger. Et généralement, la première femme, c'est celle qui vit en France. Après avoir bâti une maison ensemble, la culture, la famille, va lui imposer de mettre une femme dans cette maison afin de pouvoir entretenir cette maison ou la famille de manière générale ou la terre. Donc le père de famille épouse une seconde épouse qui va laisser justement en Afrique. Et généralement, le poids de la culture est tellement fort que la première femme, elle n'est pas réellement en capacité d'avoir son mot à dire, contrairement à ce qui pourrait être... réglementés religieusement. Donc les femmes, elles se retrouvent généralement seules une grande partie du temps, une grande partie de l'année avec leurs enfants. Dans le cas de certains hommes, ils laissent même leur femme sans dépenses, sans capacité financière et souvent l'équité, elle est rarement respectée et pour un enfant qui grandit dans ces conditions là, c'est désastreux. On voit sa mère souffrir, galérer pour pouvoir payer des factures, un père qui quand il est là, est juste présent physiquement mais pas tellement émotionnellement. Généralement, le père de famille va investir financièrement dans les études de ses enfants au bled, qui vont aller dans des écoles privées, dans des cours de religion, mais qui sera un peu plus au clair sur la situation car c'est culturellement, sociétalement, quelque chose d'accepté et acceptable. Il y a quelques jours, je suis tombée sur une vidéo d'une femme qui disait que les plus grandes perdantes dans cette... polygamie culturelle qui respecte pas toujours les réglementations religieuses c'était les femmes les femmes d'europe les femmes de france et leurs enfants elle disait qu'une fois que ces femmes là pouvait commencer à travailler qu'elles étaient en capacité de payer les factures de payer le loyer l'électricité les charges donc concrètement subvenir aux besoins de la famille que les maris prenaient ça comme acquis et qu'avec le temps il se sentait plus tellement concernés par les différentes dépenses ou obligations en tant que parent, en tant que mari. Et elle disait que derrière c'est des enfants qui vont grandir avec l'envie d'aider leur mère, de faire au mieux, de ne pas l'avoir souffré. Donc ils vont souvent être amenés à aller travailler plus tôt ou à même aller rentrer dans la délinquance, des choses comme ça pour pouvoir parvenir à aider leur mère au mieux. Et franchement ce qu'elle disait je trouvais que c'était assez pertinent. La polygamie c'est quelque chose de très commun. Dans ma culture, c'est quelque chose que j'ai pu voir autour de moi. J'en parle souvent avec mes cousines, mes tantes, mes copines qui ont grandi dans cet environnement-là. Généralement, les situations sont très similaires à celles que j'ai pu décrire dernièrement. Et une fois adulte, on garde quand même pas mal de trauma. L'autre fois, en discutant avec une bonne connaissance, je me suis rendu compte qu'on pouvait avoir grandi dans un foyer polygame, mais pas du tout l'avoir vécu pareil. là où beaucoup vont avoir un regard très dur, assez réfractaire à la polygamie, elle me disait qu'au contraire, elle avait plutôt bien vécu, qu'elle a vu les différents bienfaits de la polygamie. En discutant un petit peu, en fait, on s'est rendu compte que son père, le chef de famille... a su respecter les différentes réglementations, a su appliquer les réglementations religieuses, et franchement, ça a fait toute la différence. Elle disait que son père a su être équitable, a su donner son droit à chacun, qu'il passait beaucoup de temps avec ses enfants, et que tout ça a su faire la différence. Et la réelle question qui vient se poser quand on est enfant et qu'on a grandi dans un foyer polygame, c'est « et moi, est-ce que ça m'arrivera ? » « Moi, en tant que femme, est-ce que je vais souffrir comme j'ai pu voir ma mère souffrir ? » Ou en tant qu'homme, ça va être... est-ce que c'est une pratique que je vais reproduire de nouveau ? Mais j'ai vraiment l'impression qu'avec les nouvelles générations, la polygamie est devenue moins fréquente et surtout moins normalisée dans certaines familles. Beaucoup de personnes ayant grandi dans des foyers compliqués ont vu les tensions, les souffrances, les conflits, l'instabilité émotionnelle que tout cela pouvait engendrer. Certains prennent donc la décision de faire un choix complètement différent de ce qu'ils ont pu voir à la maison, de ce qu'ils ont vu à la maison. qu'ils ont pu voir durant leur enfance et leur environnement, en se mariant avec d'autres origines par exemple. Et tout ça, ce n'est pas forcément un rejet de leur culture ou de leurs origines, mais c'est parfois simplement une volonté de construire la stabilité émotionnelle qu'ils n'ont pas toujours eue en grandissant, et d'offrir finalement mieux à leurs enfants. Ce qu'il faut retenir, c'est que notre passé va nous influencer en tant qu'adultes, mais il ne va pas nous condamner ou nous définir automatiquement. Je suis tombée sur une citation que j'ai trouvé trop sympa, ça m'a bien parlé en préparant le podcast. La citation c'était « Nous ne sommes pas responsables de l'enfance que nous avons reçue, mais à un moment, nous devenons responsables de ce que nous choisissons d'en faire. » Et franchement, la citation, elle m'a tellement parlé. En fait, je me dis qu'au bout d'un moment, on doit décider que nos blessures, elles ne vont pas devenir l'héritage émotionnel de nos enfants. Passé un temps, on n'a pas le choix, il faut couper la chaîne. Je pense aussi qu'il est très important de voir nos parents comme des êtres humains avant tout. Avec leur propre bagage, leur propre trauma, beaucoup ont grandi eux-mêmes dans un environnement où la polygamie a été normalisée. On ne parlait ni de santé mentale, ni de traumatisme, ni d'attachement émotionnel ou autre chose. Et je pense que certains ont simplement reproduit ce qu'ils avaient vu sans réellement comprendre les conséquences psychologiques que cela pouvait avoir sur leurs enfants, sur leur famille. Aujourd'hui, ce qui fait plaisir à voir, c'est qu'on est quand même une génération qui est branchée traumatisme, qui ose parler de stabilité émotionnelle, de santé mentale, de guérison. Et tout ça, c'est pas mal. Et bien sûr, le but à chaque fois, c'est pas de venir juger les anciennes générations ou d'avoir un avis cru là-dessus, mais c'est vraiment d'éviter de transmettre les mêmes blessures à nos enfants quand on deviendra des parents ou quand on est parent. Donc finalement, derrière les débats sur la polygamie, les traditions, les modèles familiaux, il y a surtout des enfants qui grandissent avec des réalités émotionnelles parfois lourdes. Certains vivent l'absence, d'autres les tensions, des conflits, l'insécurité affective, le sentiment de ne pas vraiment trouver sa place. Et bien sûr, même si tous les foyers polygames ne sont pas tous forcément dysfonctionnels, certaines situations... peuvent laisser des traces profondes sur la manière dont un enfant va aimer, va faire confiance, va se construire une fois adulte. Donc c'est une période vraiment très importante. Et voilà, je pense que je vais m'arrêter là pour ce sujet. La préparation de ce podcast, elle a été hyper compliquée pour moi parce que ça évoque beaucoup de choses personnelles, ça évoque beaucoup de situations que mes proches ont pu vivre, que ce soit des cousines, des tantes. Et c'est un sujet qui est peut-être un peu tabou, donc qui est peu abordé à toutes ces jeunes femmes qui ont grandi dans ces milieux-là, qui se sont retrouvées dans ce que je disais. C'est pas parce que vous avez vécu dans ces conditions-là, grandi comme ça, vu votre mère souffrir, que ça vous arrivera à vous. J'ai longtemps pensé que le mariage, c'est les peules, bah c'était finalement ça. Mais aujourd'hui, autour de moi, je vois des cousines, je vois des tantes qui sont nées en France, qui ont grandi en France, qui ont grandi dans des foyers... polygames dans des conditions parfois difficiles qui aujourd'hui sont dans leur foyer qui n'ont pas de co épouse et qui sont vachement comblés pour la préparation du podcast j'ai aussi lu un livre que j'ai trouvé hyper intéressant le titre c'est une si longue lettre de maria maba une romancière et militante sénégalaise qui est connu pour avoir longtemps dénoncé les conditions des femmes dans les sociétés africaines patriarcales le livre est vraiment poignant et hyper intéressant j'espère que l'épisode vous aura plu moi je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode d'Amis Chemin. Bye, Caddy !